Prince de Bretagne à l’endroit, en remorque vers le Brésil

Lionel Lemonchois avait été rejoint par son équipe technique jeudi soir, après 10 jours seul dans la coque centrale de son trimaran de 80′ chaviré. Ils ont réussi hier soir l’opération de retournement du multicoque en fin de journée.

Le skipper avait déjà très largement préparé la plate forme pour cette opération, son équipe et lui même ont terminé cette préparation hier. L’opération a consisté à  percer le flotteur tribord ainsi que toutes les cloisons étanches afin de le remplir d’eau et de le couler puis installer des sangles et un poids de plusieurs tonnes sur le côté opposé afin de faire contrepoids pour retourner le bateau.

Le schéma de l’opération de retournement des architectes du trimaran le cabinet VPLP

Lionel Lemonchois : « Nous avons commencé dès le lever du jour. Nous avons réalisé une première tentative dans la matinée qui a avorté après que le bout sur lequel nous avions fixé les cinq tonnes de chaînes cède, mais dans l’après-midi, l’opération s’est déroulée exactement comme nous l’avions prévue. Le flotteur vide a tourné très lentement autour de la coque centrale avant de basculer et de se retrouver à l’endroit. Le tout en douceur et sans brutalité ».

L’équipe a ensuite du vider l’ensemble de l’eau nécessaire à ce retournement, Fred Le Peutrec, membre du team « Nous avons fini au sceau. C’a été très physique d’autant qu’avec la chaleur, être en action à l’intérieur du bateau avait un tout d’un véritable sauna ! Mais tout le monde s’est bien donné »

Le bateau a ensuite été pris en remorque et progresse actuellement à 6 noeuds et devrait atteindre le Brésil dans 5 jours.
A noter, une rencontre peu plaisante pour les hommes du team Prince de Bretagne, comme l’explique le skipper : « Deux heures avant le lever du soleil, un cargo battant pavillon russe s’est approché de mon bateau. Il s’est arrêté à environ ¼ de milles. A bord du remorqueur, nous avons tenté de prendre contact avec lui par VHF afin de connaitre ses intentions mais il n’a pas répondu. A mon sens, il n’y avait aucune ambiguïté possible, il s’agissait d’un bateau pirate. Il est resté un long moment à observer, tentant visiblement de se positionner entre nous et le Maxi80. Il a fini par partir mais je ne veux pas penser au déroulement de la situation si j’avais été encore tout seul sur zone ».

Balise de détresse déclenchée par Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne

Le skipper du maxi 80′ Prince de Bretagne, Lionel Lemonchois, a déclenché manuellement la balise de détresse de son trimaran ce lundi à 15h57, il n’a pas pu être joint depuis par son équipe ou le CROSS qui prend en charge les opérations de secours. Le marin évoluait à environ 800 milles au large des côtes Brésiliennes, quasiment à la latitude de Rio de Janeiro, au prés dans un flux de sud-est soufflant entre 16 et 18 nœuds. 

Mise à jour, 22h : le skipper serait sain et sauf et aurait chaviré

Le point sur les records, Le Cléac’h et Lemonchois en avance, Coville en retard

Thomas Coville et Lionel Lemonchois naviguent au large de Brésil, Sodeb’O accuse un retard de 234 milles sur le record autour du monde, après un passage de l’équateur en 6 jours 20 heures, alors que Prince de Bretagne a 406 milles d’avance sur le record de la Mauricienne, avec un temps de passage à l’équateur de 6 jours 9 heures 51 minutes.

Les deux marins vont être confrontés à une grosse difficulté dans l’atlantique sud avec un anticyclone de Sainte-Hélène très décalé dans l’ouest au sud, ce qui altère les modèles météos classiques.

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne : « Quand on regarde les analyses météo pour la semaine à venir, on voit que ça va être très compliqué. Pour l’instant, c’est un véritable mur qui se dresse au milieu de l’Atlantique sud. De ce fait, le contournement de la zone de haute pression par l’ouest ne semble pas terrible. Il va donc falloir passer à travers mais ça ne va pas être évident. Enfin, comme on dit, chaque jour suffit sa peine. J’avance donc vers le sud et espère que ça va s’ouvrir ».

Thierry Briend., membre de la cellule routage de Sodeb’O : «  L’ anticyclone de Sainte-Hélène est très étendu d’Ouest en Est et génère peu de vent. Avec la chaleur, cela favorise la création de nuages et de grains.  Depuis 2h du matin, Thomas est sous l’emprise d’un énorme nuage (photo ci-dessus) et la difficulté aujourd’hui sera de trouver un chemin dans ce gruyère. En temps normal, la situation plus Nord de l’anticyclone, empêche la création de ces masses nuageuses et surtout la vitesse de déplacement de ces dernières est beaucoup plus rapide.  Aujourd’hui, tous ces phénomènes sont très lents, c’est un cercle vicieux ! Le nuage est lent donc Thomas met plus de temps à le traverser. Jusqu’ici, nous avons conservé le choix entre plusieurs scénario même si aucun n’est très réjouissant. Aujourd’hui, les observations annoncent moins de 5 nœuds de vent dans une grande partie de l’anticyclone qui s’étale sur la moitié de l’Atlantique Sud. Et on ne voit toujours pas de dépression se former vers Rio, ce qui nous donnerait alors un peu d’air pour traverser. On sait qu’on ne coupera pas le fromage comme Francis, maintenant, il va falloir limiter la perte de temps pour Thomas. »

Pour Armel le Cléac’h sur Banque Populaire VII, la situation est nettement moins complexe pour le skipper, qui s’est attaqué lui aussi à un temps de Francis Joyon sur la Route de la Découverte. En effet il a bénéficié d’un flux soutenu depuis le départ de Cadix le 23 au soir, et n’a eu que peu de manoeuvres à effectuer (3 empannages contre 9 pour son adversaire virtuel jusqu’ici). Il possède 311 milles d’avance sur le record.

 

Armel Le Cléac’h, skipper de Banque Populaire VII : « Tout va bien. Le jour est en train de se lever. Je suis actuellement sous la casquette où je passe la plupart de mon temps. La mer s’est rangée après le passage des Canaries, cela facilite la vitesse. Et puis cela m’a permis de me reposer tout en restant vigilant, jamais très loin de mes écoutes. Au fil des milles parcourus, je prends confiance, je m’habitue aux grandes vitesses et à certaines pointes du bateau à 35 nœuds ! Je suis content de mon plan de route. Ma trajectoire est assez proche de ce que nous avions convenu avec Marcel van Triest, mon routeur. Un seul empannage sous les Canaries, c’est assez rare. J’ai réussi, dans une mer agitée et difficile, à éviter quelques dévents des îles. Pour la suite, il y aura un point de passage difficile à partir de demain soir avec certainement un empannage à gérer. Les fichiers météorologiques ne sont pas d’accord. Le vent sera moins fort. En tout cas, le bateau se comporte formidablement bien. »

Accelération pour les deux skippers avant le Pot au Noir

Thomas Coville et Lionel Lemonchois, qui s’attaquent respectivement au record du tour du monde et à celui de la Mauricienne, ont très nettement accéléré sur les derniers jours dans les alizés bien établis et qui s’étendent au sud, ce qui annonce un Pot au Noir assez peu actif et étendu, cependant l’anticyclone de Saint Hélène s’étend très à l’ouest, ce qui devrait contraindre les marins à un grand contournement le long des côtes brésiliennes.

La vidéo de Thomas Coville, skipper de Sodeb’O d’hier :

Lionel Lemonchois a enregistré hier la meilleure moyenne sur 24 heures sur son trimaran 80′ Prince de Bretagne avec 622,3 milles (le record de Francis Joyon étant à 666,2 milles).

Aujourd’hui l’avance de Lionel Lemonchois sur le record de la Mauricienne est de 516 milles, alors que le retard de Thomas Coville sur celui du tour du monde s’est réduit à 44 milles.

Thomas Coville et Lionel Lemonchois ont passé le Cap Finistère

Les deux marins qui se sont lancés sur leurs records respectifs hier ont tous les deux passé le Cap Finistère cette après midi.

Les skippers sont actuellement en retard sur le temps de Francis Joyon (7 milles pour Lemonchois et 82 pour Coville), mais cette tendance devrait rapidement s’inverser avec le renforcement du front qui devrait atteindre 25 noeuds dans la nuit, ce qui devrait leur permettre d’engranger des milles.

© Marcel Mochet

Thomas Coville a également connu une première nuit difficile avec quelques grains et le passage du thalweg à gérer, il devrait lui aussi profiter du renforcement du vent pour reprendre des milles sur le record.

http://www.dailymotion.com/video/x19vkaa

Thomas Coville et Lionel Lemonchois sur le départ

Thomas Coville et Lionel Lemonchois profitent tous les deux de ce qui sera probablement la dernière fenêtre météo de l’hiver pour appareiller.

Thomas Coville, le skipper du maxi trimaran Sodeb’O, quittera Brest dans la soirée pour se diriger vers la ligne de départ au large d’Ouessant. Le départ de cette nouvelle tentative de record autour du monde en solitaire devrait se faire vers minuit.

Les conditions seront musclées sur ce début de parcours avec environ 30 noeuds sur zone, associés à une forte houle.

Les explications du skipper :
« Ce n’est pas franchement les conditions rêvées. Partir de nuit au près dans de la mer devient vite compliqué en solitaire sur un bateau de 30 mètres. Mais il faut s’élancer avec le vent pour éviter de se retrouver coincé demain matin à Brest où on annonce moins de 7 nœuds de vent. La situation est différente pour Lionel (Lemonchois, skipper du Maxi80 Prince de Bretagne qui doit s’attaquer demain au record Port-Louis, en France – Port Louis, Ile Maurice). En partant de Lorient (80 milles – 150 km plus au Sud), il devrait échapper à ce coup de mou et aura encore 15 à 20 nœuds de vent demain midi. La fenêtre est tentante. J’aurais 12 et 14 heures de près dans du vent fort avant de traverser le front et de récupérer du vent Ouest-Nord-Ouest portant. Ensuite, ce sera une descente sportive dans du vent et de la mer. Au Portugal, on passe sous l’anticyclone des Açores qui est encore bien installé avec de l’alizé établi qui peut nous permettre de dérouler jusqu’au Cap Vert. »

 

De son côté, Lionel Lemonchois, sur son trimaran de 80′ Prince de Bretagne, partira de Lorient demain sur la Mauricienne entre Port-Louis en rade de Lorient et Port-Louis dans l’archipel des Mascareignes. Comme l’explique Thomas Coville, les conditions seront plus simples pour le skipper normand, qui empruntera la même route que son homologue sur le début de parcours.

Lionel Lemonchois :

« Du vent de secteur nord-ouest très fort (entre 45 et 50 nœuds) est annoncé dans la journée de dimanche au large du cap Finisterre. C’est pourquoi je pense, pour l’instant, partir dès vendredi midi si je veux rester devant la mer et la baston. Et la bonne nouvelle c’est que l’entame s’annonce sympa car maniable. Rapide aussi.  Dans les prochaines 48 heures, nous allons continuer de faire un point toutes les 12 heures afin de surveiller l’évoluer des systèmes puis mon équipe technique va annoncer au WSSRC (World Sailing Speed Record Council) notre intention de départ pour le record. Ensemble, nous allons également effectuer un tour complet du bateau, histoire de vérifier une dernière fois que tout est fin prêt pour éviter les surprises. Nous allons également valider les consignes de sécurité, charger le camion qui pourra ainsi être en mesure d’intervenir jusqu’aux balcons de l’Europe en cas de pépin technique et faire quelques courses pour le frais. Il n’y a aucun stress. Je suis prêt à partir depuis un moment et je suis content que cela se concrétise »

Les deux skippers iront cherché des chronos détenus par Francis Joyon sur Idec, 57 jours, 13 heures et 34 minutes pour le tour du monde et 26 jours 44 minutes et 29 secondes pour la Mauricienne.

Nouvelle course pour les multis océaniques avant la Route du Rhum

Prince de Bretagne poursuit son engagement en tant qu’organisateur de course, après une première édition réussie de la Route des Princes en juin dernier, l’entreprise lance le Défi du Prince.

Le concept de cette course est : une ligne de départ unique pour un début de course le 18 mai à 13h00 pour tous les concurrents, entre le phare du Minou et la bouée des Fillettes en rade de Brest, et un parcours adapté à chaque catégorie (4 à 6 jours) de multicoques, à savoir une boucle en Atlantique.

Cette course sera ouverte aux Ultimes, aux Multi 70 (MOD70), et aux Multi 50, les organisateurs laisseront à chaque classe le soin de décider de courir en solitaire ou en équipage réduit.

Création d’un collectif Ultim par les armateurs des maxis multis solo

Banque Populaire, Macif et Sodebo, armateurs  ou futurs aramateurs de maxis multicoques solitaire ont annoncé aujourd’hui la création du Collectif Ultim. Leur but est de soutenir cette « nouvelle » classe et de la doter d’un programme de courses sur 4 ans réservé aux multicoques de 80 pieds et plus.

Ce nouveau Challenge Ultim prévu dès 2015 intégrera un tour du monde en solitaire en 2017 et au minimum une course intermédiaire, les autres années, celle-ci aurait pour format du solo ou du double.

Les bateaux éligibles à intégrer ce collectif devront être maniables en solitaire sans assistance électrique ou hydraulique devront s’aligner au moins au départ d’une course par an.

Les trois bateaux de Banque Populaire (Banque Populaire VII, ex Groupama 3, mené par Armel le Cléac’h), le futur Sodeb’O Ultime (ex Géronimo en cours de modification mené par Thomas Coville), et le futur Macif (mené par François Gabart) seront aligné sur ce circuit, reste à convaincre d’autres armateurs de les rejoindre.

© Yvan Zedda/BPCE

Yann Guichard espère pouvoir modifier son maxi trimaran de 140′, Spindrift 2 (ex Banque Populaire V), afin de l’adapter au solitaire et pourrait être un candidat convoité, mais aussi redouté du fait de la puissance de son bateau.

Francis Joyon et son sponsor possède un bel outil, mais même si le duo détient les quatre records majeurs en solitaire, le trimaran âgé de 6 ans, ne devrait pas avoir le potentiel de vitesse du futur Sodeb’O ou Macif.

L’actuel Sodeb’O (105′), quasi sistership d’Idec sera à la vente l’année prochaine et pourrait grossir les rangs de la classe, Lionel Lemonchois et Prince de Bretagne sont dotés d’un trimaran de 80′ mais celui-ci est plus adapté à des transatlantiques qu’à un tour du monde.

Marc Thiercelin cherche toujours un financement pour réparer l’ex Oman Air Musandam (sistership de Sodeb’O), tout comme Philippe Monnet qui possède l’ex B&Q Castorama (précédemment mené par Ellen MacArthur).

Le polonais Roman Paszke a déjà tenté deux tours du monde sur son maxi catamaran Bioton, mais a renoncé  à deux reprises au large de l’Amérique du Sud. Reste également disponible un catamaran qui pourrait être adapté au solitaire : l’ex Orange 2 de Bruno Peyron.

Thierry Bouvard, Responsable du Pôle Programmes Editoriaux et Sponsoring de Banque Populaire
« Banque Populaire est un acteur impliqué dans la voile depuis plus de 25 ans. Nous avons toujours été favorables à ce que les grands bateaux participent à des courses, et s’affrontent les uns aux autres dans un esprit de compétition et de partage des émotions. Nous sommes ravis de voir aujourd’hui les forces fédérées autour du Collectif Ultim pour offrir au public des moments forts de voile, d’aventure humaine comme nous les aimons tant. »

Jean-Bernard Le Boucher, Directeur des programmes de course au large du groupe Macif
« La Macif porte des valeurs de solidarité, d’innovation, de performance et de partage. Ces mêmes valeurs animent les armateurs qui fondent le Collectif Ultim. C’est une chance pour Macif de s’engager dans ce programme ambitieux à partir de 2015. Notre objectif est de repousser collectivement les limites de la Course au Large en solitaire, synonyme d’aventure et d’émotions pour un large public. »

Patricia Brochard, co-Présidente de Sodebo
« L’esprit pionnier et aventurier est toujours à l’origine de la réussite des entreprises qui, comme les marins, osent ou ont osé se lancer dans des paris audacieux. La création du Collectif Ultim est née de la volonté de plusieurs armateurs de construire ensemble un projet pour relever de nouveaux défis et le partager avec un large public. La liberté d’agir pour créer notre avenir nous anime au quotidien. »

Armel Le Cleac’h, skipper de Banque Populaire
« Je suis heureux de la dynamique qui est en train de naître, qui va permettra à ces formidables bateaux de se confronter et ainsi, de nous offrir de nouvelles aventures. »

François Gabart, skipper de MACIF
« C’est un nouveau défi à relever pour faire grandir nos rêves et les partager avec le plus grand nombre. »

Thomas Coville, skipper de Sodebo
« Cette dynamique collective est une chance unique pour promouvoir les fondamentaux véhiculés par la course au large : liberté, engagement, partage. »

L’actualité des maxis multicoques en bref

  • Yann Guichard et Dona Bertarelli, les skippers du maxi trimaran Spindrift 2 (ex Banque Populaire V) enchainent avec leur équipage les navigations au large de Lorient, afin de monter en puissance sur ce nouveau support.
Yann Guichard : “Le bateau est “gros”, mais tout à bord est remarquablement étudié et en place. Le plaisir, dès les premières accélérations, est absolu. Tout doit être grandement anticipé. Nous naviguons depuis mardi et nous commençons à établir déjà nos propres marques et réglages, notamment dans l’établissement des gigantesques voiles. Nous prenons notre temps, et analysons chaque manoeuvre. Le coeur de l’équipage définitif est déjà à bord, il y a aura des ajustements, mais nous travaillons toute la semaine avec les hommes qui participeront au programme de l’année. C’est en configuration course qu’on découvre vraiment ce que le bateau a dans le ventre, et le mode d’emploi pour le maîtriser sous pression. Nous avons hâte d’entrer dans le vif du sujet mais cette semaine Lorientaise nous était essentielle.”

© Eloi Stichelbaut/ Spindrift racing

Dona Bertarelli : ”Ce qui est étonnant, c’est la capacité d’accélération de Spindrift 2. On oublie vite son poids tant il réagit à la moindre risée. Il est étonnamment fin à barrer, dans les conditions médium à faibles de cette semaine. 30, 32 noeuds au speedomètre, Spindrift 2 rassure aussi par sa fiabilité. Le bateau est conforme à nos attentes. Il est, d’un avis unanime, magnifique visuellement mais aussi techniquement. Sa démesure semble s’apprivoiser facilement, et on s’habitue vite à son gigantisme. Je prends mon temps, je me teste et je m’enhardie chaque jour un peu plus, le tout dans l’excellente ambiance qui règne à bord…”

  • Tritium Racing, l’ex 60′ ORMA, allongé à 72′ par Artemis Racing puis revendu a remporté la Transpac, l’équipage rate le record d’Explorer de 1997 de deux heures, suite à quelques soucis techniques sur les foils après des chocs avec des OFNI.
  • Le maxi 80′ Prince de Bretagne est en chantier à Lorient depuis maintenant près de quatre semaines, l’objectif pour Lionel Lemonchois est d’optimiser son multicoque pour la prochaine Route du Rhum. Afin de gagner en performance, il a choisi d’équiper son trimaran d’un mât basculant, pour se faire il utilisera un système de palans et de poulies plutôt qu’un système hydraulique. Cette solution permet de minimiser l’augmentation de poids.

Lionel Lemonchois : « Cela fait longtemps maintenant que les mâts des grands trimarans basculent au vent. D’en régler l’inclinaison, cela permet de soulager la plateforme, ce qui autorise à appuyer plus dessus, et donc de gagner en vitesse. Au départ, nous n’avons pas réinstallé le système hydraulique dont était équipé le mât de l’ancien 60 pieds. Nous avons d’abord préféré gagner en longueur de coques et disposer d’un plus grand bateau. Dans nos réflexions pour savoir comment aller plus vite, l’option du système de bascule avec des palans en cascade s’est ensuite imposée d’elle-même. Elle s’inscrit dans la philosophie de la simplicité initiée à l’origine du projet. Nous n’avons rien inventé, mais c’est la première fois qu’un bateau de cette taille sera équipé d’un mât « à ficelles ». Là, sur le bras arrière bâbord, nous modifions et renforçons la cadène de galhauban, une ferrure en carbone qui tient le hauban et le mât debout. Ensuite de chaque côté du gréement, un système de palans à six brins sera ajouté, et se poursuivra le long du bras de liaison pour ramener les bouts sous la casquette. A la sortie, au niveau du winch, les efforts théoriques de 8 tonnes auront été réduits jusqu’à 1,3 tonne. C’est courant, et c’est à l’échelle, du bateau…De la ficelle supplémentaire, cela complique forcément les manœuvres. Il faudra donner d’un côté, et prendre de l’autre. Ce sera un peu plus long et exigeant. Mais tout a été imaginé pour le solitaire, et je devrais y arriver…D’autant que ce système n’est pas conçu pour régater entre trois bouées, mais pour régler l’inclinaison par rapport à la gîte sur des grand bords au large.«