L’actu des maxis Multis en bref

  • Le catamaran de 36m ex Orange II, dont Bruno Peyron était skipper, va entrer en chantier chez Multplast pour un refit.  François Bich, descendant de la famille Bich, s’est porté acquéreur du multicoque, qui va être transformé en bateau de grande croisière. Il sera doté d’une nacelle profilée de 70 m²  derrière la poutre de liaison avant. Six cabines seront aménagées dans les coques accueillant 3 couples d’invités et un équipage de 5 personnes.

Vitalia II après transformation © Narrative

Bruno Peyron, l’ex skipper : » Je suis fier de cette histoire de conquête, fier de ce bateau qui m’a offert mon 3ème Trophée Jules Verne, fier de mes compagnons avec lesquels nous avons passé tant d’heures et de nuits magiques autour du monde mais je suis heureux que François Bich et le chantier Multiplast aient l’audace d’entamer une transformation aussi radicale et ambitieuse. Elle marquera probablement un tournant dans l’évolution des maxi catamarans de grande croisière et …J’aime l’audace !« 

  • Francis Joyon a bouclé son parcours sur la Route de l’Amitié entre Bordeaux et Rio en 13 jours, 03 heures, 05 minutes et 19 secondes sur 4812 milles du parcours théorique, soit une moyenne sur l’orthodromie de 15,27 nœuds, le skipper d’IDEC a en réalité parcouru 910 milles de plus sur l’eau : 5722 milles nautiques à 18,16 nœuds de moyenne. En dehors du but caritatif de ce record, il s’agissait d’un excellent entrainement en vue de la Route du Rhum dont le départ sera donné en novembre. Les explications du skipper :

« Avant le départ de Bordeaux, j’imaginais mettre autour de 15 jours. Donc 13 jours c’est plutôt bien compte tenu de la route très à l’ouest que j’ai du emprunter pour rebondir sur les bordures des dépressions de l’Atlantique, puis de la grande épaisseur du Pot au noir (300 milles, ndr) où j’ai été certes ralenti, mais sans jamais m’arrêter complètement. Et puis cette trajectoire a été un excellent entraînement pour la Route du Rhum : quand j’ai pu enfin basculer sur une route sud dans l’Atlantique, je n’étais plus qu’à deux jours de mer de La Guadeloupe ! J’ai parcouru beaucoup de milles, beaucoup plus que sur la route théorique… et j’ai encore appris des choses. Chaque mille qui passe, chaque manœuvre me fait progresser encore dans la connaissance du bateau. Mon chrono est bien sur améliorable, à la faveur d’une météo qui permettrait une trajectoire plus directe. Je suis très satisfait parce qu’IDEC prouve qu’il est encore rapide et qu’il est solide. Je n’ai rien cassé de majeur. Les petits pépins techniques rencontrés sont de la routine, vraiment minimes. Je vais tous pouvoir les résoudre moi même, ici au Brésil. Ce ne sont que des détails. Aucun souci de ce côté là donc. »

 

  • Yann Guichard, Dona Bertarelli et leur équipage ont repris leurs entrainements sur le maxi trimaran Spindrift 2. Leurs première sortie s’est déroulée sans problème avec 15 à 25 nœuds de vent.

Yann Guichard, skipper : « La saison commence et c’est génial. Quel plaisir de reprendre les navigations et de redécouvrir ce bateau. J’ai d’excellentes sensations et le bilan technique est très positif. Après les modifications réalisées, Spindrift 2 se comporte comme nous l’avions imaginé. Avec l’équipage, nous sentons que le bateau est toujours aussi sain mais plus léger et encore plus nerveux. Nous avons aussi vraiment beaucoup gagné en rapidité de manœuvres. Globalement, même s’il nous reste du travail de calibration des instruments de navigation pour mettre des chiffres sur ces ressentis, l’équipe peut être fière du chemin parcouru. Nous sommes partis plein Ouest, jusqu’à la limite du plateau continental européen, avant de descendre sous Arcachon pour remonter par l’Ile d’Oléron. Nous avons donc pu tout sonder à bord. Le nouveau gréement a été poussé dans 25 nœuds de vent et a passé les tests. C’est un point crucial cette année puisque nous avons adapté le mât en vue du double programme des records en équipage puis de La Route du Rhum en solo. Le jeu de voiles a aussi été essayé entièrement à toutes les allures et je tire un coup de chapeau à North Sails qui a fait du très bon travail. Nous franchissons donc une nouvelle étape avec succès. Le travail de performance va pouvoir débuter»

Dona Bertarelli : « Après ces longs mois d’hiver et ce chantier qui a demandé un travail considérable, c’est un réel bonheur que de retrouver toute l’équipe pour tirer nos premiers bords. Spindrift 2 n’a rien perdu de sa prestance ni de sa vivacité, bien au contraire ! Paré de ses nouveaux partenaires, le maxi-trimaran file sur l’eau mieux que jamais. Il suffisait de voir les sourires de chacun lorsqu’au premier déroulé (de voile d’avant), nous nous sommes vite retrouvés à 35 nœuds. »

Annulation du Défi du Prince

Prince de Bretagne, sponsor du Multi 80′ de Lionel Lemonchois et organisateur de course a annoncé l’annulation du Défi du Prince, course qui devait avoir lieu en mai et qui était ouverte aux multicoques de plus de 50′.

En effet plusieurs bateaux sont immobilisés, dont le 80′ de Lionel Lemonchois, tout juste chargé sur un cargo au Brésil, suite à son chavirage lors de la Mauriecienne  et qui entrera en chantier à son arrivée à Lorient afin d’être prêt pour la Route du Rhum, le Multi 50′ Arkema Région Aquitaine de Lalou Roucayrol est également toujours dépourvu de mât et ne sera de retour en France que courant mai.

Par ailleurs, Spindrift 23, le trimaran de 40m du duo YannGuichard/Dona Bertarelli sera convoyé fin mai vers les Etats Unis pour une tentative de record sur l’Atlantique Nord, Banque Populaire VII, sera mené sur le même parcours en solitaire par Armel le Cléac’h à la même période, les deux trimarans n’auraient donc pas pu participé à cette course. Francis Joyon sur Idec va partir vers le Brésil dans les jours qui viennent et Thomas Coville mettra son nouveau maxi Ultime Sodeb’O à l’eau à la fin du mois avant d’enchaîner les navigations d’entrainement pour le Rhum.

Seule la classe des Multis 50′ semblait conserver un attrait pour cette course, les MOD 70 n’étant pour la plupart que destinés à des navigations RP (Spindrift racing, Paprec).

Cependant une Route des Princes 2, comme en 2013, est programmée l’année  prochaine, ce tour de l’Europe avait été un succès, reste à réunir un plateau suffisant pour cet événement.

 

Spindrift 2 sur la Route du Rhum

Mirabaud qui devient Gold partenaire et l’horloger  Zenith en tant que Chronométreur officiel.

Le programme de l’année se fera sur le catamaran monotype D35, mené par Dona Bertarelli et sur le maxi trimaran de 140′ Spindrift 2 avec le record de l’Atlantique Nord en équipage et la Route du Rhum en solitaire pour Yann Guichard.

Ladycat, le D35 sera aligné pour la 8ème année consécutive sur le Vulcain Trophy, Dona Bertarelli sera à la barre, Yann Guichard à la tactique, ils seront épaulés par des équipiers du maxi trimaran afin de parfaire les automatismes.

Concernant le maxi, le programme débutera cet été avec une tentative sur l’Atlantique Nord, comme l’explique le skipper : « Spindrift 2 s’attaquera cet été à l’impressionnant chrono réalisé sur l’Atlantique Nord en 2009 par Pascal Bidégorry et son équipage à bord de ce même bateau. Avec un temps de 3 jours, 15 heures et une vitesse de près de 33 nœuds, il faudra compter sur une météo toute aussi exceptionnelle et une machine optimisée pour pouvoir l’accrocher. Nous tenterons également le record des 24h dans cette fenêtre si les conditions le permettent »

Yann Guichard a également annoncé son engagement sur la Route du Rhum, il possédera le trimaran le plus long dans la catégorie ultime sur cette course en solitaire.

Les explications :  « C’est une opportunité de partager un moment exceptionnel avec nos partenaires tout en offrant un challenge passionnant à l’équipe. En tant que compétiteur, j’ai une profonde envie de rivaliser avec les autres trimarans de la classe Ultime. Pour autant, il n’a jamais été question de transformer Spindrift 2 en version ‘solo’ mais plutôt de trouver le meilleur compromis afin d’être performant pour le double objectif de l’Atlantique Nord en équipage et du Rhum. La décision a été mûrie en accord avec Dona et nos partenaires. La transat retour de Miami, l’hiver dernier, où j’ai navigué à voilure réduite et manœuvré seul, m’a définitivement convaincu. Le mât raccourci, l’allègement général, l’adaptation des pilotes automatiques et une somme de détails nous permettront de concrétiser ce et ces défis. Si ce bateau XXL (40 mètres) sera le plus grand du port à Saint-Malo, il devra faire face à des machines taillées ou optimisées pour un homme seul. Néanmoins, je suis un compétiteur et nous travaillons pour avoir les moyens de jouer aux avant-postes. Et pour un passionné de multicoque comme moi, naviguer seul sur un tel bateau sera forcément inoubliable ! »

Yann Guichard a dévoilé quelques unes des modifications concernant le grand multi, dans un interview à l’Equipe, le mât du trimaran sera raccourci de 6m pour la tentative de record sur l’atlantique nord, le foil, le safran au vent seront oté, le mât ne sera plus basculant. Pour la Route du Rhum, l’essentiel du travail se fera sur les pilotes automatiques, le trimaran sera aussi équipé d’un vélo, comme l’avait fait Franck Cammas sur Groupama 3 afin de faciliter les manœuvres du solitaire.

L’équipage de Spindrift 2 décroche son premier record

L’équipage de Spindrift 2 mené par Dona Bertarelli et Yann Guichard ont décroché ce matin le premier record sur leur maxi trimaran (ex Banque Populaire V), en traversant l’atlantique sud (Cadix-San Salvador) en  6  jours, 14  heures,   29 minutes, et 21 secondes, soit une vitesse moyenne de 24,5 noeuds (sur les 3885milles de la route orthodromique). Spindrift 2 a réellement parcouru 4 503 milles nautiques, soit une vitesse moyenne de  28,41 noeuds. Le précédent record, détenu par Franck Cammas et son équipage sur Groupama 3 est ainsi amélioré de 20 heures, 29 minutes et 32 secondes.

L’équipage après avoir passé le thalweg, entre les deux anticyclones il y a 24 heures, a bénéficié de vents forts sur les derniers milles, après avoir passé la ligne, ils ont mis le cap sur Miami pour un check up du bateau avant un retour en équipage réduit, afin d’évaluer la faisabilité d’une Route du Rhum pour le skipper Yann Guichard.

 

Dona Bertarelli :

Une dernière nuit musclée : « Passée la zone de transition marquée par de nombreux épisodes orageux, nous sommes entrés sans transition ou presque dans de forts vents de secteur nord est. On a eu toute la nuit entre 30 et 35 noeuds, et l’état de la mer s’est rapidement dégradé, avec des creux de 5 à 6 mètres et des vagues courtes et croisées. On se serait cru en Méditerranée! C’était assez usant. Le bateau accélérait fort en bas des vagues et le travail à la barre était assez stressant. Il fallait progresser vers l’ouest rapidement sans trop solliciter le matériel. On avait la toile du temps et ça accélérait très fort… »

Passage de ligne : « Ce fut un moment rare, un peu curieux car San Salvador est une petite île, bordée de plages. Nous avons dû nous approcher très près du rivage pour distinguer le bateau à bord duquel l’officiel du World Speed Sailing Record Council avait pris place. C’était un peu stressant à cause de la proximité des bancs de sable. Puis il y a eu explosion de joie à bord… un beau moment… « 

Record : « Nous avons réalisé une belle route, une trajectoire efficace. Je crois que ce nouveau record sera difficile à battre. On a le résultat que nous étions venu chercher. C’est une grande satisfaction… »

Emotions : « C’est énorme. L’émotion était au rendez vous au moment du passage de la ligne. J’ai pris un plaisir immense durant cette course, ma première traversée de l’Atlantique, en course, en record… avec un beau résultat à la clé. Tous les doutes que je pouvais avoir sur ce bateau ont été levés. La machine est extraordinaire, et combinée avec un formidable équipage, suite à une superbe préparation réalisée par l’équipe à terre, un choix de route judicieux, l’excellent travail de navigation réalisé par Erwan Israel, avec Richard Silvani à terre… « 

Sur le plan personnel…  » Au delà de l’immense plaisir et de la satisfaction du résultat, je crois avoir beaucoup appris sur moi-même. J’ai barré dans des conditions très dures, notamment la nuit dernière sur une mer vraiment désordonnée, et dans 35 noeuds de vent. Yann était à mes côtés car cela peut devenir très physique. Ce bateau dispose d’une puissance incroyable. La course est terminée. Nous rentrons sur Miami et je ne ressens pas la moindre lassitude. Je pense déjà au Trophée Jules Verne… « 

A propos de Yann Guichard : « J’ai découvert davantage encore Yann le skipper, Yann le meneur. Son sang froid, sa sérénité, son calme en toutes circonstances sont impressionnants. C’est un homme très structuré dont il émane beaucoup de confiance en soi et de pragmatisme… « 

L’équipage : « Nous avions constitué un savant mélange de compétences et d’expériences très diverses, issus de la Coupe de l’America, du Figaro, de la voile légère ou hauturière… et le mariage des compétences a merveilleusement fonctionné… »

Une femme et 13 hommes : « Il faudra demander à l’équipage son sentiment d’avoir eu une femme à bord. En ce qui me concerne, et peut-être parce que j’ai grandi dans un univers masculin, et que j’ai toujours navigué avec des garçons, cela ne m’a pas causé de problèmes particuliers. Très rapidement, on s’est tous retrouvés à partager les mêmes choses. On a appris à se connaître petit à petit, à tout partager, dans une ambiance vraiment amicale… »

Yann Guichard :

Chrono : « Nous sommes partis dans une belle fenêtre météo. On savait dès le départ de Cadix qu’il y avait moyen de réaliser quelque chose de grand. C’est fait, et bien fait, avec un super Chrono. Mais ce n’était pas joué d’avance. Nous savions que le dernier tiers du parcours serait compliqué. On a eu beaucoup de vent et beaucoup de mer sur le tronçon Cadix-Canaries, puis sur les dernières 24 heures. La traversée du col barométrique a été un moment stressant, quand des grains orageux nous ont arrêté à plusieurs reprises. On a terminé très vite, dans des conditions très dures pour les hommes et le bateau. C’était la première traversée pour Spindrift 2, pour Dona aussi. Nous sommes tous heureux et satisfaits. « 

Secret : « La recette est simple : un bel équipage, une belle fenêtre météo, une superbe route au plus près de l’ortho, une formidable machine très bien préparée. Et ne jamais se laisser dépasser par le bateau… On a tous très bien vécu ensemble, et cela donne envie d’aller plus loin avec ces hommes et ce bateau. »

En pensant à Colomb : « Cette arrivée est chargée d’émotions. On a beaucoup pensé à Christophe Colomb en approchant des îles. On essayait d’imaginer ces hommes arrivés là après plus de 70 jours de mer. On a ressenti un grand respect pour eux. C’est aussi cela la magie de ce record, cet ancrage dans l’histoire des grandes découvertes… »

Dona : « Dona est fière d’un travail bien fait. Je l’ai senti heureuse, très à l’aise à bord. Elle a beaucoup barré, et dans des conditions très difficiles…. »

 

335 milles d’avance pour Spindrift 2 et moins de 1000 milles à parcourir

Dona Bertarelli, Yann Guichard et leur équipage poursuivent leur record sur la Route de la Découverte avec une belle avance sur le record, celle-ci se porte ce soir à plus de 335 milles et ce avec moins de 1 000 milles de l’arrivée à San Salvador. L’équipage du maxi trimaran maintient depuis le départ une moyenne de quasi 30 noeuds  (environ 26 sur la route directe théorique).

Le trimaran se trouve actuellement dans le thalweg, zone de basse pression entre l’anticyclone des Açores et celui des Bermudes, l’équipage devrait passer cette zone dans la nuit et retrouver des vents soutenus au matin pour ensuite être accompagné par un flux supérieur à 20 noeuds jusqu’à l’arrivée.

 

300 milles d’avance pour l’équipage de Spindrift 2

Spindrift 2 a franchi la mi-parcours théorique du record de la Route de la Découverte aujourd’hui avec une avance confortable qui se porte désormais à prêt de 300 milles.
Si cette avance peut sembler confortable, l’arrivée sur les Bahamas peut s’avérer piégeuse, avec la plupart du temps des vents faibles.
L’équipage opère depuis 48 heures des bords de recadrage, en plongeant pour quelques heures au sud, ceci afin de maintenir le trimaran dans le plus fort du flux de la dépression qui les accompagne vers l’arc antillais.
Yann Guichard : « C’est toujours un peu frustrant de ne pas faire la route directe mais cela fait partie du jeu. Nous disposons d’une petite avance qui nous permet de nous offrir ce luxe. Ces recalages sont indispensables pour bien négocier l’alizé. Après quelques heures à naviguer plein sud, nous allons repartir de plus belle cap à l’ouest. Notre trajectoire depuis les Canaries est satisfaisante, proche de l’ortho, et nous allons certainement renouveler l’exercice au moins une fois encore, après notre redémarrage en tribord d’ici peu de temps. Nous alternons en permanence les combinaisons 2 ris, puis un ris, avec à l’avant le solent ou le gennaker. Les ballasts hier nous ont aussi bien aidé à faciliter le passage des étraves dans une mer décidément bien désordonnée. Nous avons connu quelques grains cette nuit, et il y’a eu pas mal d’ajustements à effectuer pour éviter de se faire surprendre avec la grand voile haute et gennaker. L’ambiance à bord est excellente, mélange de bonne humeur et de concentration. Nous sommes à peine à la mi-course. Il nous reste deux difficultés majeures à affronter, d’abord avec ce thalweg, petit col barométrique peu venté qu’il nous faudra négocier en bâbord amure après un « gybe » que nous espérons le plus judicieux possible. Erwan Israël veille au grain. Puis viendra ce passage de front en milieu de journée demain à bien gérer. »
Dona Bertarelli :  « Bonjour à tous, Cette troisième nuit à commencé par un magnifique couché de soleil couleur ambre. Les vagues en s’écrasant sur les flotteurs se pulvérisaient en milliers de paillettes dorées. Spindrift 2 n’a jamais été aussi beau qu’à ce moment là ! La nuit s’est poursuivie par une intense chasse aux grains. L’équipage à joué toute la nuit au chat et à la sourie, toujours dans une nuit noire. A tour  de rôle, Yann et Erwan sont restés fixés sur l’écran du radar et des images satellites pour anticiper la prise ou le renvoi de ris. Le vent passant de 10 à 30 noeuds, n’a donné que peu de répit à l’équipe. Seul luxe, la mer est moins formée et donne un confort indéniable à la vie à bord. Reste que, par surprise, quelques vagues viennent tout de même s’écraser sur la casquette en éclaboussant jusqu’à l’intérieur du cockpit. Cirés et bottes restent donc de mise!  »

Spindrift 2 en avance sur le record à l’approche des Canaries

L’équipage de Spindrift 2 s’est élance hier à 15h30 sur sa tentative de record de la Route de la Découverte, entre Cadix et San Salvador. Dona Bertarelli, Yann Guichard et leurs équipiers ont profité  d’un bon flux de secteur nord établi pour un premier bord vers Madère avant de plonger au sud vers les Canaries

L’avance était à son maximum ce matin avec 180 milles, elle est légèrement moindre ce soir (162 milles) avec l’approche de l’archipel des Canaries, l’équipage devant laisser l’ile de Gran Canaria à tribord, comme l’avait fait Christophe Colomb au 15ème siècle. Ceci impose quelques manoeuvres, il semblerait que le trimaran ait besoin d’au moins deux empannages pour s’extirper de l’archipel et éviter les dévents des iles volcaniques.

© Spindrift racing

Mot de la nuit reçu du bord : 

Yann Guichard : « Nuit comme anticipée très « nerveuse », tonique, avec une mer courte pas facile à gérer. Ciel étoilé superbe. Avec le lever du jour, la chaleur est au rendez vous, et le paysage est celui d’une mer d’alizé typique, avec quelques grains, une belle lumière, mais toujours cette mer peu ordonnée qui nuit quelque peu à la vitesse, et nous contraint à une vigilance accrue, car Spindrift 2 lève vite « la patte » quand il butte contre un train de vagues venu par le travers. Le travail des barreurs a donc été  très intense, et nous avons limité les temps de barre à 40 mn, voire une heure. Nous sommes satisfaits de notre départ, avec une petite avance sur le record, mais aussi sur notre propre estimation jusqu’aux Canaries. Nous allons devoir empanner à nouveau cet après midi pour pouvoir passer au plus près de Gran Canaria et bien anticiper sur notre trajectoire au dévent  de l’archipel. Comme prévu, personne n’a vraiment fermé l’oeil depuis hier, car le bateau bouge beaucoup. Chaque fois que possible, on a renvoyé des équipiers à l’intérieur pour au moins se reposer à l’abris des embruns… »

Dona Bertarelli : « Cette première nuit en mer s’est bien passée. Nous avons eu plus de vent que prévu sous un beau ciel étoilé mais sans lune. Ca commence à mouiller. On a fait de belles pointes de vitesse de 44 noeuds dans une mer formée de travers par tribord. Assez chaotique pour barrer mais aussi pour dormir ! Le jour se lève, on vient de renvoyer un ris. »

Spindrift 2 sur le départ

L’équipage de Spindrift 2, mené par Yann Guichard et Dona Bertarelli, est désormais dans les starting-blocs, après trois semaines d’attente, une fenêtre météo s’ouvre.  Richard Silviani, le routeur météo du team prévoit un départ mardi à la mi-journée., pour cette première tentative de record pour Spindrift racing.

Yann Guichard, le skipper du maxi-trimaran :  « La fenêtre qui se présente est plutôt bonne avec une navigation dans les alizés sur la majeure partie du parcours. Au départ, il faudra rapidement s’extirper de la côte espagnole et de ses dévents pour bénéficier du flux de Nord qui s’installera et oscillera entre 25-30 nœuds. La première partie jusqu’aux Canaries sera assez sportive avec du vent soutenu et de nombreux empannages. En revanche les dépressions qui se sont accumulées ces dernières semaines ont généré une mer de Nord-Ouest assez forte et formée, pas très propice à la vitesse (on attend près de 4 mètres de vagues). Après avoir laissé Grand Canaria sur notre tribord, il s’agira d’aiguiser notre stratégie et de choisir la meilleure route possible pour rejoindre San Salvador: une Nord (plus près de la Route directe) ou une plus Sud (qui s’éloigne de la route directe mais qui peut présenter de meilleures conditions) »
Le temps à battre sur cette Route de la Découverte, est celui établi par Franck Cammas et son équipage sur Groupama 3 en 2007, en 7 jours, 10 heures, 58 minutes et 53 secondes.

L’actualité des maxis multicoques en bref

  • Yann Guichard et Dona Bertarelli, les skippers du maxi trimaran Spindrift 2 (ex Banque Populaire V) enchainent avec leur équipage les navigations au large de Lorient, afin de monter en puissance sur ce nouveau support.
Yann Guichard : “Le bateau est “gros”, mais tout à bord est remarquablement étudié et en place. Le plaisir, dès les premières accélérations, est absolu. Tout doit être grandement anticipé. Nous naviguons depuis mardi et nous commençons à établir déjà nos propres marques et réglages, notamment dans l’établissement des gigantesques voiles. Nous prenons notre temps, et analysons chaque manoeuvre. Le coeur de l’équipage définitif est déjà à bord, il y a aura des ajustements, mais nous travaillons toute la semaine avec les hommes qui participeront au programme de l’année. C’est en configuration course qu’on découvre vraiment ce que le bateau a dans le ventre, et le mode d’emploi pour le maîtriser sous pression. Nous avons hâte d’entrer dans le vif du sujet mais cette semaine Lorientaise nous était essentielle.”

© Eloi Stichelbaut/ Spindrift racing

Dona Bertarelli : ”Ce qui est étonnant, c’est la capacité d’accélération de Spindrift 2. On oublie vite son poids tant il réagit à la moindre risée. Il est étonnamment fin à barrer, dans les conditions médium à faibles de cette semaine. 30, 32 noeuds au speedomètre, Spindrift 2 rassure aussi par sa fiabilité. Le bateau est conforme à nos attentes. Il est, d’un avis unanime, magnifique visuellement mais aussi techniquement. Sa démesure semble s’apprivoiser facilement, et on s’habitue vite à son gigantisme. Je prends mon temps, je me teste et je m’enhardie chaque jour un peu plus, le tout dans l’excellente ambiance qui règne à bord…”

  • Tritium Racing, l’ex 60′ ORMA, allongé à 72′ par Artemis Racing puis revendu a remporté la Transpac, l’équipage rate le record d’Explorer de 1997 de deux heures, suite à quelques soucis techniques sur les foils après des chocs avec des OFNI.
  • Le maxi 80′ Prince de Bretagne est en chantier à Lorient depuis maintenant près de quatre semaines, l’objectif pour Lionel Lemonchois est d’optimiser son multicoque pour la prochaine Route du Rhum. Afin de gagner en performance, il a choisi d’équiper son trimaran d’un mât basculant, pour se faire il utilisera un système de palans et de poulies plutôt qu’un système hydraulique. Cette solution permet de minimiser l’augmentation de poids.

Lionel Lemonchois : « Cela fait longtemps maintenant que les mâts des grands trimarans basculent au vent. D’en régler l’inclinaison, cela permet de soulager la plateforme, ce qui autorise à appuyer plus dessus, et donc de gagner en vitesse. Au départ, nous n’avons pas réinstallé le système hydraulique dont était équipé le mât de l’ancien 60 pieds. Nous avons d’abord préféré gagner en longueur de coques et disposer d’un plus grand bateau. Dans nos réflexions pour savoir comment aller plus vite, l’option du système de bascule avec des palans en cascade s’est ensuite imposée d’elle-même. Elle s’inscrit dans la philosophie de la simplicité initiée à l’origine du projet. Nous n’avons rien inventé, mais c’est la première fois qu’un bateau de cette taille sera équipé d’un mât « à ficelles ». Là, sur le bras arrière bâbord, nous modifions et renforçons la cadène de galhauban, une ferrure en carbone qui tient le hauban et le mât debout. Ensuite de chaque côté du gréement, un système de palans à six brins sera ajouté, et se poursuivra le long du bras de liaison pour ramener les bouts sous la casquette. A la sortie, au niveau du winch, les efforts théoriques de 8 tonnes auront été réduits jusqu’à 1,3 tonne. C’est courant, et c’est à l’échelle, du bateau…De la ficelle supplémentaire, cela complique forcément les manœuvres. Il faudra donner d’un côté, et prendre de l’autre. Ce sera un peu plus long et exigeant. Mais tout a été imaginé pour le solitaire, et je devrais y arriver…D’autant que ce système n’est pas conçu pour régater entre trois bouées, mais pour régler l’inclinaison par rapport à la gîte sur des grand bords au large.« 

Le programme de Spindrift 2 dévoilé

L’écurie de course au large, Spindrift racing, menée par Dona Bertarelli et Yann Guichard, a dévoilé les nouvelles couleurs de son maxi trimaran aujourd’hui à Lorient.
Le trimaran Spindrift 2, ex Banque Populaire V, est le bateau détenteur de tous les plus grands records océaniques à ce jour (Trophée Jules Verne, Atlantique Nord, record des 24 heures, record de la Méditerranée), le team va lui donner une deuxième vie, avec de nouveau un programme de records étoffé, qui reprendra en grande partie ceux déjà détenus par le bateau.
© Chris Schmid/Spindrift racing

© Chris Schmid/Spindrift racing

Suite au chavirage du MOD70 lors de l’étape irlandaise de la Route des Princes, le duo Guichard/Revil ne prendra pas le départ de la Transat Jacques Vabre dont le départ sera donné en novembre prochain. Mais Yann Guichard a lancé une étude  concernant un nouveau gréement pour le maxi, ce qui pourrait lui permettre, si les études de faisabilité sont concluantes, de s’aligner sur la Route du Rhum en 2014.
Yann Guichard  : « Nous souhaitons prendre le temps d’apprivoiser ce géant des mers sans brûler les étapes.  Spindrift 2 a d’énormes qualités intrinsèques, à nous de les découvrir afin d’orienter au mieux notre réflexion sur l’optimisation de la plateforme. 
Nous travaillons sur différentes configurations de voiles possibles impliquant un nouveau gréement. L’objectif  est d’optimiser ce nouveau plan de voilure pour le Trophée Jules Verne. Le mât actuel sera adapté pour des records spécifiques tels que les 24h ou l’Atlantique Nord.»

© Chris Schmid/Spindrift racing

Le programme du maxi trimaran Spindrift 2
2013
Rolex Fastnet
La Route de la Découverte. Cadix (Espagne) – San Salvador (Bahamas)
Temps de référence : Groupama 3 (Franck Cammas) établi en mai 2007 en
7 jours 10 heures 58 minutes et 53 secondes.
Transatlantique retour
Une transatlantique retour vers l’Europe en convoyage aura lieu cet hiver, avec, si l’opportunité se présente, une tentative contre le record de distance parcourue en 24 heures (908 milles, 37,8 noeuds de moyenne !), record établi par ce même maxi sous le nom de Banque populaire V.
Record de la Manche entre Cowes (Angleterre) et Dinard (France)
Record détenu par Maiden 2 (Brian Thompson) depuis 2000 en 5 heures 23 minutes et 38 secondes à la vitesse moyenne de 25,60 nœuds
2014 :
Objectif Route du Rhum – départ de Saint Malo en novembre 2014
ou 
Record de l’Atlantique Nord. New-York – Cap Lizard
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 2 août 2009 en 3 jours 15 heures 25 minutes et 48 secondes à la moyenne de 33,4 nœuds
Le Tour des Iles Britanniques
Record détenu par le maxi banque Populaire V  (Pascal Bidegorry) depuis juillet 2011 en 3 jours 3 heures 49 minutes et 14 secondes à la vitesse moyenne de 23,3 nœuds
Record de la Méditerranée. Marseille (France) – Carthage (Tunisie)
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 16 mai 2010 avec un temps de 14 heures, 20 minutes et 34 secondes
Record des 24h – record du monde de la distance parcourue à la voile en 24h
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 1 août 2009 : 908,2 milles, soit une moyenne de 37,8 nœuds avec une pointe à 47,1 nœuds
Programme 2015-2016 : 
Nouvelles tentatives pour les records suivants s’ils n’ont pas été battus :
Record de l’Atlantique Nord. New-York – Cap Lizard
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 2 août 2009 en 3 jours 15 heures 25 minutes et 48 secondes à la moyenne de 33,41 noeuds
Record de la Méditerranée. Marseille (France) – Carthage (Tunisie)
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 16 mai 2010 avec un temps de 14 heures, 20 minutes et 34 secondes
Record des 24h. Record du monde de la distance parcourue à la voile en 24h
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 1 août 2009 : 908,2 milles, soit une moyenne de 37,84 nœuds avec une pointe à 47,16 nœuds
Trophée Jules Verne. Tour du monde via les 3 caps – Bonne Espérance, Leeuwin et Horn
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Loick Peyron) en  45 jours 13 heures 42 minutes et 53 secondes à la vitesse moyenne de 19,75 nœuds depuis le 6 janvier 2012
Par ailleurs, l’équipe sera bien sûr présente sur le Vulcain Trophy avec le D35 Ladycat powered by Spindrift racing, barré par Dona Bertarelli.