L’actualité des ultimes en bref

  • Thomas Coville a remis à l’eau son trimaran Sodebo après un long chantier post tour du monde. Les principales nouveautés apportées au bateau sont l’adoption d’un mât basculant et la possibilité de régler l’inclinaison des plans porteurs des safrans. Par ailleurs Thomas Coville a dévoilé l’équipage qui l’accompagnera sur The Bridge, à savoir Jean-Luc Nélias, Loïc Le Mignon, Thierry Briend ainsi que Billy Besson et Vincent Riou.
    La suite de la saison sera consacré à une tentative de record sur l’Atlantique Nord en solitaire, et à la Transat Jacques Vabre, avec de nouveau Jean Luc Nélias en tant que co-skipper.

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

  • Vincent Riou, qui sera sur Sodebo Ultim sur la transatlantique en course The Bridge, ne cache pas son intérêt pour ce bateau. Celui-ci sera disponible à l’issue de la Route du Rhum 2018, Thomas Coville aura ensuite une nouvelle monture. Vincent Riou espère s’aligner sur le tour du monde en solitaire en course prévu en 2019 à la barre de ce trimaran. Il recherche des sponsors pour l’accompagner sur ce nouveau projet.
  • François Gabart a également dévoilé son équipage pour The Bridge. Il sera secondé par Pascal Bidégorry, de Yann Riou, Antoine Gautier et Guillaume Combescure et de Benoît Marie.
    Le reste de la saison sera consacrée aux entrainements en solitaire avant une tentative de record autour du monde en solitaire, dont le stand by commencera mi-octobre.

    © Lloyd Images

  • Yves le Blévec a également optimisé son trimaran cette année, avec un nouveau gréement, le mât est légèrement plus court (30,5m contre 33 auparavant), mais la surface de voilure reste la même. La puissance du bateau reste identique, tout en ayant un trimaran plus sécuritaire et plus adapté à l’exercice en solitaire.
    Le trimaran a fini samedi dernier 2nd du Tour de Belle Ile, il sera ensuite aligné sur The Bridge.

    © Th.Martinez / Sea&Co.
    Trimaran ULTIM “ACTUAL”

     

  • Francis Joyon et son équipage Clément Surtel, Alex Pella, Bernard Stamm, Gwénolé Gahinet ont quant à eux reçu le Trophée Jules Verne au Musée de la Marine la semaine dernière.  Sébastien Audigane en convoyage sur l’Atlantique était absent de cette cérémonie.
    Idec Sport sera également engagé sur The Bridge cet été.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

  • L’équipe Spindrift racing est quant à elle concentrée sur sa préparation au Trophée Jules Verne cet hiver. Le trimaran a été optimisé avec de nouveaux appendices (safrans et foils) afin de soulager le bateau. Le bateau ne participera pas à The Bridge suite à la modification du nombre d’équipiers autorisés.
    Par ailleurs le team mené par Yann Guichard et Dona Bertarelli ouvre sa base au public samedi prochain dans le cadre d’une journée portes ouvertes, les détails à découvrir : ICI.

    © Eloi Stichelbaut

 

 

Un nouveau trimaran ultime Sodebo pour Thomas Coville en 2018

Sodebo a confirmé la construction d’un nouveau trimaran ultime. Le multicoque sera mis à l’eau fin 2018 et bénéficiera donc d’un an de mise au point avant le tour du monde en course au départ de Brest prévu à l’automne 2019.

Thomas Coville courra donc sur son actuel ultim, détenteur du record autour du monde en solitaire depuis quelques semaines, sur The Bridge et la Transat Jacques Vabre  en 2017 et la Route du Rhum en  2018, avant de prendre possession de son nouveau bateau.

Le nouveau trimaran respectera la « jauge » du Collectif Ultim, en l’exploitant au maximum, à savoir 32m de long par 23 de large, comme le futur Banque Populaire IX. Sans surprise le bateau sera conçu par le cabinet VPLP (comme Banque Populaire IX ,le futur Gitana Ultim étant conçu par G.Verdier), le design team sera complété par Renaud Banuls (ex VPLP, ex Oracle, ex du design team Banque Populaire V et Groupama) ainsi que Martin Fisher pour les appendices.
Le trimaran sera bien évidemment doté de foils et de plans porteurs de safrans, afin de soulager au maximum le bateau et de « voler » le plus possible.

Le team Sodebo devrait par ailleurs établir sa future base à la BSM de Lorient.

 
Patricia Brochard, coprésidente de SODEBO :
« Avec ce nouveau bateau, notre ambition est bien de figurer au premier plan face aux acteurs en présence. 
Avec le collectif Ultim, nous sommes en train de constituer une flotte capable d’apporter de l’émotion et de susciter de l’intérêt. Parmi nos objectifs, outre la sécurité, nous voulons offrir des courses avec du suspense, de l’émulation entre les marins et pour chaque événement, une histoire à écrire qui pourra passionner le public 
 
Depuis un an, nous échangeons avec Thomas et son équipe avec, au centre de nos débats, le timing, le bon moment pour se lancer dans un nouveau bateau. Dans toute phase d’innovation, il faut arriver au bon moment. Nous le savons aussi chez Sodebo pour nos lancements de produits. Il nous arrive de renoncer quand nous estimons que nous ne sommes pas dans le bon timing.
 
Nous avons envisagé d’améliorer Sodebo Ultim’. Avec cette plate forme, nous partions de nouveau d’une contrainte que nous pouvions améliorer mais pas révolutionner. La décision finale a été prise, pendant le tour du monde, avec l’envie d’innover. Les enseignements de ce tour du monde en mode record ont permis d’enrichir la réflexion et donc la prise de décision. A chaque fois qu’on innove, on prend un risque. Heureusement, l’expérience permet de le limiter. Et un risque, c’est aussi une opportunité. Chez Sodebo, l’innovation fait partie de notre histoire, de notre ADN. 
 
Thomas naviguera sur Sodebo Ultim’ pendant encore deux saisons et sur le nouveau bateau en 2019. Le trimaran sera ensuite à vendre permettant ainsi à un nouveau projet de participer à cette course majeure que sera le tour du monde en Ultim en solitaire en 2019. Nous avons toujours revendu nos bateaux pour alimenter les compétitions existantes. Ce nouveau projet a pour ambition de continuer à révéler l’entreprise au travers de ce sponsoring et de faire vibrer toujours plus de personnes grâce à ce sport et ces marins qui racontent de belles histoires. » 
 
 
 
Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim et futur skipper du prochain Sodebo :
« Ce nouveau bateau est pour nous la concrétisation de cette idée qui a germé en 2007 en ouvrant le terrain de jeu au tour du monde en multicoque en solitaire.
 
Malgré le devis de poids très présent avec les bras qui datent des années 2000,
Sodebo Ultim’ reste un bateau intéressant et performant qui a de très grandes qualités parmi lesquelles sa polyvalence, sa simplicité et sa robustesse.
 
Tout ce qu’on a appris et conçu avec Sodebo Ultim’ nous sert aujourd’hui. Nous avons la chance d’avoir un Ultim comme laboratoire pour tenter, chercher, explorer, tester grandeur nature et concevoir un nouveau bateau. Nos trois tours du monde en multicoque en solitaire constituent une base de données unique. En 2007/2008, nous avons avions une vision, celle de pouvoir faire le tour du monde en solitaire sur un multicoque.
 
Pour continuer après la Route du Rhum 2014, il fallait que je m’entoure de spécialistes qui m’alimentent, qui me nourrissent. Tous les vendredis, nous avons mis en place une veille technologique pendant laquelle nous débâtions sur ce que font nos concurrents directs ou pas. Nous avons dialogué avec des architectes qui nous ont immergé dans cette évolution technologique des bateaux qui volent. Nous avons aussi observé tout ce qui se fait de mieux dans la voile actuelle, sur la Coupe de l’America et même dans l’aéronautique et l’automobile en se posant la question : si je devais concevoir un nouveau bateau, qu’est ce qui nous aiderait ?
Nous sommes sur un projet qui n’est pas encore définitif avec des avant-projets pionniers et une organisation très innovante que nous dévoilerons au printemps.
 
Nos bateaux sont aujourd’hui capables de participer à un programme complet avec les courses historiques et de nouvelles épreuves dont de l’équipage qui nous permet de former des marins pour transmettre et donner la place aux jeunes talents. Cette idée de nouveau bateau m’a accompagné pendant le record. Quand c’était vraiment dur, cette dynamique m’a permis de trouver de la ressource et de l’énergie. Pour me motiver, j’imaginais que j’étais en course et qu’il y avait un bateau à côté de moi …
L’émulation, la compétition est au cœur de notre système et de notre évolution. Aujourd’hui, notre plateau se constitue et nous construisons avec le collectif en vue ce tour du monde en solitaire au départ de Brest en 2019. »
 
Agenda
 
2017
The Bridge (équipage)
Transat Jacques Vabre (double)
 
2018
Route du Rhum (solitaire)
Mise à l’eau du nouveau bateau fin 2018
 
2019
Course autour du monde en solitaire en Ultim

Thomas Coville accueilli chaleureusement à Brest

Thomas Coville a passé la nuit en mer, accompagné par une partie de l’équipe technique de Sodebo, après avoir bouclé son tour du monde en solitaire en 49 jours 3 heures 7 minutes et 38 secondes.
Le skipper et son équipe ont rejoint Brest dans la matinée, Thomas Coville a été accueilli par ses proches, ses partenaires et par le public venu nombreux sur les quais pour accueillir le nouveau détenteur du record autour du monde en solitaires à la voile.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Les réactions du skipper à son arrivée :
« Ce que je voudrais qu’on garde de ce record, ce ne sont pas tellement les 49 jours 3 heures, c’est surtout le chemin parcouru. Je suis tombé, je me suis relevé, j’ai osé. C’est un travail de dix ans, un rêve très difficile à atteindre. Mais un rêve que j’ai vécu, que je vis.
Quand on a racheté Sodebo, le bateau Géronimo était là à Brest sur le Quai du commerce, c’était une épave. Et au moment où on s’est lancé dans cette histoire, de modifier Geronimo pour en faire le Sodebo actuel, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui pensaient qu’on arriverait à faire la machine qu’on a réussi à faire aujourd’hui.
 
On s’est retrouvé avec l’équipe technique hier soir après le franchissement de ligne. Ils sont montés à bord et chaque réaction du team a été très émouvante et a reflêté l’esprit de cette équipe très éclectique. J’ai une très très belle équipe autour de moi qu’on a façonnée avec Sodebo petit à petit. Je me retrouve aujourd’hui entouré de gens que j’ai choisis, que j’aime mais qui sont avant tout de très grands professionnels.
 
Cette nuit je me suis offert le luxe de dormir 4 heures d’affilées. Mais vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est. Là on revient au sommeil des enfants où lorsque tu t’endors tu n’as rien d’autre dans la tête que le fait que tu vas t’endormir. Tu n’as pas la préoccupation de l’adulte qui se projette. Non tu dors juste, c’est le sommeil que tu n’as pas connu depuis 30 ans.
 
Mon rythme de sommeil sur la course n’était absolument pas calé. Je n’ai jamais réussi à avoir des routines de sommeil. »

J’étais un petit garçon plutôt observateur, plutôt très admiratif et contemplatif dès que j’étais en pleine nature. J’ai toujours eu besoin et ressenti du plaisir à me retrouver dehors. Après il y avait tout ce qui était exploration et pionnier qui m’intéressait. Et dans la dimension du record la notion de pionnier, de faire une chose singulière et unique pour la première fois, c’est quelque chose qui est fort chez moi depuis que je suis gamin.
 
Certains valorisent ça dans une autre matière mais moi j’ai trouvé que le sport pouvait être quelque chose qui pouvait exprimer ce que j’étais. En plus dans la voile,il y a moyen de s’exprimer en équipage, en solitaire, longtemps… Il y a cette capacité de pouvoir trouver ce qui correspond le mieux à ton expression singulière.
 
C’est vrai que dans les records il manque une notion de compétition par rapport à l’autre et je me suis posée cette question. Mais ce qu’il y a de fabuleux dans un record, c’est de viser la barre la plus haute, comme Lavillenie aujourd’hui. C’est cette notion qui me fascine. Je pense que dans la vie d’un athlète, un record c’est assez gratifiant.
 
L’intelligence de manœuvrer ce genre de bateau en solitaire n’est pas qu’une question de physique, il faut aussi être malin. Savoir profiter de la houle pour faire passer le gennaker permet de s’économiser. Et plus on a de l’expérience, plus on est capable de le faire. Sur ce tour du monde, j’ai autant navigué que si j’avais été en équipage. Je ne pense pas avoir fait moins de manœuvres que si on avait été plus nombreux à bord. Ce qui fait qu’on n’est pas très loin des temps d’équipage. »

Superbe performance de Thomas Coville autour du monde en solitaire, en seulement 49 jours et 3 heures

Thomas Coville signe aujourd’hui une superbe performance sportive, en bouclant son tour du monde en solitaire en 49 jours 3 heures 7 minutes et 38 secondes. Il améliore le record de 2007 de Francis Joyon sur Idec de 8 jours 10 heures 26 minutes et 28 secondes, à une vistesse de 24,09 noeuds de moyenne sur le fond (24800 milles parcourus), soit près de 5 noeuds de mieux que Francis Joyon en 2007 et la cinquième meilleur performance autour du globe, équipage et solitaire confondus.

Le skipper possédait une machine à la hauteur de ses espérances, son trimaran ayant été imaginé autour de ce but, en partant de Géronimo d’Olivier de Kersauson, profondément remanié. En effet, le skipper, entouré de son équipe et des architectes VPLP, ont conservé une partie des flotteurs et les bras de l’ancien trimaran d’ODK, pour obtenir ce trimaran taillé pour le tour du monde en solitaire à la voile.

 Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville a également fait preuve d’une pugnacité hors norme, le marin court après cet objectif depuis 2007, il a tenté 5 fois ce tour du monde et boucle cette circumnavigation en solo sur un multicoque pour la 3ème fois, après les échecs de 2008 et 2011. Il atteint donc son graal aujourd’hui.

Il aura puisé dans ces réserves pour parvenir à cet exploit, essayant de tirer le meilleur parti de sa monture, guidé par sa cellule routage composée de Jean-Luc Nélias, Thierry Douillard, Thierry Briend et Samantha Davies.

L’exploit est unanimement salué par l’ensemble des acteurs de la course au large, le public pourra également accueillir le navigateur demain aux alentours de 9h à Brest.

 

 

 

Francis Joyon, ex détenteur du record autour du monde en solitaire : « Thomas signe un superbe chrono, au terme d’un tour parfaitement négocié. Bravo à lui. Bravo pour sa performance et pour sa persévérance. Il place, avec ce bateau plus grand et plus toilé que ne l’était mon trimaran IDEC, la barre très haute. Il faudra à l’avenir beaucoup de réussite pour battre ce chrono en enchainant sans transition les systèmes météos ainsi que Thomas a su le faire. Nous ne sommes que trois, avec Ellen, a avoir bouclé ce tour du monde en multicoques et sans escale, et savons quel engagement extrême il a fallu a Thomas pour venir au bout de cette magnifique performance »

Thomas Coville attendu le 25 ou le 26 décembre à Ouessant en plus ou moins 50 jours

Thomas Coville évolue ce soir à la latitude des Canaries, avec une avance confortable de plus de 2600 milles sur le record de Francis Joyon, alors que la distance à couvrir jusqu’à Ouessant est de moins de 2000 milles. Le skipper approche donc de la fin de son tour du monde en solitaire, il devra encore  contourner l’anticyclone des Açores qui barre la route directe vers Ouessant. La cellule routage du team Sodebo prévoit une ETA sur la ligne d’arrivée entre le 25 dans la soirée et le 26 en fin de journée.
Thomas Coville pourrait donc boucler ce tour du monde en moins de 50 jours.
 Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :

 » Ce tronçon entre la latitude du Cap Vert et celle des Iles Canaries n’est pas la partie la plus drôle de ce tour du monde. Tu es face à la mer, c’est très humide. Dès que je mets le nez dehors, je m’équipe car ça mouille. Depuis deux jours, la météo est très instable avec des vents irréguliers et beaucoup de grains. En température il fait bon mais ça s’est bien rafraîchi.
 
Le plus difficile ce n’est pas de faire accélérer le bateau mais de le faire ralentir, car face à la mer, on peut tout casser. C’est difficile techniquement, du coup je dors très peu. Mentalement ce n’est pas très agréable. Mais je m’y attendais car ce n’est pas ma première fois. A chaque fois que je fais cette remontée, c’est une bonne piqure de rappel.
 
Cet alizé c’est la période la plus désertique où il se passe le moins de choses. Quand tu le fais dans le sens de la descente vers les Antilles, c’est plutôt agréable mais dans la remontée c’est très déplaisant. J’aime bien la lumière de l’alizé du soir. C’est le moment où je m’accorde un thé sur le pont et en ciré.
L’enchaînement à suivre va être très physique. On va se faire toute la garde-robe dans les deux sens. Il va falloir redéployer toute la toile. Ça va être très très physique. Ensuite ce sera un long run à faire dans du vent très fort que j’appréhende et qui est loin de me laisser serein. J’ai cette gamberge-là dans la tête de savoir à quelle sauce je vais être mangé et comment ça va se finir.
 
Je n’ai pas de problème physique, pas de tendinite c’est la preuve que je m’hydrate bien. Je ne suis pas blessé et c’est un point important. J’ai certainement perdu un peu de poids, je me sens comme du coton. Vu tout ce que je donne comme énergie, je dois avoir certaines carences. J’adore manœuvrer et je le fais plutôt bien généralement, mais je vois bien que je suis plus lent, que les manœuvres durent plus longtemps. Je ne me suis pas beaucoup épargné.
 
Par rapport à mon bateau d’avant, il y a une vraie rupture technologique qui fait que je suis bien plus rapide en termes de vitesse sur l’eau. Avec Sodebo Ultim’ il faut une réactivité énorme pour traverser les systèmes météo. C’est la première fois que quelqu’un s’expose à faire un tour du monde avec un bateau aussi grand et avec des voiles aussi lourdes. Remplies d’eau, les voiles d’avant font entre 110 et 120 kilos, voire plus. Les rouler, dérouler c’est long, et en Atlantique Sud, j’en ai fait ! Les atouts et les avantages dont j’ai retiré le maximum dans la descente jusqu’au Cap Horn, je les paie maintenant. Physiquement c’est le revers de la médaille. J’aurais pu m’accorder d’être plus lent en me disant de faire moins de manœuvres et de rater un système, mais je n’ai pas fait ce choix-là, donc on verra si c’était le bon.  »

Thomas Coville de retour dans l’hémisphère nord en 41 jours 14 heures

Thomas Coville a passé l’équateur avec un nouveau temps record, le marin boucle le trajet Ouessant-équateur en seulement 41 jours 14 h 53’08 ». Sodebo Ultim aura bouclé ce partiel avec un meilleur temps  que celui de Groupama 3 en 2010.
Il ne reste au trinitain que 3200 milles avant la ligne d’arrivée au large d’Ouessant, où il est attendu entre le 26 et le 28 décembre. Il possède près d’une semaine d’avance sur le record de Francis Joyon.
Le skipper redoute cependant cette dernière partie du parcours, avec une dépression hivernale qui l’accompagnera jusqu’à l’atterrissage sur Ouessant.

 Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :
« J’ai passé l’Equateur cette nuit à 5 heures du matin votre heure. C’est un passage toujours délicat. A l’aller, j’ai été extrêmement chanceux et je suis passé comme une fleur. Cette nuit, ça été plus difficile. Je n’ai pas dormi car il y avait beaucoup de grains très actifs avec de grosses averses et des zones de calme. J’ai trouvé la bonne configuration de voiles sur Sodebo Ultim’. Et je me suis fait plaisir à jouer dans les grains. Il y avait un peu de lune. J’apprécie la navigation de nuit.
Alors que le pot au noir est un endroit anxiogène, je me suis fait plaisir dans ces dernières 24 heures. J’étais au reaching, avec des sensations de glisse pure. J’ai même réussi à prendre une douche sous les grains.
  Ce basculement dans l’hémisphère nord cela signifie pour moi la fin de la remontée de l’Atlantique Sud qui a été dure et éprouvante. Ce n’est pas le fait de rentrer vers la maison. Nos bateaux ont l’avantage d’allonger, c’était le cas dans l’Indien et le Pacifique. Sur cet Atlantique Sud qui a été très changeant, je suis passé de l’hiver à l’été, de très peu de vent à beaucoup de vent. Jusqu’à 50 nœuds au large de l’Uruguay.
Avec les 50 nœuds au large de l’Uruguay et les calmes du petit temps avec beaucoup d’empannages, il a fallu se démener. Un vrai job d’athlète ! C’est au-delà du pilotage et de la stratégie, il faut mouliner sur les winchs et porter des voiles qui sont très lourdes. C’est vraiment un engagement physique.
Quand j’ai viré de bord au niveau de Rio pour pointer les étraves de Sodebo vers le nord, c’était symboliquement la fin du petit temps. J’ai voulu tout de suite aller de nouveau vite et me mettre dans cette situation mentale. Tout cela ne laisse pas beaucoup de repos. Le seul repos est dans la gestion quotidienne de bien s’hydrater, de se nourrir et de dormir quand on peut. Il va falloir que je gère la fatigue car j’ai un gros tronçon qui m’attend devant et que je vais devoir gérer. 
La remontée dans l’alizé va être virile et très difficile avec une houle de face. Plus tu avances et plus tu approches du but, plus tu oublies l’avance et plus tu es conscient de la fragilité liée à la météo et aux avaries intérieures et extérieures. Je me sens plus dans cet état d’esprit, avec cette pression d’être sur le qui-vive, plutôt que dans la projection de l’arrivée. Devant il y a des vents de 45 nœuds avec une grosse dépression hivernale qu’il va falloir gérer. Jusqu’à l’arrivée je serai dans la gestion de l’instant.
Je vois bien que le bateau commence à avoir de l’usure. Le challenge c’est d’anticiper et bien maintenir le matériel. C’est ma responsabilité. La météo sur la fin de parcours sera virile. Il va falloir tenir et gérer de la grosse mer et du vent fort. Ma dernière angoisse, c’est le côté physique. J’ai été malade dans l’Océan Indien avec une grosse infection au genou que j’ai réussi à palier avec des antibiotiques. Avec la fatigue, tu peux te blesser. Après 40 jours où tu tires sur ton physique, tu as peur que ça lâche avec la fatigue. Après 40 jours, les manœuvres sont plus dures. A un moment donné, tu as peur de la blessure, de la tendinite. Tout cela tient aussi au mental. C’est cette partie qui fera sûrement la différence à la fin. »

 

Thomas Coville au large du Brésil avec 1500 milles d’avance

  • Thomas Coville évolue  à la hauteur de Rio de Janeiro, face au vent, le skipper est donc contraint de tirer des bords pour progresser vers le nord, avec une mer de face et des vents faibles de l’ordre d’une dizaine de noeuds. Il possède tojours une avance de près de 1500 milles sur le record.
    Par ailleurs, le marin a dû effectuer un demi-tour il y a une trentaine d’heures, pour se mettre vent arrière, et remettre en place un des chariots de mât.
    Il lui reste désormais moins de 5000 milles avant de rejoindre Ouessant et de boucler son tour du monde, le passage de l’équateur est prévu ce week end, entre samedi soir et dimanche matin.
    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

    Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :

    « Je savais que l’Atlantique serait difficile. Cette partie de l’Atlantique sud, il faut que je la gère, que je la contrôle, que je me contrôle. Je ne me repose pas du tout. Pour cette remontée, tu puises dans la réserve physique. Je n’ai que très peu de temps pour moi. J’ai sans doute empanné 30 fois lundi pour faire passer le gennaker (la voile d’avant qui mesure 380m²) devant l’étai, c’est un travail titanesque. Faire passer les voiles dans le petit temps est un effort colossal. Hier j’ai mis 2 heures 30 pour un changement de voiles d’avant qui pèsent entre 110 et 130 kg chacune.
    Je suis très généreux dans l’effort et à un moment donné tu le paies. C’est la même chose que lorsque je fais 150 kms à vélo ou 50 kms de course à pied ! Il faut que je gère ça. La générosité que tu as pour bien faire le truc, c’est aussi pour ça qu’on est en avance.
    Je serai plus serein dans deux jours si on arrive à passer le front froid. Et l’Equateur sera une autre porte de délivrance. On a eu beaucoup de réussite à l’aller, le retour est difficile. Je ne sais pas dans quel état je serai à l’Equateur. »

Thomas Coville dans les petits airs, départ possible demain pour Idec Sport

  • Thomas Coville fait face à un anticyclone au large des côtes sud américaines, qui ralentit sa progression vers le nord. Le skipper de Sodebo Ultim devrait retrouver un flux plus soutenu dans une douzainr d’heures qui lui permettra d’augmenter sa vitesse et de tirer des bords au large du Brésil.
    Thomas Coville, malgré ce ralentissement, conserve une avance confortable de plus de 1600 milles sur le record de Francis Joyon.

    © Yvan Zedda / Sodebo

    © Yvan Zedda / Sodebo

    A lire, l’interview du skipper sur Ouest-France, dans laquelle il revient sur son parcours.

  • Dix jours après son retour à Brest, le maxi-trimaran IDEC SPORT pourrait de nouveau quitter son quai dès demain pour une nouvelle tentative de Trophée Jules Verne.
    L’équipage mené par Franis Joyon est passé en code orange aujourd’hui, Sébastien Audigane remplaçant Boris Herrmann retenu par son projet IMOCA.
    Marcel Van Triest scrute les derniers modèles météos avant de lancer Francis Joyon et ses cinq équipiers autour du monde.

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

     

 

Thomas Coville passera le Horn dans la nuit

Thomas Coville franchira le troisième  et dernier cap de son tour du monde en solitaire cette nuit. Le passage du mythique Cap Horn marquera aussi le retour dans l’Atlantique et la fin des hostiles mers du sud.
Le skipper du maxi trimaran Sodebo Ultim’ devrait passer le Horn vers 4h00 cette nuit avec un nouveau record du Pacifique et par ailleurs  plus de trois jours d’avance sur le record de Francis Joyon.  Il franchira le Cap Horn en moins de 32 jours, soit un temps assez proche du temps du détenteur du Trophée Jules Verne (tour du monde en équipage, détenteur Banque Populaire V, en 30j 22h18m 48s).
 Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

 
Thomas Coville devra mener son multicoques dans des airs faiblissant de 10 à 15 nœuds en espérant accrocher une dépression qui l’emmènera vers le nord.
 

 

 

1200 milles d’avance pour Thomas Coville et le record de l’Indien en solitaire

Thomas Coville continue son tour du monde à très haute vitesse en ce 24ème jour, avec une avance de près de 1200 milles sur le record de Francis Joyon (soit plus de 2 jours). Il évolue actuellement à la longitude de la Nouvelle Zélande.

Il a de plus établi hier un nouveau record sur la traversée de l’océan Indien (entre le Cap des Aiguilles  et la Tasmanie) en 8 jours 12 heures 19 minutes (sous réserve d’homologation et de ratification par le WSSRC – World Sailing Speed Record Council). Il améliore ainsi le temps de Francis Joyon en 2007 de 23 heures et 47 minutes sur ce tronçon du tour du monde.

 Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Le skipper est désormais engagé sur le Pacifique, les prévisions envisagent un passage du Cap Horn dans une dizaine de jours pour Sodebo Ultim.