BMW Oracle survole la 1ère régate!

James Spithill et son équipage sur BMW Oracle ont survolé cette 1ère régate de l’America’s Cup…

Le barreur arrive à infliger une pénalité à Alinghi dans la phase de pré-départ, mais le trimaran américain se retrouve arrêté et part avec un retard d’une minute quarante cinq sur son adversaire, qui parvient à maintenir le trimaran ailé derrière lui sur le 1er tiers du bord de près, l’avance des américains ne cessera ensuite de s’accroitre.

© Gilles Martin-Raget / BMW Oracle

Le bateau américain affiche un meilleur cap et une meilleure vitesse que le catamaran suisse, pire encore, l’équipage d’Alinghi qui était présenté comme favori dans ce petit temps (8 noeuds) est apparu hésitant notamment au départ du bord de portant, peinant à trouver les bons réglages, sur une allure où le catamaran semblait favorisé par rapport au gréement du bateau américain.

Au final, Alinghi 5 termine la manche à plus d’un quart d’heure de USA 17, grand vainqueur de cette manche et désormais favori pour la Coupe de l’America.

La tâche s’annonce difficile pour l’équipage d’Ernesto Bertarelli, du fait de la domination nette de l’équipe américaine sur cette manche où les suisses partaient favoris.

Première manche de l’America’s Cup demain

Après l’annulation de la régate de lundi, du fait d’un vent erratique et instable en direction, la première manche de l’America’s Cup devrait se courir demain. Cependant les prévisions de demain sont divergents selon les sources, certaines annoncent de nouveau des vents faibles, d’autres des vents soutenus avec une mer formée, le lancement de la régate ne parait donc pas assuré.

Les meilleures conditions cette semaine semblaient être aujourd’hui avec un vent  bien établi à plus de 20 noeuds, et jeudi.

A suivre sur  Canal + Sport et Eurosport et bien évidemment sur la TSR.

America’s Cup J-2

La première manche de l’America’s Cup aura lieu lundi à 10h06 à Valence en Espagne, elle opposera deux maxis multicoques extraordinaires :  le catamaran Alinghi 5 et USA17, le trimaran de l’équipe BMW Oracle.

A deux jours de l’échéance, Marco, fidèle lecteur de Voile-Multicoques.com et passionné de multicoques nous fait partager son point de vue sur ces deux bateaux :
Un rapide rappel des faits.
Les Américains, très fâchés contre Alinghi (pour des raisons que je ne développerai pas), décident de lancer le 13 juillet 2007 un défi conforme au Deed of Gift original de l’America’s Cup. Leur challenger : un multicoque de 90’ par 90’ (27,43m).
Les Suisses sont obligés d’accepter.
Le 22 Août 2008, les Américains mettent à l’eau leur trimaran. N’ayant pas le choix du lieu des régates, ils ont décidé de faire un bateau polyvalent et évolutif, un trimaran issu du cabinet d’architectes français VPLP.
Le 8 juillet, les Suisses mettent leur bateau à l’eau. Ils ont choisi un catamaran ultra-léger avec dans l’idée de régater à Ras El Khaïmah, dans le golfe Persique, où les vents sont légers. Malheureusement pour eux le tribunal désignera finalement Valence comme lieu des régates.

La compétition se déroulera en deux régates gagnantes : la première sera un aller-retour de deux fois 20 milles et la seconde un triangle de trois fois 13 milles. Si une troisième régate est nécessaire, elle sera identique à la première.

Détaillons un peu les forces en présence.
Si les deux bateaux font bien 90’ de flottaison à l’arrêt, ils font un peu plus en navigation.
On n’a évidemment aucune donnée officielle sur les bateaux et tous ces chiffres ne sont que des estimations.

Honneur au defender :
Alinghi 5 est un catamaran de 31 ou 32 m de longueur et de 24 m de largeur. Après avoir été lancé avec un mât d’une cinquantaine de mètres, il est désormais doté d’un gigantesque mât-aile de 60 m de haut doté d’une grand voile de 600 m2 et pouvant porter, sur son gigantesque bout-dehors un gennaker de 1000 m2, le plus grand ayant jamais été construit.
Les coques possèdent des étraves inversées de type wave-piercer. Ces étraves, en passant à travers les vagues au lieu d’au-dessus, diminuent le tangage et améliorent l’efficacité du gréement. Elles sont tenues par deux bras seulement et tous les efforts de torsion du gréement sur les coques sont repris par trois poutres de carbone. Ce système, très innovant, avait été imaginé en 2000 pour le petit catamaran de 12,50 m Alinghi qui gagna par la suite plusieurs fois le bol d’or. Il permet une très grande rigidité pour un poids minimal. Ce système a donc tout naturellement été repris pour A5.
Les coques sont dotées de dérives en S (même si des dérives rectilignes ont aussi été utilisées), orientables dans les 3 axes,  qui font aussi office de foils.
Autre innovation majeure : la suppression des wincheurs remplacés par un moteur. Pas très sympa pour les oreilles mais très efficace.

© Ed Baird/Alinghi

Ce moteur sert aussi à remplir et transférer les ballasts dont sont dotées les coques.
Un immense trampoline court entre les bras et les coques tandis que l’arrière du bras avant est caréné d’une toile. Ils viennent même de tester un carénage de l’arrière du second bras, suivant en cela l’exemple des Américains.
Ne comparez pas ce bateau à un multicoque de course au large. Il faut le voir comme un catamaran de plage de 32 m. En fait c’est un agrandissement et une amélioration du Alinghi de 12 m. Bref, un engin extrême, fait pour naviguer sur eau plate dans très peu de vent. Dans ces conditions il est capable d’atteindre des vitesses extraordinaires comprises entre 3 à 4 fois la vitesse du vent.

Le challenger :

Le trimaran Américain n’est pas moins extrême. Il a fortement évolué depuis son lancement. Si la largeur de 27 m n’a pas changé, les flotteurs, originellement à 30 m, doivent en faire désormais près de 32 et sont aussi dotés d’étraves inversées du type wave piercer.
Ces flotteurs sont équipés de foils qui servent aussi de dérive car la dérive centrale de la coque a été supprimée. La forme de ces foils a d’ailleurs évolué. Après avoir commencé avec des foils courbes similaires aux foils des trimarans Orma, ils ont essayé des foils plus rectilignes pour revenir à des foils courbes
Exit aussi le safran central. Gain de poids, gain de trainée. En fait, en navigation, USA se retrouve dans la même configuration qu’un catamaran.
Il est aussi doté de ballasts.
Les Américains ont été obligés de suivre les Suisses dans l’installation d’un moteur. Plus de wincheurs. Et c’est sans doute ce moteur qui a permis l’installation de ballasts jusque dans les flotteurs.

© Gilles Martin-Raget / BMW ORACLE Racing

Les Américains ont beaucoup travaillé l’aérodynamique, en carénant l’arrière du bras avant puis en supprimant les filets et, finalement en carénant aussi le bras arrière. Il n’est pourtant pas certain que nous voyions ces carénages en compétition, les bateaux ayant navigué avec ou sans.
La surface de voilure n’a fait qu’augmenter.
Après avoir été lancé avec un mât de 50 m, on est monté à 55, puis 60 m. Ce dernier mât a d’ailleurs cassé au bout de deux jour. Ce qui n’a pas désarmé les Américains qui étaient sur le point lancer leur innovation majeure : une aile rigide.
Rien de révolutionnaire en soi, car des ailes ont été largement utilisées en Little America’s Cup et continuent a être utilisées en classe A. Et Stars et Stripes en possédait déjà une en 88.

D’un strict point de vue aérodynamique une aile rigide ne possède que des avantages. En ne se déformant pas, contrairement à une voile, elle garde toujours son profil idéal.
Mais ce qui est extraordinaire c’est les dimensions de cette aile : plus de 60 m de haut pour une surface de plus de 650 m2. Un monstre dont le poids n’excède pas le poids d’un gréement classique. Mais surtout un monstre d’efficacité. L’aile est composée de deux parties, la partie avant pouvant être considérée comme un mât prolongé par des volets orientables. Ces huits volets, en prenant une angulation différente permettent aussi de faire « twister la voile », d’adapter le profil au vent à quelque hauteur que l’on soit. Par un système gardé secret cette aile est très facile à régler. L’aile permet donc de développer plus de puissance qu’une voile classique. Son second avantage se situe dans les manœuvres, car elle garde de la portance en permanence, permettant au trimaran de virer avec une facilité déconcertante. Son talon d’Achille reste le petit temps, où elle manque un peu de surface, et peut-être aussi le portant. Ils peuvent lui adjoindre une voile d’avant qui augmente la surface mais diminue l’efficacité du profil de l’aile.

Les déplacements :  le gros point d’interrogation.
10 T contre 12T ? 12T contre 16T ? 13T contre 18T ?  Impossible à savoir.
Mais tout le monde est d’accord pour dire que le catamaran est plus léger et le trimaran plus puissant. Encore que les ballasts modifient la donne.
Alors, qui va gagner ? Bien malin qui pourrait le dire.
Les experts disent que A5 est meilleur dans le petit temps. Ce serait donc la météo du jour qui déciderait du sort du match.
Si A5 est sans aucun doute plus léger je ne suis pas persuadé que la différence de déplacement soit énorme. Deux tonnes d’écart ne changeraient pas grand-chose. Par ailleurs, et contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, on a déjà vu des multicoques lourds dépasser des légers dans le petit temps.
La thèse la plus communément admise est que USA devrait être intouchable au près, et cela d’autant plus que le vent sera fort. Au portant par contre le cata devrait être mieux et cela d’autant plus que le vent sera faible.
Mais attention, le plan d’eau est grand et le vent pourra y être très variable. C’est peut-être là que se fera la différence, dans la capacité à aller exploiter le vent là où il se trouve. Et les deux équipes ont mis beaucoup de moyens dans ce sens : Alighi utilisera des ULM qui surveilleront le plan d’eau et USA utilisera des « jumelles » capables de donner le force et la direction du vent à un kilomètre de distance.
Si la coupe a été un véritable imbroglio juridique et a donné l’impression d’être une bataille de chiffonniers où tous les (mauvais) coups sont permis, elle a aussi renoué avec les origines : deux milliardaires qui se battent pour construire le bateau le plus rapide du monde. Et c’est ça qui a toujours fait rêver les gens.
Au bout du coup elle aura donné naissance aux deux bateaux les plus excitants depuis Reliance, les bateaux les plus rapides (dans moins de 15 nœuds de vent) qui aient jamais été construits, deux formidables machines à vents. Vivement lundi.

A lire également :

Des interviews des naviguants d’Alinghi : Alain Gautier sur Sports.fr, Loick Peyron qui partagera la barre avec Ernesto Bertaralli sur le Télégramme.

Des architectes au travers d’une interview croisée toujours sur Sports.fr : Vincent Lauriot Prevost pour BMW Oracle, Benoit Cabaret pour Alinghi. A lire ICI.

Les régates seront retransmises en direct sur le site officiel de la 33ème Coupe de l’America.

BOR 90 et Alinghi 5 à Valence

Les deux maxis multicoques qui doivent concourir pour la Coupe de l’America le mois prochain, sont arrivés à Valence lundi, les deux bateaux, les gréements et le matériel annexe ont été déchargés.

© Alinghi

Alinghi 5 a rejoint la Darsena, lieu où étaient installées les bases des différents teams lors de la 33eme America’s Cup, alors que BOR 90 a pris ses quartiers dans l’enceinte du port de commerce, ce qui confirme la très probable utilisation de l’aile rigide sur le trimaran du syndicat américain.

© Gilles Martin-Raget / BMW ORACLE Racing

Le catamaran et le trimaran géant devraient être prêts à naviguer en milieu de semaine prochaine, d’ici là le team Oracle BMW a débuté des navagations  sur catamarans Extreme 40 pour s’entrainer au match racing en multicoque.

© Gilles Martin-Raget / BMW ORACLE Racing

Fin des essais pour USA

Le trimaran de BMW Oracle a terminé ses essais à San Diego, le multicoque devrait être gruté avant d’être envoyé par cargo à Valence où devrait se dérouler la prochaine Coupe de l’America selon toute vraisemblance,  l’équipe américaine semble extrêmement satisfaite de son aile rigide installée il y a moins de 3 semaines.

L’équipe d’Alinghi continue de son côté sa préparation dans les Emirats, le catamaran suisse est désormais pourvu d’un bout dehors nettement plus long que le précédent, la surface des voiles d’avant devrait donc croitre lors des prochaines sorties.

Groupama 3 à Cape Town

Groupama 3 a été amarré au ponton de la base de Shosholoza, le défi sud africain pour la 32ème Coupe de l’America, à Cape Town hier après midi suite à l’abandon de la tentative de Trophée Jules Verne sur casse.

© Alain Paulhac / Welcome on Board

L’équipe technique de Groupama était déjà sur place afin de préparer le chantier qui ne nécessitera pas une mise au sec du trimaran, le bateau devrait reprendre le chemin de Brest début décembre pour un nouveau stand by début janvier.

 

Poursuite des navigations pour BMW Oracle

James Spithill  le barreur de USA, le trimaran de BMW Oracle, continue avec son équipage la découverte de cette nouvelle version du bateau, désormais pourvu d’une aile rigide, les prochaines navigations devraient permettre de tester le multicoque avec une voile de portant.

Quelques images, toujours aussi impressionnantes de Gilles Martin Raget, le photographe de l’équipe.

© Gilles Martin-Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin-Raget / BMW ORACLE Racing

A lire, deux interviews sur VoilesetVoilers.com : l’une de Vincent Lauriot Prevost, architecte de la plate forme du trimaran, et l’autre de Joseph Ozanne, autre français de l’équipe, ingénieur aéronautique et chef designer de cette aile.

Le trimaran de BMW Oracle a dématé

Le trimaran, récemment remis à l’eau après modifications a dématé au large de San Diego sans faire de blessés, dans des conditions légères et mer plate. Le mât de 60m est semble-t-il tombé sur l’arrière, dans l’axe du bateau, peut être un problème d’hydraulique….

Côté judiciaire, Alinghi a fait appel de la décision rejetant le site de Ras al Khaimah, et a proposé de courir sur la côte est de l’Australie, il semblerait que les deux équipes aient rejoint la table des négociations

Pas de Coupe de l’America à Ras Al Khaimah

Le jugement de la Cour Suprême de New York a été rendu, la Coupe de l’America n’aura pas lieu à Ras Al Khaimah (Emirats Arabes Unis) en février, la juge a estimé que le choix de ce lieu dans l’hémisphère nord n’était pas conforme au Deed of Gift (acte de donation de l’America’s Cup). En dehors d’un possible appel d’Alinghi, la Coupe de l’America devra se courir aux dates prévues dans l’hémisphère sud, ou à Valence, par consentement mutuel des deux équipes.

©Carlo Borlenghi/Alinghi

Donc avantage aux américains, qui viennent de remettre leur catamaran à l’eau, ils n’auront pas à convoyer leur bateau vers les Emirats, ils disposent de temps pour parfaire la nouvelle configuration du bateau et ils obligent Alinghi à aller courir sur un plan d’eau peut être moins adapté à leur catamaran.

© Gilles Martin-Raget / BMW ORACLE Racing

Concernant USA, le trimaran de BMW Oracle qui a été remis à l’eau cette semaine, les principales modifications sont : la disparition de la dérive sur la coque centrale ainsi que le safran de celle-ci, le changement de foils pour des dagger foils (foil faisant office de dérive au près et de foil au portant), un pied de mât avancé d’environ 2 mètres, un nouveau bout dehors orientable de 5 mètres, l’installation de moteurs et d’hydraulique, une surface de filets réduite du fait de la disparition d’une partie de l’équipage étant donné l’utilisation de l’hydraulique. La surface de voiles est donc encore augmentée. Pas de nouvelles informations concernant une éventuelle aile rigide pour le trimaran.

Les photos des modifications sont à voir : ici.

Les démêlés judiciaires et l’actualité de la Coupe de l’America à suivre sur Tribord Amure.

Interview de Fred Le Peutrec – Partie 2

Seconde partie de l’interview que Fred Le Peutrec, grand spécialiste du multicoque (3 prépartions olympiques en Tornado, Vainqueur de The Race sur Club Med, barreur des 60′ ORMA Bayer puis Gitana 11, barreur et boat manager de Groupama 3, barreur de Smart Home) a accordé à Voile-Multicoques.com.

Voici la fin de cette interview qui concerne le début de saison de Groupama 3, le Trophée Jules Verne à venir, la Route du Rhum 2010, l’America’s Cup etc.

© Yvan Zedda

© Yvan Zedda

Voile- Multicoques.com : Quel bilan tirez-vous du début de saison de Groupama 3 ?

Fred Le Peutrec : Nous aurions bien sûr préféré garder les deux records (Atlantique Nord et distance parcourue en 24 heures), mais l’objectif principal de cette année reste le Jules Verne. Les différentes navigations, tournée méditerranéenne et records, n’avaient pour but que de sélectionner et de souder l’équipage du Trophée Jules Verne, s’approprier le bateau, le connaître un peu mieux, le fiabiliser, parce que ce sont des machines sur lesquelles nous devons toujours continuer à travailler. Evidemment, il y a une petite frustration mais nous espérons prendre notre revanche cet hiver.

En ce qui concerne le record de l’Atlantique que nous avons effectué en même temps que Banque Populaire V, même si nous perdons deux records, les conditions de navigation étaient tellement exceptionelles que nous en garderons un excellent souvenir, cette traversée restera une navigation extraordinaire. Traverser l’Atlantique en un peu plus de 3 jours et demi était peu envisageable il y a quelques années, on est donc complètement satisfait du potentiel du bateau, il est sain, et  sera bien prêt pour le Jules Verne.

Nous savions au départ du record de l’Atlantique qu’étant donné les conditions, l’essentiel allait se jouer sur la puissance maximale du bateau, Banque Populaire V a plus de couple de rappel, nous savions qu’on allait souffrir, les conditions n’étaient pas idéales pour Groupama 3, mais sur le Tour du monde, il y a plus de zones de transition, ça se jouera sur toutes les allures, la descente sera au portant et pas au reaching, dans ces conditions là nous avons un bateau léger qui descend bien, le jeu devrait être plus ouvert pour nous.

Il y aura aussi une notion d’endurance technique qui jouera, nous partirons avec un trimaran profitant de plusieurs années de navigation et de fiabilisation.

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

Nous sommes impatients de partir, nous serons dans de bonnes conditions techniques, avec un équipage en béton, qui se connait bien, nous avons gardé la base de l’équipage présent sur le dernier tour du monde, et les marins qui ont embarqué cette saison (Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Stan Honey) sont des gens qui ont énormément de métier, et ça n’est que du plus pour l’équipage.

L’avenir de Groupama 3 semble être la Route du Rhum 2010 que Franck Cammas devrait courir, la décision de participer a-t-elle été prise ?

C’est en court de définition, nous essayons de préciser les choses : les différentes contraintes techniques et physiques qui seront rencontrées, et nous les mesurons exactement pour être sur que ce soit faisable en solitaire. Mais les chances de voir Groupama 3 au départ sont fortes.

© Guilain GRENIER / Sea & Co

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Concernant cette Route du Rhum 2010, Gitana 11 que tu as barré pendant plusieurs années a été remis à l’eau après un allongement à 77’. Penses-tu que ce bateau puisse être un candidat potentiel à la victoire face aux maxis trimarans qui devraient être engagés ?

Assurément oui, c’est un bateau qui peut gagner, il est à la bonne échelle pour une personne seule. L’allongement a permis de retrouver de la stabilité, l’a assagie un peu. C’était déjà un des 60’ ORMA les plus marins, je pense que sous cette nouvelle forme ce trimaran reste un excellent bateau.

Le projet de MOD a refait surface cet été, les communiqués parlent du lancement de la série, s’agit-il seulement d’une annonce ou existe-t-il des bases solides pour cette série ?

Il y a des investisseurs qui sont prêts à définir le cadre, à mettre le pied à l’étrier à la série, tout ceci repose sur l’arrivée  d’une structure financière mise en place par Steve Ravussin et Franck David. Ensuite tout dépendra bien sûr du post élan, il faut que des partenaires entrent en jeu pour sponsoriser les trimarans.

Que penses tu de ce projet alors que les supports multicoques semblent se raréfier ?

Ce qui me plait c’est qu’un circuit de multicoques océaniques puisse renaître, je trouve cela vraiment désespérant dans le paysage de la voile qu’il n’y ait plus de multicoque aux jeux olympique. C’est symbolique mais ceci à des conséquences réelles sur l’activité nautique dans les clubs de sports, les écoles de voiles. Il y a toute une génération de gamins qui ont 15,16 ou 20 ans maintenant et qui s’étaient projetés dans l’idée de prétendre au meilleur un jour sur multicoque, bien entendu tout le monde n’y arrive pas, mais il y a toute une dynamique et une activité de voile légère qui a été ralentie à cause de l’abandon du support olympique multicoque.

Le fait qu’il n’y ait plus de multicoque océanique est dommageable, c’est totalement à contre temps que des bateaux aussi aboutis soient dans des hangars. C’est comme interdire la descente en ski ou la Formule 1 en automobile.

© Hans Berggren

© Hans Berggren

Au delà de la série qui s’arrête, c’est tout un système qui souffre qu’il n’y ait pas les machines les plus dingues, les plus extrêmes, sur l’eau. Les gens commencent à s’en rendre compte, et je pense que d’ici un an ou deux, ces séries manqueront réellement, je ne serai pas étonné que les journalistes, les médias ne trouvent pas un peu triste que ces bateaux là aient disparus et  soient rangé dans des hangars.

La Coupe de l’America aura lieu en multicoque, sur deux bateaux bien différents. Alinghi 5 est un catamaran semble-t-il axé sur le petit temps, BMW Oracle Racing alignera un trimaran plus proche d’un 60’ ORMA dans ses formes, que penses-tu de ces bateaux ? Crois tu que l’un d’entre eux possède un avantage ?

Je reste convaincu que le trimaran peut avoir l’avantage du fait du format de course: une montée et descente dans le vent donc VMG (Velocity Made Good) pur et une manche où la descente dans le vent se fait sur du largue abattu, ce n’est pas pour rien que la classe ORMA s’est concentrée sur cette formule. Les catamarans ne sont pas des bateaux aussi complets que les trimarans.

Le catamaran  est forcément bridé par son couple à un moment, où alors  il faut faire un cata très large mais qui perdra l’avantage dans le petit temps parce qu’il se mettra sur une patte très tard, et il sera handicapé dans les manœuvres. Pour jouer la carte du catamaran, il faut faire un bateau raisonnablement large, qui se mette sur une patte le plus tôt possible, auquel cas l’accélération est un peu moins bonne.

© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Pour les problèmes de puissance, ils sont essentiellement liés à la puissance du moteur une fois que le châssis est figé, il est tout aussi possible de faire un trimaran aussi performant dans le petit temps qu’un catamaran.

Je reste persuadé que la formule la plus polyvalente est le trimaran, Alinghi 5 est un bateau très intéressant, mais malgré tout je reste assez confiant dans les performances du trimaran.

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

De plus cibler un bateau pour une fenêtre météo extrêmement réduite peut être risqué, les conditions  météos sur les plans d’eau ne s’avérent pas forcément conformes aux statistiques, comme on l’a vu aux derniers JO.

La Coupe se jouera sur deux manches gagnantes, il suffit que ces jours là, il y ait un système de vent ou un thermique qui se lève un peu plus fort et qu’au lieu des 6 nœuds prévus il y ait 10 ou 12 nœuds, on aura alors des manches de brise, et je suis assez convaincu que le trimaran ira plus vite.

Cette épreuve devrait remettre les multicoques en valeur, penses tu que ceci puisse jouer en faveur des ces bateaux ?

Cette coupe va mettre les multicoques sous les feux de la rampe. Je serai très étonné que les marins qui vont courir cette épreuve, les observateurs, médias etc. ne soient pas  totalement emballé par le spectacle que vont offrir ces bateaux là en navigation, que ce soit au niveau des performances, de l’engagement. C’est bien que cette coupe se coure sur multicoques, c’est assez paradoxal que le système de multicoque océanique qui s’était  beaucoup développé en France se soit cassé la geule  au moment où les anglo-saxons réputés conservateurs sur leurs monocoques démarrent sur des multicoques pour la coupe. Il y aura forcément des retours après même si ces deux bateaux là vont probablement être « rangés » après la coupe, ce qui est dommage, mais ce sera difficile de se passer de ces bateaux après cet événement.

Merci à Fred Le Peutrec pour sa disponibilité