Spi Ouest France Intermarché : Première confrontation pour les Diam 24

Grande première pour le Spi Ouest France qui débutera demain, et qui accueillera pour la première fois des multicoques sur un rond dédié.

Le trimaran monotype Diam24 fait donc son entrée dans ce grand rendez-vous vélique, qui permettra surtout aux équipages de se jauger pour le Tour de France à la Voile qui a adopté ce support.

La flotte était jusqu’ici partagée en deux groupes d’entrainement, l’un à Port la Forêt, l’autre à la Trinité sur Mer sous la houlette de l’ENV.

Les conditions s’annoncent idéales pour demain avec 12 à 17 noeuds de vent, puis un petit renforcement pour les jours suivant. Les équipages s’affronteront sur des parcours bananes et des parcours côtiers de 15 à 45 milles, un avant goût du format adopté également sur le Tour de France à la Voile.

17 équipages sont inscrits au Spi Ouest France Intermarché, 30 sont attendus cet été sur le Tour.

Diam 24 – Préparation Tour de France à la Voile 2015 [Collectif] from Nautimages on Vimeo.

Les réactions des skippers :

Sébastien Rogues, skipper de GDF SUEZ :
« Je suis vraiment très heureux de participer au Spi Ouest-France, première course de la saison. Cela nous permettra de nous situer par rapport à la concurrence et d’identifier les points à faire progresser pour être au meilleur niveau fin juin au Tour de France à la Voile, l’objectif clé de la saison 2015. Ce bateau est amusant, vif, mais plein de subtilités pour en tirer le meilleur. La monotypie est une des meilleures écoles pour se « upgrader » et atteindre le meilleur niveau car seuls les équipages font la différence, les bateaux étant tous strictement identiques. » 

Yann Guichard, skipper de Spindrift Black:
« Cette rentrée sportive sur le Spi Ouest-France s’annonce vraiment intéressante. Nous allons nous jauger par rapport à la concurrence, sans prétention puisque c’est la reprise mais avec l’envie de faire de belles choses »

Xavier Revil, skipper de Spindrift White
« Les derniers stages ont montré que les équipes ont beaucoup progressé dans l’utilisation du bateau. Les manœuvres sont fluides et les départs de plus en plus agressifs. Les bonnes places sont chères sur la ligne et ça se bagarre bien. Parmi nos concurrents sérieux, je vois Groupama pour l’expérience de la régate au contact et Sodebo qui a bien travaillé avec nous depuis janvier. Prince de Bretagne et Combi West se sont aussi montrés dernièrement très percutants sur les départs, à surveiller… » »

Vincent Riou skipper de PRB :
« C’est une première régate pour nous mettre en route. Il va y avoir du niveau, on va donc pouvoir se positionner par rapport au reste de la flotte et faire le point sur ce qui nous reste à accomplir avant le Tour de France à la voile. Jusqu’à présent nous avons fait pas mal d’entraînements avec certains équipages. C’est sympa mais l’entrainement n’est pas la finalité. Globalement nous sommes plutôt dans le coup mais nous n’avons pas navigué avec tous les bateaux. C’est intéressant de se retrouver enfin en configuration course car on va pouvoir, à la fin de ce Spi Ouest France, tirer un premier bilan sur le comportement de la flotte en général. Les conditions s’annoncent sympas. On devrait à priori avoir du vent et pas trop froid. »

Nicolas Bérenger skipper de Beijaflore  :
« Nous avons débuté nos entraînements samedi dernier. Le Spi Ouest-France va nous permettre de nous entraîner, de nous étalonner vis-à-vis des autres bateaux. On va pouvoir voir comment le Diam 24 marche, prendre les bons repères, maîtriser notre vitesse. Nous ne sommes pas dans une optique de gagner mais plutôt de nous améliorer et d’engranger de l’expérience. » explique le skipper de Beijaflore.

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne :
«  Le plateau est costaud. Il n’y a pas de « manche » mais que des bons. Ca va se bagarrer fort et ça tombe bien parce que c’est justement ce qu’on aime. Lors des stages d’entraînement que nous avons effectué avec huit de nos concurrents en baie de Quiberon ces dernières semaines, nous avons pu constater que nous sommes bien dans le coup. Nous avons gagné des manches et joué régulièrement aux avant-postes. A présent, nous allons voir ce que ça donne en course. Ce sera d’autant plus intéressant que nous allons nous confronter aux Diam de Port-la-Forêt que nous n’avons pas encore eu l’occasion d’observer sur l’eau.
 L’effort est aussi court qu’intense. Il est certain que le fait de bien partir est assez déterminant pour le résultat. Reste que ce qui fera réellement la différence à la fin, c’est la régularité. Sur le plan d’eau de la Trinité, il faudra aussi avoir un peu de réussite, surtout si le vent est de secteur nord-est et donc bien tordu ».

Pierre Pennec, skipper de Groupama :
« J’adore naviguer et surtout régater. Quand en plus c’est en multicoque, c’est génial. On a une bonne équipe avec Arnaud Jarlegan qui réglera la grand-voile et le genaker. On se connaît bien tout comme Quentin Ponroy qui sera en charge de la tactique et du réglage du chariot de grand-voile. En plus d’être maître voilier chez North, c’est un gars du coin donc il connaît bien le plan d’eau. Tactiquement, c’est un atout. Nous avons remporté quasiment toutes les courses de préparation. C’est bon signe mais ce n’est pas très étonnant car nous venons du multicoque contrairement à d’autres équipages. Et puis on voit bien que les performances se nivellent par le haut. Tout le monde progresse. Et ca tombe bien car nous sommes venus chercher la confrontation. Les deux équipes de Spindrift et de Sodebo seront certainement performantes. Elles se sont beaucoup entrainées et elles naviguent à domicile. Il faudra aussi se méfier de marins qui viennent du solitaire comme Vincent Riou. Ils ont l’habitude de se faire mal, de ne jamais baisser les bras ».

Liste des Diam 24 inscrits au Spi Ouest-France Intermarché :

– Agrival (Pauline Chalaux)
– Beijaflore (Nicolas Bérenger)
– CombiWest (Frédéric Guilmin)
– Custo Pol (Jean-Pierre Nicol)
– Fondation FDJ – Des Pieds et Des Mains (Damien Seguin)
– GDF SUEZ (Sébastien Rogues)
– Groupama (barré par Pierre Pennec / Franck Cammas sera ce week-end au Trofeo Princesa Sofia à Palma pour sa préparation olympique en Nacra 17)
– Maitre Coq (Jérémie Beyou)
– PRB (Vincent Riou)
– Prince de Bretagne (Lionel Lemonchois)
– Sodebo 1 (Thomas Coville)
– Sodebo 2 (Daniel Souben)
– Spindrift Black (Yann Guichard)
– Spindrift White (Xavier Revil)
– Vinci Autoroute (Jean-Baptiste Gellée)
– Votre Plus Long Périple (Loïc Fequet)

MOD 70, un départ vers les Antilles

  • Le MOD 70 ex Foncia, propriété de Michel Desjoyaux, a retrouvé l’eau. Il devrait rejoindre la flotte du Team Phaedo, qui navigue actuellement sur un catamaran Gunboat 66, sa zone de navigation privilégiée devrait être les Antilles (Voiles de St Barth, Carribean 600, Antigua Sailing week etc.). Il semblerait que le navigateur britannique Sam Goodchild soit de l’aventure.
  • Race for Water, le trimaran de Stève Ravussin, est de nouveau à l’eau. Le bateau partira le 15 mars de Bordeaux, pour un tour du monde, le Race for Water Odyssey, le but de cette campagne est d’étudier la pollution des océans par le platique, en « visitant » les cinq vortex de plastique connus autour de la planère. Marco Simeoni, président de la fondation Race for Water sera sur le trimaran durant les 9 mois de l’expédition.
  • Le Gitana Team, outre le chantier de son IMOCA, poursuit les études sur son multi 7à qui devrait être équipé de foils en L pour sa remise à l’eau. L’équipe a déjà débuté son apprentissage du foiling sur son monotype GC32 la semaine dernière à Lorient. L’IMOCA doit être mis à l’eau en août, Sébastien Josse devrait donc pouvoir tester le trimaran de 70′ dans sa nouvelle configuration avant de passer à sa préparation pour le Vendée Globe.
  • Aucun programme prévu pour les MOD 70 de Spindrift racing et de Paprec Recyclage. Le team Spindrift racing sera occupé sur de nombreux supports (le maxi trimaran de 140′ avec une tentative de trophée Jules Verne en fin d’année, les circuits GC32, D35 et le tour de France à la Voile), il est probable que leur MOD reste au sec une année de plus.
  • Le MOD 70 Musandam d’Oman Sail, skippé par Sidney Gavignet, devrait être aligné sur les classiques semaines de Kiel et de Cowes.

Le plateau de la Great Cup s’étoffe

La Great Cup qui se courre sur des catamarans monotypes, les GC32, à foils suscite un bel engouement pour la saison à venir.

En effet, quatre équipes françaises seront sur les rangs. Après Erik Maris et son Zoulou, Sébastien Rogues soutenu par son sponsor GDF Suez, deux grosses écuries engagées en multicoques ont été officialisées ces derniers jours.

Le Gitana Team qui vient de mettre son catamaran à l’eau à Lorient et qui a effectué ses premiers tests ces derniers jours, ainsi que Spindrift racing.

Yann Guichard :  » Clairement, la voile de demain se dessine aujourd’hui autour des bateaux qui volent. Non seulement sur l’America’s Cup mais aussi sur d’autres supports de régate au contact comme les GC32 et même en course au large où les nouveaux monocoques du Vendée Globe dévoilent actuellement des foils dans cette idée d’être toujours plus aériens pour être plus rapides. La performance et l’innovation entrent directement dans les fondamentaux de Spindrift racing, comme la volonté de courir au plus haut niveau mondial et la dimension. Le circuit GC32 correspond parfaitement aux objectifs sportifs de l’écurie ainsi qu’aux objectifs de nos partenaires offrant une exposition internationale au travers des cinq pays étapes. Nous sommes très enthousiastes à l’idée d’apprendre à voler dans quelques semaines et d’affronter les meilleurs sur ce circuit qui promet d’être compétitif. »

Le calendrier du circuit :

23-26 avril Warm-Up Marseille / France / Entraînements officiels

27-31 mai ‘Austria Cup’ / AUTRICHE / Lake Traunsee
24-27 juin ‘Cowes Cup’ / ANGLETERRE / Cowes
30 juillet-2 août ‘Sailing Cup Kiel’ / ALLEMAGNE / Kiel
27-30 août ‘Trofeo di Roma’ / ITALIE / Rome Fiumicino
30 sept-3 octobre ‘Marseille One Design’ / FRANCE / Marseille

GC 32 Racing Key West Race Week 2015 from Nick Bowers on Vimeo.

Pourquoi interdire Spindrift 2 de Transat Jacques Vabre ?

Au cours du Nautic, l’organisation de la Transat Jacques Vabre a dévoilé le format de la course en double entre le Havre et Itajai (Brésil), cette course sera ouverte aux Multi 50′ répondant à la jauge de la classe et aux Ultimes.

On pouvait légitiment s’attendre aux mêmes règles que sur la Route du Rhum 2014 concernant la classe Ultime, soit une absence de limitation de taille (sur la Route du Rhum, étaient admissibles les bateaux de taille égale ou supérieure à 60′).

Cependant, dans l’avis de course, sont admissibles dans la classe Ultime les bateaux compris entre 70 et 105′ de longueur hors tout, ce qui exclut le maxi trimaran Spindrift 2, sur lequel Yann Guichard a terminé à une belle seconde place sur la Route du Rhum 2014.

Comme en 2010 avec Franck Cammas et Groupama 3, les chances  de réussite du skipper en solo sur son trimaran de 40m étaient jugées faibles. Il a démontré que le défi était possible, on peut donc imaginer qu’une telle performance sur une course en double puisse être réitérée.

Yann Guichard, le skipper de Spindrift 2 avait d’ailleurs réagi sur son fil twitter :

Transat Jacques Vabre. Spindrift2 interdit de participation! Merci aux organisateurs

Si je comprends bien, pour participer à la je dois couper mon bateau de 8m. Très élégant comme réponse!

Le reste de la flotte est donc préservée, à savoir les Multis 70, et l’ensemble des autres maxis multicoques (le 80′ Prince de Bretagne, l’ancien Sodeb’O de 105′, son sister ship ex Oman Air, l’ex B&Q Castorama, le 97′ Idec Sport, le nouveau Sodeb’O Ultim de 102′, le Banque Populaire VII de 105′ et le nouveau Macif de François Gabart actuellement en construction de 100 à 105′).

Pourquoi une telle décision ?

L’organisation aurait pu justifier cette décision par le fait de vouloir réunir une flotte relativement homogène de gros multicoques plus adaptée au solitaire ou au double que le trimaran de 40 mètres. En effet Spindrift 2 de par sa taille et sa puissance pourrait être à son avantage sur cette transat Jacques Vabre qui se déroule majoritairement dans les alizés.

La communication a semble-t-il été défaillante du côté de l’organisation qui a répondu à Yann Guichard via twitter par ceci :

La accueillera la classe Ultime, si intègre le collectif est le bienvenu sur la course

 

Quel est donc le rapport entre le collectif Ultim et la Transat Jacques Vabre ?

A priori aucun, le collectif Ultim a été lancé en fin d’année dernière par trois armateurs de Maxis Multicoques destinés au solo, à savoir Banque Populaire, Macif et Sodeb’O qui ambitionnait de lancer un programme sur 4 ans à partir de 2015.

A son lancement, le communiqué de presse du Collectif Ultim précisait :

Le Collectif Ultim s’est donné pour objectif de travailler à la mise en place d’un programme sur 4 ans, appelé Challenge Ultim qui intégrerait un tour du monde en solitaire et au minimum une course intermédiaire, les autres années. Le format requis pour ces courses serait du solo ou du double. Rejoindre le collectif pour un armateur suppose que son bateau soit maniable sans assistance électrique ou hydraulique et puisse s’aligner au moins au départ d’une course par an.

L’objectif était donc de fédérer les équipes de maxis multicoques de plus de 80′ sans se substituer aux organisateurs de course.

A l’heure actuelle, le Collectif Ultim reste à l’état de projet, et aucun programme n’a été dévoilé.

Pourquoi l’organisateur de la Transat Jacques Vabre demande alors à Spindrift de rejoindre ce collectif, alors que la participation des bateaux plus petits n’est pas soumise à l’adhésion à celui-ci ?

L’objectif du collectif Ultim semble être de développer une « classe » de Maxis Multis Solo.  Les flotteurs du nouveau Macif ont d’ailleurs été construits  dans des moules femelles afin de pouvoir construire d’autres unités, il semblerait que Banque Populaire songe fortement à faire construire un nouveau trimaran dans ces moules pour la Route du Rhum 2018, le Gitana Team semble également réfléchir à cette option.

Armel le Cléac’h forfait pour la Route du Rhum

Le skipper du maxi trimaran solo Banque Populaire VII doit déclarer forfait pour la route du Rhum 2014 dont le départ sera donné le 2 novembre. Armel le Cléac’h est contraint de renoncer à cette transatlantique en course, suite à une blessure a la main ayant entrainé une section tendineuse et d’un nerf, ce qui le contraindra à rester plusieurs mois sans compétition.
Ce forfait tombe au plus mal pour le team Banque Populaire puisque le skipper était parfaitement préparé et disposait du bateau vainqueur de la dernière édition (ex Groupama 3, Franck Cammas). Reste à trouver un skipper de remplacement, le nom de celui-ci devrait être connu la semaine prochaine, plusieurs équipiers du team sont susceptibles de se substituer au skipper titulaire, tout comme plusieurs marins habitués des grands multicoques.

Du côté des concurrents, Sodeb’O Ultim’ de Thomas Coville et Idec de Francis Joyon sont actuellement chez Multiplast pour un chantier avant la course, Thomas Coville dispose déjà de sa qualification qu’il a effectué à son retour de Guadeloupe.

Yann Guichard sur Spindrift 2 est quand à lui en train d’effectuer ce parcours de qualification, après un court arrêt à Horta suite à la casse d’un safran de flotteur consécutif à un choc avec un OFNI. Le bateau devrait également subir un check up en septembre.

En Multi 70, Sébastien Josse, le skipper de Groupe Edmond de Rotshchild est également qualifié, Sidney Gavignet sur Oman Sail et Yann Eliès sur Paprec devront aussi satisfaire à ce préambule dans les semaines à venir.

Banque Populaire VII rentre en France, Spindrift 2 en stand by, double transtalantique pour Thomas Coville

Après deux mois de stand by, Armel le Cléac’h a décidé de mettre fin à son stand by concernant le record de l’Atlantique Nord entre New York et le Cap Lizard, ceci afin de mieux préparer la Route du Rhum dont le départ sera donné dans 100 jours.

Les conditions anticycloniques sur l’Atlantique Nord et des glaces situées très sud pour la saison auront eu raison de ce stand by de deux mois. Le skipper du maxi trimaran solo Banque Popualire VII va donc reprendre la mer en direction de Lorient, il mettra à profit cette transat pour parfaire sa préparation puisqu’il n’embarque que Gildas Morvan à ses côtés, celui-ci participera le moins possible à la marche du bateau.

Armel le Cléac’h, skipper de Banque Populaire VII : « Nous nous étions donnés la fin juillet comme date butoir de notre stand by à New York. Marcel van Triest me confirme qu’aucune perspective ne se dessine durant les 8 prochains jours. Il est donc temps pour moi de ramener le maxi trimaran à son port d’attache de Lorient, afin de respecter notre calendrier de préparation à la Route du Rhum. Trois semaines de chantier sont en effet programmées en août, afin de soumettre le bateau à une profonde vérification d’ensemble, suite à ses quatre transats de l’année. Je souhaite naviguer intensément dès les premiers jours de septembre dans la perspective de mon objectif prioritaire, la 10ème édition de la Route du Rhum. Depuis près de deux mois que nous surveillons l’évolution des phénomènes météo sur l’Atlantique, rien de vraiment sérieux ne nous a été proposé, et la présence d’icebergs au sud de Terre Neuve nous aurait contraint à rallonger sérieusement la route. Je quitterai New York sans regret car les conditions de signer un chrono ne se sont pas offertes à nous. Cette nouvelle traversée de l’Atlantique va cependant me permettre de poursuivre mon entraînement en solitaire à bord de Banque Populaire VII. Il me tarde de reprendre mes marques. Gildas Morvan sera à bord pour m’aider en cas de situation difficile, mais il sera avant tout un observateur et c’est seul que j’effectuerai les manœuvres le plus lourdes, en vivant selon un rythme le plus proche possible du solitaire. »

© Yvan Zedda / BPCE

L’autre maxi trimaran également en stand-by, Spindrift 2, restera sur place jusqu’à la mi-août, Yann Guichard et Dona Bertarelli et leur équipage espèrent pouvoir trouver une fenêtre météo dans les trois semaines à venir, dans le cas contraire, le bateau rejoindra aussi son port d’attache breton afin de le configurer pour la Route du Rhum.

Quant à Thomas Coville, autre prétendant à la victoire sur la prochaine Route du Rhum, il est arrivé vendredi en Guadeloupe après une transat en équipage (Jean-Luc Nélias, Loïc Le Mignon, Thierry Briend, Martin Gavériaux et Alexis Aveline l’accompagnaient) sur le nouveau Sodeb’O Ultim, il a repris la mer hier pour le convoyage retour en solitaire, également dans le but de parfaire sa préparation à cette course.

Thomas Coville, skipper de Sodeb’O Ultim :

« Le bateau est très sain et se maitrise facilement. Sodebo Ultim’ passe super bien dans la mer et ne mouille pas beaucoup. Si on navigue très vite à 30 nœuds, le bateau se stabilise facilement même sous pilotes. On a gardé les références des pilotes acquises avec le max-trimaran Sodebo. Les mécaniques et les mécanismes marchent bien, ce n’est pas surprenant car nous n’avons pas d’innovations majeures. C’est vrai aussi que la réalisation et le positionnement auraient pu nous arrêterA vec ce bateau là, j’ai l’impression d’être dans une autre dimension, dans un autre univers. Par rapport au Maxi Sodebo, c’est vrai que tu ralentis quand tu te déplaces. L’inertie d’un bateau de 15 tonnes qui va facilement à 30 nœuds t’emporte quand il accélère ou décélère. Le plus difficile physiquement, ça a été de dormir. C’est normal, c’est une première transat. Il y a de nouveaux sons, une nouvelle sonorité. J’étais forcement très attentif mais ça va s’améliorer. Je vais m’habituer ».

 

Vulcain Trophy : Alinghi reprend la tête, Ladycat powered by Spindrift remporte le Bol d’Or

L’équipage d’Ernesto Bertarelli a repris les commandes du Vulcain Trophy avec sa victoire sur la Genève Rolle Genève, sur l’Open de Versoix et sa 3ème place sur le Bol d’Or.

Alinghi avait pris les commandes de l’Open de Versoix dès les premières manches avec deux victoires d’entrée de jeu, ils contrôlaient ensuite malgré une dernière place sur la dernière manche suite à une pénalité, ce grand prix se réduisait à une journée de régate et six manches faute de vent le lendemain. Ils s’étaient imposé la veille sur la première classique lémanique de la saison : la Genève Rolle Genève, celle-ci s’est courue dans des vents faibles à modérés, Alinghi et Realstone avaient pris la tête dès le début, Mobimo et team Tilt bataillaient pour la troisième place, c’était finalement Christian Wahl qui prenait celle-ci devant Tilt, Zen Too et Ladycat powered by Spindrift.

A noter sur ces deux rendez-vous la belle performance de Realstone, qui avait chaviré quelques jours avant ces régates et qui naviguait avec un mât de spare de Zen Too et une coque d’Artemis.

Sur la plus célèbre régate lémanique, le Bol d’Or, c’est Ladycat qui s’imposait, l’équipage de Dona Bertarelli et Yann Guichard choisissait de ne pas prendre d’option extreme dans une bise soutenue, ce choix stratégique payait puisque l’équipage s’imposait devant Realstone, Alinghi, Mobimo et Zen Too. Hydros autre bateau de classe M1 se classait 9ème (suite à la pénalité de Veltigroup) derrière 8 D35, à 30 minutes du vainqueur, le catamaran Flying Phantom, qui disputait la régate « hors classement » termine juste derrière le foiler de 35′. A noter la casse d’un foil du GC 32 engagé qui termine donc en 17ème position.

Dona Bertarelli, skipper de Ladycat powered by Spindrift racing « La stratégie était de rester au contact de nos concurrents et de ne pas prendre d’options extrêmes afin de pouvoir saisir toutes les opportunités et avoir des cartes à jouer. Nous sommes restés très concentrés pendant toute la course, car les conditions étaient vraiment difficiles et nous étions toujours à l’attaque et donc sur le fil du rasoir. Je suis très fière de mon équipe qui a bien navigué de bout en bout. C’est aussi un immense bonheur de remporter le Bol d’Or Mirabaud, surtout pour la seconde fois. Cette édition a une saveur particulière, car Ladycat powered by Spindrift racing porte les couleurs de Mirabaud. Je suis fière et émue de pouvoir partager cette victoire avec tous mes partenaires. Maintenant il faudrait qu’on réussisse encore à s’imposer sur la prochaine édition car pour remporter définitivement le challenge du Bol d’Or, il faut gagner 3 fois l’épreuve en 5 ans !»

©Loris Von Siebenthal

Yann Guichard « Nous avons un peu souffert au près. Nous avions fait le choix de régler le bateau pour des conditions très ventées donc nous n’avons pas pu bénéficier des avantages de cette option sur les premiers miles. L’objectif était néanmoins d’arriver dans le paquet de tête à la mi-parcours et nous avons réussi à prendre les commandes de la flotte à 150 mètres du Bouveret. Sur la fin, c’était vraiment très chaud, on était à pleine vitesse dans un mouchoir de poche avec Realstone et Veltigroup. Nous avons réussi à les doubler à 300 mètres de la ligne d’arrivée et ils terminent 50 mètres derrière nous. Le suspens a été jusqu’au bout ! Nous avons eu une bonne stratégie et vraiment un super travail d’équipe. Nous avions fait certains choix techniques et stratégiques qui ont payé. Pour ma part, c’est la première fois que je remporte le Bol d’Or Mirabaud. Cela représente pour moi une course mythique, une épreuve que je rêvais d’accrocher un jour dans ma carrière. Je suis vraiment super content ! »

 

Du mouvement chez les Ultimes

  • Armel le Cléac’h et son équipage sont arrivés à New York vendredi 23, le skipper du maxi trimaran solitaire Banque Populaire VII débutera son stand by dès le 2 juin pour sa tentative de record sur l’Atlantique Nord en solitaire
  • Sodeb’O Ultim est désormais mâté, le team s’affaire sur le trimaran afin d’effectuer les premiers test sous voiles qui devraient avoir lieu dans les jours qui viennent. Thomas Coville pourra ensuite débuter sa préparation pour la Route du Rhum.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Baptiste Morel/Voile-Multicoques

  • Spindrift 2 a quitté la Trinité sur Mer cette après midi, le maxi trimaran du team Spindrift racing rejoint également les Etats Unis, l’équipage de Yann Guichard et Dona Bertarelli tentera également le record de l’Atlantique Nord, en équipage.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Yann Guichard. « La route la plus courte se ferait au près, face au vent et aux dépressions, ce qui n’est pas très intéressant en préparation d’un record qui se joue au portant. Nous allons donc adapter au mieux notre trajectoire pour aller chercher au maximum des allures portantes et de reaching. L’objectif est de nous approcher au plus près des conditions de navigation du record afin que chacun retrouve bien ses sensations, notamment à la barre. J’ai vraiment hâte. Même si nous avons effectué plusieurs navigations longues au départ de La Trinité, rien ne remplace le mode océanique, tant techniquement que humainement. »

Erwan Israël navigateur : « La météo s’annonce très variée voire même plutôt instable sur la fin de parcours, nous partons au Sud dans des conditions médiums pour aller longer le Portugal avant d’enrouler l’Anticyclone des Açores par dessous. Ensuite, nous remontrerons vers Newport dans un régime plus dépressionnaire et le vent doit forcir sur le final.

 

Route du Rhum, les mises à l’eau s’enchainent

  • Le Gitana Team a remis à l’eau le Multi 70′, Groupe Edmond de Rothschild sur lequel Sébastien Josse s’alignera à la prochaine Route du Rhum. L’essentiel du chantier d’hiver a porté sur la mise en configuration solo du bateau initialement prévu pour 6 équipiers, l’ensemble de la table à carte a été ramenée sous la casquette qui dispose de plus de volume, le pilote automatique installé pour la Transat Jacques Vabre a été doublé afin de pallier à une panne. Le trimaran a également été allégé avec u nouveau moteur et de nouvelles voiles, ainsi que la suppression de tous les aménagements intérieurs. Enfin élément le plus innovant pour Gitana XV, des safrans en T.

Sébastien Josse  : « L’objectif de ces nouveaux safrans de flotteurs est de diminuer le tangage du bateau dans la mer. Cette plus grande stabilité devrait nous permettre un gain significatif sur la vitesse moyenne ainsi que dans la conduite du bateau. L’idée n’est pas de faire voler le trimaran… en tous cas pas pour l’instant !» 

Antoine Koch, le responsable du bureau d’études Gitana : « Le temps dont nous disposions cet hiver était trop court pour réaliser l’ensemble des modifications imaginées à l’origine : safrans, foils, travail sur le plan de voilure … Ces nouveaux appendices ne sont qu’une première étape dans ce que nous souhaitons mettre en place par la suite. Le but est bien de faire encore évoluer la plateforme de Gitana XV »

  • Un autre Multi 70 sera en lice pour cette Route du Rhum, Oman Sail Musandam de Sydney Gavignet, le skipper va enchainer les navigations en équipage jusqu’en août, puis peaufinera sa préparation à partir de septembre.
  • Yann Guichard poursuit quand à lui la montée en puissance sur le Maxi trimaran Spindrift 2 avec un record sur l’Atlantique Nord en équipage, dont le stand by débutera en juin, il s’entrainera ensuite en solitaire. Armel le Cléac’h a pour sa part largué les amarres de Banque Populaire VII, l’autre géant de ce Rhum (ex Groupama 3), il s’alignera sur le même parcours en solo.
  • Le Multi 80, Prince de Bretagne, le multi mené par Lionel Lemonchois est en chantier à Lorient, suite à son chavirage, l’équipe technique s’attelle à la remis en état du trimaran afin que le skipper puisse reprendre les navigations au plus vite, probablement début juillet.
  • Le « nouveau » Sodeb’O de Thomas Coville, est sorti du hangar Multiplast, l’ex Géronimo d’Olivier de Kersauson est méconnaissable (nouvelle coque centrale, remplacement de l’avant des flotteurs etc.). Les finitions sont en cours et la mise à l’eau est prévu pour le 19 mai.

Alinghi vainqueur du 1er Grand Prix de la saison en D35

Les équipages des D35 ont repris la compétition le week end dernier, avec des conditions météos musclées.
Les favoris étaient bien présents dans le haut du classement avec une victoire pour Ernesto Bertarelli, propriétaire et barreur d’Alinghi, celui-ci présent depuis le début du circuit, constate que le niveau a encore augmenté d’un cran : «il devient très difficile de se frayer un chemin entre des bateaux qui optent pour des tactiques toujours plus pointues. Preuve en est, il y 6 gagnants différents sur treize courses. Cela augure pas mal de renversements de situation au cours du championnat.»
 Ladycat Powered by Spindrift racing  était mené pour cette première manche par Yann Guichard qui place le bateau du team Spindrift racing en 2nde position de ce rendez-vous.
 Yann Guichard : « le premier jour s’est super bien passé et les jours suivants le vent était plus instable en intensité, nous avons eu un peu plus de mal dans les manœuvres. Mais c’est aussi normal, bien qu’expérimentés nous sommes une équipe nouvelle et nous devons progresser ensemble dans les manœuvres et la coordination. Nous n’avions que 6 jours d’entrainements et aucun dans la brise et si tu veux être dans le coup il faut que toutes les manœuvres soient parfaites. Le niveau est encore monté et on peut voir qu’il y a 4 équipes qui se sont tout de suite détachées sur ce premier Grand Prix. J’ai pris énormément de plaisir à la barre et c’est vraiment très encourageant de commencer par un podium, on va s’accrocher pour figurer dans les leaders dans les prochaines régates. ”
Mobimo, le bateau de Christian Wahl était de retour avec un équipage partiellement renouvelé mais habitué au support (Pierre Pennec, Hervé Cunnigham). Il se classe 3ème de ce Grand Prix devant Realstone, Tilt et Zen Too.