Sodebo Ultim remis à l’eau, Thomas Coville se prépare pour une tentative autour du monde

Sodebo Ultim’ a rejoint son port d’attache à la Trinité sur Mer après sa remise à l’eau à Lorient hier, après deux mois de chantier.
Thomas Coville et son équipe ont profité de cette période pour optimiser un peu plus le trimaran et améliorer le confort du skipper, qui partira sur une nouvelle tentative de record autour du monde en solitaire cet hiver.
La période de stand-by débutera dès le 15 octobre, afin de se donner toutes les chances de pouvoir faire demi-tour en cas de fenêtre météo défavorable avant le Horn ou en cas d’avarie.

Le chrono visé est celui de Francis Joyon, établi en 2008 sur Idec en 57 jours 13 heures 34 minutes 6 secondes.

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim : « Nous avons fermé la circulation d’air qui rentrait dans le cockpit et influençait sur ma récupération. Grâce à une paroi en textile qui fait office de véranda, je serai davantage protégé du vent, des embruns et du froid. La structure que nous avons mise au point a l’avantage d’être très légère. Pendant le record, je vais passer beaucoup de temps dans cet espace tant pour les manœuvres, la veille et aussi le repos.

Sodebo Ultim’ est plus léger que sur The Transat. En effet, le moteur de propulsion sera retiré à Brest et c’est un gain non négligeable de plus de 300 kilos.

Il y a eu un gros boulot sur le système de réglage des foils qui est désormais hydraulique. Le réglage avec des bouts reste en place et sert de back up. 
Pour tous les systèmes de réglages, que ce soit électronique ou hydraulique, nous avons tout doublé de façon à ne jamais être pris au dépourvu pendant le record. C’est comme quand tu prépares une fusée pour aller dans l’espace, en cas de défaillance il faut un plan B voire un plan C.

L’idée est de pouvoir changer de groupe musculaire pour utiliser les jambes un peu plus même si l’effort dure 15% de plus en temps par rapport aux bras. C’est important de faire travailler les jambes pour mieux gérer l’effort à long terme et aussi me préserver. La différence n’est pas si énorme puisque pour hisser le gennaker cela me prend 15 minutes avec les jambes contre 12 avec les bras.
Cette semaine, il s’agira de valider les systèmes qui ont été mis en place sur ce chantier et de remettre Sodebo Ultim’ en configuration pour attaquer les entraînements.

La semaine prochaine, nous allons affiner les réglages et commencer les essais de nos trois voiles d’avant neuves. Ensuite, nous allons instrumentaliser le bateau et régler les capteurs qui pendant le record, permettront de transmettre les données à terre à la cellule routage. Fin septembre, j’ai prévu de partir plus de 24 heures en conditions réelles de navigation. La semaine avant le stand by sera consacrée à l’avitaillement. Parallèlement à cela, je suis mon programme de préparation physique pour être au top. J’ai hâte d’y être !»

François Gabart abandonne sa tentative de record sur l’Atlantique Nord

Après sa superbe performance sur 24h hier, avec 785 mille parcourus, et donc un nouveau record, repris à Thomas Coville sur Sodebo ; François Gabart a décidé de renoncer à sa tentative de record de la traversée de l’Atlantique Nord en solo du fait de la dégradation de la fenêtre météo sur la seconde partie du parcours.

Le record de  l’Atlantique Nord (New York-Cap Lizard), reste donc au palmarès de Francis Joyon  en 5 jours 2h 56 min et 10 sec.

François Gabart, skipper du trimaran MACIF : « Depuis le départ, on savait que ce serait compliqué, parce que la fenêtre de tir était très courte. Là, force est de constater que la météo n’évolue pas dans le bon sens. Le pilote a décroché deux fois sans prévenir, j’ai pu intervenir rapidement dans les deux cas pour récupérer la barre, mais je n’ai pas envie de continuer à naviguer à fond la caisse avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, je ne veux pas prendre de risques pour le bateau. Je savais que ça n’allait pas être facile. Il y a deux ans, Banque Populaire et Armel Le Cléac’h n’ont pas eu de fenêtre. Nous n’étions pas loin de vivre la même chose. Quand cette petite fenêtre s’est profilée, cela valait vraiment le coup de la tenter. Cela ne s’est finalement pas joué à grand-chose, à quelques orages près… Ce record n’est pas facile, mais c’est ça qui le rend intéressant, il faut être patient pour le battre. »

© Lloyd Images

© Lloyd Images

François Gabart embarquera deux équipiers aux Açores pour finir la traversée, l’ultime participera ensuite aux fêtes de Brest à partir du 13 juillet, puis le skipper terminera avec une tentative de record de la Méditerranée en septembre.
François Gabart se montre bien sûr satisfait de cette tentative puisqu’il décroche ce record des 24h : « C’est une grande fierté de détenir ce record. Nous avons su être opportunistes pour le battre en sautant sur l’occasion quand la fenêtre s’est ouverte. Ce record n’est pas facile, parce qu’il faut trouver les bonnes conditions sur 24 heures. Là, nous avons bénéficié d’un vent qui n’a pas trop bougé. En revanche, pendant les douze premières heures, il y avait un peu de mer, ce qui me fait penser qu’il y a sans doute moyen d’aller plus vite et de tenir 33-34 nœuds de moyenne avec une mer plate. Mais le fait d’être capable de naviguer pendant 24 heures à fond la caisse, c’est du pur bonheur, ça montre le réel potentiel du bateau. »

François Gabart améliore encore le record des 24 heures

François Gabart a profité de conditions favorables pour pousser son trimaran MACIF au maximum de son potentiel en avant du front.
Il n’a donc cessé d’améliorer le record des 24 heures en solitaire ce dimanche et le « score » s’est arrêté ce soir à 785 milles parcourus en 24h (cette distance sera affinée par le WSRRC).

http://www.youtube.com/watch?v=eR_sZs-FLw4

Ce record l’a mené très sud, il a donc empanné il y a quelques heures pour reprendre un cap quasi plein nord afin de retrouver une route plus habituel pour un record de l’Atlantique Nord, le skipper de MACIF va désormais s’atteler à reprendre du terrain sur le temps de Francis Joyon.

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Record des 24h pour François Gabart sur MACIF

François Gabart, en solitaire sur son trimaran Macif, a pu rejoindre l’avant du front hier, et poursuit sa route à haute vitesse depuis. Les vents de sud sud ouest le propulsent à plus de 30 noeuds, cette orientation le contraint a conserver une route sud pour ce record de l’Atlantique Nord, mais le flux lui permet de conserver des vitesses approchant les 35 noeuds.

Le skipper de MACIF a ainsi déjà battu le record des 24h avec plus de 730 milles parcourus, François Gabart devrait conserver des conditions propices à l’amélioration de ce chiffre jusqu’à ce soir et pourrait approcher les 750 milles. Il efface donc le chiffre établi le mois dernier par Thomas Coville sur Sobebo, et qui venait d’être officialisé par le WSSRC avec 718,5 milles.

Le déficit sur le record de Francis Joyon sur la traversée le l’Atlantique reste stable, aux alentours de 140 milles.

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Record de l’Atlantique nord : François Gabart en retard

François Gabart a coupé la ligne de départ du record de l’Atlantique Nord au niveau de la bouée d’Ambrose à 2h18’45, heure française. Le navigateur devra rallier le Cap Lizard avant jeudi  à 5h14’55, pour battre les 5 jours 2 heures 56 minutes et 10 secondes établis par Francis Joyon en 2013.

La fenêtre de départ n’était pas idéale avec une zone orageuse sur le début de parcours, par ailleurs la route suivie par le solitaire l’entraine a distance respectable de l’orthodromie et de la route du record actuel.

https://youtu.be/CQ05QiZPKx0?list=PL6i0LCVcNJylcmyGj2B9MUaN-D9_m05cY

Ce soir, après 20 heures en mer, le trimaran Macif et son skipper filent à plus de 30 noeuds à l’avant du front dans un vent de sud sud ouest de 25 à 30 noeuds. Le déficit est actuellement de 120 milles.

 

Une classe Ultime dispersée

Voiles et Voiliers fait le point, dans un article disponible sur son site internet, sur la classe Ultime.
Les ultimes existent depuis plusieurs décennies et peinent à rassembler.
Plusieurs tentatives de fédérer ces maxis ont été des échecs (G-Class de Bruno Peyron, l’actuel collectif Ultim).

 

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

A ce jour, les différents protagonistes avancent en ordre dispersé, Actual, Macif, Sodebo font partie du collectif Ultim, tout comme Banque Populaire qui mettra à l’eau son bateau dans le courant de l’année. Ce collectif a pour but de développer un programme articulé sur de navigations en solitaire, il s’est doté d’un cadre architectural, excluant les MOD70, le maxi 80 Prince de Bretagne et Spindrift 2. Mais le collectif, du fait du faible nombre de « membres », se voit contraint d’intégrer des courses ne respectant pas le cadre architectural qu’il a défini, comme The Bridge, ou encore la Route du Rhum.

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

L’article de Voiles et Voiliers dévoile plusieurs informations importantes :
– le trimaran du Gitana Team serait hors cadre du collectif Ultim, de part sa taille de 33m (limité à 32m pour le collectif) et du fait de l’asservissement des appendices (ce qui n’est actuellement pas autorisé par le collectif)
– Prince de Bretagne souhaite rester impliqué dans la voile, l’actuel Maxi 80 pourrait être vendu pour acquérir un bateau d’occasion plus grand si l’opportunité se présentait. L’objectif pour le team et le skipper Lionel Lemonchois est la Route du Rhum 2018, le maxi 80 naviguera essentiellement en RP en 2016, le programme 2017 n’est pas défini- Actual d’Yves le Blévec naviguera avec un mât fixe cette saison suite à la rupture du vérin de bascule sur la Transat Jacques Vabre. Le programme 2016 inclut The Transat, Actual sera opposé à Sodebo et Macif sur cette transatlantique.
– une nouvelle course entre Monaco et Pondichery (avec escale à Maurice) pourrait avoir lieu en 2018

Thomas Coville et Sodebo (qui font partie du collectif) seront la The Transat, ensuite le skipper tentera sa chance autour du monde en solitaire cet hiver.
François Gabart sur Macif participera également à The Transat avant une tentative de record en Méditerranée en septembre.

Du côté des exclus du collectif (volontairement ou non), Spindrift racing a annoncé son intention de courir la Transat Québec Saint Malo cet été (pour l’instant Spindrift 2 est le seul dans la classe Ultime) avant une nouvelle tentative de Trophée Jules Verne l’hiver prochain. Idec et son skipper Francis Joyon semblent avoir été séduit par le Jules Verne de cet hiver et paraissent déterminé à retenter l’aventure en 2016.
Marc Thiercelin qui possède l’ex Majan (sistership d’Actual) cherche toujours des financements pour lancer le chantier de remise en état et d’élargissement de son trimaran.

 

 

L’actualité en bref

  • Le team MACIF dévoile son M24, trimaran de 24′ à foils. Ce bateau sert de laboratoire afin de valider les appendices du trimaran MACIF. La base est un Diam 24, doté de foils, et de safrans à plans porteurs. François Gabart effectue actuellement des tests sur une nouvelle version de safrans qui seront adoptés sur le maxi lors de sa remise à l’eau. Par ailleurs, le bateau sert également de support d’entrainement au skipper MACIF.
    Les photos du M24 sont visibles : ICI
  • Toujours concernant le Diam 24, la prochaine édition du Tour Voile fait le plein de concurrents avec 31 inscriptions et 4 wildcards pour des équipes étrangères. A découvrir également, l’interview de Jean Baptiste Durier, directeur du tour sur le Télégramme, il revient sur les modifications réalisés par MACIF sur le Diam 24. Une arrivée d’un Diam 24 à foils, si le projet est viable économiquement, semble être souhaitée.

    © Eloi Stichelbaut

    © Eloi Stichelbaut

  • Les trimarans Ultimes sont tous en chantier ou prêts à y entrer (pour Spindrift 2 et Idec Sport). Pas de révolutions à envisager, les différentes équipes travaillent à la fiabilisation de leurs bateaux et à quelques améliorations. Seulement trois bateaux sont inscrits à The Transat dans la catégorie Ultimes François Gabart sur MACIF, Yves le Blévec sur Actual, et Thomas Coville sur Sodebo Ultim.
    Une tentative de record autour du monde en solitaire est au programme de Thomas Coville l’hiver prochain.
    Les deux équipages de retour de leurs tentatives de Trophée Jules Verne, les skippers et les sponsors de Spindrift 2 et d’IDEC SPORT semblent prêts à retenter l’aventure l’hiver prochain.
  • A lire sur Course Au Large, (qui paraitra de nouveau sous forme papier cette année) les interviews des routeurs à terre Jean Yves Bernot et Marcel Van Triest. Les deux hommes épaulaient les équipes d’Idec Sport et de Spindrift 2 pour leurs choix météorologiques lors de leurs tentatives sur le Trophée Jules Verne.
  • Groupama Team France mené par Franck Cammas arbore de nouvelles couleurs, une livrée bleu-blanc-rouge a été dévoilée sur l’AC45F qui sera aligné sur les Louis Vuitton America’s Cup World Series (dont une étape aura lieu à Toulon les 10 et 11 septembre), et sur le futur AC45T et l’AC48 qui disputera la 35ème America’s Cup.
    Une interview du skipper à lire sur Voiles et Voiliers, qui livre des détails sur l’avancée des travaux  de l’AC45 Turbo et du design, et une autre de Jean Baptiste Epron, marin et designer de cette nouvelle livrée ici.
    © D.RAVON/ GROUPAMA TEAM FRANCE
  • Le team suisse TILT signe un partenariat avec l’équipe néo zélandaise Emirates Team New Zealand. L’équipe helvète laissera la barre de son GC32 au skipper de l’équipe kiwi Glenn Ashby sur le GC32 Racing Tour 2016. Par ailleurs le skipper aura un rôle dans la sélection et l’entrainement de l’équipe suisse qui sera amenée à disputer la Red Bull Youth America’s Cup sur AC45F.
Voile-Multicoques.org/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.org/Baptiste Morel

Trophée Jules Verne : IDEC SPORT termine son tour du monde en 47 jours 14 heures et 47 minutes

L’équipage réduit d’IDEC SPORT aura connu une dernière frayeur lors de sa dernière nuit en mer avec une collision avec un OFNI vers 4 h du matin ; celle-ci brisant le safran du flotteur bâbord mais sans affecter la structure du bateau. Francis Joyon et ses cinq équipiers ont donc poursuivi leur route vers Ouessant.

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

La ligne d’arrivée de ce tour du monde a été franchie à 17h50 avec un temps de 47 jours 14 heures et 47 minutes, ils réalisent le troisième meilleur temps sur le parcours, derrière Banque Populaire V et Spindrift 2 qui a coupé la ligne à 16h. Il réalisent le meilleur temps du bateau, qui avait détenu le Trophée Jules Verne sous les couleurs de Groupama de 2010 à 2012.

L’équipage de ce Trophée Jules Verne était constitué de Francis Joyon, Alex Pella, Clément Surtel, Boris Herrmann, Gwénolé Gahinet et Bernard Stamm.

Sur ce tour du monde, les six marins décrochent le meilleur partiel sur le tronçon Cap des Aiguilles-Cap Leeuwin en 5 jours 11 heures et 23 minutes.

L’équipage est attendu quai Malbert à Brest vers 20h.

 Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon :
« Il y en a eu beaucoup, des grands moments ! Je retiendrai un grand classique : le passage au cap Horn dans des conditions de mer très agréables et une lumière extraordinaire. Mais l’essentiel c’est le plaisir en équipage ! On a vraiment bien fonctionné ensemble, on s’est bien entendus. Nous étions assez complémentaires : nous étions plusieurs navigateurs solitaires embarqués ensemble sur un bateau d’équipage et ça a fait un bon mélange. On s’est donnés énormément sur le bateau, encore la nuit dernière, où il y a eu des grains à 48 noeuds. J’ai la voix un peu fatiguée mais c’est vrai que la nuit a été sans aucun repos à manœuvrer sans cesse dans des grains, à se bagarrer… mais on faisait tout avec bonne humeur, avec plaisir ! Un moment cette nuit, Bernard a été projeté violemment à travers le bateau, c’était vraiment brutal… Repartir ? Si on pouvait refaire une navigation en équipage avec ce bateau ce serait volontiers ensemble, oui ! On est tous sur un sentiment très positif par rapport à ça ! »

Bernard Stamm :
« Si je devais isoler un seul souvenir, ce serait un surf à 45 nœuds !  Je ne sais plus exactement où c’était, dans l’océan Indien je pense. J’étais à la barre… Le bateau est tout de même assez éprouvant entre 35 et 40 nœuds, mais quand tu restes de longs moments au-dessus de 40 nœuds c’est… et bien c’est mémorable ! »

Gwénolé Gahinet :
« Un souvenir fort c’est la première descente dans le Grand Sud, au sud des Kerguelen, puis de l’île Heard. On a été obligés de plonger très, très Sud pour faire cette trajectoire qui mène au record de l’océan Indien. C’était une entrée en matière assez dure, on a plongé jusqu’à quasiment 60 degrés Sud, dans de l’eau à 2 degrés. ET tu fonces même la nuit à 35 nœuds en te méfiant des icebergs… c’était assez fort et engagé, le froid était vraiment, vraiment dur. Une nuit, le bateau a carrément gelé ! Les filets ont gelé, le pont a gelé… c’est exceptionnel en navigation. C’était un grand moment ! Mais plus globalement ce qui est génial dans ce tour du monde c’est l’aventure humaine, la cohésion de l’équipage. On a passé de super moments, un super tour du monde. Nous étions tous assez différents avec plein d’histoires à nous raconter les uns aux autres. A chaque changement de quarts, il y avait plein d’anecdotes, plein d’échanges, de grands moments de rigolade… et c’est presque le principal ! »

Boris Herrmann :
« Un grand souvenir c’est la rencontre avec Spindrift près de la Nouvelle-Zélande. C’était incroyable de se retrouver à cet endroit-là après une moitié de tour du monde ! L’ambiance à bord était super, mais c’est tout le tour du monde, dans sa globalité, qui était un grand moment à vivre. Je pense avoir appris plein de petites choses dans cet équipage, avoir acquis un peu plus de maturité de navigateur. C’était une expérience enrichissante, avec les autres, à bord de ce magnifique bateau ! »

Clément Surtel:
« Le plus grand moment pour moi c’est le cap Horn. Sortir du sud en rasant ce caillou légendaire, que je passais pour la première fois, dans un coucher de soleil magnifique, c’ était quelque chose. C’est une belle image de libération du Grand Sud. Et il y avait une très bonne ambiance à bord, on s’est tous bien soutenus. On s’est découverts parce qu’on ne se connaissait pas vraiment avant de partir et ce n’est jamais évident à six sur un bateau, comme ça. On s’est bien marrés ! Et après 47 jours de mer et bien… on se connaît mieux ! »

Alex Pella :
« Ben sûr on est très contents d’arriver, de finir ce tour du monde avec un très bon chrono, même si on n’a pas battu le record. Il y a eu de grands moments de bonne ambiance à bord, je pense que vous l’avez ressenti à terre. S’il faut faire une seule ‘photo’ d’un instant magique, pour moi ce serait cet énorme iceberg croisé dans l’Atlantique sud pendant une journée ensoleillée magnifique.  Sur le pont, on était tous éblouis, à regarder ce spectacle comme s’il avait été posé là sur notre route, juste pour nous ! Et puis il y avait une très bonne ambiance à bord, moi j’aime bien rire, je trouve même que ça aide au rendement, à la performance, que ça aide quand les choses ne vont pas bien. C’est important… Il y avait des bonnes personnes à bord ! »

 

Trophée Jules Verne : Spindrift 2 boucle le tour du monde avec le 2ème meilleur temps

Le trimaran Spindirift 2, skippé par Yann Guichard, a bouclé son tour du monde dans le cadre du Trophée Jules Verne, aujourd’hui à 16h01 avec un temps de 47j 10h 59’ 02’’.
L’équipage de Yann Guichard et Dona Bertarelli réalisant la deuxième meilleure performance sur un tour du monde à la voile avec ce temps. Ils battent le temps réalisé par Franck Cammas sur Groupama 3 en 2010, mais Loïck Peyron et son équipage de 2012 conservent le Trophée Jules Verne.

Le maxi trimaran de 40m aura parcouru 28 844 milles avec une vitesse moyenne de 25,35 nœuds sur l’eau, et de 18.96 noeuds sur l’orthodromie.
L’équipage décroche trois temps intermédiaires validés par le WSSRC (Ouessant-équateur en 4 jours 21 heures 29 minutes, Ouessant-Tasmanie en 20 jours 04 heures 37 minutes, Ouessant-cap Horn en 30 jours 04 heures 07 minutes).

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

L’équipage est attendu à son port d’attache de La Trinité-sur-Mer vers 22 heures.

La liste d’équipage pour ce tour du monde était constituée de : Dona Bertarelli, Yann Guichard, Sébastien Audigane, Antoine Carraz, Thierry Duprey du Vorsent, Christophe Espagnon, Jacques Guichard, Erwan Israël, Loïc Le Mignon, Sébastien Marsset, François Morvan, Xavier Revil, Yann Riou et Thomas Rouxel.

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :
« Le passage au Sud du cap de Bonne-Espérance a été un des moments parmi les plus importants pour moi, mais là, cette arrivée devant Ouessant, c’est aussi un soulagement. Pas une délivrance parce que je n’ai pas été prisonnier et j’ai pris beaucoup de plaisir sur ce tour du monde, mais il est temps que je fasse une petite pause. Bien sûr, il y a eu un peu de stress, mais c’est aussi mon rôle de l’assumer. 

Ce Trophée Jules Verne, c’est la série des premières pour moi ! Autour du monde, au passage des trois caps, avec autant de jours au compteur… Et j’ai vraiment envie d’y retourner. Le bateau est parfaitement adapté à ce programme : il faudra juste que la météo soit avec nous. Et puis les mers du Sud, c’est magique ! Même si l’Indien a été plutôt gris. Et dans le Pacifique, nous avons eu le droit à des lumières sublimes quand nous sommes descendus presque jusqu’au 60° Sud… Mais je retiendrais plus tous ces oiseaux, albatros, pétrels, fulmars, damiers du Cap qui nous suivaient en permanence !

Ma plus grosse angoisse, c’est lorsque nous avons touché un objet non identifié avec le foil : j’ai cru qu’on aller devoir abandonner. Je suis content qu’on en finisse parce que depuis le cap Horn, et au-delà du record, cette remontée de l’Atlantique a été sévère pour le bateau comme pour l’équipage. »

Dona Bertarelli, co-fondatrice de Spindrift racing et barreuse-régleuse sur Spindrift 2 :
« Cette remontée de l’Atlantique a été longue, laborieuse, et j’avais l’impression que le temps n’avançait plus ! Heureusement hier, on sentait l’arrivée depuis que nous avons passé la barrière symbolique des 500 milles de Ouessant : c’était un moment émouvant et je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit parce que l’émotion était palpable et l’adrénaline aussi. Boucler ce tour du monde m’a permis d’atteindre les objectifs que je m’étais fixés personnellement même si nous n’avons pas pu battre le record du Trophée Jules Verne. Je n’ai pas de regret parce que l’essentiel était de revenir à Ouessant le plus vite possible et nous avons tout fait pour cela.

J’ai très bien vécu ce voyage car on se connaît tous très bien et chacun a respecté le caractère des autres. C’était très agréable parce que c’est une équipe de véritables amis. Mais cela tient aussi au fait d’avoir pu, d’une certaine manière, exorciser mes appréhensions, mes craintes de plonger dans le Grand Sud ou d’être loin de tout. Au travers de mes écrits, des articles destinés aux classes de France et de Suisse, en continuant à communiquer avec la terre et à échanger, je ne me suis jamais sentie isolée, seule dans cette aventure. »

© Yann Riou/Spindrift racing

© Yann Riou/Spindrift racing

Sébastien Audigane, Chef de quart, 5ème tour du monde
« C’est mon cinquième tour du monde et mon deuxième en un an puisque j’ai aussi fait la Barcelona World Race (tour du monde en double). J’ai passé deux fois le cap Horn en 2015 ! J’avais navigué sur ce bateau en 2009 mais faire le Trophée Jules Verne avec ce bateau encore optimisé et avec une belle équipe, c’est bien agréable. Le bateau a été beaucoup allégé et on sent qu’il est plus véloce. Mais nous n’avons pas eu beaucoup de chance d’un point de vue météorologique. Un bon souvenir ? Un bord vraiment génial juste avant d’arriver sur le cap Horn. La mer était très plate, la nuit claire, on marchait entre 35 et 40 nœuds, c’était un super moment. Dans les objectifs à venir, j’aimerais faire le Vendée Globe un jour et puis il reste ce record du Trophée Jules Verne à battre ! »
Christophe Espagnon , Barreur-équipier d’avant, 1er tour du monde
« On est encore dans l’excitation de la course et de l’arrivée.  Pour moi, c’est un premier tour du monde bouclé, une première expérience de colocation en espace restreint. C’était sympa ! Au bout de 2- 3 semaines, on entre dans le vif du sujet. Il y a des moments durs mais c’était vraiment agréable pour moi. On a passé des endroits mythiques, c’était important de les voir. C’était long, mais il n’y a pas eu de lassitude car on a eu beaucoup de changements de situations. Passer du catamaran de sport au maxi-trimaran au large ne m’a pas dérangé. Ça reste du vent et de la mer et ce bateau est parfait pour le large. J’ai envie d’y retourner, ne serait-ce que pour voir les belles et longues houles qu’on n’a pas eues. »
Thierry Duprey du Vorsent , Barreur-régleur,  3ème tour du monde et détenteur depuis 2012
« Le bateau a bien évolué en quatre ans. Dans le bon sens, notamment dans les phases de transition. Mais on a vite retrouvé nos marques avec Xavier (Revil, lui aussi détenteur depuis 2012) car l’intérieur est resté identique. En revanche, on n’a pas été gâté par la météo, dans le Pacifique, on a subi la même chose qu’il y a quatre ans. À bord, l’équipage était moins habitué au large que sur Banque Populaire V, cela nous a apporté une approche différente des réglages par exemple. À chaque fois qu’on met le pied en mer, on apprend quelque chose. Je suis content. Je garderai en mémoire le nombre d’albatros qu’on a vus, je n’en avais jamais vu autant, pendant si longtemps. Après le cap Horn, il y en avait 40, 50 qui jouaient autour du bateau. J’étais content de partir, je suis content d’arriver mais je serai content aussi de repartir. Le bateau et l’équipage ont la capacité de battre ce record. Pour moi, ce n’est que partie remise et je repartirai pour un tour avec grand plaisir. »
Jacques Guichard , Barreur-régleur, 1er tour du monde 
« Je suis content de mes voiles (il est maître voilier pour North Sails) ! Nous avons beaucoup manœuvré donc j’ai croisé les doigts pendant 47 jours, mais on n’a eu aucun souci. Je n’avais jamais navigué si longtemps. C’était assez long quand même mais c’est une expérience à renouveler. C’était une belle aventure, un rêve de gamin, même si j’attendais le record et que je suis donc forcément déçu. Malgré le peu de vent, on a eu de beaux moments à barrer ce bateau. Et l’image du cap Horn. Pour tout marin, c’est un peu comme l’Himalaya, tous les grands y sont passés. Et avec de l’avance sur Banque Populaire V en plus. On repartira l’hiver prochain ! »
Erwan Israël, Navigateur, 2ème tour du monde
« C’est passé très vite, seulement deux jours trop long… Le temps a commencé à passer plus lentement quand on a su qu’on ne battrait pas le record. Mon poste n’était pas simple, on a eu beaucoup de frustrations à tenter des options qu’on pensait payantes pour finalement finir dans la molle. On a attaqué fort par moments afin de forcer le jeu, mais on a toujours buté sur les systèmes météo. La remontée de l’Atlantique a été difficile car Banque Populaire V avait eu une super météo quand on a eu des conditions plus classiques. Mais je suis globalement content, surtout de mon binôme avec Yann (Guichard) et l’alchimie avec Jean-Yves (Bernot) de qui j’ai beaucoup appris. C’est un tout autre sport que la Volvo Ocean Race ! Ça n’a rien à voir, il n’y a qu’en remontant le long du Brésil, au près, que ça tapait. Le bateau est exceptionnel, il va vite tout en assurant un certain confort, même si son poids fait qu’il faut toujours être dessus. Je me souviendrai du passage du cap Horn et de la journée qui a suivi. Je pense qu’en équipage, ce ne sont pas les mêmes émotions que pour un gars tout seul du Vendée Globe, qui en a bavé pendant des semaines. On a retrouvé les animaux marins, les avions qui nous survolaient, la terre… On a retrouvé la vie d’un coup ! »
Sébastien Marsset, Équipier d’avant, 3ème tour du monde
« Bien qu’on ne décroche pas le chrono, c’était un beau challenge que je suis content d’avoir relevé avec Spindrift. Là, en mer, je me sens en forme mais je sais qu’une fois à terre, on va ressentir que l’on a passé 47 jours en mer. Le cap Horn a été forcément un moment top et tu réalises que cet endroit n’est pas donné à tout le monde. Au niveau voile, j’ai vraiment été impressionné par le bateau. Sur la fin de la descente de l’Atlantique, on a fait des nuits sous gennaker, au reaching avec des vitesses moyennes aux alentours des 40 nœuds sur de la mer plate. J’ai vraiment trouvé ça exceptionnel. À l’avant du bateau, on sait qu’il faut faire attention tout le temps et le piège, c’est la fatigue. Dans ces moments où tu as été sollicité par la vie du bateau, par les manœuvres ou un peu de bricolage, il faut redoubler d’attention. Pour soi, mais aussi pour les autres parce que c’est à ces moments-là que l’on peut se faire mal. »

Yann Riou , Médiaman, 3ème tour du monde
« Ça va être difficile de résumer 47 jours de mer ! En tous cas, c’était plein de moments forts et pour moi, faire le tour du monde, c’était une première… Et de passer autant de temps en mer et de faire autant de milles, surtout ! Ce sont essentiellement de bons souvenirs, même s’il y a un goût de déception de ne pas avoir battu le record. Nous avons vécu une superbe aventure : l’image qui me reste gravée, il y a bien sûr celles (au pluriel) du cap Horn parce que ce n’était pas facile, du moins pour celles prises par le drone. C’était un moment très fort de la course, et je crois pour tout l’équipage parce que le paysage était magnifique et les conditions superbes. Je suis très heureux parce que l’équipage a été top de bout en bout : il n’y a pas eu un mot plus haut que l’autre et humainement, bien qu’il y avait des marins que je connaissais peu, c’était très enrichissant. Mais 47 jours en mer, c’est long surtout sur la fin quand nous avons su que le Trophée Jules Verne n’était plus prenable… »

 

Xavier Revil, Chef de quart, 2ème tour du monde, détenteur depuis 2012 
« Tout s’est bien passé, au niveau de l’avitaillement aussi, même si je ne suis pas le plus objectif pour en parler, vu que c’est moi qui m’en occupais. Mais personne n’a perdu de poids ! Le bateau a été modifié par Spindrift racing, il a beaucoup progressé, il est plus nerveux car plus léger. Ça lui a donné des ailes dans le petit temps. Et qu’est ce qu’on en a eu du petit temps ! Trop, à notre goût. Mais c’était plaisant de pouvoir naviguer aussi vite avec moins de toile, ça permet de soulager un peu la machine. Le passage du cap Horn restera mon moment fort de ce tour du monde. On l’a vu, on est passé tout près. C’est un caillou mythique, le paysage sous le soleil était impressionnant, on voyait même des glaciers qui venaient presque lécher la mer. On n’a pas vu de glace par contre, contrairement à il y a quatre ans. Mais ce n’était pas plus mal, ça ne nous a pas manqué ! »
François Morvan, Barreur-régleur, 1er tour du monde 
« Content d’arriver, d’avoir bouclé ce tour du monde. On va revoir la famille, les amis… À la fin c‘était un peu long, à partir du moment où on a su qu’on ne battrait plus le record. Mais le bateau est agréable, l’équipage est agréable… Ce n’était pas un calvaire non plus ! L’équipage a bien fonctionné, c’était sympa. Avec Antoine c’était fabuleux, c’était magique, on a toujours pris soin l’un de l’autre, il a été incroyable dans tout ce qui a été réparation. C’est vraiment l’homme clé du record pour moi, c’était un super moment passé avec lui, toujours en forme, souriant, bon esprit… C’était génial de passer ces 47 jours avec lui. Je connaissais déjà bien le bateau, j’ai fait 4 transat avec, c’est un bateau agréable à barrer, qui va vite mais il faut quand même s’impliquer à la barre pour le faire avancer. Il faut trouver les bons réglages, le bon angle de barre. Les moments devant le front avant l’entrée dans l’océan Indien, sur une mer plate, à 32 nœuds sur le bateau qui glissait tout seul, c’était un bon moment. »
Antoine Carraz, Barreur-régleur, 1er tour du monde
« On est satisfait, particulièrement moi qui m’occupe de la partie technique avec Thierry. Le défi était à la fois de battre le record mais aussi que le bateau fasse le tour et je crois qu’il l’a fait et bien fait. C’est une grande satisfaction de le ramener entier au ponton, on a eu quelques moments de doute, on a eu quelques problèmes techniques mais on a su les surmonter à chaque fois. C’est une grande fierté pour les gars qui ont bossé sur le bateau depuis deux ans et demi. Mon rôle était de m’occuper de la partie technique car je suis la personne qui connaît le mieux le bateau étant là depuis le début de cette aventure avec Spindrift. Ça n’a pas été toujours facile car dès qu’on a un problème on se dit qu’on va abandonner et puis on réfléchit aux solutions et on a réussi, avec Sébastien (Marsset) et Thierry, à en trouver à chaque fois, sans ralentir ni perdre de temps et nous permettre de  pouvoir continuer en toute sécurité. Le mât a été un gros coup dur car le foil, on n’y peut pas grand chose, on sait qu’il y a beaucoup de choses dans la mer, on sait qu’on peut taper des trucs. La réparation a été très compliquée car on avait très peu de temps avant que le vent ne rentre et il y avait beaucoup de mer donc on s’est bien fait secoué dans le mât avec Seb. Et puis la réparation a tenu donc… C’est un peu le cliché mais le cap Horn, c’est un peu pour ce genre de chose qu’on fait un tour du monde, c’est un rêve de gamin. Il y a plein de moments supers mais c’est quand même assez mythique, on a eu la chance d’avoir des supers conditions, de passer à ras, c’était un moment fort, c’est la sortie des mers du Sud. Même si ça s’est malheureusement un peu compliqué derrière alors qu’on pensait que ça allait se simplifier, ça a limite été la phase la plus dure. Et puis j’ai la chance d’avoir partagé ça avec François qui est un copain dans la vie, un peu les « jeunes » de l’équipage mais on a su y aller de notre motivation, on n’a jamais lâché, c’était top de glisser ensemble. »

 

Thomas Rouxel, Barreur, équipier d‘avant, 2ème tour du monde
« Content d’arriver parce que c’est quand même un peu long, mais très content de l’avoir fait sur ce bateau-là et ce projet-là. Le bateau est vraiment exceptionnel, je me suis régalé à chaque fois que je suis allé barrer et l’équipe était top, on s’est vraiment bien marré. La majorité de l’équipe se connaissait déjà bien, avec qui on avait déjà pas mal navigué. Seb (Audigane) et Loïc nous ont rejoint plus tardivement mais ils se sont très vite intégrés et adaptés au reste de l’équipe qui avait l’habitude de fonctionner ensemble. Et on a aussi bénéficié de l’expérience de ces deux papys (rires). C’était vraiment cool. C’était plus long que la Volvo car on ne passe jamais plus de 25 jours en mer. Là, 47 c’est un peu plus long mais le bateau va plus vite, on change de phénomènes météo, de terrains de jeu assez régulièrement, ce qui permet de pas mal nous occuper, mais les moments où on n’avait pas beaucoup de vent et qu’on prenait un peu de retard sur les routages… C’est un peu long. On a eu des conditions superbes pour le cap Horn, on est passé juste à côté. Pouvoir profiter comme ça de ce caillou mythique c’était dingue. Tu peux faire cinq tours du monde et ne jamais le voir, là on est passé juste à côté, c’était super beau, on a eu le temps d’en profiter et de le regarder. C’était vraiment cool. »

Loïc Le Mignon, Chef de quart, 5ème tour du monde
« J’ai été appelé en dernière minute, j’ai pris le train en route, il a fallu s’adapter assez vite à l’équipage et au bateau. On s’est assez vite rendu compte du potentiel du bateau quand on a battu le temps Ouessant-équateur. Mais après, on a buté dans tous les systèmes qu’on trouvait donc il a fallu se résoudre à subir plutôt qu’à faire les routes qu’on voulait. Tout le grand Sud a été compliqué, à chercher les bonnes routes, en allant dans le Sud, dans le froid, les vagues… Et du cap Horn à la remontée on a eu une mer croisée, assez pénible, on n’a même pas pu accélérer un peu. C’est un tour du monde assez frustrant mais on est satisfait car on a fait ce qu’on pouvait. L’équipage a bien marché. Les jeunes étaient plutôt habitués à faire avancer vite le bateau, à le régler tout le temps alors que nous, on a l’habitude de faire des tours du monde donc c’est plutôt sur la longueur qu’on fait le job. Mais on a trouvé un terrain d‘entente. C’était sympa de passer les îles en ayant des documents qu’Erwan avait préparés. D’habitude on passe là, on voit un caillou et puis c’est tout. Là il y avait toute la documentation, combien de personnes habitaient là, ce qu’ils y faisaient… Ça change un peu. »