Gitana 11 remporte le tour de Belle Ile devant Prince de Bretagne

Le départ du tour de Belle Ile 2011 a été donné ce matin à 11h30, avec 20-25 nœuds de sud-est et un peu de houle, notamment au moment de sortir du chenal de La Trinité-sur-Mer.

© Christophe Launay

Sébastien Josse est ses cinq équipiers (David Boileau, Florent Chastel, Jean-Baptiste Epron, Sébastien Thétiot et Antoine Koch) ont pris la tête de la flotte dès le départ et ce jusqu’au terme des 41 milles du parcours, ils établissent un nouveau record de l’épreuve (en 2h42). Cependant la victoire a été disputée avec un trimaran 27′ moins long, Prince de Bretagne ; Lionel Lemonchois et son équipage terminant à 2 minutes et 38 secondes seulement du trimaran de 77′, cette course confirmant le potentiel du bateau dans la brise comme l’explique le skipper : « Nous avons fait un très bon départ et pris de l’avance dès le début de la course. C’était la première fois de l’année que nous naviguions dans des conditions qui permettent de tirer sur le bateau, ça fait du bien. Prince de Bretagne se comporte très bien dans la brise, il est rapide et puissant. On a bien tenu le rythme jusqu’au bout avec Crêpes Whaou ! qui revenait sur le dernier bord de portant et nous collait un peu la pression. Une belle journée de navigation » .

Le troisième bateau a bouclé ce tour était un autre 50′ de dernière génération, Crèpes Whaou de Franck Yves Escoffier, à 41 secondes de Prince de Bretagne, Actual d’Yves le Blévec tenant du record de ce tour de Belle Ile jusqu’à l’arrivée de Gitana 11 se classe 5ème à 5 minutes 21. Le 60′ ORMA Sensations 2, l’ex Foncia, mené par Alain Gautier termine en 4ème position .

Région Aquitaine-Port Médoc (ex B&q Castorama), mené par Lalou Roucayrol termine en 7ème position, avec quelques dégâts suite à des manoeuvres de port difficiles.

© Christophe Launay

Les réactions des skippers :

Sébastien Josse, skipper de Gitana 11 : « Ce Tour de Belle-Île constituait mon baptême du feu à bord de Gitana 11 en course. C’était une mise en jambe musclée mais parfaite pour débuter et prendre d’emblée la mesure du bateau. Je cherche encore mes automatismes à la barre. Je suis en apprentissage du support, en attendant la livraison du MOD 70 Groupe Edmond de Rothschild prévue à la fin du mois d’octobre, et j’avais envie d’y aller sereinement, d’autant que l’équipage rassemblé pour l’occasion naviguait ensemble pour la première fois. Toujours dans cet esprit, nous avions décidé de ne pas dérouler le gennaker (grande voile d’avant de portant, ndlr) si le vent dépassait les 24 nœuds. Je découvre Gitana 11 avec beaucoup de plaisir car c’est un trimaran fantastique. […] Les Multi 50 terminent très proches de notre tableau arrière, mais cela n’a rien d’étonnant. Nous avions derrière nous des équipages rompus à l’exercice sur des montures qu’ils connaissent parfaitement, avec à leur tête des skippers qui pour la plupart ont déjà disputé des transatlantiques à la barre de leur bateau. Ce sont des références et c’était une bonne pression pour le Gitana Team, qui courait seul dans sa classe, de les savoir à ses trousses »

Franck Yves Escoffier, skipper de Crèpes Whaou : « On avait une bonne brise, on a fait des bords à 27/28 nœuds. La mer était assez formée et nous avons fait de jolis surfs. Nous avons pris un bon départ mais nous avons un peu tricoté à l’envers dans une bascule. Dommage… A la sortie de Belle-Ile on a accéléré et on a pu se détacher d’Actual et Maître Jacques. Il ne manquait que le soleil mais ce parcours était vraiment intéressant et les conditions idéales pour les multicoques »

Chavirage de Région Aquitaine-Port Médoc

La triste série se poursuit dans la classe Multi 50′, avec le chavirage de Région Aquitaine-Port Médoc, qui avait fini a une belle 2nde place sur la Route du Rhum.

Lalou Roucayrol, le skipper était accompagné de trois équipiers, l’équipage qui effectuait le convoyage retour depuis la Guadeloupe a chaviré à environ 1000 milles des côtes américaines.

Ils avaient initialement trouvé refuge à l’intérieur du trimaran, mais la porte de coque centrale a cédée du fait des vagues, ils ont alors trouvé refuge sur la coque centrale du bateau avant d’être secouru par un cargo, qui les déposera à Gibraltar samedi, aucun des hommes d’équipage ne souffre de blessures graves.

Une balise a été déclenchée sur le trimaran, sa récupération est loin d’être assurée.

Franck Yves Escoffier abandonne, Lionel Lemonchois à la poursuite de Lalou Roucayrol

Franck Yves Escoffier, skipper de Crèpes Whaou 3! a annoncé aujourd’hui son abandon, en effet le malouin a été obligé de faire marche arrière au moteur pendant une heure, afin de tenter une réparation de fortune sur son étrave comme il l’explique : « Le premier jour, j’avais le moral dans les chaussettes. Puis j’ai dormi pour prendre du recul. Il fallait rendre le bateau étanche. La pompe m’est restée dans les mains…J’ai décidé d’attaquer par l’intérieur. J’ai rampé jusqu’à l’étrave en passant les cloisons les uns après les autres. Heureusement que je n’ai pas trop mangé car avec 5 kg de plus ça ne serait pas passé !!! Je suis arrivé jusqu’à la cloison de solent, ouverte. Et là, ça faisait une belle baie vitrée avec vue sur la mer ! J’en rigole mais c’est triste à voir. J’ai rentré le gennaker mètre par mètre, j’ai tassé, je l’ai rentré en force pour faire un gros bouchon. Puis par l’extérieur,  j’ai mis mes sacs à voiles et mon sac étanche Cotten pour protéger. J’ai tout sanglé. Ça devrait tenir. Pour l’instant je marche à 7 nœuds car il n’y a pas trop de mer et peu de vent. Je descends un peu pour anticiper la bascule de vent dans 48 heures. »

© AFP

Du côté d’Yves le Blévec, la situation s’est aussi améliorée, après avoir consolidé le bras de liaison, le skipper du trimaran Actual a lui aussi réussi à maitriser la voie d’eau sur la coque centrale de son bateau  :

«  Après 12 heures de séchage, je me suis décidé à tester la réparation entreprise hier pour tenter de boucher la fuite d’eau responsable de toute nos misères. Une plaque de monolithique, une latte de GV débitée en fagots, un peu de tissus de carbone, de la résine époxy qui prend sous l’eau… Et voilà le résultat : c’est sec. C’est une grande nouvelle parce que le bateau est maintenant beaucoup plus léger et la structure, bien malade, est considérablement moins sollicitée. Ça va dans le bon sens. Il faut imaginer que le niveau d’eau était quasiment à la lisse longitudinale, et que le volume total était d’environ 4 m3, bref, je viens de diviser par deux le déplacement du bateau. Bon, il reste deux ou trois porosités et une partie bien fragile en avant du pansement posé. Je ne me sens plus dans une situation critique, je me sens super bien en mer seul sur mon bateau. Je m’occupe, je me sens totalement vivant avec lui, j’aime être sur l’eau. Je suis assez souvent à l’intérieur parce qu’il fait vraiment très chaud à l’extérieur. La vie est simple à bord, je fais ce que je veux et si je veux prendre mon repas en commençant par le dessert, je le fais ! Hier un cargo m’a croisé et nous avons conversé durant 10 minutes. Il voulait savoir ce que je faisais là, il n’en revenait pas que je sois en course en solitaire et que je répare seul. C’est bientôt la flotte des 40 pieds qui va me rattraper ! Il est évident que je fais tout pour aller jusqu’au bout et mon objectif est maintenant d’être arrivé pour la remise des prix. »

Un catamaran de croisière rapide a été affrété conjointement par les deux sponsors afin d’apporter un éventuel soutien matériel aux skippers et un ravitaillement, le bateau devrait rejoindre les deux trimarans dimanche, Yves le Blévec choisira alors entre une assistance et un abandon ou de poursuivre sa route de façon autonome.

Côté course, Lalou Roucayrol sur Région Aquitaine-Port Médoc pointe ce soir en tête devant Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne, le vainqueur de la route du rhum 2006 a réussi à reprendre plus de 200 milles au leader en quelques jours, il pointe désormais à 50 milles de Lalou Roucayrol qui sait que sa position sera difficile à tenir face à un trimaran nettement plus performant, comme il l’explique :

« Jusqu’à maintenant ça allait super bien, mais là ca vient de tomber subitement. L’arrivée va être vraiment très compliquée. C’est vraiment ambiance Pot au Noir. Il a vraiment beaucoup plu ce matin, il y a des gros nuages, le ciel est très gris. Je surveille Lionel (Lemonchois) mais on n’a pas les mêmes bateaux et dans ces conditions, c’est un peu le jeu du chat et de la souris ; c’est bataille jusqu’à l’arrivée. Là par rapport à 2002, je suis dans des conditions différentes, avec des bateaux différents. Mais chaque Route du Rhum est belle et c’est la force de cette course. Je marche à 4 nœuds. Mais il y a 15 minutes j’étais encore à 17 nœuds. Je vais batailler, ce n’est pas de tout repos car il faut aller relancer, chercher les bordures de grains ».

© AFP