Transat Jacques Vabre : le Maxi Edmond de Rothschild en tête de flotte, Arkema leader chez les Multi50′

Après le passage d’une dorsale anticyclonique ce matin, et donc des conditions relativement cléments, les trois engagés en classe Ultim vont connaitre dans les heures à venir des conditions beaucoup plus musclées.
Les trois duos naviguent actuellement bâbord amures au près dans un vent d’environ 25 noeuds, ce flux de Sud-Ouest va se renforcer progressivement dans la nuit pour atteindre les 30-35 nœuds établis au passage du front, les rafales devraient avoisiner les 40-45 nœuds avec une houle d’au moins 5 mètres.

Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild qui mènent la flotte devraient être les premiers à atteindre  ce front, ils sont suivis de près par le duo Thomas Coville  et Jean Luc Nélias sur Sodebo  Ultim à une vingtaine de milles. Prince de Bretagne est logiquement distancé dans ces conditions, les deux marins préférant naviguer en sécurité dans ces conditions difficiles pour le 80′.

©Yann Riou/Gitana SA

 

Sébastien Josse, skipper du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) :

« C’était une mise en jambes assez sportive !
Cette nuit, le vent était très irrégulier, on était un peu surtoilé, le bateau s’est emballé à 40 nœuds à certains moments. Nous avons eu plus de mer que prévu avec 3 mètres à 3,5 mètres de face par endroit. Ce n’était pas des conditions très faciles à gérer, il fallait être dessus et très concentrés. Mais nous avons pu trouver un rythme avec Thomas, nous alimenter avec les supers plats du chef Julien Gatillon* et dormir un peu chacun notre tour. C’était très appréciable de bénéficier d’un ciel clair avec cette quasi pleine lune. Surtout avec les problématiques d’AIS que nous connaissons depuis le départ. »

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne (Ultime) :

« Ça a été très humide, mais aussi et surtout très casse-bateaux à cause de l’état de la mer, notamment au niveau du Raz Blanchard, face au courantOn préfère assurer et ne pas prendre de risques inutiles. On n’a pas envie de faire des bêtises et de casser le bateau. On vient tout juste de réduite un peu la voilure. Le vent se renforce petit à petit à l’approche du front. On essaie d’anticiper au mieux comme, de toute façon, nos petits camarades de devant sont difficilement approchables dans ce genre de conditions»

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)

« On vient de retrouver du vent, on marche à grandes enjambées vers le talweg et le front.
On n’avait pas 36 000 choix de trajectoires, on a suivi nos collègues. Nous sommes un peu moins rapide que Gitana qui depuis Etretat a montré des capacités de vélocité supérieure à nous, il se fait la malle.
Cette nuit, on a fait de pointes à 37-38 nœuds, mais Gitana avait sans doute une moyenne plus élevée. A Ouessant nous n’étions pas trop loin mais après il est parti.
J’étais en train de faire une petite sieste pour être frais et dispo.
On vérifie que tout est bien rangé dans le bateau, on fait tourner le moteur pour faire marcher les batteries, on mange, on se repose et on va prendre des ris petit à petit. »

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

En Multi50, Lalou Roucayrol et Alex Pella ont pris les avant postes depuis le début de course et semblent décider à défendre cette position.
Cinq des six multis de la classe suivent une route sensiblement identique à celles des ultimes, Ils Armel Tripon et Vincent Barnaud sur  Réauté Chocolat ont quant à eux fait le choix de la prudence en privilégiant  une route sud depuis le tout début d’après midi afin d’éviter les conditions musclées prévues cette nuit.
Derrière Arkema, FenêtréA – Mix Buffet pointe en 2nde position devant le tout dernier bateau de la classe mis à l’eau, Ciela Village.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Erwan Leroux, skipper de FenêtréA – Mix Buffet (Multi 50) :

« Il a fait très humide, très froid et on n’a pu se reposer qu’en fin de nuit. Arkema a attaqué, je m’y attendais un peu  mais je pensais à ne pas casser le matériel. On a le front encore ce soir, donc on va y aller mollo pour passer sans encombre et partir au portant après.
J’ ai réussi à m’alimenter, Vincent Riou a été impérial, il a passé pas mal de temps à la nav’ et à la météo, c’était donc plus simple pour moi. Je suis resté à l’extérieur, on est assez complémentaire ! Ce soir, il ne devrait pas y avoir de problèmes, on va bien manger. On est bâbord amures et on attend le front.
On a touché le sud-ouest, il y a 12 nœuds de vent et on fait route au 236, cap à l’ouest, c’est parti…
On a un enchaînement technique, il faut anticiper car le vent ne fait que monter et il faut éviter d’abîmer le matériel quitte à faire le virement un peu plus tôt que prévu. Si tu es en avance ce n’est pas grave, il faut faire la manœuvre le plus propre possible, c’est un peu chaud avec beaucoup de mer.
Cela change pas mal les foils, car d’attaquer comme ça à 25 nœuds, on ne pouvait pas le faire avant ! »

Lalou Roucayrol , skipper d’Arkema (Multi 50) :

« Ça va, on est sur la dorsale, ça a molli. Là je viens de manœuvrer une voile, on déplace les poids à bord pour charger l’avant. Il reste un peu de pression,7/8 noeuds, mais la progression est très gênée par le fond de houle. Toute la nuit, la mer était assez creuse et cassante, ça a bien secoué à bord !  
Le passage à Cherbourg a été chaud avec 2 ris/ J2 et beaucoup de mer, c’était assez fort, très fort même. On est parti au large pour éviter le gros du courant mais au final on a eu pas mal de mer !

Jusqu’à Ouessant le vent était instable, avec des grains jusqu’à 27-28 noeuds. C’était rapide et très humide, donc difficile de dormir dans ces conditions car tu fais des bonds. On a peut-être un peu plus attaqué que FenêtréA-Mix Buffet, on a un bateau plus rapide dans la brise mais ça ne se joue à pas grand-chose. »

 

Oliver Krauss, skipper de Ciela Village (Multi 50) :

« Cette nuit nous n’avons pas pu dormir ! Comme prévu, c’était rapide. A partir de Cherbourg avec le vent et le courant contre, la mer était dure. On avait du mal à tenir debout tellement ça allait dans tous les sens. Il fallait se tenir au moulin à café.
C‘était un peu compliqué aux abords de Ouessant. Et après, ça s’est calmé très vite on a eu une bonne accalmie ce matin, pour enfin se reposer un peu car nous n’avons pas pu dormir.
Ce soir, on aura plus de houle, on va se retrouver comme dans un shakeur dans tous les sens. On a passé une petite dorsale, il y a une heure ou deux. Pour l’instant, c’est repos et cette après-midi, ça va commencer à bouger un peu. Arkema a attaqué fort un peu avant Cherbourg. On n’a pas pu le suivre au début mais nous avons été prudents car c’était assez « casse gueule ».

Transat Jacques Vabre : Sébastien Josse et Thomas Rouxel mènent la danse

Le départ de la Transat Jacques Vabre a été donné aujourd’hui au large de Havre à 13h35, dans une vingtaine de noeuds de vent.
Les duos se sont donc élancés pour un parcours côtier le long des falaises calcaires normandes, Lionel Lemonchois et Bernard Stamm sur Prince de Bretagne prenaient le meilleur sur leurs deux adversaires en classe Ultim sur ces 16 premiers milles, ils passaient en tête à Etretat devant Sodebo Ultim et le Maxi Edmond de Rothschild. Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le trimaran le plus récent engagé avaient pris un départ prudent.

©Yann Riou/Gitana SA

Mais ils ont ensuite grapillés les milles les séparant de leurs deux concurrents de la classe Ultim pour prendre la tête de la course avec  des vitesses d’une trentaine de noeuds, Ils sont suivis à 6 milles par le duo Thomas Coville/Jean Luc Nélias sur Sodebo Ultim. Dans des conditions de mer forcissant avec des creux de 2m et sur ce bord de travers, Lionel Lemonchois et Bernard Stamm sont logiquement distancés à une trentaine de milles, Prince de Bretagne étant moins puissant et ayant une garde à la mer moins importante que ces deux concurrents.

Les maxis multicoques devraient poursuivre ce long bord jusqu’a Ouessant avant de mettre du sud dans leur route pour dégolfer.

http://www.youtube.com/watch?v=8AmFgxwUC7k

Bernard Stamm, co-skipper de Prince de Bretagne : « Clairement, on est l’attaque. On a très envie de faire et de bien faire, même si on sait que nos concurrents sont largement plus puissants que nous. On va tout faire pour les accrocher mais en restant prudents car nos bateaux sont quand même plus stables à l’endroit qu’à l’envers ».

Sébastien Josse, skipper du Maxi Edmond de Rothschild : « Les conditions sont plutôt favorables pour aller vite, mais notre objectif n’est pas de faire un record, c’est d’abord d’aller à Bahia, le mieux possible et surtout faire le dos rond les 2 premiers jours car on n’a pas encore beaucoup d’expérience dans ces conditions. C’est la première course du Maxi, on sait que l’on va rencontrer des conditions nous n’avons pas vraiment eu en entraînement, mais tout ça c’est une histoire de confiance et on va essayer de bien faire les choses. Je suis content de faire cette première course avec Thomas, on a une confiance réciproque, il est totalement à l’écoute, il s’appuie beaucoup sur l’expérience, il est très sérieux et très concentré. C’est son premier départ avec un gros bateau mais je suis assez serein sur le fait qu’on agisse comme il faut. »

Thomas Rouxel, coskipper du Maxi Edmond de Rothschild : « Le départ va être assez compliqué avec le monde, on espère que la zone sera bien dégagée, après une fois qu’on aura franchi la ligne on devrait réussir à aller sur un seul bord jusqu’à la bouée d’Etretat donc c’est bien. On est serein. On va partir doucement, a priori c’est du près assez serré donc on ne volera pas sur le premier bord, on ne va pas attaquer tout de suite, ça sera plus safe. Les routages nous donnent 8 jours à peu près jusqu’à Bahia, on devrait passer en milieu de nuit au large de Ouessant et après-demain aux Açores, c’est rapide. Je suis très chanceux de faire ma première Jacques Vabre sur un bateau comme ça, et très content d’être là car ça faisait longtemps que j’avais envie de faire la Transat Jacques Vabre, c’est une belle course donc je vais essayer de savourer ces moments et tout donner. » 

 

Week end de grand départ pour les multicoques

Ce week end sera chargé pour les skippers de multicoques, avec le départ de la Transat Jacques Vabre entre Le Havre et Salvador de Bahia pour trois duos en catégories Ultim, et six en Multi50′, le départ d’Yves le Blévec pour une tentative de record autour du monde en solitaire contre vents et courants dominants, alors que François Gabart s’attaquera au record du tour du monde dans le sens classique.

A noter également la première sortie de Banque Populaire IX aujourd’hui au large de Lorient pour Armel le Cléac’h et l’équipe de Banque Pop.

  • Le premier à s’élancer devrait être François Gabart, qui a quitté les pontons de Port la Forêt vers 18h, sur son trimaran Macif pour rejoindre la ligne de départ de son tour du monde au large d’Ouessant. Il s’élancera demain matin, il s’attaque au record en solitaire détenu par Thomas Coville sur Sodebo en 49 jours 3 heures 7 minutes.
    Le skipper avec un départ précoce dans la saison se laisse la possibilité d’un retour pour un nouveau stand-by si la météo se montrait défavorable dans l’Atlantique Sud.

© Lloyd Images

  • Yves le Blévec devrait quant à lui partir demain après midi pour une tentative de record autour du monde en solitaire, tout comme François Gabart, mais le skipper basé à la Trinité effectuera cette tentative contre les vents et les courants dominants. L’objectif sera d’établir un temps de référence en multicoque sur ce parcours. Le départ devrait se faire entre 14 et 16h au large de la Trinité sur Mer.
    Yves le Blevec : « La pression vient de changer de camp : de l’étude des fichiers météo à celle des derniers détails logistiques ! Nous sommes dans la continuité de ces dernières semaines de préparation. Mon sac est prêt depuis plus d’une semaine, je n’ai plus qu’à mettre mon ciré !

    Je vais procéder à quelques dernières vérifications avec l’équipe et tout sera prêt. Ce départ est tout sauf une surprise. J’ai bien conscience que c’est un moment important de mon existence. Là, je suis content d’être chez moi, de profiter de ce confort rassurant. J’ai bien dormi cette nuit, je vais bien dormir la nuit prochaine, je suis super à l’aise. »

    © Th.Martinez / Sea&Co.
    Trimaran ULTIM “ACTUAL”

     

  • Autre événement majeur de la course au large dont le départ sera donné dimanche, la Transat Jacques Vabre, entre Le Havre et Salvador de Bahia.
    Trois duos partiront en catégorie Ultim, deux équipages font figure de potentiels vainqueurs, Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodebo ultim, et Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild.
    Le skipper de Sodebo s’adjoint de nouveau les services de Jean Luc Nélias, les deux hommes  connaissent parfaitement leur monture sur laquelle Thomas Coville  détient le record autour du monde en solo. Le trimaran devrait être mené à 100% de son potentiel sur ce parcours.

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

    La donne est un peu différente pour le duo Sébastien Josse/Thomas Rouxel, ils disposent d’une monture au potentiel supérieur à Sodeb’O avec des appendices porteurs permettant au bateau d’avoir des phases de vol stabilisé. Les capacités de ce trimaran de dernière génération sont indéniables, mais le bateau est encore en phase de mise au point. Même si l’équipage a parcouru plus de 5000 milles, ils restent des inconnues et l’équipage pourrait être contraint de lever le pied dans certaines phases météorologiques musclées, l’objectif de victoire pouvant passer après le fait d’arriver de l’autre côté sans casse et d’acquérir de l’expérience sur ce bateau.

    Lionel Lemonchois et Bernard Stamm font figure d’outsiders face aux deux autres multis. Il partiront sur le plus petit des ultimes, sur un concept plus proche des ORMA que des derniers maxis multis. Pour tirer leur épingle du jeu et pouvoir rivaliser avec leurs deux adversaires, il faudrait des phases de transition avec du vent faible et du près, dans lesquelles Prince de Bretagne serait à son avantage.

    Le renouveau de la classe Multi50′ se fait sentir sur cette édition avec quatre trimarans de 50′ dotés des foils monotypes, dont un bateau neuf, le Ciella Village de Thierry Bouchard.
    Mais les favoris seront Erwan Le Roux et Vincent Riou sur Fenêtrea Mix Buffet et Lalou Roucayrol et son joker de luxe Alex Pella sur Arkema et en position d’outsider Armel Tripon et Vincent Barnaud sur Réauté Chocolat.

    Le dernier né étant été mis à l’eau assez tard, Thierry Bouchard et Olivier Krauss devraient se contenter d’assurer une bonne place, tout en naviguant en sécurité.http://www.youtube.com/watch?v=2TrbW0VH4C0

    Gilles Lamiré et Thierry Duprey du Vorsent sur La French Tech devraient avoir du mal à rivaliser du fait de l’absence de foils, et ce malgré leur expérience à la barre de ce trimaran, tout comme Eric Defert et Christopher Pratt sur Drekan Group.

Actual remporte le record SNSM devant Prince de Bretagne, Musadam Oman Sail décroche le record du tour de l’Irlande

Yves Le Blévec et Lionel Lemonchois avaient choisi de courir sur le record SNSM, en équipage sur un parcours de 430. C’est finalement Actual qui a coupé la ligne en premier avec une trentaine de minutes d’avance sur Prince de Bretagne, qui vient tout juste d’être remis à l’eau.
Les deux équipages ont bataillé dur pendant un peu moins de 20h, avec de nombreux changements de leaders.

Yves Le Blévec : « C’était engagé ! Nous étions vent de travers, avec un peu de mer. Les conditions n’étaient pas faciles, mais tout s’est parfaitement bien passé, nous n’avons eu aucun souci technique. Nous avons fait une belle trajectoire, notamment grâce à Isabelle Joschke qui était à la navigation. La présence de Jean-Baptiste Levaillant est quant à elle toujours aussi précieuse et efficace à bord. Toutes les manœuvres ont été réussies, nous avons bien échangé, c’était vraiment une belle navigation, très riche et positive. Nous avons fait plusieurs fois des pointes à plus de 35 nœuds et une très bonne moyenne au-dessus de 30 nœuds une bonne partie de la nuit ! »

En Irlande et là aussi après de multiples changements de leader c’est Sidney Gavignet, accompagné de Damian Foxall, Jean Luc Nélias, Fahad Al Hasni, Yasir Al Rahbi et Sami Al Shukaili sur le MOD70 Musandam-Oman Sail qui remportent la Volvo Round Ireland Race. L’équipage aux couleurs du sultanat s’impose notamment face aux deux autres MOD70 engagés, Phaedo 3 et Concise 10 qui terminent à moins de 6 minutes du vainqueur.

© Lloyd Images

Sidney Gavignet et ses hommes décrochent également le record du tour de l’Irlande en 38 heures 37 minutes sept secondes.

L’actualité des maxis multicoques

  • Les deux adversaires d’Actual sur The Transat sont toujours amarrés à New York, Macif va subir un check up sur place avant une tentative de record sur l’Atlantique Nord en solitaire pour François Gabart, si une fenêtre se présente. Sodebo rentrera en France, comme Actual, Thomas Coville s’alignera sur une tentative de record autour du monde en solo cet hiver. Par ailleurs, la construction d’un nouveau trimaran n’est pas écarté par la direction de Sodebo, comme le rapporte le Télégramme, la décision sera prise à l’issue du tour du monde cet hiver. La solution alternative étant de modifier l’actuel bateau (issu de la plate forme de Géronimo), notamment de changer les flotteurs pour gagner du poids.
  • Yves le Blévec a bouclé The Transat bakerly cette nuit. Il aura effectué la transatlantique en course en 10 jours 12 heures 15 minutes 59 secondes à 2j 3h 21’ 20’’ du vainqueur.

    Yves le Blévec à l’arrivée :

    « La transition est assez brutale ! Cet après-midi, j’étais encore dans des calmes, en train de m’ennuyer en attendant le vent et là, arriver en pleine ville, c’est impressionnant… Belle transat : je me suis rendu compte que j’étais à la fois capable de dérouler tout le parcours heure par heure, et de comprendre que j’ai traversé l’Atlantique en dix jours ! Et même si ma trajectoire paraît assez droite, il a fallu enchaîner en permanence parce qu’il se passe tout le temps quelque chose. J’ai fait connaissance avec mon bateau parce que je n’avais pas beaucoup navigué avec, et encore moins en solitaire. C’était une belle mise en contact avec des conditions météo plutôt sympas : pendant deux-trois jours, on était plus près de la Guadeloupe que de New-York ! On a fait de belles moyennes, et mes concurrents étaient de toutes façons un poil plus rapides. En plus le jeu de la météo les a favorisé puisqu’ils ont pu couper le fromage, à un endroit où je n’aurais pas pu passer. Par rapport à un Multi50, c’est hyper confort ! Ma cellule de vie est de plain pied avec le cockpit de manœuvre, et je vois tout de ma bannette. C’est très sec, très agréable. Mais quand il faut sortir pour manœuvrer, c’est hyper fatiguant… On a eu deux passages de front où il a fallu renvoyer de la toile derrière rapidement : c’est éreintant. Une heure de sport ! Mon premier virement de bord, je l’ai fait il y a deux jours… Mais les empannages, j’en ai enchaîné. C’est beaucoup plus simple que de virer de bord où on fait souffrir le bateau. Les séquences de manœuvres sont assez fatigantes quand même ! Et il faut être attentif en permanence parce qu’il y a moyen de se faire piéger très vite ! Mais j’ai été prudent et je n’ai rien cassé… Je n’ai pas beaucoup dormi : je pense que je n’ai pas été très bon sur la gestion du sommeil. Mais moi, je n’avais pas la tension du combat au contact qu’ont connu François et Thomas. Et le jour où ils sont arrivés à New-York, je me suis complétement détendu : le côté compétiteur a basculé même si je n’ai pas baissé de rythme, mais j’étais plus zen. On va améliorer le bateau qui a tout de même dix ans d’âge : on va jouer sur le gréement en diminuant la hauteur de mât, en changeant la configuration de la voilure pour 2017. J’ai bien vu que le bateau va vite et reste facile quand il n’est pas chargé de toile… L’étude est lancée. J’ai eu de grands moments de plaisir à bord d’Actual ! C’est très différent d’un Multi50, mais c’est incroyable comment on peut aligner les milles faciles… »

     

  • Idec Sport a quitté la Trinité sur Mer pour une tournée de relations publiques en Méditerranée, avec une bonne partie de l’équipage ayant participé à la tentative de Trophée Jules Verne l’hiver dernier (Francis Joyon, Alex Pella, Bernard Stamm, Clément Surtel). Francis Joyon a également convié Jean Baptiste Levaillant, maitre voilier Incidences Sails et habitué des maxis multicoques. A son retour en Bretagne, le skipper envisage de débuter les navigations en solitaire sur son trimaran, et de tenter le record des 24h si des conditions favorables se présentent.

    CREDIT : IDEC SPORT

    CREDIT : IDEC SPORT

  • Spindrift 2 a été remis à l’eau hier à Lorient après une grosse révision suite au Trophée Jules Verne. Prince de Bretagne retrouvera également son élément mardi matin, suite au chantier post chavirage Transat Jacques Vabre.
  • Le plan Irens/Cabaret, ex B&Q/Castoramae est entré en refit au chantier Nauty Mor à Hennebont. Le trimaran passé entre les mains de Philippe Monnet entre autre était convoité par différents skippers pour un tour du monde contre vents et courants dominants (Yvan Bourgnon notamment).

 

Une classe Ultime dispersée

Voiles et Voiliers fait le point, dans un article disponible sur son site internet, sur la classe Ultime.
Les ultimes existent depuis plusieurs décennies et peinent à rassembler.
Plusieurs tentatives de fédérer ces maxis ont été des échecs (G-Class de Bruno Peyron, l’actuel collectif Ultim).

 

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

A ce jour, les différents protagonistes avancent en ordre dispersé, Actual, Macif, Sodebo font partie du collectif Ultim, tout comme Banque Populaire qui mettra à l’eau son bateau dans le courant de l’année. Ce collectif a pour but de développer un programme articulé sur de navigations en solitaire, il s’est doté d’un cadre architectural, excluant les MOD70, le maxi 80 Prince de Bretagne et Spindrift 2. Mais le collectif, du fait du faible nombre de « membres », se voit contraint d’intégrer des courses ne respectant pas le cadre architectural qu’il a défini, comme The Bridge, ou encore la Route du Rhum.

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

L’article de Voiles et Voiliers dévoile plusieurs informations importantes :
– le trimaran du Gitana Team serait hors cadre du collectif Ultim, de part sa taille de 33m (limité à 32m pour le collectif) et du fait de l’asservissement des appendices (ce qui n’est actuellement pas autorisé par le collectif)
– Prince de Bretagne souhaite rester impliqué dans la voile, l’actuel Maxi 80 pourrait être vendu pour acquérir un bateau d’occasion plus grand si l’opportunité se présentait. L’objectif pour le team et le skipper Lionel Lemonchois est la Route du Rhum 2018, le maxi 80 naviguera essentiellement en RP en 2016, le programme 2017 n’est pas défini- Actual d’Yves le Blévec naviguera avec un mât fixe cette saison suite à la rupture du vérin de bascule sur la Transat Jacques Vabre. Le programme 2016 inclut The Transat, Actual sera opposé à Sodebo et Macif sur cette transatlantique.
– une nouvelle course entre Monaco et Pondichery (avec escale à Maurice) pourrait avoir lieu en 2018

Thomas Coville et Sodebo (qui font partie du collectif) seront la The Transat, ensuite le skipper tentera sa chance autour du monde en solitaire cet hiver.
François Gabart sur Macif participera également à The Transat avant une tentative de record en Méditerranée en septembre.

Du côté des exclus du collectif (volontairement ou non), Spindrift racing a annoncé son intention de courir la Transat Québec Saint Malo cet été (pour l’instant Spindrift 2 est le seul dans la classe Ultime) avant une nouvelle tentative de Trophée Jules Verne l’hiver prochain. Idec et son skipper Francis Joyon semblent avoir été séduit par le Jules Verne de cet hiver et paraissent déterminé à retenter l’aventure en 2016.
Marc Thiercelin qui possède l’ex Majan (sistership d’Actual) cherche toujours des financements pour lancer le chantier de remise en état et d’élargissement de son trimaran.

 

 

Transat Jacques Vabre : FenêtréA Prysmian vainqueur en Multi 50, Ciela Village 2nd

Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian gagnent la Transat Jacques Vabre dans la catégorie Multi50, Erwan le Roux devient par ailleurs triple vainqueur de l’épreuve de même que son trimaran sur plans VPLP.  Ils ont bouclé le parcours en 16 jours 22 heures 29 minutes et 13 secondes à la vitesse moyenne sur l’eau de 15,06 nœuds.

Le duo aura dû faire face à des soucis de grand voile et a été contraint de naviguer sous voilure réduite depuis la latitude de Salvador de Bahia.

Ciela Village mené par Thierry Bouchard et Oliver Krauss avait également connu des soucis qui l’avait obligé à faire escale au Cap Vert pour réparer son étrave, les deux skippers arriveront dans la nuit et se classeront seconds.  Arkema a également dû s’arrêter pour réparer  à Salvador de Bahia pour renforcer sa coque centrale qui se délaminait.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)

« Chaque victoire est différente, celle-là a une saveur particulière surtout avec ce bateau. C’est trois victoires sur ce bateau. Ca m’a fait remonter beaucoup d’émotions. J’ai pensé à Hubert Desjoyeaux qui m’a accueilli pour construire le bateau avec Franck-Yves (Escoffier).Tous ces souvenirs remontent, c’est un bel hommage que je veux leur rendre aujourd’hui, c’est grâce à eux tout ça. Ils ont construit un super bateau, j’ai participé à la construction de ce bateau également. C’est vraiment un super bateau. Le plus bel hommage, c’est de gagner des courses. Je dédie à Hubert cette victoire, c’était un grand homme et un grand constructeur de bateau. Cette arrivée est pleine d’émotions. Ca n’a pas été facile, on a eu des moments difficiles, les 5-6 premiers jours… Nous vivions à plat ventre. C’était délicat. Vivre à l’intérieur, c’est compliqué. Les mouvements sont brutaux, on se cogne, rien que de mettre un ciré demande une demie heure. Faire des besoins basiques, ça demande une énergie folle. Tout ça, entre deux vomis. Une première semaine compliquée. Les conditions n’étaient pas forcément dures, mais c’était long. Cinq jours dans une machine à laver c’est dur.
Avec Giancarlo, ça c’est bien passé. Nous avons réussi notre objectif. Il y avait une belle histoire à construire dès le début. C’était de lui transmettre mon expérience du multicoque et mon expérience sur ce bateau. On a travaillé là-dessus toute l’année. On a cultivé la victoire, on a gagné toutes les courses de la catégorie Multi50. Notre objectif de duo gagnant est atteint ! Contrat rempli ! Le prochain objectif, c’est au mois de mai, en solitaire sur The Transat. La course mythique en solitaire qu’il faut décrocher avec le Multi50. J’ai déjà hâte d’y être. Ce sera encore une autre histoire. Mais dans l’immédiat je profite de cette belle victoire sur cette Transat Jacques Vabre. Le lointain, on verra après ! »

Giancarlo Pedote, co-skipper (FenêtréA Prysmian)
« C’est magique, je rêvais de cette course depuis 2001. J’étais préparateur. Tous les soirs, je rêvais sur les quais d’être au départ un jour. Et quatorze ans plus tard, je réalise mon rêve, et en plus de la gagner c’est beaucoup d’émotions. L’arrivée de ma première transat était également au Brésil, donc le mélange de tout ça m’a touché ces derniers 10 milles de course. On a échangé nos sentiments avec Erwan, c’était un bel échange, un beau moment. J’étais bien fatigué au début de la course, j’étais un peu stressé des conditions, car je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait donner. J’avais le mal de mer. Je ne me suis pas nourri pendant 48 heures. C’était dur, je serrais les dents. Après, c’est incroyable mon corps a repris de l’énergie, s’est habitué. Cela m’a fait l’effet opposé, car après j’étais très en forme. Je ne me sens pas trop fatigué. »

Transat Jacques Vabre : Sodebo Ultim second, FenêtréA Prysmian large leader en Multi 50′

Thomas Coville et Jean-Luc Nélias ont pris la 2ème place de cette Transat Jacques Vabre dans la classe Ultime, ils auront mis 13 jours 47 minutes 38 secondes à la vitesse moyenne de 17,26 nœuds sur le parcours théorique, et à 20,51 noeuds sur la route réelle de 6 415 milles. Sodebo Ultim’ est arrivé 7h 18min et 11sec derrière Macif.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)

« Ce n’est pas du tout de la déception, c’est le plaisir de s’être bagarré jusqu’au bout. On s’est fait une première nuit d’anthologie où on s’est vraiment régalé en mettant tout le monde d’accord. On s’est fait une dernière nuit rien que pour nous avec le plaisir de pousser le bateau à fond. Ca été une très belle régate, on a vécu un truc génial à deux, c’est magique de naviguer à deux sur ces bateaux. En fait, cette nuit, je me rendais compte à quel point on est privilégié de naviguer sur un bateau comme Sodebo.
Merci à Sodebo de s’être engagé dans l’aventure Ultime, il fallait oser. J’ai aussi eu le privilège de naviguer aux côtés d’un monsieur comme Jean-Luc Nélias, merci beaucoup à Jean-Luc. Cette nuit, je me suis senti très à l’aise quand on attaqué avec Jean-Luc. Je me suis senti très à l’aise et très serein sur Sodebo avec cette conception du large. La Transat Jacques Vabre a été plutôt une course au contact avec des vents médiums. Quand on sera dans le Grand Sud, je serais content d’être à bord de mon Sodebo. Je suis bien sur mon bateau, je suis très fier de ce bateau. C’était un projet de toute équipe quand on a transformé Géronimo. L’objectif est d’aller en solitaire autour de la planète, là ce sera une autre histoire. Si on peut se payer le luxe de se faire des bagarres comme ça en solitaire à 5 ou 6 bateaux on va changer l’Histoire. On va prendre un plaisir incroyable, c’est mon objectif, prendre du plaisir sur l’eau et que la planète soit notre terrain de jeu. Quel enthousiasme de se retrouver pionnier d’une nouvelle histoire. C’est émouvant d’arriver, c’est une histoire qui s’achève et à la fois on pense à la suivante. J’ai proposé à Jean-Luc en passant la ligne d’arrivée de remettre ça dans deux ans, il m’a répondu oui tout de suite. »

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’

« Ca s’est joué sur un coup de tactique-stratégie sur un empannage au niveau du cap Vert. Macif avait du retard, en empannant plus tôt que nous il a neutralisé son retard. Ca nous a positionné à l’entrée du pot au noir dans un position un peu décalée, et on pensait que notre position était la meilleure, et finalement c’est la leur qui a le mieux marché. C’est souvent le cas dans le Pot au Noir : on tente des trucs et on n’est pas sûr que ça marche. Il est sorti du Pot au Noir et il a touché du vent plus fort que nous et en multicoque ça ne pardonne pas. Les écarts sont très importants, et la vitesse double, on quitte le système d’alizés, et petit à petit, il s’est échappé. »

A lire : l’interview des deux co-skippers Pascale Bidégorry (MACIF) et Jean Luc Nélias (Sodebo Ultim’) sur Voiles et Voiliers.

En Multi 50, Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote sur FenêtréA Prysmian ont du effectuer une réparation sur la grand voile hier et ont concédé quelques dizaines de milles sur leurs poursuivants. Ils conservent cependant plus de 360 milles sur le second Arkema. Ciela pointe à 55 milles d’Arkema.

Transat Jacques Vabre : dernière ligne droite pour MACIF, attendu en vainqueur à Itajai

François Gabart et Pascal Bidégorry sont tout proches de remporter cette Transat Jacques Vabre sur le trimaran MACIF, récemment mis à l’eau et doté d’un seul foil. Il sont attendus la nuit prochaine. Ils sont parfaitement négocier  le front orageux transitoire qui leur barrait la route au petit matin  et ont accroché un flux de sud est établi, la dernière difficulté sera l’approche des côtes avec un vent qui mollira petit à petit.

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sont actuellement en train de passer la fin du front, à 180 milles du leader, ce retard ne devrait pas leur permettre d’inquiéter leur adversaire.

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François Gabart, skipper de MACIF (Ultime)
« On a passé le front froid permanent du cabo Frio, et maintenant le climat a changé, il fait plutôt froid alors qu’hier, c’était grand soleil et 40°. Nous sommes contents, car maintenant, c’est tout droit jusqu’à l’arrivée. Il n’y aura pas de grands changements météo, juste des grains à gérer. On est à 27 nœuds et on a du vent fort à venir dans l’après-midi et le début de soirée, ça va aller vite. Nous allons arriver entre 22h et 24h TU (soit 23h et 1h heure française) à une quarantaine de milles de l’arrivée. Le vent mollit à l’approche de la côte. Après, les derniers milles vont être compliqués. On va donc arriver fin de nuit prochaine. »

En Multi 50, FenêtréA Prysmian poursuit sa course, seul en tête, les deux autres multis 50 en course pointant à plus de 400 milles à la sortie du Pot au Noir, alors que le leader passe l’archipel de Fernando de Noronha.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)
« Je suis en pleine séance de matossage, donc je déplace le matériel de l’avant vers l’arrière. Tout le matériel de sécurité, toute l’eau qu’il nous reste, le matériel de rechange, la TPS, la pharmacie, etc., une dizaine de sacs que je déplace de 7 mètres environ et que j’entasse à l’arrière et ensuite j’amarre le tout avec un filet pour que cela tienne en cas d’enfournement intempestif.
Par cette chaleur, je suis à poil pour le faire, car c’est une suée incroyable. On fait ça parce que l’alizé commence à adonner et on ouvre un peu les voiles et dans les allures travers au vent, le bateau aime bien être assis sur l’arrière de la coque centrale, c’est pour cela qu’on met tout le matériel derrière.
On est à 32 milles de Fernando de Noronha et on va passer à 15 milles dans son vent. Le vent va adonner, donc il va falloir bien régler le bateau, on sera au reaching, donc il va falloir bien conduire le bateau pour ne pas le mettre en danger et rester à l’endroit.
Il me semble qu’il nous reste entre 4 et 5 jours, je dois faire un point avec notre routeur Jean-Yves (Bernot). Je crois que ça va mollir un peu à l’approche de Récif. Je ne sais pas, mais je pense que c’est 4-5 jours.
Giancarlo est à la barre, dehors en ciré, car comme ça avance vite, dehors c’est trempé. »

Oliver Krauss, skipper du Multi 50 Ciela Village
« On a eu un Pot au Noir tranquille pour nous, on a réussi à avancer tout le temps. Donc a fait une bonne nuit, on pensait s’arrêter et finalement on a avancé toute la nuit. On est devant Arkema, il est beaucoup plus dans l’est que nous donc il va repasser devant assez vite. Arrivés à Recife, on verra comme on se situe vis-à-vis de lui. On peut encore faire quelque chose. On n’a jamais fait en-dessous de 8-10 nœuds, sauf sous un nuage, mais notre moyenne est de 8 nœuds. On a continué à avancer, donc c’est le principal. On approche de Fernando de Noronha, on est au largue, et on va être vent de travers pendant un petit moment, on va avancer à fond.
Thierry dormait et moi j’étais au poste de barre sous pilote et j’ai vu un gros truc devant, je croyais que c’était un paquet d’algues, on avançait à 20 nœuds et quand j’ai vu ce que c’était : une baleine, je ne pouvais plus rien faire, elle est passée entre les flotteurs et la coque centrale, ce n’était pas une grosse baleine, ça s’est bien passé, mais c’était quand même stressant. C’est la mer, tu peux te prendre des baleines, des containers, c’est le risque.
Il y a pas mal d’algues. On a fait un petit arrêt pour les enlever des safrans. On le sent à la barre, dès qu’on va à 10-13 nœuds, on sent tout de suite si on a quelque chose, si on en a beaucoup ou pas et on fait une marche arrière. Mais c’était surtout hier, là ça va.
Depuis hier, le ciel est étoilé, et ce matin il y a quelques petits nuages noirs qui passent, qui amènent de la pluie, donc on essaye de les éviter. C’est ciel bleu avec pas mal de nuages, soleil, ombre, cumulus, mer plutôt plate qui commence à clapoter. Beau temps, belle mer ! »

Transat Jacques Vabre : MACIF en position de contrôle, ETA samedi entre 2 et 4h

Statu quo dans la classe Ultime, l’écart s’est sensiblement réduit dans la journée passant de plus de 260 à 140 milles. L’équipage de MACIF a été contraint de s’écarter de la route directe puis d’empanner, alors que Sodeb’O Ultim faisait plus ou moins une route directe vers le Cap Frio. Thomas Coville et Jean Luc Nélias effectuent néanmoins depuis quelques heures un recadrage vers la côte, ils pourraient tenter de couper au plus court dans la zone dans le front en Baie de Rio afin de refaire leur retard sur MACIF qui reste cependant en position de contrôle.

Jean-Luc Nélias, Sodebo Ultim’ :
« Certes, cela peut tamponner à terre mais j’ai quelques exemples récents où on passe comme des fleurs (2 Volvo Ocean Race). Notre problème d’hier, c’est qu’effectivement, on essayait de prendre le plus de marge possible depuis 48 heures (25 milles) mais qu’une grosse zone de grains est venue de l’Est sur la zone, pile poil au moment de notre passage. On le voyait sur le fichier météo CEP ! On a eu 5 nœuds dans le 175° par moment… MACIF qui a dû passer pas loin de six heures avant nous et n’a pas connu cette zone. En fait depuis la sortie du Pot au Noir, il a toujours eu de la droite avant nous et ça c’est normal, mais aussi une TWS plus stable quand on voit la constance de sa vitesse. Nous, derrière, on a subit plusieurs baisses de vent proche de 10 nœuds sous des lignes de grains et au final, il nous a mis une branlée ! On n’est pas dans le même timing météo… A part s’accrocher et batailler et espérer des miracles (qui arrivent parfois), on ne peut pas changer ce que nous propose la météo. Mais on espère que la roue tournera… »

Thomas Coville, skipper de SODEBO (Ultime)

« Aujourd’hui c’est grand soleil, on a retouché du vent, on est sous trinquette, au portant le long du Brésil. La vie pourrait être meilleure, elle peut toujours être meilleure, mais elle pourrait aussi être plus terrible. On essaye d’être concentré sur ce qu’on fait. On a fait une belle balade ce matin, on s’est enchaîné 1h30 de manœuvres et quand ça déroule bien on est super contents. Avec Jean-Luc, on se connaît de mieux en mieux, on connaît aussi mieux le bateau et on se répartit beaucoup plus les rôles. Il manque un ingrédient, car la bagarre est un peu tombée. Ils (François Gabart/Pascal Bidegorry, ndlr) sont partis à la sortie du Pot au Noir. Le duel était magique à vivre.

L’un comme l’autre, on aime naviguer. Jean-Luc aura fait beaucoup de milles cette année, moi, j’en cumule aussi. On se retrouve là à régler le bateau au mieux, on n’a pas l’impression d’avoir mal fait, on n’a pas jeté l’éponge, tant que l’un de nous deux n’a pas passé la ligne tout est possible, même si les chiffres ne sont pas en notre faveur. On ne lâche rien et cela fera partie du plaisir de se dire qu’on a tout donné.

Au début on n’a pas eu de conditions viriles et on était plus à l’aise que MACIF. Dans du temps médium, il s’est avéré plus rapide. J’appréhendais que ce soit plus terrible. A la sortie du Pot au Noir et vue les conditions météos ils sont partis devant. Le jour du départ du Havre, quand j’ai vu qu’ils filaient avec le petit gennaker, je me suis dit que lorsqu’ils mettraient le grand ils allaient réellement filer encore plus. Et au large du Maroc, on s’est retrouvé avec eux. Pour un bateau neuf, ils ont encore pleins de chose à optimiser et ils iront sûrement plus vite après.

A la sortie du Pot au Noir, en étant sous le vent, on avait du refus, on était au près serré contrairement à MACIF qui avait de l’adonnante au large. Et nous avions moins de vent et plus de refus, donc les trajectoires étaient à l’opposé. C’était un choix subi à la sortie du Pot qui nous a emmenés plus à l’ouest que prévu.

Ca s’est joué sur un empannage en amont du Cap vert alors que nous étions en tête. A cet endroit-là tu ne pouvais pas savoir que tu allais rester 36 à 48h dans le Pot au Noir. Quand on fait cet empannage, MACIF fait cette option d’empanner à l’intérieur des îles, car ils avaient 35 milles de retard, on se retrouve sur la même latitude, ils annulent la dette, ils étaient plus dans l’est et cela s’est avéré être bon pour eux. C’est nous qui déclenchons cet empannage à l’intérieur et c’est eux qui en profitent. Hier, ils ont eu un vent forcissant et nous on avait une ligne de grain qui s’est formée. On est resté scotché pendant quelques heures. Il y a une zone à Cabo Frio où ça peut tamponner et après jusqu’à Itajaí, il peut y avoir de gros grains et peu de vent, donc si ça reste comme cela, ça peut bloquer devant et nous pouvons revenir. »

François Gabart, skipper de MACIF :
« Nous avons doublé notre avance sur les dernières 24h : ça allait assez vite, on avait du vent, 25 voire plus de 30 nœuds. Sodebo a eu une trajectoire plus serrée en approche de la côte, nous avons été assez surpris des dernières heures passées. On ne savait pas s’ils avaient un problème technique, s’ils devaient réparer mais ce qui est sûr, c’est que nous ne les avons pas attendus. Ce petit pécule d’avance, c’est à la fois beaucoup et à la fois rien du tout, ce sont des bateaux qui vont très vite et qui à 30 nœuds, peuvent faire 150 milles en 5h. Nous ne sommes pas à l’abri d’avoir des soucis techniques tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, on est à fond et on ne lâche rien. Nous sommes tous les deux en forme, le bateau aussi, on essaye d’alterner pour éviter la fatigue inutile et traverser les dernières heures dans les meilleures conditions. »

Prince de Bretagne est arrivé ce matin en remorque à Lorient, le trimaran a ensuite été amarré à l’envers. L’opération de retournement n’a pas pu avoir lieu comme prévu dans l’après midi avec 25 noeuds établis, la manoeuvre aura lieu dès que possible. Lionel Lemonchois et son team inspecteront ensuite la plate forme et le chantier de remise en état débutera. Le skipper espère remettre à l’eau le Maxi 80 en avril, la prochaine échéance étant la Transat Plymouth – New-York en mai.

En Multi 50′, Erwan le Roux et Giancarlo Pedote sont sortis du Pot au Noir et peuvent aborder sereinement la fin de course, avec une avance non négligeable sur Arkema, qui est au coeur de la zone de convergence intertropicale à l’est. Ciela Village sur une route plus à l’ouest pourrait effectuer un beau retour après son arrêt technique.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)

« C’est un Pot au Noir particulier, mais pour nous c’est fini depuis hier. Il nous a fait un sale tour avec un vent un peu inhabituel, et une sortie avec un vent de sud-ouest. Et c’est uniquement depuis ce matin qu’on a trouvé les vents de sud-est. Le bord en tribord n’était pas sympa, car nous étions face à la mer, il était usant ce bord pour nous amener dans le sud-est, beaucoup de clapot. Depuis qu’on a viré de bord, c’est un vrai bonheur, ça accélère gentiment, on a ouvert un peu les voiles, on est à 13 nœuds pour 9 nœuds de vent. La machine à fabriquer du vent est enfin en route.
On a eu des grains mais pas beaucoup de pluie. C’est surtout cette nuit qu’on a eu de la pluie. Et avec le vent apparent qui est assez élevé en multicoque tu es rapidement en ciré, donc la douche ce n’est pas pour maintenant.
Giancarlo a déjà passé l’équateur quand il a fait la Mini en 2004. Et moi mon premier passage, ça devait être sur la Transat Jacques Vabre en 2005 sur Gitana avec Thierry Duprey du Vorsent et on devait passer l’Ascension. Je me souviens que c’était tellement la galère dans le près que Thierry ne m’avait pas bizuté. Le près dans l’anticyclone de Saint-Hélène c’était réellement la galère. C’est mon souvenir de mon premier passage de l’équateur. On va faire une petite offrande à Neptune des petits gâteaux, ceux qu’on n’aime pas, car nous n’avons pas pris d’alcool à bord, donc pas de champagne pour lui. On a bien récupéré cette nuit, je pense qu’on va continuer à nous reposer. On est bien en forme, on est pas mal pour attaquer la grande ligne droite. »