Du mouvement chez les Ultimes

  • Armel le Cléac’h et son équipage sont arrivés à New York vendredi 23, le skipper du maxi trimaran solitaire Banque Populaire VII débutera son stand by dès le 2 juin pour sa tentative de record sur l’Atlantique Nord en solitaire
  • Sodeb’O Ultim est désormais mâté, le team s’affaire sur le trimaran afin d’effectuer les premiers test sous voiles qui devraient avoir lieu dans les jours qui viennent. Thomas Coville pourra ensuite débuter sa préparation pour la Route du Rhum.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Baptiste Morel/Voile-Multicoques

  • Spindrift 2 a quitté la Trinité sur Mer cette après midi, le maxi trimaran du team Spindrift racing rejoint également les Etats Unis, l’équipage de Yann Guichard et Dona Bertarelli tentera également le record de l’Atlantique Nord, en équipage.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Yann Guichard. « La route la plus courte se ferait au près, face au vent et aux dépressions, ce qui n’est pas très intéressant en préparation d’un record qui se joue au portant. Nous allons donc adapter au mieux notre trajectoire pour aller chercher au maximum des allures portantes et de reaching. L’objectif est de nous approcher au plus près des conditions de navigation du record afin que chacun retrouve bien ses sensations, notamment à la barre. J’ai vraiment hâte. Même si nous avons effectué plusieurs navigations longues au départ de La Trinité, rien ne remplace le mode océanique, tant techniquement que humainement. »

Erwan Israël navigateur : « La météo s’annonce très variée voire même plutôt instable sur la fin de parcours, nous partons au Sud dans des conditions médiums pour aller longer le Portugal avant d’enrouler l’Anticyclone des Açores par dessous. Ensuite, nous remontrerons vers Newport dans un régime plus dépressionnaire et le vent doit forcir sur le final.

 

Sodeb’O ultim a été mis à l’eau

Le nouveau trimaran de Thomas Coville a touché l’eau en fin de matinée.
14 mois ont été nécessaires au chantier Multiplast pour transformer l’ancien Géronimo en Sodeb’O Ultim, le chantier a réalisé la nouvelle coque centrale, les tronçons avant des flotteurs qui ont été greffés sur ceux d’origine, l’intégration des appendices issus de Dogzilla-USA 17 (le trimaran à aile rigide d’Oracle Team USA, vainqueur de la 33ème Coupe de l’America), ce chantier a permis d’alléger le bateau de 7 tonnes par rapport au trimaran initial. Le cabinet VPLP, concepteur de Géronimo, était de nouveau de la partie avec la modification des plans pour arriver à ce trimaran solo, avec lequel le skipper débutera la compétition lors de la prochaine Route du Rhum.

Le bateau devrait rapidement être mâté (le mât a été construit  par Lorima dans les moules de Groupama 3 version solo, l’actuel Banque Populaire VII), les voiles ont été conçues par North Sails.

 

© Jimmy Bonnal/ www.jbonnal.fr/

© Jimmy Bonnal/ http://www.jbonnal.fr

Les réactions des acteurs de cette transformation
Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ : « C’est une journée symbolique. Cela fait 14 mois que l’on a ramené Geronimo de Brest. Il fallait avoir de l’imagination pour arriver à un bateau de cette forme et de cette modernité. Nous avons la fierté d’avoir osé quelque chose d’assez incroyable. ll y a 20 ans, je faisais mon premier tour du monde avec Olivier de Kersauson et il y a quelques jours, nous nous sommes fait plaisir tous les deux à rencontrer ce bateau. Olivier était comme un gamin, enthousiaste comme nous ! »

Patricia Brochard, co-présidente de Sodebo : « Notre engagement dans les plus grandes courses au large et dans des campagnes de records audacieux participe largement depuis 16 ans au développement de la marque et à la côte de sympathie des consommateurs qui voient en nous une marque audacieuse et exigeante qui sait s’engager, une marque fidèle et passionnée. »

Olivier de Kersauson, skipper de Geronimo : « Je reconnais les bras qui typent le bateau, les flotteurs aussi et j’aime la coque centrale, c’est vachement intelligent d’avoir changé ça. L’autre était faite pour naviguer à onze alors que là, c’est un programme solo. Ce que devient Geronimo, c’est une réflexion complètement logique et tu vois tout de suite que c’est bien. Les bateaux de ‘Sieur Coville’ ont toujours été cohérents et ça c’est dû au fait de naviguer, à l’intelligence maritime. On est là, 20 ans après, ce n’est pas un hasard. On a maintenant un bateau moins gras et plus rapide. J’ai hâte de le voir naviguer, de voir les progrès qui ont été faits. »

Vincent Lauriot-Prévost, architecte de Geronimo puis de Sodebo Ultim’ : « En 2001, en vue des records en équipage, Olivier souhaitait un bateau qui joue sur la longueur de la coque centrale de 34 mètres pour un meilleur passage dans la mer dans la longue houle du Sud et sur le fait de naviguer sur deux coques tout en glisse avec un seul safran sur la coque centrale. La démarche de Thomas est différente et découle de ses précédentes navigations en solitaire : plus focalisée sur la navigation sous foils que sur la coque centrale, réduire la taille du mat et la surface de voiles, et adapter trois safrans pour pouvoir naviguer sur un flotteur tout en conservant la garde à la mer des bras de liaisons de la version précédente. »

LA TRANSFORMATION EN QUELQUES CHIFFRES
14 mois de chantier
200 fournisseurs dans 12 pays
40 000 heures de travail
7 tonnes gagnées sur la plateforme depuis Geronimo
70m2 de voilure de plus que le précédent maxi-trimaran Sodebo

SODEBO ULTIM’
Numéro : 73 (En référence à la création de Sodebo par Simone et Joseph Bougro en 1973)
Architectes : cabinet Van Peteghem-Lauriot-Prévost
Structures : Hervé Devaux Structures
Réalisation plateforme : chantier Multiplast et Team Sodebo
Longueur : 31m
Largeur : 21,20m
Constructeur mât : Lorima
Hauteur mât : 35m
Corde mât : 1,20m
Tirant d’air : 37m
Conception et fabrication voiles : North Sails
Surface Grand Voile : 283m2
Surface voiles max au près : 444m2
Surface voiles max au portant : 663m2
3m2 d’espace de vie de plain-pied
Cockpit avec 1 colonne et 6 winchs
400m2 de filets de dyneema
Pilotes automatiques : électrique et hydraulique
Décoration : Désigne.fr

Route du Rhum, les mises à l’eau s’enchainent

  • Le Gitana Team a remis à l’eau le Multi 70′, Groupe Edmond de Rothschild sur lequel Sébastien Josse s’alignera à la prochaine Route du Rhum. L’essentiel du chantier d’hiver a porté sur la mise en configuration solo du bateau initialement prévu pour 6 équipiers, l’ensemble de la table à carte a été ramenée sous la casquette qui dispose de plus de volume, le pilote automatique installé pour la Transat Jacques Vabre a été doublé afin de pallier à une panne. Le trimaran a également été allégé avec u nouveau moteur et de nouvelles voiles, ainsi que la suppression de tous les aménagements intérieurs. Enfin élément le plus innovant pour Gitana XV, des safrans en T.

Sébastien Josse  : « L’objectif de ces nouveaux safrans de flotteurs est de diminuer le tangage du bateau dans la mer. Cette plus grande stabilité devrait nous permettre un gain significatif sur la vitesse moyenne ainsi que dans la conduite du bateau. L’idée n’est pas de faire voler le trimaran… en tous cas pas pour l’instant !» 

Antoine Koch, le responsable du bureau d’études Gitana : « Le temps dont nous disposions cet hiver était trop court pour réaliser l’ensemble des modifications imaginées à l’origine : safrans, foils, travail sur le plan de voilure … Ces nouveaux appendices ne sont qu’une première étape dans ce que nous souhaitons mettre en place par la suite. Le but est bien de faire encore évoluer la plateforme de Gitana XV »

  • Un autre Multi 70 sera en lice pour cette Route du Rhum, Oman Sail Musandam de Sydney Gavignet, le skipper va enchainer les navigations en équipage jusqu’en août, puis peaufinera sa préparation à partir de septembre.
  • Yann Guichard poursuit quand à lui la montée en puissance sur le Maxi trimaran Spindrift 2 avec un record sur l’Atlantique Nord en équipage, dont le stand by débutera en juin, il s’entrainera ensuite en solitaire. Armel le Cléac’h a pour sa part largué les amarres de Banque Populaire VII, l’autre géant de ce Rhum (ex Groupama 3), il s’alignera sur le même parcours en solo.
  • Le Multi 80, Prince de Bretagne, le multi mené par Lionel Lemonchois est en chantier à Lorient, suite à son chavirage, l’équipe technique s’attelle à la remis en état du trimaran afin que le skipper puisse reprendre les navigations au plus vite, probablement début juillet.
  • Le « nouveau » Sodeb’O de Thomas Coville, est sorti du hangar Multiplast, l’ex Géronimo d’Olivier de Kersauson est méconnaissable (nouvelle coque centrale, remplacement de l’avant des flotteurs etc.). Les finitions sont en cours et la mise à l’eau est prévu pour le 19 mai.

L’actu des maxis Multis en bref

  • Le catamaran de 36m ex Orange II, dont Bruno Peyron était skipper, va entrer en chantier chez Multplast pour un refit.  François Bich, descendant de la famille Bich, s’est porté acquéreur du multicoque, qui va être transformé en bateau de grande croisière. Il sera doté d’une nacelle profilée de 70 m²  derrière la poutre de liaison avant. Six cabines seront aménagées dans les coques accueillant 3 couples d’invités et un équipage de 5 personnes.

Vitalia II après transformation © Narrative

Bruno Peyron, l’ex skipper : » Je suis fier de cette histoire de conquête, fier de ce bateau qui m’a offert mon 3ème Trophée Jules Verne, fier de mes compagnons avec lesquels nous avons passé tant d’heures et de nuits magiques autour du monde mais je suis heureux que François Bich et le chantier Multiplast aient l’audace d’entamer une transformation aussi radicale et ambitieuse. Elle marquera probablement un tournant dans l’évolution des maxi catamarans de grande croisière et …J’aime l’audace !« 

  • Francis Joyon a bouclé son parcours sur la Route de l’Amitié entre Bordeaux et Rio en 13 jours, 03 heures, 05 minutes et 19 secondes sur 4812 milles du parcours théorique, soit une moyenne sur l’orthodromie de 15,27 nœuds, le skipper d’IDEC a en réalité parcouru 910 milles de plus sur l’eau : 5722 milles nautiques à 18,16 nœuds de moyenne. En dehors du but caritatif de ce record, il s’agissait d’un excellent entrainement en vue de la Route du Rhum dont le départ sera donné en novembre. Les explications du skipper :

« Avant le départ de Bordeaux, j’imaginais mettre autour de 15 jours. Donc 13 jours c’est plutôt bien compte tenu de la route très à l’ouest que j’ai du emprunter pour rebondir sur les bordures des dépressions de l’Atlantique, puis de la grande épaisseur du Pot au noir (300 milles, ndr) où j’ai été certes ralenti, mais sans jamais m’arrêter complètement. Et puis cette trajectoire a été un excellent entraînement pour la Route du Rhum : quand j’ai pu enfin basculer sur une route sud dans l’Atlantique, je n’étais plus qu’à deux jours de mer de La Guadeloupe ! J’ai parcouru beaucoup de milles, beaucoup plus que sur la route théorique… et j’ai encore appris des choses. Chaque mille qui passe, chaque manœuvre me fait progresser encore dans la connaissance du bateau. Mon chrono est bien sur améliorable, à la faveur d’une météo qui permettrait une trajectoire plus directe. Je suis très satisfait parce qu’IDEC prouve qu’il est encore rapide et qu’il est solide. Je n’ai rien cassé de majeur. Les petits pépins techniques rencontrés sont de la routine, vraiment minimes. Je vais tous pouvoir les résoudre moi même, ici au Brésil. Ce ne sont que des détails. Aucun souci de ce côté là donc. »

 

  • Yann Guichard, Dona Bertarelli et leur équipage ont repris leurs entrainements sur le maxi trimaran Spindrift 2. Leurs première sortie s’est déroulée sans problème avec 15 à 25 nœuds de vent.

Yann Guichard, skipper : « La saison commence et c’est génial. Quel plaisir de reprendre les navigations et de redécouvrir ce bateau. J’ai d’excellentes sensations et le bilan technique est très positif. Après les modifications réalisées, Spindrift 2 se comporte comme nous l’avions imaginé. Avec l’équipage, nous sentons que le bateau est toujours aussi sain mais plus léger et encore plus nerveux. Nous avons aussi vraiment beaucoup gagné en rapidité de manœuvres. Globalement, même s’il nous reste du travail de calibration des instruments de navigation pour mettre des chiffres sur ces ressentis, l’équipe peut être fière du chemin parcouru. Nous sommes partis plein Ouest, jusqu’à la limite du plateau continental européen, avant de descendre sous Arcachon pour remonter par l’Ile d’Oléron. Nous avons donc pu tout sonder à bord. Le nouveau gréement a été poussé dans 25 nœuds de vent et a passé les tests. C’est un point crucial cette année puisque nous avons adapté le mât en vue du double programme des records en équipage puis de La Route du Rhum en solo. Le jeu de voiles a aussi été essayé entièrement à toutes les allures et je tire un coup de chapeau à North Sails qui a fait du très bon travail. Nous franchissons donc une nouvelle étape avec succès. Le travail de performance va pouvoir débuter»

Dona Bertarelli : « Après ces longs mois d’hiver et ce chantier qui a demandé un travail considérable, c’est un réel bonheur que de retrouver toute l’équipe pour tirer nos premiers bords. Spindrift 2 n’a rien perdu de sa prestance ni de sa vivacité, bien au contraire ! Paré de ses nouveaux partenaires, le maxi-trimaran file sur l’eau mieux que jamais. Il suffisait de voir les sourires de chacun lorsqu’au premier déroulé (de voile d’avant), nous nous sommes vite retrouvés à 35 nœuds. »

Prince de Bretagne à Rio, Sodeb’O de retour à la Trinité sur Mer

  • Le team Prince de Bretagne a rejoint Rio en fin de semaine dernière, après 5 jours de remorquage. L’équipe technique et le skipper, Lionel Lemonchois, procèdent au démontage de l’accastillage avant de préparer le rapatriement du trimaran 80′ Prince de Bretagne à Lorient, l’objectif du skipper reste la Route du Rhum dont le départ sera donné en novembre.                                                                                                                                  Lionel Lemonchois : Depuis vendredi soir, ça a été un peu long car nous n’avancions pas à plus de 6 noeuds de moyenne. Ca a aussi été très monotone. Seules les dernières 48 heures ont été un peu différentes puisqu’avec Patrice Richardot, l’un des membres de mon équipe technique, nous les avons passées à bord de Prince de Bretagne histoire de maintenir un feu à éclats sur le pont et de prévenir une mauvaise rencontre dans une zone de trafic dense.  Nous allons démonter tout ce qui peut l’être comme les poulies, les palans… puis tout rentrer à l’intérieur pour faire en sorte que plus rien ne traine sur le pont. Ensuite, l’ensemble sera gardé en attendant d’être rapatrié vers Lorient »
  • Thomas Coville qui avait abandonné sa tentative de tour du monde en solitaire du fait de conditions météos déafavorables, a regagné son port d’attache, la Trinité sur Mer. Il avait fait escale à Vigo durant 24 heures auparavant pour laisser passer la tempête Ulla.A son arrivée, le skipper du maxi trimaran Sode’bO est revenu sur cette tentative avortée :
    « Un mois de mer… Que ce soit, au moment du départ, dans une risée ou dans un grain, il faut décider tout le temps. Il faut continuellement mesurer ce qu’il y a de plus intelligent à faire. Il faut trancher, doser, tenter. Je souhaitais revenir seul et directement jusqu’à La Trinité-sur-mer, mais il a fallu une fois de plus être lucide et s’arrêter à Vigo. Au retour de mon dernier Tour du Monde en 2011,  j’ai passé ma fameuse ardoise magique qui efface tout car j’avais l’impression d’avoir subi ce tour du monde. Cette fois-ci c’est différent : j’ai choisi, j’ai tranché, j’ai pris une décision qui me regarde et aujourd’hui, je suis droit dans mes bottes par rapport à cela. L’anticyclone qui se développait sur les îles Kerguelen, nous poussait vers les glaces, ça aurait été de l’orgueil de continuer. C’est une décision sportive de marin et d’homme. Je suis resté lucide et honnête par rapport aux gens que j’aime, par rapport à mon partenaire en étant capable de me mettre des limites face à mon engagement et mes compétences. »

    « J’ai choisi, je ne subis pas, j’ai reçu les bonnes informations tous azimuts. Avec Jean-Luc Nélias, l’équipe et Météo France, nous avons aujourd’hui cette maturité d’être capables de prendre du recul sur ce qu’on fait, sur ce qu’on veut faire et surtout sur ce qu’on veut être. Nous avons été maîtres de nos décisions jusqu’au bout et c’est une position agréable. »

    « A aucun moment, nous ne nous sommes laissés prendre par l’orgueil et par la motivation. Je n’ai pas l’amertume d’avoir pris une mauvaise décision, seulement  l’amertume de ne pas avoir eu la possibilité d’aller jusqu’au bout. Ce bateau m’a fait progresser, le groupe m’a aidé tout le long de cette tentative. C’est un projet ultime car il va chercher très loin. Un projet qui m’a fait plaisir de bout en bout.  Si on reprend l’histoire dès le départ, partir de Brest de nuit, il fallait vraiment oser le faire ! Je crois qu’à ce moment-là, il n’y avait pas beaucoup de volontaires pour me remplacer ! Il fallait le tenter par rapport à tout ce qu’on avait mis en œuvre. Et nous avons bien fait car le temps à l’équateur est honorable (ndlr : 6 jours 20 heures). »

    « Quand je suis parti, je pensais déjà à La Route du Rhum ! J’étais mieux en mer à naviguer que de rester à terre. Une descente et une remontée de l’Atlantique Nord et Sud, cela fait un sacré entraînement !  J’étais en totale confiance avec le bateau, c’est ce qui a motivé également ma décision de faire demi-tour. Je sais parfaitement où sont mes limites avec ce trimaran.  Ce mois de mer, presque un demi-tour du monde me donne confiance par rapport à ce que je vais engager pour le Route du Rhum. Nous avons un nouveau bateau en chantier, c’est un programme énorme car la mise au point d‘un projet comme celui-ci est gigantesque. Tout ce que j’ai appris durant ce mois va nourrir la suite du projet. »

Spindrift 2 sur la Route du Rhum

Mirabaud qui devient Gold partenaire et l’horloger  Zenith en tant que Chronométreur officiel.

Le programme de l’année se fera sur le catamaran monotype D35, mené par Dona Bertarelli et sur le maxi trimaran de 140′ Spindrift 2 avec le record de l’Atlantique Nord en équipage et la Route du Rhum en solitaire pour Yann Guichard.

Ladycat, le D35 sera aligné pour la 8ème année consécutive sur le Vulcain Trophy, Dona Bertarelli sera à la barre, Yann Guichard à la tactique, ils seront épaulés par des équipiers du maxi trimaran afin de parfaire les automatismes.

Concernant le maxi, le programme débutera cet été avec une tentative sur l’Atlantique Nord, comme l’explique le skipper : « Spindrift 2 s’attaquera cet été à l’impressionnant chrono réalisé sur l’Atlantique Nord en 2009 par Pascal Bidégorry et son équipage à bord de ce même bateau. Avec un temps de 3 jours, 15 heures et une vitesse de près de 33 nœuds, il faudra compter sur une météo toute aussi exceptionnelle et une machine optimisée pour pouvoir l’accrocher. Nous tenterons également le record des 24h dans cette fenêtre si les conditions le permettent »

Yann Guichard a également annoncé son engagement sur la Route du Rhum, il possédera le trimaran le plus long dans la catégorie ultime sur cette course en solitaire.

Les explications :  « C’est une opportunité de partager un moment exceptionnel avec nos partenaires tout en offrant un challenge passionnant à l’équipe. En tant que compétiteur, j’ai une profonde envie de rivaliser avec les autres trimarans de la classe Ultime. Pour autant, il n’a jamais été question de transformer Spindrift 2 en version ‘solo’ mais plutôt de trouver le meilleur compromis afin d’être performant pour le double objectif de l’Atlantique Nord en équipage et du Rhum. La décision a été mûrie en accord avec Dona et nos partenaires. La transat retour de Miami, l’hiver dernier, où j’ai navigué à voilure réduite et manœuvré seul, m’a définitivement convaincu. Le mât raccourci, l’allègement général, l’adaptation des pilotes automatiques et une somme de détails nous permettront de concrétiser ce et ces défis. Si ce bateau XXL (40 mètres) sera le plus grand du port à Saint-Malo, il devra faire face à des machines taillées ou optimisées pour un homme seul. Néanmoins, je suis un compétiteur et nous travaillons pour avoir les moyens de jouer aux avant-postes. Et pour un passionné de multicoque comme moi, naviguer seul sur un tel bateau sera forcément inoubliable ! »

Yann Guichard a dévoilé quelques unes des modifications concernant le grand multi, dans un interview à l’Equipe, le mât du trimaran sera raccourci de 6m pour la tentative de record sur l’atlantique nord, le foil, le safran au vent seront oté, le mât ne sera plus basculant. Pour la Route du Rhum, l’essentiel du travail se fera sur les pilotes automatiques, le trimaran sera aussi équipé d’un vélo, comme l’avait fait Franck Cammas sur Groupama 3 afin de faciliter les manœuvres du solitaire.

Report de la Krys Ocean Race

Déjà privée de réel programme cette saison et après une première année difficile en 2012, la classe des MOD70 est de nouveau confrontée à une nouvelle déconvenue avec le report de la transatlantique, cette seconde édition de la Krys Ocean Race, prévue en mai 2014 est reportée en 2016.

L’organisateur avait déjà entamé des discussions avec les différentes classes de mulicoques océaniques et la course devait s’ouvrir aux Ultimes et aux Multi50′, ceci n’aura semble-t-il pas fédéré les armateurs qui n’ont pas répondu présents. Il est également prévu, si la course devait s’inscrire dans la durée de passer sur un cycle de 4ans, et qu’elle soit ouverte à tous les multicoques.

L’avenir s’assombrit donc encore un peu plus pour la classe monotype, seuls sept trimarans ont été construits, deux d’entre eux ne naviguent pas faute de budget (Race for Water de Steve Ravussin, et l’ex Foncia de Michel Desjoyaux), un autre a été acheté par un propriétaire (Orion Racing) et ne semble destiné qu’à des courses américaines, les quatre autres unités sont dotées de budget (Groupe Edmond de Rothschild, Oman Air Musandam, Spindrift racing et Virbac Paprec), mais sont privées de circuit et de courses.

En effet avec l’annulation de l’Ocean World Tour, un tour du monde par étapes l’année dernière, et de cette transatlantique, la classe perd sa substance, puisque les trimarans ne seront probablement armés que pour des courses côtières ou semi-hauturières. On pourrait voir quelques unités sur la Route du Rhum en novembre 2014, mais le programme des MOD 70 se résumera probablement à cet unique événement, Prince de Bretagne avait bien organisé un tour de l’Europe l’année dernière mais celui-ci n’a pas vocation à devenir annuel.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Qui plus est, le conflit entre armateurs des bateaux et l’organisation ne semble toujours pas réglé, le trimaran aux couleurs du Gitana Team a par exemple disparu de la liste des team sur le site officiel de la classe, certains concurrents avaient par exemple eu, la saison dernière, d’énormes difficultés à obtenir des pièces de la part de Multi SA.

Marco Simeoni, Président de MOD S.A. : « C’est avec une grande tristesse que nous avons pris la décision de reporter la KRYS OCEAN RACE qui devait pourtant s’annoncer comme un grand rendez-vous sportif au sein de la flotte des MOD70. Un contexte économique difficile conjugué à des choix stratégiques de certains partenaires et armateurs nous ont malheureusement contraints à devoir reporter l’évènement. MOD ainsi que ses partenaires Krys et la ville de Brest réfléchissent au format de l’édition future qui permettrait le plein succès de cette course autant sur un modèle sportif que économique».

Jean-Pierre Champion, Directeur Général de Krys Group : « Chacun a en mémoire les images de la 1ère édition : Ces « formule 1 » des mers, au pied de Manhattan, s’élançant pour rejoindre Brest en moins de 5 jours : une prouesse de chaque équipage qui fait écho à l’exigence quotidienne des 880 équipes d’opticiens KRYS. La 2ème édition se doit d’être encore plus ambitieuse et plus unique».

 

Classe G solo, l’avenir du multi océanique ?

Thomas Coville, le skipper du maxi Sodeb’O revient sur la saison à venir sur son maxi trimaran solo dans une interview  pour Voiles et Voiliers , il dévoile de nombreuses informations sur son bateau, le futur maxi en refit chez Multiplast (l’ancien Géronimo), mais également l’organisation de la classe des multicoques solo.

Il confirme d’ailleurs, dans cet entretien, l’intérêt porté par la Macif et François Gabart sur cette classe, la rumeur voulant que l’assureur lance la construction d’un multi sur plans VPLP pour son skipper.

Autre information concernant la classe, Sodeb’O souhaite toujours organiser une course autour du monde en solo en multicoque, probablement au départ de Brest, d’après le skipper, celle-ci serait sans escale et sans porte des glaces.

Pour sa nouvelle tentative de record de cet hiver autour du monde, Thomas Coville dispose désormais d’un système d’angulation des safrans inspiré de ce qu’il y avait sur Groupama 4, permettant de régler le parallélisme des appendices afin d’affiner l’équilibre du trimaran. Par ailleurs la grand voile et la trinquette sont neuves, réalisés en 3Di par North, un petit gennaker fait également son apparition, il sera utilisé par le skipper dans le grand sud.Il dévoile aussi les modifications en cours sur l’ancien Géronimo, qui sera mis à l’eau en avril prochain, le trimaran disposera d’une nouvelle coque centrale avec moins de franc bord, les bras sont conservés, tout comme une partie des flotteurs qui vont être modifiés afin de recevoir des foils et des safrans. Le trimaran devrait être plus léger de 6 tonnes, par rapport à la configuration actuelle. Le mât sera construit dans les moules de celui de Groupama 3 (Banque Populaire VII actuellement), mais le plan de voilure sera différent. Enfin pour la partie appendice, l’équipe Sobed’O a acquis des éléments d’USA 17, aussi nommé Dogzilla, (le trimaran à aile rigide de 90′ ayant gagné la 33ème Coupe de l’America), à savoir deux paires de foils, des safrans et quelques éléments d’accastillage (hooks, winchs)

L’actualité des maxis multicoques en bref

  • Yann Guichard et Dona Bertarelli, les skippers du maxi trimaran Spindrift 2 (ex Banque Populaire V) enchainent avec leur équipage les navigations au large de Lorient, afin de monter en puissance sur ce nouveau support.
Yann Guichard : “Le bateau est “gros”, mais tout à bord est remarquablement étudié et en place. Le plaisir, dès les premières accélérations, est absolu. Tout doit être grandement anticipé. Nous naviguons depuis mardi et nous commençons à établir déjà nos propres marques et réglages, notamment dans l’établissement des gigantesques voiles. Nous prenons notre temps, et analysons chaque manoeuvre. Le coeur de l’équipage définitif est déjà à bord, il y a aura des ajustements, mais nous travaillons toute la semaine avec les hommes qui participeront au programme de l’année. C’est en configuration course qu’on découvre vraiment ce que le bateau a dans le ventre, et le mode d’emploi pour le maîtriser sous pression. Nous avons hâte d’entrer dans le vif du sujet mais cette semaine Lorientaise nous était essentielle.”

© Eloi Stichelbaut/ Spindrift racing

Dona Bertarelli : ”Ce qui est étonnant, c’est la capacité d’accélération de Spindrift 2. On oublie vite son poids tant il réagit à la moindre risée. Il est étonnamment fin à barrer, dans les conditions médium à faibles de cette semaine. 30, 32 noeuds au speedomètre, Spindrift 2 rassure aussi par sa fiabilité. Le bateau est conforme à nos attentes. Il est, d’un avis unanime, magnifique visuellement mais aussi techniquement. Sa démesure semble s’apprivoiser facilement, et on s’habitue vite à son gigantisme. Je prends mon temps, je me teste et je m’enhardie chaque jour un peu plus, le tout dans l’excellente ambiance qui règne à bord…”

  • Tritium Racing, l’ex 60′ ORMA, allongé à 72′ par Artemis Racing puis revendu a remporté la Transpac, l’équipage rate le record d’Explorer de 1997 de deux heures, suite à quelques soucis techniques sur les foils après des chocs avec des OFNI.
  • Le maxi 80′ Prince de Bretagne est en chantier à Lorient depuis maintenant près de quatre semaines, l’objectif pour Lionel Lemonchois est d’optimiser son multicoque pour la prochaine Route du Rhum. Afin de gagner en performance, il a choisi d’équiper son trimaran d’un mât basculant, pour se faire il utilisera un système de palans et de poulies plutôt qu’un système hydraulique. Cette solution permet de minimiser l’augmentation de poids.

Lionel Lemonchois : « Cela fait longtemps maintenant que les mâts des grands trimarans basculent au vent. D’en régler l’inclinaison, cela permet de soulager la plateforme, ce qui autorise à appuyer plus dessus, et donc de gagner en vitesse. Au départ, nous n’avons pas réinstallé le système hydraulique dont était équipé le mât de l’ancien 60 pieds. Nous avons d’abord préféré gagner en longueur de coques et disposer d’un plus grand bateau. Dans nos réflexions pour savoir comment aller plus vite, l’option du système de bascule avec des palans en cascade s’est ensuite imposée d’elle-même. Elle s’inscrit dans la philosophie de la simplicité initiée à l’origine du projet. Nous n’avons rien inventé, mais c’est la première fois qu’un bateau de cette taille sera équipé d’un mât « à ficelles ». Là, sur le bras arrière bâbord, nous modifions et renforçons la cadène de galhauban, une ferrure en carbone qui tient le hauban et le mât debout. Ensuite de chaque côté du gréement, un système de palans à six brins sera ajouté, et se poursuivra le long du bras de liaison pour ramener les bouts sous la casquette. A la sortie, au niveau du winch, les efforts théoriques de 8 tonnes auront été réduits jusqu’à 1,3 tonne. C’est courant, et c’est à l’échelle, du bateau…De la ficelle supplémentaire, cela complique forcément les manœuvres. Il faudra donner d’un côté, et prendre de l’autre. Ce sera un peu plus long et exigeant. Mais tout a été imaginé pour le solitaire, et je devrais y arriver…D’autant que ce système n’est pas conçu pour régater entre trois bouées, mais pour régler l’inclinaison par rapport à la gîte sur des grand bords au large.« 

Gilles Lamiré prend possession du Multi 50′ Prince de Bretagne

Gilles Lamiré, qui a effectué de nombreuses courses sur son 60′ ORMA (ex Elf Aquitaine III), change de classe et passe en Multi 50′.

Le skipper va prendre possession de l’ex Prince de Bretagne, sur lequel Lionel Lemonchois a gagné la Route du Rhum 2010 dans sa classe, il sera soutenu par Rennes Métropole et Saint-Malo Agglomération qui seront co-partenaires.

Le programme du trimaran comprend la Route des Princes et la Transat Jacques Vabre pour cette année 2013 et la Route du Rhum l’année prochaine.