La 3ème journée des America’s Cup World Series de San Francisco a débuté hier avec les deux derniers quarts de finale qui opposaient JP Morgan BAR à Emirates Team New Zealand et Oracle Team USA Coutts aux français d’Energy Team.
Ben Ainslie a mal débuté son match face aux néo zélandais en prenant le départ en retard suite à une erreur de décompte, ce qui a permis à Dean Barker et ses hommes de profiter d’une avance relativement confortable pour assurer le contrôle pendant cette mancher et d’accéder facilement aux demi finales de match racing.
Le second duel, opposait l’équipage français mené par Yann Guichard au Team Oracle de Russel Coutts, les américains réussissaient à préserver l’intérieur à la première marqueet donc le leadership, cependant les français revenaient en tête grâce à un enchaînement de virements. Malgré tout, les américains repassaient le catamaran français et s’imposaient avec quelques longueurs d’avance.
Yann Guichard, skipper d’Energy Team, explique : ‘C’était un beau match au coude à coude face à Russell et son équipage. Nous avons perdu le départ contre eux, mais nous sommes bien revenus après à la porte sous le vent pour ensuite prendre temporairement la tête du match. Puis nous avons commis quelques erreurs stratégiques qui nous ont coûté cher sur un plan d’eau très tactique’.
Les deux équipages vainqueurs s’affronteront donc en demi-finale ce soir, l’autre match opposera Oracle Team USA Spithill à Artemis Racing White.
La journée s’est poursuivie avec deux courses en flotte. Le départ de la première sera « fatal » à ORACLE TEAM USA Coutts, en effet le skipper a tenté de s’engager entre le bateau comité et son coéquipier James Spithill, mais l’équipage percute de plein fouet le comité sur cette manoeuvre et abandonne pour le reste de la journée avec une étrave tribord sérieusement endommagée.
Russell Coutts : “Je pensais qu’il y avait assez de place et j’ai eu tort. J’ai cru qu’ils étaient sur le point d’abattre mais ils ont continué à lofer et la porte s’est refermée sur nous.”
Les français prennent un bon départ sur cette manche et passent la marque 2 en tête avant de connaitre des difficultés sur le bord de près suivant où ils perdent deux places. Emirates Team New Zealand, qui avait pris le meilleur départ,perd beaucoup de terrain en choisissant le mauvais côté du plan d’eau et terminait 5 ème de cette manche, mauvais manche également pour James Spithill qui prenait la 7ème place.La réussite était italienne pour cette manche avec un doublé de Luna Rossa, Swordfish s’imposait devant Piranha et Energy Team qui terminait donc à une belle troisième place, devant Team Korea.
La seconde manche était lancée dans la foulée, avec un excellent départ des néo-zélandais et des italiens, James Spithill effectue une superbe remontée, tout comme Team Korea, ces deux bateaux terminent aux deux premières places, le podium est complété par ETNZ, les italiens ont perdus quelques placent et terminent 5 et 6ème derrière JP Morgan BAR et devant Energy Team. Les deux équipages suédois d’Artemis ferment la marche devant China Team qui peine grandement et semble condamner à ramasser les bouées…
Nathan Outteridge, skipper de Team Korea : “Les conditions étaient musclées et nous étions souvent dans le peloton de tête. Quatrièmes et seconds, cela nous convient comme résultat tous les jours. La régularité est l’une des clé du succès même si l’essentiel consiste à tout donner lors de l’ultime manche en course du ‘Super Sunday’.”
L’équipage de Jimmy Spithill mène logiquement le classement en flotte avec deux victoires, une seconde et une septième place, Team Korea pointe à la seconde place devant Luna Rossa Piranha et Energy Team qui a effectué une belle remontée, l’équipage français a trois points de retard sur le 3ème et quatre sur le second. Les deux Ac45 d’Artemis se classent 5 et 6ème au provisoire, Oracle Team USA Coutts rétrograde en 10ème place avec ses deux manches non courues, mais reste devant China Team.
Le defender s’est illustré cette nuit à San Francisco pour la deuxième journée des America’s Cup World Series, ORACLE TEAM USA, James Spithill et son équipage gagne une des régates en flotte et termine second de l’autre manche derrière Oracle Team USA Coutts.
Les conditions étaient relativement clémentes dans la Baie de San Francisco avec des vents de 12 à 16 nœuds d’ouest-sud-ouest sans houle.
La journée a été plus difficile pour Yann Guichard et ses hommes sur l’Ac45 d’Energy Team, ils terminent quatrième de la première manche puis 7ème de la seconde, la réaction du skipper : « La journée a été mitigée pour ENERGY TEAM, souvent en milieu de flotte, malgré un bon premier départ. Nous avons eu plus de mal lors de la seconde manche car avec 11 bateaux le départ est crucial : celui qui passe en tête a de grandes chances de gagner. Demain, nous avons un “gros match” face à ORACLE TEAM USA Coutts qui nous attend. Il faudra assurer, car la suite en match race dépendra de cette unique manche gagnante. J’espère pouvoir prendre de meilleurs départs qu’aujourd’hui lors des courses en flotte, même si c’est surtout celle de dimanche qui compte car le ‘Super Sunday’ est doté du plus fort coefficient »
Les français pointent donc en 6ème place du provisoire des courses en flotte à égalité de points avec Team Korea et à deux points des bateaux d’Artemis, 3 et 4ème.
Si les américains et les suédois pouvaient être satisfaits, ça n’était pas le cas de l’équipe italienne de Luna Rossa qui terminent 7 et 10ème du provisoire, qui plus est les deux équipages sont éliminés lors des quarts de finale de match race face à Oracle Spithill et Artemis White, journée également difficile pour les néo zélandais qui peinent à retrouver leur meilleur niveau avec des 8 et 9ème places en flotte, ils feront leur début, tout comme les français en match race ce soir.
Artemis Racing, l’équipe suédoise, challenger pour la 34ème Coupe de l’America a débarqué son premier AC72 à San Francisco cette semaine. Le catamaran, qui sera doté de son aile très bientôt a une architecture semble-t-il assez semblable à celui d’Emirates Team New Zealand avec des renforts en V partant du pied de mât vers le bras arrière, et une chèvre reprenant les efforts de la structure.
A noter que l’architecte principal Juan Kouyoumdjian a dessiné des entrées d’eau fines et a munies les étraves du multicoque de strakes, sorte de redans permettant d’éviter l’enfournement.
Les équipages des Ac45 ont pris leurs quartiers à San Francisco depuis la semaine dernière, les marins se sont entrainés dans des conditions musclées jusqu’à 25-30 noeuds, avec plusieurs avaries, et des chavirages pour Luna Rossa Swordfish, China Team, Team Korea et ETNZ, Ben Ainslie qui fait ses débuts sur ce support a aussi connu des mésaventures avec une avarie d’aile.
Copyright ACEA 2012 / Photo: Gilles Martin-Raget
Le coup d’envoi des America’s Cup World Series de San Francisco a été donné hier avec du match racing. Six équipes se sont afrontées pour décrocher les trois places restantes en quart de finale lors de cette toute première journée.
Le vent du sud était « seulement » d’une quinzaine de nœuds sur la Baie de San Francisco, mais le courant bien présent a compliqué la vie des tacticiens.
Les grands vainqueurs du jour étaient les équipages de Luna Rossa : Swordfish barré par Paul Campbell-James et Piranha par Chris Draper, qui s’imposaient 2-0 respectivement face à China Team skippé par Phil Roberston et à Artemis Racing Red confié à Santiago Lange .
Copyright ACEA 2012 / Photo: Gilles Martin-Raget
Ben Ainslie, qui intégrera l’équipe d’Oracle Racing après cette saison des America’s Cup World Series, a bien débuté sur J.P. Morgan BAR , en battant Team Korea de 13, puis de 29 secondes lors de la seconde manche.
Ben Ainslie : “Il nous reste encore beaucoup à apprendre, nous avons eu quelques petits incidents, mais l’équipage a assuré un super travail à bord. Nous avons doublé Team Korea à deux reprises (lors des deux manches) et je pense que leur pénalité nous a favorablement aidé lors de la seconde course. »
Nathan Outteridge, skipper de Team Korea : “Nous avons pris un bon premier départ, mais nous avons fait une petite erreur qui leur a offert une opportunité. Lors de la seconde manche, nous avons été pénalisés pour des raisons encore incomprises… et nous avons dû leur laisser la priorité … Ce soir, nous sommes dans l’incompréhension face à cette décision.”
Team Korea avait donc déposé une requête auprès du Directeur de course, afin de pouvoir recourir cette manche, cette demande a été rejetée et les résultats sont donc maintenus.
Aujourd’hui auront lieu les deux premières régates en flotte et deux quarts de finale opposant Luna Rossa Swordfish à Artemis Racing White et Luna Rossa Piranha à Oracle Racing Spithill. Les vainqueurs de ces matchs accéderont aux demis finales courues samedi.
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Les Français d’Energy Team, barré par Yann Guichard, étaient directement qualifiés pour les quarts de finale et débuteront face à ORACLE TEAM USA Coutts demain, l’autre match opposera ETNZ et JP Morgan BAR.
L’équipe française menée par les frères Peyron, Bruno et Loick Peyron renonce à une participation aux phases de sélection pour la Coupe de l’America, la Louis Vuitton Cup, et ce malgré des progrès dans la construction de ce défi avec un accord de coopération avec Oracle Racing et un budget bouclé au 2/3. Ils considèrent que le risque de lancer la construction d’un AC72 est trop important et que les objectifs initiaux ne seraient probablement pas atteints.
Bruno Peyron : « Nous avons toujours exprimé le fait que nous n’irions pas pour faire de la figuration. Cette décision est donc cohérente par rapport aux objectifs que nous nous sommes fixés avec le Yacht Club de France et qui demeurent les mêmes : créer une équipe capable de rivaliser au plus haut niveau et de ramener la Coupe de l’America. Nos bons résultats cette saison doivent servir l’avenir et nous permettre de continuer à construire ce grand Défi, Challenger pour la Coupe de l’America. Nous pouvons tous être fiers du travail accompli en si peu de temps, mais il ne faut pas tenter le tout pour le tout, au risque de tout perdre. Si la phase finale de notre projet ne s’est pas avérée possible cette année, projetons-nous d’ores et déjà dans la 35e America’s Cup… ».
La participation de l’équipe est d’ores et déjà assurée pour la saison des America’s Cup World Series, mais avec un seul AC45.
Il n’y aura donc que quatre challengers qui tenteront de ravir le pichet au defender américain, à savoir, Artemis Racing, Emirates Team New Zealand, Luna Rossa et Team Korea.
Les néo-zélandais ont été les premiers à lancer leur AC72, qui a navigué pour la première fois en baie d’Hauraki mardi. Cette première sortie dans une brise de moins de 10 noeuds aura duré 5 heures, pendant lesquelles l’équipage a pu se faire une première idée de ces catamarans à aile rigide. Peu d’informations ont filtré sur cette navigation, il semblerait que le bateau atteigne assez facilement deux fois la vitesse du vent.
En ce qui concerne l’architecture du bateau, il semblerait que l’équipe kiwi ait développé des dérives en S, qui se rapprochent de ce qui avait été tenté sur Alinghi 5, François Chevalier décripte le dessin du multicoque sur son blog et dévoile les plans de forme du catamaran.
L’équipage a effectué une seconde journée aujourd’hui, la sortie a été écourtée suite à un incident mineur sur la partie avant de l’aile.
Le bateau ne sera « officiellement » dévoilé que samedi au grand public. Malgré tout il est difficile de cacher un catamaran de 22 mètres de long et une aile rigide de 40 mètres de haut ; l’équipe technique d’Emirates Team New Zealand a donc sorti son catamaran du chantier et à gréer l’aile sur la plate-forme pour la première fois aujourd’hui, quelques photos ont filtrées.
La structure du catamaran semble assez proche de celle d’Alinghi 5 avec une structure en V entre le pied de mât et les bras de liaison afin de reprendre les efforts du gréement, avec deux renforts parallèles aux coques. Le tableau arrière des coques semble être vertical, chacune possède semble-t-il deux colonnes de moulins à café. L’aile semble quant à elle assez classique dans sa conception et assez proche de celle d’Artemis.
Le Defender américain n’a pas failli à Newport pour la dernière étape des ACWS 2011-2012 en décrochant le titre en flotte de cette compétition pour cette saison, en match-race, c’est Artemis qui s’impose.
L’équipage de Terry Hutchinson termine donc à la première place du classement en match-race, malgré des formats obscurs durant les différents actes, avec des courses à élimination directe alternant avec des tours à deux manches gagnantes, Oracle Racing Spithill prend la 2nde place de ce classement devant ETNZ, Dean Barker, le skipper du catamaran néo-zélandais a été malchanceux lors de l’épreuve de Newport avec un chavirage dans des conditions maniables, comme il l’explique : « Ce fut un début de match race au contact, nous avons normalement enroulé la marque mais nous n’avons pas réussi à choquer l’aile à cause de la bastaque qui était bloquée. Nous avons perdu contrôle du bateau et nous avons chaviré… Nous devons vraiment traiter ces bateaux avec la plus grande attention. Chaque petit problème peut prendre des proportions inattendues. »
Le second équipage américain mené par Russell Coutts prend la 4ème place devant Energy Team, sorti dès le premier tour à Newport face à Artemis Racing.
En flotte, les italiens de Luna Rossa Piranha gagnent cet acte devant l’équipage de James Spithill et ETNZ, Artemis peu à l’aise en flotte termine 7ème devant Energy Team. L’équipage français perd gros lors de l’ultime manche suite à un gennaker récalcitrant, Loick Peyron et ses hommes pointent à la 8ème classe de cette manche et du classement de cette étape, alors qu’ils étaient 3ème la veille. Ils conservent malgré tout leur troisième place au classement des ACWS en flotte derrière ETNZ, Oracle Racing Spithill gagne cette saison de courses en flotte.
Oracle Racing Spithill est donc déclaré champion des America’s Cup World Series 2011-2012 grâce à leur victoire en flotte et leur seconde place en MR, ETNZ prend la 2nde place devant Artemis Racing et Energy Team.
Les réactions des skippers :
Loïck Peyron, skipper, Energy Team, à propos d’aujourd’hui : « La bonne nouvelle, c’est que notre objectif d’être sur le podium a été atteint. Nous nous sommes mesurés aux meilleurs et nous terminons troisièmes du championnat de courses en flotte des America’s Cup World Series de la saison 2011-12 ! Lors de cette ultime journée ici à Newport, nous n’avons pas été à notre avantage car notre gennaker s’est coincé et nous a fait perdre plusieurs places, tout comme à bord d’ORACLE TEAM USA Spithill.
A propos de la saison 2011-12 des America’s Cup World Series : « Après six épreuves et presque un an que nous sommes engagés dans les America’s Cup World Series, je considère que notre quatrième place au général est plus qu’honorable ! En match race (5ème de la saison), nous sommes en milieu de tableau, car nous n’avons pas été très chanceux lors de nos duels contre Artemis Racing et nous manquons encore d’entraînement lors des départs au reaching. En revanche, dans le championnat de course en flotte, nous sommes sur le podium, à la troisième place, et c’est celle-ci qu’il faut retenir !’
‘On sera bien sûr présents à San Francisco fin août et début octobre prochain puis de retour en Italie au printemps 2013. Après, l’America’s Cup risque de s’arrêter pour Energy Team, voire même avant avec la deadline pour les inscriptions. Notre travail aura tout de même servi à investir dans l’avenir de la Coupe en multicoque en général’.
Dean Barker, skipper, Emirates Team New Zealand, à propos d’une journée difficile : “Nous avons pris un bon départ et nous avons enroulé la première marque en deuxième position puis tout s’est écroulé comme un château de sable. Nous avons enchaîné les erreurs, puis nous sommes tombés à la cinquième et sixième place, après quoi nous n’avons pas pu rattraper la tête de la flotte.”
Nathan Outteridge, skipper, Team Korea, à propos de la performance de son équipe : “Notre départ n’a pas été sensationnel mais nous avons toujours maintenu une certaine cadence que nous avons augmenté sur le dernier bord de près. Je pense que nous avons été meilleurs que prévu initialement. Cette semaine a sûrement été la meilleure en terme de résultats depuis le début. C’est pourquoi nous avons hâte que les hostilités reprennent à San Francisco.”
Les équipages des AC45 se sont retrouvés sur le plan d’eau de Naples mercredi pour le premier événement de la saison 2012.
Cette première journée a été consacrée à des courses en flotte, qui entrent également en jeu pour la détermination des duels en match race. Le format a été un peu simplifié par rapport à 2011, mais reste toujours relativement flou avec une alternance de courses en flotte, de match race et de speed tests, comptant pour différents classements. Vous pouvez retrouver le programme de cet Act ici.
Canal + a signé un accord de diffusion de l’intégralité du circuit de la 34ème America’s Cup, de la Louis Vuitton Cup et des étapes des America’s Cup World Series avec l’organisation, sa chaine Canal + Sport diffuse donc en intégralité les différentes régates en direct.
Cet accord a pour effet de priver une grande partie des amateurs de voile de ces événements puisque le flux direct accessible jusqu’ici sur YouTube est désormais indisponible, tout comme les résumés des différentes journées de régates, désormais exclusivement réservés aux abonnés Canal +, obligeant les internautes à se cacher derrière des proxis étrangers afin d’accéder à ce contenu vidéo…
Cette première journée de régates a été animée, avec un fort clapot et des rafales à 25 noeuds, offrant un beau spectacle au public venu nombreux. La première manche été menée de bout en bout par James Spithill sur Oracle Racing suivi par Artemis, l’équipage de Terry Hutchinson effectuait un passage de la dernière marque catastrophique avec un manque à virer suivi d’un enfournement et d’un chavirage, ce qui permettait à Energy Team, auteur d’une belle remontée suite à une pénalité dans la phase de pré-départ, de prendre la 2nd place de cette manche.
China Team, mené par Fred Le Peutrec était contraint d’abandonner suite à un problème d’aile, comme l’expliquait le barreur :
« Nous avons abîmé l’arrière de notre aile sur une bonne hauteur. Je ne sais pas comment s’est arrivé, un problème de compression dans les vagues peut-être. Les techniciens termineront les réparations vers 22h00 ce soir. C’est sûr que pour une première journée, les conditions étaient un peu violentes ! J’aime la brise mais nous n’avons navigué que six jours ensemble donc c’est encore très juste. C’est un équipage jeune et motivé, je suis sûr que cela va venir rapidement. »
Le podium de cette manche était complété par L’équipage d’Emirates Team New Zealand, toujours très constant quelque soit les conditions. Team Korea se plaçait 4ème devant Oracle Racing Bundock et les deux Luna Rossa, peu à l’aise dans ces conditions.
La seconde course était réduite à deux tours avec trois bateaux non partants : Artemis suite à son chavirage qui a très largement endommagé l’aile (panneau supérieur désolidarisé de la partie avant, carénage de la partie en grande partie détruit), China Team suite à l’avarie sur l’aile et Oracle Racing Bundock, après une avarie de coque (fissure de 20cm).
Cette manche était remportée par Dean Barker et l’équipage d’ETNZ, suivi de Team Korea et d’Oracle Racing Spithill. Yann Guichard s’offrait une satisfaisante quatrième place pour Energy Team, les deux Luna Rossa fermaient de nouveau la marche dans ces conditions musclées.
ETNZ et Oracle Racing Spithill pointaient donc en tête à égalité de points avec une victoire et une 3ème place, Energy Team et Team Korea se partageant la troisième place avec leurs secondes et quatrièmes places, suivis des Luna Rossa, Oracle Racing Bundock et d’Artemis Racing et China Team.
Les réactions des skippers à l’issue de cette première journée :
Yann Guichard (FRA), skipper, Energy Team (FRA) : « C’était clairement des conditions de survie à bord. J’ai dis aux garçons que si nous nous appliquions sur les manœuvres, nous pourrions accrocher de bonnes places et je suis super content d’eux. C’était la première fois que je barrais le bateau dans ce type de conditions, surtout dans cette houle car le vent était moins compliqué à gérer que la mer. Il ne fallait pas aller trop vite, surtout au près, car on soulevait la coque jusqu’au safran. Nous étions à la limite des conditions de navigation pour ces bateaux. Il fallait bien se tirer de cette journée et c’est ce que nous avons fait. Demain, c’est le retour de conditions familières avec un vent plus léger, il fallait donc se démarquer aujourd’hui. »
Dean Barker (NZL), skipper, Emirates Team New Zealand (ETNZ) :
« Il ne faut pas se plaindre de courir dans de telles conditions car c’est vraiment excitant. C’est évidemment terriblement éprouvant pour les bateaux et les équipages. L’objectif du jour était de revenir à quai en un seul morceau, ce que nous avons fait et, en plus, nous sommes bien classés. »
Terry Hutchinson (USA), skipper, Artemis Racing (SUE) :
« C’était un équilibre à trouver entre la régate et la prise de risques. Je n’avais pas le sentiment de nous avoir mis dans une situation délicate mais nous nous sommes retrouvés sur le flanc…très frustrant. Tout allait bien, les deux coques plantaient mais nous restions en sécurité quand, d’un seul coup, l’une de nos étraves a plongé et disparu. Par chance, personne n’est blessé mais notre aile est très abîmée, complément cassée même. J’espère qu’il y en a une de rechange par ici, peut être que nous utiliserons celle d’Aleph où une qui ne sert pas. C’est une profonde déception, le bateau était si bien préparé et nous étions si à l’aise en entrainements, c’est difficile à accepter. »
Darren Bundock (AUS), skipper, ORACLE Racing Bundock (USA) :
« Malheureusement, nous n’avons couru qu’une seule manche aujourd’hui. Nous avons eu un problème sérieux sur la première course. L’une des coques s’est fissurée, avec un crac de 20 centimètres de long qui part du capot du pont. C’est seulement causé par le martèlement des vagues sur les bords de près. Nous avons une équipe à terre fantastique qui va travailler dur pour que nous puissions régater demain. Depuis le rivage, les vagues ne semblaient pas si grosses mais une fois dehors, la houle était forte, ralentissant d’ailleurs les bateaux même si le vent était correct. »
Jeudi était le premier jour de match racing, dans un vent d’une dizaine de noeuds ; dans ces duels, Artemis Racing se qualifiait facilement face à China Team, l’équipe suédoise a semble-t-il acheté l’aile d’Aleph, qui s’est retiré du circuit, afin de poursuivre la compétition.
Deux quarts de finale ont également été couru, au cours desquels Luna Rossa Piranha battait sur le fil Team Korea (4 secondes) et ORACLE Racing Bundock créait la surprise en venant à bout d’ORACLE Racing Spithill.
Le comité lançait ensuite deux manches en flotte, qui voyait ETNZ s’imposer sur ces deux régates, les deux équipages de Luna Rossa brillaient à domicile avec une seconde et une troisième place pour Luna Rossa Piranha et une troisième position pour Luna Rossa Swordfish sur la deuxième manche du jour. Du côté des contre performances, James Spithill ne se classait que 7ème et 4ème, alors qu’Energy Team ne réussissait à faire mieux que 8ème et 4ème. China Team fermait la marche avec des dernières places, logique avec un équipage novice sur ce catamaran AC45.
Les réactions des skippers à l’issue de cette seconde journée :
Yann Guichard (FRA), skipper, Energy Team (FRA) :
“J’ai été moins inspiré,” admet Yann Guichard. “Dans ces conditions légères, les équipes savent à quel point les départs comptent. Nous avons été couverts par deux bateaux OCS (départs volés) sur la première manche puis, sur la seconde, nous étions presque tous trop tôt sur la ligne mais il faut lancer le bateau en même temps que les autres et là, avec les systèmes de positionnement, il n’y a pas de ‘pas vu, pas pris’, cela peut se jouer à moins d’un mètre.”
Paul Campbell-James (GBR), skipper, Luna Rossa Sworsfish (ITA) : « Nous avons vraiment pris du plaisir, réussissant à rester devant nos co-équipiers. En début de semaine, vous m’auriez dit que l’on se classerait seconds, j’aurais signé. Si nous n’avions pas fait une petite erreur au départ, nous aurions pu nous battre pour la victoire de la première manche. Chris et moi, nous sommes de bons amis depuis longtemps. Il a beaucoup d’expérience sur ces bateaux et nous aide beaucoup mais nous aimons penser que nous le poussons en match race et sur les entrainements en général. »
Chris Draper (GBR), skipper, Luna Rossa Piranha (ITA) : « Ce vent correspond plus à celui pour lequel nous nous étions préparés. Les gars ont super bien navigué et pris de bonnes options sur le parcours. Je ne leur ai pas offert les meilleurs départs mais Bruni (Francesco, tacticien) a fait un super job pour nous permettre de remonter la flotte. Un grand contraste avec hier. Nous avons beaucoup à faire pour nous améliorer mais c’est un bon début. Le public a été génial, c’était impressionnant d’entendre la foule crier lorsque nous nous sommes approchés des quais. »
Darren Bundock (AUS), skipper, ORACLE Racing (USA) :
« Nous avons bien commencé la journée sur le match race contre Jimmy (Spithill), le vainqueur de l’America’s Cup ! Repartir avec son scalpe est plutôt bien d’autant que cela nous pousse en demi-finale. Les courses en flotte n’ont pas tourné en notre faveur avec une pénalité sur le premier départ et un OCS sur le second. Nous allons analyser tout cela ensemble pour comprendre ce qu’il se passe. »
Au classement général provisoire des courses en flotte, ETNZ prenait les devants avec 9 points d’avance sur Oracle Racing Spithill. Chris Draper sur Luna Rossa – Piranha pointait en troisième place avec 27 points devant Team Korea avec le même total et Energy Team, cinquième avec 25 points.
Vendredi, le comité de course a décidé de lancer les courses en flotte avant de reprendre les quarts de finale du match race en fin de journée.
La première manche en flotte est brillamment remporté par Energy Team qui mène de bout en bout, et résiste à la pression d’Oracle Racing Spithill qui termine à 10 secondes du catamaran français, Emirates Team New Zealand termine à une décevante 8ème place de cette régate dans des vents instables d’une dizaine de noeuds.
La seconde manche sera moins favorable aux français qui écopent de nouveau d’une pénalité pour un départ anticipé, et terminent 7ème après une belle bataille en milieu de peloton. C’est ETNZ qui s’impose devant Oracle Racing Spithill et les deux Luna Rossa.
ETNZ conserve donc son leadership sur le classement flotte, Spithill revient à seulement 5 points des néo-zélandais, Luna Rossa – Piranha se classe en troisième position devant Team Korea et Energy Team.
Au cours du troisième quart de finale Artemis Racing bat Emirates Team New Zealand qui termine seulement à la 8e du Match Racing Championship.
Luna Rossa Swordfish battait Energy Team après un beau duel, reléguant l’équipe française en 5e du Match Racing Championship
Les deux équipes victorieuses s’affronteront donc dans la demi-finale 1.
Aujourd’hui le comité de course a annulé les régates du fait d’un vent fort, 25 noeuds établis avec des rafales à 35 et de nouveau un fort clapot.
La compétition reprendra donc demain à Naples pour clôturer cette première épreuve de l’année.
Le Challenger français pour la Coupe de l’America, Energy Team, dirigé par Loïck et Bruno Peyron, a annoncé aujourd’hui un accord technologique majeur avec le Defender américain ORACLE RACING dirigé par Russell Coutts.
Celui-ci porte sur un transfert technologique de tous les développements architecturaux et technologiques réalisés par ORACLE, pour la construction de son AC72. L’équipe française bénéficiera donc des plans de la plate forme de l’AC 72 du defender et de son aile, ceci permet à Energy Team de gagner un temps considérable et lui garanti un bateau abouti dès sa mise à l’eau, en effet cet AC72 sera la seconde version du catamaran américain qui a prévu de construire deux bateaux.
Ceci permet également à l’équipe française de réduire sensiblement son budget, puisque la partie budget et développement n’aura pas lieu d’être, ce qui rend également son offre marketing très compétitive pour d’éventuels sponsors.
Bruno Peyron : « Cet accord va changer beaucoup de choses et il a trois conséquences immédiates pour nous. Il va d’abord nous permettre de rattraper d’un seul coup le retard technologique que nous avions sur les Top Team, dont certains travaillent depuis plus de deux ans. Si nous y arrivons, cet apport technologique peut désormais nous permettre de nous battre pour la phase finale avec un bateau extrêmement performant et abouti. Enfin, le gain de temps et l’économie réalisée en Recherche et Développement va nous permettre de proposer aux partenaires avec qui nous discutons, une offreextrêmement compétitive en termes de communication et de retour sur investissement. »
Le projet d’Energy Team est donc de construire un seul AC72 et de le mettre à l’eau le plus tard possible, afin de
bénéficier des ultimes développements de l’équipe américaine, avec un début de construction en juillet 2012, pour une livraison début mars 2013. Le chantier Multiplast à Vannes est déjà réservé pour cette construction, le multicoque devrait être transporté par avion directement sur sa base d’entraînement à San Francisco en mars 2013, avec un programme d’entraînements intensifs de 3 mois, d’avril à juin 2013.
Le budget du team français est donc sensiblement abaissé avec un cout estimé à 15 M€, sur la période 2012 / 2013, soit au minimum trois fois moins que les autres équipes qui s’aligneront sur la Louis Vuitton Cup.
Russell Coutts, CEO Oracle Racing : « La prochaine édition de l’America’s Cup va réunir les meilleurs marins, les bateaux les plus rapides et vise un modèle économique accessible. Cet accord avec Energy Team permet de réaliser ces trois objectifs. Loïck et Bruno ont réalisé de fabuleux exploits en multicoque. Avec le meilleur de la technologie mise à leur disposition, ils ont le potentiel pour atteindre le plus haut niveau dans la Coupe de l’America.”
Bruno Peyron, CEO Energy Team : « Cet accord entre Oracle Racing et Energy Team démontre s’il enétait besoin le changement d’époque et d’esprit que nous vivons actuellement avec l’America’s Cup. Jeremercie Russell Coutts et Larry Ellison pour la confiance qu’ils nous accordent. Nous avons maintenanttoutes les cartes en main pour nous permettre de réussir, voire même de créer la surprise. »
Loïck Peyron, Skipper Energy Team : « Cet accord historique exprime de manière on ne peut plus claireet symbolique la révolution culturelle qui anime l’America’s Cup. C’est un pas de plus dans une démarchenovatrice qui démontre l’état d’esprit partagé par tous les acteurs de cette épreuve exceptionnelle ». Thierry Reboul, Marketing Manager : « C’est un formidable accord car il va permettre à un ou plusieurspartenaires de rejoindre Energy Team pour l’America’s Cup 2013, dans le cadre d’une offre imbattable entermes de coût et de retour sur investissement. »
Il n’y aura finalement que sept équipes présentes à Naples pour les premiers America’s Cup World Series de l’année ; suite au retrait d’Aleph et de Green Comm Racing.
L’équipe d’Aleph n’a donc pas réussi à finaliser un budget pour l’America’s Cup ni pour les America’s Cup World Series malgré des résultats encourageants la saison dernière, comme l’explique Bertrand Pacé, Directeur Sportif d’ALEPH : « Nous sommes évidemment très déçus de ne pas pouvoir continuer sur le circuit America’s Cup World Series 2011/2012 et sur la Coupe, compte tenu de notre classement actuel face aux meilleurs équipes du monde. L’AC45 est un bateau exceptionnel et le format du circuit America’s Cup World Series est très prometteur. Avec Alain Gautier et Fabrice Levet nous avions constitué une équipe de navigants et de techniciens de très haut niveau qui n’ont pas démérité depuis novembre 2009, et ont obtenu des résultats remarquables compte tenu de nos ressources.»
Les espagnols de Green Comm seront également absent, il semblerait également que l’équipe soit dissoute par manque de financement.
Les italiens de Luna Rossa font leur entrée sur le circuit en engageant deux bateaux, tout comme les américains d’Oracle Racing, au sein de cette équipe, Russell Coutts cède sa place de barreur à Darren Bundock qui occupait déjà ce poste à San Diego, James Spithill et son équipage de vétarans de l’America’s Cup étant aligné sur le 2nd bateau. Artemis Racing, qui possède également deux AC 45, n’en alignera qu’un avec Terry Hutchinson à la barre. Emirates Team New Zealand conserve aussi son équipage mené par Dean Barker.
China Team sera toujours présent, avec un nouveau barreur qui n’est autre que Fred Le Peutrec (interview à lire sur Ouest France), spécialiste du multicoque qui s’est imposé face à Phil Robertson ; Team Korea sera skippé par Nathan Outteridge.
Les français d’Energy Team tenteront de confirmer leurs bons résultats, Yann Guichard reprendra la barre de l’AC45 de l’équipe, comme à San Diego. Cette équipe devrait s’aligner sur la Louis Vuitton’s Cup, des rumeurs courent sur le financement de l’équipe par Larry Ellisson, patron d’Oracle, qui souhaiterait voir le team français à San Francisco l’année prochaine, cette rumeur a été démentie par le team, mais il semblerait qu’aucun sponsor ne soit derrière cet apport de 15 millions d’euros.