Pas de Trophée Jules Verne cet hiver pour Spindrift racing

Idec Sport mené par Francis Joyon et son équipage réduit, sera seul autour du monde en équipage cet hiver ; en effet, Spindrift 2, le trimaran de 40m ne prendra pas de départ dans le cadre du Trophée Jules Verne cet hiver.

L’annonce a été faite sur le site du team, Yann Guichard expliquant :
« Le Trophée Jules Verne reste un rêve à accomplir, et constitue un des défis ultimes dans la voile de compétition et pour Spindrift racing.

Dona et moi avons l’ambition de battre ce record avec l’équipe que nous avons mise en place depuis maintenant cinq ans. Un record aussi difficile que celui-là demande un engagement absolu et de réunir toutes les conditions nécessaires à la réussite d’un tel défi. Dans un esprit sportif et professionnel, je pense que cet hiver n’est pas le bon moment pour une nouvelle tentative et nous avons donc pris la décision avec Dona de repousser notre départ. Nous finalisons actuellement notre programme sportif pour la saison 2017 et nous aurons le plaisir de l’annoncer prochainement. »

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

 

Loïck Peyron vainqueur de la Route du Rhum

Loïck Peyron a franchi la ligne d’arrivée de cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2014 cette nuit à 5 heures, 08 minutes et 32 secondes (heure française), soit 00 heures, 08 minutes (heure locale).

Il remporte donc cette course à bord du Maxi Trimaran Solo Banque Populaire VII avec un temps de 7 jours, 15 heures, 08 minutes, et 32 secondes entre Saint Malo et Pointe à Pître.

© A.COURCOUX

Il bat le record de l’épreuve détenu jusqu’ici par Lionel Lemonchois (60′ ORMA Gitana 11 en 2006) de 2 heures 10 minutes et 34 secondes, il a bouclé le parcours de 3 542 milles (6 375 kms) à la vitesse moyenne de 19,34 nœuds sur la route directe, mais aura en réalité  parcouru 4 199 milles à la vitesse moyenne de 22,93 nœuds.

 

Loïck Peyron, skipper de Banque Populaire VII et vainqueur de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2014 :

« La dernière journée était difficile, depuis ce matin au large de la Désirade, il y a eu beaucoup de manœuvres. Je pense que je vais bien dormir. Cela fait sept éditions pour moi ! C’était bien ! C’est une situation exceptionnelle de barrer un magnifique bateau à la place d’Armel. Nous avons tout bien fait avec une équipe géniale et la présence d’Armel. C’est peut-être ma plus belle victoire, mais c’est surtout une victoire d’équipe

« Je n’imaginais plus repartir sur un bateau comme celui-ci et gagner la Route du Rhum. Ce n’est jamais simple une course comme celle-là, et c’est ce qui est passionnant. C’est très stressant aussi. Supporter les hautes vitesses dans une mer cassante, c’est compliqué. On a bien mené le bateau. Je me suis fait peur en permanence. C’est le but du jeu sur ces multicoques ! On doit manager en permanence le bateau. Une nuit, je me suis endormi à la barre et ça a failli mal tourner. Elle est jolie cette victoire, c’est peut-être la plus jolie. Le record est anecdotique. C’est la cerise sur le gâteau.

Nous avons parlé avec le bateau. Durant la course, pendant sept jours. C’était bien que ça se termine. Les dernières 24 h sont en général les plus longues et celles-ci ont été éprouvantes. Mais il y a quand même plein de jolis moments. Nous avons eu une inquiétude sur bras de liaison, je m’en suis aperçu le troisième jour. J’ai appelé l’équipe, on a fait le bilan, j’ai visité la poutre en mode spéléologue… mais tant que le bateau n’était plié, c’était bon. J’ai un bateau solide, et cela prouve combien la mer était difficile. Il y a eu d’autres petites mésaventures, mais qu’on ne raconte pas.

Depuis douze ans, je ne fait plus de multicoque en solitaire. Je ne rêvais plus de faire une Route du Rhum sur un bateau comme ça… C’est ça qui est fou. Quand j’ai accepté la mission, alors je voulais être à la hauteur d’Armel. Dès le premier soir en  bagarre avec Thomas, je sentais bien les choses. Un Vendée Globe ? Ah non merci ! C’est gentil, mais je ne repartirais pas sur un Vendée Globe. Dans quatre ans, je repars sur la Route du Rhum sur mon petit jaune. Cette fois-ci était une aparté magnifique, génial à vivre.  C’était la première et la dernière. La suite sera la coupe de l’America avec Artemis… je les rejoins dans quelques jours à San Fransisco, et on ira en Australie pour faire du bateau qui vole, du moth à foils… »


Loïck Peyron attendu dans la nuit, avec probablement le record de l’épreuve

Il ne reste que 75 milles à parcourir pour Loïck Peyron qui remportera cette Route du Rhum 2014 dans quelques heures.

Il semble probable qu’il décroche également le record de l’épreuve, jusqu’ici détenu par Lionel Lemonchois (sur le 60′ ORMA Gitana 11 en 2006). Il sera épaulé pour ces dernières heures en mer, par l’équipe Banque Populaire, dont le skipper Armel le Cléac’h qui a du renoncer sur blessure, qui le guideront au mieux vers la ligne d’arrivée.

Il est attendu sur la ligne vers 3h30 cette nuit, ce sera la première victoire du baulois sur cette course, et la seconde pour le trimaran (Franck Cammas avait remporté l’édition 2010 sur ce multicoque alors baptisé Groupama 3).

Thomas Coville établit le temps de référence en solo sur la Méditerranée

Thomas Coville aura traversé la Méditerranée (Marseille-Carthage) en 25 heures 36 minutes 36 secondes à une moyenne de 17,62 noeuds.

Le skipper espérait initialement réaliser cette traversée en une vingtaine d’heures, mais quelques grains au niveau de la Sardaigne et sur l’arrivée en Tunisie l’ont ralenti, ainsi qu’un choc intervenu cette nuit, comme l’explique le skipper : ‘’Je ne sais pas ce que le safran a touché mais j’ai gardé quelque chose qui a ralenti le bateau pendant au moins quatre heures,”

© Gilles Martin-Raget/Sodebo

 

Réaction de Thomas Coville à l’arrivée :

‘’La Méditerranée est toujours plus difficile que l’on s’y attend. Les routages théoriques donnaient de 20 à 22 heures. J’ai traversé en 25 heures, ce qui parait simple mais ce parcours est plein de pièges.

Parmi les grandes difficultés, il faut éviter de chavirer et, cette nuit, il y avait tous les ingrédients pour se retrouver à l’eau au milieu de la Méditerranée. Une mer très hachée se forme avec le mistral. Elle peut surprendre et faire culbuter le bateau par l’avant. J’avais un peu de marge mais cela a quand même été très chaud par deux fois.

Outre mon problème de safran qui m’a fait ralentir (voir news précédentes), je pense que pour gagner du temps, il faut parfaitement négocier la sortie de Marseille en visant comme nous l’avons fait un top départ ni trop tôt ni trop tard, afin de garder une mer maniable. Ensuite, il faut bien gérer la transition sous la Sardaigne où j’ai été pris sous plusieurs grains orageux que ne voient pas les routages. Et enfin, j’ai aussi été pris dans un bon grain en arrivant sur Carthage.

Mon prochain objectif ne sera pas d’améliorer ce chrono mais de nous attaquer cet automne avec Sodebo à la transatlantique entre Cadix (Espagne) et San Salavador (Bahamas), sur la Route de la Découverte de Christophe Colomb.

Là, je vais faire une petite sieste. On va faire demi-tour avec mes deux équipiers qui m’ont rejoint et rentrer sur Marseille. Cela s’annonce un peu à saute-moutons sur les vagues, car c’est comme au ski, une fois descendu, il faut remonter ! Nous arriverons samedi ou dimanche je pense.”

Départ de record de la Méditerranée pour Thomas Coville

Le skipper du maxi trimaran Sodebo a largué les amarres cette après midi et à pris le départ du record de la Méditerranée entre Marseille et Carthage à 14h48’36 » dans un vent soutenu qui va forcir durant la nuit, Thomas Coville a franchi la ligne de départ avec deux ris dans la grand voile et le Solent à l’avant.

©Gilles Martin-Raget/Sodebo

Les conditions sont donc musclées pour ce record en solo avec une mer hachée sous l’influence du fort mistral. Pour battre le record, le skipper devra parcourir les 458 milles qui le sépare de la Tunisie en une vingtaine d’heures afin d’établir un temps de référence en multicoque et en solitaire.

Thomas Coville avant le départ :
« Ce matin, je sentais monter la petite pression liée au fait de repartir en solo, c’est bon signe. Cela fait un peu plus d’un an que je n’ai pas mené seul Sodebo. J’ai beaucoup navigué ces derniers temps mais en équipage. L’exercice du solitaire n’est pas anodin et j’ai envie d’y aller.

En me réveillant à l’Estaque ce matin, j’avais une vue superbe sur la rade où il n’y avait pas de vent. Cela aurait pu faire douter certains mais c’est déjà en train de s’installer, on sent déjà les bouffes qui descendent de la montagne derrière nous.

J’ai toujours pris la Méditerranée très au sérieux, c’est une mer que je ne connais peu. Cela s’est révélé être une épreuve à chaque fois et j’ai toujours ressenti ce besoin d’être sur mes gardes. Ce run va être musclé et sportif. Dès le départ, il faut avoir une bonne trajectoire dans le bon tempo au portant avec la mer qui se forme. Plus on s’écarte de la terre, plus ça rentre fort. L’idéal serait de faire le bon choix de voile d’avant tout de suite pour ne pas avoir à la changer pendant la traversée parce que c’est de l’énergie mais surtout du temps perdu.

Ce qui l’emporte, c’est vraiment le plaisir de revenir sur mon bateau et de repartir à la conquête de ces records et de cette aventure qui ne me lâche jamais avec Sodebo. Il n’y a pas beaucoup de bateaux à voiles sur la planète qui ont la capacité de traversée la Méditerranée en une journée. On est dans le temps des ferries par contre je n’emmène personne à bord et je ne consomme pas non plus de gasoil. Demain, on sera en Tunisie, c’est aussi le côté voyage et décalé de ces records.

Plus on navigue et plus l’expérience sert à être vigilent et humble. Sauter d’un bateau à l’autre permet d’aiguiser son sens marin, de garder toujours le niveau technique et sportif. Si je n’avais pas navigué depuis six mois, ce serait comme un cycliste ou un coureur, j’aurais perdu mes sensations et là, j’aurais beau avoir passé je sais pas combien de fois le Cap Horn, je ne serais pas au meilleur de moi-même pour autant. »

Francis Joyon établit un nouveau record

Francis Joyon avait quitté la Trinité-sur-Mer, son port d’attache vendredi dernier, afin de tenter de battre le record de distance en solitaire en 24 heures, il a trouvé des conditions favorables au large des Açores avec 668 milles parcourus soit 1237km en une journée (27,83 noeuds de moyenne). Le temps de référence était jusqu’ici détenu par Thomas Coville avec 628,5 milles nautiques, il l’avait établi en 2008 lors de sa seconde tentative contre le record du tour du monde.

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

Le skipper ajoute donc un nouveau record à son palmarès : « Il me fallait réunir des conditions idéales, que je n’avais jusqu’alors trouvé que dans l’océan Indien, avec des vents réguliers bien établis dans la durée, de préférence en avant d’un front afin de bénéficier d’une mer (relativement) plate… Je suis allé environ 800 milles dans l’ouest du cap Finisterre, en bordure des hautes pressions près des Açores. Je suis parti avec un vent de secteur sud-ouest, mais j’ai dès le départ dû affronté une houle contraire de secteur nord. J’ai attaqué à fond, et au bout d’un moment, la houle s’est ordonnée et le vent est monté à 32 nœuds. C’était extrêmement périlleux. Le bateau était constamment à la limite. Je ne barrais pas. Je suis demeuré 24 heures debout dans mon cockpit avec l’écoute de grand voile dans une main, et l’écoute de solent dans l’autre. Lorsque le bateau plantait dans la vague, je choquais l’une ou l’autre. Mais il m’est arrivé souvent de choquer toutes les écoutes d’un seul coup. Pas de repos. Quelques barres de céréales pour seule nourriture.  J’aurais été très satisfait de récupérer ce record, ne serait ce que d’une poignée de mille, mais près de 40 milles ! je suis très heureux. Ma satisfaction vient surtout du fait que j’ai très peu navigué depuis mon chavirage l’an passé lors de ma tentative contre le record de la traversée de l’Atlantique. IDEC a subi un beau chantier cet hiver. Mais le mât est le même que celui qui s’est brisé en deux lors du chavirage. Quant aux voiles, ce sont celles d’origine, qui ont bien 90 000 milles au compteur.  Au-delà des chiffres, je viens de m’offrir un moment véritablement magique. Pouvoir faire marcher une telle machine au maximum de son potentiel est extraordinaire. C’est ce que je me disais en doublant des cargos dans des gerbes d’écume. »

Année chargée pour Thomas Coville

Thomas Coville, le skipper du maxi multicoque Sodeb’O, a dévoilé son programme pour la saison 2010, et celui-ci s’annonce chargé.

En effet, le skipper devrait effectuer deux tours du monde, la Route du Rhum, et une traversée de l’Atlantique en mode record.

Pour commencer : un tour du monde en équipage sur Groupama 3 dans le cadre du Trophée Jules Verne si une fenêtre météo s’ouvre avant le 5 février (dead-line pour le départ du trimaran de Franck Cammas).

Ensuite Thomas Coville repartira sur son  Sodeb’O : trimaran solo de 105′ sur plans Irens/Cabaret. Il s’alignera de nouveau sur le parcours de la Route de la Découverte (Cadix-San Salvador) à partir du 3 mai, le skipper connait bien ce record puisqu’il l’a repris à Francis Joyon l’an dernier et qu’il en avait été détenteur avec son 60′ ORMA, de plus il lui servira d’entrainement pour la Route du Rhum : « Si j’ai choisi ce parcours, c’est aussi parce que grosso modo c’est celui de la Route du Rhum, ce qui m’offre un galop d’essai grandeur nature sur un trajet qui ressemble fort à celui sur lequel je vais me confronter quelques mois plus tard. Je ferai par contre le retour en équipage pour tester les pilotes automatiques. » Cette tentative de record sera également le premier test de validation des foils, pour lesquels le bateau est actuellement en chantier.

En novembre, il s’alignera sur la Route du Rhum-La Banque Postale face à d’autres maxis trimarans (Idec, Groupama 3, Gitana 11…), avant de repartir pour un nouveau tour du monde en solo.

Les explications du skipper : « Nous avons en effet mis à profit une année 2009 pas très sportive pour entamer une large réflexion sur l’évolution du bateau et notamment sur la mise en place de foils, quelque chose qui me titillait depuis la mise à l’eau en juin 2007.  Simplement en ajoutant des foils, on a déroulé une pelote qui a une incidence sur tout le comportement du bateau, sur son équilibre. Cela ira jusqu’à modifier ma façon de naviguer. Nous devons aussi anticiper sur les réactions des pilotes et repenser le plan de voilure. »

Idec adopte les foils

Après son record entre la Bretagne et l’ile Maurice, Francis Joyon a prévu le premier gros chantier pour son maxi trimaran Idec qui adoptera des foils, et subira une cure d’amaigrissement, le chantier se déroulera chez Marsaudon Composites à Lorient, là où le bateau a été construit.

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

Les prochaines échéances pour Francis Joyon et Idec seront le record de l’Atlantique Nord et la Route du Rhum l’année prochaine.

Interview à lire sur VoilesetVoilers.com

Avarie sur Groupama 3

Vers 13h, Groupama 3 a subi une grosse avarie u niveau du bras de liaison arrière,une des cloisons cassant alors que l’équipage menait le trimaran à vive allure dans une mer formée pour rester en avant de la dépression qui devait emmener  Franck Cammas et son équipage vers les Kerguelen.  Cette avarie de bras a entrainé une fissure au niveau du flotteur, l’équipage se dirige donc vers Cap Town à vitesse réduite.

La réaction de franck Cammas, skipper du trimaran Groupama 3, qui espère pouvoir réparer et repartir avant fin janvier àl’assaut du trophée Jules Verne : « On avait passé la nuit à bien naviguer pour rester devant le front et ce matin, Thomas Coville et Bruno Jeanjean qui étaient sur le pont ont entendu un grand « clac » : il y avait une petite fissure entre le bras arrière et le flotteur bâbord. Ça bougeait beaucoup : on s’est arrêté plein vent arrière pour ouvrir la trappe et accéder à l’intérieur. Une partie du collage entre le bras et le flotteur au niveau de la cloison est cassé. La liaison est donc structurellement diminuée d’au moins 50%. Il est impossible de réparer en mer à cause des mouvements. En ce moment, on se fait encore secouer : il y avait 35 noeuds de vent par le travers au moment de l’avarie. Et maintenant, on s’est fait rattraper par le front et il y a 40 noeuds…
On a affalé la grand voile et Groupama 3 navigue vent arrière pour éviter les mouvements brusques. On va établir un plan de route pour éviter d’avoir trop de vent et trop de vagues. On fait cap au Sud pour laisser passer la deuxième dépression cette nuit : on repartira demain mardi matin vers Cape Town. On continue les quarts et je travaille avec Stan pour voir ce que nous allons faire par la suite. L’idée est de rentrer ensuite rapidement en France : l’équipage est partant et si nous pouvons partir avant fin janvier, c’est encore jouable pour une nouvelle tentative ! »

Francis Joyon établit un nouveau temps de référence

Francis Joyon a boucle le parcours Port Louis (Bretagne)-Port Louis (île Maurice) jeudi en 26 jours 4 heures 13 minutes, soit 16,4  noeuds de moyenne, un temps un peu supérieur aux prévisions de départ et dû à un anticyclone qui a bloqué le maxi trimaran pendant plusieurs jours.

Les réactions du skipper à son arrivée :   » J’étais dans le timing prévu jusqu’au passage du Cap de Bonne Espérance, après j’ai rencontré un véritable mur de vent debout et de calme plat et cela a un peu détruit mon capital temps. C’est vrai que je n’aime pas trop les calmes plats, car cela engendre beaucoup de houle, les voiles qui claquent, le matériel qui souffre durant des heures avec le bateau qui ne dépasse pas 2 noeuds. Je n’avais pas encore connu cela, c’était un peu dur pour les nerfs »
 » Etablir un premier temps de référence avec une météo difficile c’est assez dur car on se dit que le prochain bénéficiera de meilleurs conditions et ira plus vite, aussi il faut se donner encore plus à fond et aller au bout du truc. Malgré une quinzaine de système météo à franchir, la remonté de l’Océan Indien a été le plus difficile de ce parcours, mais l’arrivée à Maurice était magique. On a même eu la visite d’une baleine lors de l’arrivée qui est venu nous saluer entre le trimaran et le bateau presse qui nous accompagnait ».

©Franck Faugère / DPPI / IDEC

Les temps forts du record :

Acte 1 : l’équateur en une semaine
Inventeur de ce nouveau record de demi-fond au format original « entre le sprint d’une transat et le marathon d’un tour du monde », le solitaire Francis Joyon s’élance de Port louis le samedi 17 octobre à 12h, 50 minutes et 16 secondes. Objectif : rallier l’autre Port Louis, celui de l’île Maurice dans l’océan Indien, en « environ 25 jours ». La fenêtre météo est très réduite, puisqu’il faut partir très tôt pour éviter d’arriver dans l’Indien au moment de formation des cyclones. Avec son fidèle routeur Jean-Yves Bernot, Francis Joyon décide donc de sauter sur la première fenêtre météo exploitable. Une stratégie payante dans la première semaine de course, où il parvient à enchaîner des journées à 500 milles parcourus. Le 22 octobre, à son 5e jour de mer, IDEC a touché l’alizé et empanne vers un Pot au noir heureusement pas trop actif. L’équateur est atteint le dimanche 25 octobre à 16h57, en 8 jours, 5 heures et 7 minutes, soit dans le timing de « plus ou moins une semaine » imaginé par Francis Joyon à son départ.

Acte 2 : Bonne Espérance en 17 jours
L’Atlantique Sud est une autre paire de manches. L’anticyclone de Sante-Hélène, comme souvent, barre la route mais il est positionné très ouest et il n’y a pas d’autre choix que le contourner par la droite. Il faut donc faire le grand tour et IDEC est contraint d’aller flirter avec le Brésil, qu’il approchera à moins de 300 milles pour conserver une vitesse satisfaisante. Cette parabole dans l’Atlantique Sud est exigeante pour le marin et le bateau, menés à fond d’abord, puis freinés par des zones de calme dans lesquelles il faut se battre et beaucoup manœuvrer avant la récompense : les grands vents d’ouest. Le 2 novembre, Joyon peut se retourner sur des journées à haute vitesse, le speedomètre d’IDEC indiquant régulièrement 30 noeuds, mais il doit aussi composer avec un paradoxe : il va plus vite que la dépression qui le propulse en bordure des Quarantièmes Rugissants… « quand je la dépasse, elle devient moins active et je ralentis » explique-t-il. Il faut se battre, aller chercher le vent, jouer les angles… et  signer deux journées extraordinaires à 580 milles parcourus ! Tant et si bien qu’IDEC franchit la latitude du cap de Bonne Espérance le mercredi 4 novembre à 3h24, soit 17 jours, 14 heures et 34 minutes après son départ de France. Déjà, le Record France – île Maurice fait savoir qu’il se mérite.

Acte 3 : trop calme Indien
Emmené par sa trajectoire dans l’Atlantique Sud et barré par le fort courant des Aiguilles qui interdit une route proche de la pointe de l’Afrique, IDEC doit descendre très « bas » – jusqu’à 45 degrés de latitude sud ! – pour entamer sa remontée dans l’océan Indien. « Je ne savais plus très bien si j’allais à l’île Maurice ou aux Kerguelen ! » plaisante Francis, toujours aussi serein, alors que le marin et le bateau ont pourtant déjà beaucoup donné pour gagner ces parages en moins de trois semaines, d’ailleurs sur une trajectoire qui n’est pas sans rappeler son exploit autour du monde de 2008. Au 20e jour de mer, tout va encore très bien pour Francis Joyon… sauf qu’une zone de hautes pressions – par définition totalement incongrue dans les Quarantièmes Rugissants – va lui barrer la route. Grande houle et pas de vent ! Dans les Quarantièmes ! Cette bizarrerie va être un véritable enfer pendant deux jours pour Francis Joyon : de la houle, pas de vent, des voiles qui claquent et des manœuvres incessantes à la recherche du moindre souffle d’air… Francis vit « les deux journées les plus lentes de ma carrière de marin ». Une expérience hors du temps, usante, mais qu’il finira par surmonter en pouvant enfin remonter vers le nord et l’île Maurice à des vitesses de nouveau raisonnables… le tout au prix d’un engagement incessant, du vent contraire à la route se levant… puis s’évanouissant encore dans les 700 derniers milles. Jusqu’au bout il faudra se battre et se battre encore !

Acte 4 : le premier temps de référence est signé !
Au terme d’une dernière semaine de course très éprouvante, Francis Joyon finit par gagner l’île Maurice comme une délivrance, signant ainsi le premier temps de référence de la « Mauricienne »… chrono qui ne demande qu’à être amélioré. Le jeudi 12 novembre, à 16 heures 03 minutes et 45 secondes (19 h 03 mn et 45 s à Maurice), le grand trimaran rouge coupe la ligne d’arrivée devant Port Louis, à Maurice, en 26 jours 4 heures 13 minutes et 29 secondes, à la moyenne sur la route de 16,40 noeuds. Il a parcouru plus de 10 000 milles nautiques effectivement sur l’eau, soit 2000 de plus que la route théorique. Mais dans le sillage des découvreurs de la route des Indes, le colosse de Locmariaquer n’a pas craqué, pas le genre de la maison Joyon. Il est allé au bout de sa nouvelle aventure, à peine au-delà du timing de 25 jours qu’il imaginait au départ de France. Surtout, de nouveau, Francis Joyon a su transmettre avec passion, humanité et douceur ses aventures, son bonheur d’être en mer… et son courage dans l’adversité. Ce nouveau parcours ne lui a pas fait de cadeau. La météo n’a pas été vraiment bonne fille avec le pilote du grand trimaran IDEC. Mais la route est désormais ouverte !