La dérive de BP5 amputée de 2,20m

Après avoir heurté un OFNI dans la nuit de mercredi à jeudi, l’équipage de Banque Populaire a pu faire un état des lieux plus complet de la situation, en sortant la dérive de 600kg de son puit, l’opération qui a pris environ trois heures a révélé que le choc a arraché 2m20 de la pièce immergée et confirmé la disparition de la crash-box.

Ramenée sur le pont, la dérive fait maintenant l’objet de toutes les attentions, quelques hommes d’équipage se relaient pour tenter une réparation, comme l’explique Pascal Bidégorry :

« Nous sommes arrivés dans la nuit sur une zone nous permettant de sortir la dérive sans trop de difficultés. La manipulation nous a pris près de trois heures pendant lesquelles nous nous sommes mis à la cape. Emmanuel Le Borgne en a « profité » pour plonger sous le Maxi Banque Populaire V afin d’évaluer d’éventuels dégâts sur les safrans et les fonds de coque. Sur ce point il n’y a rien de grave. Une fois la dérive sur le pont, nous avons constaté qu’il en manquait un morceau d’environ 2m20. Le choc a été tellement intense qu’il a carrément cassé le barreau structurel de la dérive. Actuellement, nous essayons de couper l’extrémité réduite en charpie mais avec les outils dont nous disposons, la chose n’est pas simple du tout. Nous y allons à la scie à métaux et à la perceuse. Une fois coupée, nous étudierons la possibilité de faire une stratification. Notre objectif est de fermer la partie basse de la dérive afin de la rendre étanche. Sans cela, avec la vitesse, elle continuerait à se délaminer ».

© BPCE

Ceci devrait prendre au minimum 24 heures, pendant lesquelles le trimaran évoluera à vitesse réduite :

« Nous naviguons sous solent avec 6 nœuds de vent et ce qui est sûr c’est que tout ça ne nous fait pas gagner de temps ! Nous espérons pouvoir mettre le gennaker assez vite mais pour le moment nous en avons besoin pour caler la dérive. Nous ferons tout pour aller au bout de notre démarche. Nous allons avancer heure par heure pour essayer de relancer de manière constructive l’histoire du Maxi Banque Populaire V avec le Trophée Jules Verne. Nous prendrons la décision qui s’imposera une fois que nous aurons tout tenté pour reprendre notre progression autour du monde dans des conditions normales de navigation et de sécurité. Mais pour le moment, nous continuons et face aux évènements, je me dis que j’ai vraiment beaucoup de chance de naviguer avec une équipe très solidaire, qui n’hésite pas à se remonter les manches dans l’adversité  ! ».

La suite de la tentative de Trophée Jules Verne semble assez compromise, la dérive est largement amputée, ce qui serait très pénalisant sur la remontée de l’Atlantique, qui plus est la dérive assure aussi la « sécurité » du safran de coque centrale, comme l’expliquait le skipper, le même choc sur le safran aurait entrainé une voie d’eau, la réparation s’annonce difficile mais l’équipage reste mobilisée pour mener à bien celle-ci, la décision sur un éventuel abandon sera prise ensuite.

Banque Populaire 5 heurte un OFNI

Le maxi trimaran de Pascal Bidégorry avait retrouvé de la vitesse depuis 48h après un passage difficile au large du Brésil et possédait plus de 400 milles d’avance sur le temps de référence, en évoluant sur une route sud au niveau du 45ème parallèle, ceci sans ménager le bateau ni les hommes comme l’expliquait le skipper :

 » On commence à avoir entre 30 et 35 nœuds de vent, on va être obligé de lofer un peu. Si on ne fait rien, il va à 40 nœuds et à cette vitesse on peut casser. Il faut tenir la bête ! Même avec deux ris on va à 40 nœuds. On diminue la toile petit à petit. La mer est super courte, même avec notre gros bateau on a fait deux ou trois « plantouilles »… autant vous dire qu’on a tout mis sur l’arrière. On se posait même la question de remplir les ballasts ».

© BPCE

Pascal Bidégorry était également inquiet pour la suite de la tentative, en raison de la présence d’icebergs sur la route  : « On ne parle que de la suite ! Je pense ne pas être loin de la réalité en disant qu’on est dans une situation difficile. Les seules routes qui pourraient nous faire passer dans un temps à peu près correct seraient des routes qui feraient du 55° 57°… Il va falloir trouver une solution. Je suis un peu perplexe pour la suite au niveau météo parce que j’ai bien peur que ce soit un peu compliqué. On sait qu’on a des glaçons par 45° pour les premiers. Il faudra avoir passé Bonne Espérance pour passer plus Sud ».

Malheureusement pour l’équipagede Banque Populaire 5, le trimaran a été victime d’une collision avec un OFNI la nuit dernière :

« Cette nuit, nous avons immédiatement ressenti l’effet du choc mais le Maxi Banque Populaire V ne s’est pas arrêté. En revanche, nous avons pris la décision de stopper la marche du bateau et de rouler les voiles. Nous avons passé une heure à la cape, mais dans la nuit noire, il n’était pas facile de se rendre compte des dégâts. Ce qui est sûr c’est qu’il manque un bout de la dérive et la crash-box est arrachée. »

L’équipage a mis le Maxi Banque Populaire V sur un flotteur dans la journée, afin de lever suffisamment la coque centrale et de vérifier l’évolution du problème, confirmant les premières inquiétudes du skipper.

« Nous avons constaté dans un second temps que le barreau de la dérive était cassé et qu’il manquait 40 cm de la dérive. Ainsi nous avons donc décidé de calmer un peu le jeu, de stabiliser notre vitesse à 25 nœuds et de laisser un minimum de dérive dans l’eau afin de ne pas aggraver les choses. Notre idée est de naviguer plus loffé qu’on ne l’avait fait pour être, demain au lever du jour, dans une zone avec moins de vent et moins de mer, afin de pouvoir lever les 600 kg de dérive et voir précisément ce qu’il en est. Mais nous maintenons un cap au Sud Est ».

Actuellement la trimaran navigue à un vingtaine de noeuds en direction d’une zone de calme, ce qui permettra de faire un état des dégâts plus complet. Mais il paraît d’ores et déjà difficile d’imaginer que l’équipage se risquera à mener le maxi-trimaran de 40m dans le grand sud après cette avarie.



Passage de l’Equateur pour l’équipage de Banque Populaire 5

L’équipage de Banque Populaire a vécu sa journée la plus lente depuis 6 jours hier, avec le passage du Pot au Noir, Pascal Bidégorry en sont sortis aujourd’hui retrouvant un régime de vent plus stable, avec en prime le passage de l’Equateur en 5 jours, 17 heures, 44 minutes, réalisant ainsi le second temps sur le tronçon Ouessant-Equateur.
Les extraits de la vacation :
Pascal Bidégorry : « C’est libératoire ! C’est toujours plus facile de faire du bateau quand il y a un peu de vent que quand il n’y en a pas du tout. Là on marche à 27 nœuds, on a entre 15 et 17 nœuds de vent. On est au vent de travers, avec la grand voile haute et le solent. Il y a encore quelques grains mais on est vraiment en train d’en sortir et je pense qu’on va bientôt trouver un ciel un peu plus établi, avec des nuages qui vont ressembler un peu plus à des alizés et un vent un peu plus stable. Ce qui est bien, c’est qu’on est dans le rythme. Maintenant, on n’en est qu’au début de l’histoire et on sait très bien qu’il y aura des moments d’euphorie parce qu’on aura un peu d’avance et des moments qui seront un peu plus délicats à vivre, parce qu’on aura du retard. Mais ça fait partie de la loi des records! »

Ce passage à niveau a sensiblement réduit l’avance du trimaran, avec ce soir et sur une route identique à celle de Groupama 3 une avance de 64milles.

Banque Populaire en avance aux Canaries

L’équipage du trimaran Banque Populaire 5 s’est élancé samedi midi à l’assaut du Trophée Jules Verne. Les deux premières journées de ce record ont été à l’avantage du trimaran géant par rapport à son adversaire virtuel Groupama 3, avec une avance de 177 milles au large des Canaries.

Banque Populaire 5 a compté jusqu’à 270 milles d’avance hier, grâce à une route directe et des vents soutenus (jusqu’à 40 noeuds), alors que Groupama 3 avait du multiplier les empennages au large du Cap Finistère, cette entrée en matière réussie a cependant été musclée, comme l’expliquait le skipper Pascal Bidégorry :  » Nous avons eu droit à une entrée en matière un peu costaud, avec jusqu’à 47 nœuds de vent dans une mer forte et courte en approche du Cap Finisterre. On a barré au dessus de 40 noeuds, il faut faire attention à ces vitesses-là ! Nous avons dû mettre tout le matos à l’arrière, il a même fallu mettre un peu de ballastes derrière, car le bateau avait tendance à planter un peu comme sur le record de la Méditerranée. C’était un peu tendu cette nuit, mais nous avons bien fait nos manoeuvres. »


L’équipage a pu conserver un flux soutenu aujourd’hui, le premier passage « difficile » s’annonce au niveau des îles de Cap Vert, les explications du skipper : « ça va un peu mollir en début de soirée mais nous devrions garder 18 nœuds de vent. On va avoir un premier empannage à faire dans le contournement de la dépression et une fois que le vent aura bien basculé, nous aurons un nouvel empannage. La transition au niveau du Cap Vert va être délicate. On va avoir des vents assez faibles. Je suis plus optimiste (concernant le passage de l’Equateur) qu’il y a 24h avec des fichiers qui étaient alarmants. Pour l’heure, à mon avis l’ETA à l’Équateur va tourner autour de 6 jours ».

 

Top départ pour Banque Populaire V

L’équipage de Pascal Bidégorry s’est élancé ce midi pour sa tentative de Trophée Jules Verne, après un long stand-by à Brest, pour battre le record, il leur faudra boucler leur tour du monde en moins de 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes ( soit le temps de référence détenu par les hommes de Groupama 3 depuis mars 2010), et donc être de retour avant le 11 mars 2010 à 18 heures 55 minutes 37 secondes.

© B. STICHELBAUT/BPCE

Les réactions de l’équipage au moment du départ :

Pascal Bidégorry, skipper : « On va partir avec du vent portant. On va faire le tour d’une dépression. En dessous de cette dépression on ne va pas se cacher que ce n’est pas extraordinaire. Toutes les secondes sur le record seront importantes. Il faut aller vite, il faut être clairvoyant. Il ne faut pas casser le moindre truc. Il faudra accepter éventuellement d’avoir du retard parce que la météo aura fait son choix.

Je suis impatient qu’on se retrouve sur l’eau parce que je pense qu’on le mérite bien. J’ai hâte que, demain matin, demain soir ou dans deux jours, on se dise : « ça y est, on y est ! ». Je pense qu’on est tous prêts depuis bien longtemps, maintenant il faut vivre tout ça. Je suis content de partir parce que ce stand by a quand même été un peu pénible et donc c’est libératoire tout ça. J’attends avec impatience de pouvoir me dire qu’on est dans le Trophée Jules Verne, ce pour quoi on travaille depuis quatre ans. Ce sera un petit instant de vie super agréable. Je suis également ravi de partir avec cet équipage, parce qu’indépendamment de leurs compétences sportives, ce sont vraiment de belles personnes et il y a une super ambiance à bord. C’est agréable de partager ça avec ces gens là et je me réjouis de vivre avant tout une belle histoire d’hommes. ».

Juan Vila, navigateur embarqué : « Finalement on peut partir et c’est une bonne sensation. C’est toujours une nouvelle expérience, il n’y a pas deux départs qui se ressemblent. Je n’ai pas forcément beaucoup dormi ces dernières nuits parce que j’ai beaucoup regardé les fichiers. En termes de sommeil, j’ai déjà le rythme du bateau.  On attend un départ au portant avec des vents de Nord-Est. Ensuite on va contourner une petite dépression au Nord des Canaries et après cette dépression il y a la transition vers les alizés. C’est d’ailleurs ce phénomène qui a déterminé notre choix quant à l’heure de départ de ce matin ».

Frédéric Le Peutrec, chef de quart et détenteur du Trophée Jules Verne :  » On ressent de l’impatience. Le moment qu’on attend tous c’est qu’on soit voiles hissées, sur le terrain, entre nous tout simplement. Ce qu’on attend, c’est de se retrouver en mer, au large de la pointe Bretagne face à la ligne et de se dire c’est maintenant, on part en route pour l’aventure. J’aurai forcément envie de dire quelque chose aux équipiers à ce moment là, je ne sais pas quoi encore, ça viendra spontanément. Sur ce nouveau Trophée Jules Verne, je pars chercher de l’intensité, de l’exactitude, du plaisir, la sensation de collectif, le partage d’une arrivée, quelques images, quelques photos, quelques trouilles aussi parce qu’on aime bien de temps en temps se faire peur. C’est un melting pot, mais évidemment ce qu’on attend au bout du compte c’est le succès ».


Thomas Coville, s’apprête également à s’élancer autour du monde, mais en solitaire, son départ était prévu ce week end, mais le skipper et sa cellule météo ont décidé de reporter celui-ci.

© Yvan Zedda-Sea&Co/Sodebo

Les explications du skipper :

« Depuis 48 heures, nous observons que l’ouverture que nous avions pour partir de Brest se dégrade et dans la réalisation de ce qu’il faut en faire en solitaire cela n’est pas acceptable aujourd’hui dans les temps que nous nous sommes fixés à l’équateur. Moins que le temps à l’équateur, la réalisation en terme de météo est très complexe en solitaire avec trois transitions sur lesquelles il ne faut pas se rater. L’incertitude en solo est bien plus importante qu’en équipage.
Nous sommes depuis vendredi dernier avec Sodebo à Brest, donc seulement depuis une semaine et on peut se permettre d’attendre. Dans la semaine qui vient, nous avons toujours cette fenêtre avec un enchainement qui pourrait être beaucoup plus favorable en solitaire, c’est pourquoi nous avons pris la décision de ne pas partir aujourd’hui. Nous décalons notre départ de quelques jours afin d’optimiser notre début de parcours.

Dans le cas de Banque Populaire, la réalisation est plus facile en équipage dans le sens où ils sont 14 à bord. Ils ont raison de partir et je suis heureux pour eux.
Je ne suis pas déçu, il y a deux mois j’arrivais de la Route du Rhum donc je ne suis pas en manque. Nous avons plutôt réussi à enchaîner techniquement la préparation des deux épreuves. Je ne suis pas déçu non plus car je sais ce qui m’attend si je partais aujourd’hui ! »


Banque Populaire en code orange

Le départ se précise pour l’équipage de Banque Populaire 5, en effet, l’équipe est passée en code orange, soit un départ possible pour le tour du monde dans les 72 heures.

Marcel van Triest, le routeur à terre du maxi trimaran détaille cette ouverture qui se profile devant les étraves du géant : « Nous avons connu depuis un hiver et demi une situation très atypique sur l’Atlantique Nord, rendant compliquée la possibilité d’arriver à l’Equateur dans des conditions correctes. Le problème avec ce genre de record est que la barre est de plus en plus haute et que nous nous devons donc de mettre un maximum d’arguments de notre côté. Aujourd’hui nous sommes face à une situation très différente des minuscules «trous de souris » que nous avons observé depuis le début du stand-by, avec tout d’abord un anticyclone sur la Grande Bretagne qui nous donne un flux d’Est dans le Golfe de Gascogne et donc une première partie rapide. Ensuite, nous avons une dépression qui se creuse sur les Açores et se déplace vers Les Canaries. Sa négociation est à affiner et pour l’instant nous étudions le bon timing, celui qui nous permettra de ne pas faire trop de détours. Enfin, nous regardons également l’évolution des Alizés qui pour l’heure nous donnent l’impression de se rétablir d’Ouest en Est. Les grands phénomènes sont au rendez-vous et c’est la première fois que nous nous trouvons devant une large fenêtre. A nous de chercher dans les quatre ou cinq jours « d’ouverture » le meilleur moment pour partir, l’enchaînement idéal ».


Le skipper, Pascal Bidégorry est évidemment satisfait de cette opportunité météo après plus de deux mois de stand by pour le Trophée jules Verne : « On avait décidé depuis le début de saisir la moindre opportunité qui s’offrirait à nous et je suis forcément ravi qu’elle se présente, enfin ! Je suis très content de changer de mode ! C’est très bien que l’histoire concrète démarre et nous allons l’écrire au mieux. 48 jours pour un tour du monde c’est à la fois long et court. Le parcours est semé d’embûches, surtout avec ces maxi bateaux de records. Je suis très heureux de retrouver les navigants. L’attente a été longue et tout le monde est resté concentré sur l’objectif. Je me dis que ça va être vraiment bien d’être sur l’eau avec toute cette équipe. J’ai juste hâte qu’on ait un peu plus de visibilité sur la fenêtre afin de confirmer qu’au delà du fait qu’elle soit viable, elle soit aussi sportivement constructive pour démarrer notre aventure ».

Sodeb’O en stand by à Brest

Deux mois après la Route du Rhum et après un chantier, Sodeb’O a rejoint Brest pour le début de son stand by.

L’objectif de Thomas Coville est de battre le record autour du monde en solitaire détenu par Francis Joyon, reste à attendre une fenêtre météo pour s’élancer autour du monde, la problématique est la même pour son voisin de ponton, Banque Populaire 5 qui est amarré dans le Port du Chateau depuis plus de deux mois.

A lire sur Ouest France, les interviews de :

Pascal Bidégorry, skipper de Banque Populaire 5, qui évoque ce stand-by et un possible départ dans la semaine

Fred le Peutrec, détenteur du Trophée Jules Verne sur Groupama 3 et chef de quart sur Banque Populaire 5

Départ possible pour Banque Populaire 5

Le team Banque Populaire a annoncé aujourd’hui son passage en code orange pour le Trophée Jules Verne, c’est à dire un départ possible demain, cependant la fenêtre n’est pas idéale et l’équipage qui se réunit ce soir à Brest décidera du départ ou non en concertation avec les routeurs.

Ronan Lucas, Team Manager du Team Banque Populaire  :  » Nous surveillons une fenêtre depuis plusieurs jours. Cette fenêtre qui présentait un scenario intéressant consistait en une dépression qui devait se déplacer vers les Canaries et qui nous permettait de profiter de ce vent fort pour descendre vers l’équateur, avec un peu d’Alizés et dans des temps inférieurs à 6 jours. Or depuis hier soir cette dépression ne vient plus aussi rapidement vers les Canaries ce qui nous oblige à faire plus de route pour toucher les vents portants de cette dépression. De plus le vent entre cette dépression et l’équateur commence nettement à s’affaiblir. Donc si cela reste tel quel, nous accumulerions dès le début trop de retard. Il est donc possible que nous décidions de ne pas prendre le départ, car la fenêtre n’est pas, à l’heure actuelle, celle que nous attendons. Néanmoins il reste encore un espoir de retrouver le scenario d’hier et de passer en code vert. C’est pour cette raison que nous serons tous à Brest ce soir pour étudier les derniers fichiers météo et prendre une décision. Ce qui est sûr, c’est que nous avons tous très envie de partir ».


A lire :

– L’interview du skipper Pascal Bidégorry sur Sports.fr

-L’interview de Fred Le Peutrec, chef de quart et barreur sur Voile-Multicoques.com

Fred Le Peutrec : « J’ai rêvé d’une Coupe en multicoque »

Fred Le Peutrec a de nouveau accepté de répondre aux questions de Voile-Multicoques, apportant un éclairage sur sa nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne, sur la Coupe de l’America etc.

Tu es déjà détenteur du Trophée Jules Verne avec l’équipage de Groupama 3 depuis l’hiver dernier ; qu’est ce qui t’as poussé à repartir sur une nouvelle tentative cette année avec Banque Populaire ?

 

C’est tout simplement ce genre de navigations, qui sont très rares, associées à des bateaux comme Groupama 3 ou Banque Populaire V qui sont des protoypes uniques, donc j’en profite pendant qu’il y a des bateaux qui sont armés pour ce type de navigations.

 

 

Mais aussi parce que Pascal (Bidégorry) me l’a proposé. Après être revenu avec Groupama je me disais qu’il était dommage d’imaginer que je ne serai peut être plus amené à revivre un tour du monde sur ce type de bateaux, parce qu’évidemment des projets comme le Jules Verne avec des bateaux construits uniquement pour ça sont des projets coûteux et de longue haleine.

Je ne vois pas un projet naître rapidement après celui de Banque Populaire, donc je n’ai pas hésité longtemps après la proposition de Pascal.

 

Quels sont les différences entre ces deux maxis trimarans (Banque Populaire V et Groupama 3) ?

 

Banque Populaire 5 est un peu plus grand , un peu plus lourd, il a plus d’inertie, le bateau demande donc plus d’anticipation, plus de bras, avec des temps de manoeuvres un peu plus longs que ceux de Groupama 3.

BP5 a un gros potentiel, comparable si ce n’est un peu supérieur, au moins pour ce qui est d’entretenir une vitesse moyenne, c’est un bateau plus constant en vitesse que ne l’est Groupama 3, sans doute par un effet de masse et de longueur associée.

Le bateau a certes moins navigué, mais comme le cabinet d’architecture (VPLP) et de calcul de structures sont les mêmes, toutes les évolutions et les constats de faiblesse de Groupama 3 ont été transféré à Banque Populaire, le bateau a donc bien évolué depuis sa mise à l’eau même s’ il y a eu moins de navigations accumulées qu’avec Groupama 3.

 

 

Concernant le comportement à la mer du trimaran et les performances pures, j’ai du mal à en juger, il faudra attendre d’être en « situation réelle » .

Dans peu de vent et de mer, le bateau avance très convenablement, il n’y a pas de quoi rougir ou avoir un blocage psychologique par rapport aux performances de Groupama.

Dans le contournement d’anticyclones, je ne pense pas que le bateau soit aussi arrêté que ce que je pensais l’année dernière, bien évidemment ceci repose sur des valeurs relatives, il n’y a jamais eu de bord à bord avec Groupama 3,

Est ce qu’on se permettra de passer dans une mer plus formée, un peu plus vite avec ce bateau, là où nous étions « limites » avec Groupama 3 ?

Cette hypothèse reste à prouver, solliciter le bateau sur un tour du monde est toujours difficile étant donné qu’il s’agit d’une épreuve de longue haleine.

 

© Yvan Zedda

 

Le bateau est un peu plus haut sur l’eau, le cockipt plus protégé, Banque Populaire 5 sera-t-il plus « confortable » que ne l’était Groupama 3 pour un tour du monde?

 

Vraisemblablement, la hauteur du bateau et les protections de cockpit vont dans le sens d’un peu plus de confort, ce qui nous permettra peut être d’attaquer un peu plus, mais le confort est très lié à la vitesse.

Comme ce sont des bateaux très rapides, il paraît justifié de se protéger parce que c’est sollicitant, mais ça ne sera jamais le confort d’un 4 étoiles.

 

Le multicoque revient sur le devant de la scène avec le passage de la Coupe de l’America sur des catamarans, penses-tu que ceci va relancer le multi (MOD, Multi 50′, Extreme 40, support olympique…) ou au contraire focaliser les teams autour de ce seul événement ?

A mon sens, ceci va surtout faire venir des gens aux multis, alors qu’ils étaient depuis longtemps concentrés sur un système de monocoques, je pense qu’une fois qu’ils auront mis le pied à bord, ils auront du mal à en débarquer.

L’épreuve reine médiatiquement et financièrement parlant devenant une épreuve en multicoques profitera à tout le monde, et peut possiblement favoriser le retour des multicoques aux Jeux Olympiques. Ce passage de la coupe de l’America au multi rendrait encore plus illégitime le fait de ne plus avoir de support multicoque aux JO.

 

© Gilles Martin Raget

 

 

Le fait que des marins formés à la Coupe de l’America depuis des années, et qui sont les vraies notoriétés mondiales de la voile, passent au multi va les convaincre définitivement, j’en ai fait l’expérience avec Grant Dalton sur The Race, il n’avait de cesse de dire à l’arrivée que c’était la plus belle navigation autour du monde qu’il ait faite.

Autant ils avaient peut être une réticence à venir dans un système qui avait évolué en France et dans lequel ils se sentaient probablement en retard, autant là, le multi va vers la Coupe et rejoint leur système avec de grosses équipes, du match racing etc. Selon moi, c’est un pas plus facile vers le multicoque pour eux.

 

Pour la course océanique, les Multi 50′ se développent en ce moment, le MOD pointe le bout de son nez, on verra comment ces séries vont se stabiliser, mais je pense que ceci sera favorable aussi pour ces bateaux,

Ce support permet d’entrevoir une autre manière de naviguer, d’utiliser la météo différemment, tout ça est logique, la voile reste un sport mécanique, je ne vois pas quel pilote auto ne rêve pas un jour de faire de la F1.

 

Que penses-tu des gréements des futurs AC72 et AC45 (des ailes rigides) ?

 

En terme d’aérodynamique, les ailes sont magnifiques, les bateaux qui en sont pourvus sont ceux qui sont les plus pointus à régler, les plus efficaces en rendement par rapport au vent.

On l’a vu lors la dernière coupe avec des vitesses réelles atteintes jusqu’à cinq fois la vitesse du vent pour BMW Oracle, dans des vents faibles, c’est colossal, c’est forcément beaucoup de finesse, de technologie, de plaisir, de précision, de développement et de mise au point.

 

 

© 34th America's Cup

 

Malgré tout les ailes rendent l’utilisation du bateau complexe, parce qu’il faut mâter/démâter tous les jours, ceci demande une logistique assez lourde, et donc du temps et des moyens pour développer plusieurs ailes, bien évidemment,

 

C’est intéressant, j’imagine que les voiliers ne sont pas forcément contents, d’un point de vue technologique les voiliers seront magnifiques, au sens propre, avec beaucoup de finesse, de légèreté, de précision, d’aisance.

 

 

Tu fais partie des spécialistes du multicoque, as-tu déjà des contacts avec d ‘éventuels teams pour cette 34ème Coupe de l’America ?

 

Des contacts directs non, j’ai des connaissances qui font partie des équipes, avec lesquelles elles sont en train d’établir un plan d’attaque, et je sais que de temps en temps elles pensent à moi, je sais qu’il n’y a rien d’acté.

Je suis plutôt concentré sur mon tour du monde avec Banque Populaire et on verra après.

 

D’ici là les équipes seront un peu plus organisées. Cela me plairait beaucoup de participer à un projet, dans un rôle proche de la performance, de la barre, ça représente une synthèse entre tout ce que j’ai fait.

 

J’ai rêvé d’une Coupe en multicoque, parce qu’originellement, c’est un défi entre deux bateaux les plus rapides de la planète, le système avait évolué par la force des choses vers quelque chose d’un peu archaïque avec des bateaux qui valaient des fortunes pour déplacer le plus vite possible 23 tonnes de plomb. Tout ça ne me paraissait pas cohérent avec la Coupe et encore moins avec ce que l’on vivait dans les grand prix en championnat ORMA, lorsque l’on était entre 11 et 13 bateaux au départ, ce qui me paraissait plus prometteur que la Coupe sur des ACC à l’époque.

 

Ma vision de la coupe ce sont des bateaux ultimes, très rapides, très efficaces pour faire de la régate, et le catamaran,dans la version qui a été retenue le sera forcément, j’en suis donc très content.

Je pense aussi que ça remettra le multicoque en selle pour les jeux (ce qui est quasiment assuré suite à une décision de l’ISAF qui prône le retour d’un catamaran de sport à équipage mixte).

 

 

Tu participais au Championnat Julius Baer l’année dernière sur le D35 SmartHome, il semble que les bateaux seront amenés à courir quelques épreuves en Méditerranée, que penses-tu de cette évolution ?

 

Ce ne sont certes pas des bateaux faits pour les grosses vagues, mais il y beaucoup de plans d’eau qui peuvent les accueillir en été. Le bateau navigue correctement avec un ris-solent jusqu’à 22-23 noeuds, il y a donc une possibilité de faire des régates en mer.

 

 

Tes projets pour l’année prochaine ?

 

Au retour de Groupama 3 l’année dernière, j’avais envie de régates au contact, je pense que ça sera encore plus le cas après le Jules Verne avec Banque Populaire, les projets viendront donc en fonction des opportunités qui me seront offertes.

Les systèmes qui existent actuellement, que ce soient les circuits Extreme 40 ou D35, s’inscriront forcément dans le programme des équipes qui participeront à la Coupe, pour faire naviguer les marins, les habituer au multicoque, apprendre des réflexes de positionnement tactique, de barre, de réglages etc.

Je pense que ces deux circuits verront arriver des équipages de Coupe de l’America l’année prochaine.

Il y aura aussi l’AC45, mais je pense que la plupart ne se priveront pas de venir naviguer le plus tôt possible sur les séries qui existent déjà, on l’a vu avec les néo-zélandais qui ont participé à la dernière étape des Extreme Sailing Series.

L’ex Enza chavire

L’ex Enza, sur lequel Peter Blake et son équipage avaient décroché le Trophée Jules Verne a chaviré cette nuit à 130 milles au sud ouest de Penmarc’h.

Le catamaran est désormais propriété de  Tony Bullimore, et nommé Spirit od Antigua. Sept hommes d’équipage se trouvaient à bord, ils s’entrainaient dans le Golfe de Gascogne afin de préparer une tentative de record autour de l’Antarctique, les marins ont été hélitreuillés par un hélicoptère de la marine.

Les conditions semblaient maniables avec vingt noeuds de vent et une mer calme, le bateau aurait chaviré suite à une rafale.