Coup double pour Realstone Sailing

L’équipage du CER, Realstone Sailing, a de nouveau démontré son très beau potentiel ce week-end à Versoix et sur le Genève Rolle Genève, puisque le D35 mené par Jérôme Clerc s’est imposé sur la classique lémanique et sur l’Open de Versoix.

Les D35 avaient repris les hostilités dès vendredi pour l’Open de Versoix, le vent était absent une bonne partie de l’après midi et n’avait daigné se lever qu’à 17h, ce qui avait permis au comité de lancer trois manches. C’est Dona Bertarelli et son équipage de Ladycat, qui se montraient les plus réguliers avec une quatrième place puis une victoire et une seconde place, comme l’expliquait Yann Guichard, tacticien sur Ladycat les automatismes commencent à se mettre en place et cet équipage pourrait faire figure d’outsider face aux favoris,dont Alinghi, mené par Ernesto Bertarelli, frère de Dona  qui était en embuscade à un point de Ladycat à l’issue des trois régates de vendredi, Realstone Sailing, leader du classement provisoire était sur le podium avec deux points de retard sur les leaders, devant de Rham – Sotheby’s.

Artemis Racing était cette fois-ci mené par Xavier Revil, qui débute sur ce support et prenait la 5ème place provisoire devant Zen Too, le D35 de Guy de Picciotto, était présent après avoir talonné il y a 15 jours lors de l’Open de Crans.

Dona Bertarelli, propriétaire et barreuse de Ladycat, à l’issue des trois manches de vendredi :« Nous avons eu beaucoup de plaisir à naviguer aujourd’hui. Nous avons enfin trouvé les bons réglages du bateau, nous nous sommes beaucoup entraînés cette semaine et ça a payé. Nous avons retrouvé la vitesse, ce qui nous a manqué lors du dernier événement.  Cette nouvelle équipe est fantastique. Nous avons une bonne cohésion de groupe, et le résultat s’en ressent : tout a bien fonctionné. J’ai trouvé le bateau plus facile à la barre et quand on a la bonne vitesse et que les manœuvres fonctionnent, ça ne peut que bien aller ».

Les catamarans étaient présents samedi sur la ligne de départ de la classique Genève-Rolle-Genève, avec environ 200 autres bateaux.
Dès le départ, Realstone Sailing a pris les commandes de la flotte des D35, en se laissant très vite glisser vers la côte suisse, de Rham Sotheby’s, Zen Too et Ladycat étaient les adversaires les plus dangereux pour l’équipage du CER, qui se retrouvaient parfois scotcher dans les dévents au plus près de la côte, alors que les autres équipes avaient choisi de naviguer plus au large.

Sur la deuxième partie du parcours, après le passage de Nyon, le Joran s’est levé à plus de 15 nœuds, imposant une navigation physique aux équipages.

De Rham Sotheby’s longtemps second se fera passer par Ladycat sur le retour vers Genève, Zen Too barré par Fred Le Peutrec, restera bien placé sur cette course et prendra une belle 4ème place devant Veltigroup, Artemis et Alinghi.

Okalys Corum, mené par nicolas Grange démâtera lors du retour vers Genève, sans blessés à bord.

Jérôme Clerc, barreur de Reastone Sailing : « La stratégie de notre tacticien Denis Girardet a été excellente de bout en bout. Nous avons fait des choix et nous nous y sommes tenu. Nous avons fait ce que nous avons voulu faire, même si cela semblait « gonflé » quelques fois.  C’est vrai qu’il y a eu 3 ou 4 transitions de vent, qui nous ont laissé un peu « scotchés » à certains moments, mais même si nous avons parfois tremblé, nous avons tenu notre ligne et ça a payé ! »

Classement Genève-Rolle-Genève:
1. Realstone Sailing (J. Clerc)
2. Ladycat (D. Bertarelli)
3. De Rham-Sotheby’s (Ph. Cardis)
4. Zen Too (F. Le Peutrec – G. de Picciotto)
5. Veltigroup (B. Lerch – M. Simeoni)
6. Artemis Racing (P.Cayard – T. Tornqvist)
7. Alinghi (E. Bertarelli)
8. Nickel (F. Moura)
DNF Okalys-Corum (N. Grange)

Pour la dernière journée de l’Open de Versoix, le comité n’aura pu lancer qu’une seule course dans des airs extrêmement légers avec seulement à 1 à 3 nœuds de vent.
Dans ces conditions plus que légères, les marins de Realstone Sailing  signent une nouvelle victoire de manche  devant Veltigroup et Artemis Racing barré par Torbjorn Tornqvist, avec Paul Cayard à la tactique.

Okalys-Corum, était présent, malgré son démâtage la veille et terminait en 4e position de la manche

Nicolas Grange, propriétaire et barreur du catamaran : « Ce fut un weekend contrasté. Nous sommes un peu frustrés car nous avons fait une très bonne première partie de course hier lors de la Genève-Rolle-Genève, mais nous sommes néanmoins heureux d’avoir pu faire au moins une manche aujourd’hui, avant le Bol d’Or Mirabaud. Du coup, nous sommes rassurés sur le fait que nous pourrons y participer ! »

Le classement général après 4 étapes: Realstone Sailing domine avec 3 pts d’avance sur Alinghi (8 pts), à égalité de points avec Ladycat. Ce trio est suivi de Artemis Racing (10 pts) et de De Rham Sotheby’s (10 pts). Les suivants sont au coude à coude avec Veltigroup (17 pts), Zen Too (18 pts), Okalys Corum (19 pts), puis Nickel (24 pts).

Prochain rendez-vous, le Bol d’Or Mirabaud qui aura lieu le samedi 16 juin. Le départ de la classique lémanique aura lieu à 10 heures avec près de  600 bateaux sur la ligne.

Yann Guichard : « La motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team. »

Yann Guichard, skipper du MOD Spindrift racing, de l’AC45 de l’Energy Team et tacticien sur le D35 Ladycat a de nouveau répondu aux questions de Voile-Multicoques (interview réalisée lors de l’Open de Crans).

© Chris Schmid / Spindrift racing

Voile-Multicoques.com : Tu intègres l’équipage de Ladycat, qui participe au Vulcain Trophy avec un équipage remanié, qui s’est professionnalisé, quels sont vos objectifs ?

Yann Guichard : Dona Bertarelli, la propriétaire, prend les saison les unes après les autres, elle a voulu un peu de changement cette année, en prenant un équipage plus professionnel et avec des hommes.

Ceci permet de naviguer à six et non plus à sept comme avec les filles, ce qui simplifie les choses, avec un poste pour chaque personne.

L’objectif chiffré est d’essayer d’accrocher les troisième, quatrième ou cinquième place du championnat, ce qui est faisable mais difficile.

Alinghi, le CER (Realstone Sailing), et Artemis sont un peu au dessus du lot, mais le reste de la flotte est assez homogène, la course à la quatrième place risque donc d’être serrée.

Cette saison se court exclusivement sur le Léman cette année, quelles sont les spécificités de ce plan d’eau ?

Sur le premier grand prix, nous avons eu un vent de sud un peu instable, ce qui est habituel sur le lac, tout comme le petit séchard pour le second grand prix, les conditions sont toujours plus ou moins piègeuses, il faut être opportuniste, tout peut arriver jusqu’à la ligne soit coupée.

C’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce type de plan d’eau, tout peut être remis en questions rapidement, les nouveaux parcours, plus courts que la saison dernière, et avec une porte au vent ouvrent également un peu le jeu, ce qui ajoute des opportunités pour revenir sur les bateaux qui nous précèdent.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces changements de format des régates, avec un raccourcissement des parcours et l’introduction de la porte au vent, ce format se rapproche de ceux qui ont été adoptés sur les autres circuits multicoques (America’s Cup World Séries, Extrême Sailing Series), penses-tu qu’il s’agit de la bonne formule pour courir en multicoque ?

Je ne pense pas qu’un type de parcours soit meilleur qu’un autre, tout dépend du type de bateau, et de l’objectif, comme on peut le voir sur les circuits tournés vers le public à terre.

L’introduction de la porte au vent en D35 ouvre le jeu, mais l’idéal serait d’avoir les règles de la Coupe de l’America en ce qui concerne l’engagement à la bouée, le tribord reste donc roi selon les règles ISAF avec des passages de bouées parfois un peu dangereux.

Ce format donne plus d’intensité, mais aussi plus de travail à l’équipage avec des manœuvres incessantes, ce qui change des longs bords calés que nous avons connu jusqu’ici sur le circuit.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Tu es le skipper du MOD Spindrift racing depuis quelques mois, quelles sont les qualités du bateau par rapport aux autres trimarans que tu as barré jusqu’ici (60′ ORMA, Gitana 11 sous sa forme rallongée) ?

Ces bateaux sont difficilement comparables, le choix d’un bateau monotype fait que les coefficients de sécurité sont plus importants, le bateau est donc plus costaud, plus raide, à un plan de voilure un peu moins puissant par rapport aux autres bateaux que j’ai pu barrer.

Dans les petits airs, le bateau est un peu plus difficile à faire avancer qu’un 60′ ORMA, du fait d’un rapport poids/puissance un peu moins favorable, mais ce bateau est très intéressant, la monotypie a été très bien respectée, comme nous avons pu le constater sur les régates courues jusqu’ici avec des écarts très serrés, il faut aller chercher quelques centièmes de nœuds face aux adversaires pour s’imposer. Ce qui promet de belles régates inshores, mais aussi sur l’Atlantique dès cet été.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Certains skippers ont déjà evoqué une participation à la Route du Rhum 2014 sur les MOD, l’envisages-tu et quelles seraient les modifications à apporter au bateau pour l’adapter au solitaire ?

Le bateau semble plutôt adapté, il y aurait bien sûr un second pilote à installer et quelques modifications mineures.

La course aura lieu dans deux ans et demi, l’objectif immédiat reste bien sûr le Multi One Championship, mais il est clair que je participerai à la course sur ce bateau, nous verrons si une classe MOD sera créee pour la course ou si nous participerons dans la classe Ultime. Il serait dommage que ces bateaux restent à quai pendant la Route du Rhum, ce type de course permettrait aussi de mettre en valeur la classe.

Les deux premières confrontations avec tes concurrents ont été très serrés cette année, que ce soit sur le Tour de Belle Ile ou l’Armen Race, où se sont jouées ces courses ?

Pour le Tour de Belle Ile, nous avons pris une option au départ qui n’était pas la bonne, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild ont donc été devant dès le début et nous n’avons fait que lutter pour revenir sur eux, ce que nous avons fait petit à petit.

Sur l’Armen Race, nous étions en tête sur le retour, mais nous avons eu un problème pour hooker la GV, ce qui a permis à Foncia de revenir et de nous passer, les bateaux ont été au contact pendant toute la course, la moindre erreur fait que le copain passe devant, il faut donc être irréprochable sur les manœuvres. Nous avons fait quelques erreurs, c’est le métier qui rentre, nos adversaires ont un peu plus d’expérience sur ces bateaux et nous progressons de jour en jour, nous allons donc poursuivre nos entraînements dès la semaine prochaine.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces entraînements, quelles informations sont partagées avec les autres teams, avez-vous des debriefings communs, quelles informations partagez-vous ?

Avec Foncia, nous partageons en live les réglages à la VHF quand nous sommes sur l’eau, nous ne faisons pas de véritables debriefs, nous discutons des réglages de manière informelle.

Ces sessions permettent de progresser dans la connaissance du bateau grâce à ces échanges, en naviguant seuls le feeling est rapidement bon, et on pense être champion de la baie, la confrontation permet de faire des progrès exponentiels, je pense que ces entraînements sont indispensables pour bien figurer face aux autres.

De notre côté nous avons choisi, et eu l’opportunité, de nous entraîner avec Michel Desjoyaux, ce qui est une excellente expérience, je pense que Foncia est une des grosses équipes en MOD 70, c’est donc super de pouvoir mettre des choses en commun avec eux.

Passons aux America’s Cup World Series, Energy Team termine sur trois belles performances, que ce soit avec toi, ou Loick Peyron à la barre, quelles sont les forces de cette équipe qui a pourtant un déficit d’entraînement par rapport aux top teams (Oracle Racing, Artemis, Emirates Team New Zealand et Luna Rossa) ?

Etape après étape, nous avons réussi à poser des bases qui font qu’aujourd’hui notre équipe est solide à terre et sur l’eau.

Nous avons bien travaillé sur l’eau, les manœuvres et la communication se déroulent très bien, l’ambiance est excellente au sein de l’équipe. Même après de mauvais résultats la motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team.

Nous avons aussi beaucoup travaillé sur les voiles avec Incidences, ce qui nous donne un petit plus en vitesse, surtout dans le vent médium et le petit temps, comme sur les dernières étapes. Cet avantage est une des clefs du succès dans ces régates serrées, où il ne faut rien lâcher.

Les grosses équipes gardent un avantage dans le gros temps car ils ont plus d’entraînement. Dans les vents faibles ou modérés, toutes les équipes manœuvrent bien et les petites équipes rattrapent leur retard sur les détails de réglages.

De notre côté, nous avons réussi à gommer toutes les grosses erreurs, ce qui resserre forcément le jeu. Les régates deviennent donc de plus en plus intéressantes avec des vainqueurs différents à chaque Act.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Il ne reste qu’un Act avant la fin de la saison, avez-vous prévu des navigations sur d’autres supports afin de continuer la préparation à la possible participation de l’Energy Team à la 33ème Coupe de l’America ?

Tout dépendra de la suite, si nous décrochons le financement pour l’AC 72, il y aura des entraînements en commun qui pourront se faire sur le MOD 70 pour préparer l’équipage.

En attendant, nous conservons tous nos programmes différents et assez complets pour tous les membres d’équipage de l’AC45.

Arnaud Jarlegan et Devan Le Bihan naviguent avec moi sur le D35 Ladycat, ce qui permet de parfaire les automatismes sur l’AC45, ces passages sur différents supports sont aussi une force, même si nous n’avons pas l’opportunité de nous entraîner sur l’AC 45.

Est ce que les parcours des régates des America’s Cup World Series, à proximité immédiate des côtes, sont adaptés à l’AC45 ? Ou est ce que ces bateaux mériteraient-ils un terrain de jeu plus vaste ?

Les formats sont parfaitement adaptés pour le public, mais aussi pour nous, on s’éclate sur l’eau, il faut seulement intégrer les limites virtuelles, ce qui est difficile au début. Tactiquement ces limites sont intéressantes, elles resserrent le jeu et gomment le défaut du multicoque, du fait du manque de manœuvrabilité de ces bateaux, nous avions tendance à aller sur les extrêmes, ce format permet de recréer du contact entre les bateaux.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Le format des régates reste parfois assez obscur, avec certains Acts où les match-races se déroulaient en une seule manche contre deux manches gagnantes sur d’autres Acts, est ce que les équipes participent à la prise de décisions concernant l’organisation des régates ?

Les équipes ont leur mot à dire, mais au final Oracle Racing définit les règles avec le retour de différents teams. Il est vrai que le format à une manche gagnante pour le match-racing est un peu dur.

Un autre petit reproche que je ferai concerne le fait que la l’America’s Cup se court en match-race, alors que les ACWS se courent en grande partie en flotte, mais il faut aussi prendre en compte l’aspect télévisuel, et là je pense que suivre une course en flotte est plus sympathique pour les téléspectateurs et le public.

Au final l’équilibre est assez bon, que ce soit pour les compétiteurs ou les spectateurs qui semblent satisfaits.

Realstone remporte l’Open de Crans

L’Open de Crans n’a finalement débuté que le dimanche 27, suite à un calme plat sur le Léman le samedi, les marins auront donc patienté une journée à terre avant de reprendre les hostilités sur le lac pour cette deuxième manche du Vulcain Trophy.

La journée a commencé à 12h30 avec le départ de la première manche avec un petit séchard qui commençait à s’établir au large du port de Crans Près Céligny.

Artemis Racing avait remanié son équipage pour cette épreuve en faisant appel à Michel Desjoyaux pour prendre la barre du D35 de l’équipe suédoise, il était accompagné d’Yvan Ravussin à la tactique, Jean-Christophe Mourniac était également de la partie à la tactique sur Okalys Corum, enfin Nicolas Charbonnier prenait la barre d’Alinghi en l’absence d’Ernesto Bertarelli.

La première manche était remportée par Realstone Sailing, du CER devant Okalys et Artemis Racing, Nickel fermait la marche après la disqualification de Veltigroup sur le second portant, l’équipage de Marco Simeoni contestant la pénalité prise à la porte au vent suite à un tribord d’Alinghi, en effet l’équipage de Veltigroup estimait qu’Alinghi avait abattu pour provoquer la pénalité, cet argument n’a semble-t-il pas convaincu le jury qui sortait le drapeau noir.

Petit à petit les nuages arrivaient sur le plan d’eau renforçant le séchard, la seconde manche revenait facilement  à Artemis Racing devant de Rham Sotheby’s et Alinghi, Realstone prenait la 4ème place. Zen Too qui avait pris la 5ème place de la première manche fleurtait de trop près avec la côte et talonnait, ce qui entrainait une voie d’eau, l’équipage mené par Fred Le Peutrec quittait dans l’Open pour prendre la direction de Versoix afin de mettre le catamaran au sec pour réparer les dégâts.

La troisième manche était lancée avec un départ babord amure pour Alinghi et Artemis, mais c’est de nouveau Jérôme Clerc et l’équipage du CER qui emporte cette régate devant de Rham, Okalys et Alinghi, Ladycat prend de nouveau la sixième place après une belle bataille avec Veltigroup.

La quatrième manche est remportée par Alinghi devant Realstone qui enchaine les places sur le podium et  de Rham qui effectue également une belle journée, Artemis se classe 4ème, en queue de flotte, Veltigroup passe Nickel sur le dernier empannage et prend la 6ème place, Ladycat ferme la marche.

La cinquième et dernière manche est très disputée avec un mauvais départ d’Artemis qui prend la gauche du plan d’eau, ce qui s’avère finalement favorable puisque l’équipage de Michel Desjoyaux revient à la seconde place devant Okalys-Corum, Realstone remporte de nouveau la manche.

L’équipage de Realstone Sailing s’impose donc  avec 3 victoires sur 5 devant Artemis Racing barré par Michel Desjoyeaux et Rham Sotheby’s de Philippe Cardis. Alinghi prend la quatrième place , suivent Okalys-Corum, Veltigroup, LAdycat, Nickel et Zen Too qui n’aura pu boucler que la première manche avant de connaitre une avarie.

Jérôme Clerc (barreur de Realstone Sailing) : « On voulait prendre notre revanche sur le Grand Prix Les Ambassadeurs (pour rappel Realstone avait terminé 2e juste derrière Alinghi mais à égalité de points). La pression est montée aujourd’hui. Nous savions que nous avions peu de manches pour nous démarquer et le petit temps n’a pas arrangé les choses. De plus avec des adversaires comme Michel Desjoyeaux ou Nicolas Charbonnier, nous ne pouvons qu’être encore plus heureux de cette victoire ! »

Michel Desjoyeaux, Artemis Racing : « Cette journée a été fabuleuse ! Ce n’était pas gagné ce matin, surtout après la journée d’hier. Le petit temps (ndlr. le peu de vent) permet de garder le jeu très ouvert sur toutes les régates. Cependant Realstone Sailing est vraiment au-dessus du lot ! ».

Philippe Cardis, skipper de De Rham Sotheby’s : « Nous avons la chance d’avoir un très bon tacticien : Christian Wahl est vraiment un magicien du lac, même lorsque nous avons fait des bêtises, il a réussi à les rattraper par une tactique remarquable » .

Le prochain rendez-vous est un double événement le week-end du 8, 9 et 10 juin, avec l’Open de Versoix, vendredi et dimanche, et la Genève-Rolle-Genève (connue comme la répétition générale du Bol d’Or Mirabaud) intercalée le samedi 9 juin 2012. Les D35 seront donc entre eux le vendredi et le dimanche à Versoix, alors qu’ils rejoindront une flotte nombreuse de plusieurs centaines de bateaux pour l’une des « grandes classiques » du lac Léman le samedi !

Classement de l’Open de Crans:
1. Realstone Sailing (Jérôme Clerc) – 5 pts
2. Artemis Racing (Michel Desjoyeaux) – 10 pts
3. De Rham Sotheby’s (Philippe Cardis) – 11 pts
4. Alinghi (Nicolas Charbonnier) – 12 pts
5. Okalys-Corum (Nicolas Grange) – 13 pts
6. Veltigroup (Boris Lerch) – 25 pts
7. Ladycat (Dona Bertarelli) – 26 pts
8. Nickel (Fred Moura) – 28 pts
9. Zen Too (Fred Le Peutrec) – 35 pt

Au classement général provisoire, Realstone s’installe en tête devant Alinghi et Artemis à égalité de points, de Rham pointe à 3 points des 2 et 3èmes.

Energy Team triomphe à Venise

L’équipage de Loïck Peyron sur Energy Team s’est imposé en course en flotte sur cet acte de Venise des America’s Cup World Series, les français seront restés en tête de cet événement du début à la fin, malgré une journée de samedi difficile avec une 8ème et une 5ème place ; néanmoins, ils n’ont pas failli pour l’ultime journée de régates hier en remportant la dernière manche du Fleet Racing Championship.

Le suspense était maximum avant cette dernière régate puisque sept des neuf engagés pouvaient encore espérer remporter l’événement, en effet, six points seulement séparaient Energy Team, leader (43 points) et Team Korea et Artemis six et septième avec 37 points. L’équipage français étaient sous la menace directe des deux bateaux de Luna Rossa qui ne possédaient qu’un point de retard.

Loïck Peyron et ses équipiers ont fait une course parfaite dans un vent faible, environ 5 noeuds, Energy Team prend un bon départ, alors qu’Artemis et Luna Rossa Swordfish sont trop tôt sur la ligne et écopent donc d’une pénalité. Energy passe la bouée de dégagement dans le sillage d’ETNZ et devant Oracle Spithill.

Les français effectuent la bonne opération à la marque 2 et creuse une belle avance sur James Spithill grâce à une meilleure pression ; l’équipage continue dans ce vent plus soutenu alors que le reste de la flotte reste encalminée à la bouée 2 avec de nombreux contacts entrent les catamarans, quasi arrêtés au passage de cette bouée, l’avance se porte alors à 500m.

Les Italiens de Luna Rossa Swordfish brillant jusqu’ici ferment à plus de 3 minutes du catamaran français. Oracle Spithill conserve sa deuxième position devant Artemis et ETNZ

Alors que tout le monde pense que la victoire ne peut échapper à Energy Team, l’équipage tombe dans la pétole à l’avant-dernière marque, ETNZ a pris l’avantage sur Artemis. Cet « arrêt » permet à Spithill de revenir progressivement sur l’AC45 françai, les deux bateaux au ralenti sont désormais au contact à moins de 50m, commence alors une bataille d’empannages, Oracle lance les hostilités, bien couvert par les français qui contrôlent le bateau américain jusqu’à la ligne d’arrivée qu’ils passent 8 secondes avant James Spithill. Emirates Team New Zealand complète le podium de cette dernière manche devant Artemis, les cinq autres bateaux ne parviennent pas à boucler le parcours dans les 10 minutes qui suivent et sont déclarés DNF.

Loick Peyron : « Nous avons commis quelques erreurs mais qui ont sûrement rendu le jeu encore plus passionnant pour le public. Les conditions étaient très compliquées et il y avait beaucoup de pression. Mon sentiment ? Heureux bien sûr. On s’est fait un peu peur sur la fin, talonné par Oracle qui est revenu très fort sur nous. On n’était pas très serein avec le vent qui est tombé sur la fin et la pression de Oracle qui revenait. Je suis très heureux de cette victoire, très content de notre bon départ et du travail réalisé par tout l’équipage. C’est un grand bonheur pour une petite équipe comme la nôtre de remporter cette victoire. On est au top ce soir, temporairement sans doute mais c’est un résultat très symbolique ! »

Bruno Peyron : « C’est beaucoup de joie partagée ce soir par toute notre petite équipe qui a beaucoup travaillé. Après trois journées en tête au classement, il fallait que nous confirmions aujourd’hui. Avec cette victoire, on ne parle plus de surprise ou de coup d’éclat, on commence à nous considérer comme faisant partie des Top Team. Il nous fallait cette victoire pour démontrer que le talent de notre équipe n’est pas que potentiel et que nous pouvons gagner. Il nous faut assumer ce statut et continuer à avancer pour convaincre nos partenaires. Cette victoire est la meilleure réponse que l’on pouvait apporter à ceux que l’on souhaite voir s’engager avec nous dans ce défi français pour la prochaine Coupe de l’America ».

En match race, le résultat final est le même qu’à Naples mi-avril, la finale du Match Racing Championship a opposé Luna Rossa – Piranha à Artemis Racing. Et les Suédois se sont imposés face aux italiens, Terry Hutchinson conserve donc son avantage face à Chris Draper.

Au classement général de la saison 2011-2012 (cumulant les résultats des courses en flotte et en Match Race),Oracle Spithill  creuse son avance sur Emirates Team New Zealandavec 4 points d’avance contre un seul avant cet acte de Venise, les néo zélandais voient également revenir l’équipage d’Artemis Racing qui a 9 points de retard, Energy Team se replace en 4ème position avec six points de retard sur Artemis.

Le dernier rendez-vous des America’s Cup World Series 2011-2012 aura lieu du 26 juin au 1er juillet aux Etats-Unis, à Newport Rhode Island.

Classement général des America’s Cup World Series 2011-2012 (après 5 événements sur 6)

  1. ORACLE TEAM USA-Spithill…84 points
  2. Emirates Team New Zealand…80 points
  3. Artemis Racing…71 points
  4. Energy Team…65 points
  5. Team Korea…56 points
  6. ORACLE TEAM USA-Bundock…53 points
  7. Luna Rossa-Piranha…34 points
  8. China Team…31 points
  9. Luna Rossa-Swordfish…21 points

Classement final du Fleet Racing Championship – Venise

  1. Energy Team…74 points
  2. ORACLE TEAM USA Spithill…58 points
  3. Emirates Team New Zealand…54 points
  4. Artemis Racing…52 points
  5. Luna Rossa Piranah…43 points
  6. Luna Rossa Swordfish…43 points
  7. Team Korea…37 points
  8. ORACLE TEAM USA Bundock…22 points
  9. China Team…18 points

Classement final du Match Racing Championship – Venise
Match final : Artemis Racing bat Luna Rossa – Piranha : 1-0

  1. Artemis Racing
  2. Luna Rossa-Piranha
  3. ORACLE TEAM USA-Spithill
  4. Energy Team
  5. Emirates Team New Zealand
  6. Team Korea
  7. Luna Rossa Swordfish
  8. ORACLE TEAM USA-Bundock
  9. China Team

Foncia remporte l’Ingérop Armen Race

Michel Desjoyaux et son équipage ont remporté  l’Ingérop ArMen Race2012 sur Foncia ce matin en 14h15m35s à la vitesse moyenne de 23,14 noeuds. Michel Desjoyeaux et ses 6 équipiers ont bouclé les 330 milles du parcours  entre la Trinité sur Mer, l’Ile de Sein et l’Ile d’Yeu devant trois autres MOD 70, Spindrift Racing, Oman Sail et Groupe Edmond de Rothschild, le professeur ne bat pas le record de l’épreuve qui reste la propriété de Sébastien Josse sur Gitana 11 qui avait mis 10 minutes de moins pour boucler le parcours l’année dernière.

La victoire a été acquise lors des derniers milles après un match serré entre les 4 MOD 70 qui se sont partagés la tête de course à tour de rôle. Les multicoques ont bénéficié d’un vent soutenu sur cette épreuve avec 15 à 30 noeuds permettant des pointes de vitesse à près de 40 noeuds. Le maxi trimaran Sodeb’O, skippé par Karine Fauconnier pour l’occasion (‘en l’absence de Thomas Coville) termine 5 ème. En Multi 50, Actual s’impose à 19,09 nœuds de moyenne devant FenêtréA Cardinal et Maître Jacques.

Michel Desjoyeaux, skipper de Foncia: « Nous nous sommes bien bagarrés mais nous avons perdu nos copains dans la nuit pour les retrouver finalement à la bouée USHIP de Belle Ile. Cette Armen Race, je la qualifierai de boucailleuse et sinueuse, le vent n’était pas régulier du tout et surtout la rotation du vent est arrivée avec 2h de retard ou alors c’était peut-être nous qui étions 2h en avance ! En tout cas, cela a été rapide, même si nous ratons le temps pour 10 minutes ! L’équipage va me maudire car j’ai demandé de calmer le jeu à l’Ile d’Yeu, je pense qu’elles sont là ces 10 minutes ! Belle bagarre, on est monté à 36,8 nœuds, c’est le record du bateau ! C’était une belle épreuve, on reviendra ! »

Yves Le Blevec, skipper d’Actual : « Super content de la course ! Le parcours est génial ! Un beau départ dans de belles conditions, le vent est monté fort à l’occidentale de Sein et du côté de l’ile d’Yeu ce matin, la mer était assez formée. Avec FenêtréA Cardinal, nous étions au coude à coude tout au long du parcours. On a rien lâché ! A un moment j’ai vu dans notre tableau-arrière un feu vert, je me suis demandé si ce n’était pas une vedette et bien non c’était le mât de FenêtréA Cardinal à quelques mètres de nous. »

Yann Guichard, skipper de Spindrift racing: « Cela a été humide ! Super mais très humide et rapide ! De belles conditions, nous sommes partis avec du vent et cela a bien forci pendant la nuit. Cela a été une belle lutte entre les MOD70, à Sein, nous étions 3 premiers en 2 minutes ! Nous avons eu jusqu’à 27 – 28 nœuds, il fallait trouver la bonne configuration de voile. Foncia nous a doublé au passage du Palais où nous avons eu un petit souci de ris dans la GV et nous n’avons pas été très bons entre Hoëdic et l’ile d’Yeu où nous avons attrapé un casier donc le safran central s’est relevé ! Ensuite, nous nous sommes battus pour la deuxième place avec Oman Sail. On a fait tout le retour depuis l’ile d’Yeu avec eux à nos côtés. Un qualificatif : « fast and furious »  mais à refaire ! On a pris beaucoup de plaisir même si cela a été difficile mais nous étions aussi venus chercher ça. Nous n’avons pas dormi, pas mangé ! On a été servi ! »

Erwan Leroux, skipper de FenêtréA Cardinal : «  C’est incroyable ce parcours ! Une belle bagarre bien humide, les gars ce sont donnés à fond à bord ! Gennaker pour faire le tour de Belle-Ile, gennaker pour faire le tour  de l’ile d’Yeu, on a rien lâché mais on rate la victoire pour moins de 3 minutes ! Le format est génial, c’est ce qui se fait de mieux en Bretagne Sud en ce moment, ce matin au vent de l’ile d’Yeu, c’était magique ! Il ne faut rien changer. »

Karine Faconnier, skipper de Sodeb’O : «A part dans un bord de portant assez mou, on s’est régalé dans les conditions de reaching malgré une mer relativement formée et des rafales jusqu’à 30 nœuds ! Sur un bateau de cette taille, tu n’as pas le droit à la moindre erreur de concentration. Le skipper est obligé d’être hyper rigoureux et attentif pour que chacun tienne son rôle. Comme l’équipe technique embarquée n’est pas un équipage de régatiers professionnels, on a systématiquement anticipé chaque manœuvre et ainsi, on n’a jamais été pris au dépourvu».

Temps de course :

1 – Foncia à 6h05’35 » en 14h15’35 » à 23,14 noeuds de moyenne
2 – Spindrift racing à 6h10′ en 14h20’56
3- Oman Sail à 6h13′ en 14h23’53 en 14h23’53’
4- Groupe Edmond de Rothschild à 6h49 en 14h59’59’
5 – Sodebo à 8h37’06’ en 16h47’06’ à 19,66 noeuds de moyenne
6 – Actual  à 8h52′ en 17h 17’47 » à 19,09 noeuds de moyenne
7- FenêtréA Cardinal à 8h55 en 17h20’36
8- Maitre Jacques à 10h07 en 18h32’06
9- Vers un monde sans Sida à 12h35’50 »

Alinghi s’adjuge le grand prix les Ambassadeurs

Les équipages des neuf D35 inscrits sur le Vulcain Trophy se sont retrouvés pour le premier grand prix de la saison, au large de Genève, le week end dernier.

Le grand prix a commencé dans des conditions classiques, 7 à 8 noeuds de vent vendredi matin, avant de forcir nettement pour monter entre 16 et 18 nœuds. Cette nouvelle saison des catamarans monotypes inaugure un nouveau format court de régates (30 minutes), calqué sur les autres circuits multicoques (Extreme Sailing Series, America’s Cup World Series).

C’est l’équipage de Realstone Sailing mené par Jérôme Clerc, qui s’imposait lors de cette première journée de régates devant Alinghi et Ladycat. A noter une collision entre Artemis Racing  et Zen Too, barré par Fred le Peutrec.

Côté suédois, c’est Paul Cayard qui prend la barre du catamaran, sa réaction suite à la collision « J’ai un immense plaisir à être de retour sur le circuit des D35 ! Nous avons été les victimes d’une collision (dans la dernière régate, juste avant le passage de la première porte, Artemis, tribord amure prioritaire, a été heurté par Zen Too, qui arrivait bâbord et s’est trouvé dans l’impossibilité d’abattre), heureusement personne n’a été blessé, seul un équipier est passé par-dessus bord ! L’échelle du bateau qui a été endommagée va pouvoir être remplacée pendant la nuit et nous serons sur la ligne de départ demain matin » .

Du côté de Zen Too, la coque bâbord était endommagée, mais les deux bateaux retrouvaient le plan d’eau le lendemain pour la suite des régates.

Samedi, les conditions étaient toujours piégeuses avec un vent d’ouest variable de 9 à 18 noeuds, six manches ont pu être courues, avec un chavirage et des passages par dessus bord.

C’est Zen Too qui faisait les frais de ces conditions difficiles dans la 4ème manche du jour, une violente rafale a fait enfourner le catamaran à la bouée au vent entrainant un chavirage, heureusement sans conséquence ni pour l’équipage ni pour le matériel, puisque le bateau sera aligné sur les deux dernières manches du jour. Veltigroup a également participé au spectacle avec deux passages à l’eau pour le propriétaire et barreur Marco Simeoni.

Alinghi et Realstone s’illustraient de nouveau en restant aux deux premières places, Artemis effectuait une belle remontée en prenant la 3ème place à Ladycat.

Tout restait donc à faire pour la dernière journée, dimanche, au final l’expérience a payé puisqu’Alinghi s’impose devant Realstone Sailing, l’équipage d’Ernesto Bertarelli termine à égalité de points avec celui du CER, mais remporte le grand prix grâce à ses cinq victoires de manches contre quatre pour leurs adversaires. Paul Cayard et Artemis conservaient leur 3ème place.

Ladycat, avec un équipage pro cette année, a bénéficié de l’expérience de Yann Guichard et termine à une encourageante 4ème place (à lire, linterview croisé de Dona Bertarelli, barreuse et de Yann Guichard, tacticien, sur Skippers.ch) avec un point d’avance sur De Rahm – Sotheby’s et quatre sur Zen Too. Okalys – Corum, privé de Loick Peyron cette saison, a effectué de beaux débuts de manches, sans parvenir à maintenir leur vitesse sur la fin de celles-ci. Nickel et Veltigroup fermaient la marche.

Classement général :

1. Alinghi (29 points)
2. Realstone Sailing (29 points)
3. Artemis Racing (54 points)
4. Ladycat (62 points)
5. De Rahm – Sotheby’s (63 points)
6. Zen Too (66 points)
7. Okalys – Corum (70 points)
8. Nickel (85 points)
9. Veltigroup (102 points)

Les réactions des équipages :

Ernesto Bertarelli, Alinghi : « C’est fantastique de courir 14 régates en un weekend et c’est vraiment très satisfaisant de régater à ce niveau ! Je tiens à féliciter l’équipe de Realstone qui a très bien navigué pendant les 3 jours. Ça s’est joué à très peu de choses, à une seule course en fait. Ça aurait pu être eux, ça aurait pu être nous ! Je suis heureux de débuter la saison dans ces conditions magnifiques! Je rends également hommage à notre tacticien Tanguy Cariou qui a fait un travail remarquable » .

Dona Bertarelli, Ladycat. : « Le résultat de ces 3 jours de courses dans des conditions musclées est encourageant. Nous cherchons encore nos automatismes sur les manœuvres n’ayant pas eu l’opportunité de nous entrainer dans du vent soutenu. A la barre, cela a été un Grand Prix éprouvant mais j’ai pris beaucoup de plaisir. Je me réjouis d’ores et déjà de la suite».

Jérôme Clerc, skipper de Realstone Sailing : « Je suis forcément déçu. Sur l’ensemble du weekend, nous avons été réguliers et avons montré une grande solidité. J’étais nerveux aujourd’hui car nous avions grillé notre joker hier, suite à une disqualification à l’occasion d’une légère collision avec Ladycat. Cela explique en bonne partie une erreur que j’ai faite lors du départ de la deuxième course. J’ai manqué de lucidité au moment de démarrer et cela nous a porté préjudice aujourd’hui. Il faut maintenant digérer et passer à la suite ! »

La seconde manche de ce Vulcain trophy 2012 aura lieu dans 15 jours lors de l’Open de Crans.

Gitana XV vainqueur du Tour de Belle Ile

Sébastien Josse et son équipage du Gitana Team ont de nouveau remporté le Tour de Belle Ile pour cette édition 2012 ; ils avaient déjà été vainqueurs l’année dernière sur le 77′ de l’équipe, Gitana 11.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Cette cinquième du Tour de Belle-Ile a de nouveau offert un magnifique spectacle avec  plus de 500 bateaux sur la ligne de départ. Les conditions étaient très légères pour le début de course avec une mer plate et une très faible brise de moins de 5 nœuds de nord-est. Il aura fallu moins d’une heure aux plus véloces pour attaquer le chenal de la Teignouse, avec en tête Michel Desjoyeaux (Foncia), suivi de Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild), Loïc Féquet (Maître Jacques), Alain Gautier (Sensation Océan) et Spindrift racing (Yann Guichard), Idec était en retrait dans ces conditions légères.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Foncia poursuivait la course en tête aux Galères, avec quelques minutes d’avance sur Groupe Edmond de Rothschild, qui effectuait un superbe retour lors du retour vers la Trinité comme l’explique Sébastien Josse, skipper du trimaran aux couleurs du baron de Rothschild : « Michel Desjoyeaux a pris l’avantage très rapidement grâce à une petite option en Baie de Quiberon, on est peu à peu revenus sur lui, mais on n’arrivait pas à le dépasser, parce qu’il nous a « marqués à la culotte » jusqu’au chenal de la Teignouse. Et là, grâce à une petite option, on a réussi à faire un petit décalage, on a fait un virement de bord pour choisir le côté droit du plan d’eau, Michel ne nous a pas accompagnés, l’écart s’est créé à ce moment-là. »

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Groupe Edmond de Rothschild prenait donc la première place en 4h48’10’’ avec 1’40’’ d’avance sur Foncia, Spindrift Racing, mené par Yann Guichard profitait du duel en tête pour revenir sur les deux autres MOD et terminer dans leur sillage  à 2’50’’ du vainqueur.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Alain Gautier sur Sensation Océan, le 60′ ORMA (ex Foncia), prenait une belle 4ème place. Francis Joyon sur Idec profitait de conditions un peu plus soutenues sur la fin de parcours pour recoller à la tête de flotte et prendre la 5ème place.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Les Multi50 auront tenu ma dragée haute face aux plus grands multicoques (MOD 70, 60′ ORMA et maxi multicoque ), jusqu’au Poulains avant de céder du terrain et d’engager une belle bataille navale au sein de la classe, c’est finalement Maître Jacques barré par Loïc Féquet qui passera la ligne quelques minutes devant ses deux camarades, Erwan Le Roux sur FenêtréA-Cardinal et Yves Le Blévec sur Actual.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Les réactions des skippers :

Francis Joyon : « Ça s’est bien passé, on a bien tourné, on a fait de belles manœuvres. J’avais à bord un équipage de copains qui s’est super défoncé pour bien faire avancer le bateau, on a marché à bloc. C’est complètement normal qu’on termine derrière les MOD70 qui sont des bateaux beaucoup plus typés pour le petit temps que ne l’est Idec. On est même contents de préserver notre cinquième place par rapport aux Multi50 qui ont un rapport poids-puissance bien plus adapté pour ce type de temps. On n’a pas été ridicules, on a retrouvé de bonnes sensations de voile. La ligne de départ avec les 500 bateaux, ça faisait une sacrée flotte sous spi ! »

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Sébastien Josse : « Le Tour de Belle-Ile, c’est le début de l’aventure avec le Groupe Edmond de Rothschild, puisque l’année dernière, c’était mon premier départ en multicoque sur une course, c’était un peu la découverte du multicoque. Aujourd’hui, on revient avec un autre bateau, avec un équipage très entraîné, cette victoire a une saveur un peu particulière parce que derrière, il y a Michel Desjoyeaux et Yann Guichard, deux virtuoses du multicoque, ça veut dire qu’on a bien bossé pendant un an, qu’on a atteint un bon niveau. »

Loïc Féquet : « C’est impressionnant de voir autant de bateaux sur une même ligne de départ, même si je pense que certains vont rentrer bien tard ce soir ! Et c’est vraiment un beau parcours, surtout quand on est le long de la côte sauvage.  Le début a été un peu lent, on a choisi d’aller vers Quiberon, on a été bien inspirés, parce que ça nous a permis d’accélérer plus vite que les autres dans du vent plus table. En plus, souvent dans la Baie, il y a plus de vent près de Quiberon. Après, on a géré notre avance qui a peu à peu diminué, d’autant que derrière, Actual et FenêtréA-Cardinal se tiraient la bourre. On garde finalement deux minutes d’avance à l’arrivée, le dernier bord a été un peu chaud parce que ça rentrait par l’arrière. Pour nous, c’est une belle victoire qui valide le travail de l’équipage. On a tous un métier à côté, on a plaisir à se retrouver, il y a une belle ambiance à bord, chacun se respecte. »

Yves Le Blévec : « On a vécu un Tour de Belle-Ile super sympa, avec un beau départ et une super bagarre à trois avec Maître Jacques et FenêtréA-Cardinal. Comme le MOD70 Foncia, Maître Jacques est parti à la côte vers Quiberon au départ, on ne pensait pas qu’on pouvait aller jusque-là, mais c’était le bon côté où aller. Du coup, ils étaient vachement en avance à la Teignouse, mais on les a rattrapés et on a fini avec une belle bagarre. On termine les trois Multi50 dans un mouchoir, en un peu plus de deux minutes, c’est top pour la classe, ça promet. Et ce Tour de Belle-Ile était une nouvelle fois top, c’est vraiment une course magnifique, on a pris le temps de se retourner quelques fois au départ pour regarder la flotte, c’était génial ! »

Le classement provisoire:
1. Gitana 15-Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse), 4H48’10″
2. Foncia (Michel Desjoyeaux), 4h49’50″
3. Spindrift Racing (Yann Guichard), 4h51’00″
4. Sensation Océan (Alain Gautier) 4h52’25″
5. Idec (Francis Joyon), 5h07’40″
6. Maître Jacques (Loïc Féquet), 5h37’35″
7. FenêtréA-Cardinal (Erwan Le Roux), 5h39’15″
8. Actual (Yves Le Blévec), 5h40’00″

Le point sur les America’s Cup World Series de Naples

Les équipages des AC45 se sont retrouvés sur le plan d’eau de Naples mercredi pour le premier événement de la saison 2012.

Cette première journée a été consacrée à des courses en flotte, qui entrent également en jeu pour la détermination des duels en match race. Le format a été un peu simplifié par rapport à 2011, mais reste toujours relativement flou avec une alternance de courses en flotte, de match race et de speed tests, comptant pour différents classements. Vous pouvez retrouver le programme de cet Act ici.

Canal + a signé un accord de diffusion de l’intégralité du circuit de la 34ème America’s Cup, de la Louis Vuitton Cup et des étapes des America’s Cup World Series avec l’organisation,  sa chaine Canal + Sport diffuse donc en intégralité les différentes régates en direct.

Cet accord a pour effet de priver une grande partie des amateurs de voile de ces événements puisque le flux direct accessible jusqu’ici sur YouTube est désormais indisponible, tout comme les résumés des différentes journées de régates, désormais exclusivement réservés aux abonnés Canal +, obligeant les internautes à se cacher derrière des proxis étrangers afin d’accéder à ce contenu vidéo…

Cette première journée de régates a été animée, avec un fort clapot et des rafales à 25 noeuds, offrant un beau spectacle au public venu nombreux. La première manche été menée de bout en bout par James Spithill sur Oracle Racing suivi par Artemis, l’équipage de  Terry Hutchinson effectuait un passage de la dernière marque catastrophique avec un manque à virer suivi d’un enfournement et d’un chavirage, ce qui permettait à Energy Team, auteur d’une belle remontée suite à une pénalité dans la phase de pré-départ, de prendre la 2nd place de cette manche.

China Team, mené par Fred Le Peutrec était contraint d’abandonner suite à un problème d’aile, comme l’expliquait le barreur :
« Nous avons abîmé l’arrière de notre aile sur une bonne hauteur. Je ne sais pas comment s’est arrivé, un problème de compression dans les vagues peut-être. Les techniciens termineront les réparations vers 22h00 ce soir. C’est sûr que pour une première journée, les conditions étaient un peu violentes ! J’aime la brise mais nous n’avons navigué que six jours ensemble donc c’est encore très juste. C’est un équipage jeune et motivé, je suis sûr que cela va venir rapidement. »

Le podium de cette manche était complété par L’équipage d’Emirates Team New Zealand, toujours très constant quelque soit les conditions. Team Korea se plaçait 4ème devant Oracle Racing Bundock et les deux Luna Rossa, peu à l’aise dans ces conditions.

La seconde course était réduite à deux tours avec trois bateaux non partants : Artemis suite à son chavirage qui a très largement endommagé l’aile (panneau supérieur désolidarisé de la partie avant, carénage de la partie en grande partie détruit), China Team suite à l’avarie sur l’aile et Oracle Racing Bundock, après une avarie de coque (fissure de 20cm).

Cette manche était remportée par Dean Barker et l’équipage d’ETNZ, suivi de Team Korea et d’Oracle Racing Spithill. Yann Guichard s’offrait une satisfaisante quatrième place pour Energy Team, les deux Luna Rossa fermaient de nouveau la marche dans ces conditions musclées.

ETNZ et Oracle Racing Spithill pointaient donc en tête à égalité de points avec une victoire et une 3ème place, Energy Team et Team Korea se partageant la troisième place avec leurs secondes et quatrièmes places, suivis des Luna Rossa, Oracle Racing Bundock et d’Artemis Racing et China Team.

Les réactions des skippers à l’issue de cette première journée :

Yann Guichard (FRA), skipper, Energy Team (FRA) :
« C’était clairement des conditions de survie à bord. J’ai dis aux garçons que si nous nous appliquions sur les manœuvres, nous pourrions accrocher de bonnes places et je suis super content d’eux. C’était la première fois que je barrais le bateau dans ce type de conditions, surtout dans cette houle car le vent était moins compliqué à gérer que la mer. Il ne fallait pas aller trop vite, surtout au près, car on soulevait la coque jusqu’au safran. Nous étions à la limite des conditions de navigation pour ces bateaux. Il fallait bien se tirer de cette journée et c’est ce que nous avons fait. Demain, c’est le retour de conditions familières avec un vent plus léger, il fallait donc se démarquer aujourd’hui. »

Dean Barker (NZL), skipper, Emirates Team New Zealand (ETNZ) :
« Il ne faut pas se plaindre de courir dans de telles conditions car c’est vraiment excitant. C’est évidemment terriblement éprouvant pour les bateaux et les équipages. L’objectif du jour était de revenir à quai en un seul morceau, ce que nous avons fait et, en plus, nous sommes bien classés. »

Terry Hutchinson (USA), skipper, Artemis Racing (SUE) :
« C’était un équilibre à trouver entre la régate et la prise de risques. Je n’avais pas le sentiment de nous avoir mis dans une situation délicate mais nous nous sommes retrouvés sur le flanc…très frustrant. Tout allait bien, les deux coques plantaient mais nous restions en sécurité quand, d’un seul coup, l’une de nos étraves a plongé et disparu. Par chance, personne n’est blessé mais notre aile est très abîmée, complément cassée même. J’espère qu’il y en a une de rechange par ici, peut être que nous utiliserons celle d’Aleph où une qui ne sert pas. C’est une profonde déception, le bateau était si bien préparé et nous étions si à l’aise en entrainements, c’est difficile à accepter. »

Darren Bundock (AUS), skipper, ORACLE Racing Bundock (USA) :
« Malheureusement, nous n’avons couru qu’une seule manche aujourd’hui. Nous avons eu un problème sérieux sur la première course. L’une des coques s’est fissurée, avec un crac de 20 centimètres de long qui part du capot du pont. C’est seulement causé par le martèlement des vagues sur les bords de près. Nous avons une équipe à terre fantastique qui va travailler dur pour que nous puissions régater demain.  Depuis le rivage, les vagues ne semblaient pas si grosses mais une fois dehors, la houle était forte, ralentissant d’ailleurs les bateaux même si le vent était correct. »

Jeudi était le premier jour de match racing, dans un vent d’une dizaine de noeuds ; dans ces duels, Artemis Racing se qualifiait facilement face à China Team, l’équipe suédoise a semble-t-il acheté l’aile d’Aleph, qui s’est retiré du circuit, afin de poursuivre la compétition.

Deux quarts de finale ont également été couru, au cours desquels Luna Rossa Piranha battait sur le fil Team Korea (4 secondes) et ORACLE Racing Bundock créait la surprise en venant à bout d’ORACLE Racing Spithill.

Le comité lançait ensuite deux manches en flotte, qui voyait ETNZ s’imposer sur ces deux régates, les deux équipages de Luna Rossa brillaient à domicile avec une seconde et une troisième place pour Luna Rossa Piranha et une troisième position pour Luna Rossa Swordfish sur la deuxième manche du jour. Du côté des contre performances, James Spithill ne se classait que 7ème et 4ème, alors qu’Energy Team ne réussissait à faire mieux que 8ème et 4ème. China Team fermait la marche avec des dernières places, logique avec un équipage novice sur ce catamaran AC45.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Les réactions des skippers à l’issue de cette seconde journée :

Yann Guichard (FRA), skipper, Energy Team (FRA) :
“J’ai été moins inspiré,” admet Yann Guichard. “Dans ces conditions légères, les équipes savent à quel point les départs comptent. Nous avons été couverts par deux bateaux OCS (départs volés) sur la première manche puis, sur la seconde, nous étions presque tous trop tôt sur la ligne mais il faut lancer le bateau en même temps que les autres et là, avec les systèmes de positionnement, il n’y a pas de ‘pas vu, pas pris’, cela peut se jouer à moins d’un mètre.”

Paul Campbell-James (GBR), skipper, Luna Rossa Sworsfish (ITA) :
« Nous avons vraiment pris du plaisir, réussissant à rester devant nos co-équipiers. En début de semaine, vous m’auriez dit que l’on se classerait seconds, j’aurais signé. Si nous n’avions pas fait une petite erreur au départ, nous aurions pu nous battre pour la victoire de la première manche. Chris et moi, nous sommes de bons amis depuis longtemps. Il a beaucoup d’expérience sur ces bateaux et nous aide beaucoup mais nous aimons penser que nous le poussons en match race et sur les entrainements en général. »

Chris Draper (GBR), skipper, Luna Rossa Piranha (ITA) :
« Ce vent correspond plus à celui pour lequel nous nous étions préparés. Les gars ont super bien navigué et pris de bonnes options sur le parcours. Je ne leur ai pas offert les meilleurs départs mais Bruni (Francesco, tacticien) a fait un super job pour nous permettre de remonter la flotte. Un grand contraste avec hier. Nous avons beaucoup à faire pour nous améliorer mais c’est un bon début. Le public a été génial, c’était impressionnant d’entendre la foule crier lorsque nous nous sommes approchés des quais. »

Darren Bundock (AUS), skipper, ORACLE Racing (USA) :
« Nous avons bien commencé la journée sur le match race contre Jimmy (Spithill), le vainqueur de l’America’s Cup ! Repartir avec son scalpe est plutôt bien d’autant que cela nous pousse en demi-finale. Les courses en flotte n’ont pas tourné en notre faveur avec une pénalité sur le premier départ et un OCS sur le second. Nous allons analyser tout cela ensemble pour comprendre ce qu’il se passe. »

Au classement général provisoire des courses en flotte, ETNZ prenait les devants avec 9 points d’avance sur Oracle Racing Spithill. Chris Draper sur Luna Rossa – Piranha pointait en troisième place avec 27 points devant Team Korea avec le même total et Energy Team, cinquième avec 25 points.

Vendredi, le comité de course a décidé de lancer les courses en flotte avant de reprendre les quarts de finale du match race en fin de journée.

La première manche en flotte est brillamment remporté par Energy Team qui mène de bout en bout, et résiste à la pression d’Oracle Racing Spithill qui termine à 10 secondes du catamaran français, Emirates Team New Zealand termine à une décevante 8ème place de cette régate dans des vents instables d’une dizaine de noeuds.

La seconde manche sera moins favorable aux français qui écopent de nouveau d’une pénalité pour un départ anticipé, et terminent 7ème après une belle bataille en milieu de peloton. C’est ETNZ qui s’impose devant Oracle Racing Spithill et les deux Luna Rossa.

ETNZ conserve donc son leadership sur le classement flotte, Spithill revient à seulement 5 points des néo-zélandais,  Luna Rossa – Piranha se classe en troisième position devant Team Korea et Energy Team.

Au cours du troisième quart de finale Artemis Racing bat Emirates Team New Zealand qui termine seulement à la 8e du Match Racing Championship.
Luna Rossa Swordfish battait Energy Team après un beau duel, reléguant l’équipe française en 5e du Match Racing Championship
Les deux équipes victorieuses s’affronteront donc dans la demi-finale 1.

Aujourd’hui le comité de course a annulé les régates du fait d’un vent fort, 25 noeuds établis avec des rafales à 35 et de nouveau un fort clapot.

La compétition reprendra donc demain à Naples pour clôturer cette première épreuve de l’année.

Sept teams et neuf bateaux pour les ACWS de Naples

Il n’y aura finalement que sept équipes présentes à Naples pour les premiers America’s Cup World Series de l’année ; suite au retrait d’Aleph et de Green Comm Racing.

L’équipe d’Aleph n’a donc pas réussi à finaliser un budget pour l’America’s Cup ni pour les America’s Cup World Series malgré des résultats encourageants la saison dernière, comme l’explique Bertrand Pacé, Directeur Sportif d’ALEPH : « Nous sommes évidemment très déçus de ne pas pouvoir continuer sur le circuit America’s Cup World Series 2011/2012 et sur la Coupe, compte tenu de notre classement actuel face aux meilleurs équipes du monde.  L’AC45 est un bateau exceptionnel et le format du circuit America’s Cup World Series est très prometteur.  Avec Alain Gautier et Fabrice Levet nous avions constitué une équipe de navigants et de techniciens de très haut niveau qui n’ont pas démérité depuis novembre 2009, et ont obtenu des résultats remarquables compte tenu de nos ressources.»

Les espagnols de Green Comm seront également absent, il semblerait également que l’équipe soit dissoute par manque de financement.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Les italiens de Luna Rossa font leur entrée sur le circuit en engageant deux bateaux, tout comme les américains d’Oracle Racing, au sein de cette équipe, Russell Coutts cède sa place de barreur à Darren Bundock qui occupait déjà ce poste à San Diego, James Spithill et son équipage de vétarans de l’America’s Cup étant aligné sur le 2nd bateau. Artemis Racing, qui possède également deux AC 45, n’en alignera qu’un avec Terry Hutchinson à la barre. Emirates Team New Zealand conserve aussi son équipage mené par Dean Barker.

China Team sera toujours présent, avec un nouveau barreur qui n’est autre que Fred Le Peutrec (interview à lire sur Ouest France), spécialiste du multicoque qui s’est imposé face à Phil Robertson ; Team Korea sera skippé par Nathan Outteridge.

Les français d’Energy Team tenteront de confirmer leurs bons résultats, Yann Guichard reprendra la barre de l’AC45 de l’équipe, comme à San Diego. Cette équipe devrait s’aligner sur la Louis Vuitton’s Cup, des rumeurs courent sur le financement de l’équipe par Larry Ellisson, patron d’Oracle, qui souhaiterait voir le team français à San Francisco l’année prochaine, cette rumeur a été démentie par le team, mais il semblerait qu’aucun sponsor ne soit derrière cet apport de 15 millions d’euros.

L’Energy Team des frères Peyron challenger pour la Coupe de l’America ?

L’information reste à confirmer, mais Ouest-France annonce que les frères Peyron devraient officialiser leur challenge pour la 34ème Coupe de l’America dans une quinzaine de jours.

Photo copyright Bo Struye

L’Energy Team devrait donc représenter la France face aux autres challengers Artemis Racing (SUE), Emirates Team New Zealand (TNZ) et Luna Rossa (ITA) et au challenger américain Oracle Racing, l’équipe disposerait d’un budget de 15 millions d’euros, bien loin de celui souhaité au départ et du niveau de leur concurrents estimé à 75 millions au minimum.

Les français devront se contenter du package AC72 vendu par ACRM basé sur une plate forme imaginé par le cabinet  d’architectes VPLP (spécialisés dans les multicoques et auteurs de la plupart des 60′ ORMA, des maxis trimarans, et de USA-17), de l’aile et des voiles réalisés par North.

D’ici leur participation aux éliminatoires de la Coupe, dans le cadre de la Louis Vuitton’s Cup, les français poursuivront leur préparation sur le circuit des America’s Cup World Series, avec espérons le autant de succès que lors de l’étape de San Diego ; Yann Guichard reprendra la barre de l’AC45, avec également l’arrivée d’Arnaud Psarofaghis sur le catamaran en remplacement de Peter Greenhalgh.

 

05/04/12 : Rectificatif : les frères Peyron et le Team Energy ont passé un accord technologique avec Oracle Racing, le defender américain, qui leur permettra de bénéficier des plans du 1er catamaran AC72 d’Oracle Racing, ils n’utiliseront donc pas le pack ACRM ; mais le pack du design team de l’équipe américaine qui planche sur le sujet depuis plusieurs années et qui a la plus grande expérience en ce qui concerne l’aile rigide.