Record battu pour Banque Populaire V

Loïck Peyron et ses douez hommes d’équipage, à savoir : Juan Vila, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Florent Chastel, Frédéric Le Peutrec, Emmanuel Le Borgne, Billy Besson, Jean-Baptiste Levaillant , Yvan Ravussin, Brian Thompson, Thierry Chabagny, Pierre-Yves Moreau ont battu le record du tour des Iles Britanniques dans la nuit de vendredi à samedi après avoir coupé la ligne d’arrivée après 3jours, 3heures, 49 minutes et 14 secondes à la moyenne de 23,38 noeuds, améliorant de 1 jour, 11heures et 20 minutes le temps de référence détenu par Sidney Gavignet, en solitaire, à la barre de Oman Air Majan.

© BPCE

Loick Peyron, le skipper du trimaran est satisfait de ce premier test en configuration Trophée Jules Verne, et de l’équipage  : « On est tous en forme. Ce record est un très bon test pour la suite. On est en perpétuelle amélioration, l’équipage est parfait, les hommes ont déjà tous un très haut niveau donc ce ne sont que des ajustements. Les conditions de ce record étaient vraiment excellentes, je dirais même presque trop parfaites et donc pas assez viriles pour qu’on soit réellement en condition ! Mais ça nous permet de faire beaucoup de manœuvres, beaucoup plus que sur un long record, c’est un bon entrainement. »

Les explications de Sidney Gavignet

Le skipper du trimaran Oman Air Majan est revenu sur les conditions de la casse de son bateau aujourd’hui : « J’étais au près débridé, très souvent à 20 nœuds de vitesse. La mer n’était pas très forte, mais c’est vrai qu’à ces vitesses-là, il y a des chocs de temps en temps. J’étais sous deux ris dans la grand-voile et trinquette. Tout allait bien. Sur une première vague un peu plus violente, j’ai entendu un crac. Pas grand-chose, autour de la porte de la descente. Et puis sur une seconde vague, juste après, j’ai entendu un énorme crac ! J’ai pensé que c’était la dérive, mais en fait, c’était le bras tribord avant qui s’est cassé à un mètre du flotteur.A partir de là, c’est allé très vite. J’ai voulu choquer le chariot, mais en fait le bras a complètement cassé 3 ou 4 secondes après. Comme il n’y avait plus d’appui sous le vent, la plateforme s’est couchée et puis le mât a cassé. Du coup, le bateau est revenu à une gîte de 20°.

J’ai enfilé la combinaison de survie, J’ai ramené dans la cabine le radeau de survie et le grab bag (sac de secours). Lorsque le flotteur s’est complètement désolidarisé du bras, la plateforme s’est remise  à l’horizontale. C’était bien que le bateau se remette à plat, malheureusement, le flotteur est maintenant contre la coque centrale et ils vont taper l’un contre l’autre. Je suis un peu inquiet, car le flotteur va beaucoup taper.

J’ai eu une seconde d’inquiétude car j’ai cru que le bateau pouvait couler. Mais très vite j’ai compris que non. J’étais un peu inquiet que le mât casse le rouf, mais la mer n’était pas si méchante que ça. Et je savais que je n’étais pas très loin des Açores et que les secours arriveraient très vite.


Ça m’a fait bizarre d’abandonner le bateau comme ça, mais d’un autre côté, j’étais totalement inutile à bord. Ils sont venus me chercher avec un petit bateau à moteur. J’ai mis mon radeau de survie à l’eau (pour le transfert, ndlr). C’était ça le plus dangereux de tout, de remonter sur le cargo. Sur le petit bateau moteur, avec un tout petit moteur hors-bord, ils étaient quatre, dont un petit bonhomme qui était terrorisé en boule parterre avec ses lunettes cassées. Il y avait trois Philippins et un Grec au volant. C’était assez folklorique. Mais c’est sûr que ça fait un peu bizarre de mettre la vie d’autres gens en danger. Je ne suis pas très fier de ça.Le cargo va s’arrêter soit à Gibraltar, soit à Malte, pour refaire du fioul. On avance à 13 nœuds vers Gibraltar. Je ne connais pas notre ETA ou notre date de passage devant Gibraltar. »

Sidney Gavignet évacué

Sidney Gavignet avait déclenché sa balise de détresse à 16h48 suite à une avarie sur la poutre avant au vent de son trimaran Oman Air Majan, il semblerait que le flotteur se soit désolidarisé de la plate forme, entrainant le démâtage du bateau.

Le skipper, qui n’est pas blessé,  avait trouvé refuge dans la coque centrale, il a été récupéré par un cargo ce soir, le flotteur serait passé sous la coque centrale, l’équipe technique d’Oman Air va tenter de récupérer le trimaran dans les jours qui viennent, cependant le flotteur pourrait entrainer des dommages ou une voie d’eau sur le reste de la plate forme.

© Jimmy Bonnal avec son aimable autorisation

Sidney Gavignet devrait débarquer dans 48h à Gibraltar.

Toujours dans la catégorie Ultime Bertrand Quentin qui avait été hélitreuillé de Côte d’Or II suite à des problèmes de santé va être rappatrié en France, son trimaran a quand à lui été remorqué dans un port espagnol.

Côté course, Franck Cammas poursuit son cavalier seul au sud des Açores avec 250 milles d’avance sur Yann Guichard (Gitana 11) qui a passé Francis Joyon sur Idec (à 275 milles du leader), Thomas Coville a retrouvé de la vitesse cette après midi sur la route nord.

Extraits de la vacation du skipper de Sodeb’O :

« Ca va moyen !  J’ai eu une nuit avec des vents très erratiques. Ce n’était pas facile à gérer. Là c’est  un peu plus simple. Je suis au près dans une mer un peu formée, pas hyper confortable. Je suis en avance sur mes routages et sur la prévision qu’on avait faite d’être à cet endroit-là. En ce moment ça ne paye pas, mais c’est un positionnement pour dans deux ou trois jours qu’on est venu chercher. Il faut prendre son mal en patience. La situation est moins confortable que la route sud, c’est certain.  La route qui me semblait la plus aléatoire marche bien pour l’instant. Groupama 3 a réussi à passer le Cap Finisterre et à faire un gros trou. Un thalweg  va passer dans 2 jours et on en saura plus à ce moment-là.

Ce n’était pas facile cette nuit, c’était très turbulent pour sortir de l’anticyclone. J’ai trouvé ça plus difficile que prévu. A part ça tout se passe bien, je n’ai aucune avarie et je suis bien reposé.

Je n’en sais rien si nos routes vont se croiser.  Tu peux faire des routages en supposant de ce que vont faire nos concurrents. Mais est ce que nos routes se recroiseront aux Açores ou après,  je n’en sais rien. Sur Idec et Gitana 11, ça recroisera très nettement en dessous (derrière, ndlr) mais c’est pas ça qui m’inquiète, c’est plus Groupama 3. Je ne te cache pas que la route sud semblait au départ être moins bonne que ce qu’elle a finalement été, notamment pour Franck. Encore une fois c’est loin d’être fini, là il tire des petits bords pour se caler dans l’Alizé. C’est sûr que c’est plus mouvementé chez moi, c’est plus genre l’alpiniste qui prend son piolet. Mais je ne regrette pas que ce soit difficile. Sodeb’O est un bateau qui peut passer dans toutes les conditions.

Je n’ai pas de problème ou d’appréhension sur la gestion du bateau. J’arrive à sentir à quel moment il faut réduire, à quel moment renvoyer, jusqu’où il faut pousser. J’ai appris que Lionel avait cassé son lashing de grand-voile. C’est un truc qui vaut deux balles ! Ca me fait vraiment mal pour lui. Je suis très déçu. Mais pour revenir à mon Sodebo, j’ai même une certaine jouissance à naviguer dans des conditions difficiles, à enchaîner et à avoir une certaine cadence tout le temps. Et ça c’est très très agréable. Mais ça ne suffit pas, il faut aussi que tout s’enchaîne bien au niveau de la météo, un peu de réussite. C’est tout un faisceau de facteurs. « 

Yann Guichard :

« Notre position Sud avec Francis est aujourd’hui plus confortable que celles des « nordistes », qui ont du vent contraire et de la mer formée. Mais c’est très loin d’être fini et le classement du jour ne veut pas dire grand-chose. Il faudra tout du moins attendre trois ou quatre jours pour y voir plus clair dans la hiérarchie de cette Route du Rhum. D’autant qu’il reste beaucoup d’incertitudes sur la fin du parcours, au large des Caraïbes ! »

« Tout va bien à bord de Gitana 11 : je suis au portant avec des conditions correctes mais très irrégulières. Ce n’est pas si évident que ça parce que la brise fluctue beaucoup en force et en direction ! C’est de la glisse, alors c’est plutôt agréable… Je n’ai pas vu Francis Joyon ce matin même si nous nous sommes croisés à moins de quatre milles, c’était lors du lever du jour et la visibilité n’était pas bonne. Nous nous reverrons peut-être au prochain croisement parce que je reviens doucement sur lui. C’est bien de rester au contact. Quand nous sommes deux sur l’eau, c’est mieux que tout seul dans son coin. C’est un bateau assez exigeant à mener. Il faut que je reste sur le qui-vive et les phases de repos ne se font jamais très loin des postes de barre. J’ai des alarmes un peu partout sur le bateau, qui m’indiquent si le vent monte un peu trop. Il faut alors réagir vite ! Pour l’instant, le rythme est correct : j’ai dormi deux heures par tranches la nuit dernière. Je marche en ce moment à près de vingt nœuds, mais le vent passe rapidement de dix à dix-huit nœuds… »

Dans la catégorie Multi 50′, Lionel Lemonchois qui avait connu des soucis avec son lashing de grand voile hier en fin de journée et qui s’était dérouté vers les côtes pour réparer, a finalement entrepris une réparation en mer, après 3 heures en tête de mât, le skipper du trimaran Prince de Bretagne a réussi à réparer son système et à renvoyer sa grand voile il a donc remis le cap sur la Guadeloupe, il a perdu  sept places suite à cette avarie et pointe ce soir à 348 milles du leader Franck Yves Escoffier, cependant le normand n’abdique pas et fera tout pour revenir sur le podium de la classe.

En tête, Franck Yves Escoffier sur Crèpes Whaou 3 continue sa route au sud de l’anticyclone des Açores, Yves le Blévec tente un recadrage sur une route plus directe en bordure proche de l’anticyclone.

La Route du Rhum 2010 est lancée

Le départ de la Route du Rhum-La Banque Postale 2010 a été donnée aujourd’hui à 13h02 au large de Cancale, dans un flux très modéré d’une dizaine de noeuds.

84 bateaux et skippers se sont élancés vers la Guadeloupe dont neuf multicoques « géants » dans la catégorie Ultime et douze dans la catégorie Multi 50′.

C’est Franck Cammas sur Groupama 3 qui s’offre les honneurs de la ligne devant Sidney Gavignet sur Oman Air, Franck Cammas conservera la tête à la la marque de parcours située au Cap Fréhel devant Gitana 11 et Oman Air Majan.

Yann Guichard empannait juste après la bouée, tout comme Sodebo et Idec, Cammas et Gavignet prolongeaient leur bord d’environ 3 milles, depuis deux options semblent se dessiner, Thomas Coville (Sodeb’O) et Sidney Gavignet (Oman Air Majan) ayant choisi une route nord, Franck Cammas (Groupama 3) et Yann Guichard (Gitana 11) ont des routes parallèles plus près des côtes au sud, Francis Joyon sur Idec parti sur la route nord a empanné avant le dernier pointage pour se recadrer vers le sud, le reste de la flotte ayant choisi une option intermédiaire.

©AFP

Du côté des multis 50′, sans surprise, on retrouve les trimarans de dernière génération aux avants postes, Yves le Blévec sur Actual était le premier sur la ligne avant que Franck Yves Escoffier (Crèpes Wahou 3!) ne revienne sur lui et ne passe la bouée du Cap Fréhel en tête (et en 6ème position, devant certains bateaux de la catégorie Ultime), les deux adversaires ne se quitteront plus jusqu’au dernier pointage du soir en suivant une route identique, Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne ayant choisi une route plus nord.

Deux événéments nautiques ce week end

Deux événements à ne pas rater ce week end !

Le premier en Normandie à partir de vendredi, à Fécamp, le Trophée des Multi 50′, qui accueillera les trois trimarans de 50′ de dernière génération à savoir Crèpes Wahou ! 3 skippé par Franck Yves Escoffier qui affrontera son rival Yves le Blévec sur Actual, et un retour sur le circuit de Prince de Bretagne, désormais barré par Lionel Lemonchois, ce trophée permettra aux skippers de comparer les performances de leurs bateaux avant la Route du Rhum

Second événement, Happy Baie, à la Trinité sur Mer, ce nouveau rassemblement mêlera concerts et régates en baie de Quiberon, plusieurs classes de bateaux s’affronteront lors des régates : Class 40, IMOCA et maxis multicoques.

Le plateau des maxis multicoques sera composé de : Sodeb’O (Thomas Coville), Idec (Francis Joyon), Gitana 13, Gitana 11 ( Yann Guichard), Oman Air Majan (Sidney Gavignet).