Energy Team devant la justice américaine

Les derniers America’s Cup World Series laisseront un goût amer à l’équipe française d’Energy Team, en effet les résultats sportifs avec une 6ème place en match racing et une 7ème en flotte n’auront pas été à la hauteur des ambitions du team, mais un second volet vient contrarier l’équipe avec une action en justice à leur encontre.

L’histoire commençait pourtant bien avec un plaisancier qui récupérait l’Ac45 d’Energy Team, alors que celui-ci se trouvait à la dérive en baie de San Francisco suite à la rupture de ses amarres, celui-ci était chaleureusement remercié et invité à être le 6ème homme à bord pour une manche, l’organisation prévoyait également de revoir les procédures de mouillage des bateaux suite à cet incident.

Malheureusement le plaisancier s’avère moins sympathique de prévu lorsqu’il a décidé de réclamer 200000$ à l’équipe pour le sauvetage du multicoque d’une valeur d’un million d’euros.

Affaire à suivre à la cour…

Energy Team s’associe à Oracle Racing

Le Challenger français pour la Coupe de l’America,  Energy Team, dirigé par Loïck et Bruno Peyron, a annoncé aujourd’hui un accord technologique majeur avec le Defender américain ORACLE RACING dirigé par Russell Coutts.

Celui-ci porte sur un transfert technologique de tous les développements architecturaux et technologiques réalisés par ORACLE, pour la construction de son AC72. L’équipe française bénéficiera donc des plans de la plate forme de l’AC 72 du defender et de son aile, ceci permet à Energy Team de gagner un temps considérable et lui garanti un bateau abouti dès sa mise à l’eau, en effet cet AC72 sera la seconde version du catamaran américain qui a prévu de construire deux bateaux.

Ceci permet également à l’équipe française de réduire sensiblement son budget, puisque la partie budget et développement n’aura pas lieu d’être, ce qui rend également son offre marketing très compétitive pour d’éventuels sponsors.


Bruno Peyron : « Cet accord va changer beaucoup de choses et il a trois conséquences immédiates pour nous. Il va d’abord nous permettre de rattraper d’un seul coup le retard technologique que nous avions sur les Top Team, dont certains travaillent depuis plus de deux ans. Si nous y arrivons, cet apport technologique peut désormais nous permettre de nous battre pour la phase finale avec un bateau extrêmement performant et abouti. Enfin, le gain de temps et l’économie réalisée en Recherche et Développement va nous permettre de proposer aux partenaires avec qui nous discutons, une offre extrêmement compétitive en termes de communication et de retour sur investissement. »
Le projet d’Energy Team est donc de construire un seul AC72 et de le mettre à l’eau le plus tard possible, afin de
bénéficier des ultimes développements de l’équipe américaine, avec un début de construction en juillet 2012, pour une livraison début mars 2013. Le chantier Multiplast à Vannes est déjà réservé pour cette construction, le multicoque devrait être transporté par avion  directement sur sa base d’entraînement à San Francisco en mars 2013, avec un programme d’entraînements intensifs de 3 mois, d’avril à juin 2013.

Le budget du team français est donc sensiblement abaissé avec un cout estimé à  15 M€, sur la période 2012 / 2013, soit au minimum trois fois moins que les autres équipes qui s’aligneront sur la Louis Vuitton Cup.

Russell Coutts, CEO Oracle Racing : « La prochaine édition de l’America’s Cup va réunir les meilleurs marins, les bateaux les plus rapides et vise un modèle économique accessible. Cet accord avec Energy Team permet de réaliser ces trois  objectifs. Loïck et Bruno ont réalisé de fabuleux exploits en multicoque. Avec le meilleur de la technologie mise à leur  disposition, ils ont le potentiel pour atteindre le plus haut niveau dans la Coupe de l’America.”
Bruno Peyron, CEO Energy Team : « Cet accord entre Oracle Racing et Energy Team démontre s’il en était besoin le changement d’époque et d’esprit que nous vivons actuellement avec l’America’s Cup. Je remercie Russell Coutts et Larry Ellison pour la confiance qu’ils nous accordent. Nous avons maintenant toutes les cartes en main pour nous permettre de réussir, voire même de créer la surprise. »
Loïck Peyron, Skipper Energy Team : « Cet accord historique exprime de manière on ne peut plus claire et symbolique la révolution culturelle qui anime l’America’s Cup. C’est un pas de plus dans une démarche novatrice qui démontre l’état d’esprit partagé par tous les acteurs de cette épreuve exceptionnelle ».
Thierry Reboul, Marketing Manager : « C’est un formidable accord car il va permettre à un ou plusieurs partenaires de rejoindre Energy Team pour l’America’s Cup 2013, dans le cadre d’une offre imbattable en termes de coût et de retour sur investissement. »

L’Energy Team des frères Peyron challenger pour la Coupe de l’America ?

L’information reste à confirmer, mais Ouest-France annonce que les frères Peyron devraient officialiser leur challenge pour la 34ème Coupe de l’America dans une quinzaine de jours.

Photo copyright Bo Struye

L’Energy Team devrait donc représenter la France face aux autres challengers Artemis Racing (SUE), Emirates Team New Zealand (TNZ) et Luna Rossa (ITA) et au challenger américain Oracle Racing, l’équipe disposerait d’un budget de 15 millions d’euros, bien loin de celui souhaité au départ et du niveau de leur concurrents estimé à 75 millions au minimum.

Les français devront se contenter du package AC72 vendu par ACRM basé sur une plate forme imaginé par le cabinet  d’architectes VPLP (spécialisés dans les multicoques et auteurs de la plupart des 60′ ORMA, des maxis trimarans, et de USA-17), de l’aile et des voiles réalisés par North.

D’ici leur participation aux éliminatoires de la Coupe, dans le cadre de la Louis Vuitton’s Cup, les français poursuivront leur préparation sur le circuit des America’s Cup World Series, avec espérons le autant de succès que lors de l’étape de San Diego ; Yann Guichard reprendra la barre de l’AC45, avec également l’arrivée d’Arnaud Psarofaghis sur le catamaran en remplacement de Peter Greenhalgh.

 

05/04/12 : Rectificatif : les frères Peyron et le Team Energy ont passé un accord technologique avec Oracle Racing, le defender américain, qui leur permettra de bénéficier des plans du 1er catamaran AC72 d’Oracle Racing, ils n’utiliseront donc pas le pack ACRM ; mais le pack du design team de l’équipe américaine qui planche sur le sujet depuis plusieurs années et qui a la plus grande expérience en ce qui concerne l’aile rigide.

Une seule équipe française encore en lice pour la prochaine America’s Cup

Deux des trois challengers français pour la 34ème Coupe de l’America ont jeté l’éponge en une semaine, et ce à un mois de la nouvelle saison des America’s Cup World Series.

Si la participation d’All4One, dirigé par Stéphane Kandler, paraissait illusoire, après une année blanche, le retrait d’Aleph est plus surprenant après une saison en AC45 et des résultats encourageants sur la dernière épreuve à San Diego.

Stéphane Kandler, directeur général d’All4One, s’est expliqué dans les différents médias sur ce retrait, l’équipe a renoncé faute de budget suffisant pour être compétitif, et reste mobilisé pour monter un autre projet, à priori en multicoque : MOD 70 ou Extreme 40.Les interviews sur VoilesetVoilers et Ouest France.

Du côté d’Aleph, l’annonce du retrait a été faite par Loic Le Bras de Voiles et Voiliers, le défi d’Alain Gautier et Bertrand Pacé renonce aussi faute de financement, par ailleurs l’équipe n’a pas de budget pour la saison 2012 des America’s Cup World Series, et ne devrait par conséquent pas être présente à Naples dans un mois.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Ne reste plus qu’Energy Team en course pour la prochaine America’s Cup, mais là non plus la participation demeure incertaine, l’équipe des frères Peyron est assuré de poursuivre en AC45 grâce au soutien de Corum, mais le budget pour l’AC72 n’est toujours pas concrétisé, comme l’a expliqué le skipper à VSail.

 

8 Challengers pour la prochaine Coupe de l’America

Des quatorze challengers pré-inscrits, il n’en reste finalement que huit, qui devraient participer à la prochaine America’s Cup à San Francisco en 2013.

Les participants à la 34ème America’s Cup seront :
Chine – China Team, Mei Fan Yacht Club
France – Aleph – Équipe De France, Aleph Yacht Club
France – Energy Team, Yacht Club de France
Italie – Venezia Challenge, Club Canottieri Roggero di Lauria
Nouvelle-Zélande – Emirates Team New Zealand, Royal New Zealand Yacht Squadron
République de Corée – Team Korea, Sail Korea Yacht Club
Suède – Artemis Racing, Kungliga Svenska Segel Sallskapet
Un huitième participant sera annoncé lors d’une conférence de presse le 23 juin, il s’agit d’un team européen

Etats-Unis – ORACLE Racing, Golden Gate Yacht Club, (Defender)

© Gilles Martin-Raget (America's Cup)

Iain Murray,  Directeur de course pour la 34ème America’s Cup et PDG d’America’s Cup Race Management : « La liste des compétiteurs est réellement globale, elle reflète un mélange d’équipages chevronnés aux côtés de jeunes talents issus des meilleurs événements de voile, la nouvelle vision de l’America’s Cup a permis à des équipes provenant d’Asie, d’Europe, d’Océanie et d’Amérique du Nord de participer à la Coupe dans un format de course dynamique, innovant et spectaculaire à bord de catamarans à aile. »

Cependant pour certains d’entre eux, l’avenir n’est pas assuré puisque le budget de l’équipe n’est pas bouclé, c’est notamment le cas des deux équipes françaises qui figurent sur la liste des huit challengers, à savoir Aleph et Energy Team.

La troisième équipe française, All4One menée par Stéphane Kandler et Olivier de Kersauson, a préféré ne pas s’inscrire sans avoir bouclé son budget, ils espèrent signer rapidement un partenariat  avant de s’engager de façon définitive, et ce malgré le risque de refus du challenger.

Ces équipages disputeront l’ensemble des America’s Cup World Series, qui débuteront en août à Cascais sur les catamarans monotypes à aile rigide AC45. Oracle Racing qui alignera deux bateaux, Artemis et Emirates Team New Zealand feront figure de favoris, puisqu’ils s’entrainent depuis plusieurs mois sur les AC45. Energy Team, mené par les frères Peyron et qui devrait être barré par Loick Peyron et Yann Guichard devrait recevoir son bateau début juillet, Aleph qui sera barré par Alain Gautier secondé par Bertrand Pacé à la tactique ne recevra le sien que le 30 juillet, leurs entrainements seront donc réduits au strict minimum.

Les commentaires des responsables des équipes :

China Team, Wang Chaoyong, Team Principal : China Team est un challenger chinois authentique puisque de nombreux équipiers chinois seront embarqués sur un bateau construit en Chine. Nous sommes actuellement en train de recruter des marins chinois à travers une série de camps d’entraînements dans toute la Chine. En parallèle, notre équipe actuelle s’entraîne aux côtés de médaillés olympiques en multicoques à bord du AC45 de China Team, afin que l’équipage soit prêt pour participer à la première World Series en août prochain. China Team représente réellement l’esprit du sport en Chine. Alors que la voile est encore un sport récent en Chine, nous serons à même de défier les meilleurs équipages au monde pour tenter de s’emparer du plus prestigieux trophée nautique.

ALEPH – Équipe De France, Philippe Ligot, Directeur Général : Aleph est fier de poursuivre l’héritage de la France dans le pinacle des événements de voile qu’est l’America’s Cup. L’America’s Cup est un défi fantastique en matière de construction et de compétences en voile. Les nouveaux bateaux et le format promettent de transformer un événement magnifique en une compétition encore plus passionnante. Aleph a vraiment hâte de régater ici à San Francisco.

Energy Team, Bruno Peyron, Manager Général : Energy Team est un challenger de l’America’s Cup qui dispose d’une expérience immense issue des plus grandes courses en multicoques.
Avec ce nouveau format, il existe une opportunité prometteuse d’exceller dans l’America’s Cup. Le public français adore les courses en multicoques donc ce changement pour des bateaux nouveaux et dynamiques sera très positif pour l’audience française. Et je suis certain que la passion que les Français ont pour les multicoques rapides sera globalement partagée une fois que les gens auront vu ces équipages s’affronter.

Venezia Challenge, Dario Valenza, Responsable des opérations : Cette nouvelle formule est très prometteuse, c’est un format capable de séduire les sponsors et le public. Venezia Challenge mettra en place des campagnes itinérantes avec des émissions de télévision et de radio en Italie et un village de la course sera organisé dans les principales villes pour également atteindre le marché du grand public pas seulement les passionnés de voile. Techniquement, il s’agit d’un nouveau niveau de jeu, les bateaux sont fantastiques, le format garanti des régates au contact et les dépenses sont contrôlées en limitant le développement de la performance du bateau et en mettant l’accent sur la régate. Notre équipage se constitue d’un formidable groupe avec lequel c’est un plaisir de travailler.

Emirates Team New Zealand, Kevin Shoebridge, Directeur des Opérations : Emirates Team New Zealand, double vainqueur de l’America’s Cup, travaille sur les multiples challenges engendrés par les changements radicaux de bateau et de format. L’équipe se réjouit du choix de San Francisco mais reconnaît que la transposition de cette nouvelle vision à la réalité nécessite un effort massif de la part de tous les acteurs.

 

© Gilles Martin-Raget (America's Cup)

Team Korea, Kim Dong-Young, Team Principal : Nous sommes fiers de représenter le tout premier challenge de la République de Corée de l’America’s Cup. Avec un nouveau bateau et un nouveau format, la République de Corée peut participer à l’America’s Cup pour la première fois avec une plus grande chance de succès. Nous avons hâte de former notre équipe et de régater en AC45 au Portugal.

Artemis Racing, Terry Hutchinson, Barreur : L’AC45 est un bateau de haute performance, puissant et qui se manœuvre bien en navigant au contact. L’aile apporte définitivement de la performance aux AC45 et lorsqu’elle est associée aux autres technologies à bord, il s’agit définitivement d’un pas en avant en matière de régate en multicoque. Les régates promettent d’être serrées et pleine d’action, tout en sollicitant au maximum les équipiers à bord. De ce fait, en tant de régatiers, nous devons nous montrer flexibles, agiles et physiquement au top, prêts pour faire face à tout ce que ces courts mais très intenses parcours nous réserveront.

ORACLE Racing, Russell Coutts, Président Directeur Général : Ces bateaux et dans sa plus grande version l’AC72, ont pour objectif de tester les meilleurs régatiers mondiaux. Il s’agit de repousser les limites et de gagner de l’assurance afin que votre équipage soit plus performant. Et cela pourrait constituer la différence entre gagner et perdre.

 

 

Point sur l’America’s Cup

La Coupe de l’America a toujours connu des rebondissements, la 34ème n’y échappera pas, avec le forfait de l’équipe italienne Challenger of Record (et qui a donc négocié le protocole de la compétition), Mascalzone Latino, Vincenzo Onorato, le patron du team avait pourtant trouvé des financements pour cette campagne, mais, selon lui, pas assez pour être compétitif (à savoir une centaine de millions d’euros).

Côté français, le flou règne également, les trois équipes en lice se répondant avec divers communiqués de presse, sans qu’aucune annoncé officielle ne soit faite, Aleph Sailing (Gautier/Pacé) serait toujours en négociations avancées, tout comme All4One(Kandler/Kersauson), certaines rumeurs prédisent également un budget permettant la construction d’un AC 72 pour l’Energy Team des frères Peyron…
CNN a d’ailleurs consacré une émission au projet Energy Team.
http://i.cdn.turner.com/cnn/.element/apps/cvp/3.0/swf/cnn_416x234_embed.swf?context=embed_edition&videoId=international/2011/05/19/mainsail.may.peyron.bk.c.cnn

Les tests en flotte des AC 45 sont désormais terminés, seul Emirates Team New Zealand  reste sur place pour poursuivre les entrainements, Artemis et le China Team ont envoyé leurs catamarans à Valence avant l’étape portugaise prévue en août, les bateaux du defender Oracle transiteront par les Etats Unis avant de rejoindre l’Europe.

Lancement en série des AC 45

L’équipe Oracle Racing a ouvert la série en lançant son 1er AC 45 avant hier, les entrainements ont débuté le lendemain avec James Spithill à la barre, les équipiers du team américain ont l’expérience de la navigation sur le catamaran monotype, puisqu’ils ont effectué les premiers tests du prototype de la série.

© Gilles Martin-Raget / ORACLE Racing

Le second bateau a été mis à l’eau aujourd’hui, il s’agit d’Emirates Team New Zealand, Grant Dalton, directeur de l’équipe a confirmé avoir payé les droits d’entrée pour la 34ème Coupe de l’America.Emirates, Toyota et Omega, les sponsors « historiques » des néo-zélandais poursuivent leur partenariat, malgré tout, il semblerait que le budget ne soit pas totalement bouclé, la confirmation définitive de l’engagement devant être officielle d’ici deux mois.

Le bateau d’Artemis est en cours de montage et devrait toucher l’eau dans les jours qui viennent.

A l’heure actuelle, aucune information concernant l’attribution d’un catamaran à une équipe française n’a filtrée, Aleph d’Alain Gautier et Bertrand Pacé et Energy Team des frères Peyron semblent toujours à la recherche de sponsors.

© Chris Cameron/ETNZ

On a également appris l’arrivée d’une troisième équipe française (non inscrite officiellement), composé d’Olivier de Kersauson associé à Stéphane Kandler (qui dirigeait l’Areva Challenge lors de la dernière America’s Cup) et Hervé Devaux. Interview à lire sur le site du Télégramme.

America’s Cup J-2

La première manche de l’America’s Cup aura lieu lundi à 10h06 à Valence en Espagne, elle opposera deux maxis multicoques extraordinaires :  le catamaran Alinghi 5 et USA17, le trimaran de l’équipe BMW Oracle.

A deux jours de l’échéance, Marco, fidèle lecteur de Voile-Multicoques.com et passionné de multicoques nous fait partager son point de vue sur ces deux bateaux :
Un rapide rappel des faits.
Les Américains, très fâchés contre Alinghi (pour des raisons que je ne développerai pas), décident de lancer le 13 juillet 2007 un défi conforme au Deed of Gift original de l’America’s Cup. Leur challenger : un multicoque de 90’ par 90’ (27,43m).
Les Suisses sont obligés d’accepter.
Le 22 Août 2008, les Américains mettent à l’eau leur trimaran. N’ayant pas le choix du lieu des régates, ils ont décidé de faire un bateau polyvalent et évolutif, un trimaran issu du cabinet d’architectes français VPLP.
Le 8 juillet, les Suisses mettent leur bateau à l’eau. Ils ont choisi un catamaran ultra-léger avec dans l’idée de régater à Ras El Khaïmah, dans le golfe Persique, où les vents sont légers. Malheureusement pour eux le tribunal désignera finalement Valence comme lieu des régates.

La compétition se déroulera en deux régates gagnantes : la première sera un aller-retour de deux fois 20 milles et la seconde un triangle de trois fois 13 milles. Si une troisième régate est nécessaire, elle sera identique à la première.

Détaillons un peu les forces en présence.
Si les deux bateaux font bien 90’ de flottaison à l’arrêt, ils font un peu plus en navigation.
On n’a évidemment aucune donnée officielle sur les bateaux et tous ces chiffres ne sont que des estimations.

Honneur au defender :
Alinghi 5 est un catamaran de 31 ou 32 m de longueur et de 24 m de largeur. Après avoir été lancé avec un mât d’une cinquantaine de mètres, il est désormais doté d’un gigantesque mât-aile de 60 m de haut doté d’une grand voile de 600 m2 et pouvant porter, sur son gigantesque bout-dehors un gennaker de 1000 m2, le plus grand ayant jamais été construit.
Les coques possèdent des étraves inversées de type wave-piercer. Ces étraves, en passant à travers les vagues au lieu d’au-dessus, diminuent le tangage et améliorent l’efficacité du gréement. Elles sont tenues par deux bras seulement et tous les efforts de torsion du gréement sur les coques sont repris par trois poutres de carbone. Ce système, très innovant, avait été imaginé en 2000 pour le petit catamaran de 12,50 m Alinghi qui gagna par la suite plusieurs fois le bol d’or. Il permet une très grande rigidité pour un poids minimal. Ce système a donc tout naturellement été repris pour A5.
Les coques sont dotées de dérives en S (même si des dérives rectilignes ont aussi été utilisées), orientables dans les 3 axes,  qui font aussi office de foils.
Autre innovation majeure : la suppression des wincheurs remplacés par un moteur. Pas très sympa pour les oreilles mais très efficace.

© Ed Baird/Alinghi

Ce moteur sert aussi à remplir et transférer les ballasts dont sont dotées les coques.
Un immense trampoline court entre les bras et les coques tandis que l’arrière du bras avant est caréné d’une toile. Ils viennent même de tester un carénage de l’arrière du second bras, suivant en cela l’exemple des Américains.
Ne comparez pas ce bateau à un multicoque de course au large. Il faut le voir comme un catamaran de plage de 32 m. En fait c’est un agrandissement et une amélioration du Alinghi de 12 m. Bref, un engin extrême, fait pour naviguer sur eau plate dans très peu de vent. Dans ces conditions il est capable d’atteindre des vitesses extraordinaires comprises entre 3 à 4 fois la vitesse du vent.

Le challenger :

Le trimaran Américain n’est pas moins extrême. Il a fortement évolué depuis son lancement. Si la largeur de 27 m n’a pas changé, les flotteurs, originellement à 30 m, doivent en faire désormais près de 32 et sont aussi dotés d’étraves inversées du type wave piercer.
Ces flotteurs sont équipés de foils qui servent aussi de dérive car la dérive centrale de la coque a été supprimée. La forme de ces foils a d’ailleurs évolué. Après avoir commencé avec des foils courbes similaires aux foils des trimarans Orma, ils ont essayé des foils plus rectilignes pour revenir à des foils courbes
Exit aussi le safran central. Gain de poids, gain de trainée. En fait, en navigation, USA se retrouve dans la même configuration qu’un catamaran.
Il est aussi doté de ballasts.
Les Américains ont été obligés de suivre les Suisses dans l’installation d’un moteur. Plus de wincheurs. Et c’est sans doute ce moteur qui a permis l’installation de ballasts jusque dans les flotteurs.

© Gilles Martin-Raget / BMW ORACLE Racing

Les Américains ont beaucoup travaillé l’aérodynamique, en carénant l’arrière du bras avant puis en supprimant les filets et, finalement en carénant aussi le bras arrière. Il n’est pourtant pas certain que nous voyions ces carénages en compétition, les bateaux ayant navigué avec ou sans.
La surface de voilure n’a fait qu’augmenter.
Après avoir été lancé avec un mât de 50 m, on est monté à 55, puis 60 m. Ce dernier mât a d’ailleurs cassé au bout de deux jour. Ce qui n’a pas désarmé les Américains qui étaient sur le point lancer leur innovation majeure : une aile rigide.
Rien de révolutionnaire en soi, car des ailes ont été largement utilisées en Little America’s Cup et continuent a être utilisées en classe A. Et Stars et Stripes en possédait déjà une en 88.

D’un strict point de vue aérodynamique une aile rigide ne possède que des avantages. En ne se déformant pas, contrairement à une voile, elle garde toujours son profil idéal.
Mais ce qui est extraordinaire c’est les dimensions de cette aile : plus de 60 m de haut pour une surface de plus de 650 m2. Un monstre dont le poids n’excède pas le poids d’un gréement classique. Mais surtout un monstre d’efficacité. L’aile est composée de deux parties, la partie avant pouvant être considérée comme un mât prolongé par des volets orientables. Ces huits volets, en prenant une angulation différente permettent aussi de faire « twister la voile », d’adapter le profil au vent à quelque hauteur que l’on soit. Par un système gardé secret cette aile est très facile à régler. L’aile permet donc de développer plus de puissance qu’une voile classique. Son second avantage se situe dans les manœuvres, car elle garde de la portance en permanence, permettant au trimaran de virer avec une facilité déconcertante. Son talon d’Achille reste le petit temps, où elle manque un peu de surface, et peut-être aussi le portant. Ils peuvent lui adjoindre une voile d’avant qui augmente la surface mais diminue l’efficacité du profil de l’aile.

Les déplacements :  le gros point d’interrogation.
10 T contre 12T ? 12T contre 16T ? 13T contre 18T ?  Impossible à savoir.
Mais tout le monde est d’accord pour dire que le catamaran est plus léger et le trimaran plus puissant. Encore que les ballasts modifient la donne.
Alors, qui va gagner ? Bien malin qui pourrait le dire.
Les experts disent que A5 est meilleur dans le petit temps. Ce serait donc la météo du jour qui déciderait du sort du match.
Si A5 est sans aucun doute plus léger je ne suis pas persuadé que la différence de déplacement soit énorme. Deux tonnes d’écart ne changeraient pas grand-chose. Par ailleurs, et contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, on a déjà vu des multicoques lourds dépasser des légers dans le petit temps.
La thèse la plus communément admise est que USA devrait être intouchable au près, et cela d’autant plus que le vent sera fort. Au portant par contre le cata devrait être mieux et cela d’autant plus que le vent sera faible.
Mais attention, le plan d’eau est grand et le vent pourra y être très variable. C’est peut-être là que se fera la différence, dans la capacité à aller exploiter le vent là où il se trouve. Et les deux équipes ont mis beaucoup de moyens dans ce sens : Alighi utilisera des ULM qui surveilleront le plan d’eau et USA utilisera des « jumelles » capables de donner le force et la direction du vent à un kilomètre de distance.
Si la coupe a été un véritable imbroglio juridique et a donné l’impression d’être une bataille de chiffonniers où tous les (mauvais) coups sont permis, elle a aussi renoué avec les origines : deux milliardaires qui se battent pour construire le bateau le plus rapide du monde. Et c’est ça qui a toujours fait rêver les gens.
Au bout du coup elle aura donné naissance aux deux bateaux les plus excitants depuis Reliance, les bateaux les plus rapides (dans moins de 15 nœuds de vent) qui aient jamais été construits, deux formidables machines à vents. Vivement lundi.

A lire également :

Des interviews des naviguants d’Alinghi : Alain Gautier sur Sports.fr, Loick Peyron qui partagera la barre avec Ernesto Bertaralli sur le Télégramme.

Des architectes au travers d’une interview croisée toujours sur Sports.fr : Vincent Lauriot Prevost pour BMW Oracle, Benoit Cabaret pour Alinghi. A lire ICI.

Les régates seront retransmises en direct sur le site officiel de la 33ème Coupe de l’America.

L’iShares Cup fait étape à Hyères dans une semaine

Hyères accueillera la seconde étape de l’iShares Cup pour la seconde année consécutive du 3 au 5 juillet.

Les équipages devraient recontrer des conditions assez différentes de celles de l’étape de Venise où le vent n’avait jamais dépassé une dizaine de noeuds.

L’avis des skippers :

Yann Guichard (Gitana Team) : « À Hyères, on peut attendre toutes les conditions possibles ! A cette époque de l’année, nous pouvons espérer des vents soutenus sur la zone et peut être avec un thermique qui se lève en milieu de journée. Je connais bien la zone de course, de même que Pierre Pennec, parce que nous avons participé de nombreuses fois à la Semaine Olympique Française. Cette fois sera tout de même différente car nous allons naviguer au plus près de la digue et cela peut changer beaucoup de chose.
Notre victoire à Venise nous a vraiment rassuré, cependant, nous gardons la tête froide et nous recommencerons de zéro à Hyères car ce sera une manche très difficile ! Selon moi, il y a au moins 5 équipes qui sortent du lot et elles peuvent toutes remporter l’événement d’Hyères. Si je devais nommer une équipe en particulier, je citerais le second de Venise, BMW ORACLE Racing. James Spithill et ses hommes sont très fort et si les trois jours se courent dans des conditions ventées, ils seront sans aucun doute aux avant-postes. »

James Spithill (BMW RACLE Racing) : « Nous n’avons entendu que de bonnes choses du plan d’eau d’Hyères, donc nous sommes impatients de retrouver des conditions plus musclées, bien qu’avec les Extreme 40 nous avons découvert que nous n’avons pas besoin de beaucoup de vent pour lever une coque. Ce sera notre première navigation à Hyères, donc un vrai challenge. »

A noter quelques changements dans les équipages, Franck Cammas devrait reprendre la barre de Groupama 40 et Darren Bundock, barreur de BT se voit contraint de laisser sa place suite à une déchirure des ligaments croisés du genou, il sera remplacé par Mitch Booth, qui est le co-fondateur de la classe Extreme 40.

Gitana Extrême remporte la première épreuve de l’iShares Cup à Venise

Yann Guichard et son équipage composé de Pierre Pennec,  Christophe Lassegue et  Herve Cunnigham remporte donc cette première épreuve vénicienne du circuit Extreme 40. Ils ont su se montrer très régulier sur l’ensemble des régates en finissant 12 fois sur le podium sur 17 régates, ils ont impressionné le reste de la flotte par leurs excellents départs, une bonne vitesse et une fluidité dans les manoeuvres malgré des débuts récents sur ce support et une seule session d’entrainements à Valence, l’expérience de Pierre Pennec et Yann Guichard sur Tornado semble avoir été utile à l’équipe de Gitana Team.

© Th.Martinez/Sea&Co/OCEvents

Gitana Extrême termine l’épreuve avec 20 points d’avance sur les seconds BMW Oracle mené par James Spithill et son équipage d’America’s Cuppeurs, Spithill qui devrait barrer le trimaran de l’équipe américaine lors de la prochaine Coupe de l’America  a su résister aux assauts de Loick Peyron sur Renaissance qui avait très bien débuté la journée en gagnant deux manches et en prenant provisoirement le deuxième place du classement provisoire, mais l’équipage de l’Oman Sail n’a pas su profiter de l’opportunité de revenir sur BMW Oracle lors de la dernière régate qui comptait double puisqu’ils finissent avant dernier de celle-ci, ce qui les relègue à la troisième place de cette étape à Venise.

© Gilles Martin-Raget/BMW Oracle

Pete Cumming sur le second bateau de l’Oman Sail, Masirah finit à la quatrième place, devant Groupama 40, qui a effectué une belle remontée aujourd’hui en gagnant deux manches et en finissant deux fois seconds.

L’analyse de Tanguy Cariou, tactcien de Groupama 40 : « Nous avons pris de bon départ. Les deux jours précédents, nous étions trop impatients, trop tôt dans l’exécution du départ. Aujourd’hui, de c e point de vue, nous étions plus sereins grâce à une bonne analyse de nos erreurs des jours précédents. En partant en première ligne, nous nous sommes dégagés de la meute et nous avons rendu nos régates plus faciles dans la mesure où il est difficile de se dépasser sur les différents bords. Cette dernière journée est positive et reflète davantage notre niveau. On a hâte désormais de naviguer sur Hyères TPM où le plan sera sans doute ouvert sur un côté et permettra de jouer un peu plus. »

© Th.Martinez/Sea&Co/OCEvents

Yann Guichard, vainqueur :  «C’est génial, on avait hâte d’être ici pour savoir quel niveau on avait, on avait navigué avec d’autres bateaux donc on imaginait se situer dans le top 5, alors finir premiers c’est génial. On a pris de super départs, et je crois que c’était ça la réussite, le secret c’est d’être en symbiose avec l’équipage. Il y a beaucoup de pression sur le barreur car les bateaux sont très proches, et c’est très physique pour l’équipage. Nous allons maintenant nous entraîner avant Hyères car ici il n’y avait pas beaucoup de vent et pour la prochaine il y aura sans doute un peu de brise. (La formule) nous a vraiment plu,  on s’est bien éclatés !»

James Spithill, BMW ORACLE Racing, second au général :  «C’était un événement plutôt léger en termes de vent et aujourd’hui, le format des courses était très différent avec un bord de reaching auquel nous avons eu du mal à nous adapter. Cela dit, nous sommes ravis de repartir avec une seconde place, nous avons beaucoup appris. Gitana a réalisé une très belle performance.(Venise) était super, quel événement superbe, on l’a adoré.»

© Th.Martinez/Sea&Co/OCEvents

Loïck Peyron, Renaissance, Oman Sail, troisième au général : «Je ne suis pas encore habitué aux dernières courses comptant double – je n’ai absolument jamais fait ça! C’est pour les jeunes qui courent en régate olympique… Enfin, dans tous les cas, il faut que l’on travaille ce point ! Mais c’était super, vraiment intéressant. Je pense que nous avons effectué un beau travail d’équipe, en essayant de toujours faire mieux et bien sûr nous sommes contents du résultat. Gitana a fait un super boulot, bravo à eux, et je suis ravi d’avoir une grosse équipe comme BMW ORACLE Racing entre une équipe française et une équipe omani, c’est parfait. Les prochaines étapes et notamment Hyères seront très différentes avec un plus grand plan d’eau et certainement plus de vent. On peut voir que chaque équipe peut faire un bon résultat, tout est encore à faire.»

Mike Golding, Ecover :  «Je ne pense pas que les courses peuvent être plus difficile qu’ici à Venise, où le plan d’eau est très restreint… et si tu prends un mauvais départ, c’est fini ! La chose la plus importante est de prendre du plaisir, j’ai la chance d’avoir de très bons marins à bord et nous n’avons pas de problèmes de vitesse, nous sommes tout simplement en processus d’apprentissage. A mon avis, il faut naviguer pendant au moins un an à bord de ces bateaux pour les comprendre vraiment. Je n’ai jamais pensé que je pouvais arriver sur le circuit et gagner(…)Mais oui, nous pensons prendre part au circuit en 2010»

Etape 1 Venise : Classement Général (après 17 manches)
1/ Gitana Extrême- Groupe LCF Rothschild (Yann GUICHARD) – 140 points
2/ BMW Oracle Racing (James Spithill) – 120 points
3/ Oman Sail Renaissance (Loïck Peyron) – 113 points
4/ Oman Sail Masirah (Pete Cumming) – 111 points
5/ Groupama 40 (Gildas Philippe) – 102 points
6/ BT (Nick Moloney) – 97 points
7/ Luna (Erik Maris) – 88 points
8/ Holmatro (Carolijn Brouwer) – 84 points
9/ iShares – Shirley Robertson – 84 points
10/ Ecover – Mike Golding – 48 points