Le MOD 70 relancé ?

La conférence de presse de (re-)lancement du  Multi One Design 70 s’est tenue vendredi à Lausanne.

Les principales informations délivrées au cours de celle-ci ont été :

  • Le lancement de la construction de 5 bateaux, la construction du 1er devant débuter début novembre pour une livraison prévue en octobre 2010. Les trimarans 2 à 5 seront mis à l’eau tous les 3 mois de janvier à juillet 2011.
  • Un programme de courses : European Tour en 2012 et 2013 puis Ocean World Tour en 2014 puis tous les 3 ans, une course océanique par an.
  • L’European Tour se déroulera sur 5 semaines en juin-juillet, les courses dureront 48 à 72 heures, les étapes dans les villes hôtes dureront 3 jours avec City Races et Pro-Am au programme.
  • L’Ocean World Tour aura lieu tous les 3 ans, chaque tour du monde devrait durer environ 6 mois, avec 6 étapes, soit 8 villes hôtes qui acceuilleront les bateaux pendant 15 jours.
  • Une course océanique par an au mois de novembre.
  • La Route du Rhum, la Transat Jacques Vabre pourront être courrues par les MOD 70 mais ne seront pas prises en compte dans le classement officiel.
  • Un numérus clausus de 12 bateaux pourra courir le Multi One Championship.
  • Un maximum de 4 équipages engagé par pays (selon la nationalité du partenaire de l’équipe)
  • Les objectifs de participation seront : de 5 équipages en 2011 qui participeront à des courses tests, de 8 en 2012 pour la première course officielle (European Tour) et de 12 en 2013-2014 pour le premier Ocean World Tour.
  • 6 membres d’équipage par bateau.
  • Pas de routage extérieur autorisé.
  • Monotypie stricte assuré à chaque étape de la fabrication : un seul fournisseur de carbone, pesée des pièces, poids identique de chaque bateau par ajout de poids au centre de gravité si besoin.
  • Objectif de fiabilité : assuré par le choix du cabinet d’architectes (Lauriot Prevost et Van Peteghem, auteur de la majorité des 60′ ORMA et des maxis multicoques), des efforts sur la structure comparables au effort sur un ORMA, un centre de gravité abaissé, un mât plus court que les 60′ ORMA (10%), coque centrale de 70′ pour éviter l’enfournement.
  • Objectif de longévité : construction en composite basse température sandwitch-mousse, mât en composite monolithique.
  • Un bateau performantet marin : foils courbes, mât inclinable , safran central relevable, ballast arrière de coque centrale,des performances égales ou supérieures aux 60′ ORMA dès 11 noeuds de vent, des bras réhaussés par rapport aux 60′ pour faciliter le passage dans la mer.
  • Souci environnemental : 100% d’énergie renouvelable sur le bateau (hydrogénérateur, solaire, éoliennes..), un investiisement de 10 millions d’euros par an en faveur de l’initiative « Multi One Attitude » consacrée à la problématique de l’eau.

Un beau projet, parfaitement préparé, la problématique reste la même que lors de l’échec du même programme il y a deux ans, à savoir convaincre des sponsors et un partenaire principal qui sponsoriserait le projet.

Côté armateurs potentiels, l’international est visé avec des projets européens mais aussi néo-zélandais, des investisseurs suisses sont bien entendus intéressés avec quelques propriétaires de D35 présents, côté français, un seul team visible à la conférence de presse : le Gitana Team du Baron de Rothschild, avec son skipper, son directeur général et son attachée de presse, il semblerait que Groupama ne soit pas intéressé (voir le billet de Pierre Yves Lautrou).

La prochaine conférence de presse aura lieu en mars 2010, le nom du chantier qui construira le premier MOD 70 sera dévoilé ce mois-ci.

Interview de Fred Le Peutrec – Partie 2

Seconde partie de l’interview que Fred Le Peutrec, grand spécialiste du multicoque (3 prépartions olympiques en Tornado, Vainqueur de The Race sur Club Med, barreur des 60′ ORMA Bayer puis Gitana 11, barreur et boat manager de Groupama 3, barreur de Smart Home) a accordé à Voile-Multicoques.com.

Voici la fin de cette interview qui concerne le début de saison de Groupama 3, le Trophée Jules Verne à venir, la Route du Rhum 2010, l’America’s Cup etc.

© Yvan Zedda

© Yvan Zedda

Voile- Multicoques.com : Quel bilan tirez-vous du début de saison de Groupama 3 ?

Fred Le Peutrec : Nous aurions bien sûr préféré garder les deux records (Atlantique Nord et distance parcourue en 24 heures), mais l’objectif principal de cette année reste le Jules Verne. Les différentes navigations, tournée méditerranéenne et records, n’avaient pour but que de sélectionner et de souder l’équipage du Trophée Jules Verne, s’approprier le bateau, le connaître un peu mieux, le fiabiliser, parce que ce sont des machines sur lesquelles nous devons toujours continuer à travailler. Evidemment, il y a une petite frustration mais nous espérons prendre notre revanche cet hiver.

En ce qui concerne le record de l’Atlantique que nous avons effectué en même temps que Banque Populaire V, même si nous perdons deux records, les conditions de navigation étaient tellement exceptionelles que nous en garderons un excellent souvenir, cette traversée restera une navigation extraordinaire. Traverser l’Atlantique en un peu plus de 3 jours et demi était peu envisageable il y a quelques années, on est donc complètement satisfait du potentiel du bateau, il est sain, et  sera bien prêt pour le Jules Verne.

Nous savions au départ du record de l’Atlantique qu’étant donné les conditions, l’essentiel allait se jouer sur la puissance maximale du bateau, Banque Populaire V a plus de couple de rappel, nous savions qu’on allait souffrir, les conditions n’étaient pas idéales pour Groupama 3, mais sur le Tour du monde, il y a plus de zones de transition, ça se jouera sur toutes les allures, la descente sera au portant et pas au reaching, dans ces conditions là nous avons un bateau léger qui descend bien, le jeu devrait être plus ouvert pour nous.

Il y aura aussi une notion d’endurance technique qui jouera, nous partirons avec un trimaran profitant de plusieurs années de navigation et de fiabilisation.

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

Nous sommes impatients de partir, nous serons dans de bonnes conditions techniques, avec un équipage en béton, qui se connait bien, nous avons gardé la base de l’équipage présent sur le dernier tour du monde, et les marins qui ont embarqué cette saison (Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Stan Honey) sont des gens qui ont énormément de métier, et ça n’est que du plus pour l’équipage.

L’avenir de Groupama 3 semble être la Route du Rhum 2010 que Franck Cammas devrait courir, la décision de participer a-t-elle été prise ?

C’est en court de définition, nous essayons de préciser les choses : les différentes contraintes techniques et physiques qui seront rencontrées, et nous les mesurons exactement pour être sur que ce soit faisable en solitaire. Mais les chances de voir Groupama 3 au départ sont fortes.

© Guilain GRENIER / Sea & Co

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Concernant cette Route du Rhum 2010, Gitana 11 que tu as barré pendant plusieurs années a été remis à l’eau après un allongement à 77’. Penses-tu que ce bateau puisse être un candidat potentiel à la victoire face aux maxis trimarans qui devraient être engagés ?

Assurément oui, c’est un bateau qui peut gagner, il est à la bonne échelle pour une personne seule. L’allongement a permis de retrouver de la stabilité, l’a assagie un peu. C’était déjà un des 60’ ORMA les plus marins, je pense que sous cette nouvelle forme ce trimaran reste un excellent bateau.

Le projet de MOD a refait surface cet été, les communiqués parlent du lancement de la série, s’agit-il seulement d’une annonce ou existe-t-il des bases solides pour cette série ?

Il y a des investisseurs qui sont prêts à définir le cadre, à mettre le pied à l’étrier à la série, tout ceci repose sur l’arrivée  d’une structure financière mise en place par Steve Ravussin et Franck David. Ensuite tout dépendra bien sûr du post élan, il faut que des partenaires entrent en jeu pour sponsoriser les trimarans.

Que penses tu de ce projet alors que les supports multicoques semblent se raréfier ?

Ce qui me plait c’est qu’un circuit de multicoques océaniques puisse renaître, je trouve cela vraiment désespérant dans le paysage de la voile qu’il n’y ait plus de multicoque aux jeux olympique. C’est symbolique mais ceci à des conséquences réelles sur l’activité nautique dans les clubs de sports, les écoles de voiles. Il y a toute une génération de gamins qui ont 15,16 ou 20 ans maintenant et qui s’étaient projetés dans l’idée de prétendre au meilleur un jour sur multicoque, bien entendu tout le monde n’y arrive pas, mais il y a toute une dynamique et une activité de voile légère qui a été ralentie à cause de l’abandon du support olympique multicoque.

Le fait qu’il n’y ait plus de multicoque océanique est dommageable, c’est totalement à contre temps que des bateaux aussi aboutis soient dans des hangars. C’est comme interdire la descente en ski ou la Formule 1 en automobile.

© Hans Berggren

© Hans Berggren

Au delà de la série qui s’arrête, c’est tout un système qui souffre qu’il n’y ait pas les machines les plus dingues, les plus extrêmes, sur l’eau. Les gens commencent à s’en rendre compte, et je pense que d’ici un an ou deux, ces séries manqueront réellement, je ne serai pas étonné que les journalistes, les médias ne trouvent pas un peu triste que ces bateaux là aient disparus et  soient rangé dans des hangars.

La Coupe de l’America aura lieu en multicoque, sur deux bateaux bien différents. Alinghi 5 est un catamaran semble-t-il axé sur le petit temps, BMW Oracle Racing alignera un trimaran plus proche d’un 60’ ORMA dans ses formes, que penses-tu de ces bateaux ? Crois tu que l’un d’entre eux possède un avantage ?

Je reste convaincu que le trimaran peut avoir l’avantage du fait du format de course: une montée et descente dans le vent donc VMG (Velocity Made Good) pur et une manche où la descente dans le vent se fait sur du largue abattu, ce n’est pas pour rien que la classe ORMA s’est concentrée sur cette formule. Les catamarans ne sont pas des bateaux aussi complets que les trimarans.

Le catamaran  est forcément bridé par son couple à un moment, où alors  il faut faire un cata très large mais qui perdra l’avantage dans le petit temps parce qu’il se mettra sur une patte très tard, et il sera handicapé dans les manœuvres. Pour jouer la carte du catamaran, il faut faire un bateau raisonnablement large, qui se mette sur une patte le plus tôt possible, auquel cas l’accélération est un peu moins bonne.

© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Pour les problèmes de puissance, ils sont essentiellement liés à la puissance du moteur une fois que le châssis est figé, il est tout aussi possible de faire un trimaran aussi performant dans le petit temps qu’un catamaran.

Je reste persuadé que la formule la plus polyvalente est le trimaran, Alinghi 5 est un bateau très intéressant, mais malgré tout je reste assez confiant dans les performances du trimaran.

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

De plus cibler un bateau pour une fenêtre météo extrêmement réduite peut être risqué, les conditions  météos sur les plans d’eau ne s’avérent pas forcément conformes aux statistiques, comme on l’a vu aux derniers JO.

La Coupe se jouera sur deux manches gagnantes, il suffit que ces jours là, il y ait un système de vent ou un thermique qui se lève un peu plus fort et qu’au lieu des 6 nœuds prévus il y ait 10 ou 12 nœuds, on aura alors des manches de brise, et je suis assez convaincu que le trimaran ira plus vite.

Cette épreuve devrait remettre les multicoques en valeur, penses tu que ceci puisse jouer en faveur des ces bateaux ?

Cette coupe va mettre les multicoques sous les feux de la rampe. Je serai très étonné que les marins qui vont courir cette épreuve, les observateurs, médias etc. ne soient pas  totalement emballé par le spectacle que vont offrir ces bateaux là en navigation, que ce soit au niveau des performances, de l’engagement. C’est bien que cette coupe se coure sur multicoques, c’est assez paradoxal que le système de multicoque océanique qui s’était  beaucoup développé en France se soit cassé la geule  au moment où les anglo-saxons réputés conservateurs sur leurs monocoques démarrent sur des multicoques pour la coupe. Il y aura forcément des retours après même si ces deux bateaux là vont probablement être « rangés » après la coupe, ce qui est dommage, mais ce sera difficile de se passer de ces bateaux après cet événement.

Merci à Fred Le Peutrec pour sa disponibilité

Francis Joyon s’attaque à un nouveau record

Idec, le trimaran skippé par Francis Joyon sera le premier à s’aligner sur la Mauricienne, ce record, homologué par le WSSRC reprend le parcours de la Route des Epices, sur lequel devait s’aligner Jean Luc Van Den Heede en 2005.

Francis Joyon tentera d’établir un temps de référence sur ce parcours de 9000 milles entre Port Louis (Bretagne) et Port Louis (Ile Maurice), les explications du skipper sur ce record :  » on va expérimenter une route qui présente une importante variété de difficultés. On va retrouver tous les ingrédients d’un début de tour du monde : les alizés, la traversée du Pot au noir, le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène…  Ensuite, il faudra doubler la pointe de l’Afrique et trouver le bon compromis entre descendre vers des latitudes sud et raccourcir sa route, sachant qu’aux abords du cap des Aiguilles, il existe un fort courant contraire, des hauts-fonds… C’est une route vraiment intéressante, parcequ’il y aura du jeu et des options… De plus, la fin du parcours va me permettre de découvrir de nouveaux paysages maritimes, d’explorer de nouvelles sensations. Un dernier aspect intéressant de ce parcours réside dans l’étroitesse de la fenêtre météo : il est difficile de partir trop tôt dans la saison du fait des tempêtes tropicales dans l’hémisphère nord… Mais partir au delà du 15 octobre signifie qu’à l’arrivée on est dans le début des cycles de formation des cyclones dans l’océan Indien. Ça veut dire qu’il sera difficile de trouver la fenêtre de tir idéale, qu’il va falloir accepter de faire des compromis. »

©JM Liot/DPPI/Idec

©JM Liot/DPPI/Idec

Le stand-by de Francis Joyon débutera le 1 octobre.

Multi 50′

  • Franck Yves Escoffier toujours à l’aise sur ses bateaux (Crèpes Wahou) puisqu’il a remporté le Trophée de Fécamp disputé le week end dernier dans des conditions musclées. Sans surprise c’est Actual, le second trimaran Multi 50′ de nouvelle génération, mené par Yves le Blévec vendredi et samedi et par Jean le Cam dimanche que l’on retrouve à la seconde position de ce Trophée. Victorien Erussard prend la 3ème place sur son antique Laiterie Malo.
  • Le troisième trimaran de nouvelle génération, Prince de Bretagne, skippé par Hervé Cléris, a tiré ses premiers bords au large de Lorient cette semaine. Le bateau sera baptisé aujourd’hui à Morlaix à 15 heures.

Mise à l’eau de Gitana 11 retardée

Gitana 11, le bateau vainqueur de la dernière Route du Rhum et qui a depuis subi un gors chantier pour l’allonger à 77′ (changement des flotteurs, allongement de la coque centrale, renfort des bras…) devait retrouver l’eau aujourd’hui à la Trinité sur Mer, les conditions météos n’étant pas favorables (25 noeuds de vent se renforçant progressivement), le Gitana Team a préféré repousser cette mise à l’eau au début de semaine prochaine, à priori lundi.

A découvrir…

A voir :

  • Les premières photos du trimaran Prince de Bretagne avant sa sortie de chantier, le Multi 50′ sur plans Irens Cabaret construit pour Hervé Cléris par Marsaudon Composites sur SeaSailSurf, ce bateau sera atypique par rapport à ses principaux concurrents Actual et Crèpes Wahou 3 puisqu’il possèdera une dérive et un safran sur chaque flotteur, la coque centrale étant dépourvue d’appendices, une première dans le monde de la course au large.
  • Une visite guidé du trimaran Multi 50′ Actual d’Yves le Blévec par Pierre Yves Lautrou, à visionner sur le blog Au Large. Les skipper livre des informations intéressantes sur son trimaran nottament sur les choix architecturaux : bras de liaison, redans, mât avec barres de flèches….
  • A lire sur le site Voiles et Voiliers, une reconversion des moules de Fujifilm, le 60′ ORMA de Loick Peyron sur plans Irens/Cabaret,  pour la construction d’un 60′ ORMA de croisière chez Marsaudon Composites, puisque le bateau malgré ses aménagements intérieurs nettement moins spartiates que ceux d’un 60′ de course, et quelques modifications par rapport au plan original (élargissement de la coque centrale, largeur réduite, hydraulique omniprésente…) répondra à la jauge ORMA.  Mise à l’eau de ce 60′ nommé Paradoxe prévue fin octobre.

L’Atlantique Nord en 3 jours 15 heures et une journée à 907 milles pour l’équipage de Banque Populaire V

C’est finalement l’équipage de Banque Populaire V qui sort double vainqueur du duel qui l’opposait à l’équipage de Groupama 3 sur l’Atlantique.

Les hommes de Pascal Bidégorry s’offrent le record de l’Atlantique Nord, à près de 33 noeuds de moyenne et celui des 24 heures avec une journée à 907 milles soit 37,08 noeuds de moyenne, ces deux records étaient détenus depuis deux ans par Groupama 3.

Pascal Bidégorry, Ronan Lucas, Kévin Escoffier, Yvan Ravussin, Ewen Le Clech, Sébastien Audigane, Florent Chastel, Jean-Baptiste Le Vaillant, Emmanuel Le Borgne, Marcel Van Triest, Pierre-Yves Moreau, Xavier Revil décrochent donc ces deux premiers records pour le maxi trimaran Banque Populaire V, dernier né des maxis multicoques.

Les impressions de Pascal Bidégorry, skipper de Banque Populaire V : « Je ne réalise pas bien encore ce que nous venons d’accomplir. J’avais déjà du mal à imaginer que nous puissions aller aussi vite sur 24 heures mais ce nouveau record me laisse partagé entre une immense émotion et une grande surprise. Cette victoire sur le temps vient récompenser trois années d’un travail considérable fourni par tout le Team, les préparateurs, le bureau d’étude, les architectes et l’ensemble des équipes de la Banque Populaire. Je suis vraiment extrêmement heureux de leur offrir aujourd’hui ces deux cadeaux : le record de vitesse en équipage sur 24 heures et le nouveau temps de référence sur l’Atlantique Nord.  Nous attendions cette première tentative avec impatience et elle était essentielle pour nous à quelques mois du Trophée Jules Verne. Je ne pensais pas qu’on pourrait traverser aussi vite. Nous ne nous sommes pas posé la question de savoir si nous pourrions aller chercher le temps de 2007. Nous sommes restés concentrés sur la météo, la stratégie et la marche du bateau avec l’obsession d’en tirer la quintessence. Le Maxi Banque Populaire V est un bateau hors normes et nous sommes tous extrêmement fiers de pouvoir naviguer sur ce bateau exceptionnel ».


L’équipage de Groupama 3, mené par Franck Cammas n’aura rien pu faire face à la puissance de son concurrent, cependant ils améliorent leur propres records des 24 heures avec 857 milles en 24 heures et une traversée en 3 jours 18 heures à 32 noeuds de moyenne, mais à 3 heures de Banque Populaire qui s’est offert le luxe de dépasser le trimaran vert samedi, pas de regret pour les hommes de Cammas qui sont satisfaits de leur bateau nottament  dans le médium et le petit temps, comme l’explique le skipper Franck Cammas : « On sait qu’il y a des conditions où il va plus vite (Banque Populaire V) , notamment au près. Nous avons une autre philosophie avec un bateau qui est plus court et plus léger. Au portant, nous devrions aller mieux… Dans un tour du monde, il peut se passer beaucoup de choses ! Sur cette traversée, il est allé plus vite 70% du temps : il faudra être plus malin sur le Trophée Jules Verne où il y a plus de stratégie météo que sur l’Atlantique Nord. »


Prochaine confrontation prévue cet hiver autour du monde dans le cadre du Trophée Jules Verne !

Accélération sur l’Atlantique Nord

Comme prévu le front froid au large de Terre Neuve a permis aux deux trimarans d’accélérer et de faire un cap direct vers le Cap Lizard, ils sont désormais vent de travers et naviguent à des vitesses comprises entre 35 et 40 noeuds dans une mer encore peu formée. Ce qui promet une belle journée au niveau de la distance parcourue, le record des 24 heures devrait vraissemblablement être battu, et la barre des 800 milles pourrait  aussi être franchie.

L’équipage de Groupama 3 a refait son retard accumulé sur la première journée de navigation et l’avantage de 18 milles devrait s’accroitre au fil des heures puisque lors du record de 2007, Groupama 3 avait navigué à plus grande distance de l’orthodromie et deux empennages avait ralenti la merche du bateau. Il est probable que le record sera battu, ainsi l’adversaire numéro 1 de l’équipage de Franck Cammas est Banque Populaire qui réussi de belles performances grâce à une puissance plus importante, comme l’expliquait Fred Le Peutrec, boat manager et barreur de Groupama 3, à la vacation : « Il n’y a pas de stratégie particulière avec ce vent stable : on jette un coup d’oeil dans le rétroviseur pour surveiller la différence de potentiel avec l’équipage de Pascal Bidégorry. On reste sur notre propre rythme, comme pour le record de la Méditerranée. Si Pascal et son équipage sont un peu plus rapides que nous et qu’ils n’ont pas de problème de manoeuvres, nous aurons du mal à récupérer notre petit retard… On privilégie notre navigation en mettant toutes nos forces dans la bagarre : on ne peut pas faire grand chose de plus que ce que nous avons fait ! Dans la bonne humeur, relâchés et concentrés en respectant notre temps de récupération… « 

L’équipage met donc toute les chances de son côté pour faire face à cet adversaire, le foil tribord a ainsi été enlevé puisque le trimaran ne naviguera pas sur cette amure, le grand gennaker a aussi été débarqué pour alléger le bateau.

Du côté de Banque Populaire, le retard accumulé a aussi été comblé avec à 16h00, 28 milles d’avance, les hommes de Pascal Bidégorry semblent donc mieux armés pour ravir le record à leur adversaire, reste à conserver ce rythme très élevé sur un trimaran moins fiabilisé que Groupama 3.

A suivre…

NB : il n’y aura probablement pas de mise à jour ce week end sur www.voile-multicoques.com et sur le blog : voilemulticoques.wordpress.com, je vous invite donc à suivre le record de l’Atlantique Nord sur les sites des deux bateaux et l’iShares Cup sur le site officiel.

Gitana 11 allongé à 77′

L’exclusivité revient à Loick Le Bras, journaliste de Voiles et Voiliers, le trimaran vainqueur de la dernière Route du Rhum prend donc plus de 5mètres de longueur dans cette opération.

La coque centrale a été allongée par l’arrière d’un métre, et l’étrave tronçonnée à l’avant du bras de liaison pour être remplacée par une nouvelle étrave de 9 mètres.

Les flotteurs construits en Nouvelle Zélande ont été assemblés fin juillet.                      Tout comme l’étrave de coque centrale, celles des flotteurs adoptent une étrave inversée, avec un dessin à priori proche de celui des étraves de Banque Populaire V.

La dernière grosse modification est la construction de deux postes de barre qui seront désormais situés juste à  l’extérieur du cockpit, alors qu’ils se trouvaient auparavent au niveau du bras arrière entre la coque centrale et le flotteur. Cette disposition permettra au skipper, Yann Guichard d’avoir à portée de main tous les winchs disposés sur les côtés du cockpit.

La mise à l’eau du trimaran largement modifié est prévue début septembre.

Les premières photos à découvrir sur le blog Voiles et Voiliers de Loick Le Bras.

Avantage Banque Populaire V

Les deux trimarans géants ont, comme prévu, coupé la ligne de départ du record de l’Atlantique Nord hier soir, Groupama 3 a été le premier a s’élancer à 22 heures 16, les explications sur ce départ plus précoce que prévu par Sylvain Mondon de Météo France, routeur à terre : « Hier soir, une ligne de grains est passée sur New York, générant des vents assez forts (25-30 noeuds) de secteur Sud ce qui nous a permis de lancer cette tentative un peu plus tôt que prévu. Ce choix s’appuie sur le fait que quel que soit le moment du départ à quelques heures près, le temps de parcours était le même : ce départ un peu avancé permet d’avoir un peu plus de marge par rapport au système dépressionnaire qui va accompagner le trimaran après Terre-Neuve. Un front froid s’est formé sur le Canada et va traverser l’Atlantique jusqu’à l’Angleterre : Groupama 3 va l’attraper à l’approche du courant du Labrador en restant moins près de ce front : il sera plus facile de gérer la trajectoire en restant très proche de l’orthodromie (route directe). C’est une très bonne fenêtre météo parce qu’elle permet de ne pas rallonger la route tout en restant sur le même bord. »

Banque Populaire V a quand à lui coupé la ligne un peu plus de deux heures et demi après le détenteur du record, à 00h 47 avec une pointe à 41 noeuds, pour Pascal Bidégorry et son équipage au moment de passer cette ligne !

Les  premières heures du record se sont passées sensiblement de la même façon sur les deux multicoques avec des temps proches de ceux du record, la situation s’est dégradée pour Franck Cammas et ses hommes dans l’après midi avec une brise faiblissante au large de l’ile aux Sables, une situation qui n’inquiète pas outre mesure puisque Banque Populaire subissait aussi se passage de front avec une avance de 25 milles qui s’est réduite à 11 milles en 4 heures.

Cette nuit pourrait s’avérer décisive pour les deux équipages comme l’explique Franck Cammas, skipper de Groupama 3 : « La trajectoire jusqu’au cap Lizard n’est pas si limpide que cela : après Terre-Neuve, il va falloir choisir entre une route un peu lofée ou plus abattue, ce qui se répercute sur la configuration de voiles. Nous allons nous décider après le cap Race… »

Pour suivre le record :