Oman Air en tête du GC32 Championship

Le championnat de GC32 a débuté aujourd’hui à Oman, avec 11 équipages en lice.
Cinq d’entre eux étaient concurrents sur les circuit  Extreme Sailing Series  en 2016 (Alinghi, Oman, Air, Red Bull Sailing Team, Land Rover BAR et SAP Extreme Sailing Team), trois concourraient sur le GC32 Racing Tour (Team Tilt, Team ENGIE et Argo). SVB Team Germany et Youth Vikings Denmark sont deux équipages crées cette année et qui représenteront respectivement l’Allemagne et le Danemark lors de la Red Bull Youth America’s Cup, Le Team Tilt, présent depuis plusieurs saisons en D35 et depuis l’année dernière en GC32 représentera la Suisse lors de cet événement qui précédera la finale de la 35 ème America’s Cup., et Land Rover BAR fera de même pour le Royaume Uni.
Tawera Racing est une nouvelle équipe néo zélandaise qui devrait intégrer le circuit des Extreme Sailing Series, qui peine à faire le plein de concurrents cette année.
L’objectif de ce championnat est de réunir les plateaux des différents circuits de GC32 à travers le monde.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Les conditions étaient idéales dans le sultanat pour cette première journée.
Cinq manches ont été disputées, et c’est le bateau omanais qui s’est montré le plus régulier, avec deux victoires de manches, une seconde, une troisième et une septième place, l’équipage d’Oman Air pointe donc en tête devant SAP Extreme Sailing et Alinghi à égalité de points, Team Tilt est 4ème à un point du podium et quatre du leader, Team ENGIE est 5ème.

Tanguy Cariou, coach du Team Tilt : « Nous sommes contents d’avoir commencé ce championnat, et dans des bonnes conditions. Nous faisons certaines bonnes choses, mais devons en travailler d’autres. On n’est pas encore à l’optimum dans notre façon de naviguer et ne sommes pas assez réguliers, ce qui explique qu’on ne tient pas toujours le rythme des premiers. »

Sébastien Schneiter, barreur de Team Tilt : « C’était notre première compétition en configuration Youth, c’est un bon début. Mais nous savons que nous avons encore des places à gagner, et allons travailler sur nos points faibles ces prochains jours. »

Ernesto Bertarelli, barreur d’Alinghi  : « Avec cinq courses courues aujourd’hui, nous avons réalisé le programme complet de cette première journée du championnat annuel de la classe GC32 à Oman. Ces bateaux volants sont vraiment de belles machines. Je prends beaucoup de plaisir à la barre !
Je suis satisfait du résultat avec une alternance de places de 3èmes et de 4èmes.
La régularité paye souvent sur une régate qui dure plusieurs jours. Car contrairement à certaines épreuves où l’on retire à la fin la plus mauvaise manche de la compétition, ici, toutes les courses vont compter. Chaque place et donc chaque point est important.
Nous pointons ce soir en 3ème position du classement général provisoire, à égalité de points avec SAP Extreme Sailing Team (2ème) et trois points derrière Oman Air (1er). C’est serré dans le haut du classement car l’autre équipage Suisse, Team Tilt, n’est qu’à un point derrière nous !
Nous attendons demain des conditions assez similaires à celles d’aujourd’hui et j’ai hâte d’en découdre à nouveau avec cette belle flotte de dix autres GC32.»

Nils Frei, régleur des voiles d’avant sur Alinghi  : « Nous avons eu un vent assez typique de la région, entre 9 et 13 noeuds de nord ouest, qui nous a permis de foiler au portant sur chacune des courses.
Les parcours sont plus longs que ceux rencontrés sur le circuit Extreme Sailing Series, on a donc plus de temps pour développer le jeu tactique. Les manoeuvres à réaliser sont globalement les mêmes mais on en fait un peu moins puisque nous ne sommes pas contraints par une digue ou un mur de devoir en enchainer plusieurs pour évoluer dans une zone de course restreinte (limites naturelles imposées par le format ‘stade nautique’ et proche du public des Extreme Sailing Series). On a même le temps ici de descendre le gennaker (voile de portant) lors des bords de près afin d’avoir moins de prise au vent.
Même s’il y a peu de points d’écart ce soir, on remarque tout de même que les trois premiers sont engagés sur le circuit Extreme Sailing Series (ESS), alors que les deux suivants courent sur le GC32 Racing Tour. Le concept des ESS serait-il formateur ?
En tous cas, les débuts de course à onze bateaux sont serrés ! Nous n’avons pas trop pris de risque aujourd’hui sur les départs, mais peut-être qu’il le faudra pour se maintenir dans le haut du classement. »

Sidney Gavignet évacué

Sidney Gavignet avait déclenché sa balise de détresse à 16h48 suite à une avarie sur la poutre avant au vent de son trimaran Oman Air Majan, il semblerait que le flotteur se soit désolidarisé de la plate forme, entrainant le démâtage du bateau.

Le skipper, qui n’est pas blessé,  avait trouvé refuge dans la coque centrale, il a été récupéré par un cargo ce soir, le flotteur serait passé sous la coque centrale, l’équipe technique d’Oman Air va tenter de récupérer le trimaran dans les jours qui viennent, cependant le flotteur pourrait entrainer des dommages ou une voie d’eau sur le reste de la plate forme.

© Jimmy Bonnal avec son aimable autorisation

Sidney Gavignet devrait débarquer dans 48h à Gibraltar.

Toujours dans la catégorie Ultime Bertrand Quentin qui avait été hélitreuillé de Côte d’Or II suite à des problèmes de santé va être rappatrié en France, son trimaran a quand à lui été remorqué dans un port espagnol.

Côté course, Franck Cammas poursuit son cavalier seul au sud des Açores avec 250 milles d’avance sur Yann Guichard (Gitana 11) qui a passé Francis Joyon sur Idec (à 275 milles du leader), Thomas Coville a retrouvé de la vitesse cette après midi sur la route nord.

Extraits de la vacation du skipper de Sodeb’O :

« Ca va moyen !  J’ai eu une nuit avec des vents très erratiques. Ce n’était pas facile à gérer. Là c’est  un peu plus simple. Je suis au près dans une mer un peu formée, pas hyper confortable. Je suis en avance sur mes routages et sur la prévision qu’on avait faite d’être à cet endroit-là. En ce moment ça ne paye pas, mais c’est un positionnement pour dans deux ou trois jours qu’on est venu chercher. Il faut prendre son mal en patience. La situation est moins confortable que la route sud, c’est certain.  La route qui me semblait la plus aléatoire marche bien pour l’instant. Groupama 3 a réussi à passer le Cap Finisterre et à faire un gros trou. Un thalweg  va passer dans 2 jours et on en saura plus à ce moment-là.

Ce n’était pas facile cette nuit, c’était très turbulent pour sortir de l’anticyclone. J’ai trouvé ça plus difficile que prévu. A part ça tout se passe bien, je n’ai aucune avarie et je suis bien reposé.

Je n’en sais rien si nos routes vont se croiser.  Tu peux faire des routages en supposant de ce que vont faire nos concurrents. Mais est ce que nos routes se recroiseront aux Açores ou après,  je n’en sais rien. Sur Idec et Gitana 11, ça recroisera très nettement en dessous (derrière, ndlr) mais c’est pas ça qui m’inquiète, c’est plus Groupama 3. Je ne te cache pas que la route sud semblait au départ être moins bonne que ce qu’elle a finalement été, notamment pour Franck. Encore une fois c’est loin d’être fini, là il tire des petits bords pour se caler dans l’Alizé. C’est sûr que c’est plus mouvementé chez moi, c’est plus genre l’alpiniste qui prend son piolet. Mais je ne regrette pas que ce soit difficile. Sodeb’O est un bateau qui peut passer dans toutes les conditions.

Je n’ai pas de problème ou d’appréhension sur la gestion du bateau. J’arrive à sentir à quel moment il faut réduire, à quel moment renvoyer, jusqu’où il faut pousser. J’ai appris que Lionel avait cassé son lashing de grand-voile. C’est un truc qui vaut deux balles ! Ca me fait vraiment mal pour lui. Je suis très déçu. Mais pour revenir à mon Sodebo, j’ai même une certaine jouissance à naviguer dans des conditions difficiles, à enchaîner et à avoir une certaine cadence tout le temps. Et ça c’est très très agréable. Mais ça ne suffit pas, il faut aussi que tout s’enchaîne bien au niveau de la météo, un peu de réussite. C’est tout un faisceau de facteurs. « 

Yann Guichard :

« Notre position Sud avec Francis est aujourd’hui plus confortable que celles des « nordistes », qui ont du vent contraire et de la mer formée. Mais c’est très loin d’être fini et le classement du jour ne veut pas dire grand-chose. Il faudra tout du moins attendre trois ou quatre jours pour y voir plus clair dans la hiérarchie de cette Route du Rhum. D’autant qu’il reste beaucoup d’incertitudes sur la fin du parcours, au large des Caraïbes ! »

« Tout va bien à bord de Gitana 11 : je suis au portant avec des conditions correctes mais très irrégulières. Ce n’est pas si évident que ça parce que la brise fluctue beaucoup en force et en direction ! C’est de la glisse, alors c’est plutôt agréable… Je n’ai pas vu Francis Joyon ce matin même si nous nous sommes croisés à moins de quatre milles, c’était lors du lever du jour et la visibilité n’était pas bonne. Nous nous reverrons peut-être au prochain croisement parce que je reviens doucement sur lui. C’est bien de rester au contact. Quand nous sommes deux sur l’eau, c’est mieux que tout seul dans son coin. C’est un bateau assez exigeant à mener. Il faut que je reste sur le qui-vive et les phases de repos ne se font jamais très loin des postes de barre. J’ai des alarmes un peu partout sur le bateau, qui m’indiquent si le vent monte un peu trop. Il faut alors réagir vite ! Pour l’instant, le rythme est correct : j’ai dormi deux heures par tranches la nuit dernière. Je marche en ce moment à près de vingt nœuds, mais le vent passe rapidement de dix à dix-huit nœuds… »

Dans la catégorie Multi 50′, Lionel Lemonchois qui avait connu des soucis avec son lashing de grand voile hier en fin de journée et qui s’était dérouté vers les côtes pour réparer, a finalement entrepris une réparation en mer, après 3 heures en tête de mât, le skipper du trimaran Prince de Bretagne a réussi à réparer son système et à renvoyer sa grand voile il a donc remis le cap sur la Guadeloupe, il a perdu  sept places suite à cette avarie et pointe ce soir à 348 milles du leader Franck Yves Escoffier, cependant le normand n’abdique pas et fera tout pour revenir sur le podium de la classe.

En tête, Franck Yves Escoffier sur Crèpes Whaou 3 continue sa route au sud de l’anticyclone des Açores, Yves le Blévec tente un recadrage sur une route plus directe en bordure proche de l’anticyclone.

Lourde avarie pour Team Ocean

Le trimaran Team Océan (ex Brossard, ex Sergio Tacchini) sur plans Irens/Cabaret avait été lancé en 2002.

Yvan Bourgnon l’avait acheté en 2005, le trimaran a courru pendant 2 saisons sous les couleurs de Brossard, en  2008, suite à l’arrêt du sponsoring de Brossard, Yvan Bourgnon avait convoyé son bateau à Dubai en vue d’une vente, pendant une tentative autour d’un archipel artificiel en juin, la coque centrale s’était cassé nette en avant du bras de liaison avant, le bateau avait ensuite été réparé par Yvan Bourgnon et son équipe. On était depuis sans nouvelle du 60′ ORMA, Pierre Yves Lautrou dévoile le triste destin de celui-ci sur son blog :  Au Large.

Le bateau est dans un état très préoccupant : la coque centrale et le flotteur tribord sont en partie sous l’eau, le mât surnage, cassé en trois.