Spindrift racing leader à Cascais

Spindrift racing, mené par Yann Guichard, a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de l’European Tour en première position ce mercredi matin à 7h 37’ 36 (heure française), devançant Foncia de Michel Desjoyaux de seulement 45 minutes.

Les arrivées ont de nouveau été groupées, après un très net ralentissement à l’entrée du Tage ; en effet les cinq multicoques filaient la nuit dernière à 30 noeuds le long des côtes portuguaises, avant d’être encalminé à quelques noeuds dans l’embouchure du fleuve. Spindrift racing arrivait à glisser sous gennaker devant ses adversaires.

Musandam-Oman Sail, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild se livraient à un bataille pour le gain des places restantes sur le podium, Michel Desjoyaux et ses hommes arrivaient à passer le trimaran omanais qui se voyait contraint d’effectuer un ultime virement pour passer la ligne. Les trois bateaux passaient la ligne en moins de 11 minutes, alors que Race or Water fermait la marche à 15 minutes du 4ème et à une heure du vainqueur.

© Ricardo Pinto / MOD S.A.

Les écarts restent donc infimes après 975 milles, confortant le choix de la monotypie pour cette classe.

Au classement général provisoire, Spindrift racing prend la tête grâce à cette victoire avec un point d’avance sur Foncia (121 points), Groupe Edmond de Rothschild est troisième avec 106 points devant Musandam Oman Sail (93 points), et Race for Water (90 points).

Les équipages vont désormais s’affronter lors des City Races avant une nouvelle étape le long des côtes portuguaises, les trimarans prendront ensuite la direction de Marseille pour l’étape française de l’European Tour.

Arrivées à Cascais (heure française)

1-Spindrift racing (Yann Guichard) le 12 septembre à 7h 37’ 36 : 2j 15h 37’ 36 à 15,5 nœuds de moyenne

2- FONCIA (Michel Desjoyeaux) à 8h 26’ 49 : 2j 16h 26’ 49

3- Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet) à 8h 33’ 22 : 2j 16h 33’ 22

4- Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) à 8h 37’ 36 : 2j 16h 37’ 36

5- Race for Water (Stève Ravussin) à 8h 53’ 30

Classement du MOD70 European Tour

(Kiel City Race + 1ère étape avec bonus + Dun Laoghaire City Race + 2ème étape avec bonus)

1- Spindrift racing (Yann Guichard) 11+47+12+52 = 122 points

2- FONCIA (Michel Desjoyeaux) 12+53+10+46 = 121 points

3-Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) 10+44+11+41 = 106 points

4- Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet) 9+34+8+42 = 93 points

5– Race for Water (Stève Ravussin) 8+38+9+35 = 90 points

Les réactions des skippers à l’arrivée de la seconde étape

Yann Guichard, Spindrift racing :

« Encore une arrivée sur le fil ! Incroyable : ça s’est resserré encore une fois… Cinquante milles avant l’arrivée, on a réussi s’échapper un peu du peloton et gagner cette deuxième étape qui fut vraiment dure. La première était exigeante physiquement, mais là, on a tiré sur les bonhommes, on a très peu dormi. Avec des conditions extrêmement variées, à l’image de l’arrivée où on passe de trente nœuds à deux nœuds en quelques minutes, à seulement cinq milles de la ligne ! Cela a été comme ça pendant presque toute la manche, des changements d’intensité qui sollicitent le bateau et surtout les hommes : nous n’avons pas arrêté de manœuvrer parce que nous avions un peu les nerfs…

On a fait une superbe première nuit le long des côtes irlandaises et on passe en tête au Fastnet, alors se faire dépasser comme cela nous est arrivé avant le cap Finistère, ça nous a mis la pression. On a saisi notre chance sur la fin trois heures avant le dernier empannage au large de Péniche. Juste avant, FONCIA sous notre vent nous a déposé sur place et quelques heures plus tard, on s’est retrouvé sous son vent ! Et dès que le pointage de minuit et demi est tombé, on a empanné discrètement dans la nuit sans lune pour aller chercher les premiers le vent de Nord que nous espérions plus à terre.

Pas de problème technique à bord, mais physiquement on arrive rincé, épuisé et surtout nerveusement cramé : il y a tout le temps du stress parce qu’on voit en permanence un autre bateau, et il n’y a pas une seconde de répit. Et l’arrivée dans la pétole était le summum : on s’est dit que ça allait se terminer comme la première étape quand on a vu revenir nos concurrents derrière la pointe de Cascais ! On a réussi à tenir avec un peu de chance parce que nous sommes arrivés avec le dernier souffle de la légère brise thermique… »

Michel Desjoyaux, Foncia :

« Un final pointu dont on se serait bien passé ! On finissait à toute allure sur les côtes portugaises à près de trente nœuds de moyenne depuis plusieurs heures et alors que nous nous préparions à changer de voiles pour contourner les deux dernières marques de parcours, le vent s’est complétement cassé la figure… En pleine nuit, on ne savait pas si cela allait durer deux minutes ou deux heures et la brise a tourné dans tous les sens avec du courant de marée contraire. Nos poursuivants ont eu le temps de réagir et nous ont même dépassé. On a finalement réussi à les passer sur des choix de bord pas faciles à prendre ici, à Cascais : avec le jour qui se levait, le vent était mal distribué entre la brise nocturne qui disparaissait et le nouveau vent qui s’installait tout doucement.

Le mal était fait quand Spindrift racing a empanné en premier au milieu de la nuit dernière : nous étions en tête mais on a navigué un peu trop près du vent quand il a réussi à glisser. Il est arrivé par derrière et nous a dépassé : une fois en route directe vers Cascais, il n’y avait plus grand-chose à espérer, si ce n’est un coup de Jarnac sur la ligne.

Le rythme a été soutenu toute l’étape avec de belles pointes de vitesse après une grosse bataille le long de l’Irlande : nous avons dû faire vingt-six virements de bord sous trinquette et un ris dans la grand-voile ! Puis de grands bords vent de travers sous gennaker ou génois dans de la mer pas toujours plate, puis finir à trente… et trois nœuds. C’était mou du genou et on ne s’y attendait pas du tout.

On a galéré avec notre safran central qui s’est relevé, probablement sur un choc avec un objet flottant : le cordage s’est coincé et nous avons mis beaucoup de temps à réparer. Nerveusement, il y a eu des moments incertains : on ne savait vraiment pas comment on allait se sortir de la zone de calmes avec deux bateaux qui s’étaient légèrement échappés (Musandam-Oman Sail et Groupe Edmond de Rothschild). Mais si on a pu sortir en tête de cette pétole, ça n’a pas suffi puisque Spindrift racing s’est échappé : on s’est un peu endormi… »

Sidney Gavignet :

« Tout s’est joué à trois cents mètres de la ligne d’arrivée… Et je crois que se sera souvent le cas puisque nous arrivons à chaque fois tout près des côtes. Aller bien dans le petit temps comme Foncia, c’est un bon atout. Leur équipage a compris comment faire marcher un MOD70 dans la pétole : cela leur a servi la nuit dernière et sur cette arrivée. Mais nous sommes contents parce que nous avons appris encore et encore : on comble une partie de notre déficit au fil des manches.

On s’était bien décalé dans l’Ouest mardi après-midi pour avoir un meilleur angle pour le dernier sprint vers Cascais, mais tout le monde attendait dix nœuds de secteur Nord et il y a eu vingt nœuds ! Et en étant à l’extérieur du virage, on a eu un peu moins de vent que les autres quand la brise est rentrée. On s’est un peu trompé, mais ce n’était évident pour personne : il n’y a pas de regrets à avoir. Nous ne sommes pas encore aussi à l’aise dans le petit temps que les deux leaders : cela nous fait douter parfois et ce n’est pas bon.

C’était une belle étape, en particulier le long des côtes irlandaises, même si nous avons un peu moins bien négocié l’atterrissage sur le Fastnet. Nous avons trouvé la vitesse au près dans la brise.

On gagne tout de même une place au classement général : il y a de quoi remonter du terrain. Mais nous faisons encore trop de « boulettes », or la monotypie ne pardonne pas les erreurs si petites soient-elles ! Nous ne sommes pas encore au niveau pour les City Race mais nous avons eu aussi des « tuiles » avec notre équipage (malade, blessé). Mais c’est en voie d’amélioration au fil des manches : les deux leaders sont un cran au-dessus, mais le delta se réduit… »

Stève Ravussin :

« C’est forcément décevant d’être cinquième sur cinq ! Mais c’est un petit manque de qualités de notre équipe parce que nous n’avons pas encore assez de rigueur suisse. En fait, on perd une bonne heure avant le Fastnet avec notre histoire de hook qui ne marchait plus quand nous voulions renvoyer la toile. Avec des monotypes et des équipages de ce niveau, il n’y a pas le droit à l’erreur… On a tout de même réussi à revenir au contact le long des côtes du Portugal et nous avons essayé une option qui n’a pas marché : c’était trop tôt. Mais quand on est leader, on prend certaines décisions qui ne sont pas les mêmes que celles des poursuivants, a fortiori celles du dernier. Le but est de gagner, pas de terminer quatrième… Cela n’a pas payé. Tant pis.

Après le départ de Dun Laoghaire, on avait creusé l’écart avec une bonne vitesse au près dans la brise. Notre navigateur Franck Cammas avait bien négocié ce début d’étape. Mais on a aussi des progrès à faire au niveau manœuvres : nous n’avons pas eu autant de temps pour nous entraîner que les autres teams. On voit tout de même que ces MOD70 vont très vite : en moins de six jours, nous avons fait Kiel-Dun Laoghaire-Cascais ! Ce sont vraiment de belles régates. »

Fin du partenariat de Foncia, Michel Desjoyeaux à la recherche d’un nouveau partenaire

Après Véolia en début d’année, c’est Foncia qui quitte son skipper vedette, Michel Desjoyeaux perd donc son partenaire en MOD 70.

Foncia devait initialement accompagner le skipper  jusqu’en 2014, mais leur collaboration cessera après le tour de l’Europe qui débute le 30 août, cette décision fait suite à un recentrage de la communication de l’entreprise en partie cédée à des fonds d’investissement l’année dernière.

Mer Agitée, l’écurie de Michel Desjoyeaux est propriétaire du trimaran et attend donc un nouveau sponsor pour s’engager la saison prochaine sur le circuit Multi one Championship.

La Brest City Race clôt la 1ère épreuve officielle des MOD 70

 Pour clore cette première course, les équipages des MOD70 se sont retrouvés aujourd’hui en rade de Brest pour disputer une City Race. Ce type d’épreuve sera la norme dans toutes les villes étapes du circuit Multi one Championship, afin de faire profiter le public du spectacle des trimarans au plus près des côtes.

La première manche était un parcours côtier d’une douzaine de milles au départ de la pointe de l’Armorique vers la bouée Charles Martel et Camaret avec un final devant le phare du Petit Minou. Les multicoques se sont élancés  au vent de travers dans une brise d’une vingtaine de nœuds, permettant aux skippers d’utiliser toute la puissance de leurs bateaux, l’issue de cette manche était incertaine jusqu’à la ligne d’arrivée. Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild réussissait malgré tout à contenir Yann Guichard et son équipage sur Spindrift racing. Foncia prenait la troisième place devant Musandam-Oman Sail.

Après cet exercice matinal les MOD70 prenaient la direction de l’école navale de Lanvéoc pour deux séries de « runs » dans la rivière de Châteaulin. Michel Desjoyeaux et ses hommes s’imposait sur le premier  double aller-retour et contenait le vainqueur de la Krys Ocean Race Spindrift racing, qui prenait la seconde place devant Groupe Edmond de Rothschild et Musandam.

Une deuxième manche était lancée dans l’après midi, Sébastien Josse prenait le meilleur départ mais Spindrift racing réussissait à se glisser sous ses adversaires et s’imposait devant les hommes du Gitana Team.

Les résultats du jour :

Parcours côtier

1- Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse)

2-Spindrift racing (Yann Guichard)

3-FONCIA (Michel Desjoyaux)

4-Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet)

Premier run (deux aller-retour)

1-FONCIA (Michel Desjoyaux)

2-Spindrift racing (Yann Guichard)

3-Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse)

4-Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet)

Deuxième run (un aller-retour)

1-Spindrift racing (Yann Guichard)

2-Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse)

3-FONCIA (Michel Desjoyaux)

4-Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet)

Stève Ravussin et son équipage sur Race for Water n’ont pas participé à ces courses du fait de leur avarie survenue pendant la transatlantique.

Les équipages se retrouveront fin août à Kiel pour le départ de l’European Tour.

Race For Water s’impose sur le prologue de la Krys Ocean Race

Steve Ravussin et son équipage se sont imposés au terme des 120 milles entre Newport et New York, sur le prologue de la Krys Ocean Race, cette étape a permis aux MOD 70 de rejoindre la mégalopole new yorkaise au large de laquelle sera donné le départ de la transatlantique le 7 juillet.

C’est Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild qui avait pris le meilleur départ de ce prologue, trois options s’étaient dessinées cette nuit avec Foncia et Groupe Edmond de Rothschild à la côté, Race for Water et  Spindrift Racing plus au large et Musandam-Oman Sail faisait cavalier seul à 15 milles du groupe à la côte, les écarts sont restés faibles durant les 120 milles avec de nombreux changements de leaders.

Au pieds des grattes ciels, c’est finalement Steve Ravussin qui s’impose avec 2 minutes 30 d’avance sur le Gitana Team. Yann Guichard sur Spindrift Racing termine 3ème avec 4 minutes d’avance sur Michel Desjoyaux sur Foncia, Musandam-Oman Sail skippé par Sidney Gavignet fermait la marche.

 

 

Yann Guichard : « La motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team. »

Yann Guichard, skipper du MOD Spindrift racing, de l’AC45 de l’Energy Team et tacticien sur le D35 Ladycat a de nouveau répondu aux questions de Voile-Multicoques (interview réalisée lors de l’Open de Crans).

© Chris Schmid / Spindrift racing

Voile-Multicoques.com : Tu intègres l’équipage de Ladycat, qui participe au Vulcain Trophy avec un équipage remanié, qui s’est professionnalisé, quels sont vos objectifs ?

Yann Guichard : Dona Bertarelli, la propriétaire, prend les saison les unes après les autres, elle a voulu un peu de changement cette année, en prenant un équipage plus professionnel et avec des hommes.

Ceci permet de naviguer à six et non plus à sept comme avec les filles, ce qui simplifie les choses, avec un poste pour chaque personne.

L’objectif chiffré est d’essayer d’accrocher les troisième, quatrième ou cinquième place du championnat, ce qui est faisable mais difficile.

Alinghi, le CER (Realstone Sailing), et Artemis sont un peu au dessus du lot, mais le reste de la flotte est assez homogène, la course à la quatrième place risque donc d’être serrée.

Cette saison se court exclusivement sur le Léman cette année, quelles sont les spécificités de ce plan d’eau ?

Sur le premier grand prix, nous avons eu un vent de sud un peu instable, ce qui est habituel sur le lac, tout comme le petit séchard pour le second grand prix, les conditions sont toujours plus ou moins piègeuses, il faut être opportuniste, tout peut arriver jusqu’à la ligne soit coupée.

C’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce type de plan d’eau, tout peut être remis en questions rapidement, les nouveaux parcours, plus courts que la saison dernière, et avec une porte au vent ouvrent également un peu le jeu, ce qui ajoute des opportunités pour revenir sur les bateaux qui nous précèdent.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces changements de format des régates, avec un raccourcissement des parcours et l’introduction de la porte au vent, ce format se rapproche de ceux qui ont été adoptés sur les autres circuits multicoques (America’s Cup World Séries, Extrême Sailing Series), penses-tu qu’il s’agit de la bonne formule pour courir en multicoque ?

Je ne pense pas qu’un type de parcours soit meilleur qu’un autre, tout dépend du type de bateau, et de l’objectif, comme on peut le voir sur les circuits tournés vers le public à terre.

L’introduction de la porte au vent en D35 ouvre le jeu, mais l’idéal serait d’avoir les règles de la Coupe de l’America en ce qui concerne l’engagement à la bouée, le tribord reste donc roi selon les règles ISAF avec des passages de bouées parfois un peu dangereux.

Ce format donne plus d’intensité, mais aussi plus de travail à l’équipage avec des manœuvres incessantes, ce qui change des longs bords calés que nous avons connu jusqu’ici sur le circuit.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Tu es le skipper du MOD Spindrift racing depuis quelques mois, quelles sont les qualités du bateau par rapport aux autres trimarans que tu as barré jusqu’ici (60′ ORMA, Gitana 11 sous sa forme rallongée) ?

Ces bateaux sont difficilement comparables, le choix d’un bateau monotype fait que les coefficients de sécurité sont plus importants, le bateau est donc plus costaud, plus raide, à un plan de voilure un peu moins puissant par rapport aux autres bateaux que j’ai pu barrer.

Dans les petits airs, le bateau est un peu plus difficile à faire avancer qu’un 60′ ORMA, du fait d’un rapport poids/puissance un peu moins favorable, mais ce bateau est très intéressant, la monotypie a été très bien respectée, comme nous avons pu le constater sur les régates courues jusqu’ici avec des écarts très serrés, il faut aller chercher quelques centièmes de nœuds face aux adversaires pour s’imposer. Ce qui promet de belles régates inshores, mais aussi sur l’Atlantique dès cet été.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Certains skippers ont déjà evoqué une participation à la Route du Rhum 2014 sur les MOD, l’envisages-tu et quelles seraient les modifications à apporter au bateau pour l’adapter au solitaire ?

Le bateau semble plutôt adapté, il y aurait bien sûr un second pilote à installer et quelques modifications mineures.

La course aura lieu dans deux ans et demi, l’objectif immédiat reste bien sûr le Multi One Championship, mais il est clair que je participerai à la course sur ce bateau, nous verrons si une classe MOD sera créee pour la course ou si nous participerons dans la classe Ultime. Il serait dommage que ces bateaux restent à quai pendant la Route du Rhum, ce type de course permettrait aussi de mettre en valeur la classe.

Les deux premières confrontations avec tes concurrents ont été très serrés cette année, que ce soit sur le Tour de Belle Ile ou l’Armen Race, où se sont jouées ces courses ?

Pour le Tour de Belle Ile, nous avons pris une option au départ qui n’était pas la bonne, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild ont donc été devant dès le début et nous n’avons fait que lutter pour revenir sur eux, ce que nous avons fait petit à petit.

Sur l’Armen Race, nous étions en tête sur le retour, mais nous avons eu un problème pour hooker la GV, ce qui a permis à Foncia de revenir et de nous passer, les bateaux ont été au contact pendant toute la course, la moindre erreur fait que le copain passe devant, il faut donc être irréprochable sur les manœuvres. Nous avons fait quelques erreurs, c’est le métier qui rentre, nos adversaires ont un peu plus d’expérience sur ces bateaux et nous progressons de jour en jour, nous allons donc poursuivre nos entraînements dès la semaine prochaine.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces entraînements, quelles informations sont partagées avec les autres teams, avez-vous des debriefings communs, quelles informations partagez-vous ?

Avec Foncia, nous partageons en live les réglages à la VHF quand nous sommes sur l’eau, nous ne faisons pas de véritables debriefs, nous discutons des réglages de manière informelle.

Ces sessions permettent de progresser dans la connaissance du bateau grâce à ces échanges, en naviguant seuls le feeling est rapidement bon, et on pense être champion de la baie, la confrontation permet de faire des progrès exponentiels, je pense que ces entraînements sont indispensables pour bien figurer face aux autres.

De notre côté nous avons choisi, et eu l’opportunité, de nous entraîner avec Michel Desjoyaux, ce qui est une excellente expérience, je pense que Foncia est une des grosses équipes en MOD 70, c’est donc super de pouvoir mettre des choses en commun avec eux.

Passons aux America’s Cup World Series, Energy Team termine sur trois belles performances, que ce soit avec toi, ou Loick Peyron à la barre, quelles sont les forces de cette équipe qui a pourtant un déficit d’entraînement par rapport aux top teams (Oracle Racing, Artemis, Emirates Team New Zealand et Luna Rossa) ?

Etape après étape, nous avons réussi à poser des bases qui font qu’aujourd’hui notre équipe est solide à terre et sur l’eau.

Nous avons bien travaillé sur l’eau, les manœuvres et la communication se déroulent très bien, l’ambiance est excellente au sein de l’équipe. Même après de mauvais résultats la motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team.

Nous avons aussi beaucoup travaillé sur les voiles avec Incidences, ce qui nous donne un petit plus en vitesse, surtout dans le vent médium et le petit temps, comme sur les dernières étapes. Cet avantage est une des clefs du succès dans ces régates serrées, où il ne faut rien lâcher.

Les grosses équipes gardent un avantage dans le gros temps car ils ont plus d’entraînement. Dans les vents faibles ou modérés, toutes les équipes manœuvrent bien et les petites équipes rattrapent leur retard sur les détails de réglages.

De notre côté, nous avons réussi à gommer toutes les grosses erreurs, ce qui resserre forcément le jeu. Les régates deviennent donc de plus en plus intéressantes avec des vainqueurs différents à chaque Act.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Il ne reste qu’un Act avant la fin de la saison, avez-vous prévu des navigations sur d’autres supports afin de continuer la préparation à la possible participation de l’Energy Team à la 33ème Coupe de l’America ?

Tout dépendra de la suite, si nous décrochons le financement pour l’AC 72, il y aura des entraînements en commun qui pourront se faire sur le MOD 70 pour préparer l’équipage.

En attendant, nous conservons tous nos programmes différents et assez complets pour tous les membres d’équipage de l’AC45.

Arnaud Jarlegan et Devan Le Bihan naviguent avec moi sur le D35 Ladycat, ce qui permet de parfaire les automatismes sur l’AC45, ces passages sur différents supports sont aussi une force, même si nous n’avons pas l’opportunité de nous entraîner sur l’AC 45.

Est ce que les parcours des régates des America’s Cup World Series, à proximité immédiate des côtes, sont adaptés à l’AC45 ? Ou est ce que ces bateaux mériteraient-ils un terrain de jeu plus vaste ?

Les formats sont parfaitement adaptés pour le public, mais aussi pour nous, on s’éclate sur l’eau, il faut seulement intégrer les limites virtuelles, ce qui est difficile au début. Tactiquement ces limites sont intéressantes, elles resserrent le jeu et gomment le défaut du multicoque, du fait du manque de manœuvrabilité de ces bateaux, nous avions tendance à aller sur les extrêmes, ce format permet de recréer du contact entre les bateaux.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Le format des régates reste parfois assez obscur, avec certains Acts où les match-races se déroulaient en une seule manche contre deux manches gagnantes sur d’autres Acts, est ce que les équipes participent à la prise de décisions concernant l’organisation des régates ?

Les équipes ont leur mot à dire, mais au final Oracle Racing définit les règles avec le retour de différents teams. Il est vrai que le format à une manche gagnante pour le match-racing est un peu dur.

Un autre petit reproche que je ferai concerne le fait que la l’America’s Cup se court en match-race, alors que les ACWS se courent en grande partie en flotte, mais il faut aussi prendre en compte l’aspect télévisuel, et là je pense que suivre une course en flotte est plus sympathique pour les téléspectateurs et le public.

Au final l’équilibre est assez bon, que ce soit pour les compétiteurs ou les spectateurs qui semblent satisfaits.

Le sixième MOD mis à l’eau jeudi

Le MOD70 Oman Sail aété mis à l’eau le jeudi 12 avril à la BSM de Lorient, sous les yeux de son skipper Sidney Gavignet et de son équipe. Les membres de l’équipage avaient déjà eu l’occasion de se familiariser avec le bateau en naviguant une semaine sur Race For Water, le MOD 70 de Steve Ravussin, loué par l’équipe omanaise pour l’occasion.

Sidney Gavignet, skipper du MOD70 OMAN SAIL : « Ce projet OMAN SAIL me tient à cœur et le soutenir est un véritable honneur. L’idée du Sultanat est de créer une industrie voile parallèlement à celle du tourisme afin de développer les emplois. Au sein de notre équipe, il y a des navigants omanais qui s’ouvrent sur le monde maritime. Aujourd’hui, notre histoire se poursuit avec la mise à l’eau d’OMAN SAIL et je lis dans les yeux de mes équipiers beaucoup d’émotion. C’est une grande première pour nous tous, un moment émouvant et à part. »

L’équipage du MOD70 Oman Sail naviguera dans les semaines qui viennent afin de finaliser  la sélection de l’équipage qui participera à la KRYS OCEAN RACE dont le départ sera donné dans 3 mois et à l’European Tour.

Sidney Gavignet : « OMAN SAIL est le petit poucet de la flotte puisqu’il est le dernier bateau à être mis à l’eau avant la KRYS OCEAN RACE. Il nous reste effectivement un peu moins de trois mois de préparation. Cependant, nous avons navigué à bord de Race for Water et réalisé un stage de sécurité ces dernières semaines. Nous allons désormais poursuivre cet apprentissage à bord d’OMAN SAIL. A venir un stage à Port La Forêt avec Foncia et Groupe Edmond de Rothschild dans deux semaines puis à suivre une semaine d’entraînement au large avec un système de quart la nuit et toute une batterie d’enregistrements de données au cours des journées.
Certes, les autres équipes sont plus expérimentées mais l’équipage OMAN SAIL est bon. Notre objectif pour cette première course est de la terminer et de faire notre maximum pour figurer à la meilleure place. »

Le prochain trimaran monotype à être mis à l’eau sera Paprec-Virbac 70 en juillet, il sera skippé par Jean Pierre Dick.

Les équipages des MOD 70 se préparent pour la saison 2012

L’équipage de Gitana XV mené par Sébastien Josse a regagné sa base lorientaise après une cession d’entrainements à Agadir, initialement prévue avec le team Véolia Environnement, l’équipage de Roland Jourdain est rentré prématurément en Bretagne suite au retrait de son partenaire. Les hommes du Gitana Team ont effectué le convoyage retour en configuration course avec six hommes à bord.

Yann Guichard et Michel Desjoyaux avaient décidé de rester en Bretagne pour s’entrainer en binôme, ils ont enchainé les navigations entre la baie de Quiberon et de Concarneau avec des conditions très variées entre pétole en début de mois et entrainement musclé la semaine dernière avec une mer croisée et 30 noeuds de vent. Les deux équipages se retrouveront à nouveau dans une semaine pour de nouvelles navigations au large de la Trinité sur Mer.

Yann Guichard, skipper du trimaran Spindrift Racing : « Nous avions hâte de tester le bateau avec du vent. Nous avons eu des journées intenses où l’équipage a pu se familiariser aux mouvements du multicoque sur une mer courte et hachée au large de l’archipel des Glénans. Ces journées étaient idéales pour mettre à l’épreuve la structure du bateau, idéales aussi pour affiner et ajuster de nouveaux réglages. Une chose est sûre, le MOD70 se comporte très bien. S’entraîner aux côtés de Foncia était une aubaine. Nous avons pu essayer ensemble diverses configurations de voile et observer lesquelles étaient les plus adaptées ou les plus performantes selon les allures dans du vent soutenu »

La saison débutera en juillet avec la Krys Ocean Race entre New York et Brest, puis un tour de l’Europe en août avec des escales à Kiel, Dublin, Cascais, Marseille et Gênes.

Fin de sponsoring brutale pour Roland Jourdain

Après 8 ans de collaboration, le partenariat entre Roland Jourdain et Véolia Environnement s’est terminé brutalement , la décision a été prise mercredi et annoncée officiellement aujourd’hui.

L’entreprise qui avait décidé d’accompagner le skipper sur le circuit MOD, en étant la seconde équipe à s’engager en 2010 après Foncia ; le team Véolia était en pleine préparation de la saison 2012 à Agadir, où elle effectuait des entrainements avec le Gitana Team depuis jeudi dernier.

© Yvan Zedda / Sea&Co / MOD S.A.

La fin du partenariat étant à effet immédiat, il semblerait que l’équipage convoie le trimaran dès ce week end, avant qu’il ne soit mis en vente.

Le MOD Spindrift Racing de Yann Guichard mis à l’eau

Le MOD n°5 du team Spindrift Racing a été mis à l’eau à la BSM de Lorient vendredi matin. Ce trimaran sera barré par Yann Guichard, qui s’entoure de Pascal Bidégorry, Billy Besson et Jacques Guichard qui feront parti de l’équipage.

Le skipper avait eu l’occasion de découvrir le bateau lors des Krys Match sur Race for Water,le MOD Spindrift Racing, rejoindra sa base de la Trinité sur Mer dès le 1er février, suivront des sessions d’entrainement inshore et offshore en collaboration avec l’équipe de Foncia menée par Michel Desjoyaux.

Avant le début officiel du Multi One Championship avec la Krys Ocean Race, Yann Guichard et son équipage s’aligneront sur les courses « régionales » avec au programme le Tour de Belle-Ile, l’Armen Race et le Trophée SNSM.

Yann Guichard :« Je suis fier de pouvoir m’entourer d’une équipe technique de grande expérience et de marins d’exception, tous spécialistes du multicoque. Après 8 mois de chantier et d’attente, nous rentrons enfin dans le vif du sujet. Tous, nous sommes impatients de tirer les premiers bords »

Pascal Bidégorry : « C’est une grande joie d’intégrer l’équipe de Spindrift racing et participer au circuit MOD70 qui s’annonce passionnant. Comme j’ai déjà eu l’occasion de naviguer avec Yann, je connais bien ses compétences et ses qualités humaines que j’apprécie. Spindrift racing sera très compétitif, je n’en ai aucun doute. »

Yann Guichard et Léo Lucet, le Directeur du team sont toujours en négociations avec d’éventuels partenaires afin d’envisager le futur de l’équipe ; par ailleurs le skipper espère pouvoir s’engager sur la prochaine Route du Rhum en 2014, comme il l’explique dans un interview pour Sports.fr.

Le parcours de l’European Tour dévoilé

Le premier European Tour de la série des MOD70 qui aura lieu du 29 août au 7 octobre 2012 a été dévoilé aujourd’hui au salon nautique de Düsseldorf.
Les équipages auront près de 5000 milles à couvrir en quatre étapes de ralliement en course au large et cinq city races dans chacune des villes étapes.

Les six MOD70 et leurs équipages partiront de Kiel en Allemagne, la première étape vers la côte est de l’Irlande, après un passage par le nord des Iles Shetlands. La seconde étape emmènera les équipages vers Cascaïs au Portugal pour une escale de huit jours.

La troisième étape permettra aux MOD70 de rejoindre les côtes françaises avec une arrivée d’étape et une city race à Marseille du 23 au 30 septembre.
L’ultime étape de l’European Tour 2012 entrainera les MOD70 dans une grande boucle autour des îles de la Corse et de la Sardaigne avant une remontée à destination dun port italien donnant sur la mer de Ligurie…


Marco Simeoni, Président de MOD S.A. : « Nous sommes heureux aujourd’hui de pouvoir présenter la première édition du parcours autour de l’Europe, à bord des MOD70. Depuis 2009, nous oeuvrons pour la constitution d’une classe monotype et d’un circuit cohérent pour les coureurs, les armateurs et nos partenaires. Dans le contexte économique actuel européen, les choses ne sont pas aisées mais finalement nous y sommes parvenus. Les villes de Kiel, de Marseille et de Cascaïs sont les trois premières villes à s’être engagées à nos côtés. Les contrats avec les deux dernières villes concernées seront signés dans les jours à venir. 5000 milles, 5 pays, 5 villes étapes et 5 City races, ce MOD European Tour va être riche au niveau sportif et aussi culturel ! Grâce à la monotypie qui garantit l’équité sportive, nous allons assurément assister à de belles confrontations nautiques entre les équipages MOD70 engagés cette saison 2012. »

Michel Desjoyeaux, skipper du MOD70 Foncia : « Cet European Tour 2012 version MOD70 sera la seconde épreuve de la saison. Il sera plus long et plus intense que la Krys Ocean Race mais gageons que l’équipage de Foncia sera rodé! En plus, le Tour de l’Europe ne m’est pas totalement inconnu puisque j’ai couru à bord de Crédit Agricole, le bateau vainqueur, la première édition en 1985. Puis, à nouveau en 1993, à bord de la Poste. C’est toujours très passionnant car il y a de nombreux passages intéressants à négocier. Le plan d’eau mérite vraiment d’être connu! Cette alternance d’étapes offshore et d’épreuves in shore me plait puisqu’il va nous permettre de faire découvrir le MOD 70 Foncia à différents invités lors des escales. Ces moments de partage et d’échanges à bord de nos fabuleuses machines sont toujours riches et intéressants.  »

Sidney Gavignet, skipper du MOD70 Oman Sail : « Nos MOD70 sont capables de parcourir de grandes distances en peu de temps ; il sont vraiment taillés pour ce type de parcours autour de l’Europe ! De mon côté, j’ai déjà eu l’opportunité de courir deux courses de l’Europe en 1993 et en 1997. J’en garde d’excellents souvenirs avec de belles bagarres sur l’eau. Je ne m’attends pas à moins lors de cette édition.
Cet European Tour correspond vraiment à ce que recherche mon partenaire OMAN qui souhaite promouvoir le tourisme dans le sultanat auprès du public européen. »

Yann Guichard, skipper du MOD70 Spindrift racing : « Je suis plutôt un habitué des transatlantiques. Ce sera ma première participation à un tour de l’Europe. Je suis très enthousiaste à l’idée de mener mon MOD70 Spindrift racing sur ce parcours qui va me permettre de découvrir des plans d’eaux, notamment sur la première étape entre Kiel et l’Irlande. Egalement une première pour moi, cette alternance de courses offshore et de courses in shore et, qui plus est, sur un mois ! Le rythme va être soutenu et il nous faudra être réguliers et performants quelque soit le format de course. »

Roland Jourdain, skipper du MOD70 Veolia Environnement : « C’est une navigation qui s’annonce passionnante…A l’époque déjà en multi et, aussi en mono, tous les coureurs adoraient. Au niveau sportif c’est un super mélange de large et de parcours côtiers. A bord du MOD70 Veolia Environnement, on va se régaler, c’est certain ! »

 

Stève Ravussin, skipper du MOD70 Race for Water : « L’Allemagne est un grand pays de navigateurs qui a une place particulièrement importante sur la carte de l’Europe ; je suis donc très heureux et fier de débuter ce premier European Tour à Kiel. Aventure, vitesse et adrénaline, un mélange de régates hauturières et de city races spectaculaires à armes égales … c’est tout ce que j’aime ! En plus de la compétition sportive, je me réjouis de pouvoir sensibiliser les gens et les enfants sur les problèmes de l’eau… avec le MOD70 RACE FOR WATER ambassadeur de la Fondation Multi One Attitude, nous allons porter ce message aux quatre coins de l’Europe et nous battre pour faire des courses magnifiques. »

Sébastien Josse, skipper du MOD70 Groupe Edmond de Rothschild : « L’European Tour propose un programme ambitieux et sera une course difficile. Durant trois semaines, nous allons enchaîner les parcours au large et les city race à un rythme soutenu et les équipes auront très peu de temps pour souffler. Ce deuxième événement de la saison 2012 révèlera l’endurance des équipages et leur capacité à s’adapter aux changements d’exercices. Le tracé Nord – Sud de la course devrait nous offrir des conditions très variées. La partie Nord peut nous proposer des conditions vraiment musclées à cette époque de l’année tandis que la deuxième partie, dans le Sud de l’Europe, devrait s’avérer plus clémente ; mais c’est uniquement une hypothèse car la Méditerranée n’est jamais avare de surprise et pourrait très bien nous dérouler un tout autre scénario. Le Tour de l’Europe sera intense avec un plateau de six équipages affûtés après la Krys Ocean Race.»

 

Calendrier des escales :

Kiel (Allemagne) du 29 août au 2 septembre
Irlande du 5 au 9 septembre
Cascaïs (Portugal) du 12 au 20 septembre
Marseille (France) du 23 au 30 septembre
Italie du 3 au 7 octobre