Point sur le chavirage d’Oracle Team USA

Le catamaran AC72 d’ORACLE TEAM USA  a chaviré dans la baie de San Francisco cette nuit (heure française), au cours de la huitième journée d’entraînement de l‘équipe (le règlement autorise 30 jours de navigation sur le premier AC72 construit jusqu’au 31/01/2013 puis 45 jours avec les deux bateaux au cours des trois mois suivants) .

Les conditions étaient musclées, avec des rafales de plus de 25 noeuds et un fort clapot  associé à un gros coefficient de l’année.

Photo copyright Guilain Grenier / Oracle Team USA

Le tacticien du bord revient sur l’incident, Tom Slingsby (AUS) : « Lorsque l’avant a enfourné, l’aile a suivi et quelques équipiers sont tombés à l’eau . L’aile pouvait se briser à tout moment, c’est pourquoi nous avons tous sauté par-dessus bord ».

Le chavirage s’est déroulé pendant une manoeuvre de bare away, lors de l’abattée, les étraves ont plantées et le bateau a sanci, ce « soleil » a peut être été favorisé par la houle. L’aile a maintenu le bateau dans cette position pendant quelques minutes avant que celui-ci ne bascule sur la tranche.

L’équipe technique du team a tenté de remettre le bateau à l’endroit sans succès, la houle a ensuite commencé à désagréger les éléments mobile de l’aile rigide, le mât s’est ensuite brisé, le catamaran a ensuite pu être pris en remorque jusqu’à la base technique du team américain.

Les photos de la séquence sont visibles sur le site H2OShots.

Avec le catamaran géant couché sur la tranche, les fortes conditions ont rapidement endommagé l’aile. Avec le courant, le bateau a ensuite dérivé vers l’océan et, à la tombée de la nuit, l‘équipe tentait toujours de ramener la plate-forme du catamaran vers la base. L’aile est entièrement détruite.

Le gréement est donc complétement perdu, ce chavirage va très nettement ralentir la préparation du team américain, comme l’explique le skipper, qui reste néanmoins optimiste Jimmy Spithill (AUS): « C’est un sacré coup dur. Il s’agit d’une véritable mise à l’épreuve pour toute l’équipe . Mais j’ai déjà vu ces types relever le même défi lors de notre précédente campagne avant de remporter l’America’s Cup. Seule une équipe solide s’en remettra. Cet incident ne nous empêchera pas de gagner à nouveau l’America’s Cup ».

Photo copyright Guilain Grenier / Oracle Team USA

Le deuxième AC72 de l’équipe américaine devait être mis à l’eau début 2013, les dégâts de la plate forme d’USA17 ne pourront être évalués qu’après des examens approfondis.

L’AC72 d’Oracle Team USA chavire à San Francisco

L’équipage d’USA 17 est sain et sauf, mais le catamaran à aile rigide du defender semble très endommagé après ce chavirage en baie de San Francisco.

Sur les vidéos qui circulent ce matin, on découvre les circonstances du chavirage. L’AC72 semblait lancé à pleine vitesse, l’équipage s’apprêtait à effectuer un bear-away quand les étraves ont planté dans une mer qui semble formée, le multicoque a ensuite sanci en quelques secondes.

Le bateau semble être resté en équilibre, posé sur l’aile pendant plusieurs minutes, sans que l’équipe puisse le remettre à l’endroit avec ses bateaux d’assistance, l’aile s’est ensuite progressivement désagrégée, les parties mobiles en premier puis le mât qui a probablement endommagé la plate forme.

Le bateau a pu être remorqué à terre, reste désormais à évaluer les dégâts et à débuter un long chantier de remise en état du catamaran, ce qui devrait nettement handicapé le defender dans sa préparation pour la 34ème Coupe de l’America.

 

Premier vol pour Oracle Team USA

Le team américain a dévoilé les photos des premiers « vols » de son AC72 en baie de San Francisco il y a quelques jours, coupant court aux rumeurs sur les capacités de leur catamaran à déjauger comme celui d’Emirates Team New Zealand.

Les américains auront donc fait aussi bien que les néo-zéd en accomplissant cette performance lors de leur 4ème journée de tests, en dehors de ces photos toujours impressionnantes, reste à savoir si les équipages pourront assurer un vol stable et surtout à quelles allures pourront-ils utiliser les capacités de ces bateaux.

© ORACLE TEAM USA / Photo: Guilain Grenier

Les images dévoilés par le team américain montrent un énorme travail de la plate forme  avec des coques très « mobiles » comme le montre cette vidéo (voir à 3’30).

Yann Guichard : « Bien sûr je suis satisfait des résultats »

Yann Guichard, skipper du MOD70 SPINDRIFT racing, et barreur de l’AC45 de l’Energy Team a de nouveau répondu aux questions de Voile-Multicoques lors de l’étape marseillaise de l’European Tour 2012.

L’interview a été réalisée le vendredi 29 septembre à l’issue de la première journée des City Races de Marseille.

Voile-Multicoques : Peux-tu nous donner des nouvelles de ton état de santé après ta blessure (le skipper avait chuté lors d’un enfournement) sur la fin de la 4ème étape de cet European Tour ?

Yann Guichard : Je vais mieux, heureusement je n’ai rien de cassé (il souffre de déchirures des muscles intercostaux), c’était mon inquiétude initiale. Je prends un traitement anti inflammatoire et des antalgiques, mais il persiste malgré tout des douleurs, j’essaye donc de me ménager un peu, dans la mesure du possible.

 

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Tu as choisi de modifier ton équipage pour la dernière étape, quelles sont les raisons de ce changement ?

J’essaye de faire tourner l’effectif depuis le début de cet European Tour, avec un nouvel homme à chaque étape en offshore et en inshore ; l’objectif de ce roulement est de sélectionner l’équipage pour le tour du monde de l’année prochaine. Cette rotation est une bonne chose, même si certains concurrents comme Foncia ont choisi d’avoir un équipage fixe.

Les nouveaux apportent du sang neuf et un œil « extérieur », qui permet de remettre en cause les certitudes que nous pouvons avoir après un mois de course.

Vous pointez en seconde position de cette épreuve à l’issue de l’avant dernière étape, l’objectif est de finir devant Foncia, quelle va être la stratégie adoptée par rapport au seul adversaire direct restant pour la victoire ?

Nous avons huit points de retard sur Foncia, l’idéal serait de revenir à quatre points à l’issue des City Races, étant donné qu’une place de différence en offshore représente quatre points, mais ceci s’annonce difficile.

Les trois points du parcours côtier seront également très importants, peut être plus que ceux des inshores.

Le marquage de Foncia sur la dernière étape (entre Marseille et Gênes) n’est pas faisable, mais je pense chacun des équipages va regarder ce que fait l’autre, il est peu probable que nous prenions une option radicalement différente.

Nous sommes désormais certains de finir deuxième au pire, la bagarre pour la place de vainqueur s’annonce belle, tout comme celle pour la troisième place de cet European Tour.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Une seconde place ou une victoire sur cet European Tour, une victoire sur la Krys Ocean Race, les objectifs de l’équipe Spindrift racing sont donc atteints pour cette première saison en MOD70 ?

L’objectif reste de gagner le Tour de l’Europe, même si nous avons gagner la Krys Ocean Race, nous espérons poursuivre sur la lancée.

Nous ne ferons le bilan qu’à l’issue de cette course, mais bien sûr je suis satisfait des résultats. Nous avons malgré tout fait des erreurs sur les étapes trois et quatre, qui nous ont fait perdre des points sur Foncia.

Globalement nous progressons en apprenant à mieux connaître le trimaran, surtout dans le petit temps, où nous devons faire des progrès par rapport à d’autres équipages.

Nous avons peut être un petit avantage sur les City Races grâce à mon expérience sur d’autres circuits de régates en flotte, comme sur les America’s Cup World Series en AC45 (Yann partage la barre du catamaran à aile rigide d’Energy Team avec Loïck Peyron), ce qui permet d’être un peu plus à l’aise sur le placement du bateau lors des phases de départ.

Un mot sur les performances du jour (l’interview a été réalisé à l’issue de la 1ère journée des City Races de Marseille) ?

Nos performances sont très proches de celles de Foncia, nous sommes devant à l’issue de cette première journée, ce qui est pris n’est plus à prendre, mais rien n’est joué,. Il faudra continuer à prendre de bons départs, comme nous l’avons fait sur la 1ère et la 3ème manches afin d’assurer de bonnes places.

Ce circuit tient ses promesses au niveau sportif, mais peine à attirer des sponsors et des équipages internationaux. Que manque-t-il à la classe MOD70 pour arriver à ces objectifs ?

Effectivement nous avons montré que les bateaux sont bons, que nous pouvons faire de belles régates que ce soit en offshore ou en inshore.

Le plus important pour développer la classe serait l’arrivée d’un partenaire titre, idéalement une entreprise internationale.

Ceci permettrait aux nouvelles équipes de trouver des sponsors et d’attirer les skippers étrangers, beaucoup sont intéressés par les MOD70, mais la conjecture économique est difficile en Europe.

De notre côté, nous avons de bons résultats, un certain nombre de contacts, mais tout ceci reste en attente d’un partenaire titre pour le championnat, qui permettrait de pérenniser la classe avec un programme définitif pour plusieurs saisons.

Le trimaran monotype semble satisfaire les skippers au niveau des performances, qu’en est-il au niveau du comportement ? Tu avais émis le souhait d’un ballast arrière à l’arrivée de la Krys Ocean Race, peux-tu nous en dire plus ?

Ces trimarans sont bien nés, avec une monotypie parfaitement respectée, comme le prouvent les arrivées très serrées sur toutes les courses.

De mon côté je serai effectivement favorable à l’ajout d’un ballast à l’arrière, ce qui amènerait de meilleurs performances au portant dans le gros temps, mais surtout plus de sécurité dans ces conditions, en limitant l’enfournement. Cet aspect est important pour le tour du monde prévu l’année prochaine. Cette modification n’impliquerait pas de gros travaux, ni un chantier long, il suffit d’ajouter une cloison et un snorkel, j’espère donc que cette amélioration sera retenue.

Le Z-Drive (système de transmission permettant à l’hélice de pivoter) serait à revoir, car il entre en vibration à hautes vitesses (au dessus de 33-34 nœuds), le changement de ce système rendrait le trimaran plus agréable à la barre.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Comment sont prises les décisions concernant les modifications de la jauge au sein de la classe MOD70 ?

Les décisions sont prises par le collège d’armateurs en accord avec l’organisateur MOD, ces réunions se font en bonne entente entre les deux parties, chacun amène ses propositions et celles-ci sont discutées.

La prochaine réunion aura lieu en octobre et permettra de décider ce qui sera modifié sur les bateaux pour la saison prochaine.

MOD a bien fait les choses avec une vraie structure organisatrice et une hiérarchie, ce qui se révélera encore plus important quand nous serons huit ou neuf au sein de la classe.

Tu poursuis les navigations au sein de l’Energy Team sur le circuit ACWS. Un nouveau système de classement a de nouveau fait son apparition pour cette saison avec le Super Sunday, que penses-tu de ce nouveau format ?

Le système était pire la saison dernière avec des coefficients quatre à cinq pour certaines régates, désormais il y a un vrai plus pour ceux qui finissent sur le podium lors de ces courses. Finalement ceci permet à certains teams qui ont de moins bons résultats de se rattraper, même si le plus souvent ce sont les mêmes en tête de la flotte.

Le fait que ces régates soient diffusées en live à la télévision joue également un rôle, il est plus facile pour le public de comprendre que celui qui gagne sur ces manches remporte l’événement.

Ceci apporte également une grosse intensité, sur un format court, d’une vingtaine de minutes, avec une bagarre au contact, c’est donc un grand plaisir de naviguer sur ces bateaux, quel que soit le format.

Energy Team devait construire le sistership d’USA-17 (le 1er AC72 d’Oracle Team USA) si le budget était décroché pour la 34ème America’s Cup, ce qui n’a hélas pas été le cas. Pourrais-tu nous donner ton avis sur ces catamarans AC72 ?

Nous ne pouvons que regretter de ne pas avoir obtenu le financement pour construire ce bateau au vu des images de navigation des AC72, ces bateaux sont magiques, j’aimerai bien sûr naviguer sur des bateaux qui « volent » après seulement quatre jours de navigation comme l’a fait Emirates Team New Zealand.

© ORACLE TEAM USA / Photo: Guilain Grenier

La progression sur ces bateaux est énorme parce que les équipes ont des moyens, et aussi les meilleures personnes à tous les postes, ces catamarans apporteront forcément aux multicoques de compétition dans le futur.

Le fait de ne pas avoir décrocher le budget pour Energy Team est d’autant plus dommage que le deal entre Oracle Team USA et notre équipe était excellent et permettait de disposer d’un bateau compétitif par rapport aux autres challengers, même avec des moyens plus limités.

Même si il n’y a que trois challengers la qualité sera là, lors des éditions précédentes, le plateau comptait dix ou douze challengers, mais seulement trois ou quatre étaient réellement compétitifs.

La Louis Vuitton Cup et l’America’s Cup devraient offrir de superbes régates, la baie de San Francisco est magnifique à naviguer avec des conditions soutenues, il faudra avant tout finir les courses sur ces machines incroyables, mais nous pouvons faire confiances aux marins qui se sont parfaitement adaptés aux multicoques.

Voile-Multicoques remercie Yann Guichard pour sa disponibilité, Astrid van den Hove, et Caroline Muller.

Première sortie pour l’AC72 d’Oracle Racing, premier vol pour celui d’ETNZ

Le defender de la Coupe de l’America, l’équipe américaine d’Oracle Racing a dévoilé son catamaran AC 72 la semaine dernière. Rappelons que celui d’Emirates Team New Zealand navigue depuis un mois dans le golfe d’Hauracki, alors que celui d’Artemis est à San Fancisco en attente de son aile (qui avait été endommagée à Valence alors qu’elle était testée sur la plate forme d’un trimaran ORMA allongé à 72′).

Si les deux multicoques néo-zélandais et suédois semblent assez proches dans les grandes lignes, celui des américains apparaît comme le plus radical. En effet le catamaran américain semble avoir bénéficié d’une  grosse recherche sur l’aérodynamique de la plate forme, avec des bras de liaison carénés, une « mini » coque centrale qui reprend les efforts (reprenant le principe de ce qui se fait sur les Decision 35), ce qui permet de se passer de martingale sous le catamaran. A noter également le système de barre surprenant pour un bateau de cette taille, puisque le skipper dispose d’une barre franche, avec un système de tringlerie qui court sur le bras arrière et permet au skipper de passer d’un bord sur l’autre sans lacher sa barre.

© ORACLE TEAM USA / Photo: Guilain Grenier

Côté appendices, les américains ont repris ce qui avait été testé sur les AC45 avec des dérives droites qui se terminent par un winglet,  donnant une forme de « L » à l’ensemble, pour les safrans, ils ont comme les néozéd choisi des profils en « T » afin d’apporter de la portance à l’ensemble combiné à l’effet des dérives qui agissent également pour faire décoller le bateau.

L’équipage mené par James Spithill a donc effectué une première sortie sur USA17 en baie de San Francisco, celle-ci a permis une première prise en main du bateau qui semble assez facilement décoller la coque au vent, cependant cette sortie a été écourtée par la casse d’une dérive, d’après les photos de SurfCityRacing, il semblerait que ce soit la dérive sous le vent qui ait subi des dommages, le bateau est donc retourné en chantier et ne devrait en sortir qu’après plusieurs semaines.

Côté néo-zélandais, l’équipage d’Emirates poursuit ses navigations en baie d’Hauracki, après quelques photos diffusées sur le réseaux sociaux où l’on pouvait voir le bateau en « vol », l’équipe a choisi de dévoiler officiellement les possibilités de son bateau lors d’un media day, où l’on peut voir le bateau déjaugé et naviguer uniquement sur le foil sous le vent et ses deux safrans équipés de plans porteurs, les équipages des AC72 ne disposent pas de système permettant de contrôler l’assiette du bateau, on peut donc penser que le positionnement de l’équipage sera primordial. Bien entendu les AC72 des autres équipes devraient être capable des mêmes performances, cette 34ème édition de la Coupe de l’America devrait donc être spectaculaire.

Copyright Chris Cameron / Emirates Team New Zealand

Quelques vidéos à voir : sur TVNZ, 3news.

Emirates Team New Zealand dévoile les appendices de son catamaran AC72

L’équipage d’Emirates Team New Zealand, challenger pour la 34ème Coupe de l’America, a effectué sa troisième sortie dans la baie d’Hauraki aujourd’hui, l’occasion de découvrir les foils du catamaran AC72.

© Chris Cameron 2012

Ces appendices ont donc un profil en S, comme ceux testés par l’équipe d’Alinghi 5, ce qui permet d’obtenir une « géométrie variable » en fonction des conditions météorologiques par vent faible celle-ci est entièrement imergée et offre un plan antidérive maximal, comme une dérive droite, lorsque le vent augmente l’appendice est partiellement relevée et la poussée devient plus verticale, ce qui permet de soulager la coque sous le vent, cet effet de soulagement de la coque sous le vent est favorisé par un volet perpendiculaire au plan antidérive à l’extrémité de ce foil/dérive.

Ce type d’appendice est également testé par l’équipage italien de Luna Rossa qui s’entraine actuellement en Sardaigne sur des petits catamarans SL33, dont l’un est équipé de ce type de foils, avec également un plan porteur sur les safrans en « T », l’un des catamarans de l’équipe, grée avec une aile rigide a chaviré il y a peu lors d’une sortie d’entrainement. A voir sur les pages de Sailing Sardinia.

Les dates de mise à l’eau des prochains AC72 ne sont toujours pas connues, celui d’Artemis est en cours de transport vers San Francisco, pendant que l’équipage s’entraine dans la ville américaine sur les deux AC45 de l’équipe.

Energy Team renonce à la Coupe Louis Vuitton, 1ers bords pour l’AC72 néo zélandais

L’équipe française menée par les frères Peyron, Bruno et Loick Peyron renonce à une participation aux phases de sélection pour la Coupe de l’America, la Louis Vuitton Cup, et ce malgré des progrès dans la construction de ce défi avec un accord de coopération avec Oracle Racing et un budget bouclé au 2/3. Ils considèrent que le risque de lancer la construction d’un AC72 est trop important et que les objectifs initiaux ne seraient probablement pas atteints.

Bruno Peyron : « Nous avons toujours exprimé le fait que nous n’irions pas pour faire de la figuration. Cette décision est donc cohérente par rapport aux objectifs que nous nous sommes fixés avec le Yacht Club de France et qui demeurent les mêmes : créer une équipe capable de rivaliser au plus haut niveau et de ramener la Coupe de l’America. Nos bons résultats cette saison doivent servir l’avenir et nous permettre de continuer à construire ce grand Défi, Challenger pour la Coupe de l’America. Nous pouvons tous être fiers du travail accompli en si peu de temps, mais il ne faut pas tenter le tout pour le tout, au risque de tout perdre. Si la phase finale de notre projet ne s’est pas avérée possible cette année, projetons-nous d’ores et déjà dans la 35e America’s Cup… ».

La participation de l’équipe est d’ores et déjà assurée pour la saison des America’s Cup World Series, mais avec un seul AC45.

Il n’y aura donc que quatre challengers qui tenteront de ravir le pichet au defender américain, à savoir, Artemis Racing, Emirates Team New Zealand, Luna Rossa et Team Korea.

Les néo-zélandais ont été les premiers à lancer leur AC72, qui a navigué pour la première fois en baie d’Hauraki mardi. Cette première sortie dans une brise de moins de 10 noeuds aura duré 5 heures, pendant lesquelles l’équipage a pu se faire une première idée de ces catamarans à aile rigide. Peu d’informations ont filtré sur cette navigation, il semblerait que le bateau atteigne assez facilement deux fois la vitesse du vent.

© Chris Cameron

En ce qui concerne l’architecture du bateau, il semblerait que l’équipe kiwi ait développé des dérives en S, qui se rapprochent de ce qui avait été tenté sur Alinghi 5, François Chevalier décripte le dessin du multicoque sur son blog et dévoile les plans de forme du catamaran.

L’équipage a effectué une seconde journée aujourd’hui, la sortie a été écourtée suite à un incident mineur sur la partie avant de l’aile.

Premières images de l’AC 72 d’Emirates Team New Zealand

Le bateau ne sera « officiellement » dévoilé que samedi au grand public. Malgré tout il est difficile de cacher un catamaran de 22 mètres de long et une aile rigide de 40 mètres de haut ; l’équipe technique d’Emirates Team New Zealand a donc sorti son catamaran du chantier et à gréer l’aile sur la plate-forme pour la première fois aujourd’hui, quelques photos ont filtrées.

© Chris Cameron/ETNZ

La structure du catamaran semble assez proche de celle d’Alinghi 5 avec une structure en V entre le pied de mât et les bras de liaison afin de reprendre les efforts du gréement, avec deux renforts parallèles aux coques. Le tableau arrière des coques semble être vertical, chacune possède semble-t-il deux colonnes de moulins à café. L’aile semble quant à elle assez classique dans sa conception et assez proche de celle d’Artemis.

© Chris Cameron/ETNZ

Les prochains AC72 à  être dévoilés devraient être ceux d’Oracle Racing et d’Artemis Racing.

Oracle Spithill remporte les ACWS en flotte, Artemis décroche le titre en match-race

Le Defender américain n’a pas failli  à Newport pour la dernière étape des ACWS 2011-2012 en décrochant le titre en flotte de cette compétition pour cette saison, en match-race, c’est Artemis qui s’impose.

L’équipage de Terry Hutchinson termine donc à la première place du classement en match-race, malgré des formats obscurs durant les différents actes, avec des courses à élimination directe alternant avec des tours à deux manches gagnantes, Oracle Racing Spithill prend la 2nde place de ce classement devant ETNZ, Dean Barker, le skipper du catamaran néo-zélandais a été malchanceux lors de l’épreuve de Newport avec un chavirage dans des conditions maniables, comme il l’explique : « Ce fut un début de match race au contact, nous avons normalement enroulé la marque mais nous n’avons pas réussi à choquer l’aile à cause de la bastaque qui était bloquée. Nous avons perdu contrôle du bateau et nous avons chaviré… Nous devons vraiment traiter ces bateaux avec la plus grande attention. Chaque petit problème peut prendre des proportions inattendues. » 

Le second équipage américain mené par Russell Coutts prend la 4ème place devant Energy Team, sorti dès le premier tour à Newport face à Artemis Racing.

En flotte, les italiens de Luna Rossa Piranha gagnent cet acte devant l’équipage de James Spithill et ETNZ, Artemis  peu à l’aise en flotte termine 7ème devant Energy Team. L’équipage français perd gros lors de l’ultime manche suite à un gennaker récalcitrant, Loick Peyron et ses hommes pointent à la 8ème classe de cette manche et du classement de cette étape, alors qu’ils étaient 3ème la veille. Ils conservent malgré tout leur troisième place au classement des ACWS en flotte derrière ETNZ, Oracle Racing Spithill gagne cette saison de courses en flotte.

Oracle Racing Spithill est donc déclaré champion des America’s Cup World Series 2011-2012 grâce à leur victoire en flotte et leur seconde place en MR, ETNZ prend la 2nde place devant Artemis Racing et Energy Team.

 

Les réactions des skippers :

Loïck Peyron, skipper, Energy Team, à propos d’aujourd’hui : « La bonne nouvelle, c’est que notre objectif d’être sur le podium a été atteint. Nous nous sommes mesurés aux meilleurs et nous terminons troisièmes du championnat de courses en flotte des America’s Cup World Series de la saison 2011-12 ! Lors de cette ultime journée ici à Newport, nous n’avons pas été à notre avantage car notre gennaker s’est coincé et nous a fait perdre plusieurs places, tout comme à bord d’ORACLE TEAM USA Spithill.

A propos de la saison 2011-12 des America’s Cup World Series : « Après six épreuves et presque un an que nous sommes engagés dans les America’s Cup World Series, je considère que notre quatrième place au général est plus qu’honorable ! En match race (5ème de la saison), nous sommes en milieu de tableau, car nous n’avons pas été très chanceux lors de nos duels contre Artemis Racing et nous manquons encore d’entraînement lors des départs au reaching. En revanche, dans le championnat de course en flotte, nous sommes sur le podium, à la troisième place, et c’est celle-ci qu’il faut retenir !’

‘On sera bien sûr présents à San Francisco fin août et début octobre prochain puis de retour en Italie au printemps 2013. Après, l’America’s Cup risque de s’arrêter pour Energy Team, voire même avant avec la deadline pour les inscriptions. Notre travail aura tout de même servi à investir dans l’avenir de la Coupe en multicoque en général’.

Dean Barker, skipper, Emirates Team New Zealand, à propos d’une journée difficile : “Nous avons pris un bon départ et nous avons enroulé la première marque en deuxième position puis tout s’est écroulé comme un château de sable. Nous avons enchaîné les erreurs, puis nous sommes tombés à la cinquième et sixième place, après quoi nous n’avons pas pu rattraper la tête de la flotte.”

Nathan Outteridge, skipper, Team Korea, à propos de la performance de son équipe : “Notre départ n’a pas été sensationnel mais nous avons toujours maintenu une certaine cadence que nous avons augmenté sur le dernier bord de près. Je pense que nous avons été meilleurs que prévu initialement. Cette semaine a sûrement été la meilleure en terme de résultats depuis le début. C’est pourquoi nous avons hâte que les hostilités reprennent à San Francisco.”

Yann Guichard : « La motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team. »

Yann Guichard, skipper du MOD Spindrift racing, de l’AC45 de l’Energy Team et tacticien sur le D35 Ladycat a de nouveau répondu aux questions de Voile-Multicoques (interview réalisée lors de l’Open de Crans).

© Chris Schmid / Spindrift racing

Voile-Multicoques.com : Tu intègres l’équipage de Ladycat, qui participe au Vulcain Trophy avec un équipage remanié, qui s’est professionnalisé, quels sont vos objectifs ?

Yann Guichard : Dona Bertarelli, la propriétaire, prend les saison les unes après les autres, elle a voulu un peu de changement cette année, en prenant un équipage plus professionnel et avec des hommes.

Ceci permet de naviguer à six et non plus à sept comme avec les filles, ce qui simplifie les choses, avec un poste pour chaque personne.

L’objectif chiffré est d’essayer d’accrocher les troisième, quatrième ou cinquième place du championnat, ce qui est faisable mais difficile.

Alinghi, le CER (Realstone Sailing), et Artemis sont un peu au dessus du lot, mais le reste de la flotte est assez homogène, la course à la quatrième place risque donc d’être serrée.

Cette saison se court exclusivement sur le Léman cette année, quelles sont les spécificités de ce plan d’eau ?

Sur le premier grand prix, nous avons eu un vent de sud un peu instable, ce qui est habituel sur le lac, tout comme le petit séchard pour le second grand prix, les conditions sont toujours plus ou moins piègeuses, il faut être opportuniste, tout peut arriver jusqu’à la ligne soit coupée.

C’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce type de plan d’eau, tout peut être remis en questions rapidement, les nouveaux parcours, plus courts que la saison dernière, et avec une porte au vent ouvrent également un peu le jeu, ce qui ajoute des opportunités pour revenir sur les bateaux qui nous précèdent.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces changements de format des régates, avec un raccourcissement des parcours et l’introduction de la porte au vent, ce format se rapproche de ceux qui ont été adoptés sur les autres circuits multicoques (America’s Cup World Séries, Extrême Sailing Series), penses-tu qu’il s’agit de la bonne formule pour courir en multicoque ?

Je ne pense pas qu’un type de parcours soit meilleur qu’un autre, tout dépend du type de bateau, et de l’objectif, comme on peut le voir sur les circuits tournés vers le public à terre.

L’introduction de la porte au vent en D35 ouvre le jeu, mais l’idéal serait d’avoir les règles de la Coupe de l’America en ce qui concerne l’engagement à la bouée, le tribord reste donc roi selon les règles ISAF avec des passages de bouées parfois un peu dangereux.

Ce format donne plus d’intensité, mais aussi plus de travail à l’équipage avec des manœuvres incessantes, ce qui change des longs bords calés que nous avons connu jusqu’ici sur le circuit.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Tu es le skipper du MOD Spindrift racing depuis quelques mois, quelles sont les qualités du bateau par rapport aux autres trimarans que tu as barré jusqu’ici (60′ ORMA, Gitana 11 sous sa forme rallongée) ?

Ces bateaux sont difficilement comparables, le choix d’un bateau monotype fait que les coefficients de sécurité sont plus importants, le bateau est donc plus costaud, plus raide, à un plan de voilure un peu moins puissant par rapport aux autres bateaux que j’ai pu barrer.

Dans les petits airs, le bateau est un peu plus difficile à faire avancer qu’un 60′ ORMA, du fait d’un rapport poids/puissance un peu moins favorable, mais ce bateau est très intéressant, la monotypie a été très bien respectée, comme nous avons pu le constater sur les régates courues jusqu’ici avec des écarts très serrés, il faut aller chercher quelques centièmes de nœuds face aux adversaires pour s’imposer. Ce qui promet de belles régates inshores, mais aussi sur l’Atlantique dès cet été.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Certains skippers ont déjà evoqué une participation à la Route du Rhum 2014 sur les MOD, l’envisages-tu et quelles seraient les modifications à apporter au bateau pour l’adapter au solitaire ?

Le bateau semble plutôt adapté, il y aurait bien sûr un second pilote à installer et quelques modifications mineures.

La course aura lieu dans deux ans et demi, l’objectif immédiat reste bien sûr le Multi One Championship, mais il est clair que je participerai à la course sur ce bateau, nous verrons si une classe MOD sera créee pour la course ou si nous participerons dans la classe Ultime. Il serait dommage que ces bateaux restent à quai pendant la Route du Rhum, ce type de course permettrait aussi de mettre en valeur la classe.

Les deux premières confrontations avec tes concurrents ont été très serrés cette année, que ce soit sur le Tour de Belle Ile ou l’Armen Race, où se sont jouées ces courses ?

Pour le Tour de Belle Ile, nous avons pris une option au départ qui n’était pas la bonne, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild ont donc été devant dès le début et nous n’avons fait que lutter pour revenir sur eux, ce que nous avons fait petit à petit.

Sur l’Armen Race, nous étions en tête sur le retour, mais nous avons eu un problème pour hooker la GV, ce qui a permis à Foncia de revenir et de nous passer, les bateaux ont été au contact pendant toute la course, la moindre erreur fait que le copain passe devant, il faut donc être irréprochable sur les manœuvres. Nous avons fait quelques erreurs, c’est le métier qui rentre, nos adversaires ont un peu plus d’expérience sur ces bateaux et nous progressons de jour en jour, nous allons donc poursuivre nos entraînements dès la semaine prochaine.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces entraînements, quelles informations sont partagées avec les autres teams, avez-vous des debriefings communs, quelles informations partagez-vous ?

Avec Foncia, nous partageons en live les réglages à la VHF quand nous sommes sur l’eau, nous ne faisons pas de véritables debriefs, nous discutons des réglages de manière informelle.

Ces sessions permettent de progresser dans la connaissance du bateau grâce à ces échanges, en naviguant seuls le feeling est rapidement bon, et on pense être champion de la baie, la confrontation permet de faire des progrès exponentiels, je pense que ces entraînements sont indispensables pour bien figurer face aux autres.

De notre côté nous avons choisi, et eu l’opportunité, de nous entraîner avec Michel Desjoyaux, ce qui est une excellente expérience, je pense que Foncia est une des grosses équipes en MOD 70, c’est donc super de pouvoir mettre des choses en commun avec eux.

Passons aux America’s Cup World Series, Energy Team termine sur trois belles performances, que ce soit avec toi, ou Loick Peyron à la barre, quelles sont les forces de cette équipe qui a pourtant un déficit d’entraînement par rapport aux top teams (Oracle Racing, Artemis, Emirates Team New Zealand et Luna Rossa) ?

Etape après étape, nous avons réussi à poser des bases qui font qu’aujourd’hui notre équipe est solide à terre et sur l’eau.

Nous avons bien travaillé sur l’eau, les manœuvres et la communication se déroulent très bien, l’ambiance est excellente au sein de l’équipe. Même après de mauvais résultats la motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team.

Nous avons aussi beaucoup travaillé sur les voiles avec Incidences, ce qui nous donne un petit plus en vitesse, surtout dans le vent médium et le petit temps, comme sur les dernières étapes. Cet avantage est une des clefs du succès dans ces régates serrées, où il ne faut rien lâcher.

Les grosses équipes gardent un avantage dans le gros temps car ils ont plus d’entraînement. Dans les vents faibles ou modérés, toutes les équipes manœuvrent bien et les petites équipes rattrapent leur retard sur les détails de réglages.

De notre côté, nous avons réussi à gommer toutes les grosses erreurs, ce qui resserre forcément le jeu. Les régates deviennent donc de plus en plus intéressantes avec des vainqueurs différents à chaque Act.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Il ne reste qu’un Act avant la fin de la saison, avez-vous prévu des navigations sur d’autres supports afin de continuer la préparation à la possible participation de l’Energy Team à la 33ème Coupe de l’America ?

Tout dépendra de la suite, si nous décrochons le financement pour l’AC 72, il y aura des entraînements en commun qui pourront se faire sur le MOD 70 pour préparer l’équipage.

En attendant, nous conservons tous nos programmes différents et assez complets pour tous les membres d’équipage de l’AC45.

Arnaud Jarlegan et Devan Le Bihan naviguent avec moi sur le D35 Ladycat, ce qui permet de parfaire les automatismes sur l’AC45, ces passages sur différents supports sont aussi une force, même si nous n’avons pas l’opportunité de nous entraîner sur l’AC 45.

Est ce que les parcours des régates des America’s Cup World Series, à proximité immédiate des côtes, sont adaptés à l’AC45 ? Ou est ce que ces bateaux mériteraient-ils un terrain de jeu plus vaste ?

Les formats sont parfaitement adaptés pour le public, mais aussi pour nous, on s’éclate sur l’eau, il faut seulement intégrer les limites virtuelles, ce qui est difficile au début. Tactiquement ces limites sont intéressantes, elles resserrent le jeu et gomment le défaut du multicoque, du fait du manque de manœuvrabilité de ces bateaux, nous avions tendance à aller sur les extrêmes, ce format permet de recréer du contact entre les bateaux.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Le format des régates reste parfois assez obscur, avec certains Acts où les match-races se déroulaient en une seule manche contre deux manches gagnantes sur d’autres Acts, est ce que les équipes participent à la prise de décisions concernant l’organisation des régates ?

Les équipes ont leur mot à dire, mais au final Oracle Racing définit les règles avec le retour de différents teams. Il est vrai que le format à une manche gagnante pour le match-racing est un peu dur.

Un autre petit reproche que je ferai concerne le fait que la l’America’s Cup se court en match-race, alors que les ACWS se courent en grande partie en flotte, mais il faut aussi prendre en compte l’aspect télévisuel, et là je pense que suivre une course en flotte est plus sympathique pour les téléspectateurs et le public.

Au final l’équilibre est assez bon, que ce soit pour les compétiteurs ou les spectateurs qui semblent satisfaits.