Transat Jacques Vabre : MACIF en position de contrôle, ETA samedi entre 2 et 4h

Statu quo dans la classe Ultime, l’écart s’est sensiblement réduit dans la journée passant de plus de 260 à 140 milles. L’équipage de MACIF a été contraint de s’écarter de la route directe puis d’empanner, alors que Sodeb’O Ultim faisait plus ou moins une route directe vers le Cap Frio. Thomas Coville et Jean Luc Nélias effectuent néanmoins depuis quelques heures un recadrage vers la côte, ils pourraient tenter de couper au plus court dans la zone dans le front en Baie de Rio afin de refaire leur retard sur MACIF qui reste cependant en position de contrôle.

Jean-Luc Nélias, Sodebo Ultim’ :
« Certes, cela peut tamponner à terre mais j’ai quelques exemples récents où on passe comme des fleurs (2 Volvo Ocean Race). Notre problème d’hier, c’est qu’effectivement, on essayait de prendre le plus de marge possible depuis 48 heures (25 milles) mais qu’une grosse zone de grains est venue de l’Est sur la zone, pile poil au moment de notre passage. On le voyait sur le fichier météo CEP ! On a eu 5 nœuds dans le 175° par moment… MACIF qui a dû passer pas loin de six heures avant nous et n’a pas connu cette zone. En fait depuis la sortie du Pot au Noir, il a toujours eu de la droite avant nous et ça c’est normal, mais aussi une TWS plus stable quand on voit la constance de sa vitesse. Nous, derrière, on a subit plusieurs baisses de vent proche de 10 nœuds sous des lignes de grains et au final, il nous a mis une branlée ! On n’est pas dans le même timing météo… A part s’accrocher et batailler et espérer des miracles (qui arrivent parfois), on ne peut pas changer ce que nous propose la météo. Mais on espère que la roue tournera… »

Thomas Coville, skipper de SODEBO (Ultime)

« Aujourd’hui c’est grand soleil, on a retouché du vent, on est sous trinquette, au portant le long du Brésil. La vie pourrait être meilleure, elle peut toujours être meilleure, mais elle pourrait aussi être plus terrible. On essaye d’être concentré sur ce qu’on fait. On a fait une belle balade ce matin, on s’est enchaîné 1h30 de manœuvres et quand ça déroule bien on est super contents. Avec Jean-Luc, on se connaît de mieux en mieux, on connaît aussi mieux le bateau et on se répartit beaucoup plus les rôles. Il manque un ingrédient, car la bagarre est un peu tombée. Ils (François Gabart/Pascal Bidegorry, ndlr) sont partis à la sortie du Pot au Noir. Le duel était magique à vivre.

L’un comme l’autre, on aime naviguer. Jean-Luc aura fait beaucoup de milles cette année, moi, j’en cumule aussi. On se retrouve là à régler le bateau au mieux, on n’a pas l’impression d’avoir mal fait, on n’a pas jeté l’éponge, tant que l’un de nous deux n’a pas passé la ligne tout est possible, même si les chiffres ne sont pas en notre faveur. On ne lâche rien et cela fera partie du plaisir de se dire qu’on a tout donné.

Au début on n’a pas eu de conditions viriles et on était plus à l’aise que MACIF. Dans du temps médium, il s’est avéré plus rapide. J’appréhendais que ce soit plus terrible. A la sortie du Pot au Noir et vue les conditions météos ils sont partis devant. Le jour du départ du Havre, quand j’ai vu qu’ils filaient avec le petit gennaker, je me suis dit que lorsqu’ils mettraient le grand ils allaient réellement filer encore plus. Et au large du Maroc, on s’est retrouvé avec eux. Pour un bateau neuf, ils ont encore pleins de chose à optimiser et ils iront sûrement plus vite après.

A la sortie du Pot au Noir, en étant sous le vent, on avait du refus, on était au près serré contrairement à MACIF qui avait de l’adonnante au large. Et nous avions moins de vent et plus de refus, donc les trajectoires étaient à l’opposé. C’était un choix subi à la sortie du Pot qui nous a emmenés plus à l’ouest que prévu.

Ca s’est joué sur un empannage en amont du Cap vert alors que nous étions en tête. A cet endroit-là tu ne pouvais pas savoir que tu allais rester 36 à 48h dans le Pot au Noir. Quand on fait cet empannage, MACIF fait cette option d’empanner à l’intérieur des îles, car ils avaient 35 milles de retard, on se retrouve sur la même latitude, ils annulent la dette, ils étaient plus dans l’est et cela s’est avéré être bon pour eux. C’est nous qui déclenchons cet empannage à l’intérieur et c’est eux qui en profitent. Hier, ils ont eu un vent forcissant et nous on avait une ligne de grain qui s’est formée. On est resté scotché pendant quelques heures. Il y a une zone à Cabo Frio où ça peut tamponner et après jusqu’à Itajaí, il peut y avoir de gros grains et peu de vent, donc si ça reste comme cela, ça peut bloquer devant et nous pouvons revenir. »

François Gabart, skipper de MACIF :
« Nous avons doublé notre avance sur les dernières 24h : ça allait assez vite, on avait du vent, 25 voire plus de 30 nœuds. Sodebo a eu une trajectoire plus serrée en approche de la côte, nous avons été assez surpris des dernières heures passées. On ne savait pas s’ils avaient un problème technique, s’ils devaient réparer mais ce qui est sûr, c’est que nous ne les avons pas attendus. Ce petit pécule d’avance, c’est à la fois beaucoup et à la fois rien du tout, ce sont des bateaux qui vont très vite et qui à 30 nœuds, peuvent faire 150 milles en 5h. Nous ne sommes pas à l’abri d’avoir des soucis techniques tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, on est à fond et on ne lâche rien. Nous sommes tous les deux en forme, le bateau aussi, on essaye d’alterner pour éviter la fatigue inutile et traverser les dernières heures dans les meilleures conditions. »

Prince de Bretagne est arrivé ce matin en remorque à Lorient, le trimaran a ensuite été amarré à l’envers. L’opération de retournement n’a pas pu avoir lieu comme prévu dans l’après midi avec 25 noeuds établis, la manoeuvre aura lieu dès que possible. Lionel Lemonchois et son team inspecteront ensuite la plate forme et le chantier de remise en état débutera. Le skipper espère remettre à l’eau le Maxi 80 en avril, la prochaine échéance étant la Transat Plymouth – New-York en mai.

En Multi 50′, Erwan le Roux et Giancarlo Pedote sont sortis du Pot au Noir et peuvent aborder sereinement la fin de course, avec une avance non négligeable sur Arkema, qui est au coeur de la zone de convergence intertropicale à l’est. Ciela Village sur une route plus à l’ouest pourrait effectuer un beau retour après son arrêt technique.

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA Prysmian (Multi50)

« C’est un Pot au Noir particulier, mais pour nous c’est fini depuis hier. Il nous a fait un sale tour avec un vent un peu inhabituel, et une sortie avec un vent de sud-ouest. Et c’est uniquement depuis ce matin qu’on a trouvé les vents de sud-est. Le bord en tribord n’était pas sympa, car nous étions face à la mer, il était usant ce bord pour nous amener dans le sud-est, beaucoup de clapot. Depuis qu’on a viré de bord, c’est un vrai bonheur, ça accélère gentiment, on a ouvert un peu les voiles, on est à 13 nœuds pour 9 nœuds de vent. La machine à fabriquer du vent est enfin en route.
On a eu des grains mais pas beaucoup de pluie. C’est surtout cette nuit qu’on a eu de la pluie. Et avec le vent apparent qui est assez élevé en multicoque tu es rapidement en ciré, donc la douche ce n’est pas pour maintenant.
Giancarlo a déjà passé l’équateur quand il a fait la Mini en 2004. Et moi mon premier passage, ça devait être sur la Transat Jacques Vabre en 2005 sur Gitana avec Thierry Duprey du Vorsent et on devait passer l’Ascension. Je me souviens que c’était tellement la galère dans le près que Thierry ne m’avait pas bizuté. Le près dans l’anticyclone de Saint-Hélène c’était réellement la galère. C’est mon souvenir de mon premier passage de l’équateur. On va faire une petite offrande à Neptune des petits gâteaux, ceux qu’on n’aime pas, car nous n’avons pas pris d’alcool à bord, donc pas de champagne pour lui. On a bien récupéré cette nuit, je pense qu’on va continuer à nous reposer. On est bien en forme, on est pas mal pour attaquer la grande ligne droite. »

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