Transat Jacques Vabre : Sodeb’O et Macif au coude à coude au large du Maroc

En Ultime, le duel entre les duos Thomas Coville/Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim et François Gabart/Pascal Bidégorry sur Macif se poursuit au large du Maroc dans un nouveau système météo. Les équipages des deux trimarans ont du composer avec une dorsale anticyclonique, ils sont en train de retoucher un vent plus établi qui devrait les conduire rapidement vers les Canaries.  35 milles séparent les deux équipages avec toujours un avantage sur Sodeb’O, malgré tout Macif a réussi à combler une partie de son retard.
Yves le Blévec et Jean Baptiste Levaillant sur Actual sont à 240 milles du leader, ils n’ont pas pu bénéficier du système météo qui a accompagné les leaders le long du Portugal et sont contraints de contourner la dorsale, ce qui devrait accroitre leur retard.
Lionel Lemonchois, le skipper de Prince de Bretagne espère pouvoir affréter un remorqueur demain afin de pouvoir ramener la plate forme de son Maxi 80 Prince de Bretagne en sécurité.

Yves le Blévec, skipper d’Actual
« Nous avons été rapidement vers le Sud et vers des conditions qui nous conviennent. Une barrière horizontale est en train de se former entre Gibraltar et Madère, une dorsale avec très peu de vent. Les deux autres Ultime essayent d’aller au plus près du Maroc, là où il y a du vent car d’ici quelques heures, ils auront plus de difficulté à passer. Nous n’avons pas été les plus rapides, et nous allons donc contourner cette dorsale par l’Ouest, ce qui va nous obliger à faire du près. Les premiers jours de course étaient difficiles. On découvre le bateau avec Jean-Baptiste : chaque manœuvre prend un peu de temps et d’énergie. »

Les trois Multi-50 sont dans la même situation que l’Ultime Actual et vont devoir contourner la bulle. Ciela Village  pointe toujours en tête devant Arkema et FenêtréA-Prysmian.
Gilles Lamiré et Yvan Bourgnon convoient la French Tech Rennes Saint Malo à petite vitesse vers Brest suite à leur collision avec un OFNI.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Cardinal (Multi50)
« C’est difficile de le dire autrement : notre début de course a été compliqué. Depuis la sortie de la Manche, plus que le vent, ce qui est compliqué, c’est l’état de la mer. Nous avons pas mal de virements de bord à faire et comme nous sommes au près, ça tape énormément. Ce n’est pas facile pour nous, mais ça ne l’est pas non plus pour le bateau qui encaisse les chocs. Nous n’avons pas encore régaté. Nous n’avons pas encore regardé où sont les petits copains mais nous savons que nous n’avons pas super bien navigué. Pour nous, jusqu’ici, l’essentiel a été de réussir à conserver le bateau en bon état et c’est ce que nous allons continuer de faire au moins jusqu’à ce soir, quand les conditions vont commencer à s’améliorer. Nous avons encore un front à passer. De ce fait, le vent d’ouest va tourner au sud-ouest. D’après les fichiers, cette rotation devrait avoir lieu vers 13 heures (heure de Paris) puis, sur les coups de 16 heures, ça devrait commencer à mollir un peu pour se stabiliser entre 10 et 15 nœuds dans la soirée. La mer restera sans doute très inconfortable mais je pense que ce sera plus facile. C’est clair que ça va faire du bien quand ça va s’arrêter de secouer et redevenir un peu plus confortable. Pour l’instant, l’objectif, c’est de passer ce nouveau front sans encombre puis, une fois que ce sera fait, ce sera de remettre un peu d’ordre dans le bateau, de faire deux-trois bricoles et d’établir une stratégie pour la suite. Il sera temps de vraiment passer à l’attaque ».

Transat Jacques Vabre : Sodeb’O 60 milles devant Macif

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim continuent de creuser petit à petit un avantage sur leur concurrent direct Macif mené par le duo François Gabart/Pascal Bidégorry. Ils naviguent actuellement à la latitude de Lisbonne à 40 milles au large, les conditions se sont améliorées depuis le passage du Cap Finisterre, la mer s’organise et le vent se stabilise, ce qui devrait permettre au duo de tête dans la classe Ultime d’allonger la foulée.

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Jean-Luc Nélias, so-skipper de Sodebo Ultim’ :
« Quand il y a un grain, on prie, on appelle au secours le gars qui tombe de la bannette…  Nous avons choqué les deux voiles, le rail d’écoute de grand-voile, c’est passé de 14 à 33 nœuds en deux minutes, et la vitesse du bateau était de 35-36 nœuds. Une fois qu’on a passé le DST (Dispositif de Séparation de Trafic), on a pu lâcher les chevaux. Là, On marche à 25 nœuds de moyenne. Une fois la dépression passée, la nuit a été assez calme, nous avons pu relâcher la tension nerveuse. Depuis, le vent est très irrégulier, la mer est de plus en plus marquée, il doit y avoir des photos de surf à Penice ! La houle est de plus en plus grosse. Il y a des grains, du soleil et les premiers poissons volants. On suit notre bonhomme de chemin vers le sud, tout va bien. Nous ne dormons pas beaucoup. Nous n’avons pas encore mis en place notre système de quart. Il y a quand même de la fatigue physique, car depuis le début il y beaucoup de manœuvres, de réglages à faire. Il faut être deux sur le pont, c’est difficile musculairement. Nous avons les bras endoloris, les épaules qui couinent, le biceps larmoyant.
Concernant le chavirage de Prince de Bretagne : « Sur la position, on voyait bien que le bateau n’avançait pas beaucoup. Je suis allé sur le site web de la Transat Jacques Vabre et j’ai vu qu’il avait chaviré. nous sommes émus, déçus, et contents à la fois  de savoir que les deux bonshommes soient à l’intérieur. Nous n’avons pas de détails, on sait juste qu’ils n’ont pas demandé assistance. On pense bien fort à eux, on est là pour leur envoyer des bonnets et des polaires pour qu’ils se tiennent chaud ! »

François Gabart, skipper de Macif :
« Je suis pas mal occupé, la mer est encore assez forte, le vent est assez instable. Nous avons pas mal de choses qui ne fonctionnent pas. Heureusement qu’on est deux, sinon je ne serais pas là à parler ! On essaye de tout remettre en place, ce sont surtout des problèmes électroniques. Le bateau dans sa structure en général, tient, donc on est ravi. Mais là actuellement, on n’a plus d’électronique.
On a essayé de naviguer prudemment, le bateau est léger, assez volage dès que le vent est instable, il faut se méfier. Je suis ravie de ce baptême du feu.
Le vent a molli, nous avons encore une grosse houle, mais ça se gère bien, on file vers le sud. Nous essayons de de nous dégager de cette zone un peu tumultueuse. Avec Pascal, nous nous entendons bien, de faisons de belles manœuvres ensemble, c’est juste génial. On commence à être un peu fatigué, mais juste ce qu’il faut pour se lancer dans la course. Sodebo a pris un peu d’avance, à la fois beaucoup et pas grand chose à l’échelle d’une transat. On verra bien dans quelques jours
. »

 

Yves Le Blévec et Jean Baptiste Levaillant sur Actual devraient parer le cap dans les heures à venir et pourront profiter de ces conditions plus clémentes. Les deux hommes, en phase de découverte du trimaran continuent une navigation prudente, comme l’expliquait le skipper ce matin.

Yves le Blévec, skipper d’Actual :
« Déjà que nous n’étions pas super à l’attaque, le chavirage de Lionel et Bilou nous a bien refroidis. Rassurés de les savoir tous les deux en sécurité mais un peu choqués de savoir que ça s’est passé juste devant nous. Il faut dire que les conditions ne sont plutôt pas faciles. Nous avons une houle bien marquée de travers qui, par moment, fait bien giter le bateau. Le vent nominal n’est pas très fort, autour de 20 nœuds, mais les grains sont parfois violents avec des rafales à 35 nœuds. Il fait froid. Un point positif, la lune vient éclairer la nuit et nous aide bien à voir les nuages dangereux. Jean-Baptiste et moi, on se fait des petits relais de 1 à 2 heures pour arriver à trouver du repos et rester vigilants. Nous naviguons plutôt sous-toilé par rapport à la vitesse du vent pour rester « safe » dans les grains.  On ne sera pas mécontents de sortir de cette zone instable… »

Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sont à l’abri dans la coque centrale du Maxi80 Prince de de Bretagne suite à leur chavirage hier soir. Les deux skippers n’ont pas demandé d’assistance, mais pourraient patienter plusieurs jours dans le trimaran retourné. Ils devraient de nouveau joindre leur équipe technique à 13h afin d’organiser les secours.

En Multi 50, les écarts restent faibles, Ciela Village pointe en tête grâce à un positionnement plus sud devant FenêtréA-Prysmian, Arkema et La French Tech Rennes Saint Malo qui est le bateau le plus à l’ouest de la flotte des 50′.

Oliver Krauss, skipper de Ciela Village : «  La mer commence à être bien agitée depuis quelques heures. On a passé le front hier en début d’après-midi mais on a toujours du vent à bord. Pour l’instant, il faut faire attention, lever le pied : la priorité est de ne pas casser le matériel. Contents d’être toujours premiers, une journée de plus mais bon la course est très serrée, on verra ça après. »

 

Transat Jacques Vabre : Sodeb’O en tête, passage d’un front musclé dans les heures à venir

La première nuit s’est déroulée sans problème pour la flotte des multicoques, après un parcours côtier entre Le Havre et Étretat  dans un flux très faible. Les équipages ont trouvé de la pression  au milieu de la baie de Seine avec quinze, puis vingt nœuds établis au large de la pointe du Cotentin.

Trois des quatre Ultime ont ensuite choisi de passer à l’intérieur de Ouessant, par le chenal du Fromveur, profitant d’un courant favorable de marée. Sodebo Ultim passait au large.

En début d’après midi les deux leaders, Sodeb’O Ultim et Macif ont viré et pointent leurs étraves vers le Cap Finisterre. Prince de Bretagne pointe à 47 milles du leader, Actual étant à  75 milles, ces deux trimarans devraient eux aussi prendre un cap plein sud dans les heures à venir.

La flotte des Multi 50 est très groupée et va poursuivre sa route à l’ouest pendant quelques heures avant de suivre les Ultimes sur la route « directe » sous la dépression.

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Thomas Coville, skipper de Sodeb’O Ultim : « Belle Manche avec MACIF et Prince de Bretagne : nous avons empanné exactement en même temps, c’était sympa. Ces bateaux sont incroyables ! La nuit a été assez tonique, nous avons dû faire pas mal de manœuvres. Ce matin, la mer est encore très correcte, ce qui nous permet d’aller assez vite avant le passage du mauvais temps. »

Yves le Blévec, skipper d’Actual : « On est en train d’attaquer un front qui va âtre assez marqué. On va atteindre 35-40 nœuds dans deux heures. Nous nous sommes bien reposés cette nuit, nous avons navigué tranquillement et là nous attaquons un front costaud. Nous nous habillons chaudement et nous réduisons la voile en fonction du temps. On va sans doute encore prendre un ris dans la grand-voile. Il faut adapter le bateau et regarder les trajectoires pour essayer de protéger le bateau sans perdre de temps. On attend de la mer plus mauvaise dès la nuit prochaine. Pour le moment, nous avons un à deux mètres de creux, mais on attend beaucoup plus. Nous ne marcherons pas aussi vite du coup. Nous suivons les oscillations du vent. Les autres ultimes sont partis plus à l’ouest, leur route est plus radicale que la nôtre. Il vont plus vite car ils ont un meilleur mais nous nous donnons une limite de vitesse pour ne pas abîmer le matériel. »

 

Transat Jacques Vabre H-2 : comment suivre le départ

Le départ de la transat Jacques Vabre sera donné dans deux heures, si vous n’êtes pas au Havre le suivi en direct sera possible.

  • Via le site internet de la course avec un flux vidéo et la cartographie mise à jour toutes les 15 minutes pour les multis
  • A la télévision, sur France 3 avec une émission spéciale à partir de 13h20 jusqu’à 15h, le départ sera également retransmis sur les chaines d’information en continu
  • Sur les réseaux sociaux des concurrents

La météo sur la ligne de départ sera clémente avec 8 à 12 noeuds, le flux va ensuite se renforcer à 30 noeuds, la Manche sera rapidement avalée dans la nuit pour les Ultimes avant 24 à 36 heures difficiles dans le Golfe de Gascogne (vents supérieurs à 35 noeuds et mer forte avec des creux supérieurs à 7m).

Les dernières réactions des skippers de la classe Ultime

Lionel Lemonchois, skipper du Multi 80 Prince de Bretagne : « Très vite après le départ qui risque d’être un peu mou, nous allons toucher un flux de sud sud-est pour 15-20 nœuds qui va nous permettre de débouler à fond de balle sur une mer bien plate et donc de « démancher » assez vite. Après, à la pointe Bretagne, plusieurs options vont s’ouvrir à nous. Nous aurons le choix entre aller chercher le front au large et ainsi prendre vraiment baston ou rester sur une route plus intermédiaire pour éviter le plus gros du mauvais temps. Avec Bilou, nous sommes d’ores et déjà assez d’accord pour prendre la trajectoire qui nous semblera alors la plus raisonnable pour ne pas casser le bateau. Reste que dans tous les cas, ce sera humide et très inconfortable jusqu’au cap Finisterre, il n’y a aucun doute là-dessus ! »

© Marcel MOCHET

© Marcel MOCHET

Roland Jourdain, co-skipper du Multi 80 Prince de Bretagne : « Au moment du départ, tout à l’heure, il n’y aura pas beaucoup de vent et cela nous libère un peu de stress. Bien sûr, cela ne veut pas dire que nous n’allons pas transpirer un peu, mais ce sera un peu mieux. Cette nuit, ce sera certainement assez sympa parce que nous aurons du vent de travers en bâbord amure et que ça dropera bien. C’est dans le golfe, comme Lionel l’a dit, que les emmerdements commenceront véritablement. Nous aurons alors de la grosse mer et du vent. Ce ne sera pas très rigolo, c’est sûr, mais avec le Maxi80 Prince de Bretagne qui a déjà fait ses preuves et qui est bien éprouvé par Lionel depuis un moment, ça donne un minimum de confiance pour aborder la situation ce qui n’est peut-être pas le cas de tous nos petits camarades de jeu. Certains n’ont, en effet, pas encore rencontré des conditions aussi balèzes avec leur monture actuelle. »

 

François Gabart skipper de Macif : « Je suis content d’y aller, je suis déjà concentré parce qu’il va falloir qu’on fasse passer ce grand bateau dans le petit trou. Après on aura un peu de temps pour regarder encore la course. Avant de venir, j’ai jeté un œil sur la météo, même si nous avons le schéma bien en tête. Sur le départ, nous aurons du petit temps, du courant, beaucoup de bateaux, et ensuite il y aura du vent et beaucoup de mer à partir de demain. Ca va aller vite, donc il va falloir rentrer vite dans le match. Demain soir, on sera au cap Finisterre, on aura 24 à 36 heures rock’n roll. Sur une course comme ça qui va très vite, il faut vite être dans le match, il faut être dans le coup sportivement tout de suite. »

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim : « On part le 25 octobre et on sait qu’on s’expose à des dépressions hivernales. La décision de la direction de course est claire. Ce matin, le briefing météo était concis. Il est du ressort de la liberté de chacun de partir ou pas. Ce ne sont certes pas les conditions optimales pour ceux qui ont beaucoup bossé sans avoir assez de temps pour se préparer. De notre côté, notre bateau a deux ans et nous avons beaucoup navigué : nous avons déjà fait quatre traversées de l’Atlantique. D’après les routages météo, nous ne serons pas dans des endroits scabreux au moment où les conditions seront viriles.

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Après l’été indien qui va nous permettre de partir avec toute la toile sous le soleil, et dans des vents faibles, les conditions vont progressivement se dégrader et nous allons descendre la Manche sur un seul bord dans des vents de sud de plus en plus forts. Petit à petit, nous serons contraints de réduire la voilure jusqu’à porter le minimum. En arrivant dans le golfe de Gascogne, nous trouverons de la mer formée et du vent avec des vagues de 6 mètres en moyenne et jusqu’à 9 mètres pour les plus grosses. Le jeu sera de trouver le bon compromis entre l’énergie des vagues et du vent. En arrivant à la pointe nord ouest de l’Espagne, après 36 heures de course, il faudra être particulièrement vigilant. C’est un endroit mal famé où la mer est très dure. »

Yves Le Blevec, skipper de l’Ultim Actual : « La dépression dont tout le monde parle depuis quelques jours est très évolutive. Selon les modèles météo, les prévisions sont assez différentes et celles d’aujourd’hui sont plutôt meilleures que celles d’hier… Cela peut bien sûr encore changer. Les routages conseillent d’aller assez au large, là où il y aura le plus de vent et de mer. Même si le gain sur le papier est important, ce n’est pas la stratégie que nous suivrons. L’objectif reste de naviguer de la façon la plus sécuritaire qui soit pendant les deux premiers jours de course. »

 

Transat Jacques Vabre J-1 : 4 Ultimes au départ

Le plateau de cette Transat Jacques Vabre en multicoque est réduit pour cette 12ème édition : quatre Utimes et quatre Multi50.

Lors de la précédente édition en 2013, seuls deux MOD70 avaient été engagés (les Ultimes n’étaient pas autorisés à participer).
Cette année aucun MOD ne sera présent sur la ligne, Spindrift 2 est exclu par les instructions de course limitant la longueur à 105′, et est en stand by pour le Trophée Jules Verne, tout comme Idec Sport (ex Banque Populaire VII). Francis Joyon aurait pu aligner son trimaran mais a préféré tenter le tour du monde en équipage.
Qingdao China respecte les conditions de jauge mais le navigateur chinois Guo Chuan a prévu un programme de record.

Les quatre prétendants à la victoire dans la classe ultime sont donc :

  • Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim’

Après une Route du Rhum avortée suite à une collision avec un cargo, Thomas Coville aura à coeur d’inscrire une première ligne au palmarès de son bateau. Mais il aura probablement une pression de résultat du fait de son statut de grand favori de cette course.

Le skipper a mis ce bateau à l’eau en mai 2014, il s’agit de l’ancien Géronimo d’Olivier de Kersauson profondément remanié (il ne reste qu’une partie des flotteurs, la bôme et les bras de liaison du trimaran d’origine, l’avant des flotteurs, la coque centrale ont été redessinés, les flotteurs ont été renforcés afin de recevoir des foils issus d’USA 17, le trimaran de 90′ à aile d’Oracle Racing vainqueur de la 33ème Coupe de l’America).
Le mât a été construit dans les moules de celui de Groupama 3 version solitaire (également ex Banque Populaire VII et désormais Idec Sport) , les deux bateaux ayant des dimensions et un plan de voilure proche.
Thomas Coville ‘est adjugé les services de Jean Luc Nélias, un habitué des multicoques et spécialiste du routage météo. Le duo fait donc parti des grands favoris. La météo musclée du début de course devrait également favoriser le trimaran puissant et taillé pour le tour du monde.
Qui plus est ce couple est celui qui a probablement le plus navigué  au cours des derniers mois avec notamment un aller retour au Brésil en guise de préparation.

  • Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sur Prince de Bretagne

Le skipper normand est également un grand spécialiste du multicoque. Il pourra compter sur Roland Jourdain dont le CV est aussi conséquent que celui de Lionel Lemonchois. Les deux hommes se sont régulièrement entrainé sur le Multi 80′ Prince de Bretagne.

Le trimaran a comme base un ancien 60′ ORMA (Sodebo) la largeur a été conservée alors que la longueur a été portée à 80′. Ce cocktail donnant un trimaran évolutif et à l’aise dans les phases de transition.
Dans des conditions médiums et variables le duo pourrait prendre l’avantage sur les grosses unités.
Le début de course musclée pourrait donc  être défavorable, qui plus est l’équipage est plus exposé que les autres du fait d’un franc bord plus faible que ses concurrents.

  • Yves le Blévec et Jean Baptiste Levaillant sur Actual

Yves Le Blévec a choisi d’embarquer le très recherché Jean Baptiste Levaillant pour sa première course sur son nouveau bateau. Le duo n’aura eu que peu de temps pour découvrir ce nouveau support et devrait naviguer de façon assez prudente.

Le trimaran est l’ancien Sodeb’O, sa fiabilité après trois tours du monde est éprouvée. Le bateau reste relativement rustique avec une largeur relativement faible en faisant un bateau moins puissant que les derniers nés.

  • François Gabart et Pascal Bidégorry sur Macif

Le trimaran de François Gabart est le premier bateau dessiné pour participer au circuit du Collectif Ultim, il est donc été créé pour des navigations en solitaire et bénéficie de l’expérience de VPLP. Son potentiel de vitesse devrait donc être supérieur à Sodeb’O mais le duo manquera de mise au point pour totalement exploiter celui-ci.

François Gabart a choisi d’embarquer Pascal Bidégorry, qui a navigué sur tous les multicoques récents (ORMA, MOD, maxis), il bénéficiera aussi de son expérience dans la phase d’optimisation et de fiabilisation après la course.
Le trimaran ne sera doté que d’un foil sur cette course (le second n’ayant pas pu être construit dans les délais), ceci pourrait le désavantager quelque peu, mais les deux hommes espèrent pouvoir compenser ce déficit par un gain en vitesse. Même si le duo ne s’engage pas pour faire de la figuration, l’objectif numéro 1 reste d’engranger de l’expérience et de fiabiliser le trimaran.

Idec se retire du Collectif Ultim

Francis Joyon et son partenaire Idec  ont enchainé quelques sorties en mer depuis la mise à l’eau de leur trimaran. Le baptême du bateau et l’annonce de l’équipage réduit qui accompagnera le skipper sur la tentative de Trophée Jules Verne auront lieu demain à 11h30 à la Trinité sur Mer.

Crédit Photo : Jimmy Bonnal, avec son aimable autorisation http://www.jbonnal.fr https://www.facebook.com/jbonnalphoto

Crédit Photo : Jimmy Bonnal, avec son aimable autorisation http://www.jbonnal.fr https://www.facebook.com/jbonnalphoto

L’équipage poursuivra ensuite sa préparation avant le début du stand by fin octobre.

Par ailleurs, le Collectif Ultim, qui a annoncé le port de départ de son Tour du Monde en course prévu en 2019, annonce également que l’armateur du trimaran Idec Sport se retire du Collectif Ultim.

Brest choisi comme port de départ du tour du monde du Collectif Ultim en 2019

Après un travail de 18 mois, le Collectif Ultim a choisi la ville de Brest comme port de départ de son futur tour du monde en solitaire sur maxi trimaran qui aura lieu en 2019.
Nice et Lorient étaient également en lice pour cette course.

La décision a été prise à la majorité des cinq votants, à savoir les armateurs (Actual, Banque Populaire, Idec, Macif et Sodebo).

Patricia Brochard, Présidente du Collectif Ultim : « En constituant le Collectif Ultim, l’un de nos objectifs majeurs était de réunir les meilleures chances de succès, pour aboutir à la création du premier Tour du Monde en solitaire sur nos Ultims. Aujourd’hui est une étape très importante car à 5, avec les groupes Actual et Idec qui nous avaient rejoints, nous avons procédé au choix de la ville de Brest avec laquelle nous allons désormais travailler étroitement. A l’issue de ce vote, le Collectif annonce le retrait d’Idec. Je le regrette mais je respecte sa décision. Nous allons désormais continuer à travailler à 4 armateurs, et davantage progressivement j’en suis convaincue, pour faire de ce Tour du Monde, dont la première édition se déroulera en 2019, l’une des épreuves phares de la course au large. Nous serons ensemble, côte à côte, avec les autorités publiques brestoises lors du prochain Nautic pour présenter plus en détail cet événement. Je tiens à remercier Actual, Banque Populaire, Idec et Macif pour la qualité de nos débats et, en leur nom, je tiens à féliciter l’ensemble des collectivités qui ont échangé avec nous depuis 18 mois tant leur implication et la qualité de leurs dossiers étaient remarquables. Il nous a fallu procéder à un choix, forcément très difficile, mais je suis convaincue que nos échanges fructueux serviront, à l’avenir ».

François Cuillandre, Maire de Brest et Président de Brest Métropole : « C’est une très bonne nouvelle particulièrement du fait que ce soit un « collectif » d’entrepreneurs et de navigateurs qui a fait ce choix. Brest Métropole aime accueillir ces bateaux et ces marins d’exception qui ont choisi notre ville comme plate-forme de départ et d’arrivée de leurs épreuves maritimes. Connue comme le Port des Records des multicoques, Brest collaborera de manière étroite avec le Collectif Ultim dans le but de faire de cet évènement LA grande aventure tant attendue. Choisir Brest, le Finistère et la Bretagne est aussi la valorisation de toute une filière nautique d’excellence basée sur notre territoire. La course au large est devenue au fil des années une activité économique mais aussi un élément d’attractivité touristique. En effet, les grands ports bretons de course au large, comme Port La Forêt, permettent de voir les bateaux les plus performants du moment. Tous les investissements matériels et immatériels qui ont été réalisés sur notre territoire ces dernières années lui confèrent un rayonnement et une légitimité reconnus nationalement et internationalement ».

Jean-Pierre Champion, Président de la Fédération Française de Voile : « Le choix de la ville de Brest, comme ville de départ du Tour du Monde des Ultim 2019, est tout à fait légitime, compte tenu de l’attachement historique de la ville aux grands multicoques océaniques. Une nouvelle fois, plusieurs candidatures de grandes qualités étaient présentées, montrant le dynamisme de notre littoral et l’attachement des grandes villes côtières à notre sport. Je les remercie toutes pour leur implication. Brest présente de nombreux atouts. Ses capacités d’accueil des équipes, ses moyens d’animation de la rade, l’engouement du public et les moyens mis en place pour leur permettre de découvrir ces bateaux extraordinaires feront de cet événement un moment unique ».

Le point sur la classe Ultime

  • Le trimaran Ultim Actual a été mis à l’eau hier après un court chantier chez Multiplast. Il reste désormais un mois pour  qu’Yves le Blévec et son coskipper Jean Baptiste Le Vaillant prennent en main le bateau avant le départ de la Transat Jacques Vabre. Il n’y a pas eu de modification sur l’ex Sobed’O lors du chantier. Le team rejoint le collectif Ultim, qui organisera le circuit des multis solos dans les années à venir
  • Deux autres engagés sur la Transat Jacques Vabre enchainent les navigations d’entrainement, Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim et Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sur le Maxi 80 Prince de Bretagne.
  • Le dernier né et également engagé sur la Transat Jacques Vabre, le trimaran Macif ; est actuellement amarré à Port la Forêt pour un court chantier suite à une avarie sur la coque centrale après la rupture d’une pièce d’accastillage. Les entrainements devraient reprendre la semaine prochaine pour François Gabart et Pascal Bidégorry.
  • L’équipage de Spindrift racing a également enchainé les sorties d’entrainement sur Spindrift 2 dont le stand by pour le Trophée Jules Verne débutera le 15 octobre. Le team terminera d’ici là la saison de D35 ce week end et le Bullitt GC32 racing la semaine prochaine.
  • Idec Sport devrait être mis à l’eau dans la quinzaine à venir. Le trimaran sera en stand by pour le Jules Verne début novembre. Francis Joyon rejoint également le collectif Ultim.

 

Team Actual achète l’ex Sodeb’O

Yves le Blevec, skipper d’Actual va changer de bateau, après avoir été l’un de leaders de la classe Multi 50′ durant plusieurs années, il s’attaque au circuit des maxis multiccoques.

Actual a en effet fait l’acquisition de l’ex Sodeb’O, le trimaran de 31m sur plans Irens/Cabaret va intégrer le circuit Ultim, la première course sera la Transat Jacques Vabre.

Samuel Tual, Président du Directoire du Groupe Actual : « Pour accompagner notre projet d’entreprise 2015-2021 nous avons décidé de poursuivre notre engagement dans la voile auprès d’Yves le Blevec, au travers d’un programme encore plus audacieux. L’engagement de notre ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire ndlr) dans la classe Ultim va nous permettre de participer à des épreuves exigeantes, bord à bord avec de grands groupes… Je suis particulièrement heureux et enthousiaste de relever ce challenge avec tous nos collaborateurs, car je sais qu’ils ont toutes les compétences et la motivation nécessaires pour se mesurer à eux !

Nous avons l’ambition de participer aux plus grands challenges de la classe Ultim et de faire partie des équipes les plus performantes de cette flotte. Et nous le ferons en adéquation avec nos principes managériaux basés sur la confiance, l’authenticité, l’engagement, l’exigence. Des valeurs partagées par notre skipper. »

Yves le Blevec, skipper Actual : « C’est un défi qui correspond bien à nos profils, celui du Groupe Actual et le mien. Nos projets sont allés crescendo, depuis mes premiers bords en Mini, en 2001. Là, nous agrandissons sensiblement le terrain de jeu, d’un point de vue sportif et d’un point de vue médiatique. Le bateau est fiabilisé. L’objectif est donc de naviguer le plus possible pour participer à un maximum d’événements, mais avec mesure, comme je l’ai toujours fait depuis le début de notre partenariat avec Actual.

Le team va s’agrandir, nous changeons de dimension, mais je tiens à garder une équipe à taille humaine. Nous abordons ce programme avec raison, prudence et humilité, en exploitant au mieux les moyens dont nous disposons. Et avec toujours la même énergie et la même volonté de faire le mieux possible, bien sûr. »

Patricia Brochard, co-présidente de Sodebo : « Chez Sodebo, nous sommes bien sûr ravis de cette transmission. Nous sommes particulièrement heureux pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ce trimaran que Thomas Coville, notre skipper, a su faire évoluer au fil des années et des courses, reste en France. Nous nous réjouissons aussi qu’un skipper de la trempe d’Yves Le Blevec prenne la barre de ce projet et du bateau. Il saura parfaitement le mener et l’apprécier. Par ailleurs, la poursuite de l’engagement d’Actual qui partage nos valeurs de liberté, d’engagement et de plaisir est une seconde bonne nouvelle qui démontre, une fois de plus, l’intérêt du sponsoring voile pour les entreprises qui souhaitent renforcer et médiatiser leurs projets auprès des cibles interne et grand public. Pour conclure, nous sommes ravis d’accueillir à nos côtés Actual qui rejoint le Collectif Ultim dont nous allons annoncer très prochainement le programme pour les années à venir. »

Thomas Coville, skipper Sodebo : « En prenant la décision d’accepter l’offre d’Actual alors que le bateau aurait pu partir à l’étranger, Patricia Brochard respecte ses engagements aux côtés de la voile de demain. Ce choix, que j’estime très cohérent autant sur le plan sportif qu’humain, sert le Collectif Ultim. La passation avec Yves que je connais sera facile, intelligente et intéressante ».

Banque Populaire annonce un nouveau maxi trimaran solo pour Armel le Cléac’h

La Banque Populaire a annoncé ce matin la poursuite de son engagement dans le sponsoring voile jusqu’en 2020.

L’annonce majeure reste la construction d’un nouveau maxi trimaran solo, Banque Populaire IX, dont le skipper sera Armel le Cléac’h.

Ce bateau intégrera le collectif Ultim et son programme de courses (non dévoilé jusqu’ici), l’objectif est une mise à l’eau en 2017, la participation à la Route du Rhum en 2018 semble actée.

Les architectes de ce nouveau trimaran est les chantiers n’ont pas été dévoilés, les dernières rumeurs faisaient état de la possible reprise des moules de Macif pour la construction de ce nouveau multi.

Par ailleurs, le Maxi Solo Banque Populaire VII a été vendu, l’acquéreur n’a pas été dévoilé par le vendeur, mais des discussions semblaient engagées avec Idec. Le sponsor souhaitait semble-t-il offrir à son skipper Francis Joyon un nouveau bateau performant en remplacement du plan Irens/Cabaret de 2007.

Armel le Cléac’h, skipper de Banque Populaire  :

« C’est à nouveau un défi magnifique que l’on s’apprête à relever avec le Team et c’est une fierté de constater que Banque Populaire me renouvelle sa confiance. J’ai eu la chance de naviguer sur un bateau comme le Maxi Solo Banque Populaire VII et j’ai vu que j’étais capable de le mener en solitaire et même de battre des records. Je suis donc plus motivé que jamais pour naviguer sur un nouveau multicoque qui sera, cette fois-ci, conçu et adapté spécialement pour de la navigation en solitaire : aller encore plus vite, encore plus haut, tel est notre objectif. Le programme de courses sur lequel travaille le Collectif Ultim donne vraiment envie, et notamment un tour du monde en solitaire…cela serait passionnant !
Et puis j’ai toujours ce goût d’inachevé avec cette Route du Rhum 2014 que je n’ai pas pu faire, donc je prends cela pour une seconde chance, une sorte de revanche !
Pour le moment nous sommes déjà sur un projet passionnant avec la construction du Monocoque IMOCA Banque Populaire VIII en vue du Vendée Globe 2016 ; avec le Team Banque Populaire nous sommes « à fond ». Je dois dire que c’est rassurant et très motivant d’avoir un « après », de savoir que l’histoire va se prolonger. »

Ronan Lucas, Directeur du Team Banque Populaire :

« C’est une excellente nouvelle pour nous tous. Nous sommes contents de la confiance que nous accorde Banque Populaire. Ce nouveau projet permet à tout le monde de pouvoir se projeter dans l’avenir et c’est vraiment appréciable, c’est une chance. Au sein du Team nous aimons beaucoup le « multi ». La construction de ce nouveau bateau, de A à Z, va être passionnante et va permettre une fois de plus à l’équipe de mettre en application tout son savoir-faire, c’est un nouveau challenge que nous relevons avec passion. Et cela va permettre à Armel de s’aligner au départ de la prochaine Route du Rhum, il a une revanche à prendre sur le destin. 
Nous allons créer un bateau vraiment optimisé pour le solitaire, nous pouvons l’alléger, gagner jusqu’à 2 tonnes… Les multicoques sont des bateaux qui ne cessent d’évoluer, ils représentent l’avenir. C’est donc la suite logique pour Banque Populaire afin de rester parmi les leaders de ce sport, mélange de technologies et d’aventure… »

Mise à jour : La vente du Maxi trimaran Banque populaire VII à Idec serait confirmée par le quotidien L’Equipe ce jour.