Gitana 11 en escale à Dingle

Yann Guichard à la barre de Gitana 11 avait quitté la Trinité sur Mer le 13 avril pour une session d’entrainement en solitaire de 5 jours, après 72 heures de navigation, le skipper du trimaran pour la prochaine Route du Rhum a été contraint à une escale technique dans le sud de l’Irlande suite à une avarie sur le flotteur tribord.

Le multicoque de 77′ naviguait alors à proximité du Fasnet après un longbord de portant, l’équipe du Gitana Teama donc pris la décision, en concertation avec Yann Guichard de dérouter le bateau vers Dingle afin d’effectuer les réparartions nécessaires avant le retour vers la Bretagne.

Les premières constatations laissent penser que cette avarie peut être consécutive soit à une rencontre avec un OFNI (Objet Flottant Non Identifié), soit aux chocs répétés d’une mer formée et casse-bateau (35 nœuds et 3 à 4 mètres de creux).

La saison de D35 à 1 mois de la 1ère régate

Le très influent Ernesto Bertarelli avait lancé l’idée de régates en Méditerranée à la fin de la saison 2009 (voir ici), cette proposition n’a semble-t-il pas séduit les propriétaires de D35, qui régateront de nouveau exclusivement sur le Léman en 2010.

Peu de changement au programme donc, hormis des changements de dates des différents grands prix, qui auront lieu du 8 mai au 19 septembre :

8 et 9 mai Grand Prix Beau-Rivage Palace
21 au 23 mai Realstone Cup
4 et 6 juin Open de Versoix
5 juin Genève-Rolle-Genève
12 juin Bol d’Or Mirabaud
21 et 22 août Open de Crans
4 et 5 septembre Sogeti Cup La Réserve
17 au 19 septembre Grand Prix Corum

Côté concurrence, Smarthome a stoppé son sponsoring. Fred le Peutrec qui barrait le catamaran ne devrait donc pas prendre part aux régates de la saison 2010 ; le catamaran a été vendu à Erik Maris, qui change donc de support après une saison sur l’iShares Cup (Extreme 40), son équipage sera composé de Thierry Tiggeler, Bruno Jeanjean, et Thierry Fouchier.

Alinghi, qui engageait 2 bateaux en 2009, se sépare de l’un d’eux(SUI-6) qui sera désormais baptisé Ylliam et sera barré par Aranud Psarofaghis.

En toute logique, Alinghi, Foncia, Okalys feront figure de favoris pour la course à la victoire, Zen Too et Julius Baer pourraient jouer les troubles fêtes, tout comme Veltigroup (barré par Steve Ravussin) et Banque Populaire (barré par Pascal Bidégorry) qui entameront leur seconde saison sur D35.

A lire, à voir

Quelques interviews post Jules Verne à découvrir :

  • Franck Cammas, interrogé par Axel Capron pour Sports.fr, qui revient sur ce tour du monde mais aussi sur l’engagement de Groupama sur la Volvo Ocean Race et sur la Route du Rhum qu’il disputera en solo sur Groupama 3.
  • Lionel Lemonchois, de nouveau sur Sports.fr, qui disputera lui aussi la Route du Rhum, dans la catégorie Multi 50′

Bruno Peyron , interrogé par Manon Borsi pour VoilesetVoiliers.com, à propos de The Race 2, le baulois dévoile ses projets pour l’ex Orange 2, les différentes « classes » susceptibles de participer à la course, la concurrence des MOD 70 et l’éventuel lancement d’une classe G100 (basée sur le modèle de la classe A100 développée par l’Oman Sail).

A voir, quelques projets :

  • l’Extreme 90, de Tornado Sport, catamaran de 90′ à foils, avec aile rigide, sorte d’hybride entre les deux multicoques ayant disputé la 33ème Coupe de l’America, imaginé suite à ce duel entre les 2 géants, et ayant donc peu de chances de voir le jour. A voir ici

  • Le M32, par Marstrom, catamaran à dérives courbes/foils, destiné au raid côtier, et transportable en container de 40′.

Le Trophée Jules Verne pour l’équipage de Groupama 3 !

Après deux tentatives avortées sur casse (en 2008 et 2009), Franck Cammas et ses hommes : Fred Le Peutrec, Stève Ravussin, Lionel Lemonchois, Thomas Coville,  Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff, Bruno Jeanjean, Jacques Caraës et Stan Honey ont décroché le Trophée Jules Verne hier à 22h40 en franchissant la ligne d’arrivée de leur tour du monde.

L’équipage de Groupama 3 a effectué le tour du monde à la voile en  48 jours 07 heures 44 minutes, améliorant l’ancien record d’Orange II de 2 jours, 8 heures 35 minutes.

Cette tentative n’aura pas été de tout repos  pour ces 10 hommes, puisqu’ils ont rencontré à plusieurs reprises des conditions météo difficiles notamment entre le Cap Horn et l’Equateur avec un gros retard à combler, l’expérience de cet équipage, la fiabilité et les capacités du bateau ont permis aux 10 marins de décrocher le record le plus prestigieux et le plus difficile : 22 tentatives en 17 ans et seulement 7 succès.

Groupama 3 a donc parcouru les 21760 mn (route orthodromique soit la distance « officielle »)  à la vitesse moyenne de 18.76 noeuds. Sur le fond, Groupama 3 a parcouru 26830 milles nautiques à la moyenne de 23.13 noeuds.

© Yvan Zedda / Marine Nationale

Les réactions d’anciens détenteurs du Trophée Jules Verne :

Olivier de Kesauson :
« Bravo pour cette performance extraordinaire… Bravo pour n’avoir jamais baissé les bras ! Bravo pour avoir construit à leur tour, dans l’esprit de la plus belle et de la plus audacieuse des épreuves au Monde, une histoire magnifique. Bienvenue à Franck Cammas et à son exceptionnel équipage dans le Club des détenteurs du Trophée Jules Verne. »

Message de Bruno Peyron :
« Bravo à toute l’équipe de Groupama pour ce parcours exemplaire autour du monde. Je sais la somme de compétences, d’efforts et d’engagement nécessaire à un tel résultat : le design team, l’équipe technique, l’équipe météo, l’équipage et aussi le sponsor dont il faut saluer la détermination et qui a su faire confiance à son équipe y compris dans les moments difficiles. Tous méritent ce succès construit avec méthode. Ils écrivent ainsi, ensemble, une nouvelle belle page de l’histoire du « Trophée Jules Verne ».
Je suis fier d’avoir été battu par la meilleure équipe de multicoque océanique actuelle et j’ai hâte de relancer notre équipe pour la « reconquête ».
Je leur souhaite de devenir la meilleure équipe en monocoque dans la VOR et j’espère qu’ils viendront nous rejoindre sur la ligne de départ de The Race II. En tout cas c’est un défi que je leur lance, non plus par chronomètre interposé mais … bord a bord ! »

© Yvan Zedda

Et celles de l’équipage du trimaran Groupama 3 :

Franck Cammas :
«Une joie immense ! Je crois qu’avoir mis tant d’énergie et de temps sur ce projet et arriver au bout, c’est super. C’est le travail acharné d’une équipe et de notre partenaire Groupama qui n’a jamais lâché le morceau. C’est super que ça se termine de cette façon. La clé, c’est que quand il y a des échecs, il faut les utiliser, car c’est l’expérience, la connaissance et la fiabilisation du bateau. C’est ce qu’on a prouvé aujourd’hui. C’était beaucoup plus intense que je l’imaginais, mais on aime ça et évidemment c’était 50 jours d’émotions extrêmement fortes. On avait confiance dans notre bateau et dans le concept de trimaran. C’était une « dream team » et c’est une somme d’expériences et de talents. Parfois il fallait que je tranche avec mon feeling parmi les idées de tout le monde. J’ai appris énormément : c’était super. L’image qui restera, c’est le passage du cap Horn. On était comme des gamins…»


© Yvan Zedda

Fred Le Peutrec :
« Ce Trophée, c’est un mélange de choses, une sorte de fondu enchaîné entre ce que j’ai eu envie de vivre quand j’étais gamin et la réalité ! J’ai toujours l’impression que ce sont d’autres qui l’ont fait, d’être désincarné, que ce n’est pas moi qui y était… Une émotion débordante, un moment hors du temps. Je l’ai rêvé en voyant les autres équipages partir et revenir. C’est concret et en même temps fuyant. Le parcours de Groupama 3 depuis trois ans a tout de même été semé d’embûches : décrocher le Trophée de cette manière, sur le fil du rasoir, dans les derniers jours de mer, alors que nous avions failli ne pas partir, c’est magique ! »

Lionel Lemonchois :
« Arriver à Brest, c’est toujours génial ! On a fait du mieux qu’on a pu et c’est passé sur la fin. Super ! On a eu des conditions très variées et pas toujours favorables, et celui qui arrivera à enchaîner les bons systèmes météo d’un bout à l’autre, fera un carton… Mais je ne sais pas si cela est possible. Ce qu’il faut, c’est être constant, naviguer bien en permanence, et avoir un bon bateau : c’était vraiment le cas avec Groupama 3. L’équipage était super et cela rend les choses faciles : chacun était à sa place comme ce fut le cas avec Bruno Peyron. Ce qui est essentiel et motivant, c’est de monter une belle équipe et Franck Cammas a parfaitement réussi son casting ! 48 jours de mer, à dix enfermés dans un huis clos, ce n’est pas anodin : ce n’est pas que de la technologie, c’est d’abord du rapport humain. Le bateau était vraiment facile : c’est un petit voilier de 32 mètres ! À trois sur le pont, on pouvait presque tout faire. Avec des moments inoubliables comme lorsque nous avons piqué sur le cap Horn à plus de 40 noeuds, sous un ciel de traîne et huit mètres de creux… 48h extraordinaires. »

Thomas Coville :
« On avait fait une première tentative, on avait cassé, on s’était arrêté à Cape Town. On sentait qu’on avait un groupe très fort, capable de se remettre en place dans des conditions pas forcément évidentes et faciles. Il y avait une véritable audace et une vraie envie d’en découdre. Un tour du monde, c’est quelque chose de global, c’est un raisonnement de terrien de vouloir le découper en morceaux ! On s’est fait un reaching vraiment poussé avec Stève Ravussin. On était rentrés dans l’euphorie… Le bateau volait littéralement et les gars sont sortis sur le pont pour nous demander si on n’était pas sur une autre planète ! Il avait la banane… Moi j’étais ailleurs… C’était fabuleux ! »

Loïc Le Mignon :
« Sur la fin, c’était assez long car on n’a pas eu des conditions faciles depuis les Açores. On a eu des coups de mou, mais on avait un bateau polyvalent et formidable, en gagnant du terrain, on repartait de l’avant et le moral avec ! On n’a pas eu peur jusqu’au bout, mais ce n’était pas acquis ! Ce n’était pas facile, mais on a grappillé du temps sur la remontée. On a eu pas mal de plaisir ! »

Bruno Jeanjean :
«La plus belle image, c’est celle de l’arrivée, avec le record à la clé, le public brestois et le beau temps de Bretagne. Surtout que moi, c’est mon premier tour du monde, je n’ai pas l’habitude d’avoir tout ça autour, c’est très agréable ! »

Steve Ravussin :
«Cela fait toujours plaisir d’arriver, d’autant plus au bout de 50 jours. On est content, avec un public et un beau temps, c’est vraiment super sympa. On était une super équipe, soudée, on est content d’être sur ce bateau qui va toujours très, très vite. »


Groupama 3 en route pour le record

Après avoir passé l’équateur avec 26 heures de retard sur le temps d’Orange 2, Franck Cammas et ses hommes ont retrouvé des conditions favorables, le Pot au Noir a été avalé sans problème par l’équipage du maxi trimaran qui accrochait la bordure de l’anticyclone des Açores et retrouvait des vitesses élevées. Le 16 mars, le retard de Groupama se transformait en avance, le franchissement d’une dorsale anticyclonique redoutée la nuit dernière a de nouveau été assez favorable et le multicoque a pu faire route vers le nord pour s’extraire de cette zone, commel’explique le skipper : « On a retrouvé le vent avec le sourire parce que c’était encore assez délicat mardi à proximité de l’axe d’une dorsale. Les fichiers météo nous laissaient entendre que nous pouvions être mangés par les brises faibles de ces hautes pressions et rester bloqués de longues heures, voire des jours ! En fait, la nuit a été plus ventée que prévu et nous avons pu nous échapper par le Nord. Maintenant, il nous faut gérer une dépression avec laquelle nous allons jouer jusqu’à l’arrivée, j’espère… Ce sera venté avec pas mal d’empannages à faire. D’ailleurs, nous attaquons notre première manoeuvre en ce moment. Le ciel est devenu plus gris : c’est un temps breton, mais la température est encore assez élevée. »

© Team Groupama

Les hommes de Groupama ont ensuite pu se positionner en avant d’un font froid qui permet de naviguer à des vitesses de l’ordre de 30 noeuds, il faudra cependant enchainer les empannages pour rester dans le sud de ce système afin d’éviter des conditions de mer trop fortes.

Groupama 3 compte désormais plus de 590 milles d’avance sur le record, sur une route plus directe que celle d’Orange 2 en 2005, les estimations d’arrivée prévoient un passage de la ligne au large d’Ouessant entre samedi matin et samedi soir soit un tour du monde en environ 48 jours, ce qui permettrait aux hommes de Groupama3 de s’emparer du Trophée Jules Verne.

A lire : une interview de Bruno Peyron par Philippe Elies du Télégramme concernant cette tentative de Trophée Jules Verne.

Monnet à la barre de l’ex B&Q/Castorama

Philippe Monnet, ex skipper du 60′ ORMA Sopra Group a racheté l’ex B&Q/Castorama d’Ellen MacArthur, passé ensuite sous les couleurs du sultanat d’Oman sous le nom de Musandam.

Après un tour du monde en équipage l’an dernier et le lancement de la série A100 (sisterships de Sodeb’O°), l’Oman Sail avait mis le trimaran en vente, Philippe Monnet s’est porté acquéreur de celui-ci, le 1er objectif du skipper sera la Route du Rhum 2010.

Ce couple bateau/skipper ne fera pas figure de favoris face aux derniers trimarans (Groupama 3, Sodeb’O, Idec, Gitana 11, Majan…) qui s’aligneront au départ de Saint Malo fin octobre, cette course ne sera qu’un entrainement pour un tout autre défi, Philippe Monnet a en effet pour objectif de se lancer dans un tour du monde en soltaire « à l’envers » (contre vents et courants dominants) en 2011.

Pour l’heure aucun sponsor n’a été annoncé pour ce projet.

© Lloyd Images

Les Extreme Sailing Series feront étape à Sète

La saison européenne du circuit Extreme 40 (ex iShares Cup) débutera à Sète du 27 au 30 mai 2010.

Les régates se dérouleront à la sortie du port, à  proximité du centre ville.Trois équipes françaises sont attendues sur le circuit, Groupama et Gitana et très probablement Luna, ses équipes étaient concurrentes lors de la saison 2009.

Les deux dernières étapes du circuit se dérouleront à Trapani(Italie) du 23 au 26 septembre et à Almeria (Espagne) du 9 au 12 octobre, les étapes anglaises (probablement Cowes) et allemande seront dévoilées prochainement.

Un 60′ ORMA de croisière mis à l’eau

Paradoxe, le 60′ ORMA de croisière d’un riche propriétaire américain a été mis à l’eau à Lorient en fin de semaine dernière. Ce trimaran a été construit chez Marsaudon Composites, dans les moules de Fujifilm, le 60′ de Loick Peyron, avec cependant quelques modifications permettant d’augmenter le volume intérieur afin d’adapter le multicoque à son utilisation croisière.

Ainsi la coque centrale a été élargie, la largeur a été réduite à 14,50 m contre 17,50m pour la version course, assagissant le trimaran, tout comme le mât issu des moules d’un 50′. Le bateau est pourvu de winchs électriques et d’une assistance hydraulique pour les manoeuvres. La réalisation de ce 60′ été menée par Benoit Cabaret, qui avait dessiné Fujifilm en collaboration avec Nigel Irens.

Le trimaran est actuellement à Lorient et sera exposé au salon du multicoque du 15 au 18 avril.

Lionel Lemonchois confirmé à la barre de Prince de Bretagne

Comme l’annonçait le Télégramme il y a 3 semaines, la confirmation du remplacement du skipper « historique » des multicoques Prince de Bretagne par Lionel Lemonchois, a été faite par VoilesetVoiliers.com, et par Hervé Cléris, ex skipper du Multi 50′ Prince de Bretagne, sur lequel il n’aura parcouru que quelques centaines de milles.

Le trimaran, en chantier chez Marsaudon Composites à Lorient, recevra de nouveaux bras de liaison construits dans les moules de l’ancien 60′ ORMA Fujifilm. La cause de la rupture du bras de liaison en octobre n’a pas pu être clairement identifiée, les architectes (Irens/Cabaret) ont donc opté pour des bras plus solides et un ancrage des filets différent.

Le bateau devrait sortir de chantier fin juin.

Groupama 3 passe l’équateur avec une journée de retard sur le temps d’Orange II

Franck Cammas et ses équipiers ont passé l’équateur ce matin après 41 jours 21 heures 9 minutes de navigation depuis le départ de ce Trophée Jules Verne. Le trimaran compte donc  26 heures de retard sur le temps de référence d’Orange II.

Les hommes de Groupama 3 ont connu une semaine difficile depuis leur passage du Cap Horn, puisque leur avance de 175 milles au passage de la pointe sud américaine a fondu, pour rapidement se transformer en retard, en effet le multicoque n’a pas pu remonter le long des côtes sud américaines du fait d’un anticyclone. Lorsque le trimaran a pu reprendre une route plus directe, celle-ci s’est faite au près dans des vents faibles à modérés, obligeant l’équipage à tirer des bords pour se sortir de ce système météo.

Depuis vendredi les conditions se sont améliorées puisque le trimaran navigue désormais dans les alizés, cependant le retard reste important : 400 milles, cependant équipage et routeur restent optimistes sur leurs chances de battre le record, comme l’explique Sylvain Mondon, routeur à terre dans une interview à Voiles et Voiliers.