Transat Jacques Vabre : Sodeb’O 60 milles devant Macif

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim continuent de creuser petit à petit un avantage sur leur concurrent direct Macif mené par le duo François Gabart/Pascal Bidégorry. Ils naviguent actuellement à la latitude de Lisbonne à 40 milles au large, les conditions se sont améliorées depuis le passage du Cap Finisterre, la mer s’organise et le vent se stabilise, ce qui devrait permettre au duo de tête dans la classe Ultime d’allonger la foulée.

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Jean-Luc Nélias, so-skipper de Sodebo Ultim’ :
« Quand il y a un grain, on prie, on appelle au secours le gars qui tombe de la bannette…  Nous avons choqué les deux voiles, le rail d’écoute de grand-voile, c’est passé de 14 à 33 nœuds en deux minutes, et la vitesse du bateau était de 35-36 nœuds. Une fois qu’on a passé le DST (Dispositif de Séparation de Trafic), on a pu lâcher les chevaux. Là, On marche à 25 nœuds de moyenne. Une fois la dépression passée, la nuit a été assez calme, nous avons pu relâcher la tension nerveuse. Depuis, le vent est très irrégulier, la mer est de plus en plus marquée, il doit y avoir des photos de surf à Penice ! La houle est de plus en plus grosse. Il y a des grains, du soleil et les premiers poissons volants. On suit notre bonhomme de chemin vers le sud, tout va bien. Nous ne dormons pas beaucoup. Nous n’avons pas encore mis en place notre système de quart. Il y a quand même de la fatigue physique, car depuis le début il y beaucoup de manœuvres, de réglages à faire. Il faut être deux sur le pont, c’est difficile musculairement. Nous avons les bras endoloris, les épaules qui couinent, le biceps larmoyant.
Concernant le chavirage de Prince de Bretagne : « Sur la position, on voyait bien que le bateau n’avançait pas beaucoup. Je suis allé sur le site web de la Transat Jacques Vabre et j’ai vu qu’il avait chaviré. nous sommes émus, déçus, et contents à la fois  de savoir que les deux bonshommes soient à l’intérieur. Nous n’avons pas de détails, on sait juste qu’ils n’ont pas demandé assistance. On pense bien fort à eux, on est là pour leur envoyer des bonnets et des polaires pour qu’ils se tiennent chaud ! »

François Gabart, skipper de Macif :
« Je suis pas mal occupé, la mer est encore assez forte, le vent est assez instable. Nous avons pas mal de choses qui ne fonctionnent pas. Heureusement qu’on est deux, sinon je ne serais pas là à parler ! On essaye de tout remettre en place, ce sont surtout des problèmes électroniques. Le bateau dans sa structure en général, tient, donc on est ravi. Mais là actuellement, on n’a plus d’électronique.
On a essayé de naviguer prudemment, le bateau est léger, assez volage dès que le vent est instable, il faut se méfier. Je suis ravie de ce baptême du feu.
Le vent a molli, nous avons encore une grosse houle, mais ça se gère bien, on file vers le sud. Nous essayons de de nous dégager de cette zone un peu tumultueuse. Avec Pascal, nous nous entendons bien, de faisons de belles manœuvres ensemble, c’est juste génial. On commence à être un peu fatigué, mais juste ce qu’il faut pour se lancer dans la course. Sodebo a pris un peu d’avance, à la fois beaucoup et pas grand chose à l’échelle d’une transat. On verra bien dans quelques jours
. »

 

Yves Le Blévec et Jean Baptiste Levaillant sur Actual devraient parer le cap dans les heures à venir et pourront profiter de ces conditions plus clémentes. Les deux hommes, en phase de découverte du trimaran continuent une navigation prudente, comme l’expliquait le skipper ce matin.

Yves le Blévec, skipper d’Actual :
« Déjà que nous n’étions pas super à l’attaque, le chavirage de Lionel et Bilou nous a bien refroidis. Rassurés de les savoir tous les deux en sécurité mais un peu choqués de savoir que ça s’est passé juste devant nous. Il faut dire que les conditions ne sont plutôt pas faciles. Nous avons une houle bien marquée de travers qui, par moment, fait bien giter le bateau. Le vent nominal n’est pas très fort, autour de 20 nœuds, mais les grains sont parfois violents avec des rafales à 35 nœuds. Il fait froid. Un point positif, la lune vient éclairer la nuit et nous aide bien à voir les nuages dangereux. Jean-Baptiste et moi, on se fait des petits relais de 1 à 2 heures pour arriver à trouver du repos et rester vigilants. Nous naviguons plutôt sous-toilé par rapport à la vitesse du vent pour rester « safe » dans les grains.  On ne sera pas mécontents de sortir de cette zone instable… »

Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sont à l’abri dans la coque centrale du Maxi80 Prince de de Bretagne suite à leur chavirage hier soir. Les deux skippers n’ont pas demandé d’assistance, mais pourraient patienter plusieurs jours dans le trimaran retourné. Ils devraient de nouveau joindre leur équipe technique à 13h afin d’organiser les secours.

En Multi 50, les écarts restent faibles, Ciela Village pointe en tête grâce à un positionnement plus sud devant FenêtréA-Prysmian, Arkema et La French Tech Rennes Saint Malo qui est le bateau le plus à l’ouest de la flotte des 50′.

Oliver Krauss, skipper de Ciela Village : «  La mer commence à être bien agitée depuis quelques heures. On a passé le front hier en début d’après-midi mais on a toujours du vent à bord. Pour l’instant, il faut faire attention, lever le pied : la priorité est de ne pas casser le matériel. Contents d’être toujours premiers, une journée de plus mais bon la course est très serrée, on verra ça après. »

 

Transat Jacques Vabre : Sodeb’O en tête, passage d’un front musclé dans les heures à venir

La première nuit s’est déroulée sans problème pour la flotte des multicoques, après un parcours côtier entre Le Havre et Étretat  dans un flux très faible. Les équipages ont trouvé de la pression  au milieu de la baie de Seine avec quinze, puis vingt nœuds établis au large de la pointe du Cotentin.

Trois des quatre Ultime ont ensuite choisi de passer à l’intérieur de Ouessant, par le chenal du Fromveur, profitant d’un courant favorable de marée. Sodebo Ultim passait au large.

En début d’après midi les deux leaders, Sodeb’O Ultim et Macif ont viré et pointent leurs étraves vers le Cap Finisterre. Prince de Bretagne pointe à 47 milles du leader, Actual étant à  75 milles, ces deux trimarans devraient eux aussi prendre un cap plein sud dans les heures à venir.

La flotte des Multi 50 est très groupée et va poursuivre sa route à l’ouest pendant quelques heures avant de suivre les Ultimes sur la route « directe » sous la dépression.

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Thomas Coville, skipper de Sodeb’O Ultim : « Belle Manche avec MACIF et Prince de Bretagne : nous avons empanné exactement en même temps, c’était sympa. Ces bateaux sont incroyables ! La nuit a été assez tonique, nous avons dû faire pas mal de manœuvres. Ce matin, la mer est encore très correcte, ce qui nous permet d’aller assez vite avant le passage du mauvais temps. »

Yves le Blévec, skipper d’Actual : « On est en train d’attaquer un front qui va âtre assez marqué. On va atteindre 35-40 nœuds dans deux heures. Nous nous sommes bien reposés cette nuit, nous avons navigué tranquillement et là nous attaquons un front costaud. Nous nous habillons chaudement et nous réduisons la voile en fonction du temps. On va sans doute encore prendre un ris dans la grand-voile. Il faut adapter le bateau et regarder les trajectoires pour essayer de protéger le bateau sans perdre de temps. On attend de la mer plus mauvaise dès la nuit prochaine. Pour le moment, nous avons un à deux mètres de creux, mais on attend beaucoup plus. Nous ne marcherons pas aussi vite du coup. Nous suivons les oscillations du vent. Les autres ultimes sont partis plus à l’ouest, leur route est plus radicale que la nôtre. Il vont plus vite car ils ont un meilleur mais nous nous donnons une limite de vitesse pour ne pas abîmer le matériel. »

 

Transat Jacques Vabre H-2 : comment suivre le départ

Le départ de la transat Jacques Vabre sera donné dans deux heures, si vous n’êtes pas au Havre le suivi en direct sera possible.

  • Via le site internet de la course avec un flux vidéo et la cartographie mise à jour toutes les 15 minutes pour les multis
  • A la télévision, sur France 3 avec une émission spéciale à partir de 13h20 jusqu’à 15h, le départ sera également retransmis sur les chaines d’information en continu
  • Sur les réseaux sociaux des concurrents

La météo sur la ligne de départ sera clémente avec 8 à 12 noeuds, le flux va ensuite se renforcer à 30 noeuds, la Manche sera rapidement avalée dans la nuit pour les Ultimes avant 24 à 36 heures difficiles dans le Golfe de Gascogne (vents supérieurs à 35 noeuds et mer forte avec des creux supérieurs à 7m).

Les dernières réactions des skippers de la classe Ultime

Lionel Lemonchois, skipper du Multi 80 Prince de Bretagne : « Très vite après le départ qui risque d’être un peu mou, nous allons toucher un flux de sud sud-est pour 15-20 nœuds qui va nous permettre de débouler à fond de balle sur une mer bien plate et donc de « démancher » assez vite. Après, à la pointe Bretagne, plusieurs options vont s’ouvrir à nous. Nous aurons le choix entre aller chercher le front au large et ainsi prendre vraiment baston ou rester sur une route plus intermédiaire pour éviter le plus gros du mauvais temps. Avec Bilou, nous sommes d’ores et déjà assez d’accord pour prendre la trajectoire qui nous semblera alors la plus raisonnable pour ne pas casser le bateau. Reste que dans tous les cas, ce sera humide et très inconfortable jusqu’au cap Finisterre, il n’y a aucun doute là-dessus ! »

© Marcel MOCHET

© Marcel MOCHET

Roland Jourdain, co-skipper du Multi 80 Prince de Bretagne : « Au moment du départ, tout à l’heure, il n’y aura pas beaucoup de vent et cela nous libère un peu de stress. Bien sûr, cela ne veut pas dire que nous n’allons pas transpirer un peu, mais ce sera un peu mieux. Cette nuit, ce sera certainement assez sympa parce que nous aurons du vent de travers en bâbord amure et que ça dropera bien. C’est dans le golfe, comme Lionel l’a dit, que les emmerdements commenceront véritablement. Nous aurons alors de la grosse mer et du vent. Ce ne sera pas très rigolo, c’est sûr, mais avec le Maxi80 Prince de Bretagne qui a déjà fait ses preuves et qui est bien éprouvé par Lionel depuis un moment, ça donne un minimum de confiance pour aborder la situation ce qui n’est peut-être pas le cas de tous nos petits camarades de jeu. Certains n’ont, en effet, pas encore rencontré des conditions aussi balèzes avec leur monture actuelle. »

 

François Gabart skipper de Macif : « Je suis content d’y aller, je suis déjà concentré parce qu’il va falloir qu’on fasse passer ce grand bateau dans le petit trou. Après on aura un peu de temps pour regarder encore la course. Avant de venir, j’ai jeté un œil sur la météo, même si nous avons le schéma bien en tête. Sur le départ, nous aurons du petit temps, du courant, beaucoup de bateaux, et ensuite il y aura du vent et beaucoup de mer à partir de demain. Ca va aller vite, donc il va falloir rentrer vite dans le match. Demain soir, on sera au cap Finisterre, on aura 24 à 36 heures rock’n roll. Sur une course comme ça qui va très vite, il faut vite être dans le match, il faut être dans le coup sportivement tout de suite. »

Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim : « On part le 25 octobre et on sait qu’on s’expose à des dépressions hivernales. La décision de la direction de course est claire. Ce matin, le briefing météo était concis. Il est du ressort de la liberté de chacun de partir ou pas. Ce ne sont certes pas les conditions optimales pour ceux qui ont beaucoup bossé sans avoir assez de temps pour se préparer. De notre côté, notre bateau a deux ans et nous avons beaucoup navigué : nous avons déjà fait quatre traversées de l’Atlantique. D’après les routages météo, nous ne serons pas dans des endroits scabreux au moment où les conditions seront viriles.

© Yvan Zedda / Sodebo

© Yvan Zedda / Sodebo

Après l’été indien qui va nous permettre de partir avec toute la toile sous le soleil, et dans des vents faibles, les conditions vont progressivement se dégrader et nous allons descendre la Manche sur un seul bord dans des vents de sud de plus en plus forts. Petit à petit, nous serons contraints de réduire la voilure jusqu’à porter le minimum. En arrivant dans le golfe de Gascogne, nous trouverons de la mer formée et du vent avec des vagues de 6 mètres en moyenne et jusqu’à 9 mètres pour les plus grosses. Le jeu sera de trouver le bon compromis entre l’énergie des vagues et du vent. En arrivant à la pointe nord ouest de l’Espagne, après 36 heures de course, il faudra être particulièrement vigilant. C’est un endroit mal famé où la mer est très dure. »

Yves Le Blevec, skipper de l’Ultim Actual : « La dépression dont tout le monde parle depuis quelques jours est très évolutive. Selon les modèles météo, les prévisions sont assez différentes et celles d’aujourd’hui sont plutôt meilleures que celles d’hier… Cela peut bien sûr encore changer. Les routages conseillent d’aller assez au large, là où il y aura le plus de vent et de mer. Même si le gain sur le papier est important, ce n’est pas la stratégie que nous suivrons. L’objectif reste de naviguer de la façon la plus sécuritaire qui soit pendant les deux premiers jours de course. »

 

Transat Jacques Vabre J-1 : 4 Ultimes au départ

Le plateau de cette Transat Jacques Vabre en multicoque est réduit pour cette 12ème édition : quatre Utimes et quatre Multi50.

Lors de la précédente édition en 2013, seuls deux MOD70 avaient été engagés (les Ultimes n’étaient pas autorisés à participer).
Cette année aucun MOD ne sera présent sur la ligne, Spindrift 2 est exclu par les instructions de course limitant la longueur à 105′, et est en stand by pour le Trophée Jules Verne, tout comme Idec Sport (ex Banque Populaire VII). Francis Joyon aurait pu aligner son trimaran mais a préféré tenter le tour du monde en équipage.
Qingdao China respecte les conditions de jauge mais le navigateur chinois Guo Chuan a prévu un programme de record.

Les quatre prétendants à la victoire dans la classe ultime sont donc :

  • Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim’

Après une Route du Rhum avortée suite à une collision avec un cargo, Thomas Coville aura à coeur d’inscrire une première ligne au palmarès de son bateau. Mais il aura probablement une pression de résultat du fait de son statut de grand favori de cette course.

Le skipper a mis ce bateau à l’eau en mai 2014, il s’agit de l’ancien Géronimo d’Olivier de Kersauson profondément remanié (il ne reste qu’une partie des flotteurs, la bôme et les bras de liaison du trimaran d’origine, l’avant des flotteurs, la coque centrale ont été redessinés, les flotteurs ont été renforcés afin de recevoir des foils issus d’USA 17, le trimaran de 90′ à aile d’Oracle Racing vainqueur de la 33ème Coupe de l’America).
Le mât a été construit dans les moules de celui de Groupama 3 version solitaire (également ex Banque Populaire VII et désormais Idec Sport) , les deux bateaux ayant des dimensions et un plan de voilure proche.
Thomas Coville ‘est adjugé les services de Jean Luc Nélias, un habitué des multicoques et spécialiste du routage météo. Le duo fait donc parti des grands favoris. La météo musclée du début de course devrait également favoriser le trimaran puissant et taillé pour le tour du monde.
Qui plus est ce couple est celui qui a probablement le plus navigué  au cours des derniers mois avec notamment un aller retour au Brésil en guise de préparation.

  • Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sur Prince de Bretagne

Le skipper normand est également un grand spécialiste du multicoque. Il pourra compter sur Roland Jourdain dont le CV est aussi conséquent que celui de Lionel Lemonchois. Les deux hommes se sont régulièrement entrainé sur le Multi 80′ Prince de Bretagne.

Le trimaran a comme base un ancien 60′ ORMA (Sodebo) la largeur a été conservée alors que la longueur a été portée à 80′. Ce cocktail donnant un trimaran évolutif et à l’aise dans les phases de transition.
Dans des conditions médiums et variables le duo pourrait prendre l’avantage sur les grosses unités.
Le début de course musclée pourrait donc  être défavorable, qui plus est l’équipage est plus exposé que les autres du fait d’un franc bord plus faible que ses concurrents.

  • Yves le Blévec et Jean Baptiste Levaillant sur Actual

Yves Le Blévec a choisi d’embarquer le très recherché Jean Baptiste Levaillant pour sa première course sur son nouveau bateau. Le duo n’aura eu que peu de temps pour découvrir ce nouveau support et devrait naviguer de façon assez prudente.

Le trimaran est l’ancien Sodeb’O, sa fiabilité après trois tours du monde est éprouvée. Le bateau reste relativement rustique avec une largeur relativement faible en faisant un bateau moins puissant que les derniers nés.

  • François Gabart et Pascal Bidégorry sur Macif

Le trimaran de François Gabart est le premier bateau dessiné pour participer au circuit du Collectif Ultim, il est donc été créé pour des navigations en solitaire et bénéficie de l’expérience de VPLP. Son potentiel de vitesse devrait donc être supérieur à Sodeb’O mais le duo manquera de mise au point pour totalement exploiter celui-ci.

François Gabart a choisi d’embarquer Pascal Bidégorry, qui a navigué sur tous les multicoques récents (ORMA, MOD, maxis), il bénéficiera aussi de son expérience dans la phase d’optimisation et de fiabilisation après la course.
Le trimaran ne sera doté que d’un foil sur cette course (le second n’ayant pas pu être construit dans les délais), ceci pourrait le désavantager quelque peu, mais les deux hommes espèrent pouvoir compenser ce déficit par un gain en vitesse. Même si le duo ne s’engage pas pour faire de la figuration, l’objectif numéro 1 reste d’engranger de l’expérience et de fiabiliser le trimaran.

Le point sur la classe Ultime

  • Le trimaran Ultim Actual a été mis à l’eau hier après un court chantier chez Multiplast. Il reste désormais un mois pour  qu’Yves le Blévec et son coskipper Jean Baptiste Le Vaillant prennent en main le bateau avant le départ de la Transat Jacques Vabre. Il n’y a pas eu de modification sur l’ex Sobed’O lors du chantier. Le team rejoint le collectif Ultim, qui organisera le circuit des multis solos dans les années à venir
  • Deux autres engagés sur la Transat Jacques Vabre enchainent les navigations d’entrainement, Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim et Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sur le Maxi 80 Prince de Bretagne.
  • Le dernier né et également engagé sur la Transat Jacques Vabre, le trimaran Macif ; est actuellement amarré à Port la Forêt pour un court chantier suite à une avarie sur la coque centrale après la rupture d’une pièce d’accastillage. Les entrainements devraient reprendre la semaine prochaine pour François Gabart et Pascal Bidégorry.
  • L’équipage de Spindrift racing a également enchainé les sorties d’entrainement sur Spindrift 2 dont le stand by pour le Trophée Jules Verne débutera le 15 octobre. Le team terminera d’ici là la saison de D35 ce week end et le Bullitt GC32 racing la semaine prochaine.
  • Idec Sport devrait être mis à l’eau dans la quinzaine à venir. Le trimaran sera en stand by pour le Jules Verne début novembre. Francis Joyon rejoint également le collectif Ultim.

 

Team Actual achète l’ex Sodeb’O

Yves le Blevec, skipper d’Actual va changer de bateau, après avoir été l’un de leaders de la classe Multi 50′ durant plusieurs années, il s’attaque au circuit des maxis multiccoques.

Actual a en effet fait l’acquisition de l’ex Sodeb’O, le trimaran de 31m sur plans Irens/Cabaret va intégrer le circuit Ultim, la première course sera la Transat Jacques Vabre.

Samuel Tual, Président du Directoire du Groupe Actual : « Pour accompagner notre projet d’entreprise 2015-2021 nous avons décidé de poursuivre notre engagement dans la voile auprès d’Yves le Blevec, au travers d’un programme encore plus audacieux. L’engagement de notre ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire ndlr) dans la classe Ultim va nous permettre de participer à des épreuves exigeantes, bord à bord avec de grands groupes… Je suis particulièrement heureux et enthousiaste de relever ce challenge avec tous nos collaborateurs, car je sais qu’ils ont toutes les compétences et la motivation nécessaires pour se mesurer à eux !

Nous avons l’ambition de participer aux plus grands challenges de la classe Ultim et de faire partie des équipes les plus performantes de cette flotte. Et nous le ferons en adéquation avec nos principes managériaux basés sur la confiance, l’authenticité, l’engagement, l’exigence. Des valeurs partagées par notre skipper. »

Yves le Blevec, skipper Actual : « C’est un défi qui correspond bien à nos profils, celui du Groupe Actual et le mien. Nos projets sont allés crescendo, depuis mes premiers bords en Mini, en 2001. Là, nous agrandissons sensiblement le terrain de jeu, d’un point de vue sportif et d’un point de vue médiatique. Le bateau est fiabilisé. L’objectif est donc de naviguer le plus possible pour participer à un maximum d’événements, mais avec mesure, comme je l’ai toujours fait depuis le début de notre partenariat avec Actual.

Le team va s’agrandir, nous changeons de dimension, mais je tiens à garder une équipe à taille humaine. Nous abordons ce programme avec raison, prudence et humilité, en exploitant au mieux les moyens dont nous disposons. Et avec toujours la même énergie et la même volonté de faire le mieux possible, bien sûr. »

Patricia Brochard, co-présidente de Sodebo : « Chez Sodebo, nous sommes bien sûr ravis de cette transmission. Nous sommes particulièrement heureux pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ce trimaran que Thomas Coville, notre skipper, a su faire évoluer au fil des années et des courses, reste en France. Nous nous réjouissons aussi qu’un skipper de la trempe d’Yves Le Blevec prenne la barre de ce projet et du bateau. Il saura parfaitement le mener et l’apprécier. Par ailleurs, la poursuite de l’engagement d’Actual qui partage nos valeurs de liberté, d’engagement et de plaisir est une seconde bonne nouvelle qui démontre, une fois de plus, l’intérêt du sponsoring voile pour les entreprises qui souhaitent renforcer et médiatiser leurs projets auprès des cibles interne et grand public. Pour conclure, nous sommes ravis d’accueillir à nos côtés Actual qui rejoint le Collectif Ultim dont nous allons annoncer très prochainement le programme pour les années à venir. »

Thomas Coville, skipper Sodebo : « En prenant la décision d’accepter l’offre d’Actual alors que le bateau aurait pu partir à l’étranger, Patricia Brochard respecte ses engagements aux côtés de la voile de demain. Ce choix, que j’estime très cohérent autant sur le plan sportif qu’humain, sert le Collectif Ultim. La passation avec Yves que je connais sera facile, intelligente et intéressante ».

Séb Josse et Charles Caudrelier remportent la Transat Jacques Vabre en MOD 70

Sébastien Josse et Charles Caudrelier sur le MOD 70 Groupe Edmond de Rothschild ont remporté aujourd’hui la Transat Jacques Vabre. Ils ont franchi la ligne d’arrivée à Itajaí au Brésil à 18h03’54’’ (heure française) après 11 jours, 5 heures, 3 minutes et 54 secondes de course, soit une vitesse de 20,7 nœuds sur la route (22,12 nœuds de vitesse moyenne), le duo aura mené la course de bout en bout devant leur adversaire Oman Air-Musanda, mené par Sidney Gavignet et Damian Foxall. Les deux marins naviguant sur le trimaran omanais avaient pourtant refait une partie de leur retard dans la traversée du pot au noir avec seulement 2 heures d’écart au passage de l’équateur, puis se réduisant à 20 milles (en distance au but), à 48 heures de l’arrivée, mais les skippers du MOD70 du Gitana Team aidés par  leurs routeurs à terre,  Jean-Yves Bernot et Antoine Koch, ont parfaitement négocié l’arrivée sur le Brésil et remportent donc cette course.

 

Leur sentiment à l’arrivée :
Charles Caudrelier : « Je ressens du soulagement car ces bateaux sont stressants. On vit avec la peur permanente du chavirage, il faut trouver la bonne limite. Niveau stress, fatigue et dépassement de soi, cette Transat Jacques Vabre dépasse largement tout ce que j’ai pu faire avant. Nous avons mené la course depuis le début mais le retour d’Oman Air-Musandam ces derniers jours nous a fait peur. Je ressens aussi du bonheur, et de la fierté : je réalise un rêve de gosse. »
Sébastien Josse : « C’est effectivement un soulagement d’arriver à Itajai. En monocoque, la quille apporte une sécurité. En multi, le stress est omniprésent. On s’est fait une grosse frayeur au large de Gibraltar : je me suis endormi et nous avons failli chavirer par l’avant. J’ai eu le réflexe de tirer la barre, le flotteur a planté dans l’eau. Le bateau est heureusement retombé du bon côté. On ne pouvait même pas se préparer une boisson chaude : pas de petits plaisirs à bord d’un MOD70, rien de superflu. »

La navigation en double en MOD70 :
Sébastien Josse : « En équipage on est toujours très proche de la limite. Nous avons essayé de nous approcher de cette limite en double. Nous avions un bon rythme. Il fallait trouver le bon curseur face à Sidney Gavignet et Damian Foxall qui savent eux-aussi pousser leur bateau. Le mot d’ordre : garder la plateforme à plat en allant vite.»
Charles Caudrelier : « C’était très usant car il y avait en permanence l’un de nous deux à la barre. Et on ne la lâchait pas pendant nos quarts. Pour faire la moindre action il fallait réveiller l’autre. Dans les grosses conditions, on ne peut pas se permettre d’aller régler seul une voile sans prendre un risque de chavirer. L’autre option aurait été de ralentir : mais sommes des compétiteurs donc on n’a pas fait ça. On a eu une météo exceptionnelle, des conditions très rapides. Ce qui nous a permis d’aller quasiment aussi vite qu’en équipage.Nous avons beaucoup travaillé ensemble en amont, nous nous connaissons bien. On a bien préparé notre coup. Nous avons tous les deux une bonne expérience du solitaire et du double. »

Début de course sans problème pour les MOD, un chavirage en 50′

Après 4 jours de course, les duos engagés sur la Transat Jacques Vabre  dans les classes multicoques ont désormais tous parés le Cap Finistère.

En MOD 70, les deux bateaux en course ont déjà passé les Canaries, après avoir dégolfé sans réel problème malgré des conditions soutenues. Les trimarans suivent la même trajectoire avec un avantage pour Groupe Edmond de Rothschild mené par Seb Josse et Charles Caudrelier, Oman Air Musandam, de Sidney Gavignet et Damian Foxall pointent à 45 milles du leader. Ils devraient entrer dans le pot au noir d’ici 48 heures.

Sébastien Josse : «Nous avons actuellement 14 nœuds de vent, la mer est quasiment plate (1,5 mètres). Ce devrait être notre première journée de navigation au sec depuis le départ ! On ressent nettement le changement de température et le soleil est enfin de la partie ; il va falloir bien se protéger à la barre. Juste après le dévent de Madère, nous avons fait notre premier beau planté de la Transat. J’étais à la barre, le bateau sous gennaker et un grain est arrivé. Dans l’abattée, le bateau a enfourné»

Damian Foxall : « Nous avons modifié les réglages du bateau durant les six dernières heures, et nous allons maintenant un peu plus vite. Notre safran central est remonté, nous avons donc dû ralentir pour le remettre en place, mais tout va bien maintenant, même si nous avons perdu un peu de terrain sur Gitana, nous allons nous battre pour revenir. Nous sommes plutôt contents de ce que nous sommes en train de faire. Nous sommes toujours dans du vent d’est, ce qui nous permet de faire route à l’ouest, et c’est ce que nous devons faire. Nous avons dû monter dans le mât au large du Cap Finisterre pour débloquer une drisse, ce qui nous a coûté quelques milles. Quelques autres petits soucis se sont ajoutés et nous ont fait perdre quelques milles de plus, mais nous nous en sortons bien et nous espérons les rattraper, il y a encore un long chemin à parcourir ! »

Les MOD 70 dans le raz de Sein

En Multi 50, le Golfe de Gascogne a contraint l’équipage de Maitre Jacques a stoppé, en effet les deux Loic (Fequet et Escoffier) ont vu l’étrave tribord de leur flotteur se casser nette avant hier. Les skippers ont rejoint la Corogne sans assistance.

Loïc Féquet : « Nous avions eu une nuit difficile, mais le vent et la mer ont été beaucoup moins forts que ce qui avait été annoncé. Nous avions d’ailleurs fait un contre bord à l’ouest à l’entrée du golfe de Gascogne (sur les conseils de notre routeur), non seulement pour éviter la mer plus formée dans le sud du golfe, mais aussi en prévision de la redescente sur le cap Finisterre. Le vent était même tombé à 10 nœuds samedi matin, et nous attendions d’être sûrs qu’il ne se renforce pas trop pour renvoyer de la toile. Les deux vagues qui ont provoqué la casse du flotteur n’étaient pas plus grosses que les autres, et nous n’attaquions pas du tout. D’où l’hypothèse de l’usure… «Nous avons pas mal échangé à ce sujet avec notre équipe et l’architecte du bateau. C’est encore difficile à dire, mais il semble que l’âge du bateau*, mis à l’eau en 2005, soit une cause assez plausible. 

Lorsque le flotteur a cassé, nous n’avions pas des conditions dantesques et nous naviguions de façon à préserver le bateau justement. Nous étions à 100° du vent, avec deux ris et la trinquette, il y avait 20 à 25 nœuds, et la mer était maniable. Cela n’avait rien à voir avec les conditions vraiment musclées rencontrées il y a deux ans sur cette même Transat Jacques Vabre. 
Une cause possible serait aussi qu’il y ait eu un point d’impact un jour, lors d’une manœuvre ou à cause d’une grosse vague et que cela ait créé un point de faiblesse… »
Aujourd’hui nouvelle déconvenue dans la classe hier au soir, Lalou Roucayrol et Mayeul Riffet sur Arkema ont chaviré à 200 milles des côtes portuguaises. Ils naviguaient au contact de Fenêtréa Cardinal au moment de l’incident, le duo n’a pas demandé d’assistance, un remorqueur a été affrété, la plate forme a été sécurisée et le trimaran sera retourné avant de rejoindre Lisbonne.
Les explications sur le chavirage,  Mayeul Riffet : « On avait 12-18 nœuds de vent, le bateau est parti au lof, les safrans ont décrochés, et en 3 secondes le bateau s’est retrouvé à l’envers. On a voulu choquer, c’était bien trop tard. On était sous gennaker donc ça a enfourné quand même. J’étais à l’intérieur, j’ai essayé de sortir mais je n’y suis pas arrivé. Lalou (Roucayrol) est arrivé à nager par dessous et rentrer par la petite trappe. Le trimaran, ou tout du moins la plateforme, est complètement sécurisé. Nous avons passé la matinée et le début d’après-midi dans l’eau afin de couper tout ce qui trainait sous le bateau. Il restait quelques morceaux du mât et nous avons tout lâché. Toute la nuit dernière, la bôme et le reste du mât tapaient dans la coque centrale et nous avions peur que cela crée des dommages plus importants. Il y a encore beaucoup de mer et nous sommes ballotés dans tous les sens. Nous avons la chance d’avoir de l’énergie pour recharger le téléphone satellitaire, à boire et à manger. Cette nuit, nous ferons des quarts de surveillance à l’extérieur du trimaran pour éviter toute collision avec d’autres navires. Nous sommes bien sûrs très secoués et attendons avec grande impatience que notre équipe et le remorqueur viennent à notre rencontre. »
Deux des favoris sont donc hors jeu, Yves Le Blévec et Kito de Pavant ont quant à eux fait un arrêt technique à Madère pour réinstaller une pièce de l’anémomètre en tête de mât d’Actual. L’arrêt a duré environ une heure, le duel face à FenêtréA-Cardinal (Erwan Le Roux/Yann Elies) a donc repris. Les deux trimarans ont pris un cap à l’Ouest afin d’aller chercher de la pression.

Edmond de Rothschild et Arkema vainqueurs de la Route des Princes

Cette dernière off-shore de la Route des Princes aura de nouveau été très disputée dans la classe des MOD70, en effet Oman Air Musandam et Edmond de Rothschild pouvaient prétendre à la victoire finale hier au moment de départ de ce dernier sprint à destination de Morlaix.

L’équipage de Sidney Gavignet  était le premier à franchir le  point de passage obligatoire au niveau de Land’s End hier, pui c’était Sébastien Josse et ses hommes qui empochaient le point bonus au passage de la Roche Gautier.

L’équipage du MOD 70 Edmond de Rothschild décrochait dans la foulée sa première victoire d’offshore sur cette route des princes et s’adjugeait la première place au général. Oman Air-Musandam  prenait la 2e place sur cette étape et au général. Spindrift prend la troisième place,  malgré son chavirage en baie de Dublin le 22 juin dernier en raison du système d’attribution des points spécifique de l’épreuve,  Virbac-Paprec 70 termine 4e , malgré tout l’équipage de Jean Pierre Dick n’aura pas démérité sur cette course, en restant le plus souvent au contact de la flotte.

Sébastien Josse, skipper du MOD70 Edmond de Rothschild :

« On arrive à gagner l’épreuve en remportant la dernière étape. C’est la victoire qui nous manquait au large. Le Large où on n’avait pas connu beaucoup de réussite depuis le début de l’épreuve. Là, on a navigué au contact. On n’a pas très bien régaté au début. On a joué au chat et à la souris avec Oman Air-Musandam jusqu’à cette nuit. Ensuite, on a entamé une petite bataille d’empannages et on a tiré notre épingle du jeu au petit matin en passant Roche Gautier en tête. Après, on a contrôlé. On a essayé de naviguer au mieux pour franchir la ligne d’arrivée le plus vite possible. On voulait que ce soit le plus propre possible. On voyait que Virbac-Paprec 70 n’était pas très loin et on ne savait pas ce qui pouvait se passer avec la renverse du courant. On s’est dit que plutôt que de stresser sur la fin du parcours, il fallait continuer à faire au mieux pour ne pas avoir de regret. Le bilan est très positif. L’année dernière, sur l’European Tour MOD70, on n’avait pas très bien marché mais on avait montré notre potentiel. Cette année, on confirme notre potentiel et c’est une bonne chose. On a quand même un peu manqué d’audace sur certaines étapes off-shore mais une fois que chacun a eu trouvé ses marques à la fin, c’était plus facile. C’est plus que satisfaisant. »

Sidney Gavignet, skipper du MOD70 Oman Air-Musandam :

« C’est très râlant, en arrivant j’étais un peu triste, j’aurais bien aimé offrir ça à l’équipe, au sponsor, à la famille, et je n’ai pas réussi. C’est une belle deuxième place, on a animé la course, on a été de bons acteurs. Je suis très content de l’ambiance qu’il y avait dans l’équipe, pour un skipper c’est très important, ça veut dire que tu fais une bonne partie du boulot. Toute l’équipe avec les omanais, on a augmenté notre niveau de jeu, Farhad a progressé, Ahmed est tout jeune, c’est une bonne recrue.

Sur la dernière manche, il fallait aller plus à l’est de tout le monde, et Edmond de Rothschild a réussi a nous pousser, il ont bien joué.

C’est une très belle course, je voulais remercier Prince de Bretagne, on a beaucoup de chance d’avoir un sponsor qui organise une si belle course. »

© M. Mochet/RDP

Jean Pierre Dick, skipper du MOD70 Virbac Paprec 70 :

« On est parti au près jusqu’à Wolf Rock cette nuit et ça a été assez orageux. Cela a donc créé quelques surprises. De notre côté, on a tiré un petit bord qui nous a été un peu fatal. Du coup, on est passé troisième mais on est arrivé à bien se refaire sur  le bord de portant et on a passé la bouée Roche Gautier très près d’Oman Air-Musandam qu’on a doublé ensuite. Malheureusement, il a bien tricoté après et on est arrivé quelques secondes derrière lui. La satisfaction, c’est qu’on a navigué au contact avec les cadors de la série et ça c’est une bonne chose. La petite déception, c’est qu’on soit derrière bien sûr, mais Paris ne s’est pas fait en un jour. Il faut un peu de temps. On a beaucoup appris. Dans les transitions, on manque toujours un peu de fluidité et on perd un peu pied à certains moments mais bon, ça se joue vraiment dans le détail. On est un peu déçu de terminer 3e mais ce n’est pas grave, on va vite passer à autre chose. »

Yann Guichard, skipper du MOD70 Spindrift :

“Je tiens vraiment à saluer le vainqueur de la course Edmond de Rothschild pour sa victoire dans la course, ils ont été notre concurrent le plus redoutable pendant les épreuves. Notre chavirage à Dublin a fait s’évaporer toutes nos chances de victoire sur la Route des Princes, mais grâce à tous les points engrangés sur les premières étapes, nous terminons quand même sur le podium et pour ça on est super contents”.

En Multi50, Erwan le Roux, sur FenêtréA Cardinal a remporté cette dernière étape devant Lalou Roucayrol, malgré un bel enchainement de performance sur la fin de course, l’équipage de FenêtréA Cardinal (ex Crèpes Whaou 3) termine à la seconde place du général, Lalou Roucayrol remporte l’épreuve sur le dernier Multi50 mis à l’eau. Le skipper d’Arkema réalise une superbe performance et s’est assuré du potentiel de son trimaran, « dérivé » d’Actual. Yves le Blévec termine 3ème de l’étape et au général, devant Gilles Lamiré qui découvrait son nouveau bateau, l’ex Prince de Bretagne, vainqueur de la Route du Rhum 2010.

© M. Mochet/RDP

Erwan le Roux, skipper du Multi50 FenêtréA-Cardinal :

« Sur cette quatrième étape, on a fait la course parfaite. Il fallait partir devant et c’est ce qu’on a fait. On est sorti de Plymouth bien en tête et on a attaqué le bord de portant pour aller sur les Minquiers en confiance, avec un peu d’avance sur les copains. En fin de nuit, on a vu un Lalou (Roucayrol) conquérant arriver, et nous passer comme une fusée. Je crois que son bateau est fait pour le portant et on n’a rien pu faire. Il ne manque pas grand-chose pour qu’on prenne ce fichu point de bonus spécial qui nous aurait permis d’être devant mais voilà… Après, on a cravaché pour revenir sur lui, même si on savait qu’on ne gagnerait plus la Route des Princes. Cependant, on voulait la victoire d’étape et on est allé la chercher au plus près des cailloux, dans le courant… On a tout fait. C’était très sympa, on a fait une belle navigation. Je pense qu’on a montré un bel état d’esprit et je suis assez fier de mon team. Sur la course, on a été un peu un diesel, il aurait fallu une 5e étape ou des points sur les in-shore (rires), mais bon, c’est comme ça ! En tous les cas, je suis super content pour Lalou. C’est un nouveau bateau dans la classe, il est bien servi et tant mieux pour lui et ses partenaires. Je crois qu’on a tous livré une belle bataille. Malheureusement, il faut un classement. Le plus triste dans l’histoire, je pense que c’est Yves (Le Blévec), mais on va aller le consoler quand il arrivera à terre ! »

Lalou Roucayrol, skipper du Multi50 Arkema-Région Aquitaine :

«On a fait une très belle descente sous gennak’ entre Eddystone et les Minquiers et franchement, on s’est régalé parce qu’il y avait 17-18 nœuds et du brouillard. C’était donc de la navigation au feeling et on marchait vraiment comme des avions. Cela nous a permis de repasser tout le monde parce qu’on était parti avec un peu de retard après s’être fait enfermé sur la ligne de départ. A partir d’Eddystone, on a commencé à attaquer un peu et on a doublé nos concurrents les uns après les autres. On a passé la bouée cardinale des Minquiers en tête, décrochant ainsi le point et demi de bonus spécial. Après, on s’est retrouvé un peu empétolé dans du clapot et c’était assez merdique. On a plutôt bien navigué mais on a eu un coup malheureux et Erwan Le Roux est repassé devant. En fait, il n’y a rien eu de très significatif sur la partie pour revenir jusqu’à Roscoff parce que c’était quand même très mistoufleux. Mayeul (Riffet) aime bien jouer avec la caillasse. On était à contre-courant tout le long et on est allé virer sous Code 0 à 10 mètres des rochers, au milieu des pêcheurs. C’était chaud mais ça a permis de découvrir le paysage (rires !). C’est la première régate du bateau et donc sa première victoire. Je suis super content pour toute l’équipe. Au total, c’est une belle récompense pour les 17 mois de construction et les 22 0000 heures de travail. Je suis super heureux. L’équipage et moi sommes aux anges. Au départ, on partait sur une course d’entraînement et au final, on gagne. C’est totalement inespéré. C’est le résultat de beaucoup d’efforts et de beaucoup de travail de plein de gens. C’est vraiment le top ! »

Yves le Blévec, skipper du Multi50 Actual :

« On est très content de terminer cette Route des Princes. C’est une épreuve vraiment sympa et son format est génial. Evidement, on est quand même un peu déçu de terminer 3e parce qu’on était bien parti dans cette manche et, hier, à la tombée de la nuit, il nous est arrivé un truc incroyable ! On est tombé dans un trou de vent alors qu’il y avait de l’air soutenu en Manche. On s’est arrêté complètement pendant une demie heure. Du coup, on a pris un retard énorme qu’on a rattrapé toute la nuit. On est arrivé pas très loin des autres aux Minquiers mais on a perdu grave. Ca, on le vit avec un petit peu d’amertume quand même. Le point de bonus, on le sentait bien parce qu’au portant on avait vraiment la vitesse. Mais cela fait partie du jeu de la régate et c’est pour compenser toutes les fois où on a eu de la réussite. Reste qu’il y a une vraie déception. Il n’empêche que les vainqueurs sont des beaux vainqueurs et que tout le monde s’est bien bagarré. Je pense qu’on a participé à un beau spectacle sur cette Route des Princes. On a appris plein de choses, l’équipage s’est super bien entendu. Ce sont vraiment de bons moments. On a globalement bien navigué mais évidement on aurait préféré être à la place de Lalou (Roucayrol). »

Gilles Lamiré, skipper du Multi50′ Rennes Métropole-Saint Malo agglomération:

« Le départ ne s’est pas trop mal passé à Plymouth. On était bien sorti du Sound mais après on a eu un grand bord de portant et c’est vrai que notre grand gennak est plus petit que celui des autres. On savait donc qu’on n’arriverait pas à tenir leur cadence. On a réussi à rester au contact avec Actual mais les autres se sont échappés. A la cardinale ouest Roche Gautier, on est un peu passé deux heures après les autres et on a subi l’influence du courant. On a eu notamment eu le courant défavorable plus longtemps que nos camarades. Après, évidement, c’était dur de recoller d’autant que c’était plutôt assez mou et brumeux. Côté bilan, nous sommes arrivés deux heures après les autres Multi50, ce qui  n’est pas non plus catastrophique. On en tire plutôt du positif, on a bien manœuvré sur cette étape qui ne laissait pas trop de place à la stratégie. On vient de récupérer le bateau et cette Route des Princes était une excellente occasion de se mesurer aux autres bateaux de la classe pour arriver à jauger un peu la concurrence. Cela nous a aussi obligé tout de suite à prendre le bateau en main et en quelque sorte cela a boosté notre apprentissage, c’est bien. »

Enfin, Lionel Lemonchois sur le maxi80 Prince de Bretagne, a terminé devant les MOD70 sur cette dernière étape, démontrant le potentiel de son trimaran, conçu pour les épreuves en solitaire, dont la prochaine Route du Rhum.

Cette épreuve, organisée par son sponsor aura été un beau succès sportif avec des courses inshore et offshore très disputées dans les deux classes.

© M. Mochet/RDP

Lionel Lemonchois :

« C’est toujours bien de finir sur une bonne note. C’est l’artichaut sur le gâteau ! On s’est bien arraché, il fallait qu’on passe devant pour faire un beau final. On voyait qu’on était mieux en vitesse. Mais depuis le début de la course, on arrivait moins facilement à transformer parce qu’on ne connaissait pas aussi bien le bateau, donc là on a transformé ce potentiel qu’on voyait au départ. On sait mieux l’utiliser qu’il y a trois semaines. Nous avons constaté depuis Valence une belle marge de progression. La Route des Princes, c’est génial ! Se balader en Espagne, au Portugal, on devrait le faire plus souvent ! C’est sympa de voir d’autre pays d’Europe, d’aller à leur rencontre. »

Oman Air et FenêtréA Cardinal remportent l’étape Dublin-Plymouth

Sidney Gavignet et son équipage sur Oman Air-Musandam ont devancé Edmond de Rothschild et le maxi 80 Prince de Bretagne à Plymouth, cette étape de très petit temps a été raccourcie par le comité de course. Les teams engagés sur cette route de l’Europe ont eu fort à faire avec ces vents ératiques et ont du jouer avec les courants pour prendre l’avantage, en MOD70, Sébastien Josse était parvenu à recoller à Oman Air le long de la côte sud de l’Angleterre, mais Musandam s’était de nouveau échappé dans une risée.

Au classement général des MOD70, Oman Air Musandam et Edmond de Rothschild sont à égalité de points avec 126 unités, Spindrift pointe encore à la troisième position devant Virbac Paprec 70.

En Multi 50′, c’est Erwan le Roux qui décroche la victoire d’étape, devant Arkema Région Aquitaine, Yves le Blévec longtemps au contact avec FenêtréA Cardinal, n’a pu empêcher le retour des deux trimarans. A noter qu’il existe une réclamation du comité contre Arkema concernant le non respect d’une zone de DST, ce qui pourrait priver Lalou Roucayrol de quelques points.

Au classement général provisoire en Multi5à, Actual conserve la tête avec deux points d’avance sue Arkema et 4 sur FenêtréA Cardinal. Gilles Lamiré est 4ème.

Sidney Gavignet, skipper du MOD70 Oman Air-Musandam : « On peut dire que cette troisième manche de la Route des Princes, nous sommes allés la chercher loin et que, du coup, on la mérite. En plus, il n’y a pas de réclamation à l’arrivé, ça c’est spécial. On va peut-être passer une escale tranquille. Je crois que l’on anime bien la course depuis le départ, de diverses façons. On est un acteur qui fait du jeu. On est très content de la navigation que l’on fait alors que l’on n’a pas de navigateur. On pensait que cela pouvait être une faiblesse et on s’en sort bien donc c’est un plaisir à faire. C’est stressant mais bon, on ne va se pas se plaindre. Si on fait ce boulot c’est que l’on aime aussi le stress mais quand même, vivement la fin de la semaine que l’on puisse se détendre ! (rires). Notre score n’est pas mal (2 étapes offshore sur 3), c’est vrai qu’on est là ! Près de Tuskar, c’était une histoire de courant. Il y en avait beaucoup plus que ce que disaient les cartes. On avait déjà remarqué ça à l’aller et on pense qu’il y avait facilement 4 nœuds de courant. On a voulu aller se protéger, on est allés sur les bancs de sable façon Figaro, en gardant un tout petit peu plus de sécurité quand même. Je pense que quand on a 2 nœuds de courant en moins et bien ça fait deux nœuds de vent en plus et donc ça fait la différence.On ne s’est pas trop vite emballé de notre avance, on savait que ce n’était pas nécessaire de se dépêcher parce que plus tôt on arriverait dans la pétole. Mais là, on n’a pas eu une réussite énorme. Quand les autres étaient à 3 milles de nous, on faisait un noeud et eux quatorze. On se dit que l’on aurait pu avoir un meilleur trou de souris, mais bon, on ne va pas se plaindre parce qu’après on a continué. On n’a pas baissé les bras. Ca s’est joué à vraiment pas grand-chose pour avoir le pont de bonus à Bishop. Ce qui est bien dans notre équipe, c’est que l’on ne baisse pas les bras. Quand les choses changent, on reste patient, on ne panique pas et du coup on arrive à se sortir de situations délicates. »

Sébastien Josse, skipper du MOD70 Groupe Edmond de Rothschild : « On ne pensait pas finir aussi près d’Oman Air-Musandam c’est sûr, vu le premier coup qu’il nous a fait dans le DST du canal Saint-Georges. Il est passé avec 60 milles d’avance au Fastnet. On ne pensait pas le revoir aussi tôt, on s’est un peu battu. On a vu que tout était possible au passage des Scilly. Il y a eu un gros regroupement la nuit dernière. On a repassé une deuxième fois le front qui nous avait arrêtés après Bardsey. On l’a repassé dans l’autre sens, Oman s’est arrêté. On a décidé d’attaquer un petit peu plus nord. C’était de nuit dans 3-4 nœuds donc il y avait beaucoup d’incertitudes. On ne voyait rien, on a tout fait aux sensations. Il fallait essayer de déplacer le bateau tant bien, au gré du vent qui tournait toutes les deux minutes. C’était une période assez sympa. On avait aussi un contrôle sur l’AIS, sur l’ordinateur … mais bon après, il a démarré plus vite et la messe était dite. Nous avons apprécié le petit bord de portant du Fastnet aux Scilly parce qu’après c’était plutôt « multicoque dans la pétole ». Ce n’est pas le plus agréable car les flotteurs tapent d’un côté et de l’autre. Cela s’arrête aussi vite que ça démarre. Dans ces cas là, il faut être patient et ne pas trop s’énerver. Il faut relativiser. On voit que dans cette classe des MOD70, rien n’est jamais avant la dernière étape. Ca se joue parfois à un point pour savoir qui est l’heureux gagnant. Au niveau du bilan, on aurait préféré gagner, maintenant on s’est bien battu. Bien sûr, il y a un peu de déception. On sait qu’il y a du niveau. On va continuer comme ça. On va tout donner sur le prochain in-shore et sur la dernière étape pour Morlaix. »

Jean-Pierre Dick, skipper du MOD70 Virbac Paprec : « Cet offshore n’a pas été venté, c’est le moins que l’on puisse dire. On a pris un beau départ, on passe la bouée en tête, mais après les choses se sont moins bien enclenchées, notamment au passage du DST où on a décidé de passer à l’ouest. Oman Air a pris la poudre d’escampette dans la nuit, il a pris une belle option. Nous sommes restés au contact malgré tout avec Edmond de Rothschild et Prince de Bretagne. On était un peu derrière et du coup dans la pétole on s’est fait largué un peu plus. Au Fatsnet, l’écart commençait à être difficile à rattraper. C’est forcément un peu frustrant de ne pas réussir à revenir, même si on ne termine pas trop loin en temps. J’espère que la prochaine manche sera meilleure ! On s’est posé la question de passer le DST près de la côte, mais cela semblait risqué. Oman Air est allé au bon endroit, chapeau ! Au Fastnet, il avait une sacrée avance. Après, au passage des Scilly, pendant une journée, c’était très pétoleux. On pensait revenir par-dessous, mais ça n’a pas été le cas. Nous avons tout de même réduit la distance. L’ambiance à bord est excellente, on est là pour apprendre, il n’y a pas de pression monstrueuse, mais on a tous envie de bien faire, car nous aimons la compétition. Finalement le petit temps ça ne fait pas de mal, après les conditions plus toniques auparavant. Nous continuons notre apprentissage… »

Lionel Lemonchois, skipper du Multi 80 Prince de Bretagne : « Le hook de la drisse de grand gennaker a cassé. Cet après-midi par mer plate, je suis monté en haut, et j’ai fait un brêlage pour mettre la drisse là-haut et ainsi pouvoir réutiliser le grand gennaker. Toute la partie sud Irlande avant le Fastnet, c’était du gennaker par petit temps, et finalement on s’en ai pas trop mal sorti, mais on aurait eu le grand gennaker, ça aurait été tout de même bien mieux. Même en descendant jusqu’au Scilly, on en aurait eu besoin. D’ailleurs, Edmond de Rothschild nous remet 30 milles dans la descente, parce qu’on on a été obligé  de faire deux empannages alors que lui allait tout droit. Après les scilly, le vent est tombé jusqu’à ce matin. C’était : courant, pétole, bruine, pas super beau temps. Il faut donc improviser, il faut essayer de faire avancer le bateau, de faire un peu de vent apparent, et faire avec les courants d’air qu’on a. Ce n’était vraiment pas rapide. Plusieurs fois, on a été à 0, le bateau était arrêté. Ces bateaux quand ils s’arrêtent, c’est exceptionnel.  Nous avons bien tricoté, mais on aurait eu ce grand gennaker, on aurait peut être été devant Edmond de Rothschild. Quand on a remis le grand gennaker cet après midi, tout de suite on a gagné deux nœuds et on a recollé Edmond de Rothschild , ça allait beaucoup mieux ! ».

Erwan le Roux, skipper du Multi50 FenêtréA Cardinal : « Cette étape a été compliquée, très compliquée ! A chaque fois on prend des beaux départs et on fait ce qu’il faut pour être devant mais on se fait avoir trente minutes après le coup d’envoi. Là, quelques milles après Dublin, Actual a empanne parce qu’il a été obligé de le faire et il nous a collé 13 milles d’un coup. Il a fallu cravacher pour revenir sur lui et une fois que ça a été fait, Lalou Roucayrol est parti de son côté, à droite. C’est sans doute ce qu’on aurait fait si on avait été dans sa situation, derrière. C’est comme ça qu’il nous a mis un caramel et qu’il a passé Bishop en tête. Mais comme on n’avait pas le Pos Report, on a pensé que c’était nous qui avions le point de bonus sauf qu’à un moment donné, on a regardé sous le vent et on l’a vu. On s’est dit que ce n’était pas possible et ça nous reboosté à 100% pour aller le chercher. On s’est accroché à ses basques pour partir avec lui et ne pas le laisser filer. A la fin, on a gardé le décalage qu’on avait créé toute la nuit puis d’un coup on est parti, sans trop savoir pourquoi. Il fallait avoir un peu de réussite, celle que l’on n’avait pas eue lors des deux premières étapes. Sur les derniers milles, il y a eu beaucoup de courant mais on avait du vent pour étaler, donc ça a été. Cette nuit, en revanche, ça a été un peu chaud. On culait presque. C’était un peu tendu, les vitesses n’étaient pas folichonnes. On a cravaché dur, on a continué à faire avancer le bateau à 100%, les gars n’ont rien lâché. C’est génial. On a essayé un système de quart un peu différent sur cette manche. Du coup, il y avait toujours trois personnes sur le pont. On avait toujours quelqu’un aux réglages. Idem à la nav. Donc on avait l’info et le retour de l’info. Alors, effectivement, on restait 6 heures sur le pont mais ça bien fonctionné. On est super content. Ca remet les compteurs à zéro. Je suis très content, du bateau et de l’équipage. »

Lalou Roucayrol, skipper du Multi 50 Arkema Région Aquitaine : « On a récupéré un pigeon bagué qu’on a hébergé, logé, nourri, blanchi, pendant plus de 24 heures et qui nous quand même sali l’intérieur du bateau. Si le pigeon n’avait pas été là, on n’aurait pas fait cette option incroyable ! Alors on se dit qu’il nous a porté chance ! En fait, on a eu du bol de rester au milieu, les autres allaient à la côte… Dans ce genre de course rien n’est jamais joué, on a tenté le tout pour le tout, on a eu la bascule et là bingo ! Mais c’est tellement incertain. Avec FenêtréA-Cardinal, on est resté côte à côte toute la nuit, à se doubler, à se repasser devant. Et ce matin, il est parti plus au large, tandis que sommes restés à la côte. Et voilà, FenêtréA est parti. Mais on est super content d’avoir joué dans le petit temps avec le bateau… On a mis au départ le code zéro, on l’a gardé jusqu’à l’arrivée. Tout le long, c’était le jeu de l’accordéon, c’était très aléatoire. Surtout qu’on a eu beaucoup de courant. Même 2-3 nœuds de courant, ce n’est pas à négliger. Aux Scilly, on était bien, et puis on est tombé dans la molle, on s’est fait aspiré par le courant…  On a fait de la marche arrière ! C’est beaucoup de fatigue nerveuse et physique parce qu’on est tout le temps sur les réglages. On a passé la nuit aux réglages. On est super content d’être là ! »

Yves le Blévec, skipper du Multi50 Actual : « C’était long, surtout cette nuit. Sur la cartographie, à un moment donné on est passé à un point puis on est repassé au même trois heures après : incroyable ! Pas de vent et du courant de face… On a essayé d’écrire Actual, le numéro du bateau… C’était n’importe quoi ! Avant Bishop, on était un peu à la bagarre avec FenêtréA-Cardinal, et Arkema – Région Aquitaine a choisi de traverser tout de suite le front contrairement à nous. C’était un bon coup. Après, ça a retassé. La nuit dernière, l’équipage d’Erwan Le Roux était juste 1,5 mille devant  nous, mais il s’est barré d’un coup. Je le voyais à l’AIS. A bord d’Actual, notre vitesse chutait à 3 nœuds alors que lui avançait entre 7 et 9 nœuds. Il a donc disparu. C’était complètement aléatoire. Après, lui s’est arrêté aussi mais il était déjà loin devant… et ça partait par devant. Après, au cap Lizard, on est allé un peu trop loin alors Rennes Métropole – Saint-Malo Agglomération a croisé devant nous. Il allait bien dans les petits airs et on est resté longtemps bord à bord. On les a doublés à une vingtaine de milles de l’arrivée. Cette étape était un peu compliquée. C’était dur de voir les autres partir, pourtant ça avait bien commencé. A Bradsey, on est passé avec un bon petit matelas d’avance. On était même devant les MOD70 pendant un petit bout de temps, c’était drôle. Après, on savait que ça allait revenir mais on a enchainé les coups sans réussite. Tout s’est un peu enchainé à l’envers. On savait que ce serait laborieux, ça l’a été. On n’a vraiment pas avancé. Le vent, c’était tout et n’importe quoi. Mais bon, c’est la vie et ça va donner du match dans la dernière manche. C’est super serré et c’est génial. Tout va se jouer en baie de Morlaix. »

Gilles Lamiré, skipper du Multi50 Rennes Métropole-Saint Malo Agglomération : « On craignait un peu cette étape parce que du temps mou était prévu et on dit souvent que notre bateau est plus à l’aise dans la brise. Au final, on est satisfait de notre étape parce qu’on était vraiment dans le match alors qu’on est toujours en phase d’apprentissage de notre trimaran. On a réussi à rester au contact avec tous les bateaux. On a passé l’île de Bradsey en deuxième position. Sur ce coup-là, on a bien navigué et au reaching sous code O dans du médium faible, on a vu qu’on était bien. La nuit dernière, on a eu une grosse molle. Tout le monde était scotché. On s’est battu toute la nuit et au petit matin on était bord à bord avec Actual. Ca c’était vraiment satisfaisant d’autant qu’on a vu aussi que les premiers ne nous avait pas trop distancé. Au près dans le petit temps,  on était un peu mieux qu’Yves Le Blévec en vitesse mais après sous gennak, il nous a redoublé. Au final, le bilan est plutôt positif car pour la première fois depuis le début de cette Route des Princes, on a vraiment été dans le match. Ca promet pour la suite. L’équipage à bien fonctionné. On a hâte de se retrouver sur la prochaine étape. J’espère qu’on aura un peu de brise pour avoir une autre configuration du bateau. »