Comme prévu, Thomas Coville a entamé le contournement de l’anticyclone de Saint Hélène qui barre la route (directe) du Cap de Bonne Espérance au trimaran Sodeb’O, ce qui explique le retard pris sur le temps de référence de Francis Joyon, et qui s’élève ce soir à 505 milles.
Le skipper garde un cap plein sud, en jonglant avec des grains épars encore très actifs, l’objectif de Thomas et de son routeur, Thierry Douillard, est d’accrocher une dépression en formation afin de gagner le grand sud : « Le vent va mollir légèrement, mais Thomas qui a déjà bien débridé ses voiles, pourra dérouler le gennaker. L’objectif est de se positionner dans l’Est de la dépression sortant du Brésil entre le 9 et 10 février. Nous savons qu’elle va générer du vent mais les fichiers météo ne sont pas clairs sur sa circulation. »
Cependant, pour ne pas rater cette dépression, le skipper va devoir se glisser entre une dorsale anticyclonique et le front de celle-ci pour accompagner ensuite son mouvement. Comme pour tous les systèmes de transition, les prévisions ne correspondent pas toujours à la réalité sur l’eau, et Thomas devra s’adapter à la réalité du terrain et tirer au mieux son épingle du jeu au milieu de ces systèmes météo instables.
Thomas Coville, en mer depuis 8 jours, va être contraint de contourner l’anticyclone de Saint Hélène , très actif sur l’Atlantique Sud, ce qui rallongera la route du trimaran Sodeb’O.
Le skipper a passé l’Equateur hier en 7 jours, 2 heures, 27 minutes et 32 secondes de mer, soit une moyenne de 20,7 noeuds depuis le départ de son tour du monde en solitaire, une vitesse satisfaisante mais ne permettant pas d’égaler le temps de Francis Joyon sur Idec puisque Sodeb’O avait 9 heures et 27 minutes de retard sur Idec au passage de la latitude 0.
Thomas Coville est revenu sur sa première semaine en mer lors de la vacation d’hier, en ayant bien sûr une pensée pour l’équipage de Banque Populaire 5, contraint à l’abandon :
A l’équateur en 7 jours :« Nous venons de couper l’équateur et cela a été une semaine très riche. J’ai du mal à croire que ce ne soit qu’une semaine d’ailleurs. Quand tu utilises 24 heures dans une journée, cela multiplie forcément ce que tu peux en faire. Ce qui m’a marqué, c’est une jolie trajectoire avec des transitions bien vues et bien négociées, une mer formée et difficile à gérer entre les Canaries et le Cap Vert, puis un tronçon agréable et rapide jusqu’au 5e degrés Nord. Par contre, depuis 48 heures, c’est un peu l’enfer. On est coincé dans une zone de calme autour du Pot au Noir. C’est assez décevant d’avoir beaucoup œuvré pour que cela soit anéanti en deux jours, cela fait partie du jeu mais ce n’est jamais facile à vivre. C’est dommage de ne pas avoir un chiffre qui reflète mieux le travail fait jusqu’ici. J’ai pris un super pied à aller vite. Sodebo est un bateau sain et très tolérant. Nous avons un très beau bateau pour battre le record, encore faut-il passer entre les mailles du filet que représente de la météo. »
La traversée éprouvante du Pot au Noir :« Ce sont des endroits qui font péter les plombs. Heureusement que j’aime manœuvrer ! Hier, j’ai pris et largué quatre fois un ris, j’ai déroulé et roulé autant de fois le gennaker, idem en changements de voile d’avant. Et puis, il faut le faire dans la minute parce que t’as un nuage ou une risée. J’ai aussi cassé trois lattes et à l’échelle d’un bateau comme Sodebo, cela demande énormément d’énergie pour les remplacer tout seul. Si dans le Sud, on est mieux sur un gros bateau, là j’ai eu un moment de doute. Globalement, j’ai bien géré physiquement, je ne suis pas aussi éprouvé qu’au même endroit il y a deux ans. J’ai aussi bien mangé. Nous avons bien travaillé là-dessus et comme c’est bon, tu ne rechignes pas à te préparer quelque chose. »
La suite du parcours : « Le prochain rendez-vous météorologique, c’est Sainte-Hélène qui fait du mal aux marins ces derniers temps entre les concurrents de la Barcelona World Race (tour du monde en monocoque et en double) puis l’équipage de Banque Populaire qui est descendu le long des côtes brésiliennes pour passer sous l’anticyclone. Francis avait fait un très bon parcours et c’est un moment que je redoute forcément mais, pour l’heure, j’ai arrêté de me projeter. Depuis deux jours, je vis dans l’instant au milieu des grains dans cette atmosphère humide, nuageuse et très grise où tu es impuissant face à la beauté des éléments et au désert qui t’entoure. Il y a des énormes nuages dans lesquels tu entres comme dans un tunnel. «
L’abandon de Banque Populaire V : « Je suis très déçu pour l’équipage de Pascal Bidégorry. Percuter quelques chose à 37 nœuds, ça doit être monstrueux, moi, j’ai eu une collision à 28 nœuds avec un groler (morceau de glace) à bord de Sodebo lors de ma première tentative (2007/2008) et j’avais trouvé cela déjà très violent mais alors à 10 noeuds de plus, c’est un choc digne d’un accident de voiture. C’est un merveilleux projet et, quoi qu’il arrive, il y aura un avant et un après Banque Populaire en terme de performance autour de la planète. Ils y retourneront et ce bateau a un tel potentiel qu’il marquera forcément l’histoire. J’ai déjà été très impressionné de leur vitesse moyenne avec peu de vent et par la vélocité du bateau en général. Pascal avait fait en plus un super équipage. Comme quoi, un tour du monde ce n’est pas anodin. Tu n’es jamais sûr de pourvoir le terminer, tu fais un pari. Je ne suis même pas sûr qu’un bateau ait réussi à battre le Trophée Jules Verne dès sa première tentative. »
Le skipper de Sodebo a vécu une nuit difficile dans le Pot au Noir avec le bris de trois lattes de grand voile lors d’une manœuvre dans un grain. Il n’a pas fermé l’œil de la nuit et a réussi à remplacer ces lattes vers 5 heures ce vendredi matin, comme l’explique Thierry Briend, « boat captain » du trimaran et routeur de Sodebo : « Dans un empannage, les trois premières lattes situées dans le haut de la grand voile se sont brisées, la plus courte mesurant 4 mètres et la plus longue environ 5,50 mètres. A bord, nous avons un jeu de lattes de rechange complet, c’est à dire 7 pièces, plus une autre « petite » supplémentaire, correspondant à celle du haut de la voile qui est la plus exposée. Thomas a donc affalé complètement la « GV ». Il est monté en bout de bôme pour ouvrir les goussets (là où entrent les lattes) et défaire les lashings (accroches textiles) qui tiennent les lattes. Comme elles sont cassées, il faut ensuite aller chercher l’autre morceau qui est accessible pas loin du guindant de la voile (prêt du mât). C’est ensuite par ce côté là que l’on remet les nouvelles lattes. Il faut ensuite remonter en bout de bôme pour tout accrocher et fermer. Bref, Thomas a commencé vers 22 heures hier soir, lorsque la première latte a cassé, et a terminé à 5 heures ce matin. »
Outre la perte de temps due au changement des lattes, Thomas Coville a connu un passage de Pot au Noir difficile avec des vents evanescents expliquant le retard de 40 milles ce jour alors qu’il comptait 120 milles d’avance hier.
Le skipper a retouché du vent depuis le milieu de matinée et a pu empanner pour amorcer un bord rapprochant au Sud. Avec ce vent de 8 à 10 nœuds, Sodebo maintient une vitesse de 11 nœuds moyens sur les six dernières heures, ce qui est plutôt encourageant.
Le skipper du trimaran Sodeb’O poursuit sa route à bonne vitesse, après avoir doublé l’archipel du Cap Vert hier, il conserve une route plein sud en direction du Pot au Noir, avec une avance de plus de 120 milles ce soir sur le record de Francis Joyon.
Thomas Coville grappille petit à petit sur le temps d’Idec et ce malgré des conditions de mer difficiles, avec une mer courte et hachée depuis le départ, ces conditions devraient rapidement faiblir avec l’arrivée dans la zone de convergence intertropicale.
Les extraits de la vacation du jour : Si la trajectoire est jolie et le résultat satisfaisant et positif, la descente a été assez virile, dans une mer hachée avec une houle de travers qui envoyait le bateau à droite et à gauche. Pas facile dans ces conditions pour les pilotes. Il fallait faire attention de ne pas se faire piéger, ça va vite et en même temps c’est super safe, » « Cela m’inquiétait car je n’arrivais pas à m’endormir depuis deux jours. Aujourd’hui, je me sens en pleine forme. Comme quoi, on arrive vite à récupérer. »
Après une mise en jambe musclée au large d’Ouessant (voir la vidéo ce dessous à 3:00), Thomas Coville a pris un rythme de croisière sur son maxi trimaran sur plan Irens/Cabaret, il a glissé le long des côtes portugaises sous gennaker, il se trouve désormais au large de Madère dans un temps proche de celui d’Idec (33 milles d’avance).
Les extraits de la vacation du jour :
« De l’extérieur, c’est surement très impressionnant. Cela ne prévient pas franchement, il faut être aux aguets et, même si tu es tout seul depuis quelques minutes, il faut être présent tout de suite. Le bateau pivote, l’angle au vent est mauvais et cela emporte la plateforme avec la vitesse. Il faut réagir vite et sur le bon paramètre. Souvent, on nous demande de raconter ce que l’on vit en multicoque, là, vous avez eu un « planté » à Ouessant, mais dans l’après-midi de samedi, j’en ai fait deux ou trois comme ça dont un encore plus impressionnant : le bateau est parti sur le côté et est monté vraiment très haut. »
Ces images spectaculaires du départ nous rappellent combien l’exercice du multicoque océanique est difficile, qui plus est sur un tour du monde et en solitaire… « Sortir du Golfe de Gascogne est toujours compliqué. Là, c’est beaucoup plus clément. Je viens de m’offrir un lever de soleil superbe avec un thé en terrasse. Il faut profiter de ces conditions de navigations parfaites. J’ai tout dessus, gennaker, trinquette et grand voile haute. Je vais entre 22 et 24 nœuds, la mer n’est pas bien installée pour aller très vite. Dans cette première phase du voyage, tu distilles les émotions du départ. J’ai des « flash-back », je revois des visages à Brest, là, je ne vais plus voir un seul visage pendant 57 jours. Malgré tout, j’adore partir pour me consacrer à une unique passion, c’est un beau symbole de liberté. »
Comme prévu, Thomas Coville a quitté le ponton du Port du Chateau à Brest ce matin et s’est dirigé vers la ligne de départ de son tour du monde en solitaire au large de Ouessant, le skipper du trimaran Sodeb’O a coupé celle-ci à 12h07’28 » heure dans un vent de Nord-Est de 20 à 25 nœuds, sous grand-voile à deux ris et « string » (petit gennaker).
Le skipper de Sodebo doit revenir couper la ligne à Ouessant avant le 28 mars à 1h40’34’’ afin de battre le temps de référence de Francis Joyon (Idec) qui est de 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes.
« Nous avons pris la décision de partir depuis deux jours et c’est suffisamment rare pour être apprécié. Partir est un moment très fort et d’en parler fait monter l’émotion. A Brest, il y a toujours du monde et même si vous partez à 4 heures du matin, il y a des gens pour y croire.
En 2008, j’ai fait 59 jours et il faut en faire moins de 57 jours et 13 heures pour battre le record. Je repars car j’ai la sensation que je suis capable de tourner autour de la planète en étant le plus rapide et pas seulement de faire le tour du monde.
Cela représente deux nouvelles années de travail et quatre ans de maturité d’un bateau que nous avons conçu pour cela. Mon principal trait de caractère est d’être pugnace, je me fais plaisir à aller au bout des choses, techniquement, physiquement et humainement.
Quand on parle d’aventure à terre, on n’aime pas ça car, dans notre métier, on essaie de prévoir l’aléatoire. Au moment du départ, on entre pourtant dans la vraie aventure, celle que l’on essaie de réduire mais que l’on va vivre malgré tout.
Je n’aurais pas accepté de repartir avec un bateau qui n’avait pas un potentiel supérieur pour réussir. Lorsque nous avons fait les routages théoriques après notre premier tour du monde et en perspective des évolutions apportées à Sodebo, c’était dans l’idée qu’avec le bateau que nous avons aujourd’hui et les mêmes conditions qu’en 2008, je pourrais aller plus vite que Francis Joyon.
L’émotion c’est de quitter mon monde de terrien pour redevenir un marin. Etre en éveil pendant 57 jours, avec un stress permanent lié à la vitesse, à l’environnement, c’est grisant même si nous allons dans un univers dans lequel nous sommes juste tolérés et quand vous êtes en symbiose avec la nature, c’est l’extase. J’y vais parce que j’ai envie d’y aller, parce que j’ai besoin de retrouver un équilibre que je vais chercher. A l’intérieur de moi, là maintenant, je suis heureux et fier de le faire avec Sodebo.
Ce n’est jamais une routine de partir autour du monde. Il y a sur le ponton, Michel Botillon (Mich’ Bot’) avec lequel j’ai réalisé mon premier Trophée Jules Verne (1997) et Jacques Caraès avec lequel j’ai fait mon second (2010). Il n’y a personne d’autre qu’un marin, pour juger un autre marin. Chaque tour du monde est unique et je vous raconterai celui-là à mon retour. »
Thomas Coville a confirmé son départ pour le samedi 29 janvier à 9H00 pour un passage de ligne à Ouessant vers 12H00. Il s’élancera une nouvelle fois autour du monde pour tenter de battre le record de Francis Joyon.
Les routeurs prévoient un temps de passage à l’Equateur d’environ 7 jours, cette descente s’annonce musclée, comme l’explique le skipper du trimaran Sodeb’O : « Plus ou moins 7 jours dans un portant fort et soutenu, c’est viable mais physique en solo sur un multicoque de 32 mètres. Cela ne fait que 15 jours que nous sommes en stand-by à Brest. Nous sommes fin janvier et nous avons déjà eu deux fenêtres potentielles. Moins de trois mois après l’arrivée de la Route du Rhum, je suis heureux de saisir cette belle opportunité et de prendre le départ d’une nouvelle tentative de record autour du monde en solo ».
Le temps à battre :
Trimaran Idec, skippé par Francis Joyon, 19 janvier 2008
En 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes à la vitesse moyenne
L’équipage de Pascal Bidégorry s’est élancé ce midi pour sa tentative de Trophée Jules Verne, après un long stand-by à Brest, pour battre le record, il leur faudra boucler leur tour du monde en moins de 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes ( soit le temps de référence détenu par les hommes de Groupama 3 depuis mars 2010), et donc être de retour avant le 11 mars 2010 à 18 heures 55 minutes 37 secondes.
Pascal Bidégorry, skipper : « On va partir avec du vent portant. On va faire le tour d’une dépression. En dessous de cette dépression on ne va pas se cacher que ce n’est pas extraordinaire. Toutes les secondes sur le record seront importantes. Il faut aller vite, il faut être clairvoyant. Il ne faut pas casser le moindre truc. Il faudra accepter éventuellement d’avoir du retard parce que la météo aura fait son choix.
Je suis impatient qu’on se retrouve sur l’eau parce que je pense qu’on le mérite bien. J’ai hâte que, demain matin, demain soir ou dans deux jours, on se dise : « ça y est, on y est ! ». Je pense qu’on est tous prêts depuis bien longtemps, maintenant il faut vivre tout ça. Je suis content de partir parce que ce stand by a quand même été un peu pénible et donc c’est libératoire tout ça. J’attends avec impatience de pouvoir me dire qu’on est dans le Trophée Jules Verne, ce pour quoi on travaille depuis quatre ans. Ce sera un petit instant de vie super agréable. Je suis également ravi de partir avec cet équipage, parce qu’indépendamment de leurs compétences sportives, ce sont vraiment de belles personnes et il y a une super ambiance à bord. C’est agréable de partager ça avec ces gens là et je me réjouis de vivre avant tout une belle histoire d’hommes. ».
Juan Vila, navigateur embarqué : « Finalement on peut partir et c’est une bonne sensation. C’est toujours une nouvelle expérience, il n’y a pas deux départs qui se ressemblent. Je n’ai pas forcément beaucoup dormi ces dernières nuits parce que j’ai beaucoup regardé les fichiers. En termes de sommeil, j’ai déjà le rythme du bateau. On attend un départ au portant avec des vents de Nord-Est. Ensuite on va contourner une petite dépression au Nord des Canaries et après cette dépression il y a la transition vers les alizés. C’est d’ailleurs ce phénomène qui a déterminé notre choix quant à l’heure de départ de ce matin ».
Frédéric Le Peutrec, chef de quart et détenteur du Trophée Jules Verne : » On ressent de l’impatience. Le moment qu’on attend tous c’est qu’on soit voiles hissées, sur le terrain, entre nous tout simplement. Ce qu’on attend, c’est de se retrouver en mer, au large de la pointe Bretagne face à la ligne et de se dire c’est maintenant, on part en route pour l’aventure. J’aurai forcément envie de dire quelque chose aux équipiers à ce moment là, je ne sais pas quoi encore, ça viendra spontanément. Sur ce nouveau Trophée Jules Verne, je pars chercher de l’intensité, de l’exactitude, du plaisir, la sensation de collectif, le partage d’une arrivée, quelques images, quelques photos, quelques trouilles aussi parce qu’on aime bien de temps en temps se faire peur. C’est un melting pot, mais évidemment ce qu’on attend au bout du compte c’est le succès ».
Thomas Coville, s’apprête également à s’élancer autour du monde, mais en solitaire, son départ était prévu ce week end, mais le skipper et sa cellule météo ont décidé de reporter celui-ci.
« Depuis 48 heures, nous observons que l’ouverture que nous avions pour partir de Brest se dégrade et dans la réalisation de ce qu’il faut en faire en solitaire cela n’est pas acceptable aujourd’hui dans les temps que nous nous sommes fixés à l’équateur. Moins que le temps à l’équateur, la réalisation en terme de météo est très complexe en solitaire avec trois transitions sur lesquelles il ne faut pas se rater. L’incertitude en solo est bien plus importante qu’en équipage. Nous sommes depuis vendredi dernier avec Sodebo à Brest, donc seulement depuis une semaine et on peut se permettre d’attendre. Dans la semaine qui vient, nous avons toujours cette fenêtre avec un enchainement qui pourrait être beaucoup plus favorable en solitaire, c’est pourquoi nous avons pris la décision de ne pas partir aujourd’hui. Nous décalons notre départ de quelques jours afin d’optimiser notre début de parcours.
Dans le cas de Banque Populaire, la réalisation est plus facile en équipage dans le sens où ils sont 14 à bord. Ils ont raison de partir et je suis heureux pour eux.
Je ne suis pas déçu, il y a deux mois j’arrivais de la Route du Rhum donc je ne suis pas en manque. Nous avons plutôt réussi à enchaîner techniquement la préparation des deux épreuves. Je ne suis pas déçu non plus car je sais ce qui m’attend si je partais aujourd’hui ! »
Deux mois après la Route du Rhum et après un chantier, Sodeb’O a rejoint Brest pour le début de son stand by.
L’objectif de Thomas Coville est de battre le record autour du monde en solitaire détenu par Francis Joyon, reste à attendre une fenêtre météo pour s’élancer autour du monde, la problématique est la même pour son voisin de ponton, Banque Populaire 5 qui est amarré dans le Port du Chateau depuis plus de deux mois.
A lire sur Ouest France, les interviews de :
Pascal Bidégorry, skipper de Banque Populaire 5, qui évoque ce stand-by et un possible départ dans la semaine
Fred le Peutrec, détenteur du Trophée Jules Verne sur Groupama 3 et chef de quart sur Banque Populaire 5
Il ne reste à l’heure actuelle que quelques concurrents en mer, la Route du Rhum 2010 est donc quasiment terminée, le bilan est assez mitigé en classe Multi 50′ avec l’abandon de deux des favoris, Franck Yves Escoffier sur Crèpes Whaou 3! et Yves le Blévec sur Actual, ces deux skipper qui faisaient course en tête ont été contraints de se retirer de la course suite à la perte de l’étrave sur Crèpes Whaou 3 et à la casse sur le bras de liaison tribord sur Actual, les deux marins ont cependant réussi à sécuriser leurs trimarans avant l’arrivée de leurs préparateurs qui les ont rejoint pour consolider celles-ci et rallier la Guadeloupe.
Dans cette classe, le grand gagnant est Lionel Lemonchois qui s’offre un doublé suite à sa victoire en classe ORMA en 2006, il revient de loin puisqu’il était prêt à abandonner en début de course suite à la rupture de son lashing de grand voile et une montée en tête de mât, il a ensuite remonté la flotte pour s’adjuger la première place devant Lalou Roucayrol qui accède à un premier podium sur son bateau Région Aquitaine-Port Médoc, Loic Fequet prend la troisième place sur Maître Jacques (ex Crèpes Whaou 2!) pour sa première course en solo.
En classe Ultime, Franck Cammas sur Groupama 3 a dominé la course dès le départ, et a su conserver son avance sur ses poursuivants les plus dangereux, à savoir les deux spécialistes du solo sur leurs plans Irens : Francis Joyon (2nd sur Idec) et Thomas Coville (3ème sur Sodeb’O), Yann Guichard sur Gitana 11 n’a pas pu profiter du potentiel de son bateau et termine 4ème devant Philippe Monnet, Gilles Lamiré et Servane Escoffier.
A lire, l’avis de Fred Le Peutrec (skipper de 60′ ORMA, barreur sur Groupama 3 et Banque Populaire 5) sur le plateau de la Route du Rhum en classe Ultime, cette réponse est extraite d’une interview accordée par le skipper à Voile-Multicoques avant lé départ de la Route du Rhum et qui sera publiée dans quelques jours.
Le plateau de la Route du Rhum est assez hétéroclite en classe Ultime, qui te semble le mieux armé pour cette course ?
Le problème de cette Route du Rhum c’est qu’il n’y a pas deux bateaux comparables et qu’en fonction de la météo certains bateaux seront plus performants sur certaines séquences de la course, il ne faudra pas juger les performances instantanées. Ce n’est pas parce qu’un bateau dominera en sortie de Manche qu’il glissera bien dans les Alizés, ou dans un contournement d’anticyclone.
En dehors de l’aspect bateau il y a aussi le skipper qui le fait marcher. Ceux qui sont le plus expérimentés sur leurs bateaux, Thomas (Coville sur Sodeb’O) et Francis (Joyon sur Idec) ont une carte à jouer. Pour Franck sur Groupama 3, le bateau est absolument génial et désormais adapté au solo. Avec une grosse perte de poids, et son petit mât il est encore plus rapide qu’il ne l’était dans la brise, il y a moins de trainée. Si les séquences sont assez longues et ne demandent pas trop de manœuvres, je pense que Franck ira très vite en vitesse pure.
Pour Gitana 11, c’est un bon canot mais qui reste très étroit, qui monte vite sur une patte, il faudra donc gérer le latéral. Il faudra pouvoir barrer longtemps pour le maitriser, ce qui impliquera de l’épuisement. Le bateau me paraît très rapide dans certaines conditions, mais ce ne sont pas les conditions classiques d’une Route du Rhum, ce seront plutôt les conditions légères qui lui seront favorables.