L’Atlantique Nord en 3 jours 15 heures et une journée à 907 milles pour l’équipage de Banque Populaire V

C’est finalement l’équipage de Banque Populaire V qui sort double vainqueur du duel qui l’opposait à l’équipage de Groupama 3 sur l’Atlantique.

Les hommes de Pascal Bidégorry s’offrent le record de l’Atlantique Nord, à près de 33 noeuds de moyenne et celui des 24 heures avec une journée à 907 milles soit 37,08 noeuds de moyenne, ces deux records étaient détenus depuis deux ans par Groupama 3.

Pascal Bidégorry, Ronan Lucas, Kévin Escoffier, Yvan Ravussin, Ewen Le Clech, Sébastien Audigane, Florent Chastel, Jean-Baptiste Le Vaillant, Emmanuel Le Borgne, Marcel Van Triest, Pierre-Yves Moreau, Xavier Revil décrochent donc ces deux premiers records pour le maxi trimaran Banque Populaire V, dernier né des maxis multicoques.

Les impressions de Pascal Bidégorry, skipper de Banque Populaire V : « Je ne réalise pas bien encore ce que nous venons d’accomplir. J’avais déjà du mal à imaginer que nous puissions aller aussi vite sur 24 heures mais ce nouveau record me laisse partagé entre une immense émotion et une grande surprise. Cette victoire sur le temps vient récompenser trois années d’un travail considérable fourni par tout le Team, les préparateurs, le bureau d’étude, les architectes et l’ensemble des équipes de la Banque Populaire. Je suis vraiment extrêmement heureux de leur offrir aujourd’hui ces deux cadeaux : le record de vitesse en équipage sur 24 heures et le nouveau temps de référence sur l’Atlantique Nord.  Nous attendions cette première tentative avec impatience et elle était essentielle pour nous à quelques mois du Trophée Jules Verne. Je ne pensais pas qu’on pourrait traverser aussi vite. Nous ne nous sommes pas posé la question de savoir si nous pourrions aller chercher le temps de 2007. Nous sommes restés concentrés sur la météo, la stratégie et la marche du bateau avec l’obsession d’en tirer la quintessence. Le Maxi Banque Populaire V est un bateau hors normes et nous sommes tous extrêmement fiers de pouvoir naviguer sur ce bateau exceptionnel ».


L’équipage de Groupama 3, mené par Franck Cammas n’aura rien pu faire face à la puissance de son concurrent, cependant ils améliorent leur propres records des 24 heures avec 857 milles en 24 heures et une traversée en 3 jours 18 heures à 32 noeuds de moyenne, mais à 3 heures de Banque Populaire qui s’est offert le luxe de dépasser le trimaran vert samedi, pas de regret pour les hommes de Cammas qui sont satisfaits de leur bateau nottament  dans le médium et le petit temps, comme l’explique le skipper Franck Cammas : « On sait qu’il y a des conditions où il va plus vite (Banque Populaire V) , notamment au près. Nous avons une autre philosophie avec un bateau qui est plus court et plus léger. Au portant, nous devrions aller mieux… Dans un tour du monde, il peut se passer beaucoup de choses ! Sur cette traversée, il est allé plus vite 70% du temps : il faudra être plus malin sur le Trophée Jules Verne où il y a plus de stratégie météo que sur l’Atlantique Nord. »


Prochaine confrontation prévue cet hiver autour du monde dans le cadre du Trophée Jules Verne !

Accélération sur l’Atlantique Nord

Comme prévu le front froid au large de Terre Neuve a permis aux deux trimarans d’accélérer et de faire un cap direct vers le Cap Lizard, ils sont désormais vent de travers et naviguent à des vitesses comprises entre 35 et 40 noeuds dans une mer encore peu formée. Ce qui promet une belle journée au niveau de la distance parcourue, le record des 24 heures devrait vraissemblablement être battu, et la barre des 800 milles pourrait  aussi être franchie.

L’équipage de Groupama 3 a refait son retard accumulé sur la première journée de navigation et l’avantage de 18 milles devrait s’accroitre au fil des heures puisque lors du record de 2007, Groupama 3 avait navigué à plus grande distance de l’orthodromie et deux empennages avait ralenti la merche du bateau. Il est probable que le record sera battu, ainsi l’adversaire numéro 1 de l’équipage de Franck Cammas est Banque Populaire qui réussi de belles performances grâce à une puissance plus importante, comme l’expliquait Fred Le Peutrec, boat manager et barreur de Groupama 3, à la vacation : « Il n’y a pas de stratégie particulière avec ce vent stable : on jette un coup d’oeil dans le rétroviseur pour surveiller la différence de potentiel avec l’équipage de Pascal Bidégorry. On reste sur notre propre rythme, comme pour le record de la Méditerranée. Si Pascal et son équipage sont un peu plus rapides que nous et qu’ils n’ont pas de problème de manoeuvres, nous aurons du mal à récupérer notre petit retard… On privilégie notre navigation en mettant toutes nos forces dans la bagarre : on ne peut pas faire grand chose de plus que ce que nous avons fait ! Dans la bonne humeur, relâchés et concentrés en respectant notre temps de récupération… « 

L’équipage met donc toute les chances de son côté pour faire face à cet adversaire, le foil tribord a ainsi été enlevé puisque le trimaran ne naviguera pas sur cette amure, le grand gennaker a aussi été débarqué pour alléger le bateau.

Du côté de Banque Populaire, le retard accumulé a aussi été comblé avec à 16h00, 28 milles d’avance, les hommes de Pascal Bidégorry semblent donc mieux armés pour ravir le record à leur adversaire, reste à conserver ce rythme très élevé sur un trimaran moins fiabilisé que Groupama 3.

A suivre…

NB : il n’y aura probablement pas de mise à jour ce week end sur www.voile-multicoques.com et sur le blog : voilemulticoques.wordpress.com, je vous invite donc à suivre le record de l’Atlantique Nord sur les sites des deux bateaux et l’iShares Cup sur le site officiel.

Avantage Banque Populaire V

Les deux trimarans géants ont, comme prévu, coupé la ligne de départ du record de l’Atlantique Nord hier soir, Groupama 3 a été le premier a s’élancer à 22 heures 16, les explications sur ce départ plus précoce que prévu par Sylvain Mondon de Météo France, routeur à terre : « Hier soir, une ligne de grains est passée sur New York, générant des vents assez forts (25-30 noeuds) de secteur Sud ce qui nous a permis de lancer cette tentative un peu plus tôt que prévu. Ce choix s’appuie sur le fait que quel que soit le moment du départ à quelques heures près, le temps de parcours était le même : ce départ un peu avancé permet d’avoir un peu plus de marge par rapport au système dépressionnaire qui va accompagner le trimaran après Terre-Neuve. Un front froid s’est formé sur le Canada et va traverser l’Atlantique jusqu’à l’Angleterre : Groupama 3 va l’attraper à l’approche du courant du Labrador en restant moins près de ce front : il sera plus facile de gérer la trajectoire en restant très proche de l’orthodromie (route directe). C’est une très bonne fenêtre météo parce qu’elle permet de ne pas rallonger la route tout en restant sur le même bord. »

Banque Populaire V a quand à lui coupé la ligne un peu plus de deux heures et demi après le détenteur du record, à 00h 47 avec une pointe à 41 noeuds, pour Pascal Bidégorry et son équipage au moment de passer cette ligne !

Les  premières heures du record se sont passées sensiblement de la même façon sur les deux multicoques avec des temps proches de ceux du record, la situation s’est dégradée pour Franck Cammas et ses hommes dans l’après midi avec une brise faiblissante au large de l’ile aux Sables, une situation qui n’inquiète pas outre mesure puisque Banque Populaire subissait aussi se passage de front avec une avance de 25 milles qui s’est réduite à 11 milles en 4 heures.

Cette nuit pourrait s’avérer décisive pour les deux équipages comme l’explique Franck Cammas, skipper de Groupama 3 : « La trajectoire jusqu’au cap Lizard n’est pas si limpide que cela : après Terre-Neuve, il va falloir choisir entre une route un peu lofée ou plus abattue, ce qui se répercute sur la configuration de voiles. Nous allons nous décider après le cap Race… »

Pour suivre le record :

Pas de fenêtre pour Thomas Coville

Thomas Coville qui est en stand by à New York pour une tentative de record sur l’Atlantique Nord ne partira pas sur la même fenêtre météo que les deux autres maxis trimarans Groupama 3 et Banque Populaire V.

En effet, Thomas Coville navigue en solitaire et cette dépression qui devrait emmener les équipages de Franck Cammas et Pascal Bidégorry en 4 jours vers la pointe de l’Angleterre s’avère trop rapide pour un solitaire, comme l’explique le skipper de Sodeb’o : « si cette fenêtre se présente bien pour mes camarades en équipage pour qui on parle d’une vitesse moyenne autour des 30 nœuds sur 4 jours, elle n’est pas favorable pour moi qui vise en solitaire une vitesse de 22/23 nœuds sur 5 jours. Cette dépression est aujourd’hui trop rapide et avec des vents trop forts. Elle me passerait dessus et là, le record s’envolerait. »

En effet, le risque pour Thomas Coville est de se faire rattraper par la dépression et donc de se retrouver dans des conditions de mer très dégradées par le passage de celle-ci.

Groupama 3 et Banque populaire 5 en code vert

Les deux équipes sont passées en code vert ces dernières heures, ce qui signifie un départ de New York pour le record de l’Atlantique dans les 24 à 48 heures.

Les spécialistes météos des deux teams ont prévus un départ dans la nuit de mercredi à jeudi, la fenêtre météo est semble-t-il exceptionnelle avec une traversée sur un seul bord, comme l’explique Marcel Van Triest, navigateur sur Banque Populaire V :« Cela fait maintenant un moment qu’on attend et qu’on se prépare, et tout l’équipage voit donc arriver cette échéance du départ avec beaucoup de plaisir. Nous allons quitter New-York avec du Sud Ouest et pour l’instant les routages nous annoncent une traversée sur un seul bord, au portant. Nous allons bénéficier d’une vingtaine de nœuds pour le départ, avec un flux qui devrait se renforcer par la suite. La navigation va ressembler à un beau jeu de positionnement par rapport à l’état de la mer. Notre avantage est que nous n’avons pas besoin de 40 nœuds pour aller vite. La seule incertitude du moment concerne une baisse du vent sur la fin du parcours. Mais globalement cette fenêtre est très intéressante et nous permet aujourd’hui d’envisager une traversée dans les temps du record… ».

© Guilain GRENIER / Sea & Co

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Les deux équipages rivaux vont donc se confronter directement sur l’eau, Franck Cammas sur Groupama 3 détient déjà ce record, alors que Pascal Bidégorry sur Banque Populaire n’a pas encore pu démontrer le potentiel de son maxi trimaran de 40 mètres, la pression est donc sur l’équipage du skipper basque, qui plus est l’équipage de Groupama 3 est composé pour l’essentiel des mêmes équipiers depuis la mise à l’eau du bateau, et ceci peut avoir son importance pour un tel sprint, comme le dit Franck Cammas : «Nous avons l’expérience pour trouver rapidement les bons réglages et tirertoute la quintessence de Groupama 3 ; les hommes font la différence.Justement, je suis entouré d’un équipage exceptionnel dont je suis très fier. Nous sommes tous les dix fins prêts ».


Les listes d’équipages :

Banque Populaire V : Pascal Bidégorry : skipper, chef de quart/Ronan Lucas : numéro 1, régleur/Yvan Ravussin : barreur, régleur/Jean Baptiste Le Vaillant : barreur, régleur/Pierre Yves Moreau : numéro 1, régleur/Ewen Le Clech : numéro 1, régleur/Manu Le Borgne : barreur, régleur/Sébastien Audigane : barreur, régleur/Florent Chastel : numéro 1, régleur/Xavier Revil : barreur, régleur/Kévin Escoffier : barreur, régleur/Marcel Van Triest : navigateur

Groupama 3 : • Franck Cammas, skipper, chef de quart, barreur/ Frédéric Le Peutrec, chef de quart, barreur, boat manager/ Stève Ravussin, chef de quart, barreur/Loic Le Mignon, barreur/Lionel Lemonchois, barreur/ Bernard Stamm, barreur/ Ronan Le Goff , équipier d’avant/Bruno Jeanjean , équipier d’avant/ Olivier Mainguy, équipier d’avant/Stan Honey, navigateur

Franck Cammas répond aux questions de Voile-Multicoques.com et VoileSportive.com

Franck Cammas, skipper du maxi trimaran Groupama 3, actuellement en stand by pour le record de l’Atlantique Nord, et de l’Extreme 40 Groupama 40 a accordé cette interview à VoileSportive et Voile-Multicoques au cours de l’étape hyèroise de l’iShares Cup.

VoileSportive.com : La tournée Méditerranéenne, le record de la Méditerranée vous ont ils conforté sur la fiabilité de Groupama 3 après le chantier post chavirage ?

Franck Cammas : En fait toute cette tournée en Méditerranée nous a obligé et permis de naviguer dans des conditions extrêmement variées ; de naviguer beaucoup puisqu’à l’arrivée à New York le bateau a environ 10000 milles de navigation, ça a été de superbes mois de mise au point, très intenses et dans des conditions que l’on ne rencontre pas en record.

VS.com : Tu avais un rôle de coach auprès de l’équipe américaine, BMW Oracle, qui défie Alinghi pour la prochaine coupe de l’America, aujourd’hui ce sont tes concurrents sur l’iShares Cup. Que penses tu tu niveau actuel de l’équipe en multicoque ?

FC : Ils sont très bons, individuellement ce sont des marins excellents ; pour le multicoque il faut apprendre, comme pour tous les bateaux.
Au sein de l’équipe américaine, il y a des gens qui apprécient beaucoup le multicoque comme James Spithill, qui s’investit sur ce support, d’autres apprécient  nettement moins la navigation sur multi et ont peur. Mais ils vont faire du bon boulot, ils ont su s’adapter.

Photo Paul Todd/ BMW ORACLE Racing

VS.com : Tu as navigué sur leur trimaran, BOR 90, pendant la phase de mise au point. Les rumeurs parlent d’un second bateau ou de grosses modifiacations pour faire face au multicoque d’Alinghi qui serait typé petit temps, selon toi BOR 90 est il trop “conventionnel” ?
FC : L’objectif était de mettre à l’eau un bateau  rapidement, puisque la première échéance était un an après le dépôt du défi face à Alinghi, ensuite il y eu les procédures juridiques qui ont retardé le processus.
Le defender a toujours un avantage qui est de choisir le plan d’eau, nous (BMW Oracle, ndlr)  avons donc essayé de faire un bateau qui était polyvalent avec des moyens de le typer rapidement pour le petit ou le gros temps. La plate forme  peut donc tout à fait s’adapter, évidemment avec des modifications pour que le trimaran progresse dans ce type de vent.
En ce qui concerne le bateau des suisses, nous aurons la réponse dans quelques jours, mais les bruits qui courent font état d’un multicoque typé petit temps, ce qui est normal, puisqu’ils savent parfaitement faire cela avec les D35 et les régates sur le lac Léman.

VS.com : En ce qui concerne la Route du Rhum 2010, as-tu pris une décision sur la bateau qui sera aligné au départ : Groupama 2, Groupama 2 allongé, ou Groupama 3 version solo ?

FC : Pour Groupama 2 allongé, nous avons dit non, ce sera Groupama 2 ou Groupama 3 version solo.
Pour Groupama 3, l’équipe réfléchie et travaille beaucoup sur ce sujet, j’espère partir avec Groupama 3 version solo, ce serait un beau défi.

VS.com : Ceci impliquerait des modifications sur la surface de voiles ?
FC : Bien sûr, un plan de pont un peu différent, un plan de voilure complètement différent mais une plate forme qui resterait extrêmement proche de l’actuelle.

©Guilain GRENIER / Sea & Co©Guilain GRENIER / Sea & Co

VS.com : Tu participes au championnat Julius Baer sur Zen Too (Decision 35), pourquoi avoir choisi l’iShares Cup plutôt que le circuit Decision 35 ?

FC : Ce qui est intéressant sur l’iShares Cup, c’est la découverte de nouveaux plans d’eau qui sont très différents les uns des autres, ce qui est un parfois dommage sur le lac Léman, c’est l’orientation petit temps, avec un plan d’eau très particulier.
Le circuit Extreme 40 permet aussi une confrontation  à des adversaires venant d’horizons différents, alors que le Décision 35 reste une série de spécialistes du lac Léman, l’arrivée de  nouveaux concurrents est donc plus facile que sur Decision 35. Le circuit est aussi plus orienté vers les marins professionnels et vers les médias, ce qui est bon pour notre sponsor.

VS.com : Comment expliques-tu le succès grandissant de l’iShares Cup ? Est ce que le format adapé au public participe à ce succès ?

FC : Les sponsors sont attirés par ce rapprochement vers le public, l’organisation est très clean, bien rodée, orientée vers les médias, ils travaillent beaucoup cet aspect, et avec des moyens suffisants.
Le show, il en faut mais pas trop, il faut trouver le juste milieu, de notre côté on a plus l’habitude de régates conventionnelles, ce n’est pas le cas sur le circuit, mais on conserve des bords de près et de portant, très courts, mais l’aspect tactique reste primordial.

VS.com : La classe ORMA a disparu, comment epliques- tu celà ?

FC : je ne sais pas si la formule était mauvaise, il y a eu un ensemble de circonstances qui n’ont pas aider la classe ; mais quand on voit ce qui se passe en monocoque IMOCA, le bilan de l’ORMA était aussi bon.
D’un point de vue spectacle, intensité des programmes, l’ORMA était bien au dessus de ce qui se fait à l’heure actuelle.
Sur le papier, la formule était excellente, maintenant il faut un nouveau souffle avec peut être un nouveau bateau pour intéresser les skippers.
L’image d’une classe difficile pour les marins a peut être joué aussi, avec des skippers qui n’osaient pas venir ou vendre un projet ORMA ; du fait de la difficulté technique avec la nécessité d’une grosse équipe pour suivre le rythme des programmes.

Merci à Franck Cammas et à l’équipe Groupama pour cette interview.

L’actualité du Team Groupama à suivre sur leur site officiel.

Convoyage vers New York pour Sodeb’O et Banque Populaire V, Groupama 3 à suivre

N’ayant, tout comme Pascal Bidégorry et son équipage, pas trouvé de fenêtre météo favorable pour tenter de battre le record sur laRoute de la Découverte (Cadix-San Salvador), Thomas Coville a décidé d’avancer son départ vers New York pour son deuxième objectif de la saison : le record de l’Atlantique Nord en solitaire.

Sodeb’O partira donc en convoyage lundi vers les Etats Unis afin de se mettre en stand by, le skipper s’est entouré d’un équipage réduit pour cette traversée de l’Atlantique : Thierry Briend et Alexis Aveline, respectivement boat capitain du trimaran et responsable de l’électronique et Sidney Gavignet, tout juste débarqué  de la Volvo Ocean Race. Cette traversée sera mise à profit pour mettre au point une méthode d’analyse des vagues sur la marche du bateau de manière à intégrer ce paramètre au futur routage, comme l’explique Thomas Coville : « Avec Christian Dumard, Richard Silvani et Thierry Douillard, nous avons fait cette analyse après le tour du monde. A certaines allures et avec certaines forces de vent, les vagues avaient une influence positive ou négative sur la marche du bateau. On cherche à intégrer cette donnée dans le routage. »

Pascal Bidégorry et son équipage sur Banque Populaire V suivront Sodeb’o puisque le départ vers New York est porgrammé pour mercredi.

Même programme pour Franck Cammas et son équipage sur Groupama 3 qui mettront le cap sur New York le 22 juin, après la fin de leur tournée méditerranéenne.

Record de la Méditerranée : skipper et équipage satisfaits

Groupama 3 a rejoint Hammameth au terme de son record de la Méditerranée, le skipper, Franck Cammas est satisfait de son bateau et de l’équipage : « Groupama 3 glisse vraiment bien au portant. C’est intéressant pour les deux autres tentatives de record que nous ferons cette année : l’Atlantique Nord que nous détenons déjà mais qui nous permettra notamment d’entraîner l’équipage en vue du Trophée Jules Verne. Nous avons une très belle équipe et un excellent bateau. C’est très encourageant ».

Toutefois, Franck Cammas estime que le record est encore améliorable : « Nous aurions pu mieux faire, notamment sur le dernier tiers du parcours car nos prévisions météo n’ont pas été très justes. Le vent a été plus faible qu’annoncé et, surtout, très irrégulier. Il y avait moyen de gagner une heure de plus ».

Le reste de l’équipage se félicite aussi de ce record et de l’excellente ambiance qui règne au sein du team Groupama.

Frédéric Le Peutrec : « Nous-nous sommes vraiment fait plaisir. C’était engagé mais dans une atmosphère très sereine. C’est agréable de naviguer dans ces conditions »

Lionel Lemonchois (qui détenait déjà ce record en tant qu’équipier d’Orange II) : « Groupama 3 est moins long et moins lourd qu’Orange 2. C’est un bateau qui se mène en finesse et qui va vite, même peu toilé. Il est plus proche d’un trimaran de 60 pieds que d’Orange 2. Le barrer est un véritable plaisir » Un plaisir efficace pour le vainqueur de la Route du Rhum 2006 qui a atteint la vitesse de 42,62 noeuds à la barre du maxi trimaran sur ce record.

Thomas Coville : « Groupama 3 est vraiment un bateau abouti, dans le détail. C’est assez rare sur une unité de cette taille et très enrichissant de partager les projets d’un team comme Groupama »

Record battu pour Groupama 3

Franck Cammas et son équipage ajoutent un nouveau record à leur palmarès.

Ils ont en effet battu le record de la Méditerranée cette nuit en 17 heures 08 minutes et 23 secondes, soit 48 minutes et 10 secondes de mieux que le temps de référence détenu jusque là par Bruno Peyron sur Orange II.

Ils ont parcouru 532 milles à plus de 31 noeuds de moyenne, rapporté à la distance officielle du record : 458 milles, leur moyenne a été de 26,72 noeuds.

© Guilain GRENIER / Sea & Co

La réaction du skipper Franck Cammas : « Nous avons fait une très belle première partie de parcours avec des pointes de vitesse à plus de 42 noeuds. La dernière partie a par contre été plus difficile avec des vents plus faibles que prévu et très variables en direction. Ca a été une traversée musclée car la mer était courte et cassante mais Groupama 3 s’est très bien comporté. Nous n’avons rien cassé et l’équipage a été super. Nous arrivons dans quelques heures à Hammamet avec un cinquième record à notre tableau de chasse. C’est de bonne augure pour la suite du programme car Groupama 3 est vraiment rapide ».

Groupama 3 en route vers le record

Groupama 3 s’est élancé comme prévu ce matin à l’assault du record de la Méditerranée, à 9h19 précisément.

Une fois la ligne franchie, dans des conditions déjà musclées, Franck Cammas et son équipage de choc se sont dirigés vers le nord de l’archipel des Baléares où ils ont empanné, ils ont ensuite pris une route sud est vers la Sardaigne dans des vents toujours soutenus (30 à 35 noeuds).

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Actuellement Groupama 3 se trouve à 90 milles du but dans des vents faiblissants d’une vingtaine de noeuds, cependant les prévisions prévoient un renforcement à l’approche des côtes tunisiennes.

En toute logique, le trimaran devrait conserver une moyenne supérieure à 20 noeuds sur ces dernières dizaines de milles et l’équipage de Groupama 3 devrait s’emparer du record dans quatre à cinq heures.

© Guilain GRENIER / Sea & Co