Emirates Team New Zealand domine

Nouvelle journée de domination pour Dean Barker et ses hommes sur Emirates Team New Zealand, le kiwis s’imposent sur deux des trois courses en flotte avant de battre Artemis Raincg lors du match race.

Les équipages ont donc enchainé les régates aujourd’hui avec ces trois régates en flotte et une régate de match race pour terminer la journée.

La progression des « nouveaux » équipages » : China Team, Team Korea, Energy Team, Aleph et Green Comm est flagrante, ces marins maitrisent nettement mieux leurs catamarans à aile rigide et viennent désormais disputer les places sur le podium aux équipages des top teams : Oracle Racing Spithill, Oracle Racing Coutts, Emirates Team New Zealand et Artemis Racing. Ainsi, China Team mené par  Mitch Booth  n’est pas passé loin de la victoire sur la troisième manche, avant de s’effondrer sur le dernier portant suite à un problème de gennaker.

Côté français, le team de Loïck Peyron, Energy Team boucle la dernière « feet race » en 4e position et sauve in extremis son carton d’entrée dans le camp des match racers, Aleph barré par Alain Gautier était à la peine aujourd’hui et finit dernier des régates en flotte à égalité de points avec Green Comm.

© Gilles Martin-Raget

Le premier match race a opposé les 5 et 6ème du classement des courses en flotte de la journée, à savoir Team Korea face à Energy Team :
Energy Team débute mal le match, en changeant de foc, l’équipage remonte la drisse de la voile d’avant et effectue donc une partie du premier près sous aile seule, les tricolores perdent le match suite à un empannage raté, Chris Draper gère ensuite son avantage pour remporter le match.

Le deuxième match oppose les 3 et  4ème, dans un duel fratricide entre le deux bateaux du team Oracle Racing
Ce match interne de l’équipe du defender sera sans suspense, James Spithill réalise les deux tours du parcours sans être inquiété par Russell Coutts qui a volé le départ, et se voit donc contraint de réparer sa faute, il ne pourra jamais rejoindre son coéquipier.

Le troisième match oppose les deux premiers du classement, ETNZ et Artemis.
Dean Barker, le skipper kiwi effectue une belle manoeuvre lors du pré-départ, en bloquant Terry Hutchnison sous la ligne. Artemis est donc arrêté au bateau comité lors du coup de canon , tandis qu’Emirates Team New Zealand s’envole. Les Suédois maintiennent un retard de 35 à 40 secondes sur le catamaran kiwi mais aucune fenêtre ne s’ouvre pour pouvoir reprendre la main. Sur la ligne, Barker l’emporte de 54 secondes.
Les réactions des skippers :
Loïck Peyron, skipper/barreur, Energy Team (FRA) 
« Nous ne sommes pas passés loin de la correctionnelle et de sortir des 6 teams pour le match race. Nous pensions ensuite que le comité reviendrait au parcours habituel (plus près de Cascais) qui était plus venté ce soir. Finalement, nous entendons à la VHF que non et que nous sommes à 5 minutes du départ. Le grand foc est à moitié sur le pont, le petit quelque part…la drisse s’envole et tombe dans le mât. Nous rentrons tard dans la boîte mais nous nous défendons bien et nous remportons le départ. Après, Christophe (André) détachait à chaque bord la drisse de gennak’ pour la mettre sur le foc. Très belle impro’ ! Ces bateaux sont rapides sous mât seul et c’est intéressant. C’est une première journée complète et c’est très éprouvant physiquement. L’essentiel c’est que nous gagnons le départ du match race en arrivant tard et en bâbord. »

Mitch Booth, skipper/barreur, China Team (CHN) :
« Cela a été une journée difficile. Nous avons mal commencé avec un mauvais choix de voiles puis nous gâchons notre chance de victoire sur la 3e manche avec une erreur de manœuvre dans le hissage du gennaker. Celui-ci n’était pas bien accroché et a terminé à l’eau. Nous n’avons donc pas disputé le match race mais je reste satisfait du travail de l’équipe et des progrès. Nous régatons face aux meilleurs match racers du monde et nous pouvons être, globalement, heureux de ce que nous arrivons à faire. »

Bertrand Pacé, skipper/tacticien, Aleph (FRA) :
« Je pense que John Bertrand a apprécié la deuxième manche à bord en dépit de nos résultats. Notre départ lors de la 3ème manche était effectivement très bon mais nous manquons encore de coordination à bord pour rester dans le coup. »

Annulation de la journée de régates à Cowes

Du fait d’un vent trop fort (30 noeuds établis), le comité de courses des Extreme Sailing Series a annulé les régates du jour à Cowes.

Les quatre premières journées de ces Extreme Sailing Series ont été dominées par les équipes Luna Rosse, The Wave et Groupe Edmond de Rothschild qui se partageaient les trois premières places du classement provisoire.

La deuxième journée s’est déroulée dans des vents forts avec un clapot, par mesure de sécurité, la flotte était divisée en deux groupes afin de limiter les risques de collision, malheureusement cette mesure n’a pas suffit, Artemis Racing éperonnant le bateau français comme l’explique le numéro 1 : Hervé Cunningham,  : « La journée avait bien démarré car nous prenons un bon départ qui nous permet d’être immédiatement aux avant-postes de cette flotte réduite. Nous passons la première marque en tête et nous parvenons à bien faire parler la vitesse du bateau même si les écarts sont serrés avec Luna Rossa et Artemis Racing. Le vent souffle aux alentours des 18 nœuds mais avec le ris imposé dans notre Grand Voile les conditions restent maniables. Sur le deuxième bord de près, nous sommes au contact avec Artemis Racing. Nous approchons de la bouée au vent, nous sommes tous les deux bâbord. A bord, nous identifions rapidement la situation et nous comprenons qu’Artemis n’aura pas le temps de virer devant nous. Avec cette force de vent tout va très vite et nous les avertissons très tôt qu’ils ne doivent pas virer. Nous étions vraiment alertes et conscients de la situation à venir. Malheureusement, Santiago Lange choisit de virer et là c’est déjà trop tard. Malgré tout, nous réagissons très vite : Fouch’ choque en grand le foc, Christophe le chariot de Grand Voile et Pierre abat, mais ça ne passe pas. Nous ne pouvions pas faire plus pour éviter cette collision. Avec Christophe nous étions au rappel et nous sommes passés à l’eau mais sans aucun « dégât » à déplorer. On ne peut pas en dire autant pour le bateau et c’est toujours très désagréable de rendre un bateau abîmé à notre équipe technique car nous savons bien qu’ils vont devoir travailler énormément la nuit prochaine pour nous permettre de naviguer et de défendre nos chances dès demain. Ils sont déjà dessus et nous savons qu’ils feront tout leur possible.»

La 3ème journée était toujours aussi ventée (20-25 noeuds), sans grands changements au général, Groupe Edmond de Rothchild bénéficiait d’un redress en leur faveur suite à la collision avec Artemis Racing

Thierry Fouchier : « Le jury a reconnu Artemis responsable de la collision, ce qui va notamment nous permettre de récupérer des points au classement général. Je ne pratique pas souvent le jury en régate, mais cela ressemble un peu à une partie de « poker ». Chacun donne sa version des faits et naturellement elles sont différentes, autrement nous ne serions pas là. Les vidéos à disposition allaient clairement dans le sens de notre version. Un des arbitres, qui juge habituellement les cas litigieux directement sur l’eau durant les régates, était très bien placé et a appuyé nos propos. Ce qui est regrettable, c’est qu’un de nos concurrents directs au classement est venu témoigner contre nous … c’est dommage de procéder ainsi ! Nous avons toujours été propres sur l’eau jusqu’à présent et ce jugement démontre, que malgré ce gros crash, nous l’avons également été hier.»

A noter le chavirage d’Aberdeen Asset Management lors de l’ultime manche du jour, l’équipage nouveau venu sur le circuit n’a pas réussi à maitriser le catamaran lors du dernier bord de portant.

De façon étonnante cette décision a été modifiée suite à une demande de réouverture de dossier par Artemis ; le jury a désormais à une faute partagée, faisant rétrograder l’équipage français à la 4ème place au provisoire derrière The Wave Muscat, Luna Rossa et Alinghi, malgré cette décision, l’équipage d’Artemis pointe toujours à la dernière place, l’équipage B du bateau suédois est à la peine dans les eaux du solent, tout comme l’autre  équipe participant à la prochaine America’s Cup, Emirates Team New Zealand 9ème au provisoire, en l’absence des équipiers habituels partis disputés les America’s Cup World Series à Cascais.

Classement du Grand Prix de Cowes à l’issue de la 5ème  journée
1. The Wave, Muscat (OMA) – 118 points
2. Luna Rossa (ITA) – 114 points
3. Alinghi  (SUI) – 99 points
4. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 91 points
5. Team GAC Pindar (GBR) – 89 points
6. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 86 points
7. Oman Air (OMA) – 83 points
8. Niceforyou (ITA) – 66 points
9. Emirates Team New Zealand (NZ) – 58 points
10. Aberdeen Asset Management (UK) – 58 points
11. Team Extreme (EUR) – 48 points
12. Artemis Racing (SWE) – 21 points

Bonne journée pour Team Energy

Les courses ont de nouveau été retardées faute de vent aujourd’hui à Cascais, la journée de régates a donc débuté à 17h avec trois courses en flotte puis un premier match-race entre Emirates Team New Zealand et ORACLE Racing Spithill.

Emirates Team New Zeland et ORACLE Racing Spithill ont dominé les régates en flotte, Dean Barker, le skipper d’ETNZ avait mal débuté la journée avec une collision avec Russell Coutts sur le second départ, malgré tout il réussissait à reprendre une 4ème place sur cette régate avant de s’imposer sur la dernière course en flotte de la journée.

© Gilles Martin-Raget

James Spithill revenait à son meilleur niveau avec une victoire, une 4ème et une seconde place. Chris Draper sur Team Korea menaient son équipage sur le podium de cette journée de régates en flotte  avec une 6ème, une 3ème et une 2nde place, Loick Peyron et ses hommes se distinguaient également sur Energy Team avec deux 3ème place et une cinquième place, se classant 4ème de cette journée à égalité de points avec les koréens.

Artemis Racing et Oracle Racing Coutts étaient à la peine aujourd’hui avec des cinquième et sixième places au provisoire, devant Aleph qui manque de vitesse, China Team et Green Com.

La journée s’est terminée sur un duel opposant les deux premiers du classement du jour, les Néo-zélandais ont remporté ce premier mano a mano grâce à une bonne tactique et une vitesse excellente au portant permettant le retour sur le second portant.


Les réactions des skippers :

Dean Barker, skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL), leader :
« C’était une journée très intense. Nous avons eu une collision avec Russell (Coutts) et cela nous a pris quelques minutes pour revenir dans le match (2e manche). Il y a différents degrés de collision, celle-ci n’était pas si méchante. Cela a endommagé légèrement la coque, nous avons un peu d’eau à l’intérieur mais tout sera réparé ce soir. Les points clefs du match race : nous avons fait une erreur en partant sur la droite du plan d’eau, la gauche était plus favorable, nous étions un peu en retard à la marque sous le vent et ils ont fait un super job pour revenir mais nous avons réussi un très bon second bord de portant. »  Sa manche préférée aujourd’hui ? « Le match race ! Mais globalement, nous avons pris beaucoup de plaisir aujourd’hui et c’était vraiment une bonne décision d’attendre deux heures de plus pour lancer les courses. Il y a beaucoup de choses que nous pouvons mieux faire mais je suis fier du travail de mon équipage ce soir. »

Loïck Peyron, skipper/barreur, Energy Team (FRA), 4e au classement général :
« C’est pas mal, nous sommes au stade d’amateurs éclairés, on se bagarre avec des gens qui font ça depuis longtemps et ensemble. Nous, on se découvre et on découvre le bateau et, en plus, on parle anglais, ce qui ajoute aux difficultés. Mais il ne faut pas oublier à qui nous avons à faire et ils vont bientôt découvrir à qui ils ont à faire (rires) mais pour l’instant, restons modestes. »

Alain Gautier, barreur, Aleph (FRA), 7e au classement général :

« La journée a bien commencé avec une place de 5e, avec un bon départ et des manœuvres qui progressent. Par contre, nous avons toujours ce problème de vitesse, il faut que nous modifions les voiles et le génois repart d’ailleurs en voilerie ce soir. Nous avons aussi été gênés par les bannières publicitaires (flottantes) de l’organisation à la bouée sur la deuxième manche. Nous avons protesté mais il a fallu abattre et nous avons perdu 20 à 30 secondes. »

Pour terminer un petit rappel concernant les règles des AC Match Race Championnship  :

Les équipes s’affrontent en duel afin de décrocher leur place pour l’épreuve de force finale du samedi. Mercredi, jeudi et vendredi se déroulent selon le même programme. Les journées débutent par trois courses en flotte de 20 minutes afin de déterminer les six meilleures équipes qui se mesurent ensuite en Match Race (le 6e contre le 5e, le 4e contre le 3e et le 2e contre le 1er). Chaque journée permet d’établir un classement complet de l’ensemble de la flotte. Le résultat au terme de ces trois jours détermine l’ordre des sélections pour les Match Race Championships de samedi. Les six meilleures équipes se rencontreront alors en quarts, demies et finales afin de désigner le vainqueur du Cascais AC Match Race.

Premières régates pour les équipages de l’America’s Cup

Les premières régates en AC 45 ont eu lieu le week end dernier à Cascais, dans le cadre des America’s Cup World Series, permettant aux futurs challengers pour la 34ème America’s Cup de se confronter sur des catamarans à aile rigide.

Les favoris, le defender Oracle Racing avec ses deux bateaux, ETNZ, et Artemis n’ont pas failli et ont trusté les premières places.

© Gilles Martin-Raget

Samedi, James Spithill (ORACLE Racing) s’adjuge les deux dernières manches de la journée, après avoir été disqualifié sur la première (hors zone lors du départ et absence de réparation) et terminait 4ème de cette première journée, le skipper australien est probablement le plus expérimenté sur multicoque à aile rigide, puisqu’il était le barreur du trimaran USA 17 utilisé par l’équipe américaine lors de la 33ème Coupe de l’America.

Dean Barker, le skipper  d’Emirates Team New Zeland, pointait en tête du classement général provisoire gâce à la régularité de l’équipage (3,3,2ème) devant les Suédois d’Artemis Racing (1, 4 et 3ème). Russell Coutts sur le second bateau américain complétait le podium.

Côté français, la bonne performance du jour était la seconde place d’Energy Team sur la première manche, les hommes de Loick Peyron ne réussiront pas à renouveler cette performance et terminaient 8èmes des deux autres manches, Aleph termine la journée sur une 7ème puis une 5 et une 9ème place.


Dimanche les équipages se sont affrontés sur un parcours long avec une régate de 40 minutes et sur des runs de vitesse de 500m.

Cette 4ème régate a été marquée par un mano à mano entre Oracle Racing Coutts et ETNZ, Dean Barker prenait le meilleur départ, mais perdait cet avantage au passage de la 3ème bouée ; en effet au moment de dérouler le gennaker l’un des cinq équipiers du bateau néo-zélandais tombait à l’eau, obligeant le skipper a effectué une pénalité, Russell Coutts en profitait pour reprendre l’avantage et s’adjuger cette régate, les trois places suivantes ont également été disputées entre Oracle Racing Spithill, Energy Team et China Team, c’est finalement James Spithill qui prend la 3ème place devant China Team et Energy Team.

Au classement général provisoire,  Emirates Team New Zealand pointait en tête devant Oracle Racing Coutts, Artemis Racing et Oracle Racing Coutts.

Concernant les équipes plus « récentes », Mitch Booth impose China Team en 5ème position à égalité de points avec Team Korea, les équipages français s’intercalent entre les deux bateaux asiatiques et le dernier arrivé sur le circuit Green Com Racing qui ferme la marche en 9ème position, avec Energy Team en 7 ème position et Aleph à la 8ème place.


Les réactions des skippers :

Dean Barker, skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL)« Nous venons de vivre une très bonne journée avec une jolie brise. Les runs de vitesse étaient nouveaux pour nous tous. Nous avons eu beaucoup de chance dans le dernier sprint avec une grosse risée qui nous a accompagnés jusqu’à l’arrivée. Nous sommes très satisfaits de la manière dont les choses se sont déroulées mais nous regardons devant avec tout ce qui nous attend encore cette semaine. A la marque au vent, nous avons perdu un équipier pendant l’envoi du gennaker. Impossible de le récupérer, nous avons donc terminé avec un gars en moins, ce qui n’était finalement pas si grave. Nous faisons un break demain et nous naviguerons mardi, la veille de la reprise des régates. »Winston MacFarlane, wincheur d’Emirates Team New Zealand tombé à l’eau pendant la régate en flotte, sa manivelle de winch s’est brisée alors qu’il déroulait le gennaker « Je me suis retrouvé dans l’eau tandis que les autres bateaux arrivaient pour enrouler la marque au vent. J’étais sur leur route alors j’ai nagé pour rejoindre notre shase boat. La mort m’a donné du fil à retordre aujourd’hui. »Loïck Peyron, skipper/barreur, Energy Team (FRA) « Nous avons encore trop la tête dans le bateau. Nous n’avons pas encore suffisamment navigué ensemble et sur ce support pour bien observer ce qui se passe dehors et progresser en tactique. Le mot d’ordre de la journée était d’être plus agressifs, de prendre peu de risques pour le bateau mais un peu plus sur le départ ce qui n’a pas mal fonctionné… Mais ça ne marche pas à tous les coups. Nous faisons encore des erreurs, comme sur la fin où nous perdons notre 4e place contre les Chinois parce que je n’étais pas sûr de mon coup avec les dérives et le passage entre la digue et la bouée. Je vire trop tôt et Mitch (Booth) passe. La journée n’est pas terminée. Il faut encore sortir le bateau, les manip’ sont longues, le rythme usant. Demain, ce sera un vrai « day off » bien mérité pour tout le monde. Ce format de départ au reaching va sûrement s’imposer en multicoque, comme cette zone de course limitée en largeur dont nous parlons depuis des années, même en 60 pieds. Cela ajoute en intensité. Là, le jeu mixe les cultures. C’est un mélange du savoir faire planétaire de la voile qui s’exprime en une fois. »

Bertrand Pacé, skipper/tacticien, Aleph (FRA) « Sur la régate, nous ne sommes pas trop mal partis mais on a fait un mauvais choix tactique à la bouée qui nous a obligé à multiplier les empannages ce qui nous a ralenti. Nous sommes arrivés derniers à la bouée sous le vent, mais nous avons assez vite doublé Green Comm Racing (ESP). Aujourd’hui, nous avons surtout essayé d’apprendre à faire marcher le bateau et à se concentrer sur la vitesse. C’était mieux sur la fin de la régate, nous prenons la mesure du bateau et nous progressons. L’épreuve de vitesse était un peu « olé olé », parce qu’en définitif, tout dépendait des conditions et des risées. Nous avons eu pas mal de vent à un moment, mais c’était trop tard. »

Les régates reprendront demain avec quatre jours de match racing avant une finale en flotte dimanche.

Fred Le Peutrec : « Banque Populaire V est un avion de chasse » (Interview)

Fred Le Peutrec, barreur du  maxi trimaran Banque Populaire V, détenteur du Trophée Jules Verne sur Groupama 3, a répondu aux questions de Voile-Multicoques.com sur son début de saison à la barre de Zen Too, la future tentative de Trophée Jules Verne de Banque Populaire V.

Voile-Multicoques.com : Tu barres de nouveau un D35 cette saison, Zen Too, vous êtes actuellement en 9ème position au classement général, quels sont les objectifs de l’équipage cette année ?

Fred Le Peutrec : Cette saison n’est pas évidente, je navigue avec des gens dont la voile n’est pas le métier, ils ont donc assez peu de temps à consacrer au D35. Les entrainements sont très réduits, nous naviguons seulement la veille des régates, l’équipage manque donc d’automatismes dans le fonctionnement pour s’affirmer dans le haut du classement.

Voile-multicoques.com

Nous ne sommes pas très loin, la plupart du temps nous terminons à quelques longueurs des premières places.

L’objectif est avant tout de progresser, notamment sur les deux dernières manches en France.

Concernant les classiques courues sur le Léman (Bol d’Or et Genève-Rolle-Genève), quelles sont les difficultés de ces courses « longue distance » ?

La plus grosse difficulté réside dans les changements de systèmes météos, avec des effets de sites et beaucoup de transitions, qui ne sont pas systématiques.

Les locaux qui naviguent à l’année sur le Lac ont quelques automatismes qui permettent de déterminer des schémas, malgré tout, les effets de couloirs et de vents réservent beaucoup de surprises avec des vents différents qui se succèdent tout au long du Léman.

Voile-multicoques.com

Quel a été le programme d’entrainement de l’équipage avant le début du Vulcain Trophy ?

Nous avons eu seulement quelques sessions d’entrainement avec de belles conditions de vent en avril, ce qui représente 6 jours de navigation, sans confrontation aux autres équipages avant le début de la saison.

Deux grand prix seront courues en Méditerranée cette année, penses-tu que ces étapes peuvent changer la hiérarchie actuelle ?

Je ne pense pas que ces étapes hors du lac bouleversent le classement, les équipages au point resteront logiquement devant.

Le Léman est un beau stade pour naviguer, mais je crois que sortir de ce plan d’eau est une bonne chose pour la série puisque les bateaux naviguent uniquement sur le lac depuis plusieurs années avec des lieux de régates peu variés.

Le bateau en lui même n’est pas forcément très adapté à ce type de navigations, le catamaran n’aime pas la mer, mais en été et dans l’est méditerranéen de telles conditions de vagues sont peu probable.

Les D35 sont utilisés depuis 7 ans, penses-tu que les propriétaires s’orientent vers une nouvelle jauge ?

Tout dépendra de la direction vers laquelle les propriétaires veulent aller, puisque les décisions sont prises en assemblée générale. Cette série est avant tout un loisir pour eux, avec une ambition sportive plus ou moins importantes selon les propriétaires.

La donne est un peu différente désormais avec plusieurs séries de catamarans de 40′ et le passage de la Coupe de l’America aux multicoques, ce qui tire les différents circuits vers le haut.

Revenons à ta saison sur le Maxi Banque Populaire V, vous avez abandonné sur casse l’hiver dernier lors de la tentative de Trophée jules Verne, quel bilan tirez-vous de cette tentative concernant le trimaran ?

Ce bateau est un avion de chasse, qui s’inscrit dans l’évolution de Groupama 3, puisqu’il a été généré par le même cabinet d’architecte (VPLP), « il a le Jules Verne dans les jambes ».

Malgré tout, il faudra des conditions favorables pour réussir à battre le record, ce tour du monde est avant tout une histoire de trajectoires, le point primordial est de ne pas faire trop de route.

Le bateau a intrinsèquement un peu plus de vitesse que Groupama 3 dans certaines conditions, mais cet avantage ne permet pas de compenser en vitesse pure ce que nous pouvons perdre sur le contournement de l’anticyclone de Saint Hélène par exemple.

Banque Populaire V peut conserver des vitesses moyennes un peu plus élevées dans la mer formée, du fait de sa longueur et de sa masse.

Le trimaran semble donc plus à son avantage dans le vent médium et fort, qu’en est-il dans les vents faibles, que vous rencontrerez dans les zones de transition ?

Même en ayant navigué sur les deux bateaux, la différence est difficile à quantifier, il faudrait vraiment faire des speed-tests pour déterminer quel est le trimaran le plus rapide dans ces conditions.

Les comportements sont vraiment très proches, je pense que Groupama 3 est probablement un peu plus rapide dans la pétole, mais les différences ne sont pas substantielles.

Un avis sur les catamarans monotypes AC 45 à ailes rigides qui naviguent depuis quelques mois, et qui seront utilisés pour les séries préparatoires à l’America’s Cup ?

Les bateaux paraissent vraiment excitants, l’idée de naviguer avec une aile intéresse forcément tous les gens qui viennent du multi et qui régatent.

Cette voilure impose une logistique importante, ces innovations ne sont donc pas utilisables en dehors d’un circuit professionnalisé et structuré.

Les services de communication ont tendance à diffuser des images spectaculaires avec des chavirages, mais d’après les images dont nous disposons, les catamarans semblent particulièrement véloces et évolutifs dans toutes les phases de contacts serrés.

Ces AC45 permettent d’imaginer les régates en 72′ dans la mer et la brise de San Francisco, puisque ce plan d’eau est assez venté, les régates sur les AC72 seront probablement très spectaculaires voir dangereuses parfois du fait des vitesses élevées et des engagements forts dans les phases de contact.

Évidemment, ce circuit m’attire, comme tous les régatiers venant du multicoque.

© Gilles Martin-Raget

Trois équipes françaises se sont déclarées, dont deux sont inscrites officiellement, ces divisions récurrentes des marins français ne sont-elles pas préjudiciables ?

Tel qu’est structuré le sport voile en France, ces « divisions » ne me paraissent pas choquante.

C’est le signe d’une bonne activité vélique avec un nombre importants de régatiers dans un petit pays, ce sport est très développée, par rapport à d’autres nations où il est concentrée au sein de yachts clubs, avec des institutions plus « rigides ».

Au niveau des financements, les teams français devront probablement trouver des fonds en dehors de l’hexagone pour accéder à la compétition.

L’essentiel du problème vient du fait que nous ne sommes pas assis sur une tradition de l’America’s Cup en France, tous les projets précédents étaient moins bien financés que les grosses équipes étrangères, sans permanence entre les différentes éditions.

Avec le passage au multicoque, beaucoup pensaient que les français seraient les mieux placés pour tenir la dragée haute aux autres équipes, mais il y a une structure, une culture du travail dans les grosses équipes qui est moins présente en France, ce qui explique la présence de trois équipes qui étaient déjà structurées lors de l’édition précédente.

Tu as navigué sur 60′ ORMA pendant plusieurs saisons, as-tu eu l’occasion de naviguer sur un des deux premiers MOD 70 ?

Non, pas encore, j’espère pouvoir le faire, nous partageons les mêmes pontons, nous naviguons sur le même plan d’eau, je reste très attentif à ce qui se passe sur cette série.

Emirates Team New Zealand gagne les Extreme Sailing Series de Boston et prend la tête du championnat

Dean Barker et son équipage sur Emirates Team New Zealand ont réalisé un joli coup lors de l’ultime régate des Extreme Sailing Series de Boston ; en prenant la seconde place, les néo-zélandais empochaient les points comptant double et reléguaient Terry Hutchinson et l’équipage d’Artemis à  la seconde place à 4 points derrière Emirates Team New Zealand.

© Lloyd Images

L’équipage d’Artemis perd donc cette étape après avoir mené depuis le premier jour, une déception pour le skipper américain qui aurait souhaité s’imposer devant son public lors du jour de la fête nationale célébrant l’indépendance des USA :  » Comme je l’ai dit hier, il y a une seule manche qu’il est interdit de perdre, la dernière. Nous étions très bien placés à la première marque, mais le vent à pris de la gauche et 4 bateaux sont passés devant. Je suis déçu mais je tiens à féliciter Emirates Team New Zealand, ils ont fait un super boulot et n’ont rien lâché. Je suis désolé pour les nombreux fans qui nous ont soutenu pendant ces 5 jours de compétition, ils auraient mérité cette victoire, surtout en ce jour d’Indépendance Day. »

Cette victoire d’étape est la première pour les néo-zélandais qui enchainent les podiums depuis le début de la saison, Dean Barker :  « Les conditions de navigation ont été très difficiles ici, « expliquait Dean. « Déjà à Istanbul, la finale avait été très serrée et c’est agréable cette fois d’en sortir victorieux. Boston était un très bel événement,  la ville est sublime et le public a été fantastique. »

© Lloyd Images

The Wave, Muscat et son nouveau skipper Leigh McMillan complète le podium : « J’ai du mal à y croire, je sautais partout et hurlais comme un gosse quand nous avons coupé la ligne d’arrivée. C’est génial pour l’équipe, une sacré récompense. »

Côté français, Groupe Edmond de Rothschild réalise une contre performance avec une cinquième place, les hommes du Gitana Team ont manqué de régularité sur ce grand prix, enchainant des victoires avec des dernières places, Pierre Pennec : «J’ai eu des passages à vide cette semaine et sur les Extreme Sailing Series, le niveau est tel que je ne peux pas me le permettre. Je me suis peut-être mis un peu trop de pression en arrivant ici et il va falloir que je trouve le bon dosage entre la pression saine du compétiteur et celle qui déstabilise. A bord, nous ne parvenions pas à trouver les solutions pour retrouver notre niveau mais hier soir, lors de notre débriefing, nous avons eu une discussion calme mais très franche et cela m’a beaucoup aidé pour cette dernière journée. J’aime cette franchise car elle nous fait progresser. Mes équipiers sont très forts, ils savent tout faire, et pour le reste ça se passe dans la tête. Il faut que j’arrive à me libérer sur l’eau comme cela a été le cas sur les dernières manches aujourd’hui.»

L’équipage de Groupe Edmond de Rothschild perd donc sa place de leader au général au profit d’ETNZ, Artemis est second avec 1 point d’avance sur les français.

Les Extreme 40 se retrouveront pour de nouvelles régates à Cowes du 6 au 12 août.

Classement de l’Extreme Sailing Series 2011 après quatre Grands Prix
1.Emirates Team New Zealand (NZ) – 39 points
2. Artemis Racing (SWE)  –  37 points
3. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) –  36 points
4. Luna Rossa (ITA) – 33 points
5. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 28 points
6. The Wave, Muscat (OMA) – 27 points
7. Alinghi  (SUI) –  24 points
8. Oman Air (OMA) – 15 points
9. Team Extreme (EUR) – 9 points
10. Niceforyou (ITA) – 9 points
11. Team GAC Pindar (GBR) – 7 points

Première victoire pour le MOD 70

Stève Ravussin et ses hommes d’équipage ont remporté la 1ère course sur laquelle était aligné un MOD 70, la AF Stockholm Round Gotland Race ; ils se sont imposés devant un 60′ ORMA, l’ex Groupama, désormais nommé Samsung Challenge, mené par Klabbe Nylof.

Bien que les deux bateaux aient pris des options différentes dès le départ, le skipper  de Race For Water est satisfait de son bateau qui s’est montré performant dans le petit temps face au 60′ ORMA suédois :
«L’ambiance a été excellente à bord tout au long de la course, et l’équipage a fait un travail remarquable. Dès le départ, nous avons été confrontés à des conditions de vent très légères, ce qui n’était pas très rassurant. En effet, notre concurrent principal, le Samsung Challenge de Klabbe Nylof, était plus léger et plus toilé, ce qui avait de quoi nous inquiéter. Nous avons navigué au près dans un maximum de 15 nœuds le premier soir, et nous nous sommes sentis rapidement soulagés quand nous avons constaté que nous avions une meilleure vitesse au près. Ensuite, la course s’est déroulée en grande partie au portant.»

© MOD S.A. - Yvan Zedda / Sea&Co / http://www.zedda.com

L’équipage de Stève Ravussin était composé de Nicolas Pichelin, Jacques Guichard, tous deux barreurs et régleurs, de Benoît Lequin (responsable technique) et de Loïc Forestier, tous deux numéros un. Quant à Stève, il s’est occupé de la navigation et de la barre. L’équipage a bénéficié d’un renfort local avec la présence de deux Suédois: Tim Shuwalov et Calle Hennix.

Le prochain rendez-vous pour les MOD 70 sera la Fastnet Race dont le départ sera donné le 14 août prochain à Cowes.  Race for Water, sera rejoint par le MOD n°2 Veolia Environnement mené par Roland Jourdain sur cette course de 600 milles. Cette classique permettra également de comparer les performances des MOD 70 à celle de Gitana 11 (ancien 60′ ORMA rallongé à 77′) de Sébastien Josse.

Record battu pour Banque Populaire V

Loïck Peyron et ses douez hommes d’équipage, à savoir : Juan Vila, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Florent Chastel, Frédéric Le Peutrec, Emmanuel Le Borgne, Billy Besson, Jean-Baptiste Levaillant , Yvan Ravussin, Brian Thompson, Thierry Chabagny, Pierre-Yves Moreau ont battu le record du tour des Iles Britanniques dans la nuit de vendredi à samedi après avoir coupé la ligne d’arrivée après 3jours, 3heures, 49 minutes et 14 secondes à la moyenne de 23,38 noeuds, améliorant de 1 jour, 11heures et 20 minutes le temps de référence détenu par Sidney Gavignet, en solitaire, à la barre de Oman Air Majan.

© BPCE

Loick Peyron, le skipper du trimaran est satisfait de ce premier test en configuration Trophée Jules Verne, et de l’équipage  : « On est tous en forme. Ce record est un très bon test pour la suite. On est en perpétuelle amélioration, l’équipage est parfait, les hommes ont déjà tous un très haut niveau donc ce ne sont que des ajustements. Les conditions de ce record étaient vraiment excellentes, je dirais même presque trop parfaites et donc pas assez viriles pour qu’on soit réellement en condition ! Mais ça nous permet de faire beaucoup de manœuvres, beaucoup plus que sur un long record, c’est un bon entrainement. »

Les hommes de Banque Populaire V s’attaquent au tour des îles britanniques

Loick Peyron, le nouveau skipper, et ses douze hommes d’équipage, avaient quitté les pontons lorientais vendredi 1er juillet à bord du trimaran Banque Populaire V pour une semaine de navigation en configuration Jules Verne autour des îles britanniques.

Profitant d’une fenêtre météo favorable, l’équipage du maxi trimaran s’est élancé mardi soir dans une tentative de record autour des îles britanniques, record actuellement détenu par Sidney Gavignet en solitaire sur Oman Air Majan en 4j, 15h, 9m, 27s depuis août 2010.

Après un peu plus de 24 heures de mer, les treize hommes se trouvent au large de l’Ecosse avec une moyenne impressionnante de 32 noeuds depuis leur départ.

Loïck Peyron : « Nous naviguons actuellement dans le Mistral écossais du sud, avec un grand soleil et un vent ‘’chaud’’, les conditions sont excellentes. Ca en devient presque indécent tellement c’est parfait ! On est tous impatients de rejoindre les îles Shetland, qu’on devrait atteindre vers 5h TU demain matin*. Ca va très très vite ! Tout le monde s’amuse, on se dispute même pour être à la barre ! En ce moment on tourne autour d’une dépression, un grand manège dépressionnaire très joli à voir. On va empanner d’ici 2h, on se retrouvera avec des vents arrières, notre allure ne va donc pas ralentir. A bord l’ambiance est très bonne, super organisation, tout roule parfaitement, c’est loin d’être le bagne ! »

 

Interview de Tanguy Cariou (Alinghi)

© lloyd Images

Tanguy Cariou, tacticien du D35 et skipper de l’Extreme 40 Alinghi a accepté de répondre aux questions de Voile-Multcoques, concernant le début de saison de l’équipe suisse sur les deux circuits multicoques sur lesquels le team est engagé (Vulcain Trophy et Extreme Sailing Series).

Voile-Multicoques.com : Tu navigues depuis 2007 sur le D35 Alinghi, en tant que tacticien. Quelles sont les particularités du Lac Léman, ce lieu de régates assez particulier ?

Tanguy Cariou : Même si le lac est grand, les vents sont très instables et les prévisions difficiles.
On a soit l’influence des  flux d’ouest lorsque des perturbations océaniques attaquent la façade atlantique et traversent toute la France, soit un vent de nord Est quand il y une influence thermique.
Le petit lac (entre Yvoire et Genève) est en théorie la partie la plus ventée du plan d’eau.
Les conditions sont assez particulières avec des vents changeants en direction et en intensité. Il faut donc être opportuniste, les régates ici ne sont jamais jouées avant la ligne d’arrivée !

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Alinghi a toujours terminé sur le podium du championnat de Decision 35. Vous pointez en 3ème position du classement provisoire (après le Bol d’Or), quels sont vos adversaires les plus redoutables ?

A l’heure actuelle ce sont principalement les équipages qui viennent de l’étranger. Ces équipes sont structurées et organisées, et possèdent des moyens techniques et humains importants, comme Foncia et Artemis.
Le CER, le centre d’entrainement à la régate de Genève, effectue sa première saison sur le circuit, mais a également une approche très professionnelle, ils naviguent avec envie et passion, ce qui fait d’eux des concurrents redoutables.
Le Challenge s’est peu à peu professionnalisé, à quel niveau le situes-tu par rapport à un circuit international tel que les Extreme  Sailing Series sur lequel est également engagé Alinghi ?

Ces deux championnats sont assez difficiles à comparer, car les concepts sont différents.
Le D35 est un catamaran monotype mais les équipes peuvent travailler sur les voiles en respectant la jauge et un nombre de boutons par an contrairement à l’Extreme 40 où l’ensemble bateau et voiles est monotype.
Le travail de développement sur les voiles des D35 est donc important, nous disposons de plusieurs gennakers (creux, plats) même si nous ne pouvons en embarquer qu’un sur le bateau, d’un code 0, de solents.

Mais la plus grosse différence est qu’un manche de D35 dure 45 minutes à une heure, alors qu’une manche d’Extreme 40 ne dépasse pas 7 à 15 minutes. Au niveau intensité l’Extreme 40 est assez proche du match racing, le D35 est un peu plus proche d’une régate conventionnelle.

Pour faire une comparaison avec le ski,  le D35 est un slalom géant avec un parcours dans l’axe, une piste et des skis bien préparés, l’Extreme 40 serait plus du boardercross, avec une piste plus « surprenante ».

 Les D 35 naviguent depuis sept ans dans un cadre monotype, reste-t-il des améliorations possibles à apporter au catamaran, ou s’oriente-t-on vers un changement de classe ?

Sur les cinq dernières années, le bateau a peu évolué, il pourrait bien sûr être « relooké » avec des grands voiles à cornes, des lignes plus tendues à l’avant, ce qui améliorerait les performances.
Mais il faut conserver le compromis entre performances sportives et contraintes économiques. Jusqu’ici le circuit se portait bien, le nombre de bateaux est passé de 12 en 2010 à 10 réguliers cette saison, le circuit se déplacera en Méditerranée, je ne sais pas si les dix seront présents pour ces deux dernières étapes.
Il faudra suivre l’évolution, voir si le relookage apporterait une nouvelle vie à la classe ou si il faut continuer sur ces bateaux avant d’envisager un nouveau circuit.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Deux étapes du Vulcain Trophy seront courues en Méditerranée en fin de saison, cette nouveauté peut-elle changer la donne par rapport à un championnat classique couru exclusivement sur le Léman ?

Complétement, l’intérêt de ce circuit est de courir sur des multicoques très pointus à régler, très performants, dans des conditions très changeantes sur le lac ; sur ces plans d’eau ouverts en Méditerranée, nous allons probablement rencontrer des vents plus réguliers, des conditions plus stables. Au niveau tactique les possibilités seront peu être un peu plus limitées, nous pouvons aussi imaginer  des manches avec plus de vagues, ce qui sera probablement difficile sur ces bateaux. La découverte sera probablement intéressante, il faudra ensuite en tirer les conclusions à la fin de la saison.

Quel a été le programme d’entrainement d’Alinghi avant le début du Vulcain Trophy ?

L’équipe est constituée des mêmes personnes depuis maintenant 4 ou 5ans, ce qui constitue un point positif, car le support est bien connu, comme le plan d’eau, avec des vents changeants. Il est donc difficile de faire de bonnes sessions d’entrainement, nous essayons donc de faire du qualitatif avec 30% de navigations seul et 70% sur des parcours avec d’autres équipages, ce qui correspond à une quinzaine de jours d’entrainements avant la saison.

Alinghi est engagé sur l’autre grand circuit de régates en multicoque, les Extreme Sailing Series, l’équipe est actuellement en 7ème position du classement provisoire, quelles sont vos ambitions pour cette saison ?

Nos ambitions sont clairement meilleures que notre place actuelle, Alinghi est une équipe avec une histoire importante et riche sur les dix dernières années, depuis la fin de la 33ème Coupe de l’America en février 2010, la structure de l’équipe a beaucoup évolué en passant de 150 à une petite dizaine de personnes.

Nous avons voulu nous engager sur ce circuit Extreme 40 pour maintenir la compétitivité d’Alinghi en étant présent sur un circuit international.

Une grande partie de l’équipage a découvert ce circuit lors de la première étape à Oman, nous avons maintenant fait un tiers de la saison, et les trois épreuves courues ne correspondent pas à nos attentes, nous pouvons objectivement faire mieux que lors de ces trois étapes.

© lloyd Images

Quelle est la plus grande difficulté sur ce circuit ? L’exiguïté des plans d’eau, le format court des régates etc ?

Tout est difficile sur ce circuit, d’abord l’intensité, avec des manches très courtes, nombreuses, avec  peu de temps entre celles-ci, sur des plans d’eau très petits avec beaucoup de bateaux et un niveau assez élevé.

C’est un circuit où chaque régate est un combat, il faut se battre, attaquer, être agressif, parfois avec de la réussite, d’autre fois sans, nous faisons des erreurs, mais nous devons tout de suite passer à la régate suivante. Nous pouvons difficilement analyser entre les manches, prendre du recul.

J’ai fait différentes choses (Coupe de l’America, multicoque ORMA, Jeux Olympiques, Tour de France, match-racing),  mais ce circuit montre immédiatement les forces et les faiblesses des équipages : manque de puissance, d’agressivité, de gestion etc, ce qui est parfois moins flagrant sur d’autres compétitions.

Tu as participé à deux America’s Cup (en 2003 et 2007 avec les défis français), que penses -tu de la prochaine avec le passage au multicoque ?

C’est une évolution normale des choses, les dernières éditions de la Coupe de l’America en monocoque ne correspondaient pas au niveau actuel de la technologie en matière de voile.
Le programme est ambitieux par rapport au contexte économique, avec des séries annuelles (America’s Cup World Series), nous verrons combien de participants accèdent aux sélections des challengers.

Un avis sur les catamarans monotypes AC 45 à ailes rigides qui naviguent depuis quelques mois ?

Les bateaux ont l’air réussi, même si les retours sont peu nombreux, mais les images sont intéressantes.
L’aile amène de l’évolutivité à la plate forme, ce qui compense les faiblesses des multicoques.

Tu as navigué sur 60′ ORMA pendant plusieurs saisons, que penses-tu du nouveau circuit qui est amené à le remplacer et des nouveaux trimarans monotypes MOD 70 ?

J’ai eu l’opportunité de naviguer sur le MOD n°1 (barré par Steve Ravussin), le bateau est très bien conçu et s’adaptera très bien à des traversées de l’Atlantique ou à des tours de l’Europe, qui seront de belles épreuves.
Les courses en multicoques océaniques manquent au paysage vélique actuel.