L’annonce a été faite aujourd’hui, le MOD70 N°05 qui sera mis à l’eau en janvier 2012 sera skippé par Yann Guichard, qui a crée la société Spindrift Racing avec Léo Lucet, qui assurera la direction de cette équipe.
L’équipe sera basée à Saint Philibert, le trimaran MOD 70 rejoindra alors le ponton course au large de la Trinité sur Mer les locaux de Sodeb’O et de Safran n’étant pas libres, cette annonce pourrait aller dans le sens d’un déménagement du Gitana Team vers Lorient, ce qui permettrait à Spindrift Racing d’intégrer les locaux de l’ancien employeur de Yann Guichard.
Aucun sponsor n’a été annoncé, mais il semblerait que plusieurs sociétés soient actuellement en discussion avec Spindrift racing pour rejoindre le projet du MOD70 N°05.
Yann Guichard, skipper du MOD70 N°05, Spindrift racing : «Rejoindre le projet MOD70 est une formidable opportunité. En un seul circuit, je vais pouvoir mettre à profit toute mon expérience acquise durant ces vingt dernières années: Jeux Olympiques, traversées océaniques, courses offshore et city race. Il ne s’agit plus de naviguer comme équipier ou de devenir skipper dans une écurie déjà en place mais véritablement d’être le maître d’oeuvre d’un magnifique défi. L’impatience désormais me ronge d’être sur la ligne de départ à New York ! »
Marco Simeoni, président de MOD S.A : « Bienvenu à Spindrift racing et à Yann Guichard ! Nous sommes ravis d’accueillir une équipe supplémentaire au sein du Multi One Championship. Avec Spindrift racing, nous sommes à six teams internationaux engagés et nous bouclons le plateau de la KRYS OCEAN RACE à neuf mois de l’événement ! »
Deux démâtages sont à déplorer dans la classe Multi 50′ lors des convoyages retours après le Trophée de Fécamp.
Pascal Quintin, qui avait réussi à réarmer son trimaran pour ce Trophée, a démâté au large de la Hague lundi matin, Yves le Blévec a connu la même mésaventure au large des côtes anglaises dans la nuit de lundi à mardi.
Le gréement d’Actual a pu être récupéré, et le bateau a été mis à l’abri dans la riviére de Hamble, l’équipe cherche des solutions pour être au départ de la Transat Jacques Vabre le 30 octobre au Havre.
48 heures après son chavirage, Francis Joyon et son trimaran sont arrivés dans le port de Montauk ,le bateau a été remorqué à l’envers, à petite allure, vers ce port près de Long Island.
La plate forme ne semble pas avoir subi de dégâts après une première inspection, le mât est brisé en deux parties mais a pu être récupéré, ainsi que le reste du gréement. Une grue a été réservée dans le port afin d’effectuer l’opération de retournement du trimaran.
Francis Joyon, sur son trimaran Idec avait coupé la ligne de départ ce matin à 8h08 heure locale (2h 08min heure française), malheureusement le skipper a chaviré environ cinq heures après son départ.
Francis Joyon revient sur son chavirage : « J’étais sur mon siège de veille à l’extérieur du bateau. Je commençais à m’extirper de la zone météorologiquement perturbée au plus près des côtes américaines. J’avais réussi à parcourir environ 90 milles sur la route dans des conditions très irrégulières et très instables, avec un vent mal établi en direction qui oscillait entre 10 et 30 noeuds. J’ai traversé quelques épisodes orageux très intenses, marqués par de violentes rafales mais c’est à un moment où je pensais m’extraire de cette zone que j’ai reçu comme un véritable coup de poing géant qui a catapulté le bateau sur le côté. Je naviguais sous grand voile arisée à trois ris, avec le petit ORC à l’avant. La violence de la rafale a été telle que le détecteur de gîte, sorte d’alarme anti chavirage n’a pas eu le temps de se déclencher ; J’ai senti la poussée et j’ai choqué la grand voile, puis le chariot en grand. Le vent a continué de pousser très violemment et j’ai senti le bateau littéralement catapulté en l’air. En quelques secondes, j’étais « sur le toit ». Je me suis retrouvé sous l’eau, comme plaqué sous les filets. J’ai tenté de m’orienter pour voir comment remonter à l’air libre. C’était la nuit et le chaos. À l’énergie, je me suis retrouvé près d’un flotteur. Je ne sais trop comment j’ai rejoint le bras de liaison avant et j’ai pu me hisser sur la plateforme. J’ai ensuite rejoint l’intérieur du bateau par la trappe de survie.
Il me semble que Idec n’a pas trop souffert. J’ai environ 10 cm d’eau à l’intérieur. J’ai pu sauver mon électronique. J’ai récupéré mon téléphone Irridium pour prévenir de mon chavirage. J’ai un « flash light » très puissant et comme je sentais le bateau dériver vers la route de l’important trafic maritime vers New York, j’ai passé la fin de nuit sur les filets à signaler ma présence aux cargos. Le jour se lève à présent et ce danger est écarté. Je suis en contact heure par heure avec Christophe Houdet à terre. Je sais que de nombreuses personnes se mobilisent pour trouver un remorqueur. Je ne suis qu’à une cinquantaine de milles de Newport (Rhodes Island). Le bateau me semble intact et je sais que le gréement ne cogne pas contre la plate forme. L’état de la mer est relativeme nt calme et la température de l’air très supportable. J’ai de quoi manger. Dès qu’un navire de remorquage arrivera, je serai en mesure de larguer le gréement, et peut-être d’envisager une opération de retournement afin de faciliter le remorquage… »
Un bateau de secours avait rejoint la zone dans la journée afin d’évaluer la situation et de participer à la sécurisation de la zone du chavirage, ce soir un remorqueur américain est parti de Port Jefferson, port sur la face nord de Long Island dans l’Etat de New York pour rejoindre le maxi trimaran IDEC retourné ; il devrait procéder au remorquage du trimaran vers Newport demain après que le skipper ait larguer le mât, les voiles et le gréement.
L’équipage de Franck-Yves Escoffier s’est imposé au Trophée des Multis 50′ à Saint Quay suite à un sans faute ce dimanche, ils avaient du, hier, faire face à un adversaire coriace, Maitre Jacques, qui prend ce soir la deuxième place.
Le skipper de Crêpes Whaou avait réuni un équipage de haut vol pour ce rendez-vous : Antoine Koch, Kevin Escoffier, Sébastien Josse, et Pierre Hingant.
Les équipages se sont confrontés sur huit manches courues depuis vendredi matin, dans des conditions légères, Crêpes Whaou ! et Maitre Jacques terminent à égalité de points, la victoire a été attribué au bateau vainqueur de la dernière manche à savoir Crêpes Whaou. Franck-Yves Escoffier : « ça, c’est sur le papier mais sur l’eau, Loïc Féquet a gagné tout autant que nous puisque nous sommes à égalité de points. Hier ils ont très bien navigué. Aujourd’hui, nous avons réussi à prendre de meilleurs départs qu’hier. Nous étions peut-être plus concentrés, plus attentifs et savions que chaque manche se jouerait sur le départ. Nous avons amélioré aussi l’efficacité de nos virements de bord. Hier nous avions des problèmes pour relancer en sortie de virement. Aujourd’hui on redémarrait bien »
Loic Féquet poursuit son ascension dans la classe Multis 50′ avec cette belle deuxième place.
Loïc Féquet : « Nous prenons à nouveau de bons départs aujourd’hui mais cette fois Crêpes Whaou nous double sur une manœuvre à la première manche et sur une autre petite erreur à la deuxième.
L’important est d’avoir pu exploiter le bateau comme jamais on ne l’avait encore fait. Nous avons éclaircis pas mal de points techniques, notamment sur les voiles. Nous savons par exemple désormais quelle sera la combinaison de voiles que nous retiendrons pour la Transat Jacques Vabre. Plusieurs questions techniques ont trouvé leurs réponses au cours de ces trois jours de course. L’équipage a super bien fonctionné, ils étaient tous là pour se faire plaisir ! De mon côté, comme je n’étais pas à la barre (laissée à Billy Besson, ndlr) j’ai pu gérer le bateau différemment, observer d’autres points techniques… »
Yves Le Blévec place Actual sur la dernière marche du podium, et Lionel Lemonchois prend la quatrième position, les deux skippers n’auront pu faire mieux dans ces vents faibles sur des trimarans plutôt typés transat.
Lionel Lemonchois : « Par rapport à la concurrence, nous sommes plus lourd et avec nos deux dérives à bouger dans les manœuvres nous sommes peut-être un peu moins réactifs. Il n’y a pas vraiment de surprises quant aux résultats, nous n’avons pas toujours pris de bons départs et nos adversaires sont talentueux. Dans ce type de conditions nous sommes comme qui dirait, abonnés à la quatrième place. Malgré tout, je suis content de cette course, nous avons fait de belles manœuvres, progressé sur certains points et mis en évidence des choses à améliorer. Dans tous les cas nous avons passé un excellent moment ».
Le prochain rendez-vous pour les Multis 50′ aura lieu dans deux semaines pour le Trophée du Port de Fécamp qui devrait compter 14 multicoques au départ.
Classement général à l’issue de huit manches 1- Crêpes Whaou ! (FY Escoffier) – 9 pts
2- Maitre Jacques (L.Féquet) – 9 pts
3- Actual (Y.Le Blévec) – 13 pts
4- Prince de Bretagne (L.Lemonchois) – 20 pts
5- CLM (D.Cloarec) – 30 pts
6- La Mer révèle nos Sens (Ph.Laperche) – 33 pts
7- Fenêtréa-Cardinal (E.Le Roux) – 38 pts
8- Martenat Bretagne (P.Quintin) – 47 pts
9- Nootka (G.Buekenhout) – 50 pts
10-Citoyens du monde (JF. Lilti) – 61 pts
11-Delirium (H.de Carlan) – 62 pts
12-PiR2 (E.Hochédé) – 64 pts
Après une tentative avortée avant même le départ suite à une collision avec une bouée de chenal la semaine dernière, Francis Joyon devrait s’élancer cette nuit sur son trimaran Idec, pour une tentative de record sur l’Atlantique Nord, le skipper devrait couper la ligne entre 2 et 8h du matin demain.
Francis Joyon : « Cela vaut vraiment la peine d’essayer. J’espère un départ rapide dès le passage de ligne dans un bon flux de sud ouest. La première partie du parcours me semble propice à la vitesse et à m’installer d’emblée dans les temps du record. La saison est bien avancée pour espérer une fenêtre idéale et celle que nous avons choisie est loin d’être parfaite, avec notamment une petite dorsale anticyclonique à traverser au beau milieu de l’Atlantique Nord. Je vais jouer ma carte à fond car de toutes manières, il n’ y a rien à regretter. Jean Yves Bernot, qui m’assiste depuis la terre, et moi-même observions une autre opportunité pour le 25 août prochain, mais elle ne semble guère promise à un très bel avenir. Je préfère donc me contenter de ce que l’Atlantique m’offre cette nuit pour tenter ma chance. »
Jean-Yves Bernot : « Des opportunités comme celle-ci ne se présentent pas 50 fois dans l’été d’autant que plus on avance en saison, plus les chances de trouver des conditions propices s’amenuisent. Cette fenêtre météo est donc intéressante et semble un peu plus favorable que celle de la semaine dernière, au moins pour le départ. Elle devrait permettre à Francis de naviguer assez proche de la route directe et donc de faire moins de manœuvres, ce qui est toujours appréciable en solitaire ».
Francis Joyon décidera de l’heure de son départ en fonction des conditions rencontrées au large de New York, il lui faudra, pour reprendre ce record passer la ligne d’arrivée au Cap Lizard en moins de 5 jours, 19 heures, 30 minutes et 40 seconde. Le skipper conserve la possibilité de s’attaquer au record de la plus longue distance parcourue à la voile et en solitaire sur 24 heures, si les conditions ne s’avéraient pas favorables à l’établissement du record de l’Atlantique Nord.
Ce matin, le MOD70 N°03a été mis à l’eau à Lorient. Il porte les couleurs de Foncia, son skipper Michel Desjoyeaux revient donc sur multicoque avec ce nouveau trimaran monotype après de nombreux succès en ORMA.
Après différents tests de structures, le skipper et son équipe convoieront le bateau à Port la Forêt qui sera le port d’attache du trimaran.
Michel Desjoyeaux : «Entre les deux baies (ndlr : Lorient et Concarneau), c’est une heure de navigation à 25 nœuds de moyenne. Donc, on ne va pas se priver… J’ai toujours dit que les multicoques sont les plus belles machines de course au large. Je me suis concentré un temps sur un autre objectif, le Vendée Globe 2008-2009, mais j’avais toujours ancré cette passion du multicoque… La création du circuit des MOD70 a été plus qu’une opportunité, puisque nous avons été, avec Foncia, un des premiers à annoncer notre intention d’y participer. Ce sont des machines fabuleuses. Se battre à armes réellement égales est quand même très satisfaisant sur un plan strictement sportif. Ça donne plus d’importance aux marins, on replace l’homme au cœur de l’action. La différence se fera sur l’utilisation de la machine. »
Franck David : « Chacune des mises à l’eau est un moment particulier qui marque la fin d’un chantier pour notre équipe et le début de l’aventure pour le team qui reçoit son MOD70 et pour lequel l’aventure va démarrer sur l’eau. Aujourd’hui, c’est autour de Foncia, le MOD70 N°03. Nous souhaitons à Michel Desjoyeaux et à toute son équipe une bonne prise en mains de leur trimaran et beaucoup de plaisir sur l’eau ! Ca ne serait tardé d’ailleurs puisque dans un mois et demi, lors des Krys Match, nous aurons le loisir de voir les trois premiers MOD70 évoluer ensemble aux côtés de Sébastien Josse et de son équipage qui réceptionneront leur MOD70 N°04, Groupe Edmond de Rothschild, quelques semaines plus tard. »
Le sponsor et le skipper du MOD n°5 devraient être dévoilés bientôt, il s’agirait à priori d’un projet anglo-saxon. En ce qui concerne le projet de Morocco United, dévoilé en avril 2011, celui-ci semble abandonné, en effet, l’armateur et Marco Siméoni, président de Multi One Design avaient signé un contrat pour le MOD 6, mais celui-ci vient d’être vendu à Oman Sail.
Oman Sail a annoncé son engagement dans la série des trimarans océaniques monotypes MOD 70 aujourd’hui, au cours d’une conférence de presse. Sidney Gavignet a été désigné comme futur skipper du trimaran aux couleurs de l’émirat. L’équipe recevra le MOD70 N°06 qui sera mis à l’eau en avril 2012.
Oman Sail est déjà présent depuis plusieurs années dans l’univers des courses à la voile au travers du circuit Extrême 40, ainsi qu’en maxi multicoque avec l’engagement d’Oman Air (trimaran de 105′) sur la dernière Route du Rhum.
David Graham, PDG d’Oman Sail « Grâce au MOD70, le projet Oman Sail va rentrer dans une nouvelle ère. C’est un bateau très puissant et son équipage devra être capable de se confronter aux meilleurs marins du monde. Il sera déterminant pour nous de recruter les bonnes personnes pour ce projet et je sais qu’au sein du Sultanat nous avons un certain nombre de très bons marins qui mériteront leur place à bord et rendront fier Oman. C’est un projet charismatique qui va permettre à nos meilleurs marins de se confronter aux autres et de développer leurs compétences en voiles afin de donner envie à la nouvelle génération d’Omani de faire de la voile à son tour »
Marco Simeoni, Président de MOD SA: « Cet engagement d’Oman Sail va dans le sens que nous nous sommes toujours efforcés de suivre : créer et développer une classe et un circuit international. Nous comptons aujourd’hui trois équipes françaises – Veolia Environnement, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild –une équipe suisse Race for Water et un team Omani Oman Sail. Dans les semaines à venir, un autre team nous rejoindra officiellement. En résumé pour la première course du circuit, à savoir la KRYS OCEAN RACE en juillet 2012, nous aurons une flotte internationale avec aux manettes de nos MOD70 des skippers de renom et surtout de talent. Le circuit se construit pas à pas, sur des bases que nous espérons solides et valorisantes pour chacun. »
La mise à l’eau du MOD70 N°06 Oman Sail prévue en avril 2012 permettra à l’équipage mené par Sidney Gavignet de participer trois mois plus tard à la KRYS OCEAN RACE première course officielle du circuit MOD70.
L’équipage du maxi trimaran Banque Populaire V s’est imposé sur la Fastnet Race, en bouclant les 608 milles du parcours aller-retour entre le Solent et le phare irlandais en 32 heures 48 minutes et 46 secondes, Loïck Peyron et ses hommes battant le record déjà détenu par Loïck Peyron depuis 1999 sur le 60′ ORMA Fujicolor.
L’équipage a réussi à tenir ses trois adversaires directs ( Gitana 11 et les deux MOD 70) dans le tableau arrière du trimaran de 40m, cette édition de la célèbre course du RORC s’est couru dans des conditions relativement clémentes pour ces multicoques : Loick Peyron : « Nous sommes partis avec du très beau temps ce qui nous a permis de faire un beau départ dans le Solent. Nous avons eu beaucoup de près pour dérouler la première partie du parcours. Des conditions très anglaises, avec assez peu de vent. Et puis heureusement, en virant une nouvelle fois le Fastnet – un joli phare que nous croisons décidément beaucoup ces derniers temps – nous avons enfin eu 30 nœuds de vent pour redescendre vers la ligne d’arrivée ».
Loïck Peyron et ses hommes auront eu affaire à un concurrent de taille sur cette course, avec Gitana 11 qui a tenu le rythme sur une bonne moitié du parcours et qui ne termine qu’à une heure du vainqueur : « Nous avions déjà vu que notre concurrent direct, Gitana 11, allait bien, à l’occasion du Record SNSM. Une fois encore, ils n’ont pas été loin de nous, à nos fesses même. Cela nous a forcé à tenter des choses que nous n’aurions sans doute pas faites sans cette motivation. Nous avons vraiment régaté et ça nous a appris beaucoup de choses sur le bateau » .
Sébastien Josse et son équipage sur Gitana 11 ont donc peaufiné leur préparation à l’arrivée du MOD 70, aux couleurs de l’armement Rotshchild, d’une belle manière sur cette Fasnet en ne terminant qu’à environ une heure du nouveau détenteur du record de l’épreuve et une vingtaine de minutes avant les deux MOD 70 en lice. Le maxi-trimaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild a parcouru les 608 milles théoriques du parcours en 33 heures 44 minutes et 36 secondes.
Sébastien Josse, skipper de Gitana 11 : « Nous avions déjà couru contre eux lors du record SNSM mais ils s’étaient rapidement échappé après le départ. Sur cette course, c’est assez incroyable car nous avons fait plus de la moitié de la régate au contact voire à vue par certains moments, notamment lors du passage du célèbre phare irlandais. Gitana 11 est puissant mais également très polyvalent, ce qui lui permet de garder une belle vitesse et de l’aisance dans les petits airs. C’est un beau bateau et il vient une nouvelle fois de le démontrer. C’est extrêmement stimulant d’être au contact, cela force à être appliqué. Contrairement à nos précédentes courses de la saison, où nous n’avions pas vraiment de concurrents de notre taille, la Rolex Fastnet Race était une première confrontation avec des voiliers proches du potentiel de Gitana 11. C’est bien plus facile de quantifier la performance du bateau et de l’équipage dans cette configuration là. Sur cette course, nous avons su exploiter le potentiel de Gitana 11 à 100 %. L’apprentissage est sur la bonne voie …»
Sébastien Josse revient sur les conditions météos et la confrontation avec Banque Populaire 5 : « Nous avons eu des conditions très maniables tout au long de la course. La sortie du Solent, ainsi que toute notre montée vers le rocher du Fastnet, s’est essentiellement faite au près avec un vent d’une quinzaine de nœuds et une mer relativement plate ; exception faite de notre premier passage à l’Ouest des îles Scilly où il y a eu quelques heures peu confortables dans une mer dure. Par contre, pour la descente entre la pointe Sud de l’Irlande et la pointe Ouest anglaise le vent a tourné et nous avons pu un peu ouvrir les voiles avec du reaching serré. Banque Populaire a profité de ces conditions pour faire parler ses 20 mètres supplémentaires et allonger la foulée. Puis, la fin de course le long des côtes sud anglaises a été marquée par de la glisse sous gennaker dans des vents faiblissants. Mais tous les bateaux de tête n’ont pas subi le même sort car le vent est rentré par le large et du coup nos poursuivants en ont profité pour recoller à notre tableau arrière dans les derniers milles, tout comme nous en avons profité pour revenir sur Banque Populaire sur la fin.»
Les deux MOD70 menés par Roland Jourdain et Stève Ravussin se sont lancés dès le départ dans un véritable match-race, les deux trimarans ayant navigué sur une grande partie des 608 milles à vue.
Stève Ravussin et son équipage dont faisaient parti Dee Caffari et Pascal Bidégorry avaient mal entamer la course, en prenant un départ anticipé les obligeant à repasser la ligne, malgré tout l’équipage de Race for Water revenait au contact avant la sortie du solent.
Les deux équipages ne se départageront que sur les derniers milles, avec Veolia Environnement qui coupera la ligne 3 minutes et 23 secondes avant Race for Water après les 608 milles du parcours, ce qui promet de belles luttes pour les futures courses de la classe MOD 70
Stève Ravussin : «Ça a été une course formidable! Nous avons été au contact avec Veolia tout le temps. Quelquefois devant, quelquefois derrière. Vraiment intéressant. Et nous y sommes allés à fond tout le temps ! A la fin, c’est le meilleur qui a gagné. La classe MOD70 est une vraie monotypie: c’est l’homme qui fait la différence. Nous n’avons aucune excuse, ils ont juste été meilleurs que nous!»
Marco Simeoni , Président de Multi One Design et co-fondateur de la classe MOD70 avec Franck David et Stève Ravussin: «Je suis vraiment heureux de ce résultat. Les deux bateaux ont fait une course fantastique… Moins de 4 minutes entre les bateaux à l’arrivée après plus de 600 miles de course… Imaginez le spectacle l’année prochaine avec les 6 bateaux concourant dans la Krys Ocean Race et les 7 unités partant sur le European Tour en septembre 2012. Et nous prévoyons 12 bateaux pour l’Ocean World Tour. C’est un concept one-design unique pour un si grand multicoque océanique. Je me réjouis beaucoup de voir la flotte grandir très prochainement!»
Sébastien Josse, futur skipper du MOD n°4 qui sera mis à l’eau en avril 201 : « Tout en naviguant, j’ai toujours garder un œil sur la route des deux MOD 70. Sur le papier, les MOD et Gitana 11 sont assez proches en termes de performance. C’est une satisfaction de voir que les bateaux tiennent la cadence. Et c’est assez génial de voir des équipages arriver à quatre minutes d’intervalle après plus de 600 milles de course. Cela promet vraiment de belles bagarres, où l’équipage prendra toute sa dimension… J’ai hâte mais pour l’instant c’est une chance de pouvoir avoir cette position d’observateur avant de devenir l’un des acteurs de cette nouvelle classe de bateaux» confiait Sébastien Josse.
Rolanc Jourdain, skipper du MOD n°2 « On est toujours resté au contact avec Race for Water et on peut dire qu’il y a eu pas mal de changements aux avant-postes. C’était chaud. Nous sommes d’abord partis en tête après une belle sortie du Solent puis ils nous ont rejoints le long des côtes anglaises. Le spectacle était même hallucinant aux Scilly car nous étions tous les deux à plus de 25 nœuds, à deux longueurs à peine l’un de l’autre, au ras du phare de Bishop. C’est une super entrée en matière pour nous mais pour un match amical, nous étions déjà dans du haut niveau ! Je pense qu’aucun des deux bateaux ne voulaient lâcher et ça promet pour la suite !!! On peut en tout cas déjà dire que l’objectif est atteint parce que c’est vraiment de la monotypie, de ce côté-là, il n’y a pas de problème, le moindre petit relâchement ou problème se paie cash ! »
Il était environ 15 heures à New York hier après-midi quand le grand trimaran IDEC II, au louvoyage au plus près des rives de l’Hudson est entré en collision avec une bouée de chenal. Les orages violents accompagnés de pluies diluviennes accompagnaient Francis Joyon depuis son départ de la marina de Gateway à Brooklyn. Sans assistance, le détenteur du tour du monde à la voile en solitaire était seul parvenu à sortir de la marina en utilisant la propulsion de son moteur in board. Record et performance obligent, il lui fallait ensuite démonter son arbre d’hélice avant la ligne de départ située à hauteur de la bouée d’Ambrose au large de l’embouchure de l’Hudson. Joyon choisissait donc de s’amarrer sur un corps mort et de procéder au démontage sous l’eau de son hélice. Après plus d’une dizaine de plongeons dans les eaux noires et froides de l’Hudson, le skipper d’IDEC parvenait à ses fins et se déhalait sous voile pour rejoindre la zone de départ. Le vent attendu au secteur sud était alors et contre toute attente franchement orienté à l’est. Après quelques échanges avec Jean-Yves Bernot, routeur-navigateur depuis la terre, Francis comprenait que la dépression attendue, loin de s’évacuer vers l’est, stagnait sur New-York, compromettant radicalement cette tentative de départ.
Alors qu’il s’apprêtait à faire demi-tour, Francis Joyon, au près sur un clapot virulent et sous des trombes d’eau, ne pouvait éviter une des bouées métalliques qui balisent le chenal de l’Hudson. Les carénages des bras de liaison avant et arrière entre la coque centrale et le flotteur bâbord étaient endommagés, nécessitant un travail de stratification. Mais afin de rejoindre la marina de Brooklyn, il fallait préalablement remettre en place sous le bateau l’arbre d’hélice si laborieusement démonté deux heures plus tôt. Francis allait alors se livrer à une manoeuvre difficile. Saisissant un bout, toutes voiles affalées, il laissait glisser le géant IDEC sur son erre cap sur la même bouée d’amarrage préalablement utilisée. Arrivé à la hauteur du corps mort, dans les conditions de vent, de pluie et de mer dantesques, Francis se jetait à l’eau, agrippait le corps mort et immobilisait son multicoque ! il pouvait ensuite réitérer la pénible opération de remontage de son hélice, avant de rejoindre, déçu et harassé, en fin d’après-midi la marina de Brooklyn.
Le plus urgent est dès aujourd’hui de remettre le voilier en état. Christophe Houdet, fidèle compagnon de Francis, qui a présidé en 2007 à la construction du bateau, arrive à New-York chargé des tissus et matériels nécessaires. Au terme de deux jours de travail, le maxi-trimaran IDEC sera de nouveau pleinement opérationnel. La plus grande incertitude plane désormais sur la faisabilité de cette tentative de record. Jean-Yves Bernot observe une nouvelle « fenêtre » potentielle d’ici environ trois jours.