Armel Le Cléac’h au départ de la Route du Rhum 2014 sur l’ex-Groupama 3

La Banque Populaire a officialisé aujourd’hui l’achat de Groupama 3, le maxi trimaran de 31,50m, sur lequel Franck Cammas avait remporté la Route du Rhum 2010, c’est Armel le Cléac’h qui prendra la barre du multicoque sur la prochaine édition de la célèbre transatlantique en solitaire.

Le bateau devrait être remis à l’eau début avril, ce qui permettra au skipper de prendre du repos après le Vendée Globe qui se terminera dans les semaines à venir, le programme précis n’est pas défini mais devrait comprendre des tentatives de record (Atlantique et Méditerranée), et la Transat Jacques Vabre si les organisateurs acceptent l’ouverture d’une classe Ultime (qui pourrait également accueillir le 80′ Prince de Bretagne, le 77′ Gitana 11, les MOD70 ou encore les 100′ Idec et Sodeb’O).

Armel le Cléac’h reprendra donc du service en multicoque pour deux ans, jusqu’à la Route du Rhum, après son expérience malheureuse en 60′ ORMA (chavirage sur la Jacques Vabre), qui l’avait mené vers le 60′ IMOCA.

 

Armel Le Cléac’h, skipper Banque Populaire : « Je suis très heureux de continuer cette belle collaboration avec le Team Banque Populaire. Ces nouveaux défis passionnants vont me permettre d’enchaîner notamment sur 2 grandes courses en solitaire que sont la Solitaire du Figaro et la Route du Rhum. Actuellement en mer sur le Vendée Globe, je sais que l’équipe technique prépare déjà la suite du programme sportif. Cela va me permettre d’enchaîner dans de bonnes conditions le programme annoncé. »

Groupama 3 sous les couleurs de Banque Populaire sur la Route du Rhum 2014

Ouest France vient de confirmer dans son édition numérique un bruit de ponton qui court depuis quelques mois ; Banque Populaire serait en train de finaliser l’achat du maxi trimaran Groupama 3 (vainqueur de la dernière Route du Rhum avec Franck Cammas), afin de l’aligner sur la plus connue des transats en solitaire l’année prochaine.

Thomas Coville, le skipper de Sodeb’O avait également des vues sur le bateau, mais son sponsor ne pouvait suivre financièrement. C’est donc la Banque Populaire qui sera présente sur la Route du Rhum avec ce bateau, reste à trouver un skipper pour mener le multi.

Quant à l’autre multicoque de la banque, Banque Populaire 5, il est toujours en vente, plusieurs équipes semblent intéressées pour retenter un Trophée Jules Verne.

Prince de bretagne lance son tour de l’Europe pour 2013

Prince de Bretagne, qui verra bientôt son « nouveau » maxi multicoque de 80′ rejoindre son élément lance une nouvelle course, à savoir un tour de l’Europe avec quatre étapes : Valence, Lisbonne, Cork, Plymouth et Morlaix. Cette course, appelée Route des Princes devrait se dérouler du 9 au 29 juin 2013, elle sera ouverte aux multicoques de plus de 40 pieds, donc à la classe Multi 50′, aux MOD 70 et aux maxis.

Prince de Bretagne espère réunir un plateau d’une vingtaine de bateaux, outre les étapes de ralliement, les équipages devraient se mesurer sur des courses type City Races, à l’image de ce qui est actuellement fait sur l’European Tour avec les MOD70.

Reste à savoir si la classe MOD70 souhaitera intégrer cette course, puisqu’un programme similaire existe déjà, aux mêmes dates. L’autre problème à résoudre sera le classement des maxis, avec une flotte disparate, certains bateaux étant conçu pour des navigations en solitaire, d’autres pour des équipages, ce qui nécessitera peut être une course en temps compensée pour cette classe, ce qui est nettement moins attractif pour le grand public…

Prince de bretagne dévoilera son trimaran de 80′ le 12 octobre, il sera skippé par Lionel Lemonchois, qui espère hisser son trimaran sur la plus haute marche du podium lors de la prochaine Route du Rhum.


Ils ont dit :
Jean-François Jacob, secrétaire général de la Sica de St Pol, un des responsables de Prince de Bretagne :
 » Nous avons ressenti qu’il était dans l’intérêt de tous les armateurs et skippers de multicoques d’avoir une épreuve supplémentaire qui viendrait étayer leur programme. Nous souhaitions une manifestation qui nous ressemble et qui mette en avant notre lien très fort avec les marins. Comme eux nous sommes soumis aux aléas climatiques au quotidien et si nous arrivons à faire pousser des légumes toute l’année en Bretagne Nord, c’est grâce à l’influence de la mer et du Gulf Stream. A travers la Route des Princes, nous voulons montrer que le monde de la terre est source de dynamisme dans de nombreuses régions d’Europe. Les producteurs de Prince de Bretagne sont attachés à cette notion et veulent la partager. Notre but est de valoriser les terroirs et de les faire découvrir au plus grand nombre grâce à un évènement populaire qui sera une fête de tous les métiers de la mer (marins et pêcheurs) et de la terre « .

Lionel Lemonchois, skipper du Maxi80 Prince de Bretagne :  » Le concept est attirant parce qu’il ressemble au Tour de l’Europe, course qui existait dans les années 90 et qui a toujours remporté un franc succès. C’est toujours sympa de changer de pays, surtout sur une course en équipage. La Route des Princes propose vraiment un beau parcours. Il est également important de pouvoir s’associer à autre chose que de la voile, cela amène un intérêt différent, pour nous et pour le public « .

Yann Guichard : « La motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team. »

Yann Guichard, skipper du MOD Spindrift racing, de l’AC45 de l’Energy Team et tacticien sur le D35 Ladycat a de nouveau répondu aux questions de Voile-Multicoques (interview réalisée lors de l’Open de Crans).

© Chris Schmid / Spindrift racing

Voile-Multicoques.com : Tu intègres l’équipage de Ladycat, qui participe au Vulcain Trophy avec un équipage remanié, qui s’est professionnalisé, quels sont vos objectifs ?

Yann Guichard : Dona Bertarelli, la propriétaire, prend les saison les unes après les autres, elle a voulu un peu de changement cette année, en prenant un équipage plus professionnel et avec des hommes.

Ceci permet de naviguer à six et non plus à sept comme avec les filles, ce qui simplifie les choses, avec un poste pour chaque personne.

L’objectif chiffré est d’essayer d’accrocher les troisième, quatrième ou cinquième place du championnat, ce qui est faisable mais difficile.

Alinghi, le CER (Realstone Sailing), et Artemis sont un peu au dessus du lot, mais le reste de la flotte est assez homogène, la course à la quatrième place risque donc d’être serrée.

Cette saison se court exclusivement sur le Léman cette année, quelles sont les spécificités de ce plan d’eau ?

Sur le premier grand prix, nous avons eu un vent de sud un peu instable, ce qui est habituel sur le lac, tout comme le petit séchard pour le second grand prix, les conditions sont toujours plus ou moins piègeuses, il faut être opportuniste, tout peut arriver jusqu’à la ligne soit coupée.

C’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce type de plan d’eau, tout peut être remis en questions rapidement, les nouveaux parcours, plus courts que la saison dernière, et avec une porte au vent ouvrent également un peu le jeu, ce qui ajoute des opportunités pour revenir sur les bateaux qui nous précèdent.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces changements de format des régates, avec un raccourcissement des parcours et l’introduction de la porte au vent, ce format se rapproche de ceux qui ont été adoptés sur les autres circuits multicoques (America’s Cup World Séries, Extrême Sailing Series), penses-tu qu’il s’agit de la bonne formule pour courir en multicoque ?

Je ne pense pas qu’un type de parcours soit meilleur qu’un autre, tout dépend du type de bateau, et de l’objectif, comme on peut le voir sur les circuits tournés vers le public à terre.

L’introduction de la porte au vent en D35 ouvre le jeu, mais l’idéal serait d’avoir les règles de la Coupe de l’America en ce qui concerne l’engagement à la bouée, le tribord reste donc roi selon les règles ISAF avec des passages de bouées parfois un peu dangereux.

Ce format donne plus d’intensité, mais aussi plus de travail à l’équipage avec des manœuvres incessantes, ce qui change des longs bords calés que nous avons connu jusqu’ici sur le circuit.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Tu es le skipper du MOD Spindrift racing depuis quelques mois, quelles sont les qualités du bateau par rapport aux autres trimarans que tu as barré jusqu’ici (60′ ORMA, Gitana 11 sous sa forme rallongée) ?

Ces bateaux sont difficilement comparables, le choix d’un bateau monotype fait que les coefficients de sécurité sont plus importants, le bateau est donc plus costaud, plus raide, à un plan de voilure un peu moins puissant par rapport aux autres bateaux que j’ai pu barrer.

Dans les petits airs, le bateau est un peu plus difficile à faire avancer qu’un 60′ ORMA, du fait d’un rapport poids/puissance un peu moins favorable, mais ce bateau est très intéressant, la monotypie a été très bien respectée, comme nous avons pu le constater sur les régates courues jusqu’ici avec des écarts très serrés, il faut aller chercher quelques centièmes de nœuds face aux adversaires pour s’imposer. Ce qui promet de belles régates inshores, mais aussi sur l’Atlantique dès cet été.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Certains skippers ont déjà evoqué une participation à la Route du Rhum 2014 sur les MOD, l’envisages-tu et quelles seraient les modifications à apporter au bateau pour l’adapter au solitaire ?

Le bateau semble plutôt adapté, il y aurait bien sûr un second pilote à installer et quelques modifications mineures.

La course aura lieu dans deux ans et demi, l’objectif immédiat reste bien sûr le Multi One Championship, mais il est clair que je participerai à la course sur ce bateau, nous verrons si une classe MOD sera créee pour la course ou si nous participerons dans la classe Ultime. Il serait dommage que ces bateaux restent à quai pendant la Route du Rhum, ce type de course permettrait aussi de mettre en valeur la classe.

Les deux premières confrontations avec tes concurrents ont été très serrés cette année, que ce soit sur le Tour de Belle Ile ou l’Armen Race, où se sont jouées ces courses ?

Pour le Tour de Belle Ile, nous avons pris une option au départ qui n’était pas la bonne, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild ont donc été devant dès le début et nous n’avons fait que lutter pour revenir sur eux, ce que nous avons fait petit à petit.

Sur l’Armen Race, nous étions en tête sur le retour, mais nous avons eu un problème pour hooker la GV, ce qui a permis à Foncia de revenir et de nous passer, les bateaux ont été au contact pendant toute la course, la moindre erreur fait que le copain passe devant, il faut donc être irréprochable sur les manœuvres. Nous avons fait quelques erreurs, c’est le métier qui rentre, nos adversaires ont un peu plus d’expérience sur ces bateaux et nous progressons de jour en jour, nous allons donc poursuivre nos entraînements dès la semaine prochaine.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces entraînements, quelles informations sont partagées avec les autres teams, avez-vous des debriefings communs, quelles informations partagez-vous ?

Avec Foncia, nous partageons en live les réglages à la VHF quand nous sommes sur l’eau, nous ne faisons pas de véritables debriefs, nous discutons des réglages de manière informelle.

Ces sessions permettent de progresser dans la connaissance du bateau grâce à ces échanges, en naviguant seuls le feeling est rapidement bon, et on pense être champion de la baie, la confrontation permet de faire des progrès exponentiels, je pense que ces entraînements sont indispensables pour bien figurer face aux autres.

De notre côté nous avons choisi, et eu l’opportunité, de nous entraîner avec Michel Desjoyaux, ce qui est une excellente expérience, je pense que Foncia est une des grosses équipes en MOD 70, c’est donc super de pouvoir mettre des choses en commun avec eux.

Passons aux America’s Cup World Series, Energy Team termine sur trois belles performances, que ce soit avec toi, ou Loick Peyron à la barre, quelles sont les forces de cette équipe qui a pourtant un déficit d’entraînement par rapport aux top teams (Oracle Racing, Artemis, Emirates Team New Zealand et Luna Rossa) ?

Etape après étape, nous avons réussi à poser des bases qui font qu’aujourd’hui notre équipe est solide à terre et sur l’eau.

Nous avons bien travaillé sur l’eau, les manœuvres et la communication se déroulent très bien, l’ambiance est excellente au sein de l’équipe. Même après de mauvais résultats la motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team.

Nous avons aussi beaucoup travaillé sur les voiles avec Incidences, ce qui nous donne un petit plus en vitesse, surtout dans le vent médium et le petit temps, comme sur les dernières étapes. Cet avantage est une des clefs du succès dans ces régates serrées, où il ne faut rien lâcher.

Les grosses équipes gardent un avantage dans le gros temps car ils ont plus d’entraînement. Dans les vents faibles ou modérés, toutes les équipes manœuvrent bien et les petites équipes rattrapent leur retard sur les détails de réglages.

De notre côté, nous avons réussi à gommer toutes les grosses erreurs, ce qui resserre forcément le jeu. Les régates deviennent donc de plus en plus intéressantes avec des vainqueurs différents à chaque Act.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Il ne reste qu’un Act avant la fin de la saison, avez-vous prévu des navigations sur d’autres supports afin de continuer la préparation à la possible participation de l’Energy Team à la 33ème Coupe de l’America ?

Tout dépendra de la suite, si nous décrochons le financement pour l’AC 72, il y aura des entraînements en commun qui pourront se faire sur le MOD 70 pour préparer l’équipage.

En attendant, nous conservons tous nos programmes différents et assez complets pour tous les membres d’équipage de l’AC45.

Arnaud Jarlegan et Devan Le Bihan naviguent avec moi sur le D35 Ladycat, ce qui permet de parfaire les automatismes sur l’AC45, ces passages sur différents supports sont aussi une force, même si nous n’avons pas l’opportunité de nous entraîner sur l’AC 45.

Est ce que les parcours des régates des America’s Cup World Series, à proximité immédiate des côtes, sont adaptés à l’AC45 ? Ou est ce que ces bateaux mériteraient-ils un terrain de jeu plus vaste ?

Les formats sont parfaitement adaptés pour le public, mais aussi pour nous, on s’éclate sur l’eau, il faut seulement intégrer les limites virtuelles, ce qui est difficile au début. Tactiquement ces limites sont intéressantes, elles resserrent le jeu et gomment le défaut du multicoque, du fait du manque de manœuvrabilité de ces bateaux, nous avions tendance à aller sur les extrêmes, ce format permet de recréer du contact entre les bateaux.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Le format des régates reste parfois assez obscur, avec certains Acts où les match-races se déroulaient en une seule manche contre deux manches gagnantes sur d’autres Acts, est ce que les équipes participent à la prise de décisions concernant l’organisation des régates ?

Les équipes ont leur mot à dire, mais au final Oracle Racing définit les règles avec le retour de différents teams. Il est vrai que le format à une manche gagnante pour le match-racing est un peu dur.

Un autre petit reproche que je ferai concerne le fait que la l’America’s Cup se court en match-race, alors que les ACWS se courent en grande partie en flotte, mais il faut aussi prendre en compte l’aspect télévisuel, et là je pense que suivre une course en flotte est plus sympathique pour les téléspectateurs et le public.

Au final l’équilibre est assez bon, que ce soit pour les compétiteurs ou les spectateurs qui semblent satisfaits.

Gitana Team se sépare de Yann Guichard

Après Fred Le Peutrec, Lionel Lemonchois et Loick Peyron, c’est au tour de Yann Guichard de quitter le Gitana Team, tout comme les anciens skippers de l’équipe, Yann Guichard n’a pas à rougir de ses résultats avec deux places de dauphin sur les Extreme Sailing Series 2009 et 2010 et une quatrième place sur la Route du Rhum 2010.

Extrait du communiqué de presse du Gitana Team :

Pour la saison 2011, le Gitana Team souhaite confier la barre de ses différents bateaux à deux skippers distincts : un régatier pour mener l’Extreme 40 Groupe Edmond de Rothschild sur les Extreme Sailing Series et un navigateur pour initier l’histoire des Multi One Design, trimaran monotype de 70 pieds.
Cette évolution stratégique se base sur le programme de l’Extreme Sailing Series, qui verra s’affronter pour la saison 2011 de nouveaux compétiteurs de haut niveau et qui s’ouvrira plus largement à l’international. Dans le même temps, le lancement des Multi One Design demandera un investissement sportif et technique conséquent.
Le Gitana Team et Yann Guichard n’ont pas trouvé d’accord face à cette nouvelle organisation pour le nouveau programme sportif proposé.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.


Les noms des nouveaux skippers devraient être dévoilés assez rapidement, puisque la saison des Extreme Sailing Series débute dès le mois de février, à noter également la vente du maxi catamaran Gitana 13 à un particulier, le bateau subit actuellement un refit à Lorient avant d’être livré à son nouveau propriétaire.

Mise à jour :Yann Guichard est revenu sur son départ dans un article du Télégramme du 16 décembre, il explique que le team lui a proposé la barre de l’Extreme 40 pour la saison 2011 mais pas celle du futur MOD 70, raison pour laquelle les deux parties ont cessé leur collaboration.
A lire ICI

Oman Air Majan en chantier à Lorient

La plate forme et le flotteur tribord d’Oman Air Majan sont arrivés par cargo à Lorient la semaine dernière. Le bateau skippé par Sidney Gavignet lors de la Route du Rhum avait été remorqué jusqu’à Horta aux Açores suite à la rupture du  bras de liaison tribord.

Photo : Vivien Gautier

Ce plan Irens/Cabaret, sistership de Sodeb’O va entrer en chantier chez Marsauson Composites pour tenter d’analyser les causes de l’avarie, avant d’être remis en état (le bateau est assuré ce qui permet à Oman Sail de lancer ces coûteuses réparations).

Aucune information n’a filtré sur le programme du trimaran à sa sortie de chantier.

Photo : Vivien Gautier

Chavirage de Région Aquitaine-Port Médoc

La triste série se poursuit dans la classe Multi 50′, avec le chavirage de Région Aquitaine-Port Médoc, qui avait fini a une belle 2nde place sur la Route du Rhum.

Lalou Roucayrol, le skipper était accompagné de trois équipiers, l’équipage qui effectuait le convoyage retour depuis la Guadeloupe a chaviré à environ 1000 milles des côtes américaines.

Ils avaient initialement trouvé refuge à l’intérieur du trimaran, mais la porte de coque centrale a cédée du fait des vagues, ils ont alors trouvé refuge sur la coque centrale du bateau avant d’être secouru par un cargo, qui les déposera à Gibraltar samedi, aucun des hommes d’équipage ne souffre de blessures graves.

Une balise a été déclenchée sur le trimaran, sa récupération est loin d’être assurée.

Clap de fin sur la Route du Rhum

Il ne reste à l’heure actuelle que quelques concurrents en mer, la Route du Rhum 2010 est donc quasiment terminée, le bilan est assez mitigé en classe Multi 50′ avec l’abandon de deux des favoris, Franck Yves Escoffier sur Crèpes Whaou 3! et Yves le Blévec sur Actual, ces deux skipper qui faisaient course en tête ont été contraints de se retirer de la course suite à la perte de l’étrave sur Crèpes Whaou 3 et à la casse sur le bras de liaison tribord sur Actual, les deux marins ont cependant réussi à sécuriser leurs trimarans avant l’arrivée de leurs préparateurs qui les ont rejoint pour consolider celles-ci et rallier la Guadeloupe.

Dans cette classe, le grand gagnant est Lionel Lemonchois qui s’offre un doublé suite à sa victoire en classe ORMA en 2006, il revient de loin puisqu’il était prêt à abandonner en début de course suite à la rupture de son lashing de grand voile et une montée en tête de mât, il a ensuite remonté la flotte pour s’adjuger la première place devant Lalou Roucayrol qui accède à un premier podium sur son bateau Région Aquitaine-Port Médoc, Loic Fequet prend la troisième place sur Maître Jacques (ex Crèpes Whaou 2!) pour sa première course en solo.

© Marcel Mochet

En classe Ultime, Franck Cammas sur Groupama 3 a dominé la course dès le départ, et a su conserver son avance sur ses poursuivants les plus dangereux, à savoir les deux spécialistes du solo sur leurs plans Irens : Francis Joyon (2nd sur Idec) et Thomas Coville (3ème sur Sodeb’O), Yann Guichard sur Gitana 11 n’a pas pu profiter du potentiel de son bateau et termine 4ème devant Philippe Monnet, Gilles Lamiré et Servane Escoffier.

© Yvan Zedda

A lire, l’avis de Fred Le Peutrec (skipper de 60′ ORMA, barreur sur Groupama 3 et Banque Populaire 5) sur le plateau de la Route du Rhum en classe Ultime, cette réponse est extraite d’une interview accordée par le skipper à Voile-Multicoques avant lé départ de la Route du Rhum et qui sera publiée dans quelques jours.

Le plateau de la Route du Rhum est assez hétéroclite en classe Ultime, qui te semble le mieux armé pour cette course ?

Le problème de cette Route du Rhum c’est qu’il n’y a pas deux bateaux comparables et qu’en fonction de la météo certains bateaux seront plus performants sur certaines séquences de la course, il ne faudra pas juger les performances instantanées. Ce n’est pas parce qu’un bateau dominera en sortie de Manche qu’il glissera bien dans les Alizés, ou dans un contournement d’anticyclone.

En dehors de l’aspect bateau il y a aussi le skipper qui le fait marcher. Ceux qui sont le plus expérimentés sur leurs bateaux, Thomas (Coville sur Sodeb’O) et Francis (Joyon sur Idec) ont une carte à jouer. Pour Franck sur Groupama 3, le bateau est absolument génial et désormais adapté au solo. Avec une grosse perte de poids, et son petit mât il est encore plus rapide qu’il ne l’était dans la brise, il y a moins de trainée. Si les séquences sont assez longues et ne demandent pas trop de manœuvres, je pense que Franck ira très vite en vitesse pure.

Pour Gitana 11, c’est un bon canot mais qui reste très étroit, qui monte vite sur une patte, il faudra donc gérer le latéral. Il faudra pouvoir barrer longtemps pour le maitriser, ce qui impliquera de l’épuisement. Le bateau me paraît très rapide dans certaines conditions, mais ce ne sont pas les conditions classiques d’une Route du Rhum, ce seront plutôt les conditions légères qui lui seront favorables.

Route du Rhum

Yann Guichard sur Gitana 11 a pris la 4ème place de la Route du Rhum-La Banque Postale 2010 en catégorie Ultime en arrivant à Pointe à Pitre jeudi après 11 jours, 11heures 56 minutes de course.

L’interview du skipper à son arrivée :

Quel premier bilan tires-tu de ta première transatlantique en solitaire ?
« J’ai pris beaucoup de plaisir, même si c’était particulièrement rude sur l’eau. Et s’il fallait repartir aujourd’hui, je le ferais avec grand bonheur. Certes j’ai un petit goût d’inachevé car je n’ai pas l’impression d’avoir fait de grosses erreurs. Surtout de terminer aussi loin derrière les trois premiers, alors que j’ai toujours été dans le match jusqu’à la mi-parcours… En fait, plus tu étais derrière, plus tu perdais des milles, ce qui semble aussi le cas pour les autres catégories. Les calmes qui se sont installés durablement sur les Antilles ont radicalement changé le visage de la course. À un moment, Francis était même en passe de devancer Franck Cammas. J’ai appris beaucoup de choses sur moi durant cette transat et notamment à repousser mes limites, à mieux me connaitre en fait ! »

Peux-tu revenir sur les conditions météorologiques qui ont caractérisé cette neuvième édition de la Route du Rhum-La Banque Postale ?
« Les conditions au moment du départ étaient assez classiques derrière un front, avec un flux de Nord-Ouest fort dans le golfe de Gascogne, qui s’est transformé en alizé portugais après le passage du cap Finisterre. En revanche au niveau des Açores, la situation est devenu atypique puisqu’il n’y avait plus du tout d’alizés sur la route du Sud mais des zones de grains et de calmes à traverser. Ce n’est pas très commun surtout que les orages étaient très actifs pendant quatre jours ! Il était vraiment difficile voire impossible de prévoir les choses avec certitude après les Açores.»

Tu as parcouru plus de 800 milles en sus par rapport à la route directe, mais surtout, les conditions météorologiques ont été radicalement différentes à quelques milles près…
« Il y a eu beaucoup de phénomènes locaux, mais il y a toujours des passages à niveau dans les courses océaniques. Cette fois, c’était après les Açores où je suis resté planté dans des calmes : il n’y avait ensuite plus moyen de revenir… Je l’ai encore en travers de la gorge cet arrêt, parce que sur les fichiers météo, ce n’était pas prévu du tout comme cela ! Surtout que j’étais alors positionné devant Francis Joyon.»

La faute à pas de chance ?
« Non, mais il certain que la victoire se joue toujours avec une part de chance. J’avais le trimaran le plus extrême de la flotte par sa réactivité, mais il manquait de longueur par rapport aux conditions de mer que nous avons connues.»

Comment gère-t-on des zones de grains aussi longues ?
« On ne dort presque pas ! De jour, tu arrives à les appréhender, mais la nuit, parce qu’il n’y avait pas de lune, c’est impossible. Quand le vent passe de cinq nœuds à 35 nœuds en quelques minutes, cela demande d’être toujours présent sur le pont, d’être hyper réactif. Surtout avec Gitana 11 qui a conservé son comportement de 60 pieds Orma, a contrario des autres grands trimarans qui étaient plus stables et donc qui pouvaient encaisser ces variations de brise avec plus de sécurité. Je devais naviguer sous-toilé entre les grains la nuit pour ne pas risquer de chavirer. »

Comment gère-t-on quand un concurrent s’échappe dès le premier jour ?
« J’étais confiant sur la suite puisque logiquement, il devait y avoir moins de vent pour le final. Mais je savais dès le départ et surtout après la première nuit, qu’il serait quasiment impossible de revenir sur Franck Cammas. Son bateau allait vraiment très vite et s’il ne rencontrait pas de problème, il avait victoire assurée. Mais il restait la deuxième place… »

Et ces trois derniers jours où tu n’as pas été épargné par la météo ?
« Ce sont les pires de ma carrière sportive à ce jour ! Même quand j’ai terminé quatrième aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, j’ai vite digéré. Là, je crois que ce sera un peu plus long. Tu termines ta course quasiment en convoyage car il n’y a plus d’enjeux sportifs: tu subis sans rien pouvoir faire.»

Gitana 11 était un bateau bien adapté à ces conditions météorologiques atypiques ?
« Bien sûr ! Si le passage du front s’était passé aussi bien que pour Francis, nous jouions la deuxième place. Il fallait être dessus, mais il était tout à fait dans le match même si tu ne vis pas la même course que tes concurrents. Je n’ai quasiment pas dormi quatre nuits sur les six premiers jours. Et tout le temps en combinaison sèche… Je ne pouvais de toute façon pas me reposer par tranche de plus d’un quart d’heure.»

De bons souvenirs tout de même ?
« Pleins ! Avant le front au milieu de l’Atlantique par exemple, j’étais bien revenu en prenant même la deuxième place. Cette course m’a beaucoup plu parce que le défi était intéressant. Se battre face à de grands marins sur des bateaux au potentiel différent. Chacun avait ses arguments, ce qui rendait le challenge très ouvert et nous a proposé une course à rebondissements. Et c’était super avec Sylvain Mondon de Météo France et Billy Besson à terre. Il n’y a pas une édition de la Route du Rhum qui soit pareille et c’est ce qui fait la beauté de cette grande couse! Je suis très content d’avoir amené de l’autre côté de l’Atlantique ce beau bateau qu’est Gitana 11. Le bateau était parfaitement préparé et il arrive à Pointe-à-Pitre en super état. Après cette course, je sais ce qu’est une transat en solitaire, j’ai vraiment envie d’y retourner. Et si ce soir on me proposait de signer pour la prochaine édition, je dirais oui tout de suite ! »

© AFP

Sont toujours en course dans cette catégorie : Philippe Monnet qui devrait arriver demain et Servane Escoffier et Gilles Lamiré qui se livrent un duel pour la 6 et 7ème place au sud des  Caraibes.

En catégorie Multi 50′ Lionel Lemonchois a prise l’avantage sur Lalou Roucayrol, les deux skippers évoluent à moins de 200 milles de la Guadeloupe à petite vitesse dans des vents de moins de 10 noeuds.

Franck Yves Escoffier abandonne, Lionel Lemonchois à la poursuite de Lalou Roucayrol

Franck Yves Escoffier, skipper de Crèpes Whaou 3! a annoncé aujourd’hui son abandon, en effet le malouin a été obligé de faire marche arrière au moteur pendant une heure, afin de tenter une réparation de fortune sur son étrave comme il l’explique : « Le premier jour, j’avais le moral dans les chaussettes. Puis j’ai dormi pour prendre du recul. Il fallait rendre le bateau étanche. La pompe m’est restée dans les mains…J’ai décidé d’attaquer par l’intérieur. J’ai rampé jusqu’à l’étrave en passant les cloisons les uns après les autres. Heureusement que je n’ai pas trop mangé car avec 5 kg de plus ça ne serait pas passé !!! Je suis arrivé jusqu’à la cloison de solent, ouverte. Et là, ça faisait une belle baie vitrée avec vue sur la mer ! J’en rigole mais c’est triste à voir. J’ai rentré le gennaker mètre par mètre, j’ai tassé, je l’ai rentré en force pour faire un gros bouchon. Puis par l’extérieur,  j’ai mis mes sacs à voiles et mon sac étanche Cotten pour protéger. J’ai tout sanglé. Ça devrait tenir. Pour l’instant je marche à 7 nœuds car il n’y a pas trop de mer et peu de vent. Je descends un peu pour anticiper la bascule de vent dans 48 heures. »

© AFP

Du côté d’Yves le Blévec, la situation s’est aussi améliorée, après avoir consolidé le bras de liaison, le skipper du trimaran Actual a lui aussi réussi à maitriser la voie d’eau sur la coque centrale de son bateau  :

«  Après 12 heures de séchage, je me suis décidé à tester la réparation entreprise hier pour tenter de boucher la fuite d’eau responsable de toute nos misères. Une plaque de monolithique, une latte de GV débitée en fagots, un peu de tissus de carbone, de la résine époxy qui prend sous l’eau… Et voilà le résultat : c’est sec. C’est une grande nouvelle parce que le bateau est maintenant beaucoup plus léger et la structure, bien malade, est considérablement moins sollicitée. Ça va dans le bon sens. Il faut imaginer que le niveau d’eau était quasiment à la lisse longitudinale, et que le volume total était d’environ 4 m3, bref, je viens de diviser par deux le déplacement du bateau. Bon, il reste deux ou trois porosités et une partie bien fragile en avant du pansement posé. Je ne me sens plus dans une situation critique, je me sens super bien en mer seul sur mon bateau. Je m’occupe, je me sens totalement vivant avec lui, j’aime être sur l’eau. Je suis assez souvent à l’intérieur parce qu’il fait vraiment très chaud à l’extérieur. La vie est simple à bord, je fais ce que je veux et si je veux prendre mon repas en commençant par le dessert, je le fais ! Hier un cargo m’a croisé et nous avons conversé durant 10 minutes. Il voulait savoir ce que je faisais là, il n’en revenait pas que je sois en course en solitaire et que je répare seul. C’est bientôt la flotte des 40 pieds qui va me rattraper ! Il est évident que je fais tout pour aller jusqu’au bout et mon objectif est maintenant d’être arrivé pour la remise des prix. »

Un catamaran de croisière rapide a été affrété conjointement par les deux sponsors afin d’apporter un éventuel soutien matériel aux skippers et un ravitaillement, le bateau devrait rejoindre les deux trimarans dimanche, Yves le Blévec choisira alors entre une assistance et un abandon ou de poursuivre sa route de façon autonome.

Côté course, Lalou Roucayrol sur Région Aquitaine-Port Médoc pointe ce soir en tête devant Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne, le vainqueur de la route du rhum 2006 a réussi à reprendre plus de 200 milles au leader en quelques jours, il pointe désormais à 50 milles de Lalou Roucayrol qui sait que sa position sera difficile à tenir face à un trimaran nettement plus performant, comme il l’explique :

« Jusqu’à maintenant ça allait super bien, mais là ca vient de tomber subitement. L’arrivée va être vraiment très compliquée. C’est vraiment ambiance Pot au Noir. Il a vraiment beaucoup plu ce matin, il y a des gros nuages, le ciel est très gris. Je surveille Lionel (Lemonchois) mais on n’a pas les mêmes bateaux et dans ces conditions, c’est un peu le jeu du chat et de la souris ; c’est bataille jusqu’à l’arrivée. Là par rapport à 2002, je suis dans des conditions différentes, avec des bateaux différents. Mais chaque Route du Rhum est belle et c’est la force de cette course. Je marche à 4 nœuds. Mais il y a 15 minutes j’étais encore à 17 nœuds. Je vais batailler, ce n’est pas de tout repos car il faut aller relancer, chercher les bordures de grains ».

© AFP