Armel le Cléac’h et son équipage sont arrivés à New York vendredi 23, le skipper du maxi trimaran solitaire Banque Populaire VII débutera son stand by dès le 2 juin pour sa tentative de record sur l’Atlantique Nord en solitaire
Sodeb’O Ultim est désormais mâté, le team s’affaire sur le trimaran afin d’effectuer les premiers test sous voiles qui devraient avoir lieu dans les jours qui viennent. Thomas Coville pourra ensuite débuter sa préparation pour la Route du Rhum.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques
Spindrift 2 a quitté la Trinité sur Mer cette après midi, le maxi trimaran du team Spindrift racing rejoint également les Etats Unis, l’équipage de Yann Guichard et Dona Bertarelli tentera également le record de l’Atlantique Nord, en équipage.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques
Yann Guichard. « La route la plus courte se ferait au près, face au vent et aux dépressions, ce qui n’est pas très intéressant en préparation d’un record qui se joue au portant. Nous allons donc adapter au mieux notre trajectoire pour aller chercher au maximum des allures portantes et de reaching. L’objectif est de nous approcher au plus près des conditions de navigation du record afin que chacun retrouve bien ses sensations, notamment à la barre. J’ai vraiment hâte. Même si nous avons effectué plusieurs navigations longues au départ de La Trinité, rien ne remplace le mode océanique, tant techniquement que humainement. »
Erwan Israël navigateur : « La météo s’annonce très variée voire même plutôt instable sur la fin de parcours, nous partons au Sud dans des conditions médiums pour aller longer le Portugal avant d’enrouler l’Anticyclone des Açores par dessous. Ensuite, nous remontrerons vers Newport dans un régime plus dépressionnaire et le vent doit forcir sur le final.
Le communiqué de presse après la première journée de l’Open de Crans
La première manche donne le ton avec une annulation suite à une grosse bascule de vent. Les régates vont s’enchainer mais donner beaucoup de fil à retordre aux tacticiens et au comité puisque le parcours sera reposé entre chaque régate, voire réorienté pendant les courses, au bon vouloir d’Eole.
Tilt domine ce premier jour de l’Open de Crans, les vents changeants et les effets de terre semblent bien réussir à l’équipage de Lucien Cujean et Sébastien Schneiter. Léger fléchissement lors de la troisième manche, il arrive 6ème , mais ceci mis à part, Tilt ne descendra pas du podium de toute la journée.
La deuxième manche est marquée par Okalys qui après une belle seconde place lors de la première course, fait un beau départ et se bat longtemps en tête de flotte avant de finalement perdre son avance au profit de Tilt, Realstone et Oryx. De son côté, Veltigroup toujours bien placé fait une belle course, à l’image de la première et arrive à nouveau en quatrième position.
Lors de la troisième manche, Ladycat powered by Spindrift racing dépasse joliment Alinghi juste avant la porte sous le vent et reste en tête. Alinghi ne se laisse pas distancer et prend la deuxième place juste devant Realstone.
Le vent mollit au cours de la 4ème régate, le comité décide de raccourcir le parcours, hisse le pavillon C et place une bouée jaune en guise de marque au vent. En effet, comme lors de l’America’s Cup, les manches ne doivent pas dépasser 45 minutes, les distances doivent être adaptées en fonction de la puissance du vent sous peine d’annulation en cas de dépassement. Ladycat powered by Spindrift racing l’emporte à nouveau mais Realstone et Tilt restent en embuscade.
Au départ de la manche 5, les conditions de navigation sont extrêmement compliquées mais les tacticiens veillent. Une belle risée profite aux équipages restés sur la droite. Zen Too particulièrement attentif saisit sa chance, distance largement Tilt et Mobimo et coupe la ligne.
La dernière course est gagnée par Realstone qui passe alors à égalité de point avec Tilt. Encore une superbe journée pour les Décision 35 et leurs équipages.
Le Gitana Team a remis à l’eau le Multi 70′, Groupe Edmond de Rothschild sur lequel Sébastien Josse s’alignera à la prochaine Route du Rhum. L’essentiel du chantier d’hiver a porté sur la mise en configuration solo du bateau initialement prévu pour 6 équipiers, l’ensemble de la table à carte a été ramenée sous la casquette qui dispose de plus de volume, le pilote automatique installé pour la Transat Jacques Vabre a été doublé afin de pallier à une panne. Le trimaran a également été allégé avec u nouveau moteur et de nouvelles voiles, ainsi que la suppression de tous les aménagements intérieurs. Enfin élément le plus innovant pour Gitana XV, des safrans en T.
Sébastien Josse : « L’objectif de ces nouveaux safrans de flotteurs est de diminuer le tangage du bateau dans la mer. Cette plus grande stabilité devrait nous permettre un gain significatif sur la vitesse moyenne ainsi que dans la conduite du bateau. L’idée n’est pas de faire voler le trimaran… en tous cas pas pour l’instant !»
Antoine Koch, le responsable du bureau d’études Gitana : « Le temps dont nous disposions cet hiver était trop court pour réaliser l’ensemble des modifications imaginées à l’origine : safrans, foils, travail sur le plan de voilure … Ces nouveaux appendices ne sont qu’une première étape dans ce que nous souhaitons mettre en place par la suite. Le but est bien de faire encore évoluer la plateforme de Gitana XV »
Un autre Multi 70 sera en lice pour cette Route du Rhum, Oman Sail Musandam de Sydney Gavignet, le skipper va enchainer les navigations en équipage jusqu’en août, puis peaufinera sa préparation à partir de septembre.
Yann Guichard poursuit quand à lui la montée en puissance sur le Maxi trimaran Spindrift 2 avec un record sur l’Atlantique Nord en équipage, dont le stand by débutera en juin, il s’entrainera ensuite en solitaire. Armel le Cléac’h a pour sa part largué les amarres de Banque Populaire VII, l’autre géant de ce Rhum (ex Groupama 3), il s’alignera sur le même parcours en solo.
Le Multi 80, Prince de Bretagne, le multi mené par Lionel Lemonchois est en chantier à Lorient, suite à son chavirage, l’équipe technique s’attelle à la remis en état du trimaran afin que le skipper puisse reprendre les navigations au plus vite, probablement début juillet.
Le « nouveau » Sodeb’O de Thomas Coville, est sorti du hangar Multiplast, l’ex Géronimo d’Olivier de Kersauson est méconnaissable (nouvelle coque centrale, remplacement de l’avant des flotteurs etc.). Les finitions sont en cours et la mise à l’eau est prévu pour le 19 mai.
Les équipages des D35 ont repris la compétition le week end dernier, avec des conditions météos musclées.
Les favoris étaient bien présents dans le haut du classement avec une victoire pour Ernesto Bertarelli, propriétaire et barreur d’Alinghi, celui-ci présent depuis le début du circuit, constate que le niveau a encore augmenté d’un cran : «il devient très difficile de se frayer un chemin entre des bateaux qui optent pour des tactiques toujours plus pointues. Preuve en est, il y 6 gagnants différents sur treize courses. Cela augure pas mal de renversements de situation au cours du championnat.»
Ladycat Powered by Spindrift racing était mené pour cette première manche par Yann Guichard qui place le bateau du team Spindrift racing en 2nde position de ce rendez-vous.
Yann Guichard : « le premier jour s’est super bien passé et les jours suivants le vent était plus instable en intensité, nous avons eu un peu plus de mal dans les manœuvres. Mais c’est aussi normal, bien qu’expérimentés nous sommes une équipe nouvelle et nous devons progresser ensemble dans les manœuvres et la coordination. Nous n’avions que 6 jours d’entrainements et aucun dans la brise et si tu veux être dans le coup il faut que toutes les manœuvres soient parfaites. Le niveau est encore monté et on peut voir qu’il y a 4 équipes qui se sont tout de suite détachées sur ce premier Grand Prix. J’ai pris énormément de plaisir à la barre et c’est vraiment très encourageant de commencer par un podium, on va s’accrocher pour figurer dans les leaders dans les prochaines régates. ”
Mobimo, le bateau de Christian Wahl était de retour avec un équipage partiellement renouvelé mais habitué au support (Pierre Pennec, Hervé Cunnigham). Il se classe 3ème de ce Grand Prix devant Realstone, Tilt et Zen Too.
Prince de Bretagne, sponsor du Multi 80′ de Lionel Lemonchois et organisateur de course a annoncé l’annulation du Défi du Prince, course qui devait avoir lieu en mai et qui était ouverte aux multicoques de plus de 50′.
En effet plusieurs bateaux sont immobilisés, dont le 80′ de Lionel Lemonchois, tout juste chargé sur un cargo au Brésil, suite à son chavirage lors de la Mauriecienne et qui entrera en chantier à son arrivée à Lorient afin d’être prêt pour la Route du Rhum, le Multi 50′ Arkema Région Aquitaine de Lalou Roucayrol est également toujours dépourvu de mât et ne sera de retour en France que courant mai.
Par ailleurs, Spindrift 23, le trimaran de 40m du duo YannGuichard/Dona Bertarelli sera convoyé fin mai vers les Etats Unis pour une tentative de record sur l’Atlantique Nord, Banque Populaire VII, sera mené sur le même parcours en solitaire par Armel le Cléac’h à la même période, les deux trimarans n’auraient donc pas pu participé à cette course. Francis Joyon sur Idec va partir vers le Brésil dans les jours qui viennent et Thomas Coville mettra son nouveau maxi Ultime Sodeb’O à l’eau à la fin du mois avant d’enchaîner les navigations d’entrainement pour le Rhum.
Seule la classe des Multis 50′ semblait conserver un attrait pour cette course, les MOD 70 n’étant pour la plupart que destinés à des navigations RP (Spindrift racing, Paprec).
Cependant une Route des Princes 2, comme en 2013, est programmée l’année prochaine, ce tour de l’Europe avait été un succès, reste à réunir un plateau suffisant pour cet événement.
Mirabaud qui devient Gold partenaire et l’horloger Zenith en tant que Chronométreur officiel.
Le programme de l’année se fera sur le catamaran monotype D35, mené par Dona Bertarelli et sur le maxi trimaran de 140′ Spindrift 2 avec le record de l’Atlantique Nord en équipage et la Route du Rhum en solitaire pour Yann Guichard.
Ladycat, le D35 sera aligné pour la 8ème année consécutive sur le Vulcain Trophy, Dona Bertarelli sera à la barre, Yann Guichard à la tactique, ils seront épaulés par des équipiers du maxi trimaran afin de parfaire les automatismes.
Concernant le maxi, le programme débutera cet été avec une tentative sur l’Atlantique Nord, comme l’explique le skipper : « Spindrift 2 s’attaquera cet été à l’impressionnant chrono réalisé sur l’Atlantique Nord en 2009 par Pascal Bidégorry et son équipage à bord de ce même bateau. Avec un temps de 3 jours, 15 heures et une vitesse de près de 33 nœuds, il faudra compter sur une météo toute aussi exceptionnelle et une machine optimisée pour pouvoir l’accrocher. Nous tenterons également le record des 24h dans cette fenêtre si les conditions le permettent »
Yann Guichard a également annoncé son engagement sur la Route du Rhum, il possédera le trimaran le plus long dans la catégorie ultime sur cette course en solitaire.
Les explications : « C’est une opportunité de partager un moment exceptionnel avec nos partenaires tout en offrant un challenge passionnant à l’équipe. En tant que compétiteur, j’ai une profonde envie de rivaliser avec les autres trimarans de la classe Ultime. Pour autant, il n’a jamais été question de transformer Spindrift 2 en version ‘solo’ mais plutôt de trouver le meilleur compromis afin d’être performant pour le double objectif de l’Atlantique Nord en équipage et du Rhum. La décision a été mûrie en accord avec Dona et nos partenaires. La transat retour de Miami, l’hiver dernier, où j’ai navigué à voilure réduite et manœuvré seul, m’a définitivement convaincu. Le mât raccourci, l’allègement général, l’adaptation des pilotes automatiques et une somme de détails nous permettront de concrétiser ce et ces défis. Si ce bateau XXL (40 mètres) sera le plus grand du port à Saint-Malo, il devra faire face à des machines taillées ou optimisées pour un homme seul. Néanmoins, je suis un compétiteur et nous travaillons pour avoir les moyens de jouer aux avant-postes. Et pour un passionné de multicoque comme moi, naviguer seul sur un tel bateau sera forcément inoubliable ! »
Yann Guichard a dévoilé quelques unes des modifications concernant le grand multi, dans un interview à l’Equipe, le mât du trimaran sera raccourci de 6m pour la tentative de record sur l’atlantique nord, le foil, le safran au vent seront oté, le mât ne sera plus basculant. Pour la Route du Rhum, l’essentiel du travail se fera sur les pilotes automatiques, le trimaran sera aussi équipé d’un vélo, comme l’avait fait Franck Cammas sur Groupama 3 afin de faciliter les manœuvres du solitaire.
Déjà privée de réel programme cette saison et après une première année difficile en 2012, la classe des MOD70 est de nouveau confrontée à une nouvelle déconvenue avec le report de la transatlantique, cette seconde édition de la Krys Ocean Race, prévue en mai 2014 est reportée en 2016.
L’organisateur avait déjà entamé des discussions avec les différentes classes de mulicoques océaniques et la course devait s’ouvrir aux Ultimes et aux Multi50′, ceci n’aura semble-t-il pas fédéré les armateurs qui n’ont pas répondu présents. Il est également prévu, si la course devait s’inscrire dans la durée de passer sur un cycle de 4ans, et qu’elle soit ouverte à tous les multicoques.
L’avenir s’assombrit donc encore un peu plus pour la classe monotype, seuls sept trimarans ont été construits, deux d’entre eux ne naviguent pas faute de budget (Race for Water de Steve Ravussin, et l’ex Foncia de Michel Desjoyaux), un autre a été acheté par un propriétaire (Orion Racing) et ne semble destiné qu’à des courses américaines, les quatre autres unités sont dotées de budget (Groupe Edmond de Rothschild, Oman Air Musandam, Spindrift racing et Virbac Paprec), mais sont privées de circuit et de courses.
En effet avec l’annulation de l’Ocean World Tour, un tour du monde par étapes l’année dernière, et de cette transatlantique, la classe perd sa substance, puisque les trimarans ne seront probablement armés que pour des courses côtières ou semi-hauturières. On pourrait voir quelques unités sur la Route du Rhum en novembre 2014, mais le programme des MOD 70 se résumera probablement à cet unique événement, Prince de Bretagne avait bien organisé un tour de l’Europe l’année dernière mais celui-ci n’a pas vocation à devenir annuel.
Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel
Qui plus est, le conflit entre armateurs des bateaux et l’organisation ne semble toujours pas réglé, le trimaran aux couleurs du Gitana Team a par exemple disparu de la liste des team sur le site officiel de la classe, certains concurrents avaient par exemple eu, la saison dernière, d’énormes difficultés à obtenir des pièces de la part de Multi SA.
Marco Simeoni, Président de MOD S.A. : « C’est avec une grande tristesse que nous avons pris la décision de reporter la KRYS OCEAN RACE qui devait pourtant s’annoncer comme un grand rendez-vous sportif au sein de la flotte des MOD70. Un contexte économique difficile conjugué à des choix stratégiques de certains partenaires et armateurs nous ont malheureusement contraints à devoir reporter l’évènement. MOD ainsi que ses partenaires Krys et la ville de Brest réfléchissent au format de l’édition future qui permettrait le plein succès de cette course autant sur un modèle sportif que économique».
Jean-Pierre Champion, Directeur Général de Krys Group : « Chacun a en mémoire les images de la 1ère édition : Ces « formule 1 » des mers, au pied de Manhattan, s’élançant pour rejoindre Brest en moins de 5 jours : une prouesse de chaque équipage qui fait écho à l’exigence quotidienne des 880 équipes d’opticiens KRYS. La 2ème édition se doit d’être encore plus ambitieuse et plus unique».
L’équipage de Spindrift 2 mené par Dona Bertarelli et Yann Guichard ont décroché ce matin le premier record sur leur maxi trimaran (ex Banque Populaire V), en traversant l’atlantique sud (Cadix-San Salvador) en 6 jours, 14 heures, 29 minutes, et 21 secondes, soit une vitesse moyenne de 24,5 noeuds (sur les 3885milles de la route orthodromique). Spindrift 2 a réellement parcouru 4 503 milles nautiques, soit une vitesse moyenne de 28,41 noeuds. Le précédent record, détenu par Franck Cammas et son équipage sur Groupama 3 est ainsi amélioré de 20 heures, 29 minutes et 32 secondes.
L’équipage après avoir passé le thalweg, entre les deux anticyclones il y a 24 heures, a bénéficié de vents forts sur les derniers milles, après avoir passé la ligne, ils ont mis le cap sur Miami pour un check up du bateau avant un retour en équipage réduit, afin d’évaluer la faisabilité d’une Route du Rhum pour le skipper Yann Guichard.
Dona Bertarelli :
Une dernière nuit musclée : « Passée la zone de transition marquée par de nombreux épisodes orageux, nous sommes entrés sans transition ou presque dans de forts vents de secteur nord est. On a eu toute la nuit entre 30 et 35 noeuds, et l’état de la mer s’est rapidement dégradé, avec des creux de 5 à 6 mètres et des vagues courtes et croisées. On se serait cru en Méditerranée! C’était assez usant. Le bateau accélérait fort en bas des vagues et le travail à la barre était assez stressant. Il fallait progresser vers l’ouest rapidement sans trop solliciter le matériel. On avait la toile du temps et ça accélérait très fort… »
Passage de ligne : « Ce fut un moment rare, un peu curieux car San Salvador est une petite île, bordée de plages. Nous avons dû nous approcher très près du rivage pour distinguer le bateau à bord duquel l’officiel du World Speed Sailing Record Council avait pris place. C’était un peu stressant à cause de la proximité des bancs de sable. Puis il y a eu explosion de joie à bord… un beau moment… «
Record : « Nous avons réalisé une belle route, une trajectoire efficace. Je crois que ce nouveau record sera difficile à battre. On a le résultat que nous étions venu chercher. C’est une grande satisfaction… »
Emotions :« C’est énorme. L’émotion était au rendez vous au moment du passage de la ligne. J’ai pris un plaisir immense durant cette course, ma première traversée de l’Atlantique, en course, en record… avec un beau résultat à la clé. Tous les doutes que je pouvais avoir sur ce bateau ont été levés. La machine est extraordinaire, et combinée avec un formidable équipage, suite à une superbe préparation réalisée par l’équipe à terre, un choix de route judicieux, l’excellent travail de navigation réalisé par Erwan Israel, avec Richard Silvani à terre… «
Sur le plan personnel… » Au delà de l’immense plaisir et de la satisfaction du résultat, je crois avoir beaucoup appris sur moi-même. J’ai barré dans des conditions très dures, notamment la nuit dernière sur une mer vraiment désordonnée, et dans 35 noeuds de vent. Yann était à mes côtés car cela peut devenir très physique. Ce bateau dispose d’une puissance incroyable. La course est terminée. Nous rentrons sur Miami et je ne ressens pas la moindre lassitude. Je pense déjà au Trophée Jules Verne… «
A propos de Yann Guichard : « J’ai découvert davantage encore Yann le skipper, Yann le meneur. Son sang froid, sa sérénité, son calme en toutes circonstances sont impressionnants. C’est un homme très structuré dont il émane beaucoup de confiance en soi et de pragmatisme… «
L’équipage : « Nous avions constitué un savant mélange de compétences et d’expériences très diverses, issus de la Coupe de l’America, du Figaro, de la voile légère ou hauturière… et le mariage des compétences a merveilleusement fonctionné… »
Une femme et 13 hommes : « Il faudra demander à l’équipage son sentiment d’avoir eu une femme à bord. En ce qui me concerne, et peut-être parce que j’ai grandi dans un univers masculin, et que j’ai toujours navigué avec des garçons, cela ne m’a pas causé de problèmes particuliers. Très rapidement, on s’est tous retrouvés à partager les mêmes choses. On a appris à se connaître petit à petit, à tout partager, dans une ambiance vraiment amicale… »
Yann Guichard :
Chrono :« Nous sommes partis dans une belle fenêtre météo. On savait dès le départ de Cadix qu’il y avait moyen de réaliser quelque chose de grand. C’est fait, et bien fait, avec un super Chrono. Mais ce n’était pas joué d’avance. Nous savions que le dernier tiers du parcours serait compliqué. On a eu beaucoup de vent et beaucoup de mer sur le tronçon Cadix-Canaries, puis sur les dernières 24 heures. La traversée du col barométrique a été un moment stressant, quand des grains orageux nous ont arrêté à plusieurs reprises. On a terminé très vite, dans des conditions très dures pour les hommes et le bateau. C’était la première traversée pour Spindrift 2, pour Dona aussi. Nous sommes tous heureux et satisfaits. «
Secret :« La recette est simple : un bel équipage, une belle fenêtre météo, une superbe route au plus près de l’ortho, une formidable machine très bien préparée. Et ne jamais se laisser dépasser par le bateau… On a tous très bien vécu ensemble, et cela donne envie d’aller plus loin avec ces hommes et ce bateau. »
En pensant à Colomb :« Cette arrivée est chargée d’émotions. On a beaucoup pensé à Christophe Colomb en approchant des îles. On essayait d’imaginer ces hommes arrivés là après plus de 70 jours de mer. On a ressenti un grand respect pour eux. C’est aussi cela la magie de ce record, cet ancrage dans l’histoire des grandes découvertes… »
Dona :« Dona est fière d’un travail bien fait. Je l’ai senti heureuse, très à l’aise à bord. Elle a beaucoup barré, et dans des conditions très difficiles…. »
Dona Bertarelli, Yann Guichard et leur équipage poursuivent leur record sur la Route de la Découverte avec une belle avance sur le record, celle-ci se porte ce soir à plus de 335 milles et ce avec moins de 1 000 milles de l’arrivée à San Salvador. L’équipage du maxi trimaran maintient depuis le départ une moyenne de quasi 30 noeuds (environ 26 sur la route directe théorique).
Le trimaran se trouve actuellement dans le thalweg, zone de basse pression entre l’anticyclone des Açores et celui des Bermudes, l’équipage devrait passer cette zone dans la nuit et retrouver des vents soutenus au matin pour ensuite être accompagné par un flux supérieur à 20 noeuds jusqu’à l’arrivée.
Spindrift 2 a franchi la mi-parcours théorique du record de la Route de la Découverte aujourd’hui avec une avance confortable qui se porte désormais à prêt de 300 milles.
Si cette avance peut sembler confortable, l’arrivée sur les Bahamas peut s’avérer piégeuse, avec la plupart du temps des vents faibles.
L’équipage opère depuis 48 heures des bords de recadrage, en plongeant pour quelques heures au sud, ceci afin de maintenir le trimaran dans le plus fort du flux de la dépression qui les accompagne vers l’arc antillais.
Yann Guichard : « C’est toujours un peu frustrant de ne pas faire la route directe mais cela fait partie du jeu. Nous disposons d’une petite avance qui nous permet de nous offrir ce luxe. Ces recalages sont indispensables pour bien négocier l’alizé. Après quelques heures à naviguer plein sud, nous allons repartir de plus belle cap à l’ouest. Notre trajectoire depuis les Canaries est satisfaisante, proche de l’ortho, et nous allons certainement renouveler l’exercice au moins une fois encore, après notre redémarrage en tribord d’ici peu de temps. Nous alternons en permanence les combinaisons 2 ris, puis un ris, avec à l’avant le solent ou le gennaker. Les ballasts hier nous ont aussi bien aidé à faciliter le passage des étraves dans une mer décidément bien désordonnée. Nous avons connu quelques grains cette nuit, et il y’a eu pas mal d’ajustements à effectuer pour éviter de se faire surprendre avec la grand voile haute et gennaker.L’ambiance à bord est excellente, mélange de bonne humeur et de concentration. Nous sommes à peine à la mi-course. Il nous reste deux difficultés majeures à affronter, d’abord avec ce thalweg, petit col barométrique peu venté qu’il nous faudra négocier en bâbord amure après un « gybe » que nous espérons le plus judicieux possible. Erwan Israël veille au grain. Puis viendra ce passage de front en milieu de journée demain à bien gérer. »
Dona Bertarelli : « Bonjour à tous, Cette troisième nuit à commencé par un magnifique couché de soleil couleur ambre. Les vagues en s’écrasant sur les flotteurs se pulvérisaient en milliers de paillettes dorées. Spindrift 2 n’a jamais été aussi beau qu’à ce moment là ! La nuit s’est poursuivie par une intense chasse aux grains. L’équipage à joué toute la nuit au chat et à la sourie, toujours dans une nuit noire. A tour de rôle, Yann et Erwan sont restés fixés sur l’écran du radar et des images satellites pour anticiper la prise ou le renvoi de ris. Le vent passant de 10 à 30 noeuds, n’a donné que peu de répit à l’équipe. Seul luxe, la mer est moins formée et donne un confort indéniable à la vie à bord. Reste que, par surprise, quelques vagues viennent tout de même s’écraser sur la casquette en éclaboussant jusqu’à l’intérieur du cockpit. Cirés et bottes restent donc de mise! »