Statu quo sur la Transat Jacques Vabre

Après quatorze jours de course et les nombreux abandons dans la classe Multi 50′, les deux rescapés poursuivent leur course vers le Costa Rica.

Actual mené par Yves le Blévec et Samuel Manuard a peu à peu accentué son avance sur  Loic Féquet et Loic Escoffier sur Maitre Jacques depuis le départ, les deux trimarans ont contourné la marque de la Barbade et naviguent désormais dans la mer des Caraibes, Actual pointe à 1000 milles de l’arrivée avec 290 milles de retard, sauf avarie le duo le Blévec/Manuard devrait remporter cette transat devant Féquet/Escoffier.

Loic Féquet : « On pensait que la journée d’hier serait paisible et rapide sous les alizés et ça n’a pas du tout été le cas ! Il n’y a pas eu de vent, beaucoup de grains orageux, on a dû tirer des bords… Passer la Barbade a été très laborieux, on a eu une grosse panne de vent d’une heure ! Du coup on l’a rebaptisée la Barbante

Depuis qu’on l’a enroulée, tout va bien, on est à nouveau à 20 nœuds, on sera à Sainte Lucie dans une heure. Ensuite, Jean-Yves Bernot nous conseille de carrément traverser presque toute la mer des Antilles avant de faire cap sur Puerto Limon… On a encore 1500 milles à faire donc avec une ETA possible le 20 novembre.

Aujourd’hui, normalement, les grains sont derrière nous, on devrait avoir de l’alizé mais la nuit prochaine risque d’être à nouveau orageuse. Du coup on se repose bien le jour mais les nuits sont plutôt agitées ! »

Du côté des avaries, Prince de Bretagne devrait bientôt quitter la Corogne pour être convoyé vers sa base de Lorient, le skipper Lionel Lemonchois attend des conditions favorables, à savoir un vent d’ouest sur le golfe de Gascogne, afin de faire naviguer le trimaran sans solliciter le flotteur et le bras de liaison droits. Son co-skipper sur cette transat, Matthieu Souben a convoyé avec Antoine Koch Crêpes Whaou, qui avait du abandonné suite à la blessure de Franck Yves Escoffier, qui souffre de fractures suite à sa chute dans le cockpit du bateau.

Transat Jacques Vabre : plus que deux trimarans en course

Les premiers à jeter l’éponge ont été Lionel Lemonchois et Matthieu Souben sur Prince de Bretagne hier soir suite à une nouvelle avarie sur le bras de liaison du trimaran, cette casse fait suite aux conditions musclées de ce début de course avec des rafales à plus de 35 noeuds et une mer forte et hachée de face, puis une descente vers le sud sous les grains et dans une mer délicate.
Matthieu Souben « Nous avons entendu un gros « crac ». La crosse du bras avant de liaison bâbord venait de casser. Nous avons alors immédiatement affalé, sécurisé le bateau et mâtossé tout ce qui était lourd sur tribord. Nous savions que les conditions étaient dures et soumettraient les bateaux à rude épreuve. Depuis le départ, nous avions pourtant mené notre barque sans tirer dessus outre mesure… La casse à laquelle nous devons faire face était impossible à anticiper ».
Lionel Lemonchois : « Le bras est complètement désolidarisé du flotteur. Celui-ci tient avec la drisse de gennaker et des bouts que nous avons mis un peu dans tous les sens. Nous avons renvoyé un peu de toile pour que le bateau soit appuyé. Les conditions sont correctes, la dorsale nous rattrape tout doucement, nous avons 10/12 de vent, encore de la mer. Ce serait bien que ça se calme, ça soulagerait bien le bateau. Nous devons faire un bon dix noeuds de moyenne. Nous ne savons pas encore où nous allons exactement: Corogne, sans doute. Nous déciderons  au fur et à mesure. Nous ne pouvons naviguer que bâbord amure, quand le bateau est bien appuyé. Ainsi, le flotteur ne touche pas l’eau et c’est là que ça souffre le moins. Depuis hier soir, il a fallu faire vite, préserver le bateau, passer la nuit en espérant que ça ne s’aggrave pas trop. Je suis assez optimiste, si nous continuons comme ça, ça devrait aller. Nous allons continuer notre petit bout de chemin, voir où le vent nous emmène. Là où le vent nous portera, comme dit la chanson »

La série noire a continué avec Crèpes Whaou qui annonçait son abandon peu après, sur blessure cette fois-ci, Franck Yves Escoffier a fait une mauvaise chute dans le cockpit du bateau, comme il l’explique : « Je venais de barrer pendant deux heures. Je me suis levé, il y avait une mer croisée, des vagues un peu déferlantes. Antoine (Koch, son co-skipper) se préparait, on discutait, une vague a pris le bateau par le travers et je suis parti. Ma tête a atterri dans la casquette (qui protège le cockpit, ndlr), les lunettes ont volé et j’ai pris le winch dans le bas du dos. Tout de suite, j’ai senti la douleur et je me suis allongé.J’ai eu mon rhumatologue qui m’a prévenu que j’avais peut-être quelque chose de cassé, coccyx, vertèbre… Toute la zone est douloureuse. La décision d’abandonner est sage. Connaissant la mer, le bateau et ce qu’on allait prendre, ça n’aurait pas été sérieux de continuer. « 

L’équipage de Crèpes Whaou se dirige vers la Corogne, tout comme Prince de Bretagne, les deux bateaux sont attendus demain matin dans le port espagnol.

Le troisième équipage contraint d’arrêter la course était celui de FenêtréA-Cardinal. Erwan Le Roux et Didier Le Vourch ont constaté des fissures au niveau du mât : « Hier dans l’après-midi (vendredi), la mer s’est calmée et nous en avons profité pour faire à nouveau avancer la bête , racontait samedi matin Erwan Le Roux. Nous avons alors entendu deux ou trois cracs. Nous avons réduit tout de suite et nous nous sommes rendus compte que l’avant du bateau était plein d’eau et qu’il y avait des fissures dans la cloison du mât à l’avant. Nous avons donc décidé de faire demi-tour. « Le trimaran fait route vers La Trinité-sur-Mer.

Ne restent en course qu’Actual, leader ce soir avec 37 miles d’avance sur Maître Jacques, la course se résume donc désormais à un duel entre Yves le Blévec/Samuel Manuard et Loic Féquet/Loic Escoffier.

Le départ de la transat Jacques Vabre aura lieu mercredi

Le départ de la Transat Jacques Vabre, qui devait avoir lieu hier à 13h, sera finalement donné mercredi à 15h, une décision sage aux vues des prévisions météos qui annoncent une dépression très creuse qui va générer des conditions tempétueuses pendant 48 heures : vents moyens de 45 nœuds, rafales à 55/60 nœuds associés à une mer grosse (creux de 8 à 10 m) à l’arrière du front froid.

Les équipages des Multis 50′, IMOCA et classe 40 patienteront donc dans le port du Havre jusqu’en milieu de semaine avant de s’élancer vers le Costa Rica, le plateau en Multi 50′ a été amputé d’une unité avant le départ, en effet Anne Caseneuve et son fils ne pourront prendre le départ sur leur trimaran puisqu’ils n’ont pas fourni le certificat de jauge indispensable à l’engagement du bateau, ils ne seront donc que six à s’affronter sur cette transat.

On retrouve bien évidemment le vainqueur en titre, Franck Yves Escoffier sur Crèpes Wahou 3, il sera associé à Antoine Koch, leurs deux principaux adversaires seront Actual mené par Yves le Blévec et Samuel Manuard et Prince de Bretagne avec Lionel Lemonchois et Matthieu Souben à bord ; FenêtreA Cardinal et MonOpticien.com ne devraient pas pouvoir suivre le rythme imposé par les derniers bateaux construits, le rôle d’outsider pour le podium et/ou la victoire revient à Maître Jacques (l’ex Crèpes Wahou 2) skippé par Loic Féquet et Loic Escoffier, qui a brillé en fin de saison de grand prix et qui a le potentiel pour tenir la dragée haute aux favoris.

Actual a démâté

Deux démâtages sont à déplorer dans la classe Multi 50′ lors des convoyages retours après le Trophée de Fécamp.

Pascal Quintin, qui avait réussi à réarmer son trimaran pour ce Trophée, a démâté au large de la Hague lundi matin, Yves le Blévec a connu la même mésaventure au large des côtes anglaises dans la nuit de lundi à mardi.

Le gréement d’Actual a pu être récupéré, et le bateau a été mis à l’abri dans la riviére de Hamble, l’équipe cherche des solutions pour être au départ de la Transat Jacques Vabre le 30 octobre au Havre.

Quelques photos du trimaran à quai ici

Loic Féquet s’impose à Fécamp

Après deux journée de petit temps, les équipages ont rencontré des conditions plus soutenues aujourd’hui avec 15 à 20 noeuds de vent. Loïc Féquet sur Maître Jacques a confirmé sa progression fulgurante en s’adjugeant le Trophée, après une belle seconde place lors du dernier rendez-vous des Multis 50′.

Franck Yves Escoffier sur Crêpes Whaou! se contente de la seconde place, Lionel Lemonchois renoue avec des performances honorables sur Prince de Bretagne en terminant à égalité de points avec Actual d’Yves le Blévec dans le petit temps, au général Yves Le Blévec prend la troisième place grâce à une victoire de manches et malgré deux disqualifications pour manquement au règles de priorité et d’engagement en début de rendez-vous.

Photo Patrick Deroualle

Loic Féquet : « Nous sommes les premiers surpris de nos performances. Nous soignons nos départs et tout s’enchaîne sans heurts. A nous de confirmer demain dans du vent plus soutenu. »

Franck Yves Escoffier : « On a fait trop de bêtises, notamment lors des phases de départ[…] Avec de l’air ça va mieux ! On était sur un patin, on sentait bien le bateau, l’équipage fonctionnait correctement. Bref, tout est rentré dans l’ordre… mais un peu trop tard.  Aujourd’hui, on a été meilleurs que Maitre Jacques. Hier on a eu moins de talent dans nos réglages, dans la coordination de l’équipage. Loïc Féquet mérite largement de gagner ce Trophée. C’est aussi pour lui une juste récompense d’être venu dans la classe Multi50 avec un bateau qui n’est pas neuf mais parfaitement optimisé »
Lionel Lemonchois : « Nous nous sommes bien battus. Nous étions constamment au contact avec les autres. La bagarre a été belle tout au long de l’épreuve. Globalement, nous avons pris de bons départs ce qui nous a permis de rester dans le coup dans le petit temps même avec un bateau plus lourd. Evidement, nous restons plus à l’aise dès que le vent rentre. La différence est flagrante au près. A cette allure, quand c’est fort, ça va tout seul. Ceci étant dit, nous avons pris beaucoup de plaisir sur l’eau. Chaque course était très serrée. Au final, il nous manque une victoire de manche. Nous sommes passés tout près dans la course n°6. Malheureusement, il fallait composer avec des grains et certains ont eu plus de réussite que nous. Quoi qu’il en soit, c’était sympa »

Classement général

1- Maitre Jacques – Loïc Féquet : 8 pts
2- Crêpes Whaou! – Franck-Yves Escoffier : 12 pts
3- Actual – Yves Le Blévec : 19 pts
4- Prince de Bretagne – Lionel Lemonchois : 19 pts
5- La mer révèle nos sens – Philippe Laperche : 29 pts
6- FenetreA-Cardinal – Erwann Le Roux : 33 pts
7- CLM – Hervé Cléris : 40 pts
8- Nootka – Gilles Buekenhout : 48 pts
9- Martenat Bretagne – Pascal Quintin : 57 pts
10-Citoyens du Monde – Jean-François Lilti : 61 pts
11-PIR2 – Etienne Hochedé : 66 pts
12-Delirium : Nolwenn de Carlan : 73 pts

L’équipage de Crêpes Whaou s’impose à Saint Quay

L’équipage de Franck-Yves Escoffier s’est imposé au Trophée des Multis 50′ à Saint Quay suite à un sans faute ce dimanche, ils avaient du, hier, faire face à un adversaire coriace, Maitre Jacques, qui prend ce soir la deuxième place.

Le skipper de Crêpes Whaou avait réuni un équipage de haut vol pour ce rendez-vous : Antoine Koch, Kevin Escoffier, Sébastien Josse, et Pierre Hingant.

© Fanch Galivel

Les équipages se sont confrontés sur huit manches courues depuis vendredi matin, dans des conditions légères,  Crêpes Whaou ! et Maitre Jacques terminent à égalité de points, la victoire a été attribué au bateau vainqueur de la dernière manche à savoir Crêpes Whaou.
Franck-Yves Escoffier : « ça, c’est sur le papier mais sur l’eau, Loïc Féquet a gagné tout autant que nous puisque nous sommes à égalité de points. Hier ils ont très bien navigué. Aujourd’hui, nous avons réussi à prendre de meilleurs départs qu’hier. Nous étions peut-être plus concentrés, plus attentifs et savions que chaque manche se jouerait sur le départ. Nous avons amélioré aussi l’efficacité de nos virements de bord. Hier nous avions des problèmes pour relancer en sortie de virement. Aujourd’hui on redémarrait bien »
Loic Féquet poursuit son ascension dans la classe Multis 50′ avec cette belle deuxième place.
Loïc Féquet : « Nous prenons à nouveau de bons départs aujourd’hui mais cette fois Crêpes Whaou nous double sur une manœuvre à la première manche et sur une autre petite erreur à la deuxième.
L’important est d’avoir pu exploiter le bateau comme jamais on ne l’avait encore fait. Nous avons éclaircis pas mal de points techniques, notamment sur les voiles. Nous savons par exemple désormais quelle sera la combinaison de voiles que nous retiendrons pour la Transat Jacques Vabre. Plusieurs questions techniques ont trouvé leurs réponses au cours de ces trois jours de course. L’équipage a super bien fonctionné, ils étaient tous là pour se faire plaisir ! De mon côté, comme je n’étais pas à la barre
(laissée à Billy Besson, ndlr) j’ai pu gérer le bateau différemment, observer d’autres points techniques… »

Yves Le Blévec place Actual sur la dernière marche du podium, et Lionel Lemonchois prend la quatrième position, les deux skippers n’auront pu faire mieux dans ces vents faibles sur des trimarans plutôt typés transat.

Lionel Lemonchois : « Par rapport à la concurrence, nous sommes plus lourd et avec nos deux dérives à bouger dans les manœuvres nous sommes peut-être un peu moins réactifs. Il n’y a pas vraiment de surprises quant aux résultats, nous n’avons pas toujours pris de bons départs et nos adversaires sont talentueux. Dans ce type de conditions nous sommes comme qui dirait, abonnés à la quatrième place.  Malgré tout, je suis content de cette course, nous avons fait de belles manœuvres, progressé sur certains points et mis en évidence des choses à améliorer. Dans tous les cas nous avons passé un excellent moment ».

Le prochain rendez-vous pour les Multis 50′ aura lieu dans deux semaines pour le Trophée du Port de Fécamp qui devrait compter 14 multicoques au départ.

Classement général à l’issue de huit manches
1- Crêpes Whaou ! (FY Escoffier) – 9 pts
2- Maitre Jacques (L.Féquet) – 9 pts
3- Actual (Y.Le Blévec) – 13 pts
4- Prince de Bretagne (L.Lemonchois) – 20 pts
5- CLM (D.Cloarec) – 30 pts
6- La Mer révèle nos Sens (Ph.Laperche) – 33 pts
7- Fenêtréa-Cardinal (E.Le Roux) – 38 pts
8- Martenat Bretagne (P.Quintin) – 47 pts
9- Nootka (G.Buekenhout) – 50 pts
10-Citoyens du monde (JF. Lilti) – 61 pts
11-Delirium (H.de Carlan) – 62 pts
12-PiR2 (E.Hochédé) – 64 pts

Gitana 11 remporte l’Armen Race

Après le Tour de Belle Ile, Sébastien Josse et son équipage remporte l’Armen Race sur Gitana 11, l’ancien 60′ ORMA rallongé à 77′, le trimaran était le seul engagé en catégorie Ultime et boucle le parcours de 300 milles entre la Trinité sur Mer l’Ile d’Yeu et l’Ile de Sein en 14 heures 5 minutes à une moyenne de  23,41 noeuds.

Les hommes du Gitana Team poursuivent donc leurs entrainements en course avant la livraison de leur MOD prévue en octobre.

Dans la catégorie Multi 50′, c’est Franck Yves Escoffier et son équipage de haute volée (Yvan Noblet, Pascal Bidegorry,  Loïc Escoffier, Thibault Vauchel-Camus) sur Crèpes Whaou 3! qui s’imposait à la Trinité 3 heures après Gitana 11 et devant Actual barré par Yves le Blévec qui en terminait 15 minutes après son adversaire, le podium était complété dans cette catégorie par Team FenetréA-Cardinal d’Erwan Leroux.

L’équipage de Prince de Bretagne a de son côté été contraint à l’abadon, victime d’un problème électrique le privant de refroidissement de moteur, d’alternateur ou encore d’ordinateur, Lionel Lemonchoix :  » Sans logiciel de cartographie, nous ne voyions plus où nous allions. Faire un parcours côtier à l’aveugle c’est un peu risqué, surtout à 25 noeuds de moyenne. C’est dommage, car nous étions bien partis et il y avait du jeu avec Actual. Nous avons passé la marque d’Armen devant lui, puis il nous a doublé, et nous sommes repassés devant. Pas de quoi s’ennuyer, c’était plutôt motivant « 

Les réactions des skippers à l’arrivée :

Sébastien Josse, skipper de Gitana 11 : « Les 300 milles de course se sont enchaîné quasiment à la perfection et nous avons eu très peu de manœuvres à réaliser, ce qui nous permet d’établir un joli temps de parcours en 14 heures et 5 minutes. Le scénario météo était idéal. Nous avons eu un vent de nord-est soufflant entre 18 et 25 nœuds et une mer relativement plate tout au long de notre course, exception faite de l’approche et du passage de l’Occidentale de Sein (marque de parcours située à l’Ouest du phare d’ArMen). Là-bas, une houle d’Ouest de deux mètres levait une mer formée car elle venait s’opposer aux forts courants caractéristiques de la zone. A bord de Gitana 11, cela a occasionné quelques beaux sauts de vagues mais le spectacle était vraiment de toute beauté, d’autant que nous avons enroulé cette marque au soleil couchant.  Avant de partir, Antoine Koch nous avait fait un routage à 90 % des polaires du bateau et nous l’avons respecté, ce qui signifie que nous avons su exploiter Gitana 11 à la hauteur de son potentiel. Cette course m’a permis de découvrir le bateau dans des conditions plus soutenues et sur des longs bords, ce qui n’a pas été le cas lors du Tour de Belle-Ile. A chaque sortie, j’apprends beaucoup. Plus nous naviguons et forcément plus je me sens à l’aise avec le bateau. Les vitesses que nous enregistrons s’en ressentent et cette nuit, nous avons fait des pointes à 38 nœuds ! J’ai une chance incroyable d’apprendre sur l’un des plus beaux bateaux du monde et chaque navigation me procure beaucoup de plaisir, même si en multicoque le stress est toujours palpable »

Franck Yves Escoffier, skipper de Crèpes Whaou 3! «  L’objectif était de gagner, pas de tirer sur le bateau mais finalement nous étions toujours à 98% de ses capacités. Nous étions tout de suite dans le match, nous sommes restés en tête dès l’occidentale de Sein. Finalement, c’était quasiment des runs de vitesse avec des pointes à 30 nœuds parfois. On fait une belle course car Gitana 11 nous a dépassés qu’à Penmarc’h et nous terminons que trois petites heures derrière lui !
Ce format de course est super. La météo était idéale. L’équipage était à fond, l’ambiance parfaite et en plus, on gagne ! Il a fallu jouer sans cesse avec le choix de la voile d’avant et faire quelques manœuvres. Nous faisons une vitesse moyenne de 19,69 nds en route directe mais nous avons tiré quelques bords et en réalité, nous ne sommes jamais descendu en dessous de 20 nœuds, et avons même fait une pointe à 30 nœuds ! »

Conditions soutenues pour le tour de Belle Ile demain

Les organisateurs du tour de Belle Ile prévoient des conditions soutenues pour cette quatrième édition, avec 25 noeuds établis et 30 en rafales. Le départ aura lieu à 11h pour les 480 bateaux inscrits.

Les prétendants au titre seront principalement  Sébastien Josse et l’équipage de Gitana 11, le skipper, nouveau venu en multicoque a effectué aujourd’hui un tour de reconnaissance du parcours, bouclé en 2h15, à 20 noeuds de moyenne, mais aussi Alain Gautier sur le 60′ ORMA Sensations 2, l’ancien Foncia, un des 60′ les plus véloces construit à l’époque du championnat ORMA, Lalou Roucayrol pourrait créer la surprise sur le trimaran de 75′ sur plans Irens (ex B&Q Castorama d’Ellen MacArthur).

Côté Multi 50′, une petite dizaine de trimarans  se retrouveronnt au départ à La Trinité-sur-Mer demain, dans cette classe, il faudra compter sur les valeurs sûres, à savoir Franck-Yves Escoffier, à la barre de Crêpes Whaou ! remis à neuf après les avaries de la Route du Rhum, tout comme Actual d’Yves Le Blévec, Lionel Lemonchois, vainqueur de la route du Rhum, sera également un prétendant à la victoire dans cette classe sur Prince de Bretagne, Loïc Féquet (Maître Jacques) qui a effectué une belle première sortie à Douarnenez sera à surveiller.

Clap de fin sur la Route du Rhum

Il ne reste à l’heure actuelle que quelques concurrents en mer, la Route du Rhum 2010 est donc quasiment terminée, le bilan est assez mitigé en classe Multi 50′ avec l’abandon de deux des favoris, Franck Yves Escoffier sur Crèpes Whaou 3! et Yves le Blévec sur Actual, ces deux skipper qui faisaient course en tête ont été contraints de se retirer de la course suite à la perte de l’étrave sur Crèpes Whaou 3 et à la casse sur le bras de liaison tribord sur Actual, les deux marins ont cependant réussi à sécuriser leurs trimarans avant l’arrivée de leurs préparateurs qui les ont rejoint pour consolider celles-ci et rallier la Guadeloupe.

Dans cette classe, le grand gagnant est Lionel Lemonchois qui s’offre un doublé suite à sa victoire en classe ORMA en 2006, il revient de loin puisqu’il était prêt à abandonner en début de course suite à la rupture de son lashing de grand voile et une montée en tête de mât, il a ensuite remonté la flotte pour s’adjuger la première place devant Lalou Roucayrol qui accède à un premier podium sur son bateau Région Aquitaine-Port Médoc, Loic Fequet prend la troisième place sur Maître Jacques (ex Crèpes Whaou 2!) pour sa première course en solo.

© Marcel Mochet

En classe Ultime, Franck Cammas sur Groupama 3 a dominé la course dès le départ, et a su conserver son avance sur ses poursuivants les plus dangereux, à savoir les deux spécialistes du solo sur leurs plans Irens : Francis Joyon (2nd sur Idec) et Thomas Coville (3ème sur Sodeb’O), Yann Guichard sur Gitana 11 n’a pas pu profiter du potentiel de son bateau et termine 4ème devant Philippe Monnet, Gilles Lamiré et Servane Escoffier.

© Yvan Zedda

A lire, l’avis de Fred Le Peutrec (skipper de 60′ ORMA, barreur sur Groupama 3 et Banque Populaire 5) sur le plateau de la Route du Rhum en classe Ultime, cette réponse est extraite d’une interview accordée par le skipper à Voile-Multicoques avant lé départ de la Route du Rhum et qui sera publiée dans quelques jours.

Le plateau de la Route du Rhum est assez hétéroclite en classe Ultime, qui te semble le mieux armé pour cette course ?

Le problème de cette Route du Rhum c’est qu’il n’y a pas deux bateaux comparables et qu’en fonction de la météo certains bateaux seront plus performants sur certaines séquences de la course, il ne faudra pas juger les performances instantanées. Ce n’est pas parce qu’un bateau dominera en sortie de Manche qu’il glissera bien dans les Alizés, ou dans un contournement d’anticyclone.

En dehors de l’aspect bateau il y a aussi le skipper qui le fait marcher. Ceux qui sont le plus expérimentés sur leurs bateaux, Thomas (Coville sur Sodeb’O) et Francis (Joyon sur Idec) ont une carte à jouer. Pour Franck sur Groupama 3, le bateau est absolument génial et désormais adapté au solo. Avec une grosse perte de poids, et son petit mât il est encore plus rapide qu’il ne l’était dans la brise, il y a moins de trainée. Si les séquences sont assez longues et ne demandent pas trop de manœuvres, je pense que Franck ira très vite en vitesse pure.

Pour Gitana 11, c’est un bon canot mais qui reste très étroit, qui monte vite sur une patte, il faudra donc gérer le latéral. Il faudra pouvoir barrer longtemps pour le maitriser, ce qui impliquera de l’épuisement. Le bateau me paraît très rapide dans certaines conditions, mais ce ne sont pas les conditions classiques d’une Route du Rhum, ce seront plutôt les conditions légères qui lui seront favorables.

Franck Yves Escoffier abandonne, Lionel Lemonchois à la poursuite de Lalou Roucayrol

Franck Yves Escoffier, skipper de Crèpes Whaou 3! a annoncé aujourd’hui son abandon, en effet le malouin a été obligé de faire marche arrière au moteur pendant une heure, afin de tenter une réparation de fortune sur son étrave comme il l’explique : « Le premier jour, j’avais le moral dans les chaussettes. Puis j’ai dormi pour prendre du recul. Il fallait rendre le bateau étanche. La pompe m’est restée dans les mains…J’ai décidé d’attaquer par l’intérieur. J’ai rampé jusqu’à l’étrave en passant les cloisons les uns après les autres. Heureusement que je n’ai pas trop mangé car avec 5 kg de plus ça ne serait pas passé !!! Je suis arrivé jusqu’à la cloison de solent, ouverte. Et là, ça faisait une belle baie vitrée avec vue sur la mer ! J’en rigole mais c’est triste à voir. J’ai rentré le gennaker mètre par mètre, j’ai tassé, je l’ai rentré en force pour faire un gros bouchon. Puis par l’extérieur,  j’ai mis mes sacs à voiles et mon sac étanche Cotten pour protéger. J’ai tout sanglé. Ça devrait tenir. Pour l’instant je marche à 7 nœuds car il n’y a pas trop de mer et peu de vent. Je descends un peu pour anticiper la bascule de vent dans 48 heures. »

© AFP

Du côté d’Yves le Blévec, la situation s’est aussi améliorée, après avoir consolidé le bras de liaison, le skipper du trimaran Actual a lui aussi réussi à maitriser la voie d’eau sur la coque centrale de son bateau  :

«  Après 12 heures de séchage, je me suis décidé à tester la réparation entreprise hier pour tenter de boucher la fuite d’eau responsable de toute nos misères. Une plaque de monolithique, une latte de GV débitée en fagots, un peu de tissus de carbone, de la résine époxy qui prend sous l’eau… Et voilà le résultat : c’est sec. C’est une grande nouvelle parce que le bateau est maintenant beaucoup plus léger et la structure, bien malade, est considérablement moins sollicitée. Ça va dans le bon sens. Il faut imaginer que le niveau d’eau était quasiment à la lisse longitudinale, et que le volume total était d’environ 4 m3, bref, je viens de diviser par deux le déplacement du bateau. Bon, il reste deux ou trois porosités et une partie bien fragile en avant du pansement posé. Je ne me sens plus dans une situation critique, je me sens super bien en mer seul sur mon bateau. Je m’occupe, je me sens totalement vivant avec lui, j’aime être sur l’eau. Je suis assez souvent à l’intérieur parce qu’il fait vraiment très chaud à l’extérieur. La vie est simple à bord, je fais ce que je veux et si je veux prendre mon repas en commençant par le dessert, je le fais ! Hier un cargo m’a croisé et nous avons conversé durant 10 minutes. Il voulait savoir ce que je faisais là, il n’en revenait pas que je sois en course en solitaire et que je répare seul. C’est bientôt la flotte des 40 pieds qui va me rattraper ! Il est évident que je fais tout pour aller jusqu’au bout et mon objectif est maintenant d’être arrivé pour la remise des prix. »

Un catamaran de croisière rapide a été affrété conjointement par les deux sponsors afin d’apporter un éventuel soutien matériel aux skippers et un ravitaillement, le bateau devrait rejoindre les deux trimarans dimanche, Yves le Blévec choisira alors entre une assistance et un abandon ou de poursuivre sa route de façon autonome.

Côté course, Lalou Roucayrol sur Région Aquitaine-Port Médoc pointe ce soir en tête devant Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne, le vainqueur de la route du rhum 2006 a réussi à reprendre plus de 200 milles au leader en quelques jours, il pointe désormais à 50 milles de Lalou Roucayrol qui sait que sa position sera difficile à tenir face à un trimaran nettement plus performant, comme il l’explique :

« Jusqu’à maintenant ça allait super bien, mais là ca vient de tomber subitement. L’arrivée va être vraiment très compliquée. C’est vraiment ambiance Pot au Noir. Il a vraiment beaucoup plu ce matin, il y a des gros nuages, le ciel est très gris. Je surveille Lionel (Lemonchois) mais on n’a pas les mêmes bateaux et dans ces conditions, c’est un peu le jeu du chat et de la souris ; c’est bataille jusqu’à l’arrivée. Là par rapport à 2002, je suis dans des conditions différentes, avec des bateaux différents. Mais chaque Route du Rhum est belle et c’est la force de cette course. Je marche à 4 nœuds. Mais il y a 15 minutes j’étais encore à 17 nœuds. Je vais batailler, ce n’est pas de tout repos car il faut aller relancer, chercher les bordures de grains ».

© AFP