240 milles d’avance pour Thomas Coville

Thomas Coville poursuit sa descente de l’Atlantique Nord, il est après un peu plus de trois jours après son départ d’Ouessant entre les Canaries et le Cap Vert.

Après une série d’empannages hier, son avance sur le record du tour du monde en solitaire, détenu par Francis Joyon, s’est stabilisé à 240 milles .

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :
« Je n’ose pas vous raconter mon quotidien tellement on croirait à un moine ! Je suis vite rentré dans ma bulle , je me sens concentré et à la fois serein. J’ai moins réduit que d’habitude dans les gros grains à 45 nœuds du début le long du Portugal où j’étais soit à la barre soit à l’écoute à réguler. Ce n’est pas si chaud que ça. A 2 ris, Sodebo Ultim’ est fabuleux. Il faut faire aussi attention de pas se laisser griser par la puissance et gérer le matériel sur la durée .
Le bonhomme aussi, hier soir j’ai commencé à remanger régulièrement. J’ai fait quelques siestes d’abord dehors l’écoute sur les genoux puis dedans plus confortablement installé. Il fait déjà chaud dedans et j’adore cette partie du voyage. Les conditions de vie permettent de ne pas être engoncer dans 4 kg de vêtements. Les lumières jaunes de fin de journée et de lever sont fantastiques.
J’ai percuté un requin cet après-midi et j’ai juste réussi à prendre la barre avant que le pilote ne parte sur une embardée qui aurait été périlleuse.  Évidemment, j’ai pensé à l’avarie majeure. Je suis descendu regarder en bas, me suis penché à l’arrière mais rien ne semblait anormal. J’ai repris la barre et mes sensations m’ont rassuré. Je me suis remis en route.
La nuit dernière, j’ai enchainé les empannages comme sur un bateau normal. La dépense physique à chacun d’entre eux est importante mais après 5 ou 6, chaque geste est familier et le dosage se fait presque instinctivement. Je suis monté sur l’écoute de gennaker 2/3 fois pour tenter de réparer un petit soucis de nerf de chute de mon grand gennaker de devant mais sans succès. Il faudra le faire une fois celui-ci dans le filet .
Je rentre de plus en plus dans les réglages fin du pilote et je le règle presque autant que les voiles. Cela demande énormément de concentration pour analyser les chiffres qui défilent sous mes yeux à la table à carte et laisser ressentir mes sensations. Ensuite, il faut faire la synthèse et reparamétrer un facteur, ou une variable. Attendre, faire des moyennes, revenir aux réglages initiaux , re-comparer, c’est sans fin et ça change tout le temps. C’est à la fois passionnant et obsédant comme une partie d’échec .
Après Madère, que j’ai aperçu au loin dans les nuages, cette nuit ce sera le tour des Canaries. Voilà c’est vraiment parti pour le grand tour ! La lune est montante et bientôt elle éclairera toute une partie de mes nuits . »

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