Banque Populaire V de retour à Lorient à 16h, après un Trophée Jules Verne victorieux

L’équipage du trimaran Banque Populaire V a décroché le Trophée Jules Verne vendredi soir à 23h15 après 45 jours 13 heures 42 minutes 53 secondes de mer, les marins ont bouclé leur tour du monde après 29 002 milles à une vitesse moyenne de 26,51 nœuds.

Ces marins ont été accueilli par une foule nombreuse à Brest hier matin, ils seront de retour à leur port d’attache à la BSM de Lorient cette après midi vers 16h, pour un nouvel accueil triomphal.

L’équipage du maxi a donc effectuée une superbe boucle autour du monde, maintenant le trimaran en avance sur le record de Groupama 3 sur l’intégralité du parcours.

Loïck Peyron, Juan Villa, Ronan Lucas, Thierry Chabagny, Yvan Ravussin, Pierre-Yves Moreau, Emmanuel Le Borgne, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Jean-Baptiste Le Vaillant, Brian Thompson, Thierry Duprey Du Vorsent décrochent leur premier Trophée Jules Verne, alors que Fred Le Peutrec entre dans le cercle des doubles détenteurs (Groupama 3 en 2010) et Florent Chastel des triples vainqueurs (sur Orange I et II en 2002 et 2005) de ce tour du monde.

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Loïck Peyron, skipper du Maxi Banque Populaire V :  » Ce ne sont pas seulement 45 jours de mer que nous venons de faire, ce sont des décennies de travail, des années d’engagement de la part de Banque Populaire dans la voile. Il faut rendre hommage également à Pascal Bidégorry qui a conçu ce bateau et à Hubert Desjoyeaux qui l’a construit et nous a malheureusement quitté il y a peu, et à toute cette équipe bien sûr. Ce genre d’histoire nous fait monter en pression pendant pas mal de temps et il faut être patient pour que ça retombe aussi. Nous avons eu cette chance extraordinaire de pouvoir nous reposer les uns sur les autres. La confiance que nous avions les uns dans les autres fait qu’on est assez reposé paradoxalement. Etonnement, cette course n’est pas la plus fatigante. Tous les records sont fait pour être battus et celui-là le sera un jour où l’autre. S’il y a un bateau pour le battre, c’est celui-là ! « .

François Pérol, Président du Groupe BPCE  : » Cet exploit d’un équipage de quatorze hommes aussi talentueux que résolus constitue un magnifique symbole de la vitalité et de la force de l’esprit d’entreprendre. Tous les collaborateurs se reconnaissent dans l’aventure collective de Loïck Peyron, de son équipage et toutes celles et ceux qui à terre ou en mer  ont participé depuis 5 ans à la réalisation de ce projet « 

Yves Breu, Directeur Général de la Banque Populaire de l’Ouest : «  L’histoire de ce projet, c’est l’illustration parfaite de l’état d’esprit qui anime Banque Populaire au quotidien, une banque audacieuse, qui stimule et encourage les initiatives : soutenir et accompagner dans la durée toutes celles et ceux qui ont un rêve, y croient, se donnent les moyens de le transformer en projet concret et le conduire à la réussite « 

Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire et navigant :  » Je suis content que nous décrochions ce record parce que je me dis que le travail paie et que ça fait du bien de s’acharner et de se dire qu’on va y arriver, d’y croire, de se battre pour que les choses évoluent. J’avais ce rêve de gosse de faire le tour du monde, passer le Cap Horn, aller dans le Sud, voir les immenses vagues, les douze mètres de creux dans l’Indien. J’ai été très touché par l’accueil ici à Brest. On avait la terre de manière épisodique et on savait que l’histoire avait l’air de prendre. Mais d’arriver ici et de voir la digue noire de monde, on se dit que c’est dingue. Je n’aurais pas rêvé une arrivée aussi belle. C’était beaucoup d’émotion pour nous, mais également du côté de l’équipe technique, c’est leur récompense aussi. Ils n’ont pas vu les Kerguelen mais ils ont vu ce monde. C’est une immense fierté pour eux et aussi pour notre partenaire parce que Banque Populaire fait de la voile par conviction mais c’est bien aussi quand ça paie. C’est magique, je garderai cette arrivée toute ma vie dans ma tête. J’étais convaincu que Loïck Peyron était quelqu’un de brillant. J’avais envie de travailler avec ce Monsieur depuis déjà longtemps et il est plus que brillant. Il est doué pour tout ! C’est un vrai leader, tout le monde a eu envie de se saigner pour lui et il a trainé le groupe derrière lui  « 

Kévin Escoffier, responsable du bureau d’études et navigant : » Je savais que j’aimais beaucoup faire du bateau mais tu as toujours le petit doute quand tu pars 45 jours de te demander si tu vas toujours autant apprécier… Eh bien oui ! J’ai vraiment adoré chaque instant, à aucun moment je ne me suis dit : qu’est-ce que je fais là ? J’ai tout adoré, chaque moment je voulais que ça dure plus longtemps. C’est fantastique, ça me conforte d’autant plus dans ce que je fais, autant sur le plan technique que sur le plan marin. J’avais la casquette technique qui faisait que je me devais d’anticiper les problèmes parce que j’étais un ce deux qui connaissait le mieux le bateau en tant que responsable du bureau d’études « .

Marcel van Triest, routeur à terre :« Jusqu’à Bonne Espérance, tout s’est enchaîné correctement, avec le temps qu’on avait imaginé au départ de Ouessant et du vent tout le temps. Souvent l’Indien est un plat de résistance, pour nous ça s’est très bien passé. Il n’y avait pas de glaces et on pouvait plonger dans le Sud. Du coup on est passé au Sud des Kerguelen ce qui n’est pas très habituel avec un bateau comme ça. A l’Est de l’archipel nous avons rencontré notre deuxième épisode de glaces et la situation météo nous a permis de monter très Nord. Jusque là, tout s’était déroulé parfaitement. Après on a eu un Pacifique compliqué, avec l’hésitation de plonger Sud dans une mer très formée ou aller chercher une dépression qui tombait d’Australie. Ca s’est bien passé mais c’était déjà un peu complexe. Après on s’est trouvé avec ce vaste champ de glaces dans le Pacifique Sud et une météo pas coopérative pour la première fois. On a mangé notre pain noir et contourné une grande accumulation de glaces mais on a quand même accepté d’aller dans une zone où il y avait quelques icebergs. C’était jouable parce qu’on était au près, en décembre soit le plein été austral qui nous donnait donc 23 heures de lumière par jour. C’était quand même compliqué de gérer tout ça, on est presque aveugle au niveau glaces et dans cette histoire je suis le borgne ! J’en sais trop pour être ignorant et pas assez pour être tranquille. On s’est retrouvé ensuite derrière la fameuse dorsale et même avec Banque Populaire V on n’a pas pu la percer. On a vraiment tenté trois fois de la passer, mais c’était comme un vrai mur et la seule façon de se rapprocher du but c’était de longer le mur et de faire du Sud. Atlantique Sud, ça s’est très très bien passé. Sur la remontée, on fait un petit bidet qui n’était pas vraiment nécessaire, le seul reproche que j’ai peut-être à me faire. Dans le Nord, il y avait des milles supplémentaires à faire mais c’était un choix relativement simple à faire. On est content de ce qu’on a fait avec cette météo. J’ai longtemps pensé qu’on pouvait arriver en dessous des 45 jours, avec un Atlantique Nord normal on l’aurait fait. Un jour, en réunissant tous les éléments, je pense que les 40 jours seront tenables « .

Les réactions des anciens détenteurs :

Olivier de Kersauson : « C’est vraiment très bien ce qu’ils ont fait. C’est même exceptionnel. Je pense à Hubert Desjoyeaux qui en a construit quelques uns de ces bateaux exceptionnels. Le trophée Jules-Verne est un parcours ultime, c’est le record de référence. »

Franck Cammas : « Ils ont réalisé une première partie de tour du monde incroyable avec parfois plus de 2000 milles d’avance. Sur la seconde moitié, ils ont tenu le rythme pour finir avec plus de deux jours d’avance. C’est évidemment une super performance car c’est toujours compliqué de faire un tour du monde. A bord de bateaux qui vont aussi vite, il faut savoir tenir le rythme, les mener à la juste vitesse pour ne pas casser. L’équipage de Banque Populaire a su le faire et c’est du beau boulot. Il y a souvent eu de la frustration dans les trois dernières années. Je pense donc à ceux qui n’ont pas eu la chance de naviguer. Je tire aussi un énorme coup de chapeau à Ronan Lucas, le team manager. Entre la construction et la navigation, c’est lui qui s’est le plus impliqué dans ce projet. […] On peut évidemment descendre sous les 45 jours avec Groupama 3 comme avec Banque Populaire. Il faut juste avoir cette part de réussite avec la météo et avec le matériel. [….] 

(Concernant Fred Le Peutrec, qui faisait parti de l’équipage victorieux sur Groupama 3 en 2010)  Fred n’avait rien à perdre. Bravo à lui. Il est de tous les beaux projets. C’est un super barreur qui sait aller vite, en finesse. »

Bruno Peyron : « De manière symbolique et émotionnelle, oui, je suis ravi. Toute la famille est contente, on en plaisante en disant qu’on va ramener à la maman un quatrième Jules-Verne à la maison. Le hasard a fait que j’ai été le premier à le lancer, et à chaque fois qu’on me l’a pris, je suis retourné le chercher. Là, Loïck me venge de Cammas, c’est très bien, et j’ai envie de dire que si on nous le reprend, on y retournera ! »

A lire également l’interview de Pascal Bidégorry, l’ancien skipper du maxi trimaran sur Sud Ouest, de Loïck Peyron sur Ouest-France et le Télégramme ; de Vincent Lauriot Prévost, architecte du bateau, qui revient sur les possibles améliorations du trimaran, toujours sur Ouest France.

L’équipage de Banque Populaire V décroche le Trophée Jules Verne

L’équipage du maxi trimaran Banque Populaire V vient de battre le Trophée Jules Verne il y a 30 minutes, après avoir repassé la ligne entre Ouessant et le Cap Lizard.

Loïck Peyron et ses hommes auront bouclé leur tour du monde en 45j 13h 42min 53s, améliorant le record de l’équipage de Franck Cammas sur Groupama 3 de 2j 18h 1min 59s.

Ils auront parcouru 29 002 milles à une moyenne de 26,51 noeuds.

Banque Populaire en approche de la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne

Loïck Peyron et ses treize hommes d’équipage : Juan Vila, Yvan Ravussin, Brian Thompson, Pierre Yves Moreau, Thierry Chabagny, Frédéric Le Peutrec, Emmanuel Le Borgne, Thierry Duprey Du Vorsent, Ronan Lucas, Jean-Baptiste Le Vaillant, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Florent Chastel, vont franchir la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne au large de l’île d’Ouessant ce soir dans environ 3 heures, au terme de 45 jours et probablement 14 heures de mer.

© BPCE

Ils devraient donc devenir les nouveaux détenteurs du Trophée Jules Verne ce soir, le trimaran Banque Populaire V et son équipage vont ensuite passer une dernière nuit en mer avant de rejoindre le port du Chateau à Brest demain au environ de 10h30, où le public pourra accueillir comme il se doit les marins victorieux.

Les marins profitent de vents portants pour ces cent derniers milles avec une moyenne de 30 noeuds, ce qui clôturera en beauté un superbe tour du monde et une belle saison pour le team Banque Populaire, Marcel Van Triest, qui a routé le bateau depuis la terre sera bien évidemment de la fête, seule inconnue, la présence ou non de Pascal Bidégorry qui a imaginé ce bateau conçu par le cabinet VPLP, avant d’être remercié par Banque Populaire suite à l’échec de la tentative l’année dernière (A lire, l’interview de l’ancien skipper sur le Télégramme, et de Vincent Lauriot Prévost, architecte, toujours sur le site du Télégramme).

Importante voie d’eau sur Gemini 3, Roman Paszke abandonne son tour du monde

Le skipper polonais, qui avait quitté les Canaries il y a 23 jours pour une tentative de tour du monde « à l’envers », a annoncé une avarie cette nuit.

Son catamaran Gemini 3 présente une voie d’eau de la coque babord, survenue dans des conditions très musclées avec plus de 50 noeuds de vent et une mer forte, les vagues étant estimées à plus de 5 mètres, Roman Paszke avait alors mis le cap sur le port argentin de Rio Gallegos.

Ce soir il se situe à moins de 100 milles du port argentin, et navigue à environ 13 noeuds ;  les services de sauvetage sont en alerte, avec un hélicoptère prêt à décoller, étant donné l’aggravation de la situation à bord du catamaran.

En effet, les pompes n’arrivent pas à endiguer la voie d’eau située à l’arrière de la coque. le skipper espère atteindre le port dans moins de 8 heures, ce qui lui permettrait de mettre en sécurité son bateau.

Plus de 1000 milles d’avance au large du Brésil pour Banque Populaire V

Loïck Peyron et son équipage poursuivent leur remontée de l’Atlantique Sud sur le maxi trimaran Banque Populaire V, ils naviguent actuellement au près à 300 milles au large des côtes brésiliennes dans des conditions estivales avec les alizés après avoir connu une averse de neige il y a quelques jours.

Depuis leur passage du Cap Horn, l’équipage n’a cessé de creuser son avance sur le temps du record de Groupama 3 de 2010, qui avait subi un  Atlantique Sud difficile, ce soir le trimaran bleu possède 1060 milles d’avance grâce à une route plein nord et une trace depuis le Cap Horn proche de l’orthodromie, la suite s’annonce relativement bien pour les marins avec un Pot au Noir peu actif comme l’explique  Marcel Van Triest, routeur à terre :  » Nous sommes satisfaits de ce qui a été fait et maintenant c’est du tout droit jusqu’à la pointe Nord-Est du Brésil. L’avance va encore s’accroître dans les prochaines heures et c’est plutôt bien, parce qu’ensuite, nous aurons plus de milles à faire que Groupama 3. Le Pot au Noir ne se présente pas trop méchamment. Il faudra faire avec ce que la nature va nous proposer, nous n’aurons pas le choix. Ensuite, il y aura a priori deux routes possibles, une directe et une qui fera faire un grand détour pour éviter l’anticyclone des Açores. Nous étudions ça de près « .

Le skipper s’est également montré confiant pour la suite de ce Trophée Jules Verne :  » Ca ne se passe pas mal ! Nous allons rallier l’Equateur dans un temps relativement bon et la suite s’annonce encore mieux. Théoriquement, aujourd’hui nous avons près d’un jour de mieux à l’Equateur que le meilleur partiel de tous les temps encore détenu par mon frère Bruno. En ce moment, le vent est irrégulier, ça y est, on est dans les alizés. C’est très variable. On a entre 14 et 20 nœuds. Il y a beaucoup de grains. C’est un petit alizé léger et ça devrait rester comme ça jusqu’à l’Equateur. D’ici peu, on devrait raser les côtes brésiliennes au niveau de Recife, mais il faudra faire attention de ne pas être trop près parce que ça tamponne. Ensuite, ce sera le Pot au Noir et puis les mêmes alizés, mais dans le Nord ceux-là, avec, on l’espère, un angle de vent plus confortable « .

© BPCE



Une journée à 430 milles pour Roman Paszke

Le skipper polonais a parcouru 2600 milles depuis son départ de Las Palmas il y a 9 jours, soit une moyenne d’environ 12 noeuds, il a effectué sa meilleure journée hier avec 413 milles au compteur et des vitesses de pointe à 23 noeuds.

Il navigue actuellement au large des côtes brésiliennes dans des conditions stables, Roman Paszke est en avance sur le temps de référence de Jean Luc Van Den Heede.

© DR

A lire, un excellent article d’Olivier Chapuis sur VoilesetVoiliers.com, concernant cette tentative de record autour du monde contre les vents dominants, avec notamment l’obligation de virer une île au nord de l’archipel de la Nouvelle Zélande

L’avance de Banque Populaire fond avec la dorsale anticyclonique

L’océan Pacifique n’en finit pas de ralentir l’équipage de Banque Populaire depuis 5 jours, après avoir été contraint de prendre une route très nord du fait d’icebergs présents en nombre, l’équipage du maxi trimaran est désormais bloqué par une dorsale anticyclonique.

© BPCE

Cette dorsale continue à se déplacer vers l’est et barre la route du bateau vers le Cap Horn, obligeant les marins à manoeuvrer afin d’optimiser la route du multicoque, la prochaine dépression en arrière de ce front ne devrait « embarquer » le bateau que demain, ce qui permettra de reprendre une route plus directe.
Loick Peyron à la vacation du jour  : « Ca manœuvre ! On vient juste d’empanner une deuxième fois depuis ce matin. On se bagarre dans des conditions compliquées. Nous sommes à un passage à niveau. En ce moment, nous avons 8 nœuds de vent, nous avançons à 11 nœuds et pas du tout sur la route. On risque de mettre au moins 24 heures de plus que prévu pour arriver au cap Horn, mais c’est vrai qu’entre le contournement par le Nord de la zone de glaces qui a entraîné la négociation d’une grosse dépression et maintenant cette dorsale, la situation n’est pas simple. Soit on arrive à passer devant cette dorsale dans quelques heures, ce qui m’étonnerait beaucoup, soit il faut faire avec jusqu’au Horn. C’est un vrai barrage entre deux dépressions, une devant nous et une derrière. Entre les deux, il y a ce petit morceau d’anticyclone. Ca va être relativement long… On sera plutôt au cap Horn le 23 décembre, dans la journée « . 

Le 3ème Cap devrait donc être franchi vendredi, avec une avance encore plus ténue sur le temps de référence, malgré tout l’Atlantique sud semble plus souriant que ce qu’avait connu l’équipage de Groupama 3 en 2010 : « On sent notre concurrent tout proche. On peut sentir son souffle froid ! En 2010, Groupama 3 était passé beaucoup plus Sud que nous dans le Pacifique, preuve qu’il y avait sans doute moins de glaces et là ils déboulent virtuellement à 28 nœuds. C’est sympa d’avoir ce type d’informations, ça fait frémir ! Mais on espère se refaire à partir du Horn, on se bagarre pour cela. Les conditions en Atlantique Sud ne semblent pas mauvaises même si elles ont tendance à se dégrader et on devrait avoir de meilleures conditions que celles qu’ont eu nos amis il y a presque deux ans « .

Le trimaran possède encore ce soir une avance de 780 milles sur le record.

Roman Paszke est parti en solo autour du monde contre les vents dominants

Le skipper polonais a quitté Las Palmas, son point de départ pour son tour du monde, le 14 décembre, avec pour objectif une circumnavigation contre les vents dominants en environ 100 jours (le temps à battre est celui de Jean Luc Van Den Heede sur le monocoque Adrien en 122 jours 14 heures).

Roman Paszke navigue actuellement au sud des îles du Cap Vert, après 72 heures de mer sur son catamaran Gemini 3, il devrait désormais mettre le cap sur les côtes brésiliennes. La position du bateau est à suivre sur le site Paszke360.

Les vitesses restent modestes pour un catamaran de 27m de long par 14 de large jusqu’ici, malgré tout le skipper est le premier à relever le défi d’un tour du monde d’est en ouest sur un multicoque.

 

Banque Populaire V à mi-parcours

L’équipage du maxi trimaran Banque Populaire 5 ont passé huit heures dans des conditions proches de la survie sur un multicoque de 40m. En effet par 56° Sud, les marins ont essuyé une violente dépression venant de Nouvelle-Zélande, qui a entrainé des vents de 40 nœuds et une mer désorganisée.
© BPCE
Dans ces conditions, la priorité était la préservation du matériel et de l’équipage, les hommes d’équipage ont donc réduit au maximum la vitesse du trimaran, avec la grand voile réduite à son strict minimum et aplatie au maximum pour diminuer la puissance.
Florent Chastel, numéro un/ régleur est revenu sur cette tempête à la vacation : » C’est en train de se calmer, la mer se range doucement. Nous allons pouvoir renvoyer un peu de toile. Mais pendant huit heures, il n’y a plus eu de place pour la course. On a surtout essayé de passer sans faire de mal au bateau. Nous sommes partis au près là dedans, puis nous avons attrapé la bascule et continué au reaching, à 90° du vent, une allure où le bateau accélère. Nous avons fini avec des paquets de mer impressionnants. Nous avons oublié un peu la performance et les réglages servaient surtout à ralentir le bateau. Petit à petit ça a adonné et le vent s’est calmé. On va pouvoir reprendre la course « .
Le bateau a franchi l’antiméridien, marquant la mi-parcours, pendant cette navigation musclée :  » Nous sommes passés de TU + 12 heures à TU – 12 heures dans nos références à bord. On file vers l’Est et c’est un peu comme si on accélérait le temps. On va le moins possible à l’avant, on évite. Quand c’est nécessaire, le barreur ralenti beaucoup le bateau, on s’attache et c’est un peu du crapahutage jusqu’à l’avant du bateau. A l’intérieur, il est difficile de dormir dans ces conditions. Quand les vagues tapent sur le carbone, ça fait caisse de résonance. Quand on est dans notre bannette, on est à deux centimètres d’un océan en furie « .

Le trimaran navigue désormais dans des vents plus faibles et une mer plus « rangée », ce qui a permis à l’équipage d’accélérer la cadence, l’avance est ce soir de 1900 milles  sur le temps du record de Groupama 3.

Cependant la suite de ce Trophée Jules Verne ne s’annonce pas simple puisque les marins vont devoir éviter une zone de glace et se verront donc contraints de remonter au nord, comme l’expliquait Florent Chastel :  » On ne va pas descendre beaucoup plus car il y a pas mal de glaces, dont un très gros iceberg qu’on devrait approcher demain. La route Sud nous est un peu barrée. Descendre plus, ça devient la roulette russe « .

L’allongement de la route ne devrait pas permettre de poursuivre dans le même système météo, le routeur à terre prévoit donc une réduction de l’avance sur le tableau de marche de près de moitié est à prévoir d’ici au passage du Cap Horn, dans une semaine environ.

© BPCE

Roman Paszke et Gemini 3 aux Canaries

Le skipper polonais, Roman Paszke et son équipage sont arrivés à Las Palmas samedi après un convoyage du catamaran de 27m depuis Lorient de 8 jours.

Le marin va pouvoir débuter le stand-by de sa tentative de record autour du monde contre les vents dominants, après avoir rencontré aujourd’hui un membre du WSSRC qui devait approuver les dernières formalités, il espère boucler ce tour du monde en 100 jours.