Confrontation entre 60′ ORMA aux antipodes

La Semaine de Hamilton Island  vient de se terminer au nord est de l’Australie. Deux 60′ ORMA se confrontaient dans le cadre de cette semaine de régates, l’ancien Géant, désormais Team Vodofone basé à Auckland (NZ) et l’ex Banque Populaire IV, Team Australia barré par Sean Langman et basé à Sydney.

L’équipage de ce dernier a connu une avarie aujourd’hui, puisque le trimaran a talonné dans un chenal alors que l’équipage essayait d’éviter une baleine, la dérive a été cassée lors de cet incident, l’équipe devrait réaliser quelques travaux porvisoires avant de convoyer le multicoque vers son port d’attache où il entrera en chantier.

C’est donc Team Vodafone qui s’impose lors de cette Hamilton Island Race Week avec quatre victoires de manches sur six courues.

© Andrea Francolini

Gitana XV vainqueur du Tour de Belle Ile

Sébastien Josse et son équipage du Gitana Team ont de nouveau remporté le Tour de Belle Ile pour cette édition 2012 ; ils avaient déjà été vainqueurs l’année dernière sur le 77′ de l’équipe, Gitana 11.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Cette cinquième du Tour de Belle-Ile a de nouveau offert un magnifique spectacle avec  plus de 500 bateaux sur la ligne de départ. Les conditions étaient très légères pour le début de course avec une mer plate et une très faible brise de moins de 5 nœuds de nord-est. Il aura fallu moins d’une heure aux plus véloces pour attaquer le chenal de la Teignouse, avec en tête Michel Desjoyeaux (Foncia), suivi de Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild), Loïc Féquet (Maître Jacques), Alain Gautier (Sensation Océan) et Spindrift racing (Yann Guichard), Idec était en retrait dans ces conditions légères.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Foncia poursuivait la course en tête aux Galères, avec quelques minutes d’avance sur Groupe Edmond de Rothschild, qui effectuait un superbe retour lors du retour vers la Trinité comme l’explique Sébastien Josse, skipper du trimaran aux couleurs du baron de Rothschild : « Michel Desjoyeaux a pris l’avantage très rapidement grâce à une petite option en Baie de Quiberon, on est peu à peu revenus sur lui, mais on n’arrivait pas à le dépasser, parce qu’il nous a « marqués à la culotte » jusqu’au chenal de la Teignouse. Et là, grâce à une petite option, on a réussi à faire un petit décalage, on a fait un virement de bord pour choisir le côté droit du plan d’eau, Michel ne nous a pas accompagnés, l’écart s’est créé à ce moment-là. »

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Groupe Edmond de Rothschild prenait donc la première place en 4h48’10’’ avec 1’40’’ d’avance sur Foncia, Spindrift Racing, mené par Yann Guichard profitait du duel en tête pour revenir sur les deux autres MOD et terminer dans leur sillage  à 2’50’’ du vainqueur.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Alain Gautier sur Sensation Océan, le 60′ ORMA (ex Foncia), prenait une belle 4ème place. Francis Joyon sur Idec profitait de conditions un peu plus soutenues sur la fin de parcours pour recoller à la tête de flotte et prendre la 5ème place.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Les Multi50 auront tenu ma dragée haute face aux plus grands multicoques (MOD 70, 60′ ORMA et maxi multicoque ), jusqu’au Poulains avant de céder du terrain et d’engager une belle bataille navale au sein de la classe, c’est finalement Maître Jacques barré par Loïc Féquet qui passera la ligne quelques minutes devant ses deux camarades, Erwan Le Roux sur FenêtréA-Cardinal et Yves Le Blévec sur Actual.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Les réactions des skippers :

Francis Joyon : « Ça s’est bien passé, on a bien tourné, on a fait de belles manœuvres. J’avais à bord un équipage de copains qui s’est super défoncé pour bien faire avancer le bateau, on a marché à bloc. C’est complètement normal qu’on termine derrière les MOD70 qui sont des bateaux beaucoup plus typés pour le petit temps que ne l’est Idec. On est même contents de préserver notre cinquième place par rapport aux Multi50 qui ont un rapport poids-puissance bien plus adapté pour ce type de temps. On n’a pas été ridicules, on a retrouvé de bonnes sensations de voile. La ligne de départ avec les 500 bateaux, ça faisait une sacrée flotte sous spi ! »

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Sébastien Josse : « Le Tour de Belle-Ile, c’est le début de l’aventure avec le Groupe Edmond de Rothschild, puisque l’année dernière, c’était mon premier départ en multicoque sur une course, c’était un peu la découverte du multicoque. Aujourd’hui, on revient avec un autre bateau, avec un équipage très entraîné, cette victoire a une saveur un peu particulière parce que derrière, il y a Michel Desjoyeaux et Yann Guichard, deux virtuoses du multicoque, ça veut dire qu’on a bien bossé pendant un an, qu’on a atteint un bon niveau. »

Loïc Féquet : « C’est impressionnant de voir autant de bateaux sur une même ligne de départ, même si je pense que certains vont rentrer bien tard ce soir ! Et c’est vraiment un beau parcours, surtout quand on est le long de la côte sauvage.  Le début a été un peu lent, on a choisi d’aller vers Quiberon, on a été bien inspirés, parce que ça nous a permis d’accélérer plus vite que les autres dans du vent plus table. En plus, souvent dans la Baie, il y a plus de vent près de Quiberon. Après, on a géré notre avance qui a peu à peu diminué, d’autant que derrière, Actual et FenêtréA-Cardinal se tiraient la bourre. On garde finalement deux minutes d’avance à l’arrivée, le dernier bord a été un peu chaud parce que ça rentrait par l’arrière. Pour nous, c’est une belle victoire qui valide le travail de l’équipage. On a tous un métier à côté, on a plaisir à se retrouver, il y a une belle ambiance à bord, chacun se respecte. »

Yves Le Blévec : « On a vécu un Tour de Belle-Ile super sympa, avec un beau départ et une super bagarre à trois avec Maître Jacques et FenêtréA-Cardinal. Comme le MOD70 Foncia, Maître Jacques est parti à la côte vers Quiberon au départ, on ne pensait pas qu’on pouvait aller jusque-là, mais c’était le bon côté où aller. Du coup, ils étaient vachement en avance à la Teignouse, mais on les a rattrapés et on a fini avec une belle bagarre. On termine les trois Multi50 dans un mouchoir, en un peu plus de deux minutes, c’est top pour la classe, ça promet. Et ce Tour de Belle-Ile était une nouvelle fois top, c’est vraiment une course magnifique, on a pris le temps de se retourner quelques fois au départ pour regarder la flotte, c’était génial ! »

Le classement provisoire:
1. Gitana 15-Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse), 4H48’10″
2. Foncia (Michel Desjoyeaux), 4h49’50″
3. Spindrift Racing (Yann Guichard), 4h51’00″
4. Sensation Océan (Alain Gautier) 4h52’25″
5. Idec (Francis Joyon), 5h07’40″
6. Maître Jacques (Loïc Féquet), 5h37’35″
7. FenêtréA-Cardinal (Erwan Le Roux), 5h39’15″
8. Actual (Yves Le Blévec), 5h40’00″

Le détail du projet Maxi Prince de Bretagne dévoilé

Lionel Lemonchois et les représentants de la marque Prince de Bretagne ont détaillé le projet du futur Maxi trimaran hier, sans surprise, le choix du cabinet VPLP comme architectes et de Multiplast comme chantier ont été confirmés.

La construction, basée sur la plate forme du 60′ ORMA Sodeb’O devrait débuter dans les jours qui viennent à Vannes, comme le confirme le skipper dont le principal objectif est de remporter la Route du Rhum 2014.

Lionel Lemonchois : « En ce qui concerne l’architecte, choisir VPLP paraissait logique. D’abord parce que ce cabinet a construit le 60 pieds Sodebo, ensuite parce qu’en terme d’acquis, d’expériences et de résultats, il a fait ses preuves. Disons que s’engager avec eux, c’était minimiser les risques. Le chantier débutera le 2 novembre chez Mutiplast à Vannes pour une mise à l’eau en septembre 2012. Pour la longueur, nous partons sur un 80 pieds. Nous avons déterminé la longueur du Maxi à partir des analyses réalisées par les architectes par rapport à ce que je voulais dès le départ, c’est-à-dire à peu près le même déplacement qu’avait Sodebo au niveau du poids et de la masse, etc… Le but ? Pouvoir garder le mât, l’accastillage et ainsi ne pas partir dans une spirale de coûts délirante.  Au final, nous aurons un 80 pieds pour moins cher qu’un 60 pieds il y a cinq ans. »
En ce qui concerne l’avenir du trimaran de la classe Multi 50′, aucune décision ne semble avoir été prise, Lionel Lemonchois et Prince de Bretagne ont à priori défini un programme sur le maxi trimaran pour 2013, le 50′ devrait donc être utilisé pour la saison 2012.
Emmanuel Descloux : « Notre décision n’est pas arrêtée (concernant le Multo 50′). Toutes les options sont encore possibles. En tous les cas, le résultat de la Transat Jacques Vabre n’influencera pas la décision finale. Pour commencer, nous devons avaler le gros morceau de la construction du Maxi. Nous nous sommes engagés à garder un budget constant entre le Multi50 aujourd’hui et le Maxi 80 demain. »

Lionel Lemonchois prend possession de son futur maxi

Lionel Lemonchois a mis à l’eau le trimaran de 60′ ORMA de Prince de Bretagne, à la Trinité. Son équipe a effectué cette manoeuvre avec l’aide de celle de Sodeb’O qui se sépare donc de son 60′ qui a connu de nombreux succès avec Thomas Coville à la barre.

© Marcel MOCHET

Le bateau a été mâté dans la foulée, il a ensuite passé une nuit au port de la trinité avant d’être convoyé à Lorient le lendemain. L’équipe de Prince de Bretagne va désormais lancer la phase d’études afin de transformer le bateau en maxi multicoque.

Yann Guichard :  » Le MOD est bien né « 

Yann Guichard, futur skipper du MOD Spindrift Racing, également engagé sur les Extreme Sailing Series avec Alinghi, et avec l’Energy Team qui prépare la prochaine Coupe de l’America revient sur ces différents projets dans cette interview pour Voile-Multicoques(réalisée pendant les Extreme Sailing Series de Nice).

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Voile-Multicoques.com : Tu viens d’annoncer ton engagement en MOD 70 avec la création d’une nouvelle société Spindrift Racing, pourquoi cet engagement sur ce circuit ?

Yann Guichard : Je fais du multicoque depuis près de vingt ans, c’est ma passion, je suis passé sur plusieurs supports en offshore et en inshore, avec une Route du Rhum dernièrement (en 2010 sur Gitana 11), ce circuit fait la synthèse de toute cette expérience, j’étais donc motivé et intéressé pour intégrer ce circuit.

Ce qui est fantastique dans ce projet c’est le fait de partir d’une page blanche, c’est la première fois que je peux construire un team à mon image, après avoir été équipier sur différents bateaux, puis skipper chez Gitana mais avec une équipe déjà en place.

Mon association avec Léo Lucet (directeur de Spindrift Racing) permet de partir sur des bases solides, puisqu’il a déjà géré ce genre de projet au sein du Gitana Team.

La vocation de Spindrift Racing est-elle seulement orientée vers le MOD ou souhaiteriez-vous intégrer d’autres projets multicoques ?

Le projet phare de Spindrift Racing est clairement le MOD 70, mais j’ai envie de partager mon expérience acquise en multicoque avec des jeunes.

Le multicoque revient comme support aux JO, donc pourquoi ne pas essayer d’aider des jeunes régatiers à travers notre structure.

© Yvan Zedda / Sea&Co / MOD S.A.

As tu déjà eu l’occasion de naviguer sur un des MOD  ?

Pas encore, je suis seulement monté quelques minutes sur Race for Water à Lorient, mais j’ai eu beaucoup de retours par des amis, qui seront peut être de futurs équipiers sur le bateau.

Je pense que ce bateau est bien né, ce qui est logique avec des gens d’expérience comme Franck David et Stève Ravussin aux commandes. Ils sont partis des 60′ ORMA avec le cabinet VPLP, qui a le plus beau palmarès en multicoque océanique.

Le trimaran est simple avec beaucoup moins de gadgets que sur les trimarans 60′ ORMA, ce qui correspond à l’objectif de fiabilité de cette classe avec un programme sur 10 ans comprenant un tour du monde.

Nous avons déjà eu un bel aperçu de ce que seront les courses sur ces bateaux avec la Fastnet Race où les deux MOD 70 ont terminé à trois minutes d’intervalle après 30 heures de course et 600 milles parcourus.

Le plateau reste pour l’instant assez franc-français, penses-tu que l’engagement des grands noms de la voile et du multicoque puisse attirer les teams étrangers courtisés sur ce circuit MOD ?

Il y a des contacts avec des teams étrangers sur le circuit MOD 70, deux équipes ont déjà signé Race for Water pour la Suisse et Oman Sail, nous espérons que les six engagements finalisés attireront des sponsors et des skippers.

Au delà de la conjoncture économique actuelle, le frein vient du fait que la classe « n’existe pas » encore réellement, la Krys Match puis la Krys Océan Race permettront d’inviter des skippers, des clients qui pourront visualiser le potentiel du circuit, ce qui pourrait déboucher sur d’autres projets.

Le MOD 70 a une place à prendre, il y a un tour du monde en équipage en monocoque, la Volvo Ocean Race, désormais il y aura un tour du monde en multicoque.

Pour Spindrift Racing, notre vocation n’est pas de trouver obligatoirement un partenaire français, loin de là, nous sommes en pourparlers avec différentes entreprises, mais tant que rien n’est signé nous restons humbles.

Nous devrions retrouver des équipiers français à bord de tous les bateaux, car à l’heure actuelle les meilleurs équipiers de course au large en multis sont français, il serait bête de s’en priver. De mon côté j’aurai au moins un ou deux marins étrangers sur le bateau.

Tu fais partie de l’équipage d’Alinghi qui est engagé sur les Extreme Sailing Series, actuellement en deuxième partie de classement, que manque-t-il à l’équipage pour mieux figurer ?

Sur le bateau le potentiel est là, nous apprenons à nous connaître, c’est de mieux en mieux, mais les résultats sont en dents de scie sur les différents Acts.

Nous sommes parfois en tête mais nous avons du mal à terminer, nous étions en tête pendant deux jours à Trapani sur les « Open Water », avant de terminer sixième, les « Stadiums » (régates sur des formats courts) sont plus difficiles pour nous.

Nous avons raté des journées ce que nous ne pouvons pas nous permettre sur ce circuit où la moindre petite erreur, le moindre manque de cohésion se paient cash.

Il reste trois grands prix, rien n’est terminé, nous allons continuer à nous battre régates après régates, l’important est de se faire plaisir à bord et les résultats suivront, mais le plateau est conséquent, le niveau très élevé, c’est donc logique que les résultats soient serrés.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Quel est la principale difficulté sur ce circuit des Extremes 40 ? L’exiguité des plans d’eau, le format très court des régates avec la nécessité de prendre de bons départs ?

Le départ est primordial, mais nous avons vu aujourd’hui que des départs moyens ne sont pas forcément rédhibitoires, les bateaux en retard sur la ligne peuvent prendre un côté du plan d’eau dans un vent frais, Gitana a pris des départs à droite en deuxième rideau, alors que nous étions tous bloqués sur la gauche, ce qui a été payant au final.

Cependant sur ce grand prix les conditions sont vraiment extrêmes avec un à quatre nœuds de vent, donc tout peut basculer sur une manche.

Tu as couru les deux derniers grands prix de D35 en Méditerranée, comment se comporte ce catamaran typé lac sur un plan d’eau ouvert ?

Tout s’est très bien passé pour nous, avec un beau grand prix à Beaulieu, de bonnes conditions pendant trois des quatre jours de régates, à Antibes nous avons eu un peu moins de vent, mais le bateau s’est bien comporté, ce qui limite ce bateau n’est pas l’intensité du vent, mais l’état de la mer, ce qui a d’ailleurs entrainé l’annulation d’une journée de courses à Beaulieu sur Mer.

L’expérience a été favorable pour toutes les équipes, je pense qu’une majorité souhaite renouveler ce type de navigations l’année prochaine.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Tu as navigué sur l’AC45 d’Energy Team, quels sont les plus grosses différences entre ce catamaran à aile et un multicoque à gréement conventionnel ?

L’aile rigide est très efficace, nous l’avons vu lors de la dernière coupe, elle diminue beaucoup le fardage, le bateau est donc plus évolutif, il vire et empanne mieux.

La gestion de la puissance est assez incroyable sur les AC45, c’est très précis, nous avons trois réglages sur l’aile: le traveller qui permet de régler toute l’aile, ce qu’on retrouve sur un gréement classique ; le camber, qui est l’équivalent de la bordure sur un multi classique comme l’Extrême 40 ou le D35, et qui permet de régler la profondeur entre l’avant de l’aile qui nous appelons le mât et les flaps ou volets sur l’arrière de l’aile ; le twist, qui permet d’enlever de la puissance sur les flaps, ce qui correspond au cunningham. Ces éléments ne sont donc pas complétement différents dans la façon de naviguer.

Le fait de gérer à volonté la puissance est assez formidable. ce qui permet également de régater dans des conditions musclées, comme à Plymouth, où les catamarans ont navigué dans 30 nœuds de vent, ce qui est rare pour des multicoques de cette taille.

Les flotteurs sont très volumineux, les safrans ont une grande surface, ce qui amène un bon contrôle, le bateau est donc très tolérant.

L’aile gomme les défauts du multicoque par rapport au monocoque, un mono est très évolutif, l’aile rigide apporte cette évolutivité, la diminution du fardage fait que le bateau ne s’arrête pas, ce qui est une difficulté sur les phases de départ où il faut gérer le timing à la ligne.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Energy Team a peu navigué par rapport aux top teams, est ce que des entrainements sont prévus pour combler ce retard ?

Le premier acte à Cascais était une phase de découverte pour toutes les petites équipes, avec une différence de niveau maximale entre les nouveaux teams et les autres (Oracle Racing, Artemis Racing et ETNZ), à Plymouth les coréens et Energy Team ont montré un beau potentiel, le retard s’est donc un peu comblé.

Pour atteindre le niveaux des tops teams, il n’y a pas de secret, il faut naviguer plus, les grosses équipes passent 200 jours par an sur l’eau.

Dans cette optique et avant le troisième acte à San Diego, nous allons naviguer une semaine à l’ENV (du 17 au 21 octobre) avec l’Energy Team pour faire du match race sur deux catamarans du Trophée Clairefontaine, nous allons nous entrainer avec Pierre Antoine Morvan, spécialiste français de match racing.

Nous allons également modifier un peu l’équipage avec Christophe Espagnon qui sera au réglage de l’aile à côté de moi (Yann Guichard barrera l’AC 45 d’Energy Team à San Diego) et qui assurera aussi la tactique.

Ensuite nous allons planifier d’autres entrainements sur d’autres supports, le désavantage que nous avons par rapport aux grosses équipes est l’impossibilité de naviguer à deux AC45, Artemis en a commandé un second, Oracle en possède quatre.

Nous ne pouvons pas naviguer entre les actes puisque les bateaux sont en transit, et nous ne pouvons pas faire de speed tests ou de réels entrainements avec les autres équipes, ce qui complique la tâche pour le développement des voiles d’avant.

Des entrainements à deux bateaux permettraient de progresser de façon exponentielle, nous l’avons vu en naviguant avec le Team Korea à Cascais.

Concernant ces formats de courses assez courtes, est ce qu’une réelle communication est possible entre le barreur et le tacticien (ou skipper) sur ces circuits Extreme 40 et AC 45 ?

En Extreme 40 non, sauf sur les Open Water, mais en Stadiums la décision doit se prendre sur l’instant, donc le barreur gère également la tactique dans 80% des cas, nous n’avons pas le temps de discuter du timing d’un virement sans se mettre dans une situation difficile, avec ensuite des « options » qui sont subies et non choisies.

Avant la manche, nous avons malgré tout le temps de discuter pour choisir le positionnement sur la ligne et le côté du plan d’eau à choisir, c’est donc un travail d’équipe.

Sur l’Extreme 40, je pense que pour avoir de bons résultats, les trois équipiers doivent être capables de gérer tout les postes pour faire avancer la machine, le barreur est moins concentré sur la marche du bateau que sur d’autres séries puisqu’il gère également la tactique.

En AC45 les parcours sont peu plus longs, les bateaux vont plus vites, la limite virtuelle doit être intégrée, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire ; une aide à la tactique est donc essentielle.

Cet aspect nous a manqué sur les deux premiers rendez-vous, où nous étions plus en phase de découverte du bateau, nous devons passer sur un mode plus centré sur la performance.

Sur certains bateaux, la tactique est assurée par le numéro 2 qui gère les bastaques, sur d’autres c’est le régleur de l’aile ce qui me correspond plus ; nous fonctionnerons de cette façon avec Christophe Espagnon à San Diego.

Lemonchois et Prince de Bretagne vont lancer un multi Ultime

Forts de leur succès sur la Route du Rhum en Multi 50′, Lionel Lemonchois et Prince de Bretagne ont décidé de se lancer un nouveau défi, en effet ils ont décidé de racheté le 60′ ORMA Sodeb’O  de Thomas Coville, afin de rallonger le bateau pour qu’il puisse courir en classe Ultime.

Lionel Lemonchois avait imaginé un projet similaire lorsqu’il était skipper chez Gitana, le projet avait abouti à Gitana 11 en version 77′, mais le double vainqueur de la Route du Rhum avait été débarqué avant la mise à l’eau du bateau.

Le 60′ sera dans un premier temps loué jusqu’à la fin de l’année afin de lancer les études en collaboration avec les architectes VPLP puis acheté avant la mise en chantier, pour une mise à l’eau prévue en  2012. Le skipper prévoit une nouvelle coque centrale ainsi que les flotteurs, en conservant le reste du trimaran qui devrait atteindre une taille de 80′.

© Prince de Bretagne

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Lionel Lemonchois : « Je suis vraiment heureux de partir sur un nouveau projet tel que celui-ci. Partir d’une page blanche, cogiter, créer et modifier un 60 pieds, c’est toujours très enrichissant. J’ai cette idée et cette envie dans la tête depuis déjà longtemps et je suis ravi que Prince de Bretagne m’accorde sa confiance aujourd’hui pour que nous nous lancions ensemble dans cette aventure. La confiance de son partenaire, c’est valorisant et important. Je n’ai jamais navigué sur le 60 pieds « Sodeb’O » mais je sais que c’est un bon bateau. Nous allons partir d’une bonne base et construire une jolie bête de course. »

Joseph Rousseau, président du Cerafel (Prince de Bretagne) :
« Avec ce nouveau projet, nous renforçons notre engagement dans la voile. A l’issue de la Route du Rhum, nous avons eu ce souhait et cette réflexion en constatant deux choses. La première, que nous avions un ‘vrai chef’ à bord de notre multi50 et la deuxième, que l’on parlait beaucoup du grand gagnant de la course, toutes catégories confondues. Nous avons alors voulu donner les moyens à Lionel d’exprimer tout son talent. L’ambition est une valeur que Prince de Bretagne partage avec son skipper. »

Jean-François Jacob, secrétaire général de la SICA : « La classe Ultime est pour nous une évolution normale qui confirme notre intérêt et notre volonté de monter en puissance dans notre communication tournée vers la mer et vers la voile. Nous avons de belles échéances devant nous et notamment la Route du rhum 2014, sur laquelle nous viendrons jouer la grande victoire. D’ici là, le bateau naviguera sur un programme qui n’est pas encore défini entre les courses et les campagnes de record auxquelles un bateau de cette classe peut prétendre. »

1ère sortie pour l’ex Gitana 12

L’ancien Gitana 12, vendu à l’équipe suédoise Artemis Racing, a effectué sa première sortie aujourd’hui à Valence, dans des conditions légères.

L’ancien trimaran de 60′ ORMA a subi un important chantier mené par l’équipe sous la direction de l’architecte Juan Kouyoumdjian, il est désormais doté de nouveaux foils dont le dessin semble assez proche de ceux utilisés sur USA-17, donc « moins courbes » que sur les 60′ ORMA, d’un bout dehors allongé, sans que la longueur de la coque centrale n’est été modifiée semble-t-il, les flotteurs ont été allongés (probablement à 72′ pour s’approcher au plus près des futurs AC72).

La plate forme du bateau semble donc assez proche de ce que BMW Oracle avait produit avec USA-17, fortement inspiré par les 60′ ORMA,  pour l’instant le multicoque suédois est pourvu d’un mât aile classique, il devrait prochainement être remplacé par une aile rigide.

Photos à découvrir sur VSail.

Première victoire pour le MOD 70

Stève Ravussin et ses hommes d’équipage ont remporté la 1ère course sur laquelle était aligné un MOD 70, la AF Stockholm Round Gotland Race ; ils se sont imposés devant un 60′ ORMA, l’ex Groupama, désormais nommé Samsung Challenge, mené par Klabbe Nylof.

Bien que les deux bateaux aient pris des options différentes dès le départ, le skipper  de Race For Water est satisfait de son bateau qui s’est montré performant dans le petit temps face au 60′ ORMA suédois :
«L’ambiance a été excellente à bord tout au long de la course, et l’équipage a fait un travail remarquable. Dès le départ, nous avons été confrontés à des conditions de vent très légères, ce qui n’était pas très rassurant. En effet, notre concurrent principal, le Samsung Challenge de Klabbe Nylof, était plus léger et plus toilé, ce qui avait de quoi nous inquiéter. Nous avons navigué au près dans un maximum de 15 nœuds le premier soir, et nous nous sommes sentis rapidement soulagés quand nous avons constaté que nous avions une meilleure vitesse au près. Ensuite, la course s’est déroulée en grande partie au portant.»

© MOD S.A. - Yvan Zedda / Sea&Co / http://www.zedda.com

L’équipage de Stève Ravussin était composé de Nicolas Pichelin, Jacques Guichard, tous deux barreurs et régleurs, de Benoît Lequin (responsable technique) et de Loïc Forestier, tous deux numéros un. Quant à Stève, il s’est occupé de la navigation et de la barre. L’équipage a bénéficié d’un renfort local avec la présence de deux Suédois: Tim Shuwalov et Calle Hennix.

Le prochain rendez-vous pour les MOD 70 sera la Fastnet Race dont le départ sera donné le 14 août prochain à Cowes.  Race for Water, sera rejoint par le MOD n°2 Veolia Environnement mené par Roland Jourdain sur cette course de 600 milles. Cette classique permettra également de comparer les performances des MOD 70 à celle de Gitana 11 (ancien 60′ ORMA rallongé à 77′) de Sébastien Josse.

Banque Populaire IV vendu en Australie

Le trimaran de 60′ ORMA Banque Populaire IV a quitté le hangar du team cette semaine, il devrait bientôt rejoindre l’Australie par cargo, en effet un particulier a acheté le bateau afin de courir quelques classiques océaniennes, le nouveau propriétaire souhaite se mesurer à l’ancien Géant désormais basé à Auckland et qui aligne les victoires en temps réel sur les courses kiwies.

Conditions soutenues pour le tour de Belle Ile demain

Les organisateurs du tour de Belle Ile prévoient des conditions soutenues pour cette quatrième édition, avec 25 noeuds établis et 30 en rafales. Le départ aura lieu à 11h pour les 480 bateaux inscrits.

Les prétendants au titre seront principalement  Sébastien Josse et l’équipage de Gitana 11, le skipper, nouveau venu en multicoque a effectué aujourd’hui un tour de reconnaissance du parcours, bouclé en 2h15, à 20 noeuds de moyenne, mais aussi Alain Gautier sur le 60′ ORMA Sensations 2, l’ancien Foncia, un des 60′ les plus véloces construit à l’époque du championnat ORMA, Lalou Roucayrol pourrait créer la surprise sur le trimaran de 75′ sur plans Irens (ex B&Q Castorama d’Ellen MacArthur).

Côté Multi 50′, une petite dizaine de trimarans  se retrouveronnt au départ à La Trinité-sur-Mer demain, dans cette classe, il faudra compter sur les valeurs sûres, à savoir Franck-Yves Escoffier, à la barre de Crêpes Whaou ! remis à neuf après les avaries de la Route du Rhum, tout comme Actual d’Yves Le Blévec, Lionel Lemonchois, vainqueur de la route du Rhum, sera également un prétendant à la victoire dans cette classe sur Prince de Bretagne, Loïc Féquet (Maître Jacques) qui a effectué une belle première sortie à Douarnenez sera à surveiller.