925 milles d’avance pour Thomas Coville

Thomas Coville poursuit sa descente de l’Atlantique Sud à haute vitesse en contournant l’anticyclone de Sainte Hélène. Il possède ce soir 925 milles d’avance sur le record de Francis Joyon.
Le skipper devrait franchir le Cap de Bonne Espérance ce week end de nouveau en un temps record.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

La route s’annonce cependant compliquée, puisque le marin devra enchainer les empannages  dans un couloir étroit d’environ 80 milles de large entre l’anticyclonique  et une zone de glaces, sous le 43° parallèle, que le skipper et ses routeurs veulent éviter.

Thomas Coville, skipper du trimaran Sodebo Ultim’ :
« Hier j’ai eu un lever de lune incroyable. C’était la quasi pleine-lune, elle était comme un ballon devant mon flotteur bord avec une symétrie parfaite. J’étais sur le filet et pendant quelques minutes j’ai profité de cet instant, le temps s’est arrêté.
Tout à l’heure au radar, j’ai croisé un brise-glace. Ça donne le ton de ce qui se trouve au Sud ! Depuis le départ, on sait que les glaces sont assez nord. Il y a un énorme amas de plusieurs dizaines de kilomètres qui s’est disloqué et forme des growlers. C’est à la fois magique et angoissant.
On ne va pas jouer au samouraï, je n’irai pas dans la zone de glace. Si l’anticyclone remonte un peu dans le nord, cela me permettra de me dégager plus vite. 
Le joli temps de référence à l’Equateur m’a mis en confiance. On va surement perdre un peu de temps avec Sainte-Hélène, mais ça s’équilibre avec tout de même une très bonne vitesse sur la trajectoire de Sodebo Ultim’. Je suis plutôt confiant pour la suite. »

Record du tour du monde en solitaire, 415 milles d’avance pour Thomas Coville

Le skipper de Sodebo s’est adjugé hier le meilleur temps en solitaire sur le tronçon Ouessant-Equateur en 5 jours 17 heures et 15 minutes.
Thomas Coville a ensuite passé sans problème le Pot Au Noir en majorant son avance jusqu’à 415 milles ce soir, il poursuit désormais sa route au large du Brésil en direction de Sainte Hélène.

Thomas Coville, skipper de Sodbo Ultim :
« En partant, je savais que j’avais un bateau qui avait un meilleur potentiel que le précédent. Sans ce nouveau bateau, je ne crois pas que j’y serais retourné. Si on ajoute les conditions météo du départ avec cette belle fenêtre, cela fait un joli temps à l’Equateur.
Ces cinq derniers jours ont été physiques et rapides avec une jolie route presque rectiligne même dans le pot au noir. Je l’ai traversé cette nuit et Sodebo Ultim’ ne s’est jamais arrêté. Je n’ai pas manœuvré, j’ai simplement réglé les voiles.
Cela n’a jamais été scabreux même si je sais que cela peut m’arriver. Je suis très content de mon bateau et du pilote. Je n’ai aucun problème technique majeur, Sodebo Ultim est en parfait état de marche et c’est extrèmement important pour la suite. J’ai eu des journées à plus de 30 noeuds de moyenne, ça va très fort ! Les foils sont très adaptés et je me sens à l’aise sur ce bateau qui a tout de même 5 mètres de plus de large que le précédent. Cette largeur offre une puissance bien supérieure.
J’ai réussi à être tout de suite dans le match, assez libéré avec les bonnes configurations de voiles que nous travaillons depuis trois ans.
Le tour du monde ce n’est pas une transat, ce n’est pas juste aller à l’Equateur. On se dit tout le temps qu’il faut tenir deux mois. Il faut aller jusqu’au bout !
C’est agréable psychologiquement de commencer en étant bien dans le tempo. Quand cela commence comme ça on a un bon moral. Cela montre aussi que nous avons été audacieux de prendre cette fenêtre météo. J’ai un plaisir fou à naviguer et à aller vite. Techniquement, tu sens que tu as du potentiel. On a fait un bon temps en restant raisonnable. Un bon temps sur le premier tronçon, ça met en confiance même si je sais bien qu’il y a tellement d’aléatoires sur un tour du monde. Je ne connais pas beaucoup d’épreuves sportives qui durent aussi longtemps.»

 

Le Maxi Solo Banque Populaire IX a été présenté

Le Maxi Solo Banque Populaire IX, qui sera mis à l’eau en juillet prochain a été dévoilé hier.
La majeure partie des éléments du bateau sont d’ores et déjà construits, l’assemblage des différentes pièces débutera fin 2016 et se poursuivra pendant que le skipper, Armel le Cléac’h disputera le Vendée Globe sur son monocoque IMOCA.

© Banque Populaire/ JB Epron

© Banque Populaire/ JB Epron

Ce nouveau trimaran, qui bénéficie du savoir faire du team Banque Populaire dans la conception de grands multicoques (ORMA, Banque Populaire V et VII), a été imaginé par le cabinet  Van Peteghem – Lauriot Prévost , tandis que les appendices seront l’oeuvre de Martin Fisher.
Le multicoque sera au maximum de la jauge Ultim avec 32m de long pour 23m de large, pour un poids donné de 15 tonnes (ce chiffre est toujours à prendre en compte avec précautions) et un mât de 38m, à titre de comparaison, les derniers multicoques utilisés en solo sont un peu de deçà des mensurations du futur Banque Populaire IX avec 30mx21m et un mât de 35m pour MACIF et 31,5mx21,2m et un mât de 35m pour Sodebo Ultim. Banque Populaire IX sera donc plus puissant que ses concurrents déjà en lice sur le circuit. Les étraves sont de type perce vagues comme sur toutes les dernières créations du cabinet VPLP, les volumes de la coque centrale et des flotteurs seront réduits, comme sur MAcif, afin de conserver un poids mesuré afin de favoriser le vol. La partie aérodynamique s’annonce également soignée  avec des carénages des bras de liaison, la seule inconnue demeure l’aménagement du cockpit, le skipper optera-t-il pour un cockpit semi ouvert comme sur Sodebo ultim ou un poste fermé comprenant la cellule de vie et la zone de manoeuvres comme sur MACIF ?

Les explications de Kevin Escoffier, responsable du bureau d’étude :

« La philosophie générale du projet est de construire une plateforme destinée au solitaire, dans les limites maximales du cadre de la catégorie Ultim, soit 32 m. de long et 23 m. de large. Ces bateaux de course ont une durée de vie importante ; ainsi, dans la perspective d’évolutions futures, on se dote d’une plateforme au maximum de la jauge, mais avec un plus typé pour le solitaire … Banque Populaire IX sera une évolution des Ultims actuels, en plus grand et plus puissant, un bateau léger, avec et mât basculant…  On essaie d’être un cran au-dessus de l’évolution du moment. »

Concernant les appendices, les foils et les plans porteurs présents sur les trois safrans devraient permettre de sustenter totalement le bateau dès 23 à 25 noeuds de vent, et le soulageront grandement dans les vents plus faibles.

Kevin Escoffier, responsable du bureau d’étude :

« Armel était très satisfait du couple de redressement (point d’équilibre à la ndlr) de Banque Populaire VII. On reconduit ce couple de redressement tout en essayant de faire le plus léger possible, avec un plan de voilure plus élancé. Banque Populaire VII avait des déficits dans le petit temps et on s’attache à compenser ces manques. On sera en dessous du poids de Banque Populaire  VII, tout en étant plus large, avec un même redressement. Le tout pour une plus grande sécurité. Parallèlement au gros œuvre, la fabrication des appendices (safrans et ) est l’une des composantes importantes du projet. Ils vont être omniprésents sur ce bateau. On est sur de nouvelles générations d’appendices. Des plans porteurs apparaissent sur les safrans de flotteurs, sur le central. »

Armel Le Cléac’h, futur skipper de Banque Populaire IX :

« Le Maxi Solo Banque Populaire IX est un bateau magnifique sur lequel on travaille depuis pas mal de temps avec le Team Banque Populaire. On utilise beaucoup notre expérience du Maxi Solo Banque Populaire VII. Ce qui change avec celui-ci c’est la vitesse et le poid, plus on le soulève avec les et plus il accélère. C’est à la fois passionnant car on a l’impression de planer mais ça devient de la conduite de haut vol qu’il faut alors maitriser pour assurer la sécurité sur un tour du monde. C’est un beau challenge !  J’ai fait déjà deux tours du monde, bientôt trois et ce flux d’expériences m’a donné envie d’aller en faire un nouveau sur ce nouveau maxi »

 

Programme sportif du Maxi Solo Banque Populaire IX
– Mise à l’eau été 2017
– Participation à la Transat Jacques Vabre 2017

Caractéristiques :
Longueur : 32.00 m
Largeur : 23.00 m
Poids : 15 t
Hauteur du mât : 38.00  m
Matérieux : Carbon/Kevlar/Normex
Surface de voile au près : 610 m²
Surface de voile au portant : 890 m²
Architectes : VPLP /  : Martin Fisher
Chantier : CDK Technologie, C3 Tech pour les et Green Marine pour la coque centrale
Mât : CDK – Voiles :
Mise à l’eau : 2017

François Gabart abandonne sa tentative de record sur l’Atlantique Nord

Après sa superbe performance sur 24h hier, avec 785 mille parcourus, et donc un nouveau record, repris à Thomas Coville sur Sodebo ; François Gabart a décidé de renoncer à sa tentative de record de la traversée de l’Atlantique Nord en solo du fait de la dégradation de la fenêtre météo sur la seconde partie du parcours.

Le record de  l’Atlantique Nord (New York-Cap Lizard), reste donc au palmarès de Francis Joyon  en 5 jours 2h 56 min et 10 sec.

François Gabart, skipper du trimaran MACIF : « Depuis le départ, on savait que ce serait compliqué, parce que la fenêtre de tir était très courte. Là, force est de constater que la météo n’évolue pas dans le bon sens. Le pilote a décroché deux fois sans prévenir, j’ai pu intervenir rapidement dans les deux cas pour récupérer la barre, mais je n’ai pas envie de continuer à naviguer à fond la caisse avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, je ne veux pas prendre de risques pour le bateau. Je savais que ça n’allait pas être facile. Il y a deux ans, Banque Populaire et Armel Le Cléac’h n’ont pas eu de fenêtre. Nous n’étions pas loin de vivre la même chose. Quand cette petite fenêtre s’est profilée, cela valait vraiment le coup de la tenter. Cela ne s’est finalement pas joué à grand-chose, à quelques orages près… Ce record n’est pas facile, mais c’est ça qui le rend intéressant, il faut être patient pour le battre. »

© Lloyd Images

© Lloyd Images

François Gabart embarquera deux équipiers aux Açores pour finir la traversée, l’ultime participera ensuite aux fêtes de Brest à partir du 13 juillet, puis le skipper terminera avec une tentative de record de la Méditerranée en septembre.
François Gabart se montre bien sûr satisfait de cette tentative puisqu’il décroche ce record des 24h : « C’est une grande fierté de détenir ce record. Nous avons su être opportunistes pour le battre en sautant sur l’occasion quand la fenêtre s’est ouverte. Ce record n’est pas facile, parce qu’il faut trouver les bonnes conditions sur 24 heures. Là, nous avons bénéficié d’un vent qui n’a pas trop bougé. En revanche, pendant les douze premières heures, il y avait un peu de mer, ce qui me fait penser qu’il y a sans doute moyen d’aller plus vite et de tenir 33-34 nœuds de moyenne avec une mer plate. Mais le fait d’être capable de naviguer pendant 24 heures à fond la caisse, c’est du pur bonheur, ça montre le réel potentiel du bateau. »

François Gabart améliore encore le record des 24 heures

François Gabart a profité de conditions favorables pour pousser son trimaran MACIF au maximum de son potentiel en avant du front.
Il n’a donc cessé d’améliorer le record des 24 heures en solitaire ce dimanche et le « score » s’est arrêté ce soir à 785 milles parcourus en 24h (cette distance sera affinée par le WSRRC).

Ce record l’a mené très sud, il a donc empanné il y a quelques heures pour reprendre un cap quasi plein nord afin de retrouver une route plus habituel pour un record de l’Atlantique Nord, le skipper de MACIF va désormais s’atteler à reprendre du terrain sur le temps de Francis Joyon.

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Record des 24h pour François Gabart sur MACIF

François Gabart, en solitaire sur son trimaran Macif, a pu rejoindre l’avant du front hier, et poursuit sa route à haute vitesse depuis. Les vents de sud sud ouest le propulsent à plus de 30 noeuds, cette orientation le contraint a conserver une route sud pour ce record de l’Atlantique Nord, mais le flux lui permet de conserver des vitesses approchant les 35 noeuds.

Le skipper de MACIF a ainsi déjà battu le record des 24h avec plus de 730 milles parcourus, François Gabart devrait conserver des conditions propices à l’amélioration de ce chiffre jusqu’à ce soir et pourrait approcher les 750 milles. Il efface donc le chiffre établi le mois dernier par Thomas Coville sur Sobebo, et qui venait d’être officialisé par le WSSRC avec 718,5 milles.

Le déficit sur le record de Francis Joyon sur la traversée le l’Atlantique reste stable, aux alentours de 140 milles.

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Record de l’Atlantique nord : François Gabart en retard

François Gabart a coupé la ligne de départ du record de l’Atlantique Nord au niveau de la bouée d’Ambrose à 2h18’45, heure française. Le navigateur devra rallier le Cap Lizard avant jeudi  à 5h14’55, pour battre les 5 jours 2 heures 56 minutes et 10 secondes établis par Francis Joyon en 2013.

La fenêtre de départ n’était pas idéale avec une zone orageuse sur le début de parcours, par ailleurs la route suivie par le solitaire l’entraine a distance respectable de l’orthodromie et de la route du record actuel.

Ce soir, après 20 heures en mer, le trimaran Macif et son skipper filent à plus de 30 noeuds à l’avant du front dans un vent de sud sud ouest de 25 à 30 noeuds. Le déficit est actuellement de 120 milles.

 

L’actualité des maxis multicoques

  • Les deux adversaires d’Actual sur The Transat sont toujours amarrés à New York, Macif va subir un check up sur place avant une tentative de record sur l’Atlantique Nord en solitaire pour François Gabart, si une fenêtre se présente. Sodebo rentrera en France, comme Actual, Thomas Coville s’alignera sur une tentative de record autour du monde en solo cet hiver. Par ailleurs, la construction d’un nouveau trimaran n’est pas écarté par la direction de Sodebo, comme le rapporte le Télégramme, la décision sera prise à l’issue du tour du monde cet hiver. La solution alternative étant de modifier l’actuel bateau (issu de la plate forme de Géronimo), notamment de changer les flotteurs pour gagner du poids.
  • Yves le Blévec a bouclé The Transat bakerly cette nuit. Il aura effectué la transatlantique en course en 10 jours 12 heures 15 minutes 59 secondes à 2j 3h 21’ 20’’ du vainqueur.

    Yves le Blévec à l’arrivée :

    « La transition est assez brutale ! Cet après-midi, j’étais encore dans des calmes, en train de m’ennuyer en attendant le vent et là, arriver en pleine ville, c’est impressionnant… Belle transat : je me suis rendu compte que j’étais à la fois capable de dérouler tout le parcours heure par heure, et de comprendre que j’ai traversé l’Atlantique en dix jours ! Et même si ma trajectoire paraît assez droite, il a fallu enchaîner en permanence parce qu’il se passe tout le temps quelque chose. J’ai fait connaissance avec mon bateau parce que je n’avais pas beaucoup navigué avec, et encore moins en solitaire. C’était une belle mise en contact avec des conditions météo plutôt sympas : pendant deux-trois jours, on était plus près de la Guadeloupe que de New-York ! On a fait de belles moyennes, et mes concurrents étaient de toutes façons un poil plus rapides. En plus le jeu de la météo les a favorisé puisqu’ils ont pu couper le fromage, à un endroit où je n’aurais pas pu passer. Par rapport à un Multi50, c’est hyper confort ! Ma cellule de vie est de plain pied avec le cockpit de manœuvre, et je vois tout de ma bannette. C’est très sec, très agréable. Mais quand il faut sortir pour manœuvrer, c’est hyper fatiguant… On a eu deux passages de front où il a fallu renvoyer de la toile derrière rapidement : c’est éreintant. Une heure de sport ! Mon premier virement de bord, je l’ai fait il y a deux jours… Mais les empannages, j’en ai enchaîné. C’est beaucoup plus simple que de virer de bord où on fait souffrir le bateau. Les séquences de manœuvres sont assez fatigantes quand même ! Et il faut être attentif en permanence parce qu’il y a moyen de se faire piéger très vite ! Mais j’ai été prudent et je n’ai rien cassé… Je n’ai pas beaucoup dormi : je pense que je n’ai pas été très bon sur la gestion du sommeil. Mais moi, je n’avais pas la tension du combat au contact qu’ont connu François et Thomas. Et le jour où ils sont arrivés à New-York, je me suis complétement détendu : le côté compétiteur a basculé même si je n’ai pas baissé de rythme, mais j’étais plus zen. On va améliorer le bateau qui a tout de même dix ans d’âge : on va jouer sur le gréement en diminuant la hauteur de mât, en changeant la configuration de la voilure pour 2017. J’ai bien vu que le bateau va vite et reste facile quand il n’est pas chargé de toile… L’étude est lancée. J’ai eu de grands moments de plaisir à bord d’Actual ! C’est très différent d’un Multi50, mais c’est incroyable comment on peut aligner les milles faciles… »

     

  • Idec Sport a quitté la Trinité sur Mer pour une tournée de relations publiques en Méditerranée, avec une bonne partie de l’équipage ayant participé à la tentative de Trophée Jules Verne l’hiver dernier (Francis Joyon, Alex Pella, Bernard Stamm, Clément Surtel). Francis Joyon a également convié Jean Baptiste Levaillant, maitre voilier Incidences Sails et habitué des maxis multicoques. A son retour en Bretagne, le skipper envisage de débuter les navigations en solitaire sur son trimaran, et de tenter le record des 24h si des conditions favorables se présentent.

    CREDIT : IDEC SPORT

    CREDIT : IDEC SPORT

  • Spindrift 2 a été remis à l’eau hier à Lorient après une grosse révision suite au Trophée Jules Verne. Prince de Bretagne retrouvera également son élément mardi matin, suite au chantier post chavirage Transat Jacques Vabre.
  • Le plan Irens/Cabaret, ex B&Q/Castoramae est entré en refit au chantier Nauty Mor à Hennebont. Le trimaran passé entre les mains de Philippe Monnet entre autre était convoité par différents skippers pour un tour du monde contre vents et courants dominants (Yvan Bourgnon notamment).

 

Une classe Ultime dispersée

Voiles et Voiliers fait le point, dans un article disponible sur son site internet, sur la classe Ultime.
Les ultimes existent depuis plusieurs décennies et peinent à rassembler.
Plusieurs tentatives de fédérer ces maxis ont été des échecs (G-Class de Bruno Peyron, l’actuel collectif Ultim).

 

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

A ce jour, les différents protagonistes avancent en ordre dispersé, Actual, Macif, Sodebo font partie du collectif Ultim, tout comme Banque Populaire qui mettra à l’eau son bateau dans le courant de l’année. Ce collectif a pour but de développer un programme articulé sur de navigations en solitaire, il s’est doté d’un cadre architectural, excluant les MOD70, le maxi 80 Prince de Bretagne et Spindrift 2. Mais le collectif, du fait du faible nombre de « membres », se voit contraint d’intégrer des courses ne respectant pas le cadre architectural qu’il a défini, comme The Bridge, ou encore la Route du Rhum.

© Eloi Stichelbaut

© Eloi Stichelbaut

L’article de Voiles et Voiliers dévoile plusieurs informations importantes :
– le trimaran du Gitana Team serait hors cadre du collectif Ultim, de part sa taille de 33m (limité à 32m pour le collectif) et du fait de l’asservissement des appendices (ce qui n’est actuellement pas autorisé par le collectif)
– Prince de Bretagne souhaite rester impliqué dans la voile, l’actuel Maxi 80 pourrait être vendu pour acquérir un bateau d’occasion plus grand si l’opportunité se présentait. L’objectif pour le team et le skipper Lionel Lemonchois est la Route du Rhum 2018, le maxi 80 naviguera essentiellement en RP en 2016, le programme 2017 n’est pas défini- Actual d’Yves le Blévec naviguera avec un mât fixe cette saison suite à la rupture du vérin de bascule sur la Transat Jacques Vabre. Le programme 2016 inclut The Transat, Actual sera opposé à Sodebo et Macif sur cette transatlantique.
– une nouvelle course entre Monaco et Pondichery (avec escale à Maurice) pourrait avoir lieu en 2018

Thomas Coville et Sodebo (qui font partie du collectif) seront la The Transat, ensuite le skipper tentera sa chance autour du monde en solitaire cet hiver.
François Gabart sur Macif participera également à The Transat avant une tentative de record en Méditerranée en septembre.

Du côté des exclus du collectif (volontairement ou non), Spindrift racing a annoncé son intention de courir la Transat Québec Saint Malo cet été (pour l’instant Spindrift 2 est le seul dans la classe Ultime) avant une nouvelle tentative de Trophée Jules Verne l’hiver prochain. Idec et son skipper Francis Joyon semblent avoir été séduit par le Jules Verne de cet hiver et paraissent déterminé à retenter l’aventure en 2016.
Marc Thiercelin qui possède l’ex Majan (sistership d’Actual) cherche toujours des financements pour lancer le chantier de remise en état et d’élargissement de son trimaran.

 

 

Route du Rhum

Yann Guichard sur Gitana 11 a pris la 4ème place de la Route du Rhum-La Banque Postale 2010 en catégorie Ultime en arrivant à Pointe à Pitre jeudi après 11 jours, 11heures 56 minutes de course.

L’interview du skipper à son arrivée :

Quel premier bilan tires-tu de ta première transatlantique en solitaire ?
« J’ai pris beaucoup de plaisir, même si c’était particulièrement rude sur l’eau. Et s’il fallait repartir aujourd’hui, je le ferais avec grand bonheur. Certes j’ai un petit goût d’inachevé car je n’ai pas l’impression d’avoir fait de grosses erreurs. Surtout de terminer aussi loin derrière les trois premiers, alors que j’ai toujours été dans le match jusqu’à la mi-parcours… En fait, plus tu étais derrière, plus tu perdais des milles, ce qui semble aussi le cas pour les autres catégories. Les calmes qui se sont installés durablement sur les Antilles ont radicalement changé le visage de la course. À un moment, Francis était même en passe de devancer Franck Cammas. J’ai appris beaucoup de choses sur moi durant cette transat et notamment à repousser mes limites, à mieux me connaitre en fait ! »

Peux-tu revenir sur les conditions météorologiques qui ont caractérisé cette neuvième édition de la Route du Rhum-La Banque Postale ?
« Les conditions au moment du départ étaient assez classiques derrière un front, avec un flux de Nord-Ouest fort dans le golfe de Gascogne, qui s’est transformé en alizé portugais après le passage du cap Finisterre. En revanche au niveau des Açores, la situation est devenu atypique puisqu’il n’y avait plus du tout d’alizés sur la route du Sud mais des zones de grains et de calmes à traverser. Ce n’est pas très commun surtout que les orages étaient très actifs pendant quatre jours ! Il était vraiment difficile voire impossible de prévoir les choses avec certitude après les Açores.»

Tu as parcouru plus de 800 milles en sus par rapport à la route directe, mais surtout, les conditions météorologiques ont été radicalement différentes à quelques milles près…
« Il y a eu beaucoup de phénomènes locaux, mais il y a toujours des passages à niveau dans les courses océaniques. Cette fois, c’était après les Açores où je suis resté planté dans des calmes : il n’y avait ensuite plus moyen de revenir… Je l’ai encore en travers de la gorge cet arrêt, parce que sur les fichiers météo, ce n’était pas prévu du tout comme cela ! Surtout que j’étais alors positionné devant Francis Joyon.»

La faute à pas de chance ?
« Non, mais il certain que la victoire se joue toujours avec une part de chance. J’avais le trimaran le plus extrême de la flotte par sa réactivité, mais il manquait de longueur par rapport aux conditions de mer que nous avons connues.»

Comment gère-t-on des zones de grains aussi longues ?
« On ne dort presque pas ! De jour, tu arrives à les appréhender, mais la nuit, parce qu’il n’y avait pas de lune, c’est impossible. Quand le vent passe de cinq nœuds à 35 nœuds en quelques minutes, cela demande d’être toujours présent sur le pont, d’être hyper réactif. Surtout avec Gitana 11 qui a conservé son comportement de 60 pieds Orma, a contrario des autres grands trimarans qui étaient plus stables et donc qui pouvaient encaisser ces variations de brise avec plus de sécurité. Je devais naviguer sous-toilé entre les grains la nuit pour ne pas risquer de chavirer. »

Comment gère-t-on quand un concurrent s’échappe dès le premier jour ?
« J’étais confiant sur la suite puisque logiquement, il devait y avoir moins de vent pour le final. Mais je savais dès le départ et surtout après la première nuit, qu’il serait quasiment impossible de revenir sur Franck Cammas. Son bateau allait vraiment très vite et s’il ne rencontrait pas de problème, il avait victoire assurée. Mais il restait la deuxième place… »

Et ces trois derniers jours où tu n’as pas été épargné par la météo ?
« Ce sont les pires de ma carrière sportive à ce jour ! Même quand j’ai terminé quatrième aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, j’ai vite digéré. Là, je crois que ce sera un peu plus long. Tu termines ta course quasiment en convoyage car il n’y a plus d’enjeux sportifs: tu subis sans rien pouvoir faire.»

Gitana 11 était un bateau bien adapté à ces conditions météorologiques atypiques ?
« Bien sûr ! Si le passage du front s’était passé aussi bien que pour Francis, nous jouions la deuxième place. Il fallait être dessus, mais il était tout à fait dans le match même si tu ne vis pas la même course que tes concurrents. Je n’ai quasiment pas dormi quatre nuits sur les six premiers jours. Et tout le temps en combinaison sèche… Je ne pouvais de toute façon pas me reposer par tranche de plus d’un quart d’heure.»

De bons souvenirs tout de même ?
« Pleins ! Avant le front au milieu de l’Atlantique par exemple, j’étais bien revenu en prenant même la deuxième place. Cette course m’a beaucoup plu parce que le défi était intéressant. Se battre face à de grands marins sur des bateaux au potentiel différent. Chacun avait ses arguments, ce qui rendait le challenge très ouvert et nous a proposé une course à rebondissements. Et c’était super avec Sylvain Mondon de Météo France et Billy Besson à terre. Il n’y a pas une édition de la Route du Rhum qui soit pareille et c’est ce qui fait la beauté de cette grande couse! Je suis très content d’avoir amené de l’autre côté de l’Atlantique ce beau bateau qu’est Gitana 11. Le bateau était parfaitement préparé et il arrive à Pointe-à-Pitre en super état. Après cette course, je sais ce qu’est une transat en solitaire, j’ai vraiment envie d’y retourner. Et si ce soir on me proposait de signer pour la prochaine édition, je dirais oui tout de suite ! »

© AFP

Sont toujours en course dans cette catégorie : Philippe Monnet qui devrait arriver demain et Servane Escoffier et Gilles Lamiré qui se livrent un duel pour la 6 et 7ème place au sud des  Caraibes.

En catégorie Multi 50′ Lionel Lemonchois a prise l’avantage sur Lalou Roucayrol, les deux skippers évoluent à moins de 200 milles de la Guadeloupe à petite vitesse dans des vents de moins de 10 noeuds.