L’équipe Oracle Racing a ouvert la série en lançant son 1er AC 45 avant hier, les entrainements ont débuté le lendemain avec James Spithill à la barre, les équipiers du team américain ont l’expérience de la navigation sur le catamaran monotype, puisqu’ils ont effectué les premiers tests du prototype de la série.
Le second bateau a été mis à l’eau aujourd’hui, il s’agit d’Emirates Team New Zealand, Grant Dalton, directeur de l’équipe a confirmé avoir payé les droits d’entrée pour la 34ème Coupe de l’America.Emirates, Toyota et Omega, les sponsors « historiques » des néo-zélandais poursuivent leur partenariat, malgré tout, il semblerait que le budget ne soit pas totalement bouclé, la confirmation définitive de l’engagement devant être officielle d’ici deux mois.
Le bateau d’Artemis est en cours de montage et devrait toucher l’eau dans les jours qui viennent.
A l’heure actuelle, aucune information concernant l’attribution d’un catamaran à une équipe française n’a filtrée, Aleph d’Alain Gautier et Bertrand Pacé et Energy Team des frères Peyron semblent toujours à la recherche de sponsors.
On a également appris l’arrivée d’une troisième équipe française (non inscrite officiellement), composé d’Olivier de Kersauson associé à Stéphane Kandler (qui dirigeait l’Areva Challenge lors de la dernière America’s Cup) et Hervé Devaux. Interview à lire sur le site du Télégramme.
Le premier grand prix du championnat des Decision 35 de l’année 2011 sera lancé dans moins de deux mois.La classe des D35 accueille un nouveau partenaire qui sponsorisera l’ensemble des régates de la saison : la manufacture horlogère VULCAIN.
Cette année 2011 sera marquée par un programme inédit avec deux régates en Méditerranée en septembre.
Le coup d’envoi du VULCAIN TROPHY 2011 sera donc donné le week-end du 5-8 mai lors d’un Grand Prix au format unique qui se déroulera entre Lausanne et Genève, les grand prix suivant se dérouleront ensuite entre Genève et Crans sur Nyon, les équipages disputeront également les deux classiques : Genève-Rolle-Genève et le Bol d’Or Mirabaud.
La saison s’achèvera par l’organisation de deux régates en Méditerranée en septembre. Du 1er au 4 septembre, les Décision 35 s’affronteront à Beaulieu-sur-Mer et du 22 au 25 septembre, les douze équipages se retrouveront à Antibes pour la finale du championnat.
Côté concurrents, peu de changements, le bateau Julius Bär change de nom (suite à l’arrêt du sponsoring de la banque) et devient Team de Rham-Sotheby’s, les autres catamarans courront sous les mêmes couleurs qu’en 2010. A noter qu’Alain Gautier (suite à son engagement dans l’équipe Aleph pour la 34ème Coupe de l’America) cède la barre de Foncia à Michel Desjoyaux, qui préparera ses futures navigations en MOD 70.
Energy Team, initié par Loïck et Bruno Peyron est officiellement devenu Challenger pour la 34e pour la 34e America’s Cup, ce défi porte les couleurs du Yacht Club de France.
Ce second défi français (après l’Aleph Team mené par Alain Gautier et Bertrand Pacé) est donc le sixième Challenger pour la conquête de l’aiguière d’argent.
Bruno Peyron est le manager global du projet, Loïck le skipper en titre des futurs bateaux. L’équipe ambitionne la construction de son catamaran AC 72par le chantier Multiplast à Vannes, le début de la construction étant prévue pour septembre prochain, avec une mise à l’eau en avril 2012.
Dès mars 2011,l’ Energy Team devrait prendre livraison d’un premier AC45, les frères Peyron espèrent également multiplier les plateformes d’entrainement multicoque : quatre Class A, quatre F18, un D35, unExtreme 40, un G-Class (l’ex-Orange II qui servira de bateaux de relations publiques), deux AC45 et deux AC72; ainsi que quatre répliques d’AC72 à à l’échelle 1/3.
Ce défi français sera installé sur la façade bretonne avec :
à Vannes, le chantier Multiplast, en charge de la construction et de développement technologique
à Lorient, la base des catamarans AC72 et du G-Class (ex Orange II)
à La Baule, le lieu d’entraînement privilégié de l’équipe sportive, qui servira à l’ensemble des activités de relations partenaires et de relations presse.
Outre Bruno et Loick Peyron, Yann Guichard intègre le team en qualité de barreur N°2, Thierry Fouchier (vainqueur de la 33ème America’s Cup avec BMW Oracle) en tant que performer, tout comme :Jean-Christophe Mourniac, Yves Loday devrait quand à lui assurer le rôle de coach des jeunes espoirs.
On ne peut que se réjouir de cette inscription, et de l’intérêt des spécialistes du multicoque français pour cette Coupe de l’America, cependant ces annonces ne restent à l’heure actuelle qu’une déclaration d’intentions, puisqu’il semble qu’aucun sponsor n’ait encore décidé de rejoindre l’aventure, le Team Aleph semble être dans le même cas.
Les réactions des principaux intéressés :
Philippe Court, Président du Yacht Club de France : « …après que nous ayons tenté avec force mais en vain de réunir les deux équipes potentielles connues, il a paru non seulement normal mais nécessaire au YCF et à son Conseil de soutenir le projet de Bruno et de Loick Peyron et de porter un défi au Golden Gate Yacht Club en devenant Challenger Officiel pour la 34e Coupe de l’America. Normal car dans le nouveau format de l’America’s Cup, le palmarès de Bruno et de Loick en multicoques, grande spécialité française, leur légitimité donc, leurs compétences techniques et managériales, font de ces deux marins d’exception les meilleurs candidats à une tentative française dans la Cup. Nécessaire car il est dans le droit fil de la mission du YCF de participer à toute tentative qui peut donner à la France une chance sérieuse de prétendre (enfin) à une victoire dans la Coupe de l’America à laquelle la France a pourtant participé sans interruption depuis 1970 ».
Russell Coutts : « C’est fantastique d’avoir une équipe de plus inscrite et très compétitive, dans l’America’s Cup. Loïck et Bruno Peyron ont acquis une énorme expérience en multicoque et ils savent manier ces bateaux, notamment Loïck qui fut déjà très impliqué lors de la dernière America’s Cup. Je trouve que c’est fabuleux de les voir participer à la prochaine édition. Je sais qu’ils en avaient très envie et c’est génial qu’ils soient désormais inscrits ».
Richard Worth, CEO America’s Cup Race Management : « La Coupe de l’America présentera les meilleurs marins sur les bateaux les plus rapides et c’est pour cette raison que nous sommes heureux d’accueillir le Yacht Club de France et la formidable équipe de Energy Team, réputée pour sa grande expérience en multicoque ».
A lire, l’analyse de Matthieu Robert sur la situation des deux teams français, sur son blog Tribord Amure
L’inscription de l’équipe de France pour la 34ème Coupe de l’America a été validée vendredi par le Golden Gate Yacht Club.
Ce défi est mené par Bertrand Pacé et Alain Gautier, qui a semble-t-il attiré des investisseurs qui devraient en partie financer le défi.
Bertrand Pacé : « Représenter son pays est un immense privilège, une raison supplémentaire de ne pas décevoir et d’être à la hauteur de l’enjeu. Fidèle à sa stratégie, ALEPH – EQUIPE DE FRANCE va continuer de rassembler les talents français qui veulent favoriser le collectif au service de la performance. »
Alain Gautier : « Pour chacun des membres de notre équipe c’est un moment de fierté et d’émotion. L’esprit d’équipe cultivé par les équipes de France de handball, d’athlétisme, de natation, ou plus récemment de la brillante équipe de France de voile olympique est une source d’inspiration pour ALEPH – EQUIPE DE FRANCE: le succès se construit dans la force d’une équipe, dans les sports individuels comme collectifs ».
Cette inscription vient s’ajouter à celle de Mascalzone Latino, Artemis, et probablement Team New Zealand (même si l’équipe n’a toujours pas confirmée cette information), d’autres équipes françaises sont à la recherche d’un budget pour la 34ème America’s Cup, dont All4One, les frères Peyron, Olivier de Kersauson ( qui cherche à s’allier à All4One).
Ernesto Bertarelli et son équipage s’impose lors de la Sogeti Cup La Réserve, avant dernière étape du Challenge Julius Baer 2010 à l’issue d’une belle lutte avec Foncia et Banque Populaire.
schiller/myimage
Foncia démarrait en trombe samedi, en effet Alain Gautier et ses hommes remportaient trois des quatre manches courues, la journée de dimanche sera moins faste avec deux 7ème places et une 2nde. Foncia échoue à 1 point d’Alinghi et se classe second de ce grand prix à égalité de points avec Banque Populaire mené par Pascal Bidégorry.
Veltigroup de Marco Simeoni réalise un bon week end en se classant 4ème devant Julius Baer et Nickel.
Au classement général, pas de changement, Banque Populaire conserve la tête, avec un point d’avance sur Foncia et 3 sur Alinghi. Le vainqueur du championnat ne sera donc connu qu’à l’issue du dernier Grand Prix de la saison qui se déroulera du 17 au 19 septembre dans la rade de Genève.
La soeur d’Ernesto Bertarelli, propriétaire du Team Alinghi, a remporté le bol d’Or sur son D35 le week end dernier.
L’équipage du catamaran rose Ladycat, entièrement féminin la saison dernière, avait été grandement remanié en début de saison en devenant mixte. La propriétaire remporte sa première victoire dans cette classe en dominant la classique lémanique tout au long de la course.
Les impressions de Dona Bertarelli : «Nous n’avons pas lâché, nous ne nous sommes jamais arrêtés, nous avons chaque fois réussi à repartir. Nous avons pris un beau départ. Je n’y croyais pas, je ne pensais pas qu’un jour j’arriverais à gagner le Bol d’Or Mirabaud. C’est magnifique, mais je n’arrive pas encore à réaliser. Toute la course nous avons été en tête, même si nous savons qu’au Bol d’Or Mirabaud il y a des retournements de situations jusqu’au dernier mètre. Donc jusqu’à la dernière minute nous n’avons rien lâché et lorsque nous nous sommes retournés et que nous avons vu personne derrière, nous nous sommes dit que tout pouvait arriver !»
Et de Pascal Bidégorry, deuxième : « Quel plaisir le Bol d’Or ! C’est le deuxième que je fais, deux fois qu’il n’y a quasiment pas de vent, mais à aucun moment nous ne nous sommes ennuyés à bord ! Les D35 sont des bateaux tellement sensibles qu’ils demandent une vigilance accrue et nous donne de quoi cogiter ! L’équipage est top, ça navigue bien, tout le monde est concentré et motivé, ça fait vraiment plaisir. On a bien travaillé dans les phases de transitions, quand nous entrons dans une zone sans vent, on arrive à repartir vite, nous ne sommes jamais passifs. L’essence même de la régate est là. «
Pascal Bidégorry, sur Banque Populaire termine second suivi de Nickel, barré par Fred Moura qui termine troisième. Zoulou d’Erik Maris, pour son premier tour de lac termine quatrième devant Foncia d’Alain Gautier, à la cinquième place. Alinghi d’Ernesto Bertarelli franchit la ligne d’arrivée à la sixième place. Il devance Julius Baer de Philippe Cardis, septième, et Zen Too de Guy de Picciotto barré par Franck Cammas, huitième. Ensuite et respectivement classés neuvième et dixième, Ylliam de Pierre-Yves Firmenich et Okalys-Corum de Nicolas Grange. Zebra 7 ferme la marche des Décision 35 au onzième range puisque Veltigroup de Marco Simeoni ne régatait pas suite à un chavirage le week-end passé.
La seconde étape du Challenge Julius Baer se disputait ce week end au large du Domaine Impérial de Gland, sur les bords du Léman.
Trois équipes ont occupés le haut du classement lors des 6 manches courues (4 samedi 2 dimanche) : Banque Populaire, Foncia et Alinghi.
Samedi Pascal Bidégorry, le skipper du D35 Banque Populaire raflait 3 des 4 manches, et prenait une 7ème sur la dernière manche. Dimanche c’est Alain Gautier sur Foncia qui s’est montré le meilleur avec une victoire de manche et une 2nde place, les trois places sur le podium lors des régates de samedi (3-2-1) permettent à l’équipage de Foncia de remporter cette Realstone Cup.
Alinghi d’Ernesto Bertarelli qui prend la deuxième position. Ils remportent la dernière manche d’aujourd’hui et enchaine les bonnes places (2-2-3-6-4-1).Pour Ernesto Bertarelli la régularité a payé: « On comptant toutes les manches sans enlever une, je pense que nous sommes devant. Nous recherchons la régularité. Car dans des classes comme celle-là qui commence à se resserrer, il faut éviter les extrêmes au maximum. Pour nous, c’est la stratégie de la régularité qu’il faut suivre. »
Pascal Bidégorry sur Banque Populaire monte sur la trosième marche du podium, après une première saison en demi teinte, le skipper des trimarans Banque Populaire montre qu’il sera l’un des outsiders de la série Décision 35 cette année : » Nous avons fait une bonne journée. Nous essayons d’être constructif sur le réglages des voiles. J’ai de la chance de naviguer avec un équipage très talentueux qui s’adapte rapidement. Je pense que l’on a beaucoup de chose à apprendre, mais pour l’instant on essaie d’être les plus rapides. »
Alain Gautier : » Ce week-end c’était un peu un duel franco-français puisque nous gagnons deux manches et Pascal Bidégorry en gagne 3, mais il ne faut pas oublier Alinghi qui fait de très bonnes régates comme à son habitude. Nous sommes dans le match ce début de saison. Mais nous savons que les autres vont progresser, que le niveau de la flotte s’élève et que ce sera dur pour la suite de la saison. »
Zen Too qui prend la quatrième position de cette étape, Franck Cammas, le barreur habituel avait cédé sa place à Fred Le Peutrec (membre du team Groupama, et barreur du D35 SmartHome la saison dernière), à la cinquième place, il y a Ylliam.
Okalys-Corum barré par Nicolas Grange, en l’absence de Loick Peyron termine septième. Ils devancent Julius Baer de Philippe Cardis et Zoulou d’Erik Maris et Nickel.
Stève Ravussin sur Veltigroup prend la onzième position devant tLadycat et Zebra 7
Prochaine manche du Challenge Julius Baer à l’Open de Versoix le 4 et 6 juin, ainsi que le 5 juin pour la Genève-Rolle-Genève.
Le week end dernier devait être la 1ère occasion pour les douze équipages des D35 de se jauger, mais le vent capricieux n’a finalement permis qu’une seule confrontation dimanche. Le Grand Prix Beau-Rivage Palace ne comptera donc pas pour le classement général du Challenge Julius Baer, le règlement imposant un minimum de deux manches courues pour valider une épreuve.
C’est Nickel barré par Frédéric Moura qui remporte donc cette unique manche du week end. Derrière eux, le nouveau venu Ylliam se classe 2nd. Ladycat monte sur la troisième marche du podium.
Les favoris du championnat se classent en milieu de tableau avec Foncia barré par Alain Gautier à la quatrième position devant Alinghi d’Ernesto Bertarelli, Okalys-Corum prend la septième position derrière Veltigroup, barré par Stève Ravussin. Pascal Bidégorry sur Banque Populaire, Julius Baer de Philippe Cardis termine respectivement au 9ème et 10ème rang. Franck Cammas, barreur de Zen Too et Erik Maris, propriétaire de Zoulou ont tenté un bord à terre pour la descente vers la bouée sous le vent. Ils terminent à la 11ème et 12ème.
Prochain rendez-vous du 21 au 23 mai, pour la Realstone Cup,qui se déroulera dans le cadre d’exception du Golf Club du Domaine Impérial de Gland.
La première manche de l’America’s Cup aura lieu lundi à 10h06 à Valence en Espagne, elle opposera deux maxis multicoques extraordinaires : le catamaran Alinghi 5 et USA17, le trimaran de l’équipe BMW Oracle.
A deux jours de l’échéance, Marco, fidèle lecteur de Voile-Multicoques.com et passionné de multicoques nous fait partager son point de vue sur ces deux bateaux :
Un rapide rappel des faits.
Les Américains, très fâchés contre Alinghi (pour des raisons que je ne développerai pas), décident de lancer le 13 juillet 2007 un défi conforme au Deed of Gift original de l’America’s Cup. Leur challenger : un multicoque de 90’ par 90’ (27,43m).
Les Suisses sont obligés d’accepter.
Le 22 Août 2008, les Américains mettent à l’eau leur trimaran. N’ayant pas le choix du lieu des régates, ils ont décidé de faire un bateau polyvalent et évolutif, un trimaran issu du cabinet d’architectes français VPLP.
Le 8 juillet, les Suisses mettent leur bateau à l’eau. Ils ont choisi un catamaran ultra-léger avec dans l’idée de régater à Ras El Khaïmah, dans le golfe Persique, où les vents sont légers. Malheureusement pour eux le tribunal désignera finalement Valence comme lieu des régates.
La compétition se déroulera en deux régates gagnantes : la première sera un aller-retour de deux fois 20 milles et la seconde un triangle de trois fois 13 milles. Si une troisième régate est nécessaire, elle sera identique à la première.
Détaillons un peu les forces en présence.
Si les deux bateaux font bien 90’ de flottaison à l’arrêt, ils font un peu plus en navigation.
On n’a évidemment aucune donnée officielle sur les bateaux et tous ces chiffres ne sont que des estimations.
Honneur au defender :
Alinghi 5 est un catamaran de 31 ou 32 m de longueur et de 24 m de largeur. Après avoir été lancé avec un mât d’une cinquantaine de mètres, il est désormais doté d’un gigantesque mât-aile de 60 m de haut doté d’une grand voile de 600 m2 et pouvant porter, sur son gigantesque bout-dehors un gennaker de 1000 m2, le plus grand ayant jamais été construit.
Les coques possèdent des étraves inversées de type wave-piercer. Ces étraves, en passant à travers les vagues au lieu d’au-dessus, diminuent le tangage et améliorent l’efficacité du gréement. Elles sont tenues par deux bras seulement et tous les efforts de torsion du gréement sur les coques sont repris par trois poutres de carbone. Ce système, très innovant, avait été imaginé en 2000 pour le petit catamaran de 12,50 m Alinghi qui gagna par la suite plusieurs fois le bol d’or. Il permet une très grande rigidité pour un poids minimal. Ce système a donc tout naturellement été repris pour A5.
Les coques sont dotées de dérives en S (même si des dérives rectilignes ont aussi été utilisées), orientables dans les 3 axes, qui font aussi office de foils.
Autre innovation majeure : la suppression des wincheurs remplacés par un moteur. Pas très sympa pour les oreilles mais très efficace.
Ce moteur sert aussi à remplir et transférer les ballasts dont sont dotées les coques.
Un immense trampoline court entre les bras et les coques tandis que l’arrière du bras avant est caréné d’une toile. Ils viennent même de tester un carénage de l’arrière du second bras, suivant en cela l’exemple des Américains.
Ne comparez pas ce bateau à un multicoque de course au large. Il faut le voir comme un catamaran de plage de 32 m. En fait c’est un agrandissement et une amélioration du Alinghi de 12 m. Bref, un engin extrême, fait pour naviguer sur eau plate dans très peu de vent. Dans ces conditions il est capable d’atteindre des vitesses extraordinaires comprises entre 3 à 4 fois la vitesse du vent.
Le challenger :
Le trimaran Américain n’est pas moins extrême. Il a fortement évolué depuis son lancement. Si la largeur de 27 m n’a pas changé, les flotteurs, originellement à 30 m, doivent en faire désormais près de 32 et sont aussi dotés d’étraves inversées du type wave piercer.
Ces flotteurs sont équipés de foils qui servent aussi de dérive car la dérive centrale de la coque a été supprimée. La forme de ces foils a d’ailleurs évolué. Après avoir commencé avec des foils courbes similaires aux foils des trimarans Orma, ils ont essayé des foils plus rectilignes pour revenir à des foils courbes
Exit aussi le safran central. Gain de poids, gain de trainée. En fait, en navigation, USA se retrouve dans la même configuration qu’un catamaran.
Il est aussi doté de ballasts.
Les Américains ont été obligés de suivre les Suisses dans l’installation d’un moteur. Plus de wincheurs. Et c’est sans doute ce moteur qui a permis l’installation de ballasts jusque dans les flotteurs.
Les Américains ont beaucoup travaillé l’aérodynamique, en carénant l’arrière du bras avant puis en supprimant les filets et, finalement en carénant aussi le bras arrière. Il n’est pourtant pas certain que nous voyions ces carénages en compétition, les bateaux ayant navigué avec ou sans.
La surface de voilure n’a fait qu’augmenter.
Après avoir été lancé avec un mât de 50 m, on est monté à 55, puis 60 m. Ce dernier mât a d’ailleurs cassé au bout de deux jour. Ce qui n’a pas désarmé les Américains qui étaient sur le point lancer leur innovation majeure : une aile rigide.
Rien de révolutionnaire en soi, car des ailes ont été largement utilisées en Little America’s Cup et continuent a être utilisées en classe A. Et Stars et Stripes en possédait déjà une en 88.
D’un strict point de vue aérodynamique une aile rigide ne possède que des avantages. En ne se déformant pas, contrairement à une voile, elle garde toujours son profil idéal.
Mais ce qui est extraordinaire c’est les dimensions de cette aile : plus de 60 m de haut pour une surface de plus de 650 m2. Un monstre dont le poids n’excède pas le poids d’un gréement classique. Mais surtout un monstre d’efficacité. L’aile est composée de deux parties, la partie avant pouvant être considérée comme un mât prolongé par des volets orientables. Ces huits volets, en prenant une angulation différente permettent aussi de faire « twister la voile », d’adapter le profil au vent à quelque hauteur que l’on soit. Par un système gardé secret cette aile est très facile à régler. L’aile permet donc de développer plus de puissance qu’une voile classique. Son second avantage se situe dans les manœuvres, car elle garde de la portance en permanence, permettant au trimaran de virer avec une facilité déconcertante. Son talon d’Achille reste le petit temps, où elle manque un peu de surface, et peut-être aussi le portant. Ils peuvent lui adjoindre une voile d’avant qui augmente la surface mais diminue l’efficacité du profil de l’aile.
Les déplacements : le gros point d’interrogation.
10 T contre 12T ? 12T contre 16T ? 13T contre 18T ? Impossible à savoir.
Mais tout le monde est d’accord pour dire que le catamaran est plus léger et le trimaran plus puissant. Encore que les ballasts modifient la donne.
Alors, qui va gagner ? Bien malin qui pourrait le dire.
Les experts disent que A5 est meilleur dans le petit temps. Ce serait donc la météo du jour qui déciderait du sort du match.
Si A5 est sans aucun doute plus léger je ne suis pas persuadé que la différence de déplacement soit énorme. Deux tonnes d’écart ne changeraient pas grand-chose. Par ailleurs, et contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, on a déjà vu des multicoques lourds dépasser des légers dans le petit temps.
La thèse la plus communément admise est que USA devrait être intouchable au près, et cela d’autant plus que le vent sera fort. Au portant par contre le cata devrait être mieux et cela d’autant plus que le vent sera faible.
Mais attention, le plan d’eau est grand et le vent pourra y être très variable. C’est peut-être là que se fera la différence, dans la capacité à aller exploiter le vent là où il se trouve. Et les deux équipes ont mis beaucoup de moyens dans ce sens : Alighi utilisera des ULM qui surveilleront le plan d’eau et USA utilisera des « jumelles » capables de donner le force et la direction du vent à un kilomètre de distance.
Si la coupe a été un véritable imbroglio juridique et a donné l’impression d’être une bataille de chiffonniers où tous les (mauvais) coups sont permis, elle a aussi renoué avec les origines : deux milliardaires qui se battent pour construire le bateau le plus rapide du monde. Et c’est ça qui a toujours fait rêver les gens.
Au bout du coup elle aura donné naissance aux deux bateaux les plus excitants depuis Reliance, les bateaux les plus rapides (dans moins de 15 nœuds de vent) qui aient jamais été construits, deux formidables machines à vents. Vivement lundi.
A lire également :
Des interviews des naviguants d’Alinghi : Alain Gautier sur Sports.fr, Loick Peyron qui partagera la barre avec Ernesto Bertaralli sur le Télégramme.
Des architectes au travers d’une interview croisée toujours sur Sports.fr : Vincent Lauriot Prevost pour BMW Oracle, Benoit Cabaret pour Alinghi. A lire ICI.
Bien que l’imbroglio judiciaire ne soit pas encore résolu entre les deux équipes, on s’oriente vers un duel entre Alinghi 5 et USA 17 àValence.
Les deux équipes devraient se retrouver sur l’eau le 8, 10 février, et le 12 en cas d’égalité, cependant les limites de vent (15 noeuds maximum) et de houle (1m maximum) pourraient retarder les dates de l’America’s Cup.
Les deux équipes s’entrainent donc autant que possible en attendant la date fatidique.
Si il semble acquis que James Spithill barrera le trimaran américain, rien n’est sûr chez Alinghi, même si il semble que Loick Peyron et le patron du défi suisse : Ernesto Bertarelli soient les barreurs probables.
Quelques vidéos du trimaran USA 17 à l’entrainement.