Report de la Krys Ocean Race

Déjà privée de réel programme cette saison et après une première année difficile en 2012, la classe des MOD70 est de nouveau confrontée à une nouvelle déconvenue avec le report de la transatlantique, cette seconde édition de la Krys Ocean Race, prévue en mai 2014 est reportée en 2016.

L’organisateur avait déjà entamé des discussions avec les différentes classes de mulicoques océaniques et la course devait s’ouvrir aux Ultimes et aux Multi50′, ceci n’aura semble-t-il pas fédéré les armateurs qui n’ont pas répondu présents. Il est également prévu, si la course devait s’inscrire dans la durée de passer sur un cycle de 4ans, et qu’elle soit ouverte à tous les multicoques.

L’avenir s’assombrit donc encore un peu plus pour la classe monotype, seuls sept trimarans ont été construits, deux d’entre eux ne naviguent pas faute de budget (Race for Water de Steve Ravussin, et l’ex Foncia de Michel Desjoyaux), un autre a été acheté par un propriétaire (Orion Racing) et ne semble destiné qu’à des courses américaines, les quatre autres unités sont dotées de budget (Groupe Edmond de Rothschild, Oman Air Musandam, Spindrift racing et Virbac Paprec), mais sont privées de circuit et de courses.

En effet avec l’annulation de l’Ocean World Tour, un tour du monde par étapes l’année dernière, et de cette transatlantique, la classe perd sa substance, puisque les trimarans ne seront probablement armés que pour des courses côtières ou semi-hauturières. On pourrait voir quelques unités sur la Route du Rhum en novembre 2014, mais le programme des MOD 70 se résumera probablement à cet unique événement, Prince de Bretagne avait bien organisé un tour de l’Europe l’année dernière mais celui-ci n’a pas vocation à devenir annuel.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Qui plus est, le conflit entre armateurs des bateaux et l’organisation ne semble toujours pas réglé, le trimaran aux couleurs du Gitana Team a par exemple disparu de la liste des team sur le site officiel de la classe, certains concurrents avaient par exemple eu, la saison dernière, d’énormes difficultés à obtenir des pièces de la part de Multi SA.

Marco Simeoni, Président de MOD S.A. : « C’est avec une grande tristesse que nous avons pris la décision de reporter la KRYS OCEAN RACE qui devait pourtant s’annoncer comme un grand rendez-vous sportif au sein de la flotte des MOD70. Un contexte économique difficile conjugué à des choix stratégiques de certains partenaires et armateurs nous ont malheureusement contraints à devoir reporter l’évènement. MOD ainsi que ses partenaires Krys et la ville de Brest réfléchissent au format de l’édition future qui permettrait le plein succès de cette course autant sur un modèle sportif que économique».

Jean-Pierre Champion, Directeur Général de Krys Group : « Chacun a en mémoire les images de la 1ère édition : Ces « formule 1 » des mers, au pied de Manhattan, s’élançant pour rejoindre Brest en moins de 5 jours : une prouesse de chaque équipage qui fait écho à l’exigence quotidienne des 880 équipes d’opticiens KRYS. La 2ème édition se doit d’être encore plus ambitieuse et plus unique».

 

Virbac Paprec 70 a chaviré

Jean-Pierre Dick et Roland Jourdain ont chaviré en tout début d’après midi lors d’un entrainemen sur le MOD70  VIRBAC-PAPREC 70, ils naviguaient au large de Belle Ile dans 15-20 nœuds de vent en vue de la Transat Jacques Vabre.
L’équipage est sain et sauf, les opérations de récupération sont en cours avec l’aide du Cross, de la SNSM et de l’équipe technique.

©Virbac-Paprec Sailing Team

C’est le second MOD 70 à chavirer après Spindrift racing cet été lors de la Route des Princes, Yann Guichard avait donc renoncé à la transatlantique suite à cette avarie, le plateau de la Transat Jacques Vabre dans la classe se réduira donc à un duel entre Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse-Charles Caudrelier) et Oman Air (Sidney Gavignet-Damien Foxall).

Jean-Pierre Dick : « Je suis encore sous le choc. Tout est allé très vite. J’ai vu une forte risée arriver par derrière. J’ai choqué le chariot de grand-voile mais certainement pas assez. Tout a basculé très vite, je suis tombé de très haut, j’ai heurté quelque chose et suis tombé à l’eau. C’était violent. Heureusement, j’ai pu rejoindre le bord très vite. J’ai vite eu mal au dos. Nous avons attendu les secours dans la tristesse. »

Roland Jourdain : « Nous naviguions dans 15 nœuds de vent établi mais irrégulier avec des rafales à 18-20 nœuds. Les conditions étaient maniables. Brusquement, Il y a eu une risée plus forte que les autres. Le bateau est monté, monté. Il est resté stationnaire pendant quelques secondes interminables. J’ai choqué le solent. Nous pensions qu’il allait tomber du bon côté… Et non le bateau a chaviré. J’ai eu très peur pour Jean-Pierre. C’est mon premier chavirage, je suis chaviré. »

1ères inshores de la Route des Princes

Les quatre équipages des MOD 70, engagés sur la Route des Princes, ont pu disputer trois régates inshore aujourd’hui à Valence, les parcours de petite taille ont sollicité les hommes avec de multiples manoeuvres.

Sur la première, Spindrift racing, mené par Xavier Revil (en l’absence de Yann Guichard qui courrait l’Open de Versoix aujourd’hui et qui enchainera avec la Genève-Rolle-Genève demain) s’imposait quelques longueurs devant Groupe Edmond de Rothschild, Virbac Paprec prenait la troisième place, Oman Air fermait la marche.

Le co-skipper de Spindrift ratait son second départ en passant la ligne trop tôt et était contraint de réaliser une pénalité, ce qui laissait le champ libre à Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild et SIdney Gavignet sur Oman Air qui terminaient en 1ère et 2ème place, Jean Pierre Dick terminait quatrième après divers problèmes mineurs.

La dernière manche souriait plus au niçois, qui prenait un superbe départ et menait toute la régate pour s’offrir une première victoire de manche en MOD 70, Spindrift racing prenait la seconde place devant le bateau du Gitana Team et Oman Air.

A l’issue de la journée, Spindrift et Groupe Edmond de Rothschild étaient 1ers à égalité de points devant Virbac Paprec et Oman Air Musandam.

© Marcel MOCHET

 

Les réactions des skippers et équipiers :

Roland Jourdain, sur Virbac Paprec « Aujourd’hui, il y a eu des bons coups sur les départs, un peu de réussite aussi. C’est vrai que Jean-Pierre (Dick) et Fred (Guilmin), le tacticien, forment un bon couple parce qu’il faut apprivoiser la machine. Dans les choses moins bien, on a eu un petit problème sur un hook de gennaker qui ne fonctionne pas. Du coup, tout le monde nous a marché dessus dans la première manche. Dans la deuxième course, on a connu quelques petits soucis divers et variés de jeunesse générale. Au départ de la troisième on s’est dit qu’il n’était pas question d’aller ce coucher ce soir sur des mauvaises choses. Qu’il fallait qu’on se débrouille pour faire quelque chose de bien. On a pris un très joli départ et après tout a bien fonctionné.  On est toujours plus intelligent quand on est devant, toutes les manoeuvres sont bien passées.

Les bateaux recommencent cette saison comme ils ont fini la dernière. C’est spectaculaire, c’est incroyable, ce sont de vraies bagarres ! C’est super ! Sur Paprec-Virbac, on est content car on est les derniers-nés, on est à peine sorti de la maternité et on joue avec les ados dans la cour d’école ! (rires) Aujourd’hui, c’était la bonne force de vent pour se mettre dedans. Avec cinq nœuds de plus, la panique serait vite arrivée. Les courses in-shore sont une discipline très spécifique. La chorégraphie doit être connue à 100%. Individuellement, il y a de très bons éléments, mais on n’a pas fait une tournée de concert ensemble depuis très longtemps. Heureusement, on a des calibres comme Thierry Douillard, Fred Guilmin, Fred Le Maistre qui ont tout les trois ont participé à la Coupe de l’America. »

Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild : «Trois manches et trois vainqueurs différents : c’est serré ! Nous avons pu constater aujourd’hui qu’un bon départ n’était pas forcément synonyme d’une victoire et inversement. Nous remportons la deuxième course du jour devant Oman Air-Musandam dans les tous derniers mètres grâce à une meilleure manœuvre. Les parcours étaient relativement petits – entre 1,5 et 1 mille – ce qui rendait l’exercice physique pour l’équipage qui n’a cessé d’enchaîner les manœuvres. La journée a été très positive à bord d’Edmond de Rothschild même si nous avons rencontré un léger problème technique sur la 3e et dernière manche. Sur le premier bord de portant, notre bout d’enrouleur est passé au dessus de la galette fixée à l’avant du bateau et nous ne pouvions plus enrouler le gennaker. C’était assez chaud et notre participation à la course a été menacée pendant un moment. Mais nous avons pu trouver une solution et rester ainsi devant Oman. L’équipage est resté très calme malgré cette situation. Nous avons pris beaucoup de plaisir et l’ambiance très agréable qui règne à bord est de bon augure pour la suite. Ce soir, nous sommes en tête ex æquo avec Spindrift qui est le bateau référence. Demain, il faut continuer de faire ce que nous savons faire en essayant de prendre des beaux départs et d’être le plus régulier possible en s’appliquant sur la tactique.»

© Marcel MOCHET

Xavier Revil skipper de Spindrift racing pour les in shore deValence :  “On passe en tête à la bouée au vent sur la première manche, et on réussi à garder notre avance jusqu’à la fin, grâce à un super placement de Christophe Espagnon. Sur la seconde manche, on était bien positionnés mais on a lancé un peu trop tôt le départ, on fini troisième après avoir été contraints de réparer. Sur la dernière manche, on fait un beau virement à la bouée mais Virbac Paprec passe à l’intérieur et nous terminons second. C’est une journée satisfaisante, en fait cela se joue beaucoup sur les départs et les manœuvres“.

Les Multi50,  disputaient également des in-shore, sans que celles-ci ne comptent pour le classement général, contrairement aux MOD70.

Deux manches ont été lancées, la première a été remportée par l’équipage de FenêtréA-Cardinal emmené par Erwan Le Roux devant Arkema – Région Aquitaine de Lalou Roucayrol qui rate sa dernière manœuvre et offre la victoire à Erwan Le Roux, Actual se classe 3ème de cette manche.

© Marcel MOCHET

Lalou Roucayrol ne restait pas sur cette erreur et s’imposait sur la manche suivante devant Actual et FenétrêA-Cardinal, respectivement 2e et 3e.

Au final, se sont Erwan Le Roux et sa troupe qui ont réalisé la meilleure journée même s’ils terminent à égalité de points avec Actual.

Erwan Le Roux : « Sur l’eau, ça a pas mal joué. La première course s’est super bien déroulée. Dans la seconde, nous avons fait une faute sur Actual. Nous lui avons refusé une priorité sur le premier bord de près et avons été contraint d’effectuer un 270° pour réparer. Reste que c’était vraiment sympa ».

Les MOD70 sur les courses existantes en 2013

La plupart des équipes engagées sur le Multi One Championship la saison dernière vont s’aligner sur les épreuves « classiques » cette année, suite à un désaccord financier avec l’organisation Multi One SA.

Virbac Paprec, qui vient d’être mis à l’eau et qui sera skippé par Jean Pierre Dick et Musandam (Oman Sail/Sidney Gavignet) participeront au Grand Prix Guyader, à l’Armen Race en début de saison, Groupe Edmond de Rothschild devrait également être présent sur l’Armen Race.

Les MOD 70 enchaineront ensuite avec le Tour de l’Europe organisé par Prince de Bretagne en juin, puis avec la Transat Jacques Vabre qui a ouvert ses portes à la classe.

Orion Racing, le MOD 70 n°2, vendu à un propriétaire américain, naviguera sous la houlette de Cam Lewis, le trimaran devrait bientôt quitter la Bretagne pour le Mexique où l’équipage s’entrainera avant de rejoindre San Francisco.

Michel Desjoyaux est à la recherche de partenaires pour relancer l’ex Foncia et s’aligner sur le Tour des Princes et la Transat Jacques Vabre.

L’équipe Race for Water, mené par Stève Ravussin, n’a pas communiquée sur le programme de sa saison, le skipper suisse devrait toutefois tout faire pour être présent sur la ligne de départ de la transat.

Pas de programme non plus pour Spindrift racing, l’équipe de Dona Bertarelli aura fort à faire avec son maxi trimaran Spindrift 2 (ex Banque Populaire V), et pourrait ne s’aligner que sur un nombre réduit d’épreuves dont le Tour des Princes (l’organisateur a préféré ne pas voir le maxi de 140′ au départ afin de favoriser un plateau « homogène ») et la Transat Jacques Vabre, que Yann Guichard, le skipper a déjà couru.

Sidney Gavignet, qui avait quitté Lorient avec son équipage il y a quelques jours afin de s’élancer sur une tentative de record autour de l’Irlande a préféré renoncer du fait de conditions météos très musclées, Musandam Oman Sail est donc rentré à son port d’attache et la tentative est reportée.

Quel avenir pour les MOD70 ?

Alors que la première saison des MOD 70 avait démontré le potentiel de la classe, avec des performances au rendez-vous, des courses serrées et une fiabilité somme toute satisfaisante, la seconde saison semble de plus en plus incertaine.

L’origine de cette impasse serait un désaccord entre les armateurs des bateaux et l’organisation MOD SA.

Le tour du monde prévu cette année était illusoire sans l’arrivée d’un sponsor de classe, comme l’avait déclaré Marco Simeoni, président de MOD SA il y a quelques mois, mais le tour de l’Europe initialement prévu ne semble plus être à l’ordre du jour.

Difficile pour les équipes ayant un bateau de vendre leurs projets dans ces conditions, seul Oman Sail continue à naviguer, Spindrift racing, Groupe Edmond de Rothschild et Race for Water ont été sortis de l’eau ; Michel Desjoyaux n’a pas de sponsor pour réarmer l’ancien Foncia, et Virbac Paprec, n’a pour sa part toujours pas mis son bateau à l’eau, le MOD n°2 (ex Véolia) n’a jamais trouvé preneur.

Le salut de la classe pour cette année pourrait venir de Prince de Bretagne qui organise son propre tour de l’Europe ouvert à tous les multicoques, ce qui permettraient aux armateurs de participer à une course.

L’ouverture de la Transat Jacques Vabre aux multicoques était également en discussion, mais il est peu probable que les skippers de MOD s’engagent si l’organisation ouvrait la course aux Ultimes (les MOD étant moins performants sur le papier).

L’avenir de la classe est donc plus que morose, et l’achat de Banque Populaire V par Spindrift racing, (plus le fait que le maxi trimaran était convoité par le Gitana Team), laisse à penser que les principaux acteurs du circuit ont de gros doutes sur celui-ci.