L’équipage du Trophée Jules Verne dévoilé

La liste des quinze hommes qui s’attaqueront au Trophée Jules Verne, détenu par Franck Cammas et son équipage sur Groupama 3, a été dévoilée par Pascal Bidégorry, le skipper du maxi trimaran de 40m Banque Populaire V.

Quelques changements notables au sein de cet équipage avec l’arrivée de Juan Vila, ancien membre du team Alinghi, qui officiera en tant que navigateur, Brian Thompson, barreur régleur, qui a deux tours du monde en multicoques à son actif (Cheyenne en 2004, Doha en 2006) et un Vendée Globe en 2008, Fred Le Peutrec, grand spécialiste du multicoque (Tornado, ORMA, maxi trimaran) passe du team Groupama à celui de Banque Populaire où il sera chef de quart.

A lire, une interview de Pascal Bidégorry expliquant le chois de ces nouvelles recrues sur le Télégramme.

Le trimaran sera en stand by pour le Trophée Jules Verne à partir du 1er novembre.

Banque Populaire V remis à l’eau

Le maxi trimaran Banque Populaire V a été remis à l’eau hier à Lorient, après un chantier estival de sept semaines, suite à la tournée méditerranéenne. L’occasion pour le team de  renforcer la structure du bateau en vue du tour du monde prévu cet hiver.

Les premières navigations sont prévues la semaine prochaine, Pascal Bidégorry, le skipper du bateau livre ses impressions après ce chantier :  » Nous avons travaillé sur de petits points concernant la fiabilité du bateau, même si honnêtement nous n’avons rencontré aucun problème lors de du Record de la Méditerranée qui s’est fait dans des conditions musclées ainsi que dans les navigations lors de la tournée méditerranéenne. Nous allons vite pouvoir naviguer et ça c’est un réel plaisir ».

A découvrir

A lire :

  • Interview Fred Le Peutrec par Olivier Clerc de  Ouest France, le récent détenteur du Trophée jules Verne avec l’équipage de Groupama 3 revient sur le tour du monde, l’ORMA, le MOD 70, l’America’s Cup, les circuits D35, Extreme 40, les G Class…. au cours de cet entretien très complet.
  • Des résumés de la conférence l’Avenir du  multicoque qui s’est tenue à Lorient il y a une semaine, sur le blog de Sensation Sailing Team qui  et sur MonsieurJojo.net

A voir :

  • Résumé du Trophée Jules Verne victorieux de l’équipage de Groupama 3 en 13 minutes sur Sailing News
  • Au salon du multicoque de Lorient, VoilesetVoiliers.com dévoile le 60′ ORMA de croisière : Pardaoxe 60, construit dans les moules de Fujifilm par le chantier Marsaudon (en fin de vidéo, à 5:03)

A lire, à voir

Quelques interviews post Jules Verne à découvrir :

  • Franck Cammas, interrogé par Axel Capron pour Sports.fr, qui revient sur ce tour du monde mais aussi sur l’engagement de Groupama sur la Volvo Ocean Race et sur la Route du Rhum qu’il disputera en solo sur Groupama 3.
  • Lionel Lemonchois, de nouveau sur Sports.fr, qui disputera lui aussi la Route du Rhum, dans la catégorie Multi 50′

Bruno Peyron , interrogé par Manon Borsi pour VoilesetVoiliers.com, à propos de The Race 2, le baulois dévoile ses projets pour l’ex Orange 2, les différentes « classes » susceptibles de participer à la course, la concurrence des MOD 70 et l’éventuel lancement d’une classe G100 (basée sur le modèle de la classe A100 développée par l’Oman Sail).

A voir, quelques projets :

  • l’Extreme 90, de Tornado Sport, catamaran de 90′ à foils, avec aile rigide, sorte d’hybride entre les deux multicoques ayant disputé la 33ème Coupe de l’America, imaginé suite à ce duel entre les 2 géants, et ayant donc peu de chances de voir le jour. A voir ici

  • Le M32, par Marstrom, catamaran à dérives courbes/foils, destiné au raid côtier, et transportable en container de 40′.

Le Trophée Jules Verne pour l’équipage de Groupama 3 !

Après deux tentatives avortées sur casse (en 2008 et 2009), Franck Cammas et ses hommes : Fred Le Peutrec, Stève Ravussin, Lionel Lemonchois, Thomas Coville,  Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff, Bruno Jeanjean, Jacques Caraës et Stan Honey ont décroché le Trophée Jules Verne hier à 22h40 en franchissant la ligne d’arrivée de leur tour du monde.

L’équipage de Groupama 3 a effectué le tour du monde à la voile en  48 jours 07 heures 44 minutes, améliorant l’ancien record d’Orange II de 2 jours, 8 heures 35 minutes.

Cette tentative n’aura pas été de tout repos  pour ces 10 hommes, puisqu’ils ont rencontré à plusieurs reprises des conditions météo difficiles notamment entre le Cap Horn et l’Equateur avec un gros retard à combler, l’expérience de cet équipage, la fiabilité et les capacités du bateau ont permis aux 10 marins de décrocher le record le plus prestigieux et le plus difficile : 22 tentatives en 17 ans et seulement 7 succès.

Groupama 3 a donc parcouru les 21760 mn (route orthodromique soit la distance « officielle »)  à la vitesse moyenne de 18.76 noeuds. Sur le fond, Groupama 3 a parcouru 26830 milles nautiques à la moyenne de 23.13 noeuds.

© Yvan Zedda / Marine Nationale

Les réactions d’anciens détenteurs du Trophée Jules Verne :

Olivier de Kesauson :
« Bravo pour cette performance extraordinaire… Bravo pour n’avoir jamais baissé les bras ! Bravo pour avoir construit à leur tour, dans l’esprit de la plus belle et de la plus audacieuse des épreuves au Monde, une histoire magnifique. Bienvenue à Franck Cammas et à son exceptionnel équipage dans le Club des détenteurs du Trophée Jules Verne. »

Message de Bruno Peyron :
« Bravo à toute l’équipe de Groupama pour ce parcours exemplaire autour du monde. Je sais la somme de compétences, d’efforts et d’engagement nécessaire à un tel résultat : le design team, l’équipe technique, l’équipe météo, l’équipage et aussi le sponsor dont il faut saluer la détermination et qui a su faire confiance à son équipe y compris dans les moments difficiles. Tous méritent ce succès construit avec méthode. Ils écrivent ainsi, ensemble, une nouvelle belle page de l’histoire du « Trophée Jules Verne ».
Je suis fier d’avoir été battu par la meilleure équipe de multicoque océanique actuelle et j’ai hâte de relancer notre équipe pour la « reconquête ».
Je leur souhaite de devenir la meilleure équipe en monocoque dans la VOR et j’espère qu’ils viendront nous rejoindre sur la ligne de départ de The Race II. En tout cas c’est un défi que je leur lance, non plus par chronomètre interposé mais … bord a bord ! »

© Yvan Zedda

Et celles de l’équipage du trimaran Groupama 3 :

Franck Cammas :
«Une joie immense ! Je crois qu’avoir mis tant d’énergie et de temps sur ce projet et arriver au bout, c’est super. C’est le travail acharné d’une équipe et de notre partenaire Groupama qui n’a jamais lâché le morceau. C’est super que ça se termine de cette façon. La clé, c’est que quand il y a des échecs, il faut les utiliser, car c’est l’expérience, la connaissance et la fiabilisation du bateau. C’est ce qu’on a prouvé aujourd’hui. C’était beaucoup plus intense que je l’imaginais, mais on aime ça et évidemment c’était 50 jours d’émotions extrêmement fortes. On avait confiance dans notre bateau et dans le concept de trimaran. C’était une « dream team » et c’est une somme d’expériences et de talents. Parfois il fallait que je tranche avec mon feeling parmi les idées de tout le monde. J’ai appris énormément : c’était super. L’image qui restera, c’est le passage du cap Horn. On était comme des gamins…»


© Yvan Zedda

Fred Le Peutrec :
« Ce Trophée, c’est un mélange de choses, une sorte de fondu enchaîné entre ce que j’ai eu envie de vivre quand j’étais gamin et la réalité ! J’ai toujours l’impression que ce sont d’autres qui l’ont fait, d’être désincarné, que ce n’est pas moi qui y était… Une émotion débordante, un moment hors du temps. Je l’ai rêvé en voyant les autres équipages partir et revenir. C’est concret et en même temps fuyant. Le parcours de Groupama 3 depuis trois ans a tout de même été semé d’embûches : décrocher le Trophée de cette manière, sur le fil du rasoir, dans les derniers jours de mer, alors que nous avions failli ne pas partir, c’est magique ! »

Lionel Lemonchois :
« Arriver à Brest, c’est toujours génial ! On a fait du mieux qu’on a pu et c’est passé sur la fin. Super ! On a eu des conditions très variées et pas toujours favorables, et celui qui arrivera à enchaîner les bons systèmes météo d’un bout à l’autre, fera un carton… Mais je ne sais pas si cela est possible. Ce qu’il faut, c’est être constant, naviguer bien en permanence, et avoir un bon bateau : c’était vraiment le cas avec Groupama 3. L’équipage était super et cela rend les choses faciles : chacun était à sa place comme ce fut le cas avec Bruno Peyron. Ce qui est essentiel et motivant, c’est de monter une belle équipe et Franck Cammas a parfaitement réussi son casting ! 48 jours de mer, à dix enfermés dans un huis clos, ce n’est pas anodin : ce n’est pas que de la technologie, c’est d’abord du rapport humain. Le bateau était vraiment facile : c’est un petit voilier de 32 mètres ! À trois sur le pont, on pouvait presque tout faire. Avec des moments inoubliables comme lorsque nous avons piqué sur le cap Horn à plus de 40 noeuds, sous un ciel de traîne et huit mètres de creux… 48h extraordinaires. »

Thomas Coville :
« On avait fait une première tentative, on avait cassé, on s’était arrêté à Cape Town. On sentait qu’on avait un groupe très fort, capable de se remettre en place dans des conditions pas forcément évidentes et faciles. Il y avait une véritable audace et une vraie envie d’en découdre. Un tour du monde, c’est quelque chose de global, c’est un raisonnement de terrien de vouloir le découper en morceaux ! On s’est fait un reaching vraiment poussé avec Stève Ravussin. On était rentrés dans l’euphorie… Le bateau volait littéralement et les gars sont sortis sur le pont pour nous demander si on n’était pas sur une autre planète ! Il avait la banane… Moi j’étais ailleurs… C’était fabuleux ! »

Loïc Le Mignon :
« Sur la fin, c’était assez long car on n’a pas eu des conditions faciles depuis les Açores. On a eu des coups de mou, mais on avait un bateau polyvalent et formidable, en gagnant du terrain, on repartait de l’avant et le moral avec ! On n’a pas eu peur jusqu’au bout, mais ce n’était pas acquis ! Ce n’était pas facile, mais on a grappillé du temps sur la remontée. On a eu pas mal de plaisir ! »

Bruno Jeanjean :
«La plus belle image, c’est celle de l’arrivée, avec le record à la clé, le public brestois et le beau temps de Bretagne. Surtout que moi, c’est mon premier tour du monde, je n’ai pas l’habitude d’avoir tout ça autour, c’est très agréable ! »

Steve Ravussin :
«Cela fait toujours plaisir d’arriver, d’autant plus au bout de 50 jours. On est content, avec un public et un beau temps, c’est vraiment super sympa. On était une super équipe, soudée, on est content d’être sur ce bateau qui va toujours très, très vite. »


Groupama 3 en route pour le record

Après avoir passé l’équateur avec 26 heures de retard sur le temps d’Orange 2, Franck Cammas et ses hommes ont retrouvé des conditions favorables, le Pot au Noir a été avalé sans problème par l’équipage du maxi trimaran qui accrochait la bordure de l’anticyclone des Açores et retrouvait des vitesses élevées. Le 16 mars, le retard de Groupama se transformait en avance, le franchissement d’une dorsale anticyclonique redoutée la nuit dernière a de nouveau été assez favorable et le multicoque a pu faire route vers le nord pour s’extraire de cette zone, commel’explique le skipper : « On a retrouvé le vent avec le sourire parce que c’était encore assez délicat mardi à proximité de l’axe d’une dorsale. Les fichiers météo nous laissaient entendre que nous pouvions être mangés par les brises faibles de ces hautes pressions et rester bloqués de longues heures, voire des jours ! En fait, la nuit a été plus ventée que prévu et nous avons pu nous échapper par le Nord. Maintenant, il nous faut gérer une dépression avec laquelle nous allons jouer jusqu’à l’arrivée, j’espère… Ce sera venté avec pas mal d’empannages à faire. D’ailleurs, nous attaquons notre première manoeuvre en ce moment. Le ciel est devenu plus gris : c’est un temps breton, mais la température est encore assez élevée. »

© Team Groupama

Les hommes de Groupama ont ensuite pu se positionner en avant d’un font froid qui permet de naviguer à des vitesses de l’ordre de 30 noeuds, il faudra cependant enchainer les empannages pour rester dans le sud de ce système afin d’éviter des conditions de mer trop fortes.

Groupama 3 compte désormais plus de 590 milles d’avance sur le record, sur une route plus directe que celle d’Orange 2 en 2005, les estimations d’arrivée prévoient un passage de la ligne au large d’Ouessant entre samedi matin et samedi soir soit un tour du monde en environ 48 jours, ce qui permettrait aux hommes de Groupama3 de s’emparer du Trophée Jules Verne.

A lire : une interview de Bruno Peyron par Philippe Elies du Télégramme concernant cette tentative de Trophée Jules Verne.

Groupama 3 passe l’équateur avec une journée de retard sur le temps d’Orange II

Franck Cammas et ses équipiers ont passé l’équateur ce matin après 41 jours 21 heures 9 minutes de navigation depuis le départ de ce Trophée Jules Verne. Le trimaran compte donc  26 heures de retard sur le temps de référence d’Orange II.

Les hommes de Groupama 3 ont connu une semaine difficile depuis leur passage du Cap Horn, puisque leur avance de 175 milles au passage de la pointe sud américaine a fondu, pour rapidement se transformer en retard, en effet le multicoque n’a pas pu remonter le long des côtes sud américaines du fait d’un anticyclone. Lorsque le trimaran a pu reprendre une route plus directe, celle-ci s’est faite au près dans des vents faibles à modérés, obligeant l’équipage à tirer des bords pour se sortir de ce système météo.

Depuis vendredi les conditions se sont améliorées puisque le trimaran navigue désormais dans les alizés, cependant le retard reste important : 400 milles, cependant équipage et routeur restent optimistes sur leurs chances de battre le record, comme l’explique Sylvain Mondon, routeur à terre dans une interview à Voiles et Voiliers.

Groupama 3 a doublé le Cap Horn

Franck Cammas et ses équipiers sur le trimaran ont doublé le Cap Horn aujourd’hui, à 18h30.

L’équipage fait donc son retour dans l’Alantique, en conservant une avance de 175 milles (soit 9 heures) sur le temps de référence d’Orange 2. Malgré tout cette avance devrait fondre dans les jours  à venir puisque le trimaran va naviguer au près le long des côtes de la Patagonie, comme l’explique Franck Cammas : « On va passer le cap Horn avec une très petite vitesse, la plus petite qu’on a pu faire depuis plusieurs semaines ! Ensuite ce sera du près et on va perdre pas mal de temps par rapport au temps de Orange 2 : j`espère qu’on récupérera ça plus tard. On sent qu’on attaque le dernier tiers du parcours et c’est assez excitant pour les régatiers que nous sommes. Il y a vraiment du jeu. On va perdre notre avance dans les heures à venir, mais j’espère que ça reviendra vite. Il y aura un beau suspens jusqu’à la fin ! « 

© Team Groupama

Reste 7000 milles et environ 18 jours aux hommes de Groupama 3 pour décrocher le Trophée Jules Verne.

L’équipage de Banque Populaire V renonce au Jules Verne….pour cette année

Pascal Bidégorry, skipper du maxi trimaran Banque Populaire V a annoncé hier que son équipage renonçait au Trophée Jules Verne cette saison étant donné la dangerosité d’un départ tardif.
Les explications de Ronan Lucas, directeur du Team :  » La déception est immense même si ce n’est que partie remise. Jusqu’à mi-décembre nous étions assez exigeants, et nous cherchions une fenêtre qui nous amenait au moins à égalité avec le temps d’Orange 2 au Cap de Bonne Espérance. Nous avions trois mois devant nous et il était normal d’espérer avoir mieux en termes de conditions météo et de mettre toutes les chances de notre côté pour terminer le tour d’une part mais aussi pour réaliser une performance sportive d’autre part. Ensuite nous avons surveillé la moindre opportunité, même sur une fenêtre moyenne, tant nous avions envie de partir, mais aucun créneau ne s’est présenté, sauf des scénarii « casse bateau », et ça il en était hors de question. Nous n’avons pas voulu partir ni dans un esprit « on y va, on verra bien », ni avec des fenêtres « quitte ou double ». Le fait de s’élancer avec une fenêtre pouvant se fermer prématurément dans l’atlantique était risqué, car une fois partis il aurait été impossible de saisir une éventuelle fenêtre moyenne à favorable après. Nous avons la responsabilité de ce projet et nous ne voulons pas le mettre en péril. Ce qui est difficile, c’est que nous étions tous convaincus que nous aurions l’opportunité de partir même avec une fenêtre moyenne, mais que rien de tel ne s’est présenté depuis le 15 décembre. Le bateau a été mis à l’eau il y a un an et demi, le projet est encore très jeune et nous avons la chance d’avoir du temps devant nous et d’être en campagne de records jusqu’en 2012″.

A lire également, une interview dePascal Bidégorry pour leTélégramme.

Conditions difficiles pour Groupama 3

Après quelques jours fastes au début de l’océan Pacifique, l’équipage de Franck Cammas doit à nouveau composer avec une situation météo complexe; en effet une dépression créant des vents très soutenus se déplaçait sur la trajectoire du maxi trimaran.
La route du multicoque s’est donc incurvée vers le nord est pour éviter le centre de la dépression, en s’écartant de la route directe les hommes de Groupama ont certes trouvé des conditions plus maniables, mais tout de même musclée,mais ils ont surtout vu leur avance sur le record fondre, passant de plus de 550 à 22O milles.

© Team Groupama

La situation ne s’annonce pas meilleure à l’approche du Cap Horn, avec un vent mollissant et une mer encore formée, commel’explique le skipper de Groupama 3 :
« Le soleil est en train de se lever : nous avons tout de même gagné pas mal de milles dans l’Est et le jour commence plus tôt. Depuis cinq heures, le front s’est bien approché et le vent est très instable en force : on a réduit à trois ris dans la grand-voile et trinquette… Il y a des rafales à quarante noeuds et nous sommes obligés de naviguer sous-toilé. Heureusement, la mer n’est pas trop mauvaise et le bateau ne force pas trop. Le front va passer sur nous bientôt et nous allons empanner, direction Sud-Est vers le cap Horn. Le vent va alors progressivement mollir et nous devrons renvoyer de la toile : c’est le programme de cette fin de journée… On est de plus en plus affûté sur les manoeuvres, mais nous restons toujours très prudents pour ne pas casser du matériel : c’était la première fois que nous prenions le troisième ris depuis le départ de Ouessant ! Nous n’avons jamais eu autant de vent sur ce tour du monde… Et c’est plutôt désert en ce moment : il y avait encore des albatros hier, mais aujourd’hui, plus personne. C’est grand, le Pacifique ! Surtout que nous avons fait beaucoup de chemin : le temps passe plus lentement. Et c’est un océan qui n’a pas été facile, au contraire de l’Indien.
Le vent que nous allons essayer de garder derrière cette dépression va avoir tendance à partir devant nous. Nous risquons de devoir prendre une route atypique qui nous ferait passer très loin dans le Sud du cap Horn pour continuer vers l’Est pendant 24 heures supplémentaires dans les mers du Sud : il y a un anticyclone entre la Terre de Feu et les Falkland qu’il faudrait contourner… Autre possibilité : raser l’Amérique du Sud, mais nous aurons à affronter du vent contraire et fort ! Nous choisirons demain mercredi… Nous n’allons peut-être pas pouvoir faire des photos du cap Horn. »