Yann Guichard à la barre du MOD n°5

L’annonce a été faite aujourd’hui, le MOD70 N°05 qui sera mis à l’eau en janvier 2012 sera skippé par Yann Guichard, qui a crée la société Spindrift Racing avec Léo Lucet, qui assurera la direction de cette équipe.

L’équipe sera basée à Saint Philibert, le trimaran MOD 70 rejoindra alors le ponton course au large de la Trinité sur Mer  les locaux de Sodeb’O et de Safran n’étant pas libres, cette annonce pourrait aller dans le sens d’un déménagement du Gitana Team vers Lorient, ce qui permettrait à Spindrift Racing d’intégrer les locaux de l’ancien employeur de Yann Guichard.

Aucun sponsor  n’a été annoncé, mais il semblerait que plusieurs sociétés soient actuellement en discussion avec Spindrift racing pour rejoindre le projet du MOD70 N°05.

Yann Guichard, skipper du MOD70 N°05, Spindrift racing : «Rejoindre le projet MOD70 est une formidable opportunité. En un seul circuit, je vais pouvoir mettre à profit toute mon expérience acquise durant ces vingt dernières années: Jeux Olympiques, traversées océaniques, courses offshore et city race. Il ne s’agit plus de naviguer comme équipier ou de devenir skipper dans une écurie déjà en place mais véritablement d’être le maître d’oeuvre d’un magnifique défi. L’impatience désormais me ronge d’être sur la ligne de départ à New York !  »

Marco Simeoni, président de MOD S.A : « Bienvenu à Spindrift racing et à Yann Guichard ! Nous sommes ravis d’accueillir une équipe supplémentaire au sein du Multi One Championship. Avec Spindrift racing, nous sommes à six teams internationaux engagés et nous bouclons le plateau de la KRYS OCEAN RACE à neuf mois de l’événement ! »

Michel Desjoyaux reçoit son MOD 70

Ce matin, le MOD70 N°03a été mis à l’eau à Lorient. Il porte les couleurs de Foncia, son skipper Michel Desjoyeaux revient donc sur multicoque avec ce nouveau trimaran monotype après de nombreux succès en ORMA.
Après différents tests de structures, le skipper et son équipe convoieront le bateau à Port la Forêt qui sera le port d’attache du trimaran.

Michel Desjoyeaux  : «Entre les deux baies (ndlr : Lorient et Concarneau), c’est une heure de navigation à 25 nœuds de moyenne. Donc, on ne va pas se priver… J’ai toujours dit que les multicoques sont les plus belles machines de course au large. Je me suis concentré un temps sur un autre objectif, le Vendée Globe 2008-2009, mais j’avais toujours ancré cette passion du multicoque… La création du circuit des MOD70 a été plus qu’une opportunité, puisque nous avons été, avec Foncia, un des premiers à annoncer notre intention d’y participer. Ce sont des machines fabuleuses. Se battre à armes réellement égales est quand même très satisfaisant sur un plan strictement sportif. Ça donne plus d’importance aux marins, on replace l’homme au cœur de l’action. La différence se fera sur l’utilisation de la machine. »

© MOD S.A. - Yvan Zedda / Sea&Co / http://www.zedda.com

Franck David : « Chacune des mises à l’eau est un moment particulier qui marque la fin d’un chantier pour notre équipe et le début de l’aventure pour le team qui reçoit son MOD70 et pour lequel l’aventure va démarrer sur l’eau. Aujourd’hui, c’est autour de Foncia, le MOD70 N°03. Nous souhaitons à Michel Desjoyeaux et à toute son équipe une bonne prise en mains de leur trimaran et beaucoup de plaisir sur l’eau ! Ca ne serait tardé d’ailleurs puisque dans un mois et demi, lors des Krys Match, nous aurons le loisir de voir les trois premiers MOD70 évoluer ensemble aux côtés de Sébastien Josse et de son équipage qui réceptionneront leur MOD70 N°04, Groupe Edmond de Rothschild, quelques semaines plus tard. »

Le sponsor et le skipper du MOD n°5 devraient être dévoilés bientôt, il s’agirait à priori d’un projet anglo-saxon. En ce qui concerne le projet de Morocco United, dévoilé en avril 2011, celui-ci semble abandonné, en effet, l’armateur et Marco Siméoni, président de Multi One Design avaient signé un contrat pour le MOD 6, mais celui-ci vient d’être vendu à Oman Sail.

La Fastnet Race est lancée

La célèbre Fastnet Race a été lancée ce midi pour les multicoques, les quatre plus grosses unités françaises ont pris les devants et devraient se disputer la victoire en temps réel. Le grand favori est le trimaran Banque Populaire V, skippé par Loick Peyron, tout juste arrivé de Cascais où il barrait l’AC 45 d’Energy Team. Le trimaran de 40m a pris la tête de la course dès la ligne de départ, dans un vent d’une quinzaine de noeuds.

© B.STICHELBAUT/BPCE

Gitana 11, l’ancien 60′ ORMA allongé à 77′ tient le rythme du maxi trimaran avec 0.5 milles de retard à 17h30, Sébastien Josse et son équipage sur le trimaran de l’armement Rothschild devancent les deux MOD 70 Véolia et Race for Water, avantage pour l’instant à Véolia de Roland Jourdain qui précède Race for Water de 0.2 mille.

B.STICHELBAUT/BPCE

Les skippers, avant le départ :

Roland Jourdain, skipper du MOD70 N°02, Veolia Environnement : « Il n’y a pas la pression d’un championnat, en revanche, chaque mille couru en course est important pour connaître le bateau. C’est aussi toujours important pour le team de se mettre en configuration course parce que c’est notre métier d’abord et que cela nous donne une dead line en tête pour mettre tout le « cirque Pinder » en route. Il ne faut donc pas rater le rendez-vous car cela nous permettra aussi – j’en suis sûr – d’en tirer plein de bonnes choses et d’enseignements pour le futur de la classe. »

Stève Ravussin, skipper du MOD70 N°01, Race for Water
«C’est une course fantastique et un format de compétition qui me plaît. C’est une sorte de marathon rapide, presque un sprint océanique, qui requiert de très bonnes compétences en navigation, mais aussi une tactique intelligente. Elle nous offre aussi une bonne dose d’adrénaline ! Ce sera également un grand moment pour notre classe, puisque ce sera la première course entre deux MOD70. Je me réjouis de courir contre Veolia Environnement ! »


Loick Peyron, skipper de Banque Populaire 5 :
 » Le départ se fait dans le Sacro Saint Solent, ça se passe dans la Mecque du yachting. Il va y avoir énormément de monde et forcément ça n’a rien de simple pour des machines comme Banque Populaire V. Les multicoques devraient partir en premiers, mais ça n’exclura pas les risques liés au nombre d’inscrits. Il va nous falloir être extrêmement vigilants et ce sera peut-être un peu compliqué de sortir de ce Solent et de négocier les difficultés qui vont très vite se présenter à nous comme les bancs de sable par exemple « .

Interview de Tanguy Cariou (Alinghi)

© lloyd Images

Tanguy Cariou, tacticien du D35 et skipper de l’Extreme 40 Alinghi a accepté de répondre aux questions de Voile-Multcoques, concernant le début de saison de l’équipe suisse sur les deux circuits multicoques sur lesquels le team est engagé (Vulcain Trophy et Extreme Sailing Series).

Voile-Multicoques.com : Tu navigues depuis 2007 sur le D35 Alinghi, en tant que tacticien. Quelles sont les particularités du Lac Léman, ce lieu de régates assez particulier ?

Tanguy Cariou : Même si le lac est grand, les vents sont très instables et les prévisions difficiles.
On a soit l’influence des  flux d’ouest lorsque des perturbations océaniques attaquent la façade atlantique et traversent toute la France, soit un vent de nord Est quand il y une influence thermique.
Le petit lac (entre Yvoire et Genève) est en théorie la partie la plus ventée du plan d’eau.
Les conditions sont assez particulières avec des vents changeants en direction et en intensité. Il faut donc être opportuniste, les régates ici ne sont jamais jouées avant la ligne d’arrivée !

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Alinghi a toujours terminé sur le podium du championnat de Decision 35. Vous pointez en 3ème position du classement provisoire (après le Bol d’Or), quels sont vos adversaires les plus redoutables ?

A l’heure actuelle ce sont principalement les équipages qui viennent de l’étranger. Ces équipes sont structurées et organisées, et possèdent des moyens techniques et humains importants, comme Foncia et Artemis.
Le CER, le centre d’entrainement à la régate de Genève, effectue sa première saison sur le circuit, mais a également une approche très professionnelle, ils naviguent avec envie et passion, ce qui fait d’eux des concurrents redoutables.
Le Challenge s’est peu à peu professionnalisé, à quel niveau le situes-tu par rapport à un circuit international tel que les Extreme  Sailing Series sur lequel est également engagé Alinghi ?

Ces deux championnats sont assez difficiles à comparer, car les concepts sont différents.
Le D35 est un catamaran monotype mais les équipes peuvent travailler sur les voiles en respectant la jauge et un nombre de boutons par an contrairement à l’Extreme 40 où l’ensemble bateau et voiles est monotype.
Le travail de développement sur les voiles des D35 est donc important, nous disposons de plusieurs gennakers (creux, plats) même si nous ne pouvons en embarquer qu’un sur le bateau, d’un code 0, de solents.

Mais la plus grosse différence est qu’un manche de D35 dure 45 minutes à une heure, alors qu’une manche d’Extreme 40 ne dépasse pas 7 à 15 minutes. Au niveau intensité l’Extreme 40 est assez proche du match racing, le D35 est un peu plus proche d’une régate conventionnelle.

Pour faire une comparaison avec le ski,  le D35 est un slalom géant avec un parcours dans l’axe, une piste et des skis bien préparés, l’Extreme 40 serait plus du boardercross, avec une piste plus « surprenante ».

 Les D 35 naviguent depuis sept ans dans un cadre monotype, reste-t-il des améliorations possibles à apporter au catamaran, ou s’oriente-t-on vers un changement de classe ?

Sur les cinq dernières années, le bateau a peu évolué, il pourrait bien sûr être « relooké » avec des grands voiles à cornes, des lignes plus tendues à l’avant, ce qui améliorerait les performances.
Mais il faut conserver le compromis entre performances sportives et contraintes économiques. Jusqu’ici le circuit se portait bien, le nombre de bateaux est passé de 12 en 2010 à 10 réguliers cette saison, le circuit se déplacera en Méditerranée, je ne sais pas si les dix seront présents pour ces deux dernières étapes.
Il faudra suivre l’évolution, voir si le relookage apporterait une nouvelle vie à la classe ou si il faut continuer sur ces bateaux avant d’envisager un nouveau circuit.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Deux étapes du Vulcain Trophy seront courues en Méditerranée en fin de saison, cette nouveauté peut-elle changer la donne par rapport à un championnat classique couru exclusivement sur le Léman ?

Complétement, l’intérêt de ce circuit est de courir sur des multicoques très pointus à régler, très performants, dans des conditions très changeantes sur le lac ; sur ces plans d’eau ouverts en Méditerranée, nous allons probablement rencontrer des vents plus réguliers, des conditions plus stables. Au niveau tactique les possibilités seront peu être un peu plus limitées, nous pouvons aussi imaginer  des manches avec plus de vagues, ce qui sera probablement difficile sur ces bateaux. La découverte sera probablement intéressante, il faudra ensuite en tirer les conclusions à la fin de la saison.

Quel a été le programme d’entrainement d’Alinghi avant le début du Vulcain Trophy ?

L’équipe est constituée des mêmes personnes depuis maintenant 4 ou 5ans, ce qui constitue un point positif, car le support est bien connu, comme le plan d’eau, avec des vents changeants. Il est donc difficile de faire de bonnes sessions d’entrainement, nous essayons donc de faire du qualitatif avec 30% de navigations seul et 70% sur des parcours avec d’autres équipages, ce qui correspond à une quinzaine de jours d’entrainements avant la saison.

Alinghi est engagé sur l’autre grand circuit de régates en multicoque, les Extreme Sailing Series, l’équipe est actuellement en 7ème position du classement provisoire, quelles sont vos ambitions pour cette saison ?

Nos ambitions sont clairement meilleures que notre place actuelle, Alinghi est une équipe avec une histoire importante et riche sur les dix dernières années, depuis la fin de la 33ème Coupe de l’America en février 2010, la structure de l’équipe a beaucoup évolué en passant de 150 à une petite dizaine de personnes.

Nous avons voulu nous engager sur ce circuit Extreme 40 pour maintenir la compétitivité d’Alinghi en étant présent sur un circuit international.

Une grande partie de l’équipage a découvert ce circuit lors de la première étape à Oman, nous avons maintenant fait un tiers de la saison, et les trois épreuves courues ne correspondent pas à nos attentes, nous pouvons objectivement faire mieux que lors de ces trois étapes.

© lloyd Images

Quelle est la plus grande difficulté sur ce circuit ? L’exiguïté des plans d’eau, le format court des régates etc ?

Tout est difficile sur ce circuit, d’abord l’intensité, avec des manches très courtes, nombreuses, avec  peu de temps entre celles-ci, sur des plans d’eau très petits avec beaucoup de bateaux et un niveau assez élevé.

C’est un circuit où chaque régate est un combat, il faut se battre, attaquer, être agressif, parfois avec de la réussite, d’autre fois sans, nous faisons des erreurs, mais nous devons tout de suite passer à la régate suivante. Nous pouvons difficilement analyser entre les manches, prendre du recul.

J’ai fait différentes choses (Coupe de l’America, multicoque ORMA, Jeux Olympiques, Tour de France, match-racing),  mais ce circuit montre immédiatement les forces et les faiblesses des équipages : manque de puissance, d’agressivité, de gestion etc, ce qui est parfois moins flagrant sur d’autres compétitions.

Tu as participé à deux America’s Cup (en 2003 et 2007 avec les défis français), que penses -tu de la prochaine avec le passage au multicoque ?

C’est une évolution normale des choses, les dernières éditions de la Coupe de l’America en monocoque ne correspondaient pas au niveau actuel de la technologie en matière de voile.
Le programme est ambitieux par rapport au contexte économique, avec des séries annuelles (America’s Cup World Series), nous verrons combien de participants accèdent aux sélections des challengers.

Un avis sur les catamarans monotypes AC 45 à ailes rigides qui naviguent depuis quelques mois ?

Les bateaux ont l’air réussi, même si les retours sont peu nombreux, mais les images sont intéressantes.
L’aile amène de l’évolutivité à la plate forme, ce qui compense les faiblesses des multicoques.

Tu as navigué sur 60′ ORMA pendant plusieurs saisons, que penses-tu du nouveau circuit qui est amené à le remplacer et des nouveaux trimarans monotypes MOD 70 ?

J’ai eu l’opportunité de naviguer sur le MOD n°1 (barré par Steve Ravussin), le bateau est très bien conçu et s’adaptera très bien à des traversées de l’Atlantique ou à des tours de l’Europe, qui seront de belles épreuves.
Les courses en multicoques océaniques manquent au paysage vélique actuel.

Première navigation pour Race for Water

Race for Water, le 1er exemplaire du trimaran monotype MOD 70 a effectué sa première sortie lundi au large de Lorient.

© MOD S.A. - Yvan Zedda / Sea&Co / http://www.zedda.com

Steve Ravussin, le skipper était accompagné de son équipe et des membres de l’équipe technique Multi One Design, avec  notamment Jean-Marc Normand, Jacques Guichard et Yann Regniau de North Sails,  des membres du chantier CDK et de Vincent Lauriot Prevost (VPLP).

© MOD S.A. - Yvan Zedda / Sea&Co / http://www.zedda.com

Les premières réactions du skipper : « Nous avons fait une sortie de plusieurs heures hier dans des conditions idéales, entre 6 et 12 nœuds,  et un léger clapot. Une sortie qui nous a permis de tester la fiabilité de notre concept, de tester les différentes voiles et de goûter le plaisir de la navigation sur notre nouvelle machine. L’équilibre à la barre est excellent. 24 nœuds sur un flotteur… les premières sensations de glisse… ce n’est que du bonheur ! »

Les trois trimarans suivants seront mis à l’eau en juin (Veolia/Roland Jourdain), août (Foncia/Michel Desjoyaux) et octobre (Gitana Team/Sébastien Josse), la première course officielle aura lieu en juin 2012 au départ de la côte est des Etats Unis vers la France.

Le 1er MOD 70 dévoilé à Lorient

Stève Ravussin a dévoilé aujourd’hui son trimaran MOD70 «Race for Water», conçu par VPLP, qui est en phase de finition (pose de l’acastillage, électronique) au chantier Keroman Tachnologie (CDK) à Lorient.

Ce premier trimaran de la série des MOD70 sera skippé par le navigateur suisse, qui sera l’ambassadeur de la Multi One Attitude Foundation, fondation née parallèlement au circuit des MOD 70 dont l’objectif est la préservation de l’eau.

Le bateau n°2, qui portera les couleurs de Véolia Environnement, est en cours de construction dans le même chantier, son skipper, Roland Jourdain était également présent, tout comme Michel Desjoyaux qui disposera du bateau n°3.

© Yvan Zedda / Sea&Co / Multi One Design S.A

Les réactions des futurs skippers :

Stève Ravussin: «Ca représente l’aboutis-sement d’un long travail. Pour respecter la stricte monotypie de la classe et garantir la performance et la fiabilité, nous avons dû mettre en place toute une série de contrôles de qualité. C’était une entreprise de titan, mais nous y sommes parvenus. Le projet devient réalité. Je pense que nous avons un projet sportivement magnifique. Pour l’anecdote, grâce à la mise en place de toutes les procédures de contrôle, nous avons déjà construit quatre jeux de flotteurs, et il n’y a que 4 kg de différence maximum entre des pièces qui font 22 mètres de long.» Il ajoute: «Du coup, j’ai de la peine à réaliser que c’est aussi «mon» bateau qui va sortir du chantier ! Ce n’est vraiment pas la même sensation que lorsqu’on travaille sur un projet personnel. Je suis vraiment heureux, je n’arrive pas encore à réaliser, mais ça va être génial.»

Roland Jourdain . «Voir aujourd’hui, les lignes de ce bel oiseau assemblé pour sa sortie de chantier, représente la concrétisation de ce nouveau circuit auquel je suis aujourd’hui fier de participer. Multi One Design a fait le pari de la monotypie pour permettre des économies d’échelle tant en termes financier que d’impact environnemental. Il en découle aujourd’hui un concept responsable, très 3ème millénaire, auquel j’adhère complètement, parce qu’on ne peut rêver meilleur spectacle que celui de l’équité sportive sur une ligne de départ. J’ai maintenant hâte d’assister à son premier envol sur l’eau et de voir le numéro 2 de la série aux couleurs de Veolia Environnement avec qui je suis ravi de partager ce nouveau challenge. Les bateaux seront certes les mêmes, mais cette fois, ce sera le nôtre !» (la sortie de chantier pour le MOD n°2 Veolia Environnement est prévue en juin prochain)

A lire également une interview de Roland Jourdain sur Ouest France.

Michel Desjoyeaux : «Je n’avais pas prévu d’être là… Mais finalement je suis heureux de pouvoir me mettre plus rapidement au MOD70. Je piaffe d’impatience à l’idée de pouvoir commencer à naviguer fin août !»

La mise à l’eau du MOD70 no1 aura lieu le lundi 21 mars à 8h30 après un passage au chantier Ocean Developpement pour l’accastillage et la décoration, aux couleurs de la Multi One Attitude Foundation, avant  le baptême du premier MOD70 « Race for Water » le 25 mars. Un spectacle monumental en 4D sur le thème de l’eau, ouvert au public et gratuit, devant la Cité de la Voile Eric Tabarly marquera le début d’une longue et belle aventure pour cette nouvelle série internationale en multicoque océanique.

MOD 70 : le point dans Course Au Large

A découvrir dans le numéro 42 (juin-juillet 2010) du magazine Course Au Large, une interview de Franck David permettant de faire un état des lieux du circuit MOD 70.

Le directeur exécutif fait le point sur le programme du futur monotype, sur les budgets, de l’ordre de 35% inférieurs aux trimarans ORMA.

Il semblerait que des annonces concernant les bateaux 3 et 5 devraient être faites rapidement, ces deux multicoques devraient avoir un pavillon français (on parle d’un engagement de Veolia et Roland Jourdain après que le team ait éliminé la Volvo Ocean Race de son programme).

A lire également une interview croisée  de Cam Lewis et Mark Turner à propos du circuit MOD et de The Race 2.

Le projet MOD 70 avance (doucement…)

L’avancée du projet semble une fois de plus difficile, alors que le nom du chantier devant construire le premier prototype de la série devait être annoncé en octobre, pour un début de construction en novembre, la société MOD SA n’a annoncé que le nom du fournisseur de carbone pour les 12 trimarans prévus : Advanced Composites Group Ltd.

A suivre….

Interview de Yann Guichard

Voile-Multicoques.com vous propose une interview de Yann Guichard, qui a commencé sa carrière en équipe de France Olympique en Tornado en 1997, il intègre ensuite rapidement le Gitana Team en tant que tacticien et co-skipper de Gitana 11, son palmarès compte aussi quelques records sur l’Atlantique (Orange II en 2006, Groupama 3 en 2007), en 2009 il se voit confier la barre de l’Extreme 40 du Gitana Team et devient  skipper de Gitana 11 nouvelle version.
L’interview a été réalisée lors de la conférence de presse de lancement du MOD 70.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

Voiles-Multicoques.com : Vous étiez présent avec d’autres membres du Gitana Team à la conférence de presse de lancement du MOD, un engagement du team est-il envisageable ?

Yann Guichard : Le Gitana Team est intéressé, le team est impliqué dans le multicoque depuis 10 ans, et après la Route du Rhum il n’y a plus vraiment de circuit de multicoque océanique à travers le monde. Je pense que c’est un beau projet, qui a beaucoup d’avenir. En tant que marin c’est très attirant, naviguer autour du monde avec ces bateaux devrait être sympa, maintenant j’espère que le projet va prendre forme.

Aujourd’hui il y a beaucoup de courses en monocoques (Volvo Ocean Race, Vendée Globe etc.), mais rien en multicoques, alors que ce sont des bateaux extraordinaires, il y a une place à prendre, j’espère que ce circuit-là pourra la prendre.

Quelles sont vos impressions sur Gitana 11 après les premières navigations ?

Nous avons fait six navigations depuis la mise à l’eau, les premières impressions sont plutôt très bonnes, même si les conditions rencontrées ont été assez clémentes : vent de terre sans mer, mais nous avons eu du vent.

Je crois que le bateau garde toute la mobilité et l’énergie qu’avait un 60’ ORMA, en ayant même des petits plus dans les conditions légères, parce que le bateau n’a pas pris énormément de poids et a désormais des formes plus hydrodynamiques au niveau des flotteurs et de la coque centrale. C’est un beau chantier d’hiver, et je pense qu’au départ de la Route du Rhum c’est un bateau sur lequel il faudra compter.

Qu’est ce qui vous a conduit à effectuer ses modifications sur le bateau ?

A l’époque de l’ouverture de la Route du Rhum aux G-Class, nous avons travaillé par rapport aux bateaux confirmés : Sodeb’O, Idec et peut être Groupama 3. Nous savions que nous allions plus vite face à ces bateaux en dessous de 12-13 nœuds de vent, mais dès que le vent monte et que la mer augmente on avait un peu plus de mal.

Pour mieux passer dans la mer et dans le vent il fallait une longueur de flottaison un peu plus longue, pour moins enfourner en longitudinal et c’était l’objectif : donc allonger les flotteurs et la coque centrale,  ce qui demandait plus d’efforts à la structure du bateau, on a donc gardé les mêmes bras mais ils ont été renforcés, le plan de voilure est le même, puisque le bateau en rapport poids/puissance est au dessus de ses adversaires, on a juste rajouter une ou deux voiles supplémentaires, puisqu’il n’y a plus de limitation étant donné qu’on sort d’une jauge.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

Gitana 11 a été entièrement adapté pour le solitaire ?

Oui, avant les postes de barres étaient excentrés, on avait deux colonnes, et déjà à l’époque le bateau était bien adapté au solitaire. Maintenant on a une colonne centrale, les deux postes de barre ont été recentrés, l’objectif était d’avoir toutes les écoutes à portée de main, je n’ai plus à sortir du cockpit pour manoeuvrer Gitana 11.

Quel sera le programme après la Route du Rhum ?

L’objectif essentiel était la Route du Rhum et la Transat Jacques Vabre si elle avait été ouverte aux G-Class, ce qui n’est pas le cas.

Le bateau même si il a été allongé à 70’ est petit pour faire autre chose que traverser l’Atlantique, ce qui est envisageable avec ce bateau là ce sont les 24 heures en solitaire, ce que je vais probablement essayer de faire l’année prochaine et après pourquoi pas une traversée de l’Atlantique. Mais je crois que les records au delà de l’Atlantique ne sont pas envisageable parce que le bateau n’est pas assez haut sur l’eau.

Vous êtes second de l’iShares Cup avant la dernière épreuve, pensiez vous pouvoir viser le podium en début de saison ?

La session d’entraînement avec Oracle et Groupama a été très bénéfique, car tout le monde a bien joué le jeu, nous avons beaucoup  appris en une semaine de navigation. A Venise, nous ne connaissions pas du tout le niveau des autres mais nous nous sommes vite rendu compte qu’on était dans le coup et que podium était accessible.

Aujourd’hui nous pouvons gagner le championnat, il faut finir devant Masirah et en mettant Loick derrière nous, ça sera une belle bagarre.

A Almeria, nous pouvons avoir du vent comme de la pétole, les courses se dérouleront dans le port, tout peut arriver, donc ça va être chaud…

Un mot sur l’équipage qui est très régulier depuis le début de la saison.

Je crois que l’équipe que j’ai autour de moi connaît bien le multicoque et est très compétente, je savais que nous serion dans le coup parce que nous avions bien préparé le bateau, nous avons bien bossé sur comment faire avancer le bateau au mieux.

Une de nos forces vient du fait que l’on essaie de naviguer le plus proprement possible, par exemple à Amsterdam c’est frappant, nous n’avons pas fait une seule faute sur nos adversaires, pas de pénalité, le 2eme derrière nous a du faire au moins 7-8 fautes. C’est un gros avantage, nous essayons de minimiser la prise de risque, l’objectif est vraiment d’être régulier, on a plutôt bien réussi à le faire, et par rapport aux autres équipages nous aimons les conditions légères qui ont été assez fréquentes sur le circuit.

N’est-il pas dommage de limiter les Extremes 40 à de si petits parcours ?

C’est vrai qu’en tant que compétiteurs nous sommes parfois un peu frustré.

C’est important qu’il y ait ces courses là pour le public, mais pourquoi ne pas faire une où il y ait un peu de « large » : parcours en baie ou un vrai cotier.Le concept est comme ça, c’est vrai qu’on est à la limite du show, mais il ne faut pas perdre l’aspect compétition pour que les marins de haut niveau restent sur ce circuit.

Merci à Yann Guichard d’avoir répondu aux questions de Voile-Multicoques.com.

Le MOD 70 relancé ?

La conférence de presse de (re-)lancement du  Multi One Design 70 s’est tenue vendredi à Lausanne.

Les principales informations délivrées au cours de celle-ci ont été :

  • Le lancement de la construction de 5 bateaux, la construction du 1er devant débuter début novembre pour une livraison prévue en octobre 2010. Les trimarans 2 à 5 seront mis à l’eau tous les 3 mois de janvier à juillet 2011.
  • Un programme de courses : European Tour en 2012 et 2013 puis Ocean World Tour en 2014 puis tous les 3 ans, une course océanique par an.
  • L’European Tour se déroulera sur 5 semaines en juin-juillet, les courses dureront 48 à 72 heures, les étapes dans les villes hôtes dureront 3 jours avec City Races et Pro-Am au programme.
  • L’Ocean World Tour aura lieu tous les 3 ans, chaque tour du monde devrait durer environ 6 mois, avec 6 étapes, soit 8 villes hôtes qui acceuilleront les bateaux pendant 15 jours.
  • Une course océanique par an au mois de novembre.
  • La Route du Rhum, la Transat Jacques Vabre pourront être courrues par les MOD 70 mais ne seront pas prises en compte dans le classement officiel.
  • Un numérus clausus de 12 bateaux pourra courir le Multi One Championship.
  • Un maximum de 4 équipages engagé par pays (selon la nationalité du partenaire de l’équipe)
  • Les objectifs de participation seront : de 5 équipages en 2011 qui participeront à des courses tests, de 8 en 2012 pour la première course officielle (European Tour) et de 12 en 2013-2014 pour le premier Ocean World Tour.
  • 6 membres d’équipage par bateau.
  • Pas de routage extérieur autorisé.
  • Monotypie stricte assuré à chaque étape de la fabrication : un seul fournisseur de carbone, pesée des pièces, poids identique de chaque bateau par ajout de poids au centre de gravité si besoin.
  • Objectif de fiabilité : assuré par le choix du cabinet d’architectes (Lauriot Prevost et Van Peteghem, auteur de la majorité des 60′ ORMA et des maxis multicoques), des efforts sur la structure comparables au effort sur un ORMA, un centre de gravité abaissé, un mât plus court que les 60′ ORMA (10%), coque centrale de 70′ pour éviter l’enfournement.
  • Objectif de longévité : construction en composite basse température sandwitch-mousse, mât en composite monolithique.
  • Un bateau performantet marin : foils courbes, mât inclinable , safran central relevable, ballast arrière de coque centrale,des performances égales ou supérieures aux 60′ ORMA dès 11 noeuds de vent, des bras réhaussés par rapport aux 60′ pour faciliter le passage dans la mer.
  • Souci environnemental : 100% d’énergie renouvelable sur le bateau (hydrogénérateur, solaire, éoliennes..), un investiisement de 10 millions d’euros par an en faveur de l’initiative « Multi One Attitude » consacrée à la problématique de l’eau.

Un beau projet, parfaitement préparé, la problématique reste la même que lors de l’échec du même programme il y a deux ans, à savoir convaincre des sponsors et un partenaire principal qui sponsoriserait le projet.

Côté armateurs potentiels, l’international est visé avec des projets européens mais aussi néo-zélandais, des investisseurs suisses sont bien entendus intéressés avec quelques propriétaires de D35 présents, côté français, un seul team visible à la conférence de presse : le Gitana Team du Baron de Rothschild, avec son skipper, son directeur général et son attachée de presse, il semblerait que Groupama ne soit pas intéressé (voir le billet de Pierre Yves Lautrou).

La prochaine conférence de presse aura lieu en mars 2010, le nom du chantier qui construira le premier MOD 70 sera dévoilé ce mois-ci.