Thomas Coville boucle son tour du monde en 61 jours 7 heures

Thomas Coville avait débuté son tour du monde en solitaire le samedi 29 janvier à 12h07’28 » , le skipper de SODEBO a franchi la ligne d’arrivée  à Ouessant aujourd’hui à 13h15.

Il boucle donc ce tour du monde en 61 jours, 7 minutes et 32 secondes de mer. Il aura mis 3 jours, 10 heures, 43 minutes et 26 secondes de plus que Francis Joyon sur IDEC en 2008 (57j 13h34’06 »), malgré tout le skipper peut avoir la satisfaction d’avoir parcouru 28 431 milles à la moyenne de 19,42 nds, soit 2031 milles de plus que Francis Joyon qui avait parcouru 26 400 milles à la vitesse moyenne de 19,11 nds.

Les premiers mots de Thomas Coville après le passage de la ligne :

Dernière nuit en mer
« La dernière nuit est toujours dense et particulière parce qu’on cumule beaucoup de fatigue. On enchaine les manœuvres, le fait d’avoir la terre proche te demande d’être encore plus vigilant. Une navigation difficile vers un point de chute qui t’impose d’être précis. Il y avait du trafic, je suis passé deux fois à moins de 50 mètres d’un cargo à une vitesse élevée. Il y avait vraiment du mauvais temps avec 5 mètres de creux et 30 nœuds de vent. Rien n’est fait tant que la ligne n’est pas franchie. »

Pudiques
« Pendant 60 jours, tu ne vois personne, tu n’entends que des voix et tout d’un coup apparait un zodiac qui sort de la brume. Il se rapproche et tu retrouves des visages familiers, ceux de ton équipe, aussi marqués que toi. J’ai craqué à ce moment là, Thierry Briend et Thierry Douillard étaient avec moi tous les jours au téléphone, ils savent ce que nous avons fait ensemble. Je me suis isolé pour reprendre mes esprits. Nous avons remis le bateau en route ensemble, nous nous sommes retrouvés dans l’action. En voyant le bateau, ils visualisent tout de suite ce qui s’est passé pendant le périple. Ils sont aussi pudiques que moi, donc ce n’était pas une grande accolade de militaire. C’était assez simple et très fort à la fois. »

Ne pas se dérober
« Les 50 premiers jours n’ont pas été faciles mais j’ai eu un réel plaisir à faire ce parcours et à y croire. La dernière semaine a été très difficile mentalement. Je voulais boucler ma trace. Et ce matin, je me suis même demandé pourquoi je passais la ligne mais j’ai été éduqué comme ça et je dédie cette ligne à mes parents qui m’ont appris que quand on commence quelque chose, on le finit même si ce n’est pas facile. Je devais boucler la trace mais je me suis fait violence. Je l’ai fait par principe, par respect… C’était se dérober que de ne pas y aller ! »

Une chance inouïe jusqu’un enfer
« Je sais que j’ai une chance inouïe de faire ce que je fais. J’ai un partenaire Sodebo qui m’a suivi dans la réalisation de ce projet. J’ai mis toutes mes tripes dans ce tour, dans cette route très engagée, très belle. Par rapport à la dernière fois, il y a eu deux changements. D’une part, dans mon approche du quotidien, je ne me suis pas focalisé sur le retard que j’avais. J’y ai cru quand nous sommes repassés devant Francis et c’est là que ça s’est dérobé. La deuxième chose, c’est que je m’étais juré que cette fois-ci, j’irais provoquer la chance ! C’est pour cela que j’ai accepté de faire des routes abjectes comme d’être au près vers les Kerguelen, c’était ma manière à moi de créer ma chance, je serais allé la chercher en enfer s’il le fallait. »

Pas d’erreur et des satisfactions
« Nous n’avons pas fait d’erreur sur la route. Quand tu tiens un projet à bout de bras et que tu en es le porte-parole, tu te sens responsable. Quand tu es seul à bord, tu ne partages ce sentiment avec personne. Il y a des satisfactions : celle de ramener le bateau en bon état, malgré mon étrave abimée, d’avoir monté cette équipe avec une ambiance et un vrai état d’esprit. Il faudrait qu’aujourd’hui je ne sois pas un compétiteur pour ne pas être déçu. On est deux personnes à bord : le compétiteur et l’aventurier ! Le compétiteur est frustré mais l’aventurier a accompli le périple. »

A lire également une interview par Philippe Eliès sur le Télégramme.com, on y apprend que le skipper ne retentera pas ce record l’année prochaine, il semblerait également que Sodeb’O souhaite poursuivre son sponsoring avec Thomas Coville.

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