Départ de record de la Méditerranée pour Thomas Coville

Le skipper du maxi trimaran Sodebo a largué les amarres cette après midi et à pris le départ du record de la Méditerranée entre Marseille et Carthage à 14h48’36 » dans un vent soutenu qui va forcir durant la nuit, Thomas Coville a franchi la ligne de départ avec deux ris dans la grand voile et le Solent à l’avant.

©Gilles Martin-Raget/Sodebo

Les conditions sont donc musclées pour ce record en solo avec une mer hachée sous l’influence du fort mistral. Pour battre le record, le skipper devra parcourir les 458 milles qui le sépare de la Tunisie en une vingtaine d’heures afin d’établir un temps de référence en multicoque et en solitaire.

Thomas Coville avant le départ :
« Ce matin, je sentais monter la petite pression liée au fait de repartir en solo, c’est bon signe. Cela fait un peu plus d’un an que je n’ai pas mené seul Sodebo. J’ai beaucoup navigué ces derniers temps mais en équipage. L’exercice du solitaire n’est pas anodin et j’ai envie d’y aller.

En me réveillant à l’Estaque ce matin, j’avais une vue superbe sur la rade où il n’y avait pas de vent. Cela aurait pu faire douter certains mais c’est déjà en train de s’installer, on sent déjà les bouffes qui descendent de la montagne derrière nous.

J’ai toujours pris la Méditerranée très au sérieux, c’est une mer que je ne connais peu. Cela s’est révélé être une épreuve à chaque fois et j’ai toujours ressenti ce besoin d’être sur mes gardes. Ce run va être musclé et sportif. Dès le départ, il faut avoir une bonne trajectoire dans le bon tempo au portant avec la mer qui se forme. Plus on s’écarte de la terre, plus ça rentre fort. L’idéal serait de faire le bon choix de voile d’avant tout de suite pour ne pas avoir à la changer pendant la traversée parce que c’est de l’énergie mais surtout du temps perdu.

Ce qui l’emporte, c’est vraiment le plaisir de revenir sur mon bateau et de repartir à la conquête de ces records et de cette aventure qui ne me lâche jamais avec Sodebo. Il n’y a pas beaucoup de bateaux à voiles sur la planète qui ont la capacité de traversée la Méditerranée en une journée. On est dans le temps des ferries par contre je n’emmène personne à bord et je ne consomme pas non plus de gasoil. Demain, on sera en Tunisie, c’est aussi le côté voyage et décalé de ces records.

Plus on navigue et plus l’expérience sert à être vigilent et humble. Sauter d’un bateau à l’autre permet d’aiguiser son sens marin, de garder toujours le niveau technique et sportif. Si je n’avais pas navigué depuis six mois, ce serait comme un cycliste ou un coureur, j’aurais perdu mes sensations et là, j’aurais beau avoir passé je sais pas combien de fois le Cap Horn, je ne serais pas au meilleur de moi-même pour autant. »

Francis Joyon établit un nouveau record

Francis Joyon avait quitté la Trinité-sur-Mer, son port d’attache vendredi dernier, afin de tenter de battre le record de distance en solitaire en 24 heures, il a trouvé des conditions favorables au large des Açores avec 668 milles parcourus soit 1237km en une journée (27,83 noeuds de moyenne). Le temps de référence était jusqu’ici détenu par Thomas Coville avec 628,5 milles nautiques, il l’avait établi en 2008 lors de sa seconde tentative contre le record du tour du monde.

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

Le skipper ajoute donc un nouveau record à son palmarès : « Il me fallait réunir des conditions idéales, que je n’avais jusqu’alors trouvé que dans l’océan Indien, avec des vents réguliers bien établis dans la durée, de préférence en avant d’un front afin de bénéficier d’une mer (relativement) plate… Je suis allé environ 800 milles dans l’ouest du cap Finisterre, en bordure des hautes pressions près des Açores. Je suis parti avec un vent de secteur sud-ouest, mais j’ai dès le départ dû affronté une houle contraire de secteur nord. J’ai attaqué à fond, et au bout d’un moment, la houle s’est ordonnée et le vent est monté à 32 nœuds. C’était extrêmement périlleux. Le bateau était constamment à la limite. Je ne barrais pas. Je suis demeuré 24 heures debout dans mon cockpit avec l’écoute de grand voile dans une main, et l’écoute de solent dans l’autre. Lorsque le bateau plantait dans la vague, je choquais l’une ou l’autre. Mais il m’est arrivé souvent de choquer toutes les écoutes d’un seul coup. Pas de repos. Quelques barres de céréales pour seule nourriture.  J’aurais été très satisfait de récupérer ce record, ne serait ce que d’une poignée de mille, mais près de 40 milles ! je suis très heureux. Ma satisfaction vient surtout du fait que j’ai très peu navigué depuis mon chavirage l’an passé lors de ma tentative contre le record de la traversée de l’Atlantique. IDEC a subi un beau chantier cet hiver. Mais le mât est le même que celui qui s’est brisé en deux lors du chavirage. Quant aux voiles, ce sont celles d’origine, qui ont bien 90 000 milles au compteur.  Au-delà des chiffres, je viens de m’offrir un moment véritablement magique. Pouvoir faire marcher une telle machine au maximum de son potentiel est extraordinaire. C’est ce que je me disais en doublant des cargos dans des gerbes d’écume. »

Pas de tour du monde cet hiver pour Thomas Coville

Thomas Coville, qui faisait parti de l’équipage de Groupama 4, vient de remporter la Volvo Ocean Race aux côtés de Franck Cammas cette nuit après leur arrivée à Galway.

Le skipper du trimaran Sodeb’o devrait rapidement reprendre la barre de son multicoque, avec un programme de records en Méditerranée et en Atlantique cette saison, Thomas Coville explique les raisons de ce choix dans une interview à Sports.fr, il s’alignera donc sur le record de la Méditerranée et celui de l’Atlantique sud (Cadix-San Salvador), Thomas Coville ne devrait retenter le record en solitaire autour du monde qu’en 2014, sauf fenêtre météo exceptionnelle cet hiver, du fait du sponsoring de Sodeb’O sur le Vendée Globe cet hiver.

Gemini 3 en route vers l’Europe

Roman Paszke, le skipper polonais et son équipage ont mis le cap vers l’Europe le 13 juin, le catamaran Gemini 3 a donc quitté le quai sur lequel il était bloqué depuis plusieurs mois en Argentine.

En effet, le marin s’était élancé pour un tour du monde à l’envers, mais avait du faire escale dans le port de Rio Gallegos suite à une voie d’eau sur l’une des coques ; une fois les réparations effectuées il avait du faire face à des ennuis juridiques avec des sociétés locales, ce qui l’a mené devant un tribunal pour que le bateau soit remis à l’eau. les sociétés qui réclamaient de grosses sommes au skipper ont été déboutées, ce qui a permis la remise à l’eau et le départ du catamaran.

Le record SNSM annulé

Suite à un mouvement de grève des officiers du port de Saint Nazaire, les organisateurs sont contraints d’annuler la course, ils avaient dans un premier temps espérer reporter le départ à demain matin, mais les négociations ont échoué comme l’explique Damien Grimont, l’inventeur et organisateur du record SNSM :

« Nous souhaitons revenir vers vous pour vous préciser l’enchaînement des décisions qui ont été prises cet après midi dans l’urgence, suite au blocage de l’écluse par les officiers de port, et à l’échec des négociations menées par la SNSM, Mich Desj, parrain du Record depuis l’origine et notre équipe.

Les partenaires du record SNSM et la SNSM ont en conséquence estimé que le blocage du port par des marins professionnels était une entrave inadmissible à la solidarité légendaire des gens de Mer.
Profondément affectés par cette décision, les bénévoles de la SNSM, qui sauvent plus de 600 vies par an au péril de la leur, ont estimé que l’esprit général de la manifestation n’était donc plus respecté.
D’un commun accord, les partenaires publics et la SNSM ont donc décidé l’annulation de la manifestation sportive liée à l’événement Record SNSM.

Par voie de conséquence, notre souhait initial d’organiser des parcours de remplacement est devenu juridiquement et administrativement impossible car il aurait fallu pour cela créer une nouvelle manifestation sportive.

Vous comprendrez que cette décision a été très dure à prendre et que notre déception est à la hauteur de la vôtre.
Les raisons de cette annulation ont pour but de tenter d’obtenir définitivement des garanties permettant d’assurer le bon déroulement des futures manifestations nautiques de Saint-Nazaire, et en particulier celles défendant des valeurs immuables de solidarité comme celles du Record SNSM. »

La réaction de Jacques Auxiette, Président du Conseil Général des Pays de la Loire, qui est partenaire du record :

« La course du Record SNS a été annulée suite à la décision d’Officiers du Port de St Nazaire de ne pas donner suite à un accord, pourtant intervenu avec les organisateurs, alors qu’un conflit social agite le Port depuis plusieurs jours.
Le droit de grève et le droit syndical ne sont pas en cause, mais prendre pour cible le record SNSM est incompréhensible et inacceptable. La SNSM est sans aucun doute l’organisation la plus populaire du monde de la mer. Cette course contribue à son financement et à sa notoriété. Quelles que soient les revendications, s’attaquer ainsi à un symbole de la solidarité des gens de mer est consternant. »

Trois skippers des trimarans MOD 70, Michel Desjoyeaux (Foncia), Sidney Gavignet (Musandam-Oman Sail) et Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild) ont décidé, malgré cette annulation d’effectuer une partie du parcours en prenant un départ commun, demain à 8h30, pour soutenir la SNSM. Les trois équipages mettront le cap vers Sainte-Marine avant de rallier leur port d’attache respectif. Sébastien Josse sur Spindrift Racing n’a pas confirmé sa participation à cette boucle, Thomas Coville qui espérait reprendre la barre de son maxi trimaran Sodeb’O entre deux étapes de la Volvo Ocean Race devra attendre pour prendre la mesure des modifications apportées à son bateau.

Michel Desjoyeaux, parrain du record SNSM, skipper du MOD 70 Foncia : « Nous sommes dans un pays démocratique où le droit de vote existe, il faut bien sûr le respecter. La décision d’annuler cette édition du Record qui porte le nom de la SNSM est cohérente, on ne brade pas l’image de la SNSM. Pour perpétuer la dynamique en faveur des sauveteurs bénévoles et du message de prévention, on vient de se mettre d’accord avec les skippers des trois MOD 70 présents ici pour symboliquement partir de Saint-Nazaire demain, et aller virer la bouée de Sainte-Marine. »

Sidney Gavignet, skipper du MOD Musandam – Oman Sail : « On n’a pas à rouspéter, c’est comme ça. On est bien sûr déçu pour les organisateurs, le public et la SNSM. Pour la beauté du geste, on fera donc notre petite course à trois au départ de Saint-Nazaire pour aller saluer Sainte-Marine. C’est notre façon de marquer, dans ce contexte, notre total soutien à la SNSM. »

Thomas Coville, skipper du maxi multicoque Sodebo : « Même si le droit de grève existe, la prise d’otages quelque soit, c’est quelque chose qui m’échappe. On est tous solidaires et d’accord de façon unanime pour s’associer à une cause comme celle du Record SNSM. C’est décevant de la pénaliser même si les grévistes ont sans doute de bonnes raisons. On est nombreux entre les organisateurs et les marins à s’investir pour faire de cette date un moment symbolique dans le monde de la voile en France et d’y répondre présent en fonction de notre planning. »

Foncia remporte l’Ingérop Armen Race

Michel Desjoyaux et son équipage ont remporté  l’Ingérop ArMen Race2012 sur Foncia ce matin en 14h15m35s à la vitesse moyenne de 23,14 noeuds. Michel Desjoyeaux et ses 6 équipiers ont bouclé les 330 milles du parcours  entre la Trinité sur Mer, l’Ile de Sein et l’Ile d’Yeu devant trois autres MOD 70, Spindrift Racing, Oman Sail et Groupe Edmond de Rothschild, le professeur ne bat pas le record de l’épreuve qui reste la propriété de Sébastien Josse sur Gitana 11 qui avait mis 10 minutes de moins pour boucler le parcours l’année dernière.

La victoire a été acquise lors des derniers milles après un match serré entre les 4 MOD 70 qui se sont partagés la tête de course à tour de rôle. Les multicoques ont bénéficié d’un vent soutenu sur cette épreuve avec 15 à 30 noeuds permettant des pointes de vitesse à près de 40 noeuds. Le maxi trimaran Sodeb’O, skippé par Karine Fauconnier pour l’occasion (‘en l’absence de Thomas Coville) termine 5 ème. En Multi 50, Actual s’impose à 19,09 nœuds de moyenne devant FenêtréA Cardinal et Maître Jacques.

Michel Desjoyeaux, skipper de Foncia: « Nous nous sommes bien bagarrés mais nous avons perdu nos copains dans la nuit pour les retrouver finalement à la bouée USHIP de Belle Ile. Cette Armen Race, je la qualifierai de boucailleuse et sinueuse, le vent n’était pas régulier du tout et surtout la rotation du vent est arrivée avec 2h de retard ou alors c’était peut-être nous qui étions 2h en avance ! En tout cas, cela a été rapide, même si nous ratons le temps pour 10 minutes ! L’équipage va me maudire car j’ai demandé de calmer le jeu à l’Ile d’Yeu, je pense qu’elles sont là ces 10 minutes ! Belle bagarre, on est monté à 36,8 nœuds, c’est le record du bateau ! C’était une belle épreuve, on reviendra ! »

Yves Le Blevec, skipper d’Actual : « Super content de la course ! Le parcours est génial ! Un beau départ dans de belles conditions, le vent est monté fort à l’occidentale de Sein et du côté de l’ile d’Yeu ce matin, la mer était assez formée. Avec FenêtréA Cardinal, nous étions au coude à coude tout au long du parcours. On a rien lâché ! A un moment j’ai vu dans notre tableau-arrière un feu vert, je me suis demandé si ce n’était pas une vedette et bien non c’était le mât de FenêtréA Cardinal à quelques mètres de nous. »

Yann Guichard, skipper de Spindrift racing: « Cela a été humide ! Super mais très humide et rapide ! De belles conditions, nous sommes partis avec du vent et cela a bien forci pendant la nuit. Cela a été une belle lutte entre les MOD70, à Sein, nous étions 3 premiers en 2 minutes ! Nous avons eu jusqu’à 27 – 28 nœuds, il fallait trouver la bonne configuration de voile. Foncia nous a doublé au passage du Palais où nous avons eu un petit souci de ris dans la GV et nous n’avons pas été très bons entre Hoëdic et l’ile d’Yeu où nous avons attrapé un casier donc le safran central s’est relevé ! Ensuite, nous nous sommes battus pour la deuxième place avec Oman Sail. On a fait tout le retour depuis l’ile d’Yeu avec eux à nos côtés. Un qualificatif : « fast and furious »  mais à refaire ! On a pris beaucoup de plaisir même si cela a été difficile mais nous étions aussi venus chercher ça. Nous n’avons pas dormi, pas mangé ! On a été servi ! »

Erwan Leroux, skipper de FenêtréA Cardinal : «  C’est incroyable ce parcours ! Une belle bagarre bien humide, les gars ce sont donnés à fond à bord ! Gennaker pour faire le tour de Belle-Ile, gennaker pour faire le tour  de l’ile d’Yeu, on a rien lâché mais on rate la victoire pour moins de 3 minutes ! Le format est génial, c’est ce qui se fait de mieux en Bretagne Sud en ce moment, ce matin au vent de l’ile d’Yeu, c’était magique ! Il ne faut rien changer. »

Karine Faconnier, skipper de Sodeb’O : «A part dans un bord de portant assez mou, on s’est régalé dans les conditions de reaching malgré une mer relativement formée et des rafales jusqu’à 30 nœuds ! Sur un bateau de cette taille, tu n’as pas le droit à la moindre erreur de concentration. Le skipper est obligé d’être hyper rigoureux et attentif pour que chacun tienne son rôle. Comme l’équipe technique embarquée n’est pas un équipage de régatiers professionnels, on a systématiquement anticipé chaque manœuvre et ainsi, on n’a jamais été pris au dépourvu».

Temps de course :

1 – Foncia à 6h05’35 » en 14h15’35 » à 23,14 noeuds de moyenne
2 – Spindrift racing à 6h10′ en 14h20’56
3- Oman Sail à 6h13′ en 14h23’53 en 14h23’53’
4- Groupe Edmond de Rothschild à 6h49 en 14h59’59’
5 – Sodebo à 8h37’06’ en 16h47’06’ à 19,66 noeuds de moyenne
6 – Actual  à 8h52′ en 17h 17’47 » à 19,09 noeuds de moyenne
7- FenêtréA Cardinal à 8h55 en 17h20’36
8- Maitre Jacques à 10h07 en 18h32’06
9- Vers un monde sans Sida à 12h35’50 »

Gitana XV vainqueur du Tour de Belle Ile

Sébastien Josse et son équipage du Gitana Team ont de nouveau remporté le Tour de Belle Ile pour cette édition 2012 ; ils avaient déjà été vainqueurs l’année dernière sur le 77′ de l’équipe, Gitana 11.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Cette cinquième du Tour de Belle-Ile a de nouveau offert un magnifique spectacle avec  plus de 500 bateaux sur la ligne de départ. Les conditions étaient très légères pour le début de course avec une mer plate et une très faible brise de moins de 5 nœuds de nord-est. Il aura fallu moins d’une heure aux plus véloces pour attaquer le chenal de la Teignouse, avec en tête Michel Desjoyeaux (Foncia), suivi de Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild), Loïc Féquet (Maître Jacques), Alain Gautier (Sensation Océan) et Spindrift racing (Yann Guichard), Idec était en retrait dans ces conditions légères.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Foncia poursuivait la course en tête aux Galères, avec quelques minutes d’avance sur Groupe Edmond de Rothschild, qui effectuait un superbe retour lors du retour vers la Trinité comme l’explique Sébastien Josse, skipper du trimaran aux couleurs du baron de Rothschild : « Michel Desjoyeaux a pris l’avantage très rapidement grâce à une petite option en Baie de Quiberon, on est peu à peu revenus sur lui, mais on n’arrivait pas à le dépasser, parce qu’il nous a « marqués à la culotte » jusqu’au chenal de la Teignouse. Et là, grâce à une petite option, on a réussi à faire un petit décalage, on a fait un virement de bord pour choisir le côté droit du plan d’eau, Michel ne nous a pas accompagnés, l’écart s’est créé à ce moment-là. »

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Groupe Edmond de Rothschild prenait donc la première place en 4h48’10’’ avec 1’40’’ d’avance sur Foncia, Spindrift Racing, mené par Yann Guichard profitait du duel en tête pour revenir sur les deux autres MOD et terminer dans leur sillage  à 2’50’’ du vainqueur.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Alain Gautier sur Sensation Océan, le 60′ ORMA (ex Foncia), prenait une belle 4ème place. Francis Joyon sur Idec profitait de conditions un peu plus soutenues sur la fin de parcours pour recoller à la tête de flotte et prendre la 5ème place.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Les Multi50 auront tenu ma dragée haute face aux plus grands multicoques (MOD 70, 60′ ORMA et maxi multicoque ), jusqu’au Poulains avant de céder du terrain et d’engager une belle bataille navale au sein de la classe, c’est finalement Maître Jacques barré par Loïc Féquet qui passera la ligne quelques minutes devant ses deux camarades, Erwan Le Roux sur FenêtréA-Cardinal et Yves Le Blévec sur Actual.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Les réactions des skippers :

Francis Joyon : « Ça s’est bien passé, on a bien tourné, on a fait de belles manœuvres. J’avais à bord un équipage de copains qui s’est super défoncé pour bien faire avancer le bateau, on a marché à bloc. C’est complètement normal qu’on termine derrière les MOD70 qui sont des bateaux beaucoup plus typés pour le petit temps que ne l’est Idec. On est même contents de préserver notre cinquième place par rapport aux Multi50 qui ont un rapport poids-puissance bien plus adapté pour ce type de temps. On n’a pas été ridicules, on a retrouvé de bonnes sensations de voile. La ligne de départ avec les 500 bateaux, ça faisait une sacrée flotte sous spi ! »

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Sébastien Josse : « Le Tour de Belle-Ile, c’est le début de l’aventure avec le Groupe Edmond de Rothschild, puisque l’année dernière, c’était mon premier départ en multicoque sur une course, c’était un peu la découverte du multicoque. Aujourd’hui, on revient avec un autre bateau, avec un équipage très entraîné, cette victoire a une saveur un peu particulière parce que derrière, il y a Michel Desjoyeaux et Yann Guichard, deux virtuoses du multicoque, ça veut dire qu’on a bien bossé pendant un an, qu’on a atteint un bon niveau. »

Loïc Féquet : « C’est impressionnant de voir autant de bateaux sur une même ligne de départ, même si je pense que certains vont rentrer bien tard ce soir ! Et c’est vraiment un beau parcours, surtout quand on est le long de la côte sauvage.  Le début a été un peu lent, on a choisi d’aller vers Quiberon, on a été bien inspirés, parce que ça nous a permis d’accélérer plus vite que les autres dans du vent plus table. En plus, souvent dans la Baie, il y a plus de vent près de Quiberon. Après, on a géré notre avance qui a peu à peu diminué, d’autant que derrière, Actual et FenêtréA-Cardinal se tiraient la bourre. On garde finalement deux minutes d’avance à l’arrivée, le dernier bord a été un peu chaud parce que ça rentrait par l’arrière. Pour nous, c’est une belle victoire qui valide le travail de l’équipage. On a tous un métier à côté, on a plaisir à se retrouver, il y a une belle ambiance à bord, chacun se respecte. »

Yves Le Blévec : « On a vécu un Tour de Belle-Ile super sympa, avec un beau départ et une super bagarre à trois avec Maître Jacques et FenêtréA-Cardinal. Comme le MOD70 Foncia, Maître Jacques est parti à la côte vers Quiberon au départ, on ne pensait pas qu’on pouvait aller jusque-là, mais c’était le bon côté où aller. Du coup, ils étaient vachement en avance à la Teignouse, mais on les a rattrapés et on a fini avec une belle bagarre. On termine les trois Multi50 dans un mouchoir, en un peu plus de deux minutes, c’est top pour la classe, ça promet. Et ce Tour de Belle-Ile était une nouvelle fois top, c’est vraiment une course magnifique, on a pris le temps de se retourner quelques fois au départ pour regarder la flotte, c’était génial ! »

Le classement provisoire:
1. Gitana 15-Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse), 4H48’10″
2. Foncia (Michel Desjoyeaux), 4h49’50″
3. Spindrift Racing (Yann Guichard), 4h51’00″
4. Sensation Océan (Alain Gautier) 4h52’25″
5. Idec (Francis Joyon), 5h07’40″
6. Maître Jacques (Loïc Féquet), 5h37’35″
7. FenêtréA-Cardinal (Erwan Le Roux), 5h39’15″
8. Actual (Yves Le Blévec), 5h40’00″

Sodeb’O remis à l’eau

Le trimaran de Thomas Coville, qui navigue actuellement avec Franck Cammas sur la Volvo Ocean Race, a été remis à l’eau samedi à Saint Philibert, avant de rejoindre son ponton à La Trinité sur Mer.

Le bateau a subi un important chantier d’hiver, avec la modification de la position des flotteurs, qui ont été avancés afin de parfaire l’équilibre du bateau dans le grand sud, le multicoque reçoit également une nouvelle décoration pour cette saison.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Du fait de cette mise à l’eau tardive pour cause de fort coup de vent, le trimaran n’a pas pu s’aligner au départ du Tour de Belle Ile, comme prévu initialement.

En l’absence de son skipper attitré, Thierry Briend mènera le trimaran pour ce début de saison en équipage afin de tester  l’équilibre général du bateau avec les flotteurs avancés.

Sodebo participera à l’Armen Race (17-20 mai) et au Record SNSM (31 mai-5 juin), qui permettront de valider les évolutions techniques du bateau avant le retour de son skipper, qui devrait s’élancer pour une nouvelle tentative de record autour du monde en solitaire cet hiver.

Gemini 3 bloqué en Argentine

Roman Paszke avait du interrompre début janvier son tour du monde en solitaire contre les vents dominants, au large de l’Argentine ; suite à une voie d’eau sur l’une des coques de son catamaran de 27m Gemini 3.

Depuis les réparations ont été effectuées sur le multicoque, et le skipper polonais a obtenu les autorisations de navigation,malgré tout le bateau se retrouve bloqué dans le port argentin de Rio Gallegos suite à un différent avec une société locale qui réclame 300000$ pour participation aux frais de sauvetage.

D’après Roman Paszke, les frais de remorquage et de port ont été réglés, et il n’y aurait eu aucune demande d’assistance auprès de cette société lors du remorquage du bateau. Les autorités locales ont semble-t-il mis le bateau sous scellé, interdit l’accès à l’équipage, et le départ du bateau avant qu’un jugement soit rendu concernant cette affaire.

Paszke360

Le skipper est évidemment inquiet de cette situation puisque l’hiver austral va débuter dans l’hémisphère sud avec des températures fortement négatives ceci dans un port très exposé aux vents et avec des marnages parfois supérieurs à 10 mètres

Roman Paszke à Rio Gallegos

Après 25 heures en situation précaire, avec une voie d’eau à l’arrière de la coque gauche, le skipper polonais Roman Paszke a réussi à amener son catamaran GEMINI 3 à bon port dans le port argentin de Rio Gallegos, il a été assisté par un remorqueur sur les derniers milles.

Roman Paszke a pu mettre son catamaran à sec aujourd’hui à l’aide de deux grues et d’un remorqueur, la coque babord contenait semble-t-il 5 tonnes d’eau, le séchage complet de celui-ci devrait prendre 2 à 3 jours, ce qui permettra à l’équipe technique d’évaluer les dégâts subis par le bateau.

Pablo Armando

Rappelons que Roman Paszke était le premier skipper à tenter le tour du monde contre vents dominants en multicoque, il se trouvait à quelques jours de mer du Cap Horn lors de l’avarie.