Idec de retour en Bretagne

Le maxi-trimaran IDEC est arrivé en milieu de semaine à Lorient, avant de rejoindre le chantier Multiplast.

Francis Joyon et son équipage composé de trois marins ont convoyé le trimaran géant sous gréement de fortune des côtes américaines à la Bretagne, le bateau va désormais entrer en chantier afin de remettre en état la plate forme et le mât suite au chavirage survenu fin août lors de la tentative de record en solitaire de l’Atlantique Nord.

J-4 avant les America’s Cup World Series Plymouth, Green Comm chavire

Les équipages en lice pour les America’s Cup World Series de Plymouth ont repris les entrainements depuis quelques jours, aujourd’hui les conditions étaient musclées pour les AC 45, avec 20 noeuds établis.

Les Espagnols de Green Comm Racing en ont fait les frais  avec un chavirage qui n’a occasionné que des dégâts matériels sur le haut de l’aile rigide.

 

© Gilles Martin-Raget

Le skipper Vasilij Zbogar a expliqué que l’équipage était en train de travailler sur le gennaker sur la plage avant lors de l’incident :
« C’est bien venté aujourd’hui. Nous sommes sortis naviguer pour la première fois depuis Cascais et avec ces bateaux dans ces conditions, il faut être à 100% tout le temps. Certaines choses ont mal tourné et nous avons chaviré. « 

 » Bien sûr que cela fait partie du jeu mais il aurait été préférable que cela arrive en fin de la journée plutôt qu’au tout début de notre entrainement. Mais c’est une bonne expérience et nous avons ressalé le bateau plutôt rapidement, essayons maintenant de ne pas commettre la même erreur en course. »

Quelques changements d’équipage au sein des équipages, Bertrand Pacé prendra la barre d’Aleph à la place d’Alain Gautier, Mitch Booth est remplacé à la barre de China Team par Andreas Hagara, l’équipage sera renforcé par Charlie Ogletree au poste de skipper, changement notable également au sein d’Oracle Racing puisque Darren Bundock remplace Russell Coutts à la barre d’Oracle Racing 5.

L’organisation de l’America’s Cup a également annoncé une nouvelle ville étape des derniers America’s Cup World Series, Venise accueillera des régates d’AC45 du  17 au 20 mai 2012 et en avril 2013

Idec à destination

48 heures après son chavirage, Francis Joyon et son trimaran sont arrivés dans le port de Montauk ,le bateau a été remorqué à l’envers, à petite allure, vers ce port près de Long Island.

La plate forme ne semble pas avoir subi de dégâts après une première inspection, le mât est brisé en deux parties mais a pu être récupéré, ainsi que le reste du gréement. Une grue a été réservée dans le port afin d’effectuer l’opération de retournement du trimaran.

Le remorqueur sur la zone du chavirage d’Idec

Le remorqueur affrété par Idec a rejoint le trimaran retourné et son skipper cet après midi (15h30 heure française) ,un plongeur est rapidement monté à bord du maxi-trimaran IDEC afin d’organiser les opérations avec Un plongeur est rapidement monté à bord du maxi-trimaran IDEC afin de converser avec Francis Joyon, s’assurer de sa santé, et  faire le point sur la marche à suivre. Aidé de Francis, l’équipage du remorqueur s’est tout de suite attelé à détacher le gréement, il semblerait d’après un premier examen sous marin que la récupération du mât et de la bôme soit envisageable sans pouvoir préjuger de l’état de ceux-ci.

Equipage et skipper se sont donnés jusqu’à la nuit pour sécuriser la plate forme avant de commencer le remorquage, le temps devant se dégrader sur zone dans les heures à venir. Le retournement du trimaran ne se fera pas sur le  lieu du chavirage mais à l’abri de la côte, à la pointe nord de Long Island

Francis Joyon a chaviré

Francis Joyon, sur son trimaran Idec avait coupé la ligne de départ ce matin à 8h08 heure locale (2h 08min heure française), malheureusement le skipper a chaviré environ cinq heures après son départ.

©Don Emmert / AFP Photo / DPPI

Francis Joyon revient sur son chavirage : « J’étais sur mon siège de veille à l’extérieur du bateau. Je commençais à m’extirper de la zone météorologiquement perturbée au plus près des côtes américaines. J’avais réussi à parcourir environ 90 milles sur la route dans des conditions très irrégulières et très instables, avec un vent mal établi en direction qui oscillait entre 10 et 30 noeuds. J’ai traversé quelques épisodes orageux très intenses, marqués par de violentes rafales mais c’est à un moment où je pensais m’extraire de cette zone que j’ai reçu comme un véritable coup de poing géant qui a catapulté le bateau sur le côté. Je naviguais sous grand voile arisée à trois ris, avec le petit ORC à l’avant. La violence de la rafale a été telle que le détecteur de gîte, sorte d’alarme anti chavirage n’a pas eu le temps de se déclencher ; J’ai senti la poussée et j’ai choqué la grand voile, puis le chariot en grand. Le vent a continué de pousser très violemment et j’ai senti le bateau littéralement catapulté en l’air. En quelques secondes, j’étais « sur le toit ». Je me suis retrouvé sous l’eau, comme plaqué sous les filets. J’ai tenté de m’orienter pour voir comment remonter à l’air libre. C’était la nuit et le chaos. À l’énergie, je me suis retrouvé près d’un flotteur. Je ne sais trop comment j’ai rejoint le bras de liaison avant et j’ai pu me hisser sur la plateforme. J’ai ensuite rejoint l’intérieur du bateau par la trappe de survie.

Il me semble que Idec n’a pas trop souffert. J’ai environ 10 cm d’eau à l’intérieur. J’ai pu sauver mon électronique. J’ai récupéré mon téléphone Irridium pour prévenir de mon chavirage. J’ai un « flash light » très puissant et comme je sentais le bateau dériver vers la route de l’important trafic maritime vers New York, j’ai passé la fin de nuit sur les filets à signaler ma présence aux cargos. Le jour se lève à présent et ce danger est écarté. Je suis en contact heure par heure avec Christophe Houdet à terre. Je sais que de nombreuses personnes se mobilisent pour trouver un remorqueur. Je ne suis qu’à une cinquantaine de milles de Newport (Rhodes Island). Le bateau me semble intact et je sais que le gréement ne cogne pas contre la plate forme. L’état de la mer est relativeme nt calme et la température de l’air très supportable. J’ai de quoi manger. Dès qu’un navire de remorquage arrivera, je serai en mesure de larguer le gréement, et peut-être d’envisager une opération de retournement afin de faciliter le remorquage… »

Un bateau de secours avait rejoint la zone dans la journée afin d’évaluer la situation et de participer à la sécurisation de la zone du chavirage, ce soir un remorqueur américain est parti de Port Jefferson, port sur la face nord de Long Island dans l’Etat de New York pour rejoindre le maxi trimaran IDEC retourné ;  il devrait procéder au remorquage du trimaran vers Newport demain après que le skipper ait larguer le mât, les voiles et le gréement.

 

Les régates en AC 45 s’annoncent spectaculaires

Les premiers tests de « régates » en AC 45 ont débutés à Auckland. Les objectifs de ces deux sessions de navigations (26-29 avril et 2-6 mai) sont d’évaluer les meilleurs parcours pour les catamarans, de tester les systèmes d’arbitrage et de vidéos en vue des America’s Cup World Series qui débuteront à Cascais au Portugal en août avant une étape à Plymouth en septembre et une autre à  San Diego.

© Gilles Martin-Raget

Cinq bateaux y participent, les deux catamarans d’Oracle Racing menés par James Spithill et Russell Coutts, celui d’Emirates Team New Zeland, d’Artemis Racing et l’ACRM 45.

Les alertes se sont multipliées au cours de cette journée avec de beaux plantés pour tous les équipages, qui naviguaient dans 20 à 25 noeuds de vent, quelques chavirages ont été évités de justesse sur ACRM et Emirates Team New Zeland. James Spithill et ses hommes ont gouté à cette expérience alors qu’ils naviguaient au portant, aucun blessé et des dégâts mineurs sur l’aile du catamaran, le skipper ne semble pas marqué par ce chavirage, il estime que toutes les équipes qui naviguent sur ces bateaux connaitront cette mésaventure un jour ou l’autre…

© Gilles Martin-Raget

Etape mouvementée à Qingdao et 1ère victoire pour Luna Rossa

La première journée des Extreme Sailing Series de Qingdao s’était déroulée sans accrocs dans des conditions modérées, Dean Barker et ses hommes démontraient leurs qualités d’adaptation au multicoque en terminant la journée en tête du classement. Le skipper néo-zélandais a débuté son apprentissage du catamaran en octobre dernier sur un Extreme 40 lors de la dernière étape des Extreme Sailing Series avant de poursuivre les navigations sur des Class A et sur l’AC45 depuis quelques mois.

L’autre équipe engagée sur l’America’s Cup, Artemis, terminait seconde devant Red Bull, The Wave Muscat, les français du Gitana Team étaient malmenés en cette première journée en 7ème place derrière Alinghi et Luna Rossa.

Pierre Pennec et son équipage reprenait le dessus jeudi avec une cinquième place provisoire, ETNZ menait toujours la flotte devant Red Bull,  Alinghi et Luna Rossa ; Artemis sombrait à la 7ème place.

La journée de vendredi a été des plus mouvementées avec une collision entre Oman Air et The Wave Muscat lors de la première manche, puis pas moins de quatre chavirages (plus d’un tiers de la flotte), le premier à ouvrir la sérié était The Wave Muscat lors de la seconde manche du jour, Torvar Mirsky, qui débute dans la série après de longues années en match racing, heurtait le mât lors du chavirage, tout comme son tacticien, entrainant la casse de celui-ci, la cinquième et dernière manche du jour était de loin la plus animée avec les chavirages de Red Bull Extreme Saling, GAC Pindar et Oman Air. Ces chavirages sont probablement dûs à des conditions assez instables sur le plan d’eau, tant en force (15 noeuds établis, 25 en rafale), qu’en direction avec des bascules de 100°, comme l’expliquait Pierre Pennec : « Sur le plan d’eau, le vent a été très oscillant tant en force qu’en direction. Nous avons eu de 0 à 25 nœuds, avec une dominante de brise car nous avons eu de la pétole uniquement sur le début de la deuxième manche, et un vent très irrégulier en direction, avec des variations de plus de 100° occasionnées par les nombreux buildings qui encerclent le port. Les risées (rafales de vent brutales) demeurent ce qu’il y a de plus dangereux sur l’eau car malgré les réglages le bateau monte haut. Tout l’équipage était extrêmement concentré sur les écoutes et il m’annonçait sans cesse le vent à venir, ce qu’il se passait pour nos concurrents sur le plan d’eau et cela afin d’anticiper au maximum les éventuels problèmes »


Tous les équipages pouvaient être présents le lendemain dans des conditions nettement plus légères (5 noeuds) avec deux manches de match racing pour débuter la journée, puis quatre courses en flotte, Dean Barker perdait le leadership au profit de Luna Rossa, barré par Paul Campbell James (vainqueur du circuit l’année dernière), Alinghi poitait à la 3ème place devant Groupe Edmond de Rothschild.

La journée de dimanche était de nouveau décisive, les hommes de Pierre Pennec coiffaient l’équipage d’Alinghi et de Red Bull et obtenaient la 3ème place derrière Luna Rossa et Emirates Team New Zealand.

Au classement général, Groupe Edmond de Rothschild pointe toujours en tête devant ETNZ, qui fait de plus en plus figure d’outsider, Luna Rossa grâce à cette victoire  pointe à la 3ème place.

Classement de l’Extreme Sailing Series 2011 après le Grand Prix de Qingdao
1. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) –  20 points
2. Emirates Team New Zealand (NZ) – 18 points
3. Luna Rossa (ITA) – 18 points
4. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 17 points
5. Artemis Racing (SWE)  –  16 points
6. Alinghi  (SUI) –  13 points
7. The Wave, Muscat (OMA) – 10 points
8. Oman Air (OMA) – 7 points
9. Team Extreme (EUR) – 7 points
10. Niceforyou (ITA) – 4 points

Chavirage de Région Aquitaine-Port Médoc

La triste série se poursuit dans la classe Multi 50′, avec le chavirage de Région Aquitaine-Port Médoc, qui avait fini a une belle 2nde place sur la Route du Rhum.

Lalou Roucayrol, le skipper était accompagné de trois équipiers, l’équipage qui effectuait le convoyage retour depuis la Guadeloupe a chaviré à environ 1000 milles des côtes américaines.

Ils avaient initialement trouvé refuge à l’intérieur du trimaran, mais la porte de coque centrale a cédée du fait des vagues, ils ont alors trouvé refuge sur la coque centrale du bateau avant d’être secouru par un cargo, qui les déposera à Gibraltar samedi, aucun des hommes d’équipage ne souffre de blessures graves.

Une balise a été déclenchée sur le trimaran, sa récupération est loin d’être assurée.

Le cavalier seul de Crèpes Wahou

Alors que la transat s’annonçait alléchante pour la classe Multi 50′, elle s’avère finalement assez insipide, après la casse de flotteur de Prince de Bretagne qui a obligé Hervé Cléris a s’aligner sur un bateau vieux de 20 ans, et après le chavirage d’Actual.

Après ces deux coups du sort on pouvait s’attendre au cavalier seul de l’unique 50′ de nouvelle génération restant en course, ce qui est le cas malgré quelques soucis techniques à bord. Crèpes Wahou est donc solide leader avec 600 milles d’avance sur ses poursuivants : Région Aquitaine-Port Médoc et Guyader pour Urgence Climatique, Prince de Bretagne, après deux arrêts techniques pointe à 1000 milles, Fenêtre A-Cardinal a stoppé à Port la Forêt suite à une fissure sur un bras de liaison. Sauf avarie, Franck Yves Escoffier devrait donc remporter cette Transat Jacques Vabre 2009 dans la catégorie Multi 50′.

Le récit du chavirage d’Actual

Le Multi50 ACTUAL skippé par Yves le Blevec et Jean le Cam, qui a pris le départ de la Transat Jacques Vabre dimanche 8 novembre, a chaviré quelques heures plus tard au large de Cherbourg. Les deux hommes sont sains et saufs. Le bateau a été remorqué au port de Cherbourg et son mât est intact grâce au professionnalisme de son équipage, de la SNSM de Goury et d’Halvard Mabire, navigateur émérite. Récit des deux skippers.

Les conditions :

Yves le Blevec : « Le bateau naviguait au portant, très abattus, sous gennaker à une vitesse de 20 noeuds dans 20 à 25 noeuds de vent dans une mer un peu formée.”

Le chavirage :

A 18h45 heure française, le Multi50 Actual se retourne très brusquement par l’avant. Jean le Cam est alors dans le cockpit, Yves le Blevec est à la barre. Yves le Blevec : « Il y a eu un bruit puis un coup sec, un coup de frein phénoménal. Le bateau s’est redressé puis s’est retourné brutalement par l’avant. Je me suis dit « Ce n’est pas possible, on ne va pas y aller !!! » C’était d’une brutalité extrême, ça s’est passé en une à deux secondes. Jean n’a pas pu choquer l’écoute, il s’est fait emmener sur l’avant du bateau comme dans un accident de voiture. A ce moment là il n’y a plus rien à faire car moi j’étais en train de tomber. Je ne savais pas où j’allais tomber. Jean pendant ce temps était en train de plonger à l’intérieur. Et je me suis retrouvé dans l’eau. Je me suis senti rassuré de me retrouver dans l’eau. Et j’ai eu un nouveau un moment de frayeur en voyant le bateau me tomber dessus. Je me suis dit que la situation commençait à être critique. Le contact avec le bateau est revenu rapidement, pas de façon amicale car c’était tout le filet qui me tombait dessus. Par miracle le bateau s’est décalé et en une brassée ou deux j’ai pu attraper le filet et remonter sur le bateau sans me faire emprisonner. Je n’ai pas été très longtemps dans l’eau. A ce moment il y a eu un petit moment de flottement, Jean était à l’intérieur mais il ne savait pas où j’étais. Je suis remonté sur le bateau, j’ai appelé Jean, il m’a répondu. On s’appelait et on était inquiet pour l’autre. Rapidement nous avons ouvert la trappe qui nous a permis de communiquer et là on s’est dit « C’est dingue, qu’est ce qui s’est passé ? ! » On s’est dit tout va bien, on est tous les deux sains et saufs. Il fallait éviter l’accident car nous n’étions pas loin de la zone des cargos et nous étions pile sur la trajectoire des autres concurrents. Très vite Jean a enfilé sa combinaison de survie TPS et il est sorti sur la coque avec les flashlights et une VHF. Nous avons prévenu la course que tout allait bien. Nous n’étions pas en détresse, nous ne voulions pas déclencher tous les secours du monde mais simplement éviter d’être un danger pour les bateaux en navigation. »

Très rapidement, Jean le Cam sort à l’extérieur en combinaison TPS pour baliser le bateau à l’aide de flash lights. Aucune balise de détresse n’est déclenchée. Le Cross Jobourg lance immédiatement un avis à tous les navires sur zone pour éviter la collision.

© Marcel Mochet /AFP

Le témoignage de Jean le Cam :

“On était tranquille puis d’un coup poum paf en 3 secondes je n’ai jamais vu quelque-chose d’aussi brutal ! Hallucinant ! L’état de la mer était habituel au large de Cherbourg dans 25 noeuds de vent. Nous nous sommes retrouvés les fesses en l’air rapidement et après, le cul par terre, trois quatre secondes plus tard, l’étrave cassée. C’est le facteur classique quand cela freine en bas et accélère en haut, comme freiner avec une roue avant de vélo. C’était impressionnant, tu n’as pas le temps de respirer. Pour moi c’était facile car j’étais en train de sortir du poste de veille. Je n’ai pas eu le temps de tendre le bras que nous étions déjà à l’envers. Par-contre l’inquiétude était pour Yves qui pouvait rester sous le filet en mauvaise posture. Yves ne savait pas où j’étais et moi je ne savais pas où il était. Il fallait réagir très vite et s’il était sous le filet il fallait vite dégainer. Ce sont des moments qui ne durent pas très longtemps mais qui sont très intenses. Tu te dis qu’il est arrivé quelque chose à l’autre. Le reste c’est rien. On sait réagir et on sait ce que l’on a à faire. L’équipage de la SNSM a été extraordinaire. Avec une mer formée, ils ont réussi à beacher le semi-rigide sur le filet et le moteur a à peine touché le bras arrière. Deux hommes d’équipage sont montés à bord pour passer la patte d’oie et nous remorquer. Ce n’est pas facile à faire et ils sont très professionnels. Ce sont vraiment des personnes d’expérience. Nous sommes restés à bord jusqu’à ce que le bateau soit en remorque. Puis nous sommes montés à bord de la vedette. Nous avons mouillé le bateau à l’extérieur de la rade car nous avions 23 mètres de tirant d’eau (avec le mât à l’envers ndlr). Nous avons enlevé le mât puis nous l’avons remorqué dans la rade avant de retourner chercher le bateau. Le mât est entier, c’est complètement incroyable.”

 

© Marcel Mochet /AFP

Le remorquage : Le Cross Jobourg, à la demande de l’organisation de course, dépêche la SNSM de Goury afin d’intervenir et de tenter un remorquage. Arrivés avant 22h sur zone, les plongeurs de la SNSM interviennent immédiatement pour dégager la coque et le mât. En parallèle, l’équipe Actual demande à Halvard Mabire, skipper cherbourgeois, de renforcer son équipe technique. Le Multi50 Actual est pris en remorque. A la faveur de la renverse de courant, le convoi fait route dans la nuit vers le port de Cherbourg à la vitesse de 2,5 noeuds. Il fait route très lentement afin de ne pas casser le bateau et ne pas rompre ses amarres. Le bateau est mouillé à 1,5 mille du port à l’aube. Incroyable, l’équipe SNSM et les skippers constatent que le mât est entier et toujours solidaire du bateau. Alors qu’Yves le Blevec est blessé à la main droite, Jean le Cam, sur le trampoline du trimaran, poursuit les opérations de démâtage et de remorquage. Plusieurs heures sont nécessaires pour désolidariser le mât avec l’aide des plongeurs de la SNSM. En début d’après-midi, le Multi50 Actual et son mât sont à l’abri dans le port de Cherbourg. Yves le Blevec légèrement blessé. Jean le Cam prenait en main les opérations de démâtage sous-marines alors qu’Yves le Blevec était rapatrié à terre à 10h30. Le SMUR de Cherbourg ne déplorait qu’une luxation du pouce de la main droite qui nécessitait toutefois un plâtrage.

L’assistance :

Yves le Blevec : « La SNSM de Goury a été géniale, super pro. Halvard Mabire était aussi l’homme de la situation, je lui fais confiance les yeux fermés. Il a remarquablement bien géré la situation avec Jacky Huteau du port, afin de trouver les hommes et les moyens nécessaires pour mettre à l’abri le bateau et le mât. »

Un partenaire mobilisé :  Si cette avarie est forcément une déception pour le partenaire d’Yves le Blevec depuis 2001, le groupe Actual, elle ne constitue aucunement le bien fondé du projet. Au contraire, le groupe Actual poursuit la mobilisation de ses équipes autour de ce projet. Samuel Tual, Directeur général du Groupe ACTUAL, arrivé sur place dans la matinée déclarait : « Après le moment magique du départ, puis l’émotion, vient la raison. Nous sommes soulagés que les deux skippers aillent bien. Nous devons maintenant analyser très vite ce qui s’est passé. Notre objectif est d’être tous ensemble pour la Route du Rhum 2010. Nous avons la chance d’avoir deux skippers formidables et exceptionnels par leurs qualités et leurs compétences.»

Des causes à identifier : Impossible de déterminer la cause de ce chavirage. Yves le Blevec et Jean le Cam, devant la violence du choc, n’excluent aucune hypothèse. Yves le Blevec : “Nous avons peut-être heurté un objet non identifié. Nous n’avons aucune idée de ce qui a pu se passer. Nous allons prendre le recul nécessaire pour mesurer la casse et l’analyser. Nous le ferons bien évidemment en concertation avec l’architecte Guillaume Verdier, et le constructeur, Nicolas Groleau.”