Spindrift racing mène le peloton

La flotte des MOD70 a repris la mer hier en direction de Cascais , la première nuit a été musclée avec du près pour la descente le long de la côte est de l’Irlande. Race for Water, qui avait pris un bon départ a connu quelques problèmes la nuit dernière avec la rupture du système d’ouverture du blocage de la grand-voile obligeant le numéro 1 du bord a une escape en tête de mât pour le remplacer, reléguant le bateau suisse à 8 milles.

Spindrift racing profitait de cette avarie pour prendre la tête de la flotte durant la nuit et mène toujours ce soir, Yann Guichard et ses hommes ont enroulé la marque du Fastnet  avec cinq milles d’avance ce matin devant  Musandam-Oman Sail.

L’équipage omanais choisissaient de se décaler à l’ouest, suivi quelques heures plus tard par Groupe Edmond de Rothschild, les trois autres équipages : Spindrift racing, Foncia et Race for Water ont choisi une route plus à l’est.

Les partisans de l’Ouest espèrent s’écarter d’un front qui va laisser la place à une dorsale atlantique, ce qui obligera les équipages  à basculer de l’autre côté de cette dorsale pour toucher de nouveau une brise de secteur Est. L’arrivée au Portugal devrait se faire dans des vents faibles et portants le long du Portugal, ce qui pourrait de nouveau créer un regroupement au large de Cascais.

Les messages des skippers ce jour :

Michel Desjoyaux sur Foncia : « Cet après-midi, on a tapé quelque chose avec le safran central et le fusible a donc rempli son office : le safran s’est relevé. On essayé à plusieurs reprises de le remettre à sa place, mais pour ça il faut ralentir, mais comme on avait Gitana juste dernière nous, au bout de trois tentatives infructueuses, le safran refusant de descendre bien à sa place et de se verrouiller, on a remis en route sans safran central. Le vent était de 25 nœuds et la mer bien formée, et le safran de flotteur remplissait son rôle seul, comme quand la coque centrale décolle fort, ce qui, somme toute, arrive souvent. Quand le vent a molli, on a été vérifié l’état du boitier de safran, et on s’est rendu compte que le cordage de descente était coincé à un endroit qui ne lui était pas destiné… On a été obligé de le couper sur place, n’arrivant pas à le dégager, suspendu dans un baudrier au dessus de l’eau, contre le tableau arrière, le tout à 20 nœuds dans les vagues… On a repassé un cordage sur le bon circuit, et le safran a retrouvé son élément, et avec la mer qu’il y a, c’est mieux ainsi pour le contrôle de trajectoire du véhicule… »

© Mark Lloyd / MOD S.A.

Yann Eliès sur Spindrift racing « On a passé le Fastnet en début de matinée au près et depuis, on a continué au près sur l’autre bord : nous venons tout juste d’ouvrir un peu les écoutes à une vingtaine de nœuds. Le front n’est en fait toujours pas passé puisque nous sommes à une soixantaine de degrés du vent et cela ne devrait franchement basculer au Nord-Ouest qu’en milieu d’après-midi : on pourra hisser le gennaker et naviguer dans des conditions plus confortables que ces dernières 24h qui ont été assez rock’and roll. La mer commence à bien se calmer : on sent qu’on approche du thalweg et que le vent est plus faible devant. Ça n’a plus rien à voir avec ce que nous avons connu le long des côtes irlandaises où ça tapait beaucoup, mais le MOD70 passe vraiment bien dans la mer. On a vu une silhouette derrière nous dans le ciel gris qu’il y avait encore ce matin : maintenant, le soleil commence à poindre et on va pouvoir reprendre le rythme des quarts. J’ai pu enlever mon ciré ce midi et sécher un peu : on va se reposer un peu… »

 

Le point sur l’European Tour

L’arrivée de la première étape de l’European Tour qui s’est disputée entre Kiel et Dublin a été haletante avec un superbe finish jeudi dernier. Yann Guichard et ses hommes sur Spindrift racing avaient mené sur la quasi totalité de l’étape avant de se faire rejoindre dans les derniers milles par ses deux poursuivants, qui profitaient de vents évanescents pour rejoindre le leader.

Foncia mené par Michel Desjoyaux et Groupe Edmond de Rothschild de Sébastien Josse naviguaient donc à vue avec Spindrift racing, et c’est Michel Desjoyeaux qui passait le trimaran noir et coupait la ligne avec 31 secondes et 1 minutes 15 sur le trimaran du Gitana Team.

Les marins embarqués sur les cinq MOD70 avaient rencontré des conditions variées sur cette première étape avec  une belle brise portante pour remonter le long des côtes danoises puis un vent mollissant lors de la descente vers le Pas de Calais et des airs très faibles lors de l’approche sur l’Iralande.

A l’issue de cette première étape hauturière entre Kiel et Dun Laoghaire, FONCIA conservait son avance acquise grâce aux City Races courues en Allemangne.
Arrivées à Dun Laoghaire (heure GMT)

1-Michel Desjoyeaux (FONCIA) à 23h 19’ 09 le 5 septembre en 3j 10h 49’ 09

2-Yann Guichard (Spindrift racing) à 23h 19’ 40 en 3j 10h 49’ 40

3-Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild) à 23h 20’ 26 en 3j 10h 50’ 26

4-Stève Ravussin (Race for Water) à 23h 54’ 25 en 3j 11h 24’ 25

5-Sidney Gavignet (Musandam-Oman Sail) à 00h 54’ 00 le 6 septembre en 3j 12h 24’ 00

Les régates reprenaient après une courte pause en Irlande avec de nouveau des city races, là aussi avec des conditions variées de vent. Les acteurs du circuit semblent avoir pris goût au final à suspense puisqu’il fallait attendre les ultimes confrontations pour sacrer le vainqueur de ces courses côtières.  Ce sont de nouveau les équipages de Foncia, Spindrift racing et Groupe Edmond de Rothschild qui s’illustraient  ; en effet Yann Guichard, Michel Desjoyeaux et Sébastien Josse terminaient la dernière régate en flotte à égalité de points; Les équipages se départageaient donc sur le Speed Match : un aller-retour entre deux bouées. C’est Spindrift racing qui prenait la tête de la flotte avec un départ canon  devant Groupe Edmond de Rothschild alors que FONCIA  ratait le départ. Yann Guichard et son équipage exécutaient un empannage parfait et franchissait en vainqueur la ligne et remportaient donc cette City Race.

Classement de la Dun Laoghaire City Race après six manches

1– Spindrift racing (Yann Guichard) 12+11+9+11+12+8 = 63 points

2- Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) 9+10+11+12+11+10 = 63 points

3- FONCIA (Michel Desjoyeaux) 11+12+12+10+9+9 = 63 points

4- Race for Water (Stève Ravussin) 10+9+10+8+8+12 = 57 points

5-Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet) 8+8+8+9+10+11 = 54 points

Au classement général provisoire, Foncia conservait cinq points d’avance sur Spindrift racing et 10 sur Groupe Edmond de Rothschild troisème, Race for Water est 4ème à 20 points et Oman Sail Musandam ferme la marche à 24 points du leader.

J-10 avant l’European Tour

La flotte des cinq MOD70 va faire sa rentrée dans 10 jours à Kiel avec le départ de l’European Ocean Race.

Race For Water, FONCIA, Groupe Edmond de Rothschild, Spindrift racing et Musandam-Oman Sail sont en route pour l’Allemagne. Les équipages s’affronteront dès le 31/08, pour des courses à proximité du rivage, les City Race avant de s’élancer pour  Dùn Laoghaire (Dublin) en Irlande, seconde étape de cette épreuve, viendront ensuite Cascais au Portugal, Marseille en France pour se conclure à Gênes en Italie.


Les skippers des trimarans monotypes se sont entourés du gratin du multicoque pour ce tour de l’Europe. Yann Guichard, qui a  remporté la KRYS OCEAN RACE embarque à bord de Spindrift racing : Pascal Bidégorry et le vainqueur de la Solitaire du Figaro Yann Eliès.

Michel Desjoyeaux embarque trois des détenteurs du trophée Jules Verne : Thierry Chabagny, Emmanuel Leborgne et Xavier Revil.
Le skipper suisse Stève Ravussin sur Race For Water, s’entoure quant à lui Franck Cammas et Thomas Coville, avec qui ils avaient détenus le Jules Verne sur Groupama 3.

Sidney Gavignet naviguera avec Brian Thompson, également détenteur du Jules Verne. Sébastien Josse, conserve lui son équipage habituel.

A noter l’arrivée d’exoscale en tant que sponsor de cette épreuve.

Les équipages engagés :

Race For Water : Stève Ravussin (SUI), Yvan Ravussin (SUI), Franck Cammas (FRA), Thomas Coville (FRA), François Morvan (FRA), Loïc Forestier (SUI), Tanguy Cariou (FRA), Nicolas Heintz (FRA), Gurvan Bontemps (FRA), Benoît Lequin (FRA)

FONCIA : Michel Desjoyeaux (FRA), Antoine Carraz (FRA), Thierry Chabagny (FRA), Charles Caudrelier (FRA), Emmanuel Leborgne (FRA), Xavier Revil (FRA), Sébastien Col (FRA), Alban Rosselin (FRA), Nicolas Texier (FRA), Julien Falxa (FRA)

Groupe Edmond de Rothschild : Sébastien Josse (FRA), David Boileau (FRA), Florent Chastel (FRA), Cyril Dardashti (FRA), Olivier Douillard (FRA), Christophe Espagnon (FRA), Antoine Koch (FRA), Thomas Rouxel (FRA)

Spindrift racing : Yann Guichard (FRA), Léo Lucet (FRA), Pascal Bidégorry (FRA), Jacques Guichard (FRA), Jean-Baptiste Levaillant (FRA),Yann Eliès (FRA), Kevin Escoffier (FRA), Devan Le Bihan (FRA)

Musandam-Oman Sail : Sidney Gavignet (FRA), Fahad Al Hasni (OMA) Moshin Al Busaidi (OMA) Khamis Al Amburi (OMA) Brian Thompson (GBR) Jean-François Cuzon (FRA) Thomas Le Breton (FRA) Michi Mueller (GER)
Les étapes offshore:

Etape 1: Kiel, Allemagne –  Dùn Laoghaire, Baie de Dublin, Irlande1188 milles – Départ: 2 septembre
Etape 2: Dùn Laoghaire, Baie de Dublin – Cascais, Portugal1215 milles – Départ : 9 septembre
Etape 3: AROUND PORTUGAL RACE558 milles – Départ : 17 septembre
Etape 4 : Cascais –  Marseille, France – 1071 milles – Départ : 20 septembre
Etape 5 Marseille – Gênes, Italie 672 milles – Départ : 30 septembre

Banque Populaire V amarré à Lorient

Les nouveaux détenteurs du Trophée Jules Verne ont fait leur retour dans leur port d’attache hier à 18h. 3000 personnes avaient fait le déplacement sur les pontons de la BSM de Lorient pour accueillir les quatorze marins, leur patience a été récompensée après deux heures d’attente suite à une pétole inattendue entre Brest et Lorient.
L’aventure du maxi multicoque aux couleurs de la Banque Populaire va désormais se terminer, comme l’a dévoilé au Télégramme Chantal Petrachi, Dir Com de la banque. Le bateau sera très probablement mis en vente, comme l’est actuellement son prédécesseur Groupama 3 qui s’affiche à 4,5 millions d’euros, reste à trouver un sponsor prêt à repartir à l’aventure.


Les réactions des équipiers suite à ce Trophée Jules Verne

Thierry Chabagny :

 » L’arrivée à Brest hier était un grand moment. C’était incroyable de voir autant de monde motivé, un samedi matin, en hiver, dans la rade. On a tous été surpris par l’engouement que ça a provoqué. Le passage de la ligne, la remontée du Four sont des endroits où je passe une quinzaine de fois par an, alors le fait d’y entrer avec ce bateau là et d’en ressortir aussi vite quand d’habitude j’y passe quelques heures c’est hallucinant. De la même façon, la dernière journée et le fait d’être à midi au Fastnet et le soir à Ouessant m’ont aussi rappelé que ça faisait 45 jours que je naviguais sur une bombe, sur un bateau incroyable. Quand on est milieu de l’eau et qu’on fait des journées de 700 milles on s’habitue presque et quand on en fait une de 400, on est presque un peu déçu. Le fait d’avoir eu hier la côte prêt de nous et des repères précis nous a permis de prendre encore plus la mesure de la vitesse de ce bateau là. De plus, pratiquer beaucoup de solitaire m’a mis en évidence le fait que l’équipage est un exercice qui enrichit énormément, à la fois sur le plan technique et sur le plan humain. Cette aventure permet d’avancer en tant que marin et en tant qu’homme « . 

Pierre-Yves Moreau :

 » Il y a une réelle satisfaction à arriver. Ca fait trois ans que je suis au sein du Team Banque Populaire sur ce bateau et un peu plus d’un an que je suis boat captain. Mon rôle à bord est de faire en sorte que le bateau soit prêt techniquement quand on prend la mer et c’est vrai que c’était ma principale inquiétude quand j’ai pris le départ, mis à part le fait que je n’avais jamais fait de tour du monde. Le parcours a forcément été différent dans la longueur par rapport à ce que j’avais vécu, pas dans la dureté. Ce n’est pas le plus dur que j’ai fait en navigation par contre j’ai pris énormément de plaisir parce qu’on arrive dans un projet comme celui-ci, à quatorze, à avoir vraiment des moments où on se repose, où on décompresse, où on peut franchement dormir. C’était très agréable sur ce bateau, avec en plus une ambiance exceptionnelle. Loïck a vraiment su donner un climat et un ton particulièrement agréables « .

Thierry Duprey du Vorsent :

 » 45 jours de bonheur tout court, de bonheur à la barre, de sensations de glisse. 45 jours de cohésion d’équipage avec un skipper hors pair qui nous a vraiment mis en confiance. Personnellement je n’ai jamais été inquiété alors qu’on a quand même navigué dans des endroits qui nous on fait descendre bien Sud. On a navigué sereinement et gardé de belles images de glaces, d’îles lointaines comme les Kerguelen. J’étais le dernier arrivé à bord et même si on se côtoyait par la force des choses les uns les autres, sur différents circuits, je n’avais quasiment jamais navigué ni avec les uns ni avec les autres. Il y avait aussi ce challenge là pour moi, mais ça s’est superbement bien passé « .

Emmanuel Le Borgne :

«  Pour moi, si on partait de Brest, il fallait qu’on revienne à Brest quoi qu’il arrive, ne serait-ce que pour repasser le goulet. Le symbole est important et la boucle est bouclée. D’un point de vue plaisir sportif, c’est toujours un émerveillement de barrer ces bateaux là. Banque Populaire V est vraiment très costaud. En terme de fiabilité il y a un gros travail qui a été fait cette année par rapport à des petits soucis rencontrés l’année dernière et je suis agréablement surpris de voir que les quelques petits problèmes rencontrés auraient certes pu être préjudiciables pour la performance, mais jamais pour l’intégrité. C’est vraiment satisfaisant de revenir avec un bateau en très bon état et qui fonctionne encore. En tant que responsable médical je n’ai vraiment pas eu de boulot ; des petites choses courantes mais rien d’important à gérer. C’est plutôt une bonne chose parce qu’on se rend vite compte que si on avait dû faire des points de suture par exemple, je ne sais pas comment on aurait fait certaines fois, parce que le bateau volait littéralement. Je suis très content qu’on n’ait pas eu à essayer. L’avantage, c’est que ces bateaux vont maintenant tellement vite qu’on peut se permettre d’aller dans des zones où la mer sollicite moins la machine et les marins et donc en théorie on peut revenir dans un meilleur état « .

Xavier Revil :

 » Je suis très très heureux d’avoir bouclé ce tour du monde. J’ai pris beaucoup de plaisir sur l’eau, beaucoup de plaisir à barrer ce bateau et à être avec toute l’équipe. C’est une page de tournée. Ce sont trois ans de travail et on est tous très content de pouvoir offrir cette victoire aujourd’hui. Ca ne change pas ma vie de marin, ça me confirme juste que ce que je fais, je l’aime et que j’ai envie de continuer. Ca ne fait que trois ans et demi que je suis dans la course au large, avant j’étais dans l’olympisme entre les bouées. Ce voyage de 45 jours  me prouve que j’ai vraiment envie de continuer dans cette direction. Je veux remercier l’équipe technique de Banque Populaire qui a fait un travail formidable. On a un bateau qui revient dans un état exceptionnel. On a des choses qui ne fonctionnaient pas qui ont fonctionné à merveille sur ce tour du monde, ça veut dire qu’on a progressé. Ce qu’on a fait pendant 45 jours l’est en grande partie grâce à la préparation du bateau. Il font intégralement partie de la performance, il faut vraiment leur rendre hommage « .

Jean-Baptiste Le Vaillant :

 » J’avais fait tous les records à bord de Banque Populaire, mais pas les tentatives de Trophée Jules Verne. Cette année, les circonstances se prêtaient à un tour du monde pour moi et en plus c’était à l’invitation de Loïck Peyron qui est un vieux complice. C’était sympa de finir une histoire : participer au design du plan de voilure, faire les premiers essais et après ça faire le tour du monde… La boucle est bouclée et ce n’est pas si mal que ça. J’espère qu’il y aura d’autres histoires avec ce bateau parce que depuis la première journée j’ai pris du plaisir à naviguer à bord « .

Yvan Ravussin :

 » C’est fantastique, c’est du pur bonheur ! Et puis ça fait du bien, c’est relaxant. Parce que de faire partie de ce projet depuis le début avec ces trois années de stand-by, toute la mise au point qui a été faite avec Pascal Bidégorry, a demandé de l’investissement. On a pris un pied gigantesque. On était une équipe géniale et je suis vraiment content de finir ça aujourd’hui dans ces circonstances. Je n’aurais jamais fait de tour du monde si ça n’avait pas été sur un bateau comme ça. J’aime la vitesse, je n’allais pas faire ça sur n’importe quel bateau. Si j’ai dit oui à l’époque à Pascal, c’est parce qu’il y avait ce bateau qui se construisait. Cette aventure a été quelque chose d’incroyable. »

A noter qu’Yvan permet aussi au Trophée Jules Verne de rester chez les « Ravussin », puisque Steve, son frère était sur Groupama 3.

Florent Chastel :

  » Trois Trophée Jules Verne à mon actif mais trois expériences différentes, parce qu’à chaque fois même si le parcours est le même, les conditions changent, les bateaux évoluent et celui-là est une machine de guerre. Pour mon premier Jules Verne, il y avait ce rêve de faire le tour du monde. Le deuxième, le bateau était plus fiable mais on n’a pas trop tiré dessus et en revanche on a eu des conditions météo de rêve. Là on arrive sur un bateau qui est vraiment abouti. C’est la première fois qu’on navigue sur des bateaux qui peuvent aller entre 35 et 40 nœuds sans souci. Sans que ce soit naturel, ça se fait bien. A côté de ça, j’ai eu la chance de participer à la conception du bateau et donc de donner mon avis sur mon domaine que sont les bouts. Le fait d’arriver au bout de cette aventure et de cette manière est une grande satisfaction. Je suis prêt à repartir et j’espère re-naviguer très vite sur ce bateau. C’est un très joli jouet « .

Frédéric Le Peutrec :

« Chaque Trophée Jules Verne n’est jamais exactement la même chose. Le challenge est toujours différent et pour ce qui concerne celui que nous venons de faire, nous avons eu la chance de naviguer sur une machine taillée pour. Le Jules Verne est une histoire d’acharnement qui tourne à l’obsession et qui prend beaucoup de temps. A titre personnel, depuis 2007, j’ai passé chaque hiver en stand-by, c’est un peu usant. Je suis ravi que cet hiver nous ayons pu partir et que cette tentative ait été couronnée de succès. Tous les barreurs ont pris un plaisir incroyable à barre de ce bateau dans une mer formée. Banque Populaire est très abouti. C’est un bateau magnifique, très complet ! « 

Juan Vila :

 » Je passais entre 14h00 et 16h00 à la table à cartes. Je sortais seulement pour les manœuvres. Paradoxalement, les 45 jours sont passés vite ! Nous étions en contact permanent avec Marcel, principalement par email. Nous utilisions le téléphone lors des décisions critiques, comme le pot au noir ou les Kerguelen. On échangeait nos idées et prenions toutes les décisions ensembles. C’était très intéressant de pouvoir échanger avec quelqu’un qui avait un regard extérieur sur notre progression. Je suis enchanté d’avoir fait partie de cette aventure et même si on savait que les gens suivaient notre progression, je ne m’attendais pas à voir autant de monde à notre arrivée à Brest. Cette arrivée restera mon plus grand souvenir et c’est la plus belle récompense pour l’équipe dans son intégralité « .

Brian Thompson :

 » Plusieurs aspects nous ont permis d’obtenir ce record: la technologie du bateau et ses capacités, la météo que nous avons eu, mais surtout les hommes ! C’était vraiment un privilège de naviguer avec eux, et notamment avec Loïck, qui est un type adorable. Il est concentré et détendu en même temps. Il prend soin du bateau et de l’équipage, tout en gardant l’objectif à l’esprit. C’était très  intéressant d’être le seul anglais à bord d’un bateau de conception française issue d’une expertise 100% française et composé d’un équipage principalement français. C’était une immersion totale et je n’aurais pas imaginé que cela puisse aussi bien se passer. J’ai vraiment apprécié la façon dont ils savent pousser le bateau au maximum de ses capacités pour  aller très vite, mais le tout d’une manière très ‘safe’. Ils ont travaillé sur le projet pendant quatre ans et ils ont fait quelques ajustements. C’est toute l’équipe qui remporte le record d’aujourd’hui, y compris l’équipe technique. Pour moi le meilleur point de ce record était l’ambiance du bord. La gentillesse, l’humour et l’optimisme des hommes pendant 45 jours a vraiment été fantastique. Cela a vraiment joué dans cette victoire. Cela a été un privilège pour moi que de naviguer sur ce Trophée Jules Verne « .

A découvrir l’arrivée du maxi trimaran Banque Populaire V à Brest par Christophe Launay.

Banque Populaire V de retour à Lorient à 16h, après un Trophée Jules Verne victorieux

L’équipage du trimaran Banque Populaire V a décroché le Trophée Jules Verne vendredi soir à 23h15 après 45 jours 13 heures 42 minutes 53 secondes de mer, les marins ont bouclé leur tour du monde après 29 002 milles à une vitesse moyenne de 26,51 nœuds.

Ces marins ont été accueilli par une foule nombreuse à Brest hier matin, ils seront de retour à leur port d’attache à la BSM de Lorient cette après midi vers 16h, pour un nouvel accueil triomphal.

L’équipage du maxi a donc effectuée une superbe boucle autour du monde, maintenant le trimaran en avance sur le record de Groupama 3 sur l’intégralité du parcours.

Loïck Peyron, Juan Villa, Ronan Lucas, Thierry Chabagny, Yvan Ravussin, Pierre-Yves Moreau, Emmanuel Le Borgne, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Jean-Baptiste Le Vaillant, Brian Thompson, Thierry Duprey Du Vorsent décrochent leur premier Trophée Jules Verne, alors que Fred Le Peutrec entre dans le cercle des doubles détenteurs (Groupama 3 en 2010) et Florent Chastel des triples vainqueurs (sur Orange I et II en 2002 et 2005) de ce tour du monde.

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Loïck Peyron, skipper du Maxi Banque Populaire V :  » Ce ne sont pas seulement 45 jours de mer que nous venons de faire, ce sont des décennies de travail, des années d’engagement de la part de Banque Populaire dans la voile. Il faut rendre hommage également à Pascal Bidégorry qui a conçu ce bateau et à Hubert Desjoyeaux qui l’a construit et nous a malheureusement quitté il y a peu, et à toute cette équipe bien sûr. Ce genre d’histoire nous fait monter en pression pendant pas mal de temps et il faut être patient pour que ça retombe aussi. Nous avons eu cette chance extraordinaire de pouvoir nous reposer les uns sur les autres. La confiance que nous avions les uns dans les autres fait qu’on est assez reposé paradoxalement. Etonnement, cette course n’est pas la plus fatigante. Tous les records sont fait pour être battus et celui-là le sera un jour où l’autre. S’il y a un bateau pour le battre, c’est celui-là ! « .

François Pérol, Président du Groupe BPCE  : » Cet exploit d’un équipage de quatorze hommes aussi talentueux que résolus constitue un magnifique symbole de la vitalité et de la force de l’esprit d’entreprendre. Tous les collaborateurs se reconnaissent dans l’aventure collective de Loïck Peyron, de son équipage et toutes celles et ceux qui à terre ou en mer  ont participé depuis 5 ans à la réalisation de ce projet « 

Yves Breu, Directeur Général de la Banque Populaire de l’Ouest : «  L’histoire de ce projet, c’est l’illustration parfaite de l’état d’esprit qui anime Banque Populaire au quotidien, une banque audacieuse, qui stimule et encourage les initiatives : soutenir et accompagner dans la durée toutes celles et ceux qui ont un rêve, y croient, se donnent les moyens de le transformer en projet concret et le conduire à la réussite « 

Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire et navigant :  » Je suis content que nous décrochions ce record parce que je me dis que le travail paie et que ça fait du bien de s’acharner et de se dire qu’on va y arriver, d’y croire, de se battre pour que les choses évoluent. J’avais ce rêve de gosse de faire le tour du monde, passer le Cap Horn, aller dans le Sud, voir les immenses vagues, les douze mètres de creux dans l’Indien. J’ai été très touché par l’accueil ici à Brest. On avait la terre de manière épisodique et on savait que l’histoire avait l’air de prendre. Mais d’arriver ici et de voir la digue noire de monde, on se dit que c’est dingue. Je n’aurais pas rêvé une arrivée aussi belle. C’était beaucoup d’émotion pour nous, mais également du côté de l’équipe technique, c’est leur récompense aussi. Ils n’ont pas vu les Kerguelen mais ils ont vu ce monde. C’est une immense fierté pour eux et aussi pour notre partenaire parce que Banque Populaire fait de la voile par conviction mais c’est bien aussi quand ça paie. C’est magique, je garderai cette arrivée toute ma vie dans ma tête. J’étais convaincu que Loïck Peyron était quelqu’un de brillant. J’avais envie de travailler avec ce Monsieur depuis déjà longtemps et il est plus que brillant. Il est doué pour tout ! C’est un vrai leader, tout le monde a eu envie de se saigner pour lui et il a trainé le groupe derrière lui  « 

Kévin Escoffier, responsable du bureau d’études et navigant : » Je savais que j’aimais beaucoup faire du bateau mais tu as toujours le petit doute quand tu pars 45 jours de te demander si tu vas toujours autant apprécier… Eh bien oui ! J’ai vraiment adoré chaque instant, à aucun moment je ne me suis dit : qu’est-ce que je fais là ? J’ai tout adoré, chaque moment je voulais que ça dure plus longtemps. C’est fantastique, ça me conforte d’autant plus dans ce que je fais, autant sur le plan technique que sur le plan marin. J’avais la casquette technique qui faisait que je me devais d’anticiper les problèmes parce que j’étais un ce deux qui connaissait le mieux le bateau en tant que responsable du bureau d’études « .

Marcel van Triest, routeur à terre :« Jusqu’à Bonne Espérance, tout s’est enchaîné correctement, avec le temps qu’on avait imaginé au départ de Ouessant et du vent tout le temps. Souvent l’Indien est un plat de résistance, pour nous ça s’est très bien passé. Il n’y avait pas de glaces et on pouvait plonger dans le Sud. Du coup on est passé au Sud des Kerguelen ce qui n’est pas très habituel avec un bateau comme ça. A l’Est de l’archipel nous avons rencontré notre deuxième épisode de glaces et la situation météo nous a permis de monter très Nord. Jusque là, tout s’était déroulé parfaitement. Après on a eu un Pacifique compliqué, avec l’hésitation de plonger Sud dans une mer très formée ou aller chercher une dépression qui tombait d’Australie. Ca s’est bien passé mais c’était déjà un peu complexe. Après on s’est trouvé avec ce vaste champ de glaces dans le Pacifique Sud et une météo pas coopérative pour la première fois. On a mangé notre pain noir et contourné une grande accumulation de glaces mais on a quand même accepté d’aller dans une zone où il y avait quelques icebergs. C’était jouable parce qu’on était au près, en décembre soit le plein été austral qui nous donnait donc 23 heures de lumière par jour. C’était quand même compliqué de gérer tout ça, on est presque aveugle au niveau glaces et dans cette histoire je suis le borgne ! J’en sais trop pour être ignorant et pas assez pour être tranquille. On s’est retrouvé ensuite derrière la fameuse dorsale et même avec Banque Populaire V on n’a pas pu la percer. On a vraiment tenté trois fois de la passer, mais c’était comme un vrai mur et la seule façon de se rapprocher du but c’était de longer le mur et de faire du Sud. Atlantique Sud, ça s’est très très bien passé. Sur la remontée, on fait un petit bidet qui n’était pas vraiment nécessaire, le seul reproche que j’ai peut-être à me faire. Dans le Nord, il y avait des milles supplémentaires à faire mais c’était un choix relativement simple à faire. On est content de ce qu’on a fait avec cette météo. J’ai longtemps pensé qu’on pouvait arriver en dessous des 45 jours, avec un Atlantique Nord normal on l’aurait fait. Un jour, en réunissant tous les éléments, je pense que les 40 jours seront tenables « .

Les réactions des anciens détenteurs :

Olivier de Kersauson : « C’est vraiment très bien ce qu’ils ont fait. C’est même exceptionnel. Je pense à Hubert Desjoyeaux qui en a construit quelques uns de ces bateaux exceptionnels. Le trophée Jules-Verne est un parcours ultime, c’est le record de référence. »

Franck Cammas : « Ils ont réalisé une première partie de tour du monde incroyable avec parfois plus de 2000 milles d’avance. Sur la seconde moitié, ils ont tenu le rythme pour finir avec plus de deux jours d’avance. C’est évidemment une super performance car c’est toujours compliqué de faire un tour du monde. A bord de bateaux qui vont aussi vite, il faut savoir tenir le rythme, les mener à la juste vitesse pour ne pas casser. L’équipage de Banque Populaire a su le faire et c’est du beau boulot. Il y a souvent eu de la frustration dans les trois dernières années. Je pense donc à ceux qui n’ont pas eu la chance de naviguer. Je tire aussi un énorme coup de chapeau à Ronan Lucas, le team manager. Entre la construction et la navigation, c’est lui qui s’est le plus impliqué dans ce projet. […] On peut évidemment descendre sous les 45 jours avec Groupama 3 comme avec Banque Populaire. Il faut juste avoir cette part de réussite avec la météo et avec le matériel. [….] 

(Concernant Fred Le Peutrec, qui faisait parti de l’équipage victorieux sur Groupama 3 en 2010)  Fred n’avait rien à perdre. Bravo à lui. Il est de tous les beaux projets. C’est un super barreur qui sait aller vite, en finesse. »

Bruno Peyron : « De manière symbolique et émotionnelle, oui, je suis ravi. Toute la famille est contente, on en plaisante en disant qu’on va ramener à la maman un quatrième Jules-Verne à la maison. Le hasard a fait que j’ai été le premier à le lancer, et à chaque fois qu’on me l’a pris, je suis retourné le chercher. Là, Loïck me venge de Cammas, c’est très bien, et j’ai envie de dire que si on nous le reprend, on y retournera ! »

A lire également l’interview de Pascal Bidégorry, l’ancien skipper du maxi trimaran sur Sud Ouest, de Loïck Peyron sur Ouest-France et le Télégramme ; de Vincent Lauriot Prévost, architecte du bateau, qui revient sur les possibles améliorations du trimaran, toujours sur Ouest France.

L’équipage de Banque Populaire V décroche le Trophée Jules Verne

L’équipage du maxi trimaran Banque Populaire V vient de battre le Trophée Jules Verne il y a 30 minutes, après avoir repassé la ligne entre Ouessant et le Cap Lizard.

Loïck Peyron et ses hommes auront bouclé leur tour du monde en 45j 13h 42min 53s, améliorant le record de l’équipage de Franck Cammas sur Groupama 3 de 2j 18h 1min 59s.

Ils auront parcouru 29 002 milles à une moyenne de 26,51 noeuds.

Retour en Atlantique pour l’équipage de Banque Populaire V

Les quatorze marins constituant l’équipage de Banque Populaire V ont franchi le Cap Horn ce matin à 7 heures 50 minutes et 30 secondes ce 23 décembre (heure de Paris), après 30 jours 22 heures 18 minutes et 48 secondes de mer. La traversée du Pacifique n’aura pas été de tout repos pour l’équipage qui aura du faire face à une vaste zone de glaces à contourner, puis à une dorsale anticyclonique qui les a longuement ralentis, Banque Populaire V affiche donc un chrono de 10 jours 15 heures 7 minutes et 15 secondes entre la Tasmanie et le Cap Horn, ce record intermédiaire reste donc la propriété de Bruno Peyron et de l’équipage d’Orange II en 2005 avec un temps de 8 jours et 18 minutes.

Les conditions de mer étaient trop musclées pour un passage à vue du troisième cap de ce tour du monde, comme l’explique le skipper Loick Peyron : «  Il n’a pas été possible de passer plus proche du cap Horn, les conditions de mer qui sont déjà pas mal formées là où on se trouve, sont encore plus fortes du côté du caillou. Mais les jeunes impétrants du bord sont tous cap-horniers et ils sont ravis ! Les conditions nous permettent d’attaquer un petit peu, plus que ce qui était possible il y a une semaine ou dix jours, parce qu’aujourd’hui nous n’avons plus qu’une journée d’avance ».

© BPCE

Le retour du vent a permis à l’équipage d’allonger la foulée depuis hier, Banque Populaire V file donc à plus de 30 noeuds  à l’Est, vers la Géorgie du Sud, le skipper :  » Le vent va mollir toute la journée d’aujourd’hui et se renforcer demain, au Nord Ouest d’une dépression centrée sur la Géorgie du Sud. Une fois qu’on aura empanné, on va pouvoir faire du Nord et retrouver de la chaleur. Ce risque d’être la remontée à l’Equateur la plus rapide que j’ai jamais faite. A priori ce sera dans des temps meilleurs que celui de Franck Cammas et son équipage, et que le record absolu détenu par Bruno, mon grand frère « .

En effet Marcel van Triest, routeur à terre prévoit une remontée rapide vers l’Equateur, il donne également une estimation possible du temps de ce Trophée Jules Verne  :  » Ils vont avoir une mer relativement musclée et vont devoir faire ce crochet par la Géorgie du Sud. Demain matin, ils vont empanner et remonter plein Nord. Ce sera la journée des grands changements. Pour l’instant, ils devraient être très rapides jusqu’au large de l’Uruguay. Ensuite, il y a aura une transition au large du Brésil. Ils devraient arriver à l’Equateur entre sept et huit jours, ce qui est un temps très correct. Au final, il n’est pas impossible de s’approcher des 45 jours… »

Le maxi Banque Populaire V possède ce soir 560 milles d’avance sur le temps de Groupama 3.

L’avance de Banque Populaire fond avec la dorsale anticyclonique

L’océan Pacifique n’en finit pas de ralentir l’équipage de Banque Populaire depuis 5 jours, après avoir été contraint de prendre une route très nord du fait d’icebergs présents en nombre, l’équipage du maxi trimaran est désormais bloqué par une dorsale anticyclonique.

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Cette dorsale continue à se déplacer vers l’est et barre la route du bateau vers le Cap Horn, obligeant les marins à manoeuvrer afin d’optimiser la route du multicoque, la prochaine dépression en arrière de ce front ne devrait « embarquer » le bateau que demain, ce qui permettra de reprendre une route plus directe.
Loick Peyron à la vacation du jour  : « Ca manœuvre ! On vient juste d’empanner une deuxième fois depuis ce matin. On se bagarre dans des conditions compliquées. Nous sommes à un passage à niveau. En ce moment, nous avons 8 nœuds de vent, nous avançons à 11 nœuds et pas du tout sur la route. On risque de mettre au moins 24 heures de plus que prévu pour arriver au cap Horn, mais c’est vrai qu’entre le contournement par le Nord de la zone de glaces qui a entraîné la négociation d’une grosse dépression et maintenant cette dorsale, la situation n’est pas simple. Soit on arrive à passer devant cette dorsale dans quelques heures, ce qui m’étonnerait beaucoup, soit il faut faire avec jusqu’au Horn. C’est un vrai barrage entre deux dépressions, une devant nous et une derrière. Entre les deux, il y a ce petit morceau d’anticyclone. Ca va être relativement long… On sera plutôt au cap Horn le 23 décembre, dans la journée « . 

Le 3ème Cap devrait donc être franchi vendredi, avec une avance encore plus ténue sur le temps de référence, malgré tout l’Atlantique sud semble plus souriant que ce qu’avait connu l’équipage de Groupama 3 en 2010 : « On sent notre concurrent tout proche. On peut sentir son souffle froid ! En 2010, Groupama 3 était passé beaucoup plus Sud que nous dans le Pacifique, preuve qu’il y avait sans doute moins de glaces et là ils déboulent virtuellement à 28 nœuds. C’est sympa d’avoir ce type d’informations, ça fait frémir ! Mais on espère se refaire à partir du Horn, on se bagarre pour cela. Les conditions en Atlantique Sud ne semblent pas mauvaises même si elles ont tendance à se dégrader et on devrait avoir de meilleures conditions que celles qu’ont eu nos amis il y a presque deux ans « .

Le trimaran possède encore ce soir une avance de 780 milles sur le record.

Cap au sud pour Banque Populaire V

Vingtième jour de mer pour l’équipage de Banque Populaire V, les marins possèdent toujours une confortable avance (2100 milles) sur le record de Groupama 3, ils naviguent actuellement au sud de la Tasmanie par 53° Sud, bénéficiant d’un vent d’Ouest de 30 nœuds et d’une longue houle leur permettant de plonger au sud est.
Ils ont fait leur entrée dans le Pacifique avec un nouveau record intermédiaire entre le Cap des Aiguilles et le Sud de la Tasmanie (record de l’Océan Indien).
Loïck Peyron à la vacataion est revenu sur les conditions actuelles :  » L’état de la mer s’est amélioré. La houle devient très longue. On a passé un début de nuit très difficile avec une mer très courte. Il fallait ralentir pas mal, mais maintenant ça va. On n’a malgré tout pas pu éviter une chute dans une vague assez impressionnante ce matin, en battant certainement le record de vitesse instantanée du bateau en dépassant les 48 nœuds… et en chute libre. C’était plutôt Newton qui nous aidait qu’Eole . Il y a des creux d’une dizaine de mètres parfois, mais avec une très longue période, pas loin de 200 mètres, entre chaque crête. Ca rend les choses parfaitement maniables. Il n’y a que dans le Sud qu’on voit des périodes aussi longues. Les vagues avancent à une trentaine de nœuds, un petit peu comme nous, ce qui fait qu’on arrive vraiment à glisser dessus et c’est vraiment très joli « .

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Le skipper expliquait également que l’équipage va poursuivre sa route au sud, vraisemblablement jusqu’à 56° sud, avant de devoir de nouveau faire route au nord pour éviter une zone où des icebergs ont été signalés :  » D’après les informations dont nous disposons, il n’y a pas de glaces dans les 48 heures qui viennent. En revanche, au milieu du Pacifique, on a déjà la position d’un certain nombre de « glaçons » dont un gros bébé de 7 kilomètres de long dont on sait pertinemment qu’il est en plein milieu mais beaucoup plus Nord, par 53°/54°. On va remonter tout doucement pour éviter cette zone de glaces qu’on a d’ores et déjà délimitée « . 

Avant cette zone de glaces, les marins vont devoir faire face à des conditions très musclées dans 48 heures :  » On sait qu’on va rencontrer des conditions difficiles dans 48 heures, juste après la Nouvelle-Zélande, en bordure d’un anticyclone. On va avoir des vents de Nord très très forts. On va être plein vent de travers avec 40 nœuds vraisemblablement. Il va nous être impossible de les éviter et ça ne va pas être très confortable parce que c’est l’allure où on ne peut pas ralentir, ou très difficilement. J’ai l’impression que ça va peut-être se terminer sous mât seul ou peut-être la grand-voile à trois ris, au minimum. Et puis tout de suite après, il n’y aura pas beaucoup de vent parce qu’il y a cet anticyclone. Pour l’instant, il y a une prévision d’une grosse dépression juste avant le cap Horn. A priori elle est une peu stationnaire dans cette zone. Mais on s’attend de toutes façons à tout à ces latitudes un peu complexes. Ca ne peut pas être une promenade de santé « .

L’équipage va donc profiter de conditions plus légères demain afin d’effectuer une inspection du trimaran et plus particulièrement du mât si les conditions de mer le permettent.

A découvrir sur Libération.fr un article sur le travail du routeur à terre du maxi Banque Populaire V, Marcel Van Triest.

Nouveau record intermédiaire pour Banque Populaire V

Le maxi trimaran Banque Populaire V a passé la longitude du Cap de Bonne-Espérance ce matin à 07 heures 20 minutes (heure de Paris), après 11 jours 21 heures 48 minutes et 18 secondes de mer, Loïck Peyron et ses 13 équipiers battent donc un nouveau temps de référence depuis Ouessant améliorant l’ancien record de un jour et demi.

Leur avance ne cesse de croitre, les marins possédaient hier 1500 milles d’avance sur le record de Groupama 3, celle-ci se porte désormais à plus de 1800 milles.

Loïck Peyron est revenu sur cette descente expresse de l’Atlantique à la vacation du jour :  » Ce record est presque indécent ! Il y a quelques dizaines d’années, douze jours était le temps que Charlie Barr avait mis pour traverser l’Atlantique, un record qui a d’ailleurs tenu très longtemps. Aujourd’hui, c’est à peine le temps qu’il nous a fallu pour arriver au Sud de l’Afrique. Mais il ne faut pas oublier que nous avons sous les bottes une machine exceptionnelle. Banque Populaire est un outil extraordinaire qui se sert de l’intelligence des hommes et du travail d’une équipe. Ce que nous venons de faire n’était pas envisageable il y a trois ans. Il a fallu optimiser le bateau et accumuler une expérience incroyable « .

L’équipage s’est recadré sur une route plus sud il y a quelques heures afin de se positionner au mieux pour le passage des Kerguelen, le flux qui porte le trimaran devrait s’affaiblir à l’approche de l’archipel, puis les hommes de Banque Populaire 5 devrait reprendre une route plus nord, puisque des zones de glace sont signalées après les Kerguelen.

Le skipper :   » Nous avons enfin empanné il y a quelques heures et nous sommes tribord amures. Nous n’avions pas manœuvré depuis les Canaries, ce qui est aussi un record ! La mer est très formée et il faut se bagarrer à la barre pour ralentir parce que c’est casse bateau. Nous longeons actuellement un front et nous allons tricoter un peu pendant encore quelques heures avant d’arriver aux Kerguelen, demain pendant la nuit certainement. Depuis quelques heures, les efforts sont colossaux, le bateau est très sollicité. Il faut faire attention. […] Il y a ce long front au Nord duquel on glisse depuis quelques jours, le but est de s’en approcher et d’attendre que ça tourne. Les conditions vont se calmer, ça va devenir très léger vers les Kerguelen, dont on ne sait d’ailleurs pas encore si nous allons les passer par le Nord ou le Sud. Ce qu’on sait, c’est que la température de l’eau y est presque négative dans l’Ouest. Il y a une grosse zone d’icebergs après les Kerguelen. Nous allons remonter assez Nord pour l’éviter. Nous devrions être à Leeuwin dans une toute petite semaine. On bouclera sans doute l’indien en six jours, avec sans doute un nouveau record à la clé. Mais attention, ça peut être mou aux Kerguelen et un plus difficile derrière. C’est d’abord l’état de la mer qui fait qu’on est en avance ou pas, et pour le moment elle vient nous contrer. Mais a priori cette mer va devenir très favorable pour aller jusqu’à Leeuwin « .