Thomas Coville : record de l’Atlantique en moins de 4 jours et demi sur Sodebo Ultim

Quelques jours après Francis Joyon, qui avait amélioré son propre temps en mode convoyage rapide et pour sa première navigation en solitaire sur Idec Sport ;  c’est au tour de Thomas Coville de reprendre le record de l’Atlantique Nord.
Le skipper de Sodebo Ultim signe donc le nouveau temps de référence de la traversée de l’atlantique nord en solitaire après avoir franchi la ligne d’arrivée au Cap Lizard  aujourd’hui, à 19h 29min.
Thomas Coville n’aura mis que 4 jours 11 heures 10 minutes 23 secondes pour cette traversée express , il bat de 15 heures 45 min 47s le chrono réalisé par Francis Joyon le 13 juillet.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Il aura parcouru 3039 milles nautiques (5628 km) à la vitesse moyenne de 28,35 noeuds (26,87 nœuds sur l’orthodromie).

Sodebo Ultim’ retrouvera son port d’attache demain, il se présentera à l’entrée du chenal de la Trinité sur Mer demain vers 16h00 pour une arrivée au ponton à 17h00.

Thomas Coville est désormais détenteur du record de l’Atlantique Nord  en solo et de celui du tour du monde en solitaire.

Thomas Coville attendu la nuit prochaine au Cap Lizard

Thomas Coville, le skipper du trimaran SODEBO ULTIM’ continue sa route à haute vitesse sur l’Atlantique Nord.
Il est à l’heure actuelle en avance sur le tout récent temps de Francis Joyon sur IDEC SPORT, puisqu’il ne lui reste plus que 650 milles à parcourir. Il devrait donc boucler l’Atlantique en moins de 5 jours et décrocher ce record.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville, skipper de SODEBO ULTIM’ :

« Je prends un pied terrible. J’aime bien régler et manœuvrer le bateau.
Je trace un long trait après c’est un peu confus. Je perds le fil car le fait de ne pas dormir, c’est comme si j’avais des trous de mémoire.
Je vois très bien la situation météo. Ma route est claire mais les évènements se mélangent.

Je suis très toilé tout le temps. J’ai pris un ris à un moment donné mais j’ai presque 800 mètres carrés de toiles au dessus de la tête !
Ce n’est pas la même ambiance que quand tu es sur le tour du monde où je serais sans doute avec un ris dans la grand-voile.
Ici, je me mets moins de pression de résultat pour être plus dans la sensation.

J’ai fait des micro siestes, cinq ou six de 20 minutes depuis le départ.
Sinon, je me mets dans le pouf mais j’ai peur de faire un tout droit et de ne pas entendre l’alarme. J’arrive à manger régulièrement et je fais gaffe à ça. Au moment du départ, mon sac d’affaires perso à été débarqué et j’ai moitié moins de vêtements à bord.
Il fait froid, surtout très humide et ce n’est pas très confortable
Je suis trempé et je macère dans mon jus. L’humidité dégouline, je suis dans un décor de brouillard avec une intensité particulière.

Hier j’ai eu le bon feeling celui que tu fais quand tu es dans un état second. J’ai fait un beau coup. En fait, je fais ma météo avec les infos que Jean-Luc (Nélias qui route Thomas depuis la terre) m’envoie et puis sur le pont, c’est un autre sujet où tu dois comprendre les chiffres. Et là, j’empanne au bon moment, ça rentre fort, c’était le bon moment un état euphorique où tu es grisé par la sensation.

Je donne tout pour essayer de battre ce record
C’est l’un des plus historiques. Je ne regarde pas la carto, j’avance step by step sans me mettre la pression du temps. Mais je suis à fond pour ce record. On verra bien une fois la ligne franchie mais en tout cas j’ose et je suis heureux de le faire. La dernière partie n’est pas évidente avec une zone sans vent qui se déplace. Il ne faut pas qu’elle remonte de trop sur ma route».

Thomas Coville officialise sa tentative de record sur l’Atlantique nord

Alors que Francis Joyon vient d’arriver à son port d’attache de la Trinité sur Mer après son record de l’Atlantique nord, un autre skipper a fait le choix de tenter sa chance sur ce même parcours ; Thomas Coville s’est élancé depuis New York hier matin et espèe ravir le temps que Francis Joyon vient d’améliorer.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Francis Joyon a effectué ce record au débotté avec uniquement les conseils de Marcel Van Triest sur la dernière journée, Thomas Coville a choisi sa fenêtre et bénéficie d’un routage météo de la part de son équipe.

Pour battre le temps de Francis Joyon, Thomas Coville devra être sur la ligne d’arrivée au Cao Lizard avant 10h26 le dimanche 16 juillet.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :
« C’est une fenêtre où les 36 premières heures sont compliquées, il faut s’extirper de la côte et traverser une zone où les baleines et les gros poissons sont nombreux.
S’il y a un bon enchaînement, c’est quasiment une route directe. Il y aura pas mal de changements de voiles mais je peux m’en sortir pour pousser plus que sur le tour du monde.
C’est un bon timing pour rentrer par rapport à nos impératifs de chantier d’été.
Sur la fin de parcours c’est un peu la roulette russe avec la montée d’un anticyclone qui barre la route »

Nouvelle performance de Francis Joyon qui bat son propre record de l’Atlantique Nord

Francis Joyon a battu cette nuit le record de l’Atlantique Nord (entre New York et le Cap Lizard), qui était déjà sa propriété depuis 2013 sur son ancien trimaran IDEC.

Ce record est une quasi surprise, le skipper étant parti sans routage météo, sur un mode convoyage rapide, comme à son habitude.
Qui plus est il s’agissait de la première navigation en solitaire du marin sur ce trimaran IDEC SPORT.
Essai réussi donc, Francis Joyon s’est pris au jeu de cette transat en se donnant pour objectif d’arriver avant le Queen Mary II parti sensiblement en même temps dans ce sens ouest-est.
Il améliore son record de 49 minutes et porte le record à 5 jours, 2 heures, 7 minutes.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT : « C’était juste. Jétais heureux d’arriver car les dernières 24 heures ont été très éprouvantes. Mes pilotes automatiques fonctionnant mal, j’ai du barrer en permanence ces dernières 24 heures, tout en manœuvrant beaucoup dans les nombreux grains, sur un bateau qui butait beaucoup dans la mer.
J’ai quitté New York dans la précipitation. Je n’ai même pas eu le temps de m’occuper de l’avitaillement. J’ai juste pu acheter quelques oeufs et des bananes. Quant à la nourriture du bord, les gars (sic) avaient tout mangé durant la traversée de The Bridge 2017.

La météo n’était pas terrible et toute la première journée, j’ai tiré des bords vent debout. Mais le lendemain, un système s’est mis en place. J’ai alors vu le Queen Mary 2 qui repartait vers l’Europe. Je me suis dit que puisque nous n’avions pu le battre à l’aller au départ de Saint-Nazaire, je pourrais peut-être arriver en Bretagne avant qu’il ne rejoigne Southampton. (Où il est attendu demain jeudi ndlr). Je me suis pris au jeu et j’ai attaqué. J’ai passé deux jours à plus de 30 noeuds en permanence. Je craignais l’arrivée sur l’Europe car le vent y soufflait du Nord Est. Mais l’anticyclone des Açores a eu la bonne idée de remonter un peu et de me permettre d’atterrir en Manche avec des vents de Sud Ouest.

J’ai fait quelques bêtises lors des envois de gennaker notamment, car j’avais pris l’habitude de me reposer sur des supers marins lors du Trophée Jules Verne. En fait, c’est comme si je retournais à l’école pour réapprendre le B A-ba du bateau. Heureusement, il est très tolérant, même à 30 noeuds… »

Reste désormais à attendre des nouvelles de Thomas Coville sur son Sodebo Ultim qui semble avoir quitté New York hier, avec potentiellement le même objectif que Francis Joyon…

Sodebo Ultim remis à l’eau, Thomas Coville se prépare pour une tentative autour du monde

Sodebo Ultim’ a rejoint son port d’attache à la Trinité sur Mer après sa remise à l’eau à Lorient hier, après deux mois de chantier.
Thomas Coville et son équipe ont profité de cette période pour optimiser un peu plus le trimaran et améliorer le confort du skipper, qui partira sur une nouvelle tentative de record autour du monde en solitaire cet hiver.
La période de stand-by débutera dès le 15 octobre, afin de se donner toutes les chances de pouvoir faire demi-tour en cas de fenêtre météo défavorable avant le Horn ou en cas d’avarie.

Le chrono visé est celui de Francis Joyon, établi en 2008 sur Idec en 57 jours 13 heures 34 minutes 6 secondes.

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim : « Nous avons fermé la circulation d’air qui rentrait dans le cockpit et influençait sur ma récupération. Grâce à une paroi en textile qui fait office de véranda, je serai davantage protégé du vent, des embruns et du froid. La structure que nous avons mise au point a l’avantage d’être très légère. Pendant le record, je vais passer beaucoup de temps dans cet espace tant pour les manœuvres, la veille et aussi le repos.

Sodebo Ultim’ est plus léger que sur The Transat. En effet, le moteur de propulsion sera retiré à Brest et c’est un gain non négligeable de plus de 300 kilos.

Il y a eu un gros boulot sur le système de réglage des foils qui est désormais hydraulique. Le réglage avec des bouts reste en place et sert de back up. 
Pour tous les systèmes de réglages, que ce soit électronique ou hydraulique, nous avons tout doublé de façon à ne jamais être pris au dépourvu pendant le record. C’est comme quand tu prépares une fusée pour aller dans l’espace, en cas de défaillance il faut un plan B voire un plan C.

L’idée est de pouvoir changer de groupe musculaire pour utiliser les jambes un peu plus même si l’effort dure 15% de plus en temps par rapport aux bras. C’est important de faire travailler les jambes pour mieux gérer l’effort à long terme et aussi me préserver. La différence n’est pas si énorme puisque pour hisser le gennaker cela me prend 15 minutes avec les jambes contre 12 avec les bras.
Cette semaine, il s’agira de valider les systèmes qui ont été mis en place sur ce chantier et de remettre Sodebo Ultim’ en configuration pour attaquer les entraînements.

La semaine prochaine, nous allons affiner les réglages et commencer les essais de nos trois voiles d’avant neuves. Ensuite, nous allons instrumentaliser le bateau et régler les capteurs qui pendant le record, permettront de transmettre les données à terre à la cellule routage. Fin septembre, j’ai prévu de partir plus de 24 heures en conditions réelles de navigation. La semaine avant le stand by sera consacrée à l’avitaillement. Parallèlement à cela, je suis mon programme de préparation physique pour être au top. J’ai hâte d’y être !»

François Gabart améliore encore le record des 24 heures

François Gabart a profité de conditions favorables pour pousser son trimaran MACIF au maximum de son potentiel en avant du front.
Il n’a donc cessé d’améliorer le record des 24 heures en solitaire ce dimanche et le « score » s’est arrêté ce soir à 785 milles parcourus en 24h (cette distance sera affinée par le WSRRC).

Ce record l’a mené très sud, il a donc empanné il y a quelques heures pour reprendre un cap quasi plein nord afin de retrouver une route plus habituel pour un record de l’Atlantique Nord, le skipper de MACIF va désormais s’atteler à reprendre du terrain sur le temps de Francis Joyon.

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Record des 24h pour François Gabart sur MACIF

François Gabart, en solitaire sur son trimaran Macif, a pu rejoindre l’avant du front hier, et poursuit sa route à haute vitesse depuis. Les vents de sud sud ouest le propulsent à plus de 30 noeuds, cette orientation le contraint a conserver une route sud pour ce record de l’Atlantique Nord, mais le flux lui permet de conserver des vitesses approchant les 35 noeuds.

Le skipper de MACIF a ainsi déjà battu le record des 24h avec plus de 730 milles parcourus, François Gabart devrait conserver des conditions propices à l’amélioration de ce chiffre jusqu’à ce soir et pourrait approcher les 750 milles. Il efface donc le chiffre établi le mois dernier par Thomas Coville sur Sobebo, et qui venait d’être officialisé par le WSSRC avec 718,5 milles.

Le déficit sur le record de Francis Joyon sur la traversée le l’Atlantique reste stable, aux alentours de 140 milles.

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF