Première navigation pour Race for Water

Race for Water, le 1er exemplaire du trimaran monotype MOD 70 a effectué sa première sortie lundi au large de Lorient.

© MOD S.A. - Yvan Zedda / Sea&Co / http://www.zedda.com

Steve Ravussin, le skipper était accompagné de son équipe et des membres de l’équipe technique Multi One Design, avec  notamment Jean-Marc Normand, Jacques Guichard et Yann Regniau de North Sails,  des membres du chantier CDK et de Vincent Lauriot Prevost (VPLP).

© MOD S.A. - Yvan Zedda / Sea&Co / http://www.zedda.com

Les premières réactions du skipper : « Nous avons fait une sortie de plusieurs heures hier dans des conditions idéales, entre 6 et 12 nœuds,  et un léger clapot. Une sortie qui nous a permis de tester la fiabilité de notre concept, de tester les différentes voiles et de goûter le plaisir de la navigation sur notre nouvelle machine. L’équilibre à la barre est excellent. 24 nœuds sur un flotteur… les premières sensations de glisse… ce n’est que du bonheur ! »

Les trois trimarans suivants seront mis à l’eau en juin (Veolia/Roland Jourdain), août (Foncia/Michel Desjoyaux) et octobre (Gitana Team/Sébastien Josse), la première course officielle aura lieu en juin 2012 au départ de la côte est des Etats Unis vers la France.

Pas de D35 Banque Populaire cette année

La liste des participants au Vulcain Trophy semble définitive, et il manque le bateau vainqueur du championnat 2010 à l’appel.

En effet Banque Populaire ne participera pas au championnat des D35 cette saison, un élément de plus en faveur des récentes rumeurs concernant l’éviction du skipper des multicoques armés par la banque…

Un des équipiers du team Banque Populaire, Yvan Ravussin a d’ailleurs trouvé une place au sein de l’équipage du nouveau venu : Artemis Racing.

Rappelons également que Michel Desjoyaux prendra la barre de Foncia cette année sur le trophée.

Artemis Racing sur tous les fronts

L’équipe Artemis Racing, challenger pour la Coupe de l’America met tous les moyens possibles pour se préparer au mieux à cette compétition en multipliant les navigations en multicoques.

L’équipe est engagé sur les Extreme Sailing Series, elle navigue depuis quelques semaines sur son AC45 à Auckland, elle devrait commencer très bientôt des sessions d’entrainements sur le 60′ ORMA (ex Gitana 12).

On apprend également aujourd’hui que Paul Cayard et ses hommes prendront part au Vulcain Trophy (ex Challenge Julius Baer) qui se court sur les catamarans D35. L’équipage se composé de :

Torbjorn Tornqvist (Skipper, Barre)
Julien Cressant (Embraque)
Paul Cayard (Tactique)
Sarah Gundersen (N°1)
Terry Hutchinson (Grand Voile)
Yvan Ravussin (Embraque)

Thomas Coville boucle son tour du monde en 61 jours 7 heures

Thomas Coville avait débuté son tour du monde en solitaire le samedi 29 janvier à 12h07’28 » , le skipper de SODEBO a franchi la ligne d’arrivée  à Ouessant aujourd’hui à 13h15.

Il boucle donc ce tour du monde en 61 jours, 7 minutes et 32 secondes de mer. Il aura mis 3 jours, 10 heures, 43 minutes et 26 secondes de plus que Francis Joyon sur IDEC en 2008 (57j 13h34’06 »), malgré tout le skipper peut avoir la satisfaction d’avoir parcouru 28 431 milles à la moyenne de 19,42 nds, soit 2031 milles de plus que Francis Joyon qui avait parcouru 26 400 milles à la vitesse moyenne de 19,11 nds.

Les premiers mots de Thomas Coville après le passage de la ligne :

Dernière nuit en mer
« La dernière nuit est toujours dense et particulière parce qu’on cumule beaucoup de fatigue. On enchaine les manœuvres, le fait d’avoir la terre proche te demande d’être encore plus vigilant. Une navigation difficile vers un point de chute qui t’impose d’être précis. Il y avait du trafic, je suis passé deux fois à moins de 50 mètres d’un cargo à une vitesse élevée. Il y avait vraiment du mauvais temps avec 5 mètres de creux et 30 nœuds de vent. Rien n’est fait tant que la ligne n’est pas franchie. »

Pudiques
« Pendant 60 jours, tu ne vois personne, tu n’entends que des voix et tout d’un coup apparait un zodiac qui sort de la brume. Il se rapproche et tu retrouves des visages familiers, ceux de ton équipe, aussi marqués que toi. J’ai craqué à ce moment là, Thierry Briend et Thierry Douillard étaient avec moi tous les jours au téléphone, ils savent ce que nous avons fait ensemble. Je me suis isolé pour reprendre mes esprits. Nous avons remis le bateau en route ensemble, nous nous sommes retrouvés dans l’action. En voyant le bateau, ils visualisent tout de suite ce qui s’est passé pendant le périple. Ils sont aussi pudiques que moi, donc ce n’était pas une grande accolade de militaire. C’était assez simple et très fort à la fois. »

Ne pas se dérober
« Les 50 premiers jours n’ont pas été faciles mais j’ai eu un réel plaisir à faire ce parcours et à y croire. La dernière semaine a été très difficile mentalement. Je voulais boucler ma trace. Et ce matin, je me suis même demandé pourquoi je passais la ligne mais j’ai été éduqué comme ça et je dédie cette ligne à mes parents qui m’ont appris que quand on commence quelque chose, on le finit même si ce n’est pas facile. Je devais boucler la trace mais je me suis fait violence. Je l’ai fait par principe, par respect… C’était se dérober que de ne pas y aller ! »

Une chance inouïe jusqu’un enfer
« Je sais que j’ai une chance inouïe de faire ce que je fais. J’ai un partenaire Sodebo qui m’a suivi dans la réalisation de ce projet. J’ai mis toutes mes tripes dans ce tour, dans cette route très engagée, très belle. Par rapport à la dernière fois, il y a eu deux changements. D’une part, dans mon approche du quotidien, je ne me suis pas focalisé sur le retard que j’avais. J’y ai cru quand nous sommes repassés devant Francis et c’est là que ça s’est dérobé. La deuxième chose, c’est que je m’étais juré que cette fois-ci, j’irais provoquer la chance ! C’est pour cela que j’ai accepté de faire des routes abjectes comme d’être au près vers les Kerguelen, c’était ma manière à moi de créer ma chance, je serais allé la chercher en enfer s’il le fallait. »

Pas d’erreur et des satisfactions
« Nous n’avons pas fait d’erreur sur la route. Quand tu tiens un projet à bout de bras et que tu en es le porte-parole, tu te sens responsable. Quand tu es seul à bord, tu ne partages ce sentiment avec personne. Il y a des satisfactions : celle de ramener le bateau en bon état, malgré mon étrave abimée, d’avoir monté cette équipe avec une ambiance et un vrai état d’esprit. Il faudrait qu’aujourd’hui je ne sois pas un compétiteur pour ne pas être déçu. On est deux personnes à bord : le compétiteur et l’aventurier ! Le compétiteur est frustré mais l’aventurier a accompli le périple. »

A lire également une interview par Philippe Eliès sur le Télégramme.com, on y apprend que le skipper ne retentera pas ce record l’année prochaine, il semblerait également que Sodeb’O souhaite poursuivre son sponsoring avec Thomas Coville.

Cinq AC 45 à l’eau et 10 inscrits à la 34ème America’s Cup

Cinq AC 45, les catamarans monotypes à ailes rigides construits comme support des pré-régates de la 34 ème America’s Cup naviguent à Auckland.

© Ivor Wilkins/www.americascup.com

Outre le 1er exemplaire appartenant à ACRM, trois autres équipages poursuivent leurs entrainements : ETNZ, Artemis et Oracle.

L’équipe du defender américain aligne deux bateaux, outre le leur, ils ont loué l’exemplaire de Mascalzone Latino, qui parait avoir de grosses difficultés financières, les américains peuvent donc déjà s’entrainer au Match Racing sur ces deux catamarans.

La semaine dernière a été l’occasion de voir naviguer quatre bateaux en flotte (ETNZ ne s’étend pas joint aux autres équipes), on peut d’ailleurs remarquer sur ces images que les équipes sont déjà au travail en ce qui concerne les voiles d’avant avec des profils différents sur le bateau suédois et les bateaux américains

Les AC 45 devraient bientôt être transféré à Valence, où les marins reprendront leurs entrainements avant les premiers America’s Cup World Series.

A ce jour dix équipes sont inscrites : Aleph (France), Artemis Racing (Suède), Emirates Team New Zealand (Nouvelle Zélande), Energy Team (France), Mascalzone Latino (Italie), ORACLE Racing (USA), Team Australia (Australie), China Team, Venezia Challenge (Italie), White Tiger (Corée).

Sodeb’O approche d’Ouessant

Thomas Coville bouclera son 2ème tour du monde sur son trimaran Sodeb’O demain, il est attendu sur la ligne au large d’Ouessant vers 10 heures demain, Thomas ne rejoindra pas Brest, il embarquera trois équipiers pour rejoindre la Trinité sur Mer, son port d’attache, où le public pourra l’accueillir vers 18 heures.

©Sea&Co

Le skipper a livré un dernier message lors de sa vacation ce matin, pour clore ce tour du monde :

« Voilà, un dernier petit mot pour clôre ce tour du monde à bord de Sodebo. On est à un peu moins de 500 milles de Ouessant dans des conditions musclées, des vents de plus de 30 nœuds et une mer très formée.

Je ne reviendrai pas sur ma déception mais je réitère mon admiration pour ce qu’a réalisé Francis Joyon, c’est la moindre des choses de féliciter son adversaire. Je veux aussi remercier tous les gens qui ont suivi, porté ce projet, qu’ils l’ont vu naître et l’ont fait vivre.

Merci à Sodebo, cette incroyable entreprise, cette famille, ce groupe, qui tout au long de ce voyage, avant et pendant, m’a porté et soutenu. J’ai essayé pendant ce périple de porter leurs couleurs ou, tout du moins, de défendre leurs valeurs de pugnacité, de liberté, d’indépendance et de plaisir dans un monde pas toujours facile même hostile comme celui de la mer.

J’ai pris beaucoup de plaisir à la barre de ce bateau, à manœuvrer, à réaliser cette trace et c’est pour cela que je vais à Ouessant même si la météo s’annonce catastrophique. Je voulais boucler ma trace, en symbole, pour dire que l’on finit les choses que l’on commence. Et même si elles ne se finissent pas comme on le souhaitait, je le fais pour ceux qui tiennent parole, qui vont au bout de leurs actes, qui paient leurs dettes. J’ai essayé de puiser là mon énergie cette semaine.

Je rends hommage à l’équipe qui m’a soutenu au quotidien, heure par heure et qui m’a aidé à réaliser cette belle route. Thierry Douillard, Richard Silvani, Christian Dumard et Thierry Briend (routeurs) qui ont été mes anges gardiens pendant ces deux mois. Seul, j’aurais lâché prise plusieurs fois. Ils ont été présents tout le temps. C’est un projet où il y a beaucoup de recherche, de technique, de technologie, de préparation mais ce tour du monde est avant tout un projet humain, de groupe ou en tout cas qui a la prétention de porter ces valeurs. Je remercie aussi les partenaires techniques qui nous suivent fidèlement et mettent leur savoir-faire au service du projet Sodebo : Météo France, Toyota, Cousin Trestec, Lisi, Ixsea, Open, CLS, Nautix et Helly Hansen.

J’appréhende les arrivées, c’est difficile de croiser le regard des autres après deux mois et de lire à travers leur visage, mon visage à moi. Drôle de sensation d’avoir tant espéré finir et, à la fois, d’appréhender l’arrivée… C’est très paradoxal. »

On ne peut qu’admirer la pugnacité de Thomas Coville qui sera allé au bout de ce tour du monde, le deuxième sur son bateau, malgré des conditions météos difficiles, notamment dans l’atlantique alors qu’il avait comblé son retard sur le record détenu par Francis Joyon.

Espérons que son partenaire qui le soutient depuis de nombreuses années poursuive sa collaboration afin d’atteindre l’objectif du skipper à savoir tourner autour de la planète le plus rapidement possible en solitaire.

Bruits de ponton

  • Pascal Bidégorry débarqué de Banque Populaire 5 ?

La rumeur courrait depuis le retour de la tentative ratée de Trophée Jules Verne, mais elle se fait de plus en plus insistante avec plusieurs articles dans la presse nationale et régionale (L’équipe, le Télégramme), sur le net (SeaSailSurf, Voiles et Voiliers…). Ces différentes sources font également état de l’arrivée de Michel Desjoyaux comme skipper du maxi trimaran Banque Populaire 5 pour la prochaine tentative de Trophée Jules Verne, cette information n’a pour l’instant pas été confirmée ni par l’intéressé, ni par le team. Le planning de celui-ci permettrait une tentative l’hiver prochain, le programme MOD 70, sur lequel Michel Desjoyaux est engagé ne comprenant que la course d’essai en octobre 2011, avec  une reprise en juillet 2012 avec une transat.

  • Gitana 12 en route vers Valence

Le trimaran du team Gitana a quitté la Trinité sur Mer en fin de semaine dernière en direction de Valence, ce qui confirmerait la vente de celui-ci au Team Artemis.

Le trimaran devrait être entièrement remanié (coque centrale coupée sur le bas, allongement des flotteurs, aile rigide…) afin de s’approcher au plus près du futur AC 72 de l’équipe suédoise.

Le 1er MOD 70 baptisé

Le 1er MOD 70, Race For Water, a été baptisé hier soir à Lorient, au cours d’un show de lancement particulièrement réussi ; avec son&lumière sur la façade de la Cité de la Voile Eric Tabarly. Le trimaran de Steve Ravussin sera basé à la base sous marine de Lorient.

La conférence de presse, qui a précédé le baptême, a permis de confirmer un intérêt pour la série des trimarans monotypes, avec deux annonces de teams étrangers dans les deux prochains mois. La première annonce sera faite officiellement dans quelques jours, ce projet représentera Marocco United, qui a déjà son site internet et sa page facebook, l’équipage sera constitué pour 50% de marins marocain. Le second team étranger devrait être l’Oman Sail, Franck David ayant insisté sur la présence des représentants de cette équipe lors de la conférence de presse.

Klabbe Nylof a également un projet et tente de finaliser son financement. Une annonce sera faite en avril pour dévoiler le nom du sponsor du circuit, ainsi que le parcours de la 1ère transat qui aura lieu en juillet 2012.

Race for Water sera en test jusqu’à la fin de l’année, il participera à la Gotland Race en juillet et à la Fastnet Race en août, Veolia de Roland Jourdain, qui sera mis à l’eau en juin rejoindra son sistership pour prendre part à cette course mythique. Un test match aura lieu du 6 au 10 octobre entre Race for Water, Veolia et Foncia (mise à l’eau en août), skippé par Michel Desjoyaux, un autre bateau invité (probablement un 60′ ORMA ou un maxi trimaran) rejoindra les MOD 70 pour ce test en configuration course.

Les coûts de production d’un MOD sont de 2,6 millions d’euros, et le budget prévisionnel pour une saison à 2,2 à 2,7 millions d’euros, ce qui représente un budget raisonnable pour un circuit international (l’engagement de Groupama sur la Volvo Ocean Race a un coût de 17 millions d’euros par an).

Pas de record pour Thomas Coville

Thomas Coville est désormais résigné, il ne battra pas le record autour du monde en solitaire, qui restera, pour une année de plus, le bien de Francis Joyon sur Idec. En effet il reste 2400 milles à parcourir en 3 jours pour Sodeb’O arriver dans les temps du record, ce qui sera impossible.

Le skipper, qui avait optimisé son trimaran Sodeb’O avant cette nouvelle tentative, n’a pas démérité sur cette circumnavigation : J’ai une chance inouïe de faire ce que je fais, de m’exprimer de cette façon, d’être sur l’eau avec ce bateau et entourée par cette équipe. Techniquement, on apprend à chaque fois. On va boucler, pour la deuxième fois, un tour du monde en multicoque sans s’arrêter. Déjà, en monocoque, il n’y en a pas beaucoup qui arrivent à finir sans s’arrêter ! Physiquement, j’ai aussi l’impression de ne pas avoir subi la machine. J’ai eu le sentiment de rester maître du bateau malgré une météo à chaque fois un peu plus difficile que prévu et qui ne permettait pas de garder une gestion personnelle optimale de l’effort comme du sommeil. Je suis aussi fier de l’organisation et de la qualité du travail avec mes routeurs. Le geste est beau, la trace est belle. Le faire n’est pas l’unique moteur mais le faire proprement est important même si la récompense ultime n’est pas là. »

© Sea & Co


Il a malheureusement souffert de systèmes météo souvent défavorables, comme actuellement avec un anticyclone des Açores très actif : « Cela ralentit comme prévu, je vais avoir encore une journée délicate pour traverser cette dorsale avec des vents turbulents. Le vent vient d’ailleurs de basculer de 90 degrés. Difficile de prévoir, alors je gagne vers le Nord pour avancer et je ressens déjà la houle résiduelle des dépressions qui passent au-dessus et que l’on va chercher. »

Grosse activité à la BSM de Lorient

La BSM connait une activité intense en cette fin de mois de mars, plusieurs bateaux sont en chantier : celui de l’Hydroptère semble toucher à sa fin, Banque Populaire 5 est au sec devant le hangar du team, l’équipe technique s’affaire sur le bras arrière, le trimaran devrait être remis à l’eau fin avril.

Le chantier de l’ex Gitana 13 est terminé, le catamaran a été transformé en bateau de grande croisière (biminis, annexe, aménagements intérieurs…) , il est désormais à l’eau dans le port de Lorient et est baptisé Swift.

Gemini 3, le catamaran de Roman Paszke est amarré sur le même ponton,  le skipper polonais qui devait s’élancer sur un tour du monde semble peiner à trouver un budget pour ce projet.

Le 60′ ORMA, ex Sensations a été remis à l’eau hier, il naviguera dès le mois de mai en Méditerranée, sous les couleurs d’Atheos (qui exploitait l’ex Gitana 10).

L’autre événement à la BSM  reste le lancement du 1er MOD, le trimaran de Steve Ravussin a été mis à l’eau lundi, le baptême officiel   aura lieu ce soir devant la Cité de la Voile à 20h30, le MOD70 devrait effectuer ses premières navigations la semaine prochaine.