Report de la Krys Ocean Race

Déjà privée de réel programme cette saison et après une première année difficile en 2012, la classe des MOD70 est de nouveau confrontée à une nouvelle déconvenue avec le report de la transatlantique, cette seconde édition de la Krys Ocean Race, prévue en mai 2014 est reportée en 2016.

L’organisateur avait déjà entamé des discussions avec les différentes classes de mulicoques océaniques et la course devait s’ouvrir aux Ultimes et aux Multi50′, ceci n’aura semble-t-il pas fédéré les armateurs qui n’ont pas répondu présents. Il est également prévu, si la course devait s’inscrire dans la durée de passer sur un cycle de 4ans, et qu’elle soit ouverte à tous les multicoques.

L’avenir s’assombrit donc encore un peu plus pour la classe monotype, seuls sept trimarans ont été construits, deux d’entre eux ne naviguent pas faute de budget (Race for Water de Steve Ravussin, et l’ex Foncia de Michel Desjoyaux), un autre a été acheté par un propriétaire (Orion Racing) et ne semble destiné qu’à des courses américaines, les quatre autres unités sont dotées de budget (Groupe Edmond de Rothschild, Oman Air Musandam, Spindrift racing et Virbac Paprec), mais sont privées de circuit et de courses.

En effet avec l’annulation de l’Ocean World Tour, un tour du monde par étapes l’année dernière, et de cette transatlantique, la classe perd sa substance, puisque les trimarans ne seront probablement armés que pour des courses côtières ou semi-hauturières. On pourrait voir quelques unités sur la Route du Rhum en novembre 2014, mais le programme des MOD 70 se résumera probablement à cet unique événement, Prince de Bretagne avait bien organisé un tour de l’Europe l’année dernière mais celui-ci n’a pas vocation à devenir annuel.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Qui plus est, le conflit entre armateurs des bateaux et l’organisation ne semble toujours pas réglé, le trimaran aux couleurs du Gitana Team a par exemple disparu de la liste des team sur le site officiel de la classe, certains concurrents avaient par exemple eu, la saison dernière, d’énormes difficultés à obtenir des pièces de la part de Multi SA.

Marco Simeoni, Président de MOD S.A. : « C’est avec une grande tristesse que nous avons pris la décision de reporter la KRYS OCEAN RACE qui devait pourtant s’annoncer comme un grand rendez-vous sportif au sein de la flotte des MOD70. Un contexte économique difficile conjugué à des choix stratégiques de certains partenaires et armateurs nous ont malheureusement contraints à devoir reporter l’évènement. MOD ainsi que ses partenaires Krys et la ville de Brest réfléchissent au format de l’édition future qui permettrait le plein succès de cette course autant sur un modèle sportif que économique».

Jean-Pierre Champion, Directeur Général de Krys Group : « Chacun a en mémoire les images de la 1ère édition : Ces « formule 1 » des mers, au pied de Manhattan, s’élançant pour rejoindre Brest en moins de 5 jours : une prouesse de chaque équipage qui fait écho à l’exigence quotidienne des 880 équipes d’opticiens KRYS. La 2ème édition se doit d’être encore plus ambitieuse et plus unique».

 

Les MOD70 sur les courses existantes en 2013

La plupart des équipes engagées sur le Multi One Championship la saison dernière vont s’aligner sur les épreuves « classiques » cette année, suite à un désaccord financier avec l’organisation Multi One SA.

Virbac Paprec, qui vient d’être mis à l’eau et qui sera skippé par Jean Pierre Dick et Musandam (Oman Sail/Sidney Gavignet) participeront au Grand Prix Guyader, à l’Armen Race en début de saison, Groupe Edmond de Rothschild devrait également être présent sur l’Armen Race.

Les MOD 70 enchaineront ensuite avec le Tour de l’Europe organisé par Prince de Bretagne en juin, puis avec la Transat Jacques Vabre qui a ouvert ses portes à la classe.

Orion Racing, le MOD 70 n°2, vendu à un propriétaire américain, naviguera sous la houlette de Cam Lewis, le trimaran devrait bientôt quitter la Bretagne pour le Mexique où l’équipage s’entrainera avant de rejoindre San Francisco.

Michel Desjoyaux est à la recherche de partenaires pour relancer l’ex Foncia et s’aligner sur le Tour des Princes et la Transat Jacques Vabre.

L’équipe Race for Water, mené par Stève Ravussin, n’a pas communiquée sur le programme de sa saison, le skipper suisse devrait toutefois tout faire pour être présent sur la ligne de départ de la transat.

Pas de programme non plus pour Spindrift racing, l’équipe de Dona Bertarelli aura fort à faire avec son maxi trimaran Spindrift 2 (ex Banque Populaire V), et pourrait ne s’aligner que sur un nombre réduit d’épreuves dont le Tour des Princes (l’organisateur a préféré ne pas voir le maxi de 140′ au départ afin de favoriser un plateau « homogène ») et la Transat Jacques Vabre, que Yann Guichard, le skipper a déjà couru.

Sidney Gavignet, qui avait quitté Lorient avec son équipage il y a quelques jours afin de s’élancer sur une tentative de record autour de l’Irlande a préféré renoncer du fait de conditions météos très musclées, Musandam Oman Sail est donc rentré à son port d’attache et la tentative est reportée.

Spindrift racing décroche la dernière étape, mais Foncia s’impose sur l’European Tour

Les skippers et les équipages engagés sur l’European Tour nous aurons encore offert un final à suspense pour cette ultime étape offshore.

Yann Guichard et ses hommes avaient réussi à prendre la tête de la flotte après une nuit au contact et se présentaient en vainqueur à Gênes, en ayant intercalé deux bateaux (Race for Water et Oman Sail) entre eux et Foncia, ce qui leur permettait de remporter ce tour de l’Europe, c’était sans compter sur la pugnacité de Michel Desjoyaux qui revenait dans les 10 derniers milles et parvenait à se glisser sous le vent de la flotte pour se présenter en deuxième position sur la ligne, Race for Water complète le podium de cette étape en terminant à trois minutes de Foncia.

Cet European Tour est donc remporté par Foncia et Michel Desjoyaux qui aura eu fort à faire pour l’emporter face à Spindrift racing, Yann Guichard et ses hommes se classent donc second à deux points de Foncia.

Race for Wtaer complète le podium grâce à leur troisième place sur cette cinquième étape offshore, Stève Ravussin et son équipage terminent également deux points devant Musandam Oman Sail, qui effectue une belle épreuve avec une courbe de progression tout à fait satisfaisante. Groupe Edmond de Rothschild termine cinquième de cette épreuve et paye une mauvaise fin de course au classement.

Michel Desjoyaux, skipper de FONCIA : « Cette arrivée est à l’image de l’ensemble de ce tour de l’Europe, pendant tout ce mois de course : acharné, disputé, des renversements de situation, quelques chassés croisés. Des grands moments de doutes et de solitude, des grands moments de bonheur pour certains, de catastrophe pour d’autres. C’est le jeu. Et à la fin, FONCIA s’en sort très bien. En sauvant notre place derrière Spindrift sur cette étape là, on sauve notre place au général »
« On a vu trois bateaux passer à 15 milles de l’arrivée. A un moment on s’est dit « et bien tant pis, c’est foutu, on a tout perdu ». Et puis on s’est dit que la ligne d’arrivée n’était pas encore franchie. On a vu Oman et Race for Water passer dans une zone avec très peu de vent. Nous, nous avons contourné cette zone, et nous sommes revenus par l’extérieur avec du vent tout le temps. On sauve notre deuxième place là-dessus et on sauve notre général. Avec deux points d’avance. Après un mois de course ! »
« Dès le début, nous savions que Spindrift serait notre gros morceau de ce tour Européen. On savait qu’ils seraient de très gros clients car ils venaient de gagner la Krys Ocean Race. Ce sont d’ailleurs eux qui gagnent le plus de manches je crois. »
« C’est un bateau sur lequel tout le monde bosse, où tout le monde est concentré, du début à la fin. A l’escale et en mer. C’est un réel plaisir de naviguer dans ces conditions, parce que tout le monde donne le meilleur de soi-même à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Et même si on fait des erreurs, on passe outre. Ce sont des gars compétents, motivés, travailleurs ».
« Pour le moment, cette victoire a surtout le goût du champagne parce que je me suis fait arroser par les copains de Spindrift ! Elle a un goût particulier parce que c’est la dernière course de ce bateau, de moi-même et de l’équipage sous les couleurs de FONCIA. C’est sympa de finir sur une très belle note, pour cette enseigne qui m’a permis de faire plein de belles choses depuis 2007. Je voudrais dédier cette victoire à tous les collaborateurs de FONCIA qui m’ont soutenu depuis janvier 2007. Les belles histoires ont aussi une fin ».

Yann Guichard, skipper de Spindrift racing : « On n’est pas passé loin ! On est irréprochable sur les trois dernières courses, on a pris tous les points qu’il était possible de prendre. Mais FONCIA a très bien navigué et il mérite cette belle victoire. Ils gagnent le tour européen avec 2 points d’avance sur 280 points distribués, rien que ça, ça parle ! La 3eplace aussi s’est jouée sur la dernière manche. On a vu des arrivées très serrées tout le temps. A Dublin, 3 bateaux en 77 secondes. A naviguer, c’est super. Et à suivre de terre, ça doit être chouette aussi !
« Au passage de la ligne d’arrivée : j’ai d’abord congratulé mon équipage, parce qu’on a fait une belle course. Cette étape est une des plus belles qu’on ait faite avec la première. On n’a jamais rien lâché. On a été en tête après le départ, on s’est fait décrocher, on est bien revenu. On a fait ce qu’il fallait faire. On y a cru. On avait le potentiel pour gagner. Maintenant, je crois que l’étape qui nous coûte le plus cher, c’est Around Portugal…c’est celle-là qui a creusé notre tombe. Dans toutes les autres, on a été dans le coup. On n’a pas beaucoup de regret à avoir même si c’est sûr, une fois à terre, on recompte forcément les points. Nous avons le potentiel. Nous avons gagné la Krys Ocean Race, nous faisons 2e de l’European Tour, nous sommes en tête au Multi One Championship… Donc, quelque part, on gagne la saison 2012. »

« Le MOD70 était une découverte pour moi, pour l’équipage, et je suis ravi d’avoir intégré ce circuit. On a montré à tout le monde que le bateau est fantastique, le circuit sympa et que ça fait de super courses. »
« On est très cuits. J’ai bien enchaîné, ça fait deux mois et demi que je suis sur l’eau. Mais je suis heureux, je ne vais pas me plaindre, c’est une bonne fatigue. Mais c’était vraiment intense. On navigue à vue sur ce tour de l’Europe, même sur des étapes de 1000 milles. On est constamment à vue. Je crois qu’avec FONCIA, sur un mois de course, on a  dû se voir 28 jours non stop. C’est assez incroyable et c’est ce qui fait que le rythme est soutenu. Mais c’est super à vivre, d’être fatigué comme ça, mais ne jamais rien lâcher. Il y a toujours une bonne ambiance à bord du bateau. »

Stève Ravussin, skipper de Race for Water : « Fantastique finish. C’était une belle étape, on était tous ensemble, on se voyait. Il y avait des petites options plus ou moins payantes à faire. Mais on voit que quand les bateaux s’arrêtent, les autres sont tellement proches qu’ils reviennent vite. Le team Race for Water est très content. Cette année, j’ai très peu navigué. J’étais mauvais sur les régates inshore, dans les départs notamment. Dans les courses offshore, c’était mieux. Sur les trois dernières manches, on était tout le temps dans le coup. Mais je crois qu’il faut s’entraîner, naviguer beaucoup, parce que c’est très très serré »

« Le moment fort, pour nous, je crois que c’est cette 3e place, aujourd’hui, sur le podium. C’est bien pour l’équipe, pour tous nos petits gars, nos jeunes, que j’ai essayé de faire naviguer cette saison. C’est un beau petit clin d’œil. On n’était pas loin de toucher une victoire. J’espère qu’on le fera plus tard. »

« Les bateaux sont solides, fiables, très proches en performance. Dans la monotypie, c’est le meilleur être humain qui gagne à la fin et là, c’est Michel Desjoyeaux et son équipage. »

«Nous avons 7 bateaux sont construits. Si on les a en 2013, ce sera super. Nous, on va chercher des financements pour le bateau. Et le championnat MOD70 va perdurer, parce qu’il n’y a que ça de vrai ».

Sidney Gavignet, skipper de Musandam Oman Sail : « Cette étape Marseille/ Gênes est celle qui m’a procuré les plus beaux moments sur mon MOD. Parce qu’il y avait la pleine lune, de gros nuages noirs avec le soleil qui se couche d’un côté et la lune qui se lève de l’autre, avec des couleurs dans les nuages, gris, bleus, roses. Puis aussi parce qu’il y a eu les plus beaux moments de navigation, des conditions idéales, en partant de Marseille, on était sous gennaker, le vent est monté, le bateau était calé sur son flotteur, la coque centrale hors de l’eau, on restait comme ça de longs moments à 30 nœuds, constants. A l’intérieur, il n’y avait pas de bruit car la coque centrale ne touchait pas l’eau. C’était de beaux moments.
« On n’a pas la 3ème place qu’on voulait, mais ce n’est pas grave. On a bien tenu notre place et fait partie de la bagarre. C’était l’objectif. On voulait gagner un ou deux trucs par-ci par-là, c’est ce qu’on a fait en gagnant une étape à Marseille et une city race à Cascais. On a beaucoup appris. On est heureux d’avoir participé à cet European Tour. Le format est à refaire. On sera heureux de revenir l’an prochain. On a tous énormément progressé. Tout le monde est méritant. Il y a 3 déçus et 2 contents dans cette course. Les deux contents : FONCIA et Race For Water qui réussissent à attraper la 1ère et la 3ème place. Et trois déçus, Spindrift qui rate la 1ère place, nous qui ratons le podium et Gitana qui fait dernier. Mais tout le monde a animé la fête. C’était un beau tour de l’Europe. »

Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild :  « Un peu frustré et déçu. On avait mis pas mal de cœur au début de l’étape. On était dans le bon paquet et dans le bon rythme. Et patatras quand le gennaker s’est déchiré en deux. Pas moyen de réparer et de raccrocher le wagon ! On n’avait plus trop de moyens de rivaliser alors qu’on était dans une bonne phase.

« Si on regarde le classement, ce n’est pas très satisfaisant. Je pense que nous étions pas mal dans le coup les 2 premières étapes. On a raté des opportunités qui auraient pu nous mettre en confiance pour avoir une motivation psychologique qui nous aurait permis d’accrocher Spindrift et FONCIA. Mais on ne va  pas refaire l’histoire. Il y a du niveau, ça se joue à rien. A certains moments clés, nous n’avons pas pris les bonnes décisions. On aurait pu faire beaucoup mieux.

Sur toutes les étapes, ça s’est fini à vue, sauf l’avant-dernière. On peut être satisfait du support et du fait qu’il n’y ait pas trop de technique qui rentre en jeu. L’équipage et les prises décisions font la différence. Quant à la fiabilité, le contrat de ce côté là est rempli. On va préparer le bateau pour le convoyage retour, un arrêt à Nice pour le Grand Prix d’Extrême 40 et ensuite un débriefing de la saison à froid à Lorient afin de bien préparer 2013 ! »

Foncia toujours devant

L’European Tour devrait se terminer dans une dizaine d’heures à Gênes, après une descente express la nuit dernière à plus de 25 noeuds vers la première marque de parcours, les cinq équipages des MOD70 continuent leur bataille de placement au large de la Corse pour passer la Giraglia.

Deux groupes s’étaient formés, Foncia et Race for Water sur une route plus près de la côte et d’un autre côté Spindrift racing, Musandam-Oman Sail et Groupe Edmond de Rothschild.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Ce soir c’est Michel Desjoyaux et son équipage qui ont un petit avantage sur leurs poursuivants puisqu’ils pointent avec une meilleure vitesse et 4,5 milles d’avance sur Stève Ravussin et une dizaine sur Spindrift racing et Oman Sail, Groupe Edmond de Rothschild a perdu quelques milles dans une zone de grains dans laquelle le gennaker du trimaran du Gitana Team s’est déchiré. Malgré cette petite avance, rien n’est jouer puisque le vent devrait faiblir à l’approche de l’arrivée, et il est probable que les cinq bateaux se regroupent de nouveau en baie de Gênes pour un dernier sprint.

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Spindrift racing vainqueur des City Race et du côtier de la dernière étape de l’European Tour

Les équipages des cinq MOD70, en course sur ce tour de l’Europe, se sont affrontés hier au large du Roucas Blanc pour la deuxième journée des City Races, avant de prendre le départ de la dernière étape cette après midi.

Les conditions étaient plus qu’incertaines hier, avec un violent orage qui s’est abattu sur la cité phocéenne vers 13 heures entrainant de fortes rafales et des trombes d’eau. Les bateaux restaient donc à quai une heure de plus avant que le comité de course ne décide d’envoyer les équipages sur l’eau pour trois manches.

Au final seules deux manches seront courues du fait d’une nouvelle averse en fin d’après midi sous laquelle le vent était nulle, le vent était irrégulier sur ces deux parcours bananes avec de belles rafales à 20 noeuds la bouée au vent, près du Frioul, alors que celui-ci était faible devant le Roucas Blanc.

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La première manche du jour était remportée facilement par Foncia devant Musadam Oman Sail, Spindrift racing terminant 3ème devant Groupe Edmond de Rothschild et Race for Water.
La seconde course était menée de bout en bout par Spindrift racing, Sidney Gavignet se plaçait de nouveau second.
Les trois autres équipages ont connu quelques déboires sur cette manche, en effet les trois bateaux se présentaient quasiment de front à la première marque, Stève Ravussin tentait de faire l’intérieur à Groupe Edmond de Rothschild qui se retrouvait avec un bateau dans son tableau arrière (Race for Water) et Foncia sur tribord qui réclamait de l’eau et entamait son virement à très faible vitesse, le contact était inévitable et Race for Water venait percuter le bras arrière et le flotteur du trimaran du Gitana Team, ces deux bateaux se voient contraints de lancer leurs moteurs pour limiter les dégâts, mais le jury décide finalement de disqualifier ce dernier de la manche, alors que Stève Ravussin décidait d’abandonner celle-ci, Michel Desjoyaux se voyait donc attribuer la 3ème place.

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La réaction de Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild à l’issue de cette manche : « Sur la deuxième manche, nous nous sommes retrouvés au milieu d’une situation critique. Elle a malheureusement tourné à notre désavantage alors que je considère qu’au début nous sommes dans notre bon droit. A la première marque, Race for Water commet une grosse faute qui nous pousse à la faute. A l’approche de la bouée, Stève Ravussin cherche à nous faire l’intérieur alors qu’il n’a clairement pas la place de passer. Foncia qui était alors très lent vire et nous réclame de l’eau. Mais à ce moment là, Race For Water est dans notre tableau arrière et nous ne sommes plus manoeuvrant. Pour ne pas casser les bateaux, nous avons été obligé de mettre notre moteur en route. Du coup, nous sommes disqualifiés de la manche. C’est vraiment rageant que le comportement de certains nous amènent dans ce type de situation, d’autant que notre bateau a été abîmé dans cette double collision.»
C’est donc Yann Guichard et ses hommes qui s’imposaient sur ces City Races de Marseille avec un petit point d’avance sur Foncia, ce qui laissait toujours un avantage de 7 points à Michel Desjoyaux au classement général, à l’issue de ces courses, Sidney Gavignet poursuivait sur une belle dynamique et prenait la troisième place de ces régates de Marseille devant Race for Water et Groupe Edmond de Rothschild.

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Les réactions des skippers :

Yann Guichard, skipper de Spindrift racing :« On gagne ici et c’est bien pour le moral. Je suis heureux de remporter la dernière City Race de la saison. On a bien navigué aujourd’hui et hier, c’était serein à bord. On a bien progressé tout au long de ces City Races même si l’équipage a pas mal changé. Là, nous avions Nicolas Charbonnier et Fred Brousse à bord. Ils ont amené un vrai plus au niveau puissance et tactique. On ne reprend qu’un point à FONCIA mais ça va dans le bon sens. Nous ne sommes plus qu’à 7 points de lui au général. Maintenant, il faut se tourner vers demain. Il y a trois points à prendre sur le petit parcours côtier. Ces points vont être primordiaux pour la suite du classement. »

Michel Desjoyeaux, skipper de FONCIA : « Nous faisons deuxième ici derrière Spindrift racing ce qui n’est pas trop mal car notre début a été un peu laborieux. La journée d’aujourd’hui, complexe, nous a quand même permis de gagner une manche. Ce soir,  nous avons 7 points d’avance sur Spindrift. Nous pouvons encore en gagner ou en perdre pas mal entre les points bonus à l’issue du parcours côtier demain, ou d’ici l’arrivée à Gênes. Mais aujourd’hui, quoiqu’il arrive, on ne peut pas faire plus mal que 2e. Nous allons laisser les trois autres se bagarrer pour la 3e place. Il y a pire comme situation ! C’est le résultat  de trois semaines de dur labeur de la part de l’équipage. On est capable de très bien jouer jusqu’au bout. Et c’est ce que nous allons essayer de faire. Ensuite, le sport décidera. »

Sidney Gavignet : « C’est cool d’être troisième. Après les péripéties de ces deux derniers jours, nous restons sur le podium au général. Nous sommes devant les gars avec qui nous allons nous battre pour la 3e place de l’European Tour, mais il faudra encore être bons sur la dernière étape. Ce serait bien de pouvoir prendre quelques points bonus demain car nous sommes les seuls à ne pas avoir réussi à le faire jusqu’à présent… »

Résultats Marseille City Races
1- Spindrift racing (Yann Guichard) 12+9+11+10+12+10+12 = 54 pts
2- FONCIA (Michel Desjoyeaux) 8+12+10+12+10 = 52 pts
3- Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet) 9+11+8+11+11 = 50 pts
4- Race for Water (Stève Ravussin) 11+10+12+8+8 = 49 pts
5- Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) 10+8+9+9+8 = 44 pts
Le départ de la dernière étape de cet European Tour a été donné aujourd’hui avec une heure de retard du fait de vents faibles à Marseille, les équipages ont débuté par un petit côtier duquel est sorti vainqueur Spindrift racing devant Foncia et Musandam Oman Sail, les équipages ont ensuite pris la direction de Minorque (aux Baléares), la première marque de parcours, ils enchaineront ensuite sur la Giraglia (nord-est de la Corse) avant l’arrivée sur Gênes.Les trimarans ont retrouvé du vent frais au large de la cité phocéenne et filent désormais à 25 noeuds avec un petit avantage pour Spindrift racing qui mène la flotte devant Musandam, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild, Race for Water a opéré un petit décalage sous le vent.Ces quarante huit dernières heures de course s’annoncent intense avec une belle bataille pour la victoire, pour l’emporter Foncia doit terminer au pire dans le tableau arrière de son concurrent, Spindrift racing, qui doivent quant à eux mettre un bateau entre eux et Foncia pour gagner. La bataille pour la dernière marche du podium reste également ouverte pour les trois autres bateaux.

Race for Water mène les City Races de Marseille

Les départs se sont avérés primordiaux aujourd’hui, pour la première journée des City Races à Marseille, qui s’est déroulée dans des vents faibles de secteur ouest. En effet l’ordre d’arrivée des trois manches a presque toujours été celui à la bouée de dégagement.

La première manche était réduite à un tour, après un retard dû au lancement des derniers matchs du jour du Match Race France qui se déroulait également devant les plages du Roucas Blanc. C’est Spindrif racing qui prenait l’avantage sur la ligne devant Race for Water, Michel Desjoyaux sur Foncia volait le départ et se retrouvait en dernière position, et tentait une option à la côte qui s’avérait peu payante, leur retard s’aggravait suite à un problème lors du déroulé du gennaker en attaquant le bord de portant. Les positions resteront figées sur cette manche, Yann Guichard remportait celle-ci devant Race for Water et Groupe Edmond de Rothschild, Musandam s’intercalait en 4ème position.

La seconde manche était lancée dans la foulée, et permettait aux trimarans MOD 70 de s’affronter sur un côtier de 13 milles vers la rade nord. Foncia prenait un excellent départ lancé sous le reste de la flotte  qui s’élançait avec moins de vitesse.Michel Desjoyaux ne cessera de creuser l’écart sur ses poursuivants. Sébastien Josse se voyait pénaliser suite à un refus de priorité sur le bateau de Stève Ravussin, qui effectuait une belle remontée sur le portant passant de la 5ème à la 3ème place, Sidney Gavignet, sur Musandam Oman Sail réalisait une belle performance en terminant en 2nde position, Spindrift racing prenait la 4ème place devant le trimaran du Gitana Team.

La troisième manche était également réduite à un tour du fait d’un vent faiblissant encore, Stève Ravussin s’imposait devant Spindrift racing et Foncia, le podium de cette dernière course était également celui de la journée. Race for Water prend donc l’ascendant sur son rival pour la troisième place, Musandam-Oman Sail, tout comme Spindrift racing qui termine la journée avec deux points d’avance sur le leader de cet European Tour.

Demain, trois nouvelle manches et un speed match sont prévus, la météo s’annonce très différente d’de celle d’aujourd’hui avec des conditions ventées mêlant pluie, orages, grains et fort vent d’Est.Image

Yann Guichard, skipper de Spindrift racing : « Ce n’était pas une mauvaise journée aujourd’hui. Nous sommes dans le bon, mais demain sera un autre jour, plus venté. Ce ne sera pas le même jeu avec du vent plus fort. Nous avons pris un bon départ sur la première manche mais pas sur la deuxième. Or, ce parcours côtier s’est joué à la queue leu leu. Il n’y avait pas d’opportunité pour revenir et encore moins pour doubler. Nous avons Nicolas Charbonnier à la tactique, il connaît très bien la rade de Marseille, c’est bien de l’avoir à bord, il a pris de bonnes décisions. »

Charles Caudrelier, navigateur sur FONCIA : « Bilan mitigé. On a fait une mauvaise première manche. Ça s’est joué sur le départ. De toute façon, il faut prendre des risques sur les départs pour être devant. Ça va très vite et il y a peu d’opportunité après pour revenir donc il faut être bon dans cette phase de jeu. Notre adversaire direct est devant, donc ça aurait pu être mieux. Il reste encore des manches demain et on est encore très proches en points. Pour être honnête, on est un peu dans le calcul. Finir devant lui demain, ce serait bien. Il y aura peut-être des choix à faire demain pour le marquer car c’est vraiment notre seul adversaire au classement général.  Cela dit, les City Races ne sont pas totalement décisives pour le classement général, tout va se jouer, je pense, sur la dernière étape ».

Classement provisoire des City Races après 3 manches :
1- Race For Water (Stève Ravussin) : 11 10 12  (2e, 3e, 1er), 33 pts
2- Spindrift racing (Yann Guichard) 12 09 11 32  (1er,4e,2e), 32 pts
3- FONCIA  (Michel Desjoyeaux) 08 12 10 (5e, 1er, 3e), 30 pts
4- Musandam Oman Sail (Sidney Gavignet) 09 11 08 (4e, 2e, 5e), 28 pts
5- Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) 10 08 09 (3e, 5e, 4e), 27 pts

Arrivée prévue demain matin à Marseille

Les cinq MOD70 ont retrouvé des vitesses élevée aujourd’hui après plus de 60 heures de course dans des vents faibles, il reste un peu plus de 200 milles à parcourir pour le leader Musandam-Oman Sail et presque 400 pour le dernier bateau, Groupe Edmond de Rothschild, cette dernière ligne droite se fera au portant dans un flux qui forcit et devrait atteindre une vingtaine de noeuds.

Pas de changement au classement de cette étape avec l’équipage de Sidney Gavignet qui mène la flotte avec une confortable avance, 73 milles ce soir, la victoire ne devrait pas leur échapper, les autre places devraient être plus disputées avec un écart de seulement 13 milles entre le second Race for Water et le troisième Foncia. Michel Desjoyaux, leader de cet European Tour, essayera d’aller chercher le trimaran suisse afin d’accroitre son avance sur Spindrift racing, actuellement second au classement général provisoire.

Yann Guichard et ses hommes vont donc essayer de limiter les dégâts, et si le podium sur cette étape parait désormais impossible (le trimaran noir naviguant à 80 milles du troisième), ils espèrent maintenir la dizaine de milles d’avance sur Groupe Edmond de Rothschild jusqu’à la citée phocéenne.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

La Direction de Course des MOD70 European Tour a décidé de raccourcir légèrement le parcours de cette quatrième étape, afin d’assurer une arrivée dans la journée aux cinq équipages en course, le trimarans n’auront donc  plus à contourner l’île de Porquerolles. Ils iront virer le phare de « Cassidaigne », à 4 milles de l’entrée du port de Cassis, avant de revenir franchir la ligne d’arrivée située dans la rade Sud.

«  Depuis hier soir, on a très bien enchaîné tous les systèmes de vent : à terre avec la brise thermique au cap de Gata, puis sur une bande de vent un peu plus au large, à nouveau de la brise de terre après Cartagena, plus tous les effets de site. Le fait d’avoir bien exploité tout cela fait que nous avons creusé sur les autres. En milieu de matinée, nous avons touché le nouveau vent (secteur sud) qui est en train de s’établir tranquillement. On marche au portant à 21 nœuds, avec 18 nœuds de vent. On est content d’être là. 70 milles d’avance … c’est sûr que les gars de derrière, dans ces conditions-là, ça doit être pire que tout. Je pense à eux qui doivent se battre à la moindre petite variation de vent et de risée, ça doit être fatigant. Nous, on n’a pas la pression de l’adversaire à côté. Ça nous fait un bon matelas pour faire notre atterrissage sur Marseille. Du coup aussi, dans le vent fort qui s’annonce, on ne va pas pousser à fond, le but est de gérer notre avance jusqu’à l’arrivée. »

Jean François Cuzon, navigateur à bord de Musandam-Oman Sail à la vacation de midi

«  On a eu une nuit difficile, très très compliquée le long des côtes esapgnoles. En une heure, Race for Water nous a recollé 10 milles. C’est très stressant. Maintenant, on est rentré dans du vent. Ce vent est plus clair. Mais il y a encore des options à venir, donc on travaille, on travaille, il y aura peut-être encore des opportunités d’ici l’arrivée. Contre Oman, on ne peut rien faire. Depuis deux jours, ils ont très bien navigué et le destin veut qu’ils restent devant. Mais on va se battre contre Race for Water. On aimerait bien prendre la place de deuxièmes. Cela dit, on regarde aussi derrière, même s’il y a des écarts. Il y a des chances pour que les deux derniers bateaux n’empruntent pas la même route que nous par rapport aux Baléares…En tout cas, si j’étais eux, j’irais me décaler à fond de l’autre côté des îles. Il y a du jeu. Dernière variable : il faudra aussi faire attention à ne pas casser car nous allons avoir du vent fort jusqu’à l’arrivée. »

Charles Caudrelier, navigateur à bord de FONCIA à la vacation de midi

« On est bord à  bord avec Spindrift qu’on a retrouvé ce matin, on est revenu un peu sur eux. C’est bon pour le moral. Le vent est rentré, donc ça aussi c’est bon pour le moral. On est au portant dans, 10/15 nœuds, ce n’est pas encore très violent mais ça commence à avancer sérieusement.  On est déçu de notre position actuelle, forcément. Mais on va se battre jusqu’au bout pour ne pas être derniers à Marseille ! »

Thomas Rouxel, barreur et régleur à bord de Groupe Edmond de Rothschild à la vacation de midi

Sidney Gavignet solide leader

Les équipages des MOD 70 ont fait leur entrée en Méditerranée hier soir, après un passage de Gibraltar au près dans des vents faibles.

Sidney Gavignet et son équipage sur Musandam Oman Sail avait déjà fait le break en compagnie de Stève Ravussin sur Race for Water la nuit précédente, grâce à une option au plus près du Cap Sain Vincent, l’équipage suisse perdait ensuite un peu de terrain en approche du Cap de Gibraltar, laissant le leadership au trimaran portant les couleurs omanaises.

L’équipage a su faire fructifier cette position et continue à creuser une avance qui devient conséquente avec 25 milles d’avance sur Race for Water, Michel Desjoyaux et ses hommes sont parvenus à limiter la casse et pointent à une trentaine de milles du leader.

Il n’en est pas de même pour les équipages de Spindrift racing et de Groupe Edmond de Rothschild qui se sont fait décrochés alors qu’ils étaient au contact avant l’entrée en Méditerranée. L’équipage de Yann Guichard a connu des soucis avec le point d’amure du gennaker qui a cédé, leur faisant perdre une dizaine de milles et les laissant dans des vents erratiques d’un à trois noeuds au contact de l’équipage de Sébastien Josse, qui voient toute chance de revenir s’affaiblir puisque le flux devrait se renforcer par l’avant…

Steve Ravussin, skipper de Race for Water à la vacation de midi :

« Depuis hier après Gibraltar, on est dans de toutes petites conditions très légères. On s’est déjà arrêté plusieurs heures : ce sont de vraies conditions lémaniques ! On essaye de faire marcher le bateau le plus possible par rapport à la route, on n’a pas trop le choix. Mais tout va bien, on est calme et on fait du mieux possible.
Cette nuit, c’était incroyable, il y avait énormément de brouillard et une bruine fine, il pleuvait sur le bateau tellement il y avait de l’humidité dans l’air, on voyait les étoiles mais pas les cargos, on entendait juste leur corne de brume. On est dans un entonnoir donc il y a pas mal de trafic, on a eu pas mal de dauphins hier et du krill qui nageait en surface. Ce matin, ça s’est un peu éclairci, il fait chaud, on est en T-shirt, on se protège du soleil. J’ai bien peur qu’on reste encore pas mal de temps dans ces conditions, mais il faut rester positif. Dès ce soir, on aura peut-être plus de vent … on espère que tout cela va nous rapprocher de Marseille ! Sinon, FONCIA est juste derrière nous, on le voit. Les MOD70 sont tous identiques et normalement, ils vont tous à la même vitesse. Mais il faut toujours travailler pour les faire avancer. »

Yann Guichard, Spindrift racing lors de la vacation de la mi-journée. :

« La nuit dernière, ça a été compliqué pour tout le monde et pour nous spécialement. On a eu un problème sur le gennaker. Avant de passer Gibraltar, le point d’amure a cassé, le gennak est parti en vrac sous le vent, c ‘était un peu chaud, on a réussi à l’affaler, à réparer l’amure et à repartir. On a dû perdre une bonne dizaine de milles là dessus. C’est pour ça qu’on s’est fait décrocher par FONCIA et Gitana. Ensuite, la nuit s’est passée avec entre 0 et 2 nœuds de vent. Avec le courant, les instruments (de navigation) étaient complètement à l’envers, donc pas facile de faire avancer le bateau dans ces conditions.
Pour l’instant, ça ne redémarre toujours pas. C’est mer d’huile. Gitana, dans le sud, a redémarré, mais nous, on est encalminé, on essaye de ressortir de ce pot de pus mais on a un peu de mal. Sur les fichiers météo, en plus, ça repart par devant, donc ce n’est pas très bon signe pour la suite. Mais bon, on reste positif. On est là où on est. Il faut maintenant essayer de faire avancer au mieux le bateau le long de ces côtes espagnoles pour ne pas prendre trop de retard. Il faut essayer de ne pas trop se faire larguer par Gitana, parce que je pense que ça va se jouer avec eux jusqu’à la fin. Donc, il faut « être dessus » et rester calme. Sinon, il fait très très chaud, dans le bateau c’est la fournaise. Dehors aussi et là, on est entourés de dauphins… ça serait bien qu’ils nous poussent un peu. »
Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild à la vacation de midi :

« Nous sommes en short, T-shirts, pieds nus, casquette et crème solaire. On a pas mal de petits dauphins un peu partout et pas mal de cargos aussi, il y a de la vie dans le coin. La mer est super plate. Le vent oscille entre 1 et 3 nœuds avec de grosses variations, donc pas évident de se sortir du guêpier. Une seule solution : la patience. La nuit dernière a fait des écarts. Maintenant, il faut attendre que le vent se réinstalle pour pouvoir redémarrer. Aujourd’hui, on va essayer de compter sur des brises thermiques. Il fait chaud, donc ça devrait s’installer en début ou milieu d’après-midi. Puis dans 24 heures, le sud-ouest doit arriver. Mais je pense que les bateaux qui ont un avantage aujourd’hui le garderont jusqu’à la fin. C’est toujours énervant de voir des bateaux qui étaient à moins de 100 mètres s’envoler et de ne pas pouvoir accrocher le wagon. C’est normal, on est là pour faire la course. Quand on a choisi une position et que ça décolle juste à côté, oui, c’est assez rageant mais ça fait partie du jeu de la voile. »

Message de FONCIA envoyé à 10 heures ce matin

« La journée d’hier a été laborieuse. D’abord, il a fallu nous remettre de nos émotions, de s’être fait torpiller par Oman Sail et Race for Water. Ensuite, les conditions ont été très variables, c’est un euphémisme, donc beaucoup de réglages, et pour couronner le tout, on avait du monde autour, ce qui soit dit en passant, rajoute un peu de pression dans les esprits, pour peu qu’on en ait encore ! On s’est battu avec Spindrift et Gitana, qu’on a réussi à décrocher (un peu !) à l’approche de Gibraltar. On a passé Tarifa juste avant la nuit, et fait plusieurs virements de bords pour passer entre le Rail descendant et la côte, dans un vent déjà bien mollissant, puis on s’est pris une bonne pétole en face de Gibraltar, plus un cargo hors rail qui a zigzagué autour de nous, en même temps qu’on virait pour l’éviter aussi. Petite perte de temps, mais c’est rentré dans l’ordre après, et nous voilà à attaquer la mer d’Alboran….Gros dossier, dans un vent qui se faisait discret, alors qu’un clapot de face nous empêchait de glisser tranquillement sous gennaker. Bonne nuit cependant, puisque Spindrift et Gitana, sur une trajectoire proche de la notre, n’ont pas été bien rapides. On voit à nouveau Race For Water, sur une mer d’huile, à quelques milles dans notre sud-est. Il vient de redémarrer un peu avant nous, mais le vent n’est pas distribué à tous les étages, donc, wait and sea, comme ils disent !C’est quand même con, on fait des bateaux qui vont à plus de 30 nœuds, et on s’en sert à 10% depuis quelques temps ! Ils pourraient mettre des ventilateurs ! Si Oman Sail a pris du champ, tout reste cependant à faire, avant la ligne à Marseille, destination qu’on atteindra… plus tard ! »

 

Sidney Gavignet (Musandam-Oman Sail) à la vacation du matin.

« Brian est à la barre, Khamis est sur le pont, il dort dans le filet à l’avant. Jeff et Fahad sont dans les bannettes et Thomas Lebreton se fait à manger. Nous sommes grand-voile haute et gennaker. Il  n’y a pas beaucoup d’air mais il y a un peu de mer, donc le gréement bouge dans tous les sens, ce n’est pas très agréable. Cette nuit, j’ai fait un quart où on s’est retrouvé à empanner au près parce que la vitesse était à zéro et la seule façon de relancer le bateau, c’était de se mettre dos au vagues ! On a eu un petit épisode chaud avec un remorqueur qui nous venait droit dessus. Je me suis demandé s’il ne fallait pas démarrer le moteur, mais finalement, ça s’est bien passé. C’est très dur à régler aussi, avec les voiles qui battent dans tous les sens. Mais là, je vois que Brian est à fond : il est à 10 nœuds, je vois même 11,10 nœuds : c’est le record de la nuit ! Forcement c’est sympa d’être devant, en même temps, c’est tellement mou, qu’on croise les doigts pour ne pas tomber dans un trou de vent et à chaque pointage, on a le stress de découvrir ce qui s’est passé. Pour l’instant, ça se passe pas mal pour nous, mais on ne s’emballe pas. D’après Jeff (Cuzon), le vent va monter dans la journée, ça va s’établir au sud-ouest. Nous, nous sommes placés là où on veut, car cette brise devrait plutôt s’établir par le nord. Le premier qui part avec ça va forcément creuser sur les autres. »

 

Foncia mène la flotte

Les cinq MOD 70, en course pour la quatrième étape de l’European Tour ont repris la mer aujourd’hui à destination de Marseille.

Le départ a été donné dans des vents faibles de l’ordre de 6 à 8 noeuds, c’est l’équipage de Spindrift racing, mené par Yann Guichard qui sortait vainqueur du parcours côtier inaugurant cette étape et qui empochait les 3 points bonus, il était suivi à une dizaine de longueurs par Race for Water de Stève Ravussin et par Foncia de Michel Desjoyaux, qui empochent respectivement 2 et 1 point.

Les conditions s’annoncent légères sur toute l’étape, les équipages devront donc déjouer au mieux les effets de sites, le passage de Gibraltar devrait ouvrir le jeu avec la nécessité de choisir sa route le long des côtes espagnoles ou marocaines.

Ce soir, Foncia a pris un petit avantage sur ses adversaires, grâce à une meilleure vitesse, puisque les cinq trimarans suivent une route strictement identique, Race for Water est second à 1,1 mille, Spindrift racing, troisième à 1,9milles, Groupe Edmond de Rothschild et Musandam Oman Sail suivent à 3,2 et 3,6 milles du leader.

Foncia remporte la 3ème étape et reprend la tête de l’European Tour

Les équipages participants à l’European Tour ont disputé les City Races au large de Cascais, avant de prendre le départ de la troisième étape de ce tour de l’Europe.

C’est l’équipage de Musandam-Oman Sail mené par Sidney Gavignet qui s’était imposé sur ces parcours côtiers disputés au large de la ville portuguaise, empochant les douze points dédiés à ces courses. Spindrift racing se classait second devant Groupe Edmond de Rothschild, Race for Water et Foncia.

Les cinq MOD70 se sont donc élancés hier en début d’après midi pour cette troisième étape du MOD70 European Tour : Spindrift racing prenait le meilleur sur la ligne vite rattrapé par FONCIA, Michel Desjoyaux et son équipage s’adjugeait les points bonus du côtier de ce début d’étape, devant Groupe Edmond de Rothschild qui arrivait également à glisser au dessus de Spindrift racing.

Les marins pouvaient ensuite s’élancer  vers les îles Berlengas puis vers la marque de parcours de Sines, au sud du Tage, sur un parcours réduit à 213 milles du fait de vents faibles au large du Portugal.

A la sortie de la baie de Cascais, la brise thermique montait à une dizaine de nœuds, l’équipage de FONCIA négociait admirablement la remontée vers la première marque de parcours et réussissait à s’extirper d’une zone de calmes avant ses adversaires, Race for Water parvenait à s’échapper du peloton également et talonnait FONCIA lors de la descente vers Sines, mais le professeur parvenait de nouveau à s’échapper.

Derrière, Spindrift racing, Musandam-Oman Sail et Groupe Edmond de Rothschild naviguaient à vue mais ne réussiront pas à rejoindre les deux bateaux de tête dans des vents évanescents en approche de la ligne.

C’est finalement FONCIA qui s’impose devant Race for Water et Spindrift racing, Musandam Oman Sail prend la quatrième place et Groupe Edmond de Rothschild la cinquième.

Les arrivées étaient de nouveau rapprochées avec moins de six minutes entre les deux premiers et 45 minutes de retard sur le vainqueur pour Groupe Edmond de Rothschild.

Au classement général provisoire, Michel Desjoyaux et ses équipiers sur FONCIA reprennent la tête à Spindrift racing, second, les hommes de Yann Guichard ont six points de retard sur le leader, Groupe Edmond de Rothschild conserve sa troisième place à 30 points de FONCIA, l’écart avec les 4 et 5 ème se réduit pour Sébastien Josse puisque Race for Water n’est qu’à 7 points de la troisième place grâce à sa seconde place sur cette étape et Musandam Oman Sail à 9 points.

Michel Desjoyaux, skipper de FONCIA : « On prend un départ qui nous permet de prendre la tête à la première bouée et nous n’avons quasiment pas lâché le commandement sur ces 213 milles. Y compris dans les phases délicates où nous sommes partis seuls au large en remontant vers les îles Berlengas. Nous avons pu prendre la poudre d’escampette mais la descente au portant vers Sines a été laborieuse. Il a fallu jouer le compromis entre la route directe à terre et le large où il y avait plus de pression. Nous n’avons pas été les plus malins puisque Race for Water est revenu sur nous… Ensuite, ce fut quasiment du match-racing de la bouée de Sines jusqu’à l’arrivée ! C’était court, mais difficile parce qu’il n’y avait pas beaucoup de vent : il faut aussi un peu de réussite ! On s’est bien battu pour gagner le maximum de points : nous étions très déçus de nos résultats sur la Cascais City Race et cela nous remet bien dans le match grâce à cette victoire d’étape, mais aussi aux points bonus du départ. Nous avons repris confiance en nous ce qui est bon avant l’étape vers Marseille… »

Stève Ravussin, skipper de Race for Water : « C’était une course compliquée, du début à la fin ! Hier soir, on s’est fait décroché par Foncia dans un trou de vent et il a pris pas mal de milles d’avance. On a pu revenir un peu en tirant à terre avant les îles Berlengas mais il a fallu se battre toute la nuit. Et quand nous avons recollé en arrivant sur Sines, on a pris un filet de pêcheur dans la dérive : nous avons perdu quelques précieuses minutes qui auraient peut-être changé le cours des choses. Les fichiers météo ne disaient pas du tout les mêmes choses : cela crée du doute et ça a été difficile pour notre navigateur Franck Cammas. Il a réussi une belle stratégie pour la descente sous gennaker ce qui nous a permis de revenir sur Foncia. Et il y a encore eu des pièges sur la route… Il faut un peu de chance dans ce type de conditions. C’est une bonne opération pour nous au classement général : nous n’en sommes qu’à un peu plus de la moitié du tour de l’Europe et nous progressons bien. »

Yann Guichard, skipper de Spindrift racing : « Foncia est  parti seul au large tandis que nous restions à la côte, ils ont fait le trou que nous n’avons jamais pu boucher… Nous terminons très fatigués car ce type de parcours et ces conditions de vent ne permettent pas de se reposer vraiment. Au mieux, les gars somnolaient sur le flotteur au vent… Notre classement aurait pu être pire. On a alterné le bon et le moins bon, avec pas mal d’erreurs dans certaines manœuvres. »

Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild : « L’étape a été dure avec comme prévu des vents très légers et instables. Nous n’avons jamais vraiment été arrêtés mais un ou deux nœuds avec ces bateaux ce n’est quand pas terrible ! Nous étions dans une bonne dynamique d’attaque en quittant la baie de Cascais en deuxième place. Très vite après le départ, au niveau du Cabo de Roca, Michel (Desjoyeaux) a choisi d’aller jouer au large et nous sommes restés à quatre bateaux à batailler plus à terre. Ce petit bord lui a permis d’entrée de prendre l’avantage. Lors du louvoyage vers les Iles Berlengas, Race for Water a fait une attaque à terre et a trouvé un trou de souris pour s’échapper à son tour. Nous avions la même idée mais nous l’avons réalisée un peu plus tardivement que lui. Ce petit décalage a, au final, fait une grosse différence. Dans le petit temps, il y a de l’aléatoire et une part de chance c’est certain. Nous en avons manqué mais il y a aussi des problèmes qui ont été identifiés à bord. La nuit dernière, nous avions un déficit de vitesse par rapport à nos camarades environnants. Un point qui tient essentiellement à l’expérience de ce type de navigation en équipage. Nous devons progresser sur cet aspect. Le résultat est bien sûr décevant mais l’équipage est soudé et a de la ressource. Il reste deux étapes offshore et des City Races à Marseille ; à nous de faire le nécessaire.»