Route du Rhum, le début de course s’annonce musclé

Le départ de la Route du Rhum sera donné demain à 14h02,  les conditions météo pour le départ  sont très favorables à une sortie de Manche très rapide pour les deux classes de grands multis (Multi50 et Ultimes). Les skippers évolueront  au reaching  et devraient « démancher » sur un seul bord.
Les choses se corseront ensuite avec une petite dépression à contourner au large de la Bretagne et dont la position est encore susceptible d’évoluer. Les trimarans devraient essayer de s’échapper au plus vite vers le Sud-Ouest afin d’éviter le plus gros d’une très dépression qui arrivera sur le plan dans la nuit de lundi à mardi. Celle-ci va détériorer les conditions de mer.  Les rafales pourront dépasser les 45 nœuds et les creux culminer à plus de six mètres. À l’arrière, la traîne sera très active.

© Easy Ride / BPCE

Les conditions s’annoncent donc idylliques pour les trois ultimes avec plans porteurs : Banque Populaire IX d’Armel le Cléac’h, Macif de François Gabart et Edmond de Rothschild mené par Sébastien Josse. Ils pourraient ensuite être plus à la peine dans la mer formée, les creux de 5 à 6m, les ramèneront à des trimarans archimédiens, Francis Joyon sur Idec Sport et Thomas Coville sur Sodebo Ultim devraient profiter de la connaissance de leurs bateaux respectifs et de leur fiabilité dans ces conditions musclées. Romain Pilliard, sur Remade-Use It AgainRomain Pilliard, sur Remade-Use It Again (ex Castorama) devrait quant à lui jouer la sécurité, l’essentiel pour le marin étant de rallier l’arrivée.

En Multi50, six marins s’affronteront également, Thibaut Vauchel-Camus part sur le dernier né de la flotte,  un plan VPLP, Solidaires en Peloton ARSEP, mais il aura fort à faire face à Lalou Roucayrol, sur Arkema, Erwan Le Roux sur FenétréA-Mix Buffet et également Armel Tripon sur Reauté Chocolat. Thierry Bouchard sur un plan VPLP également très abouti fait figure d’outsider, tout comme Gilles Lamiré sur son trimaran La FrenchTech Rennes Saint Malo. Le malouin étant le seul à ne pas disposer de foils.

Photo Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Le départ sera diffusé en direct sur les chaines d’info en continu, ainsi que sur la chaine L’Equipe, France 3 assurera un long direct.
Pour les chanceux qui pourront être sur place, la pointe du Grouin et le Cap Fréhel restent les sites à privilégier.

 

Transat Jacques Vabre : Arkema vainqueur en Multi50′, FenêtréA-Mix Buffet second

Lalou Roucayrol et Alex Pella sont arrivés ce matin à Salvador de Bahia, et remportent donc cette Transat Jacques Vabre dans la catégorie Multi50′.
Les deux marins auront mis  10 jours 19 heures 14 minutes et 19 secondes, à la vitesse moyenne de 16.81 nœuds pour boucler cette course.
Ils s’adjugent également le record des 24h dans la classe avec 568 milles et également le record de l’épreuve en Multi50.

Photo Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Erwan le Roux et Vincent Riou sont arrivés 7h37mn 04s après le vainqueur. Les deux marins auront été handicapés par des soucis sur la fin de course avec la casse de la dérive et des soucis de drisse. Le 3ème, Reauté Chocolat mené par Armel Tripon et Vincent Barnaud sont attendus dans la nuit.

Photo Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Les réactions des skipper de la classe Multi50′

Lalou Roucayrol, skipper de Arkema
« Il y a deux ans, je me suis arrêté à Salvador de Bahia car j’avais le bateau coupé en deux et on a du faire de la stratification pour repartir sur Itajai et finir la course. On a franchement mérité cette victoire, on a fait une belle course, je suis vraiment content. On a mis du charbon tout le temps, on a été vite. Ca a été la bagarre du début jusqu’à la fin. On a fait un départ magnifique, c’est dingue, c’est la première fois qu’on navigue ensemble. J’étais rassuré de partir avec Alex, ça m’a soulagé qu’il soit d’accord de partir avec moi. Une Transat Jacques Vabre, c’est un engagement, tu navigues toujours à 110% des polaires, c’est sport. »

Alex Pella, co-skipper de Arkema
« C’est génial le Mutli50 ! C’est une belle expérience, ce sont des super-bateaux, j’ai compris le mode d’emploi au fur et à mesure. J’étais heureux d’être là, ce bateau a un potentiel énorme. On n’a jamais eu de problème de vitesse. Ca me rassure pour Lalou pour la Route du Rhum. Par contre, c’est vraiment inconfortable !
Nous n’avons eu aucun souci technique majeur, la préparation était parfaite, un grand merci à l’équipe technique. On s’est super bien entendu avec Lalou, tous les ingrédients étaient là. »

Lalou
« Une anecdote, Alex a l’habitude d’enlever son ciré pour dormir, se mettre au sec dans son duvet etc.. Je lui ai laissé croire que c’était possible, et la première nuit, il a vu qu’en fait on dormait dehors et tout le long, on a dormi dehors ! »

Alex
« On passé 10 jours avec les cirés, et quand on les enlevés, c’était juste devant, à l’entrée de la baie, et on s’est pris un gros grain ! Toute la course on a dormi sous la casquette. C’était une nouveauté pour moi, ces bateaux sont très nerveux, il faut avoir la main sur l’écoute en permanence. »

Lalou
« C’est ma 9e Transat Jacques Vabre, et avant le départ, je sentais que c’était bien, ça partait dans une spirale ascendante. On a une bonne équipe à terre aussi.  Karine (Fauconnier) et Eric (Mas) nous ont bien encadrés, car c’est difficile de faire la navigation, même de taper des petits messages sur le clavier…

On arrive devant Erwan, c’est comme ça, on s’est bien battu, on ne démérite pas, c’est chacun son tour ! L’année dernière, on gagne la Québec-St-Malo en équipage et là on gagne en double la Transat Jacques Vabre. Cette victoire, je la place au top. Beau bateau, belle vitesse, bonne préparation, tout s’est parfaitement déroulé. On aurait pu même aller encore plus vite. Objectivement, le bateau passait bien même dans la mer courte. Hier, on fait 570 milles, on aurait pu faire 600 milles. »

Alex
« Mon caleçon ne fait que des victoires, je le prends toujours, même si il n’est pas beau ! »

Lalou
« Dans le Pot au noir, on s’est décalé, FenêtréA-Mix Buffet n’a pas de gennaker, mais on ne le sait pas. On s’en est aperçu après, vu sa trajectoire. Ca se joue à la sortie du Pot au noir, on a vraiment bien navigué, notre trace est très belle. »

Alex
« Avec Karine (Fauconnier) et Eric (Mas), on a fait un travail extraordinaire. Ce qui n’est pas facile avec le routage à terre, c’est la communication. Nous n’avons pas été très bons sur deux transitions, sous les Açores et au Cap Vert. A partir de là, on a mieux travaillé tout ça, et du coup on a fait un beau Pot au noir ».

Lalou
« Karine nous a laissé de la place et du coup on a joué les bascules, on a senti les choses, on avait un gennaker donc ça nous a aidé par rapport à Erwan et Vincent, mais c’est la course, c’est comme ça. »

 

 

Vincent Riou, co-skipper de FenêtréA-Mix Buffet : 
Ca fait du bien d’arriver, quand la machine s’arrête, quand on abat, qu’on roule, à chaque fois c’est toujours le même relâchement en multicoque, le bateau il faut tout le temps le surveiller et quand ça s’arrête il y a la pression qui tombe.

Erwan le Roux, skipper de FenêtréA-Mix Buffet :
Le bruit est constant donc quand ça s’arrête ça fait du bien. Il n’y a aucune frustration d’être deuxième, on a digéré cela depuis longtemps.

Il y a eu une super régate, ils ont mis le curseur hyper haut, nous, nous sommes restés dans ce qu’on s’était dit. On va y aller doucement et attendre que les conditions qui vont nous permettre d’avancer. Arès le front, on a laissé passer la mer, puis on a allumé, on est revenu sur Arkema, on fait un meilleur passage de l’anticyclone, et on arrive à passer devant lui. Après tout se passe bien, la descente au Cap Vert, on creuse l’écart, on gère la molle de la Mauritanie, tout se déroule parfaitement. Le début de course était top.

Vincent :
On a fait un bon job, c’était déjà pas si simple de passer le front, faire des trajectoires propres sans monter la prise de risque, c’était l’objectif qu’on s’était donné. On ne voulait pas prendre de risques inconsidérés au départ. On a eu une belle trajectoire jusqu’à l’entrée du Pot au noir. C’est comme ça, c’est la vie des marins.

Erwan :
Juste avant le Pot au noir, Vincent me dit : « on l’a échappé belle, tu as vu le bidon passé, un bidon de 200 litres qui passe à côté du bateau. », et ça a commencé à se compliquer pour nous.
Ce bidon, il nous aura embarqué un safran comme qui rigole. Il ne s’est pas passer 10 minutes que Paf dans la dérive. On imagine qu’ils étaient en groupe. Au début on pensait avoir cassé le safran et au final c’était un bout du crashbox de la dérive qui était replié dans le safran. Déjà c’était une bonne nouvelle car si on avait cassé le safran central, on aurait été mal. Et puis on est reparti, c’est comme ça. Ca n’est pas la première fois qu’on terminerait une course avec une dérive en chou-fleur. On n’est pas allé voir, mais au fur et à mesure qu’on avançait, le bruit augmenté sous le bateau, on imagine que l’orange était en train de se peler en bas et que finalement le truc n’est pas devenu juste une dérive de cassé, c’est un truc en chou-fleur qui freine considérablement le bateau.

Erwan :
Le Pot au noir nous est un peu tombé dessus, c’était vraiment le carnage, et là, Lalou Roucayrol est revenu comme une fusée. Dans la foulée on a cassé notre drisse de gennaker, c’était l’apothéose. Ce qui se transforme en 20 milles d’avance sortie du Pot au noir, se transforme ensuite en 80 milles de retard et avec la possibilité de ne pas suivre le rythme qu’il (Lalou) nous impose.

Vincent :
Le bateau était trop ralenti. Devant ils ont faim, il faut se résigner. Des fois ça fonctionne et parfois il y a des grains de sable. On ne pas gagner à tous les coups, c’est pour cela qu’on revient.

Vincent :
C’est assez conforme à ce que j’attendais de naviguer sur un Multi50. Ce sont des petits bateaux. Quand ça commence à être la guerre on est plus facilement à plat ventre qu’à 4 pattes. C’est comme ça, après on est adaptable. On essaye de maintenir un bon niveau de sécurité pour les bonhommes. C’est sympa, ce sont de belles petites machines, ça reste des petits bateaux, on va pas n’importe où avec, on ne fait pas n’importe quoi. Aujourd’hui avec la maitrise de la météo et de la conduite de ces trucs-là, on arrive à faire de belles courses comme on fait là. Moi j’ai l’impression de faire une course de karting quand je fais du Multi50. C’est excellent, ce sont des petits bateaux nerveux, réactifs. Aujourd’hui, il y a un début de flotte qui commence vraiment à ressembler à quelque chose avec des gens qui naviguent super propre, demain ça peut devenir une super série. Ce sont des bateaux très sympas à naviguer, même pour des gens comme moi qui navigue à peu près sur tous les supports, et bien je viens sur un bateau comme ça et je me fais plaisir. C’est signe qu’il y a quelque chose à faire autour de tout cela.

Erwan :
Avec foil, ce n’est pas pareil, ça va plus vite. Ca procure d’autres sensations. Sous foil, on était à la limite de voler, tout le temps en limite de vol, et ça tout le temp de la descente. Le matériel a beaucoup souffert.

Vincent :
Et encore on ne connait pas encore bien ces bateaux, donc on va cool. Mais le jour où on aura la maîtrise, ça va tartiner beaucoup beaucoup plus vite. Y’a encore 2-3 nœuds à aller chercher dans certaines conditions. L’objectif qu’on s’est fixé avec Erwan est d’y aller progressivement. Les bateaux n’ont pas été dessinés pour ça, pas conçus avec ce cahier des charges, donc il y aura de petites adaptation à faire. Vu que l’idée pour nous est de réussir à vivre de nos courses et partager de belles aventures, il faut qu’on s’attache à être un peu raisonnable. Dans l’avenir y’a moyens de faire des trucs énormes avec ces petits bateaux. On avait pris dès le départ la décision de ne pas se faire influencer par la cadence de personne, c’est-à-dire on se met dans la cadence de notre zone de confort et on navigue comme cela parce qu’il y avait des inconnus avec les foils et aussi que je manquais beaucoup d’expérience sur ce bateau-là.

Fin de course difficile en revanche pour le Lionel Lemonchois et Bernard Stamm sur le trimaran Prince de Bretagne. Les deux marins auront terminé cette traversée de l’Atlantique en remorque derrière un bateau de la marine brésilienne. Ils ne seront donc pas classés.

Le Maxi80 avait démâté hier au soir, suite à la rupture d’un galhauban, le mât s’est cassé en deux, malgré tout les deux marins ont pu récupérer celui-ci ainsi que la bôme et les voiles à l’exception du gennaker.

Les réactions des skippers :

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne

« On est contents d’être là, ça fait trois Transat Jacques Vabre avec Prince de Bretagne, je n’en ai pas fini une, ça commence à faire beaucoup. Pourtant, celle-là on y croyait. La grande nouvelle du jour quand même, c’est que j’ai appris ce matin que je vais être grand-père, c’est la claque de l’année !

On est déçu quand même… Depuis le matin, on était pleine balle, on avait des conditions idéales, sous gennaker, grand-voile haute, 16-17 nœuds de vent, vitesse 26-30 nœuds, même pas sur une coque, rien d’extraordinaire, des super conditions pour arriver. Et tout d’un coup, ça tombe. Ca part avec une douceur, c’est incroyable. Je ne l’ai pas trop senti, Bernard était à la barre, il a senti lui que le mât tombait. »

Bernard Stamm, co-skipper de Prince de Bretagne 

« Quand le gréement est tendu, il tend la plateforme. Quand ça lâche, c’est bing ! Tout est descendu. On a essayé de ramener le mât le plus vite possible mais il a cassé vite ».

Lionel Lemonchois

« Il a fallu tirer par l’avant. Il a cassé entre le pied de mât et le flotteur. A un moment, on a cru qu’on allait pouvoir tout ramener sans rien casser. J’étais colère sur le moment. Ca fait la troisième fois avec Prince de Bretagne, j’avais à cœur de finir celle-là. Il y avait tout pour que ça finisse bien. »

Bernard Stamm

« On s’était préparé pour l’arrivée, Lionel s’était même rasé. On était prêt. C’est forcément différent pour moi, c’est juste la déception de ne pas finir la Transat Jacques Vabre. Je suis désolé pour Lionel et Prince de Bretagne. Surtout que nous avons été super conservateurs, c’est rageant… On s’en sort bien parce qu’il n’y a que des dégâts mineurs à part le mât. On a toutes les voiles. »

Lionel Lemonchois

« Ca a été du plaisir, on a passé de bons moments. Il y a eu des galères quand même. La drisse de grand-voile qui pète, ça n’arrive jamais, on a aussi eu une panne de démarreur…
Depuis le début de la course, on jouait piano, on savait que ce n’était pas la peine de faire des folies avec les deux maxi devant. Je m’étais donné 24 heures d’écart avec eux, ça aurait pu le faire ! »

Transat Jacques Vabre : Prince de Bretagne démâte à moins de 100 milles de l’arrivée, Arkema et FenêtréA Mix Buffet attendus cette nuit

La Transat Jacques Vabre se termine mal pour Lionel Lemonchois et Bernard Stamm. Le duo qui avait connu un début de course difficile avec la rupture de drisse de grand voile de Prince de Bretagne, a démâté ce soir à moins de 100 milles de la ligne d’arrivée.
L’équipe technique et l’organisation de la transat sont à pied d’oeuvre afin de sécuriser la plate forme avec l’aide des deux marins, en effet le trimaran n’est qu’à 18 milles de la côte et dérive vers celle-ci à environ 1 noeud.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

La 3ème place de cette Transat devrait donc rester vaquante, un coup dur pour Lionel Lemonchois, son sponsor Prince de Bretagne et Bernard Stamm.

En Multi50′, la victoire, sauf avarie devrait revenir à Lalou Roucayrol et Alex Pella, qui pointent à 100 milles de la ligne avec 134 milles d’avance sur le duo Erwan le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA Mix Buffet. Les deux marins ont été contraint de faire un stop au vent de Fernando de Noronha pour changer la drisse de gennak cette nuit. Le 3ème Multi50′ Reauté Chocolat est à 400 milles de l’arrivée.

Erwan Leroux, skipper de FenêtréA-Mix Buffet (Multi50)

On s’est arrêté cette nuit sous le vent de Fernando de Noronha. Nous avons changé la drisse de gennaker que nous avions cassée dans le Pot au noir. On ne sait pas pourquoi, c’est la première fois que je casse sur ce bateau, elle a cassé à l’intérieur du mât tout en haut. On a de quoi naviguer sous gennaker jusqu’à l’arrivée. J’ai passé 45 minutes dans le mât, ça nous a pris 1h à 1h30.  C’est dommage ça avait l’air très sympa cette île, même si nous étions de nuit. En ce moment, on a entre 22 et 24 nœuds de vent et une mer de merde comme en Atlantique nord. Une mer croisée et du coup le bateau ne va pas à sa vitesse. On a un peu de fatigue mais qui est oubliée avec les joies de l’arrivée, on est au taquet !

On se dirige vers Recife, on ne va pas longer les côtes on va passer au large

ETA ? Vincent m’a dit demain 15h TU, j’ai noté dans mon agenda ! Pour une fois que l’on va arriver de jour, on ne va pas bouder notre plaisir.

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Transat Jacques Vabre : Prince de Bretagne attendu jeudi matin, Arkema toujours leader en Multi50′

Après la victoire de Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodebo Ultim et la seconde place de Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild ; seuls Lionel Lemonchois et Benard Stamm sur Prince de Bretagne restent en course en classe ultime.

Les deux marins sont privés de génératrice, et donc d’électricité, ils sont donc contraint de se relayer à la barre, le pilote automatique étant inutilisable. Ils naviguent toutefois à environ 25 noeuds dans des alizés d’une quinzaine de noeuds. Ils sont attendus à Salvador de Bahia.  jeudi dans la matinée.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Le premier Multi50′ devrait suivre environ  5 ou 6 heures après Prince de Bretagne.
L’avantage est pour l’instant pour Lalou Roucayrol et Axel Pella sur Arkema, qui disposent de 64 milles d’avance sur Erwan le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA-Mix Buffet. Le duo a l’ouvre sur celui-ci devra patienter avant d’envisager un retour, jusqu’au large de Recife la situation devrait se limiter à une course de vitesse entre les deux bateaux. L’atterrissage pourrait laisser entrevoir un possible retour du dauphin.  Reauté Chocolat pointe à 310 milles, alors que la France Tech Rennes Saint Malo est dans le Pot au Noir à 500 milles du leader.

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Armel Tripon, skipper de Réauté Chocolat (Multi50)

 » Nous sortons du Pot au noir. On y était cette nuit, depuis quelques heures c’est nettement mieux, on est à la fin des galères.
Ce Pot n’a pas été très accueillant, il nous a barré le chemin, on a été arrêté 6 h et pas très rapide du tout pendant 12h. En fin de nuit la porte s’est ouverte… C’est bizarre, on a du vent d’Est qui n’était pas prévu par les modèles. Nous naviguons grand-voile haute et J1. On pense à l’arrivée, on a basculé de l’autre cote, on regarde les routages, les plannings, on arrive sur la partie finale du parcours. Ca va aller assez vite, on aura toujours 15-20 nœuds. On suit à chaque classement le match des premiers… Le retour d’Arkema, c’est vraiment une trajectoire exceptionnelle. Le match est super, on les envie d’être à la bagarre. On a encore du boulot pour être au niveau de ces 2 bateaux. »

Transat Jacques Vabre : Victoire de Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim, Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild seconds

La Transat Jacques Vabre 2017 a son vainqueur en classe Ultime, ce sont Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim qui se sont imposés à Salvator de Bahia  en 7 jours 22 heures 7 minutes et 27 secondes soit 24,94 nœuds de moyenne réels sur les 4 742 milles parcourus.
Sébastien Josse et  Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild se classent seconds à 1h48 minutes des vainqueurs, soit en 7 jours 23 heures 55 minutes et 24 secondes et  25,21 nœuds de moyenne sur les 4 838 milles réellement parcourus.

Bien évidemment, après cette transat express,  le record juqu’ici détenu par Franck Cammas  et Stève Ravussin sur Groupama 2 et datant de 2007 est très largement battu.

Sébastien Josse et Thomas Rouxel auront mené les trois premiers jours, avant de céder la place de leader à Thomas Coville et Jean-Luc Nélias, les deux hommes sont parvenus à résister aux assauts de leur poursuivants, qui auront tout fait pour revenir, malgré un handicap de vitesse, dû à des avaries sur les foils de Gitana 17. En effet, avant le passage du front, le foil bâbord a lâché, puis en approche du Cap Vert, ce fut au tour du foil tribord… Les deux appendices étaient donc remontés afin de ne pas plus aggraver la situation.

Photo Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Les marins, à leur arrivée :

Thomas Rouxel, co-skipper de Maxi Edmond de Rothschild (Ultime)
« C’était stressant, mais on s’est régalé, on a régaté au contact avec Sodebo, c’était génial. Cela reste du multicoque en double donc le niveau d’adrénaline est assez élevé. On est encore dopé, je me sens en forme mais cela va retomber. C’était une course intense. Clairement le fait de régater à moins de 50 milles de ton adversaire, ça m’éclate. Tu es tout le temps aux réglages, c’est super stimulant. »

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« En partant du Havre, on avait dit que ce serait un mano a mano. Dès la première nuit, on a vu que ça allait être super super chaud. On les a vu passer à notre vent, je peux vous dire que le Maxi Edmond de Rothschild qui déboite au vent à 40 nœuds, c’est super beau. Devant Guernesey, ils nous ont impressionnés parce que leur façon de naviguer voulait dire « on est là. » On s’est fait un peu distancer sur cette phase. »

Sébastien Josse, skipper de Maxi Edmond de Rothschild (Ultime)
« Il faut saluer la stratégie de Thomas et Jean-Luc au large des Açores, ils ont protégé l’ouest, c’est ça le coup qu’il faut retenir. On aurait pu se recaler faire plein de chose pour contenir cette attaque. Etre à Bahia avec le bateau en un seul morceau et avoir joué tout le temps au contact, c’est déjà très bien. On est des compétiteurs, on aurait bien sûr préféré être deux heures devant que derrière ! »

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« C’est le sport mécanique où il faut pousser pousser pousser. Le mec à coté il essaie de faire pareil. C’est comme le leader en montagne, tu ne sais jamais quand il va attaquer. On a passé notre temps à regarder derrière pour voir quand ils allaient revenir. C’est difficile à gérer au niveau tactique. Est ce qu’il faut protéger ou être agressif ? On a décidé d’être agressif parce que le bateau était robuste et fiabilisé. On a fait les trajectoires les plus tendues possibles pour ne pas lui laisser une miette. Il n’a pas molli. La nuit du départ à Guernesey, c’était dantesque, fallait vraiment s’accrocher pour pas se faire arracher par le bateau et là ils nous déboitent. Ils allaient très fort. »

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Sébastien Josse
« La sortie du golfe de Gascogne n’était pas hyper clémente et on a eu notre lot de surprises journalières. On a des petits soucis sur les foils qui nous ont empêchés de voler. Cela nous un peu handicapé. C’est un souci de composite, il faudra regarder plus en profondeur, je n’en connais pas la cause. Les foils ne sont plus dans leur intégrité. Ils sont plus souples que ce qu’ils devraient être. Sur la dernière partie du parcours, c’est là qu’on aurait dû avoir les plus belles pointes de vitesse. C’est là où on est frustrés, car on aurait pu exploiter le potentiel maximum du bateau. On aurait pu aller très vite… On n’était pas dans un esprit d’attaque à la fin. On est resté un peu au large pour avoir plus de vent, Sodebo a optionné à la côte. On se limitait à une certaine vitesse pour garder le contrôle du bateau à cause de nos problèmes de foils.
A un moment donné, il faut être réalistes et conscients. A 100 milles de l’arrivée avec 70 milles de retard le pourcentage pour les doubler est infime à moins qu’ils aient un gros pépin. Arriver à Bahia, c’est un gros truc pour notre équipe. On aurait été à 10 milles derrière, l’état d’esprit n’aurait pas été le même. 
»

Thomas Coville
« Après la descente au portant après le front, très joli front d’ailleurs, on a senti à un moment donné un truc bizarre. Ils ont roulé le gennaker dans la nuit et se sont décalés. Du coup, on s’est décalé dans l’ouest et on est passé devant.  On s’est dit « peut-être qu’ils veulent assurer ». On ne savait pas.
Jusqu’à ce matin, on a tout donné. Cette nuit, à 100 milles du but, on a senti qu’ils jetaient l’éponge. C’est un moment très jouissif.
La seule chose qu’on arrivait à voir dans leur trace, c’était les manœuvres. Eux je ne pense pas qu’ils voyaient les nôtres parce qu’on a beaucoup bossé pour cela et fait une trajectoire très tendue, très fluide. Je n’ai jamais autant poussé le bateau en solo, surtout au reaching. Jean-Luc était super à l’aise au reaching, moi je n’avais pas ce curseur-là. 
»

Jean-Luc Nélias
« Rien n’a filtré, et on aurait fait pareil. Tout pouvait arriver jusqu’à la fin. »

http://dai.ly/x690uh6

Thomas Coville
« C’est une belle victoire parce qu’elle montre qu’on sait faire autre chose que des records, on sait gagner des courses. C’est une belle histoire, on n’a pas laissé grand-chose de côté. L’état du bateau aujourd’hui après la traversée qu’on a faite, c’est le résultat d’un boulot monstrueux. Tous les teams ont magnifiquement évolué. Ce qu’ils ont fait en deux mois sur Edmond de Rothshild pour amener le bateau à Bahia, cela signifie clairement que c’est un bateau dont on n’a pas fini de parler.

Ce qui est compliqué dans nos sports mécaniques, c’est d’être dans le bon timing. Pour gagner une Transat Jacques Vabre, faut déjà être au départ, être au bon niveau technique au bon moment. Tout le milieu a monté. »

Sébastien Josse

« Au final, c’est satisfaisant, le bateau a été mis à l’eau en juillet l’année dernière, on a eu peu de temps pour le préparer et s’entraîner.

C’est du multicoque, on est à haute vitesse, on est stressé et super concentré, c’est sûr que l’on apprécie l’arrivée. Terminer quelques heures derrière ça gratte un peu mais ce n’est que le début de l’histoire du bateau. Le bateau à un potentiel énorme. »

Jean-Luc Nélias

« C’est génial de gagner une Transat Jacques Vabre ! Ca ne se gagne pas comme ça, il faut se battre. Il y a 8 jours on était tous ensemble au Havre, et là on se retrouve dans un autre continent un autre hémisphère. Un jour tu es au Cap Vert, le lendemain, tu es au Pot au noir. Avant-hier on était au Pot au noir et cette nuit on croisait des pêcheurs brésiliens. Ils ne pouvaient pas imaginer que 48 heures on était au Cap Vert! On part du Havre, c’est la pleine lune, chaque jour elle se décale dans le ciel, elle est pas au même endroit. On navigue à une échelle planétaire ».

Dans la catégorie Ultime, Lionel Lemonchois et Bernard Stamm restent en course, après leurs soucis de voile sur le début de la transat. Les deux marins devraient bientôt sortir du Pot Au Noir.

En Multi50, la course est relancée dans le Pot au Noir, Lalou Roucayrol et Alex Pella sont parvenus à revenir sur Erwan Le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA-Mix Buffet. Les deux trimarans ne sont qu’à deux milles l’un de l’autre, la victoire, sauf avarie se jouera entre ces deux duos, Reauté Chocolat pointant à 200 milles et la French Tech Rennes Saint Malo à 300.

Thierry Bouchar et Olivier Krauss sur Ciela Village se voient contraints d’abandonner. Les deux marins s’étaient arrêtés au Cap Vert pour tenter de régler des soucis d’électronique et de barre. Mais une fissure sur le fond de coque impose cet abandon pour le dernier né de la classe Multi50′.

 

http://dai.ly/x6908dg

Vincent Riou, co-skipper de FenêtréA-Mix Buffet (Multi50)

Le Pot au noir, ça se passe comme à chaque fois c’est un peu la kermesse. On a buté dans des gros nuages dès le début donc on fait avec. Sinon, il n’y pas trop d’activité mais c’est un peu orageux. Il faut jongler fréquemment avec les voiles, aller vite dans les manœuvres et il faut s’imposer des règles et ne pas se faire dépasser.

On a bien vue la trace de Prince de Bretagne, on va passer à peu près au même endroit et on sait ce qu’il faut faire. On a pas beaucoup regardé les positions mais on sait que Sodebo est devant chez les Ultimes. C’est plutôt rigolo. Tant qu’ils ne sont pas arrivées et que le Maxi Edmond de Rothschild n’a pas dit ce qui leur était arrivé, c’est difficile d’en tirer des conclusions. La Jacques Vabre n’a pas dû être simple pour Edmond de Rothschild et ça reste une belle course car ils sont restés très proches l’un de l’autre tout au long de la course

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village (Multi50)

« On avait vraiment envie de faire cette Jacques Vabre qui nous avait bien réussi en 2015 et c’était un excellent moyen de fiabiliser le nouveau bateau, de se confronter aux autres Multi50. Nous avons fait un bon début de course, le bateau va vite. Puis nous avons été un peu handicapés par nos pilotes qui ne fonctionnent plus depuis 6 jours. En ce qui concerne la fissure constatée, nous préférons ne pas prendre de risques en poursuivant notre course, et nous allons rapidement faire un diagnostic. »

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Transat Jacques Vabre : arrivée de Sod’bo Ultim et de Gitana 17 demain midi, FenêtréA-Mix Buffet 1er en Multi50 avec 100 milles d’avance

La Transat Jacques Vabre touche déjà à sa fin pour les deux ultimes de tête, Sodebo Ultime et le Maxi Edmond de Rothschild sont à moins de 380 milles du but. L’écart s’annonce minime à Salvador, il pourrait être de moins d’une heure, les deux  duos menant les trimarans devraient en finir vers midi heure française.
L’avantage est toujours pour Thomas Coville et Jean-Luc Nélias qui ont 3à milles d’avance sur leur adversaire. La discrétion est de mise au sein du Gitana Team, mais le Maxi semble un peu en deçà des performances dont il a fait preuve sur le début de course, ce qui pourrait être dû à une avarie, tout ceci devrait être éclairci demain.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim (Ultime) :

« Ca va, le soleil nous réchauffe les os et Thomas est dans la bannette et on s’approche doucement du Brésil. Je n’en dirai pas trop. Ca s’annonce très technique on va garder nos intentions pour nous à l’heure de la communication et du numérique, donc on se tait.
On va arriver au portant avec du vent soutenu jusqu’à Salvador de Bahia et il n’y aura pas de vent et ce sera pétole le matin, et sans doute une arrivée au près, donc tous les moyens d’une arrivée difficile sont là. On est bien reposé, la pression forcément il y en aura mais pour gagner une course il faut être au contact. Cela fait quelques jours que nous sommes en tête depuis Ouessant. Ils allaient plus vite que nous dans la Manche, donc on prend comme ça vient. C’est comme les courses cyclistes, on ne sait pas quand il va attaquer, on attend l’attaque, elle ne vient pas et tout d’un coup elle arrive.
On connait le bateau, le pourcentage du bateau, c’est un bon bateau de tour du monde, mais en confrontation c ‘est différent.
On a l’impression qu’ils ont roulé leur gennaker au large des Canaries qu’ils ont lofé pendant quelques heures et depuis ils n’ont pas la vitesse qu’on attendait, même avec leur souci technique ils vont à la même vitesse que nous.
Le contrôle c’est tout le problème. Si tu vas à la même vitesse, avec un même bateau d’une même classe, là tu fais du contrôle. Là on ne sait pas est-ce qu’on fait du contrôle ou est-ce qu’il va aller plus vite? est-ce qu’on privilégie la meilleure trajectoire?  Comme il  te suit et qu’il a ta position toutes les heures, cela laisse peu d’opportunité.
On imagine être à Bahia demain dans la journée…. Dans la matinée, c’est ce que nous disent les routages.  »

 Thomas Rouxel, co-skipper du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) :

« Avec Sébastien,nous avons le même rythme depuis le début, c’est-à-dire que nous sommes à bloc. Nous ne nous sommes pas trop lâchés avec Sodebo et cette pression d’un concurrent toujours à proximité est super stimulante. Ça te pousse dans tes retranchements. À bord de Gitana 17, nous sommes organisés autour de quarts de 1 h ½ ; 1 h ½ de repos, 1 h ½, de veille et du coup en ce moment, quand on est en veille on régule au chariot.
 Il peut se passer encore beaucoup de choses…  il y a des grains au large du Brésil et la proximité de la côte complique aussi le jeu. Au-delà de ça, il y aura pas mal de changements de conditions de vent jusqu’à l’arrivée, donc il faut être vraiment réactifs et dessus. »

©Yann Riou/Gitana SA

 

Bernard Stamm, co-skipper de Prince de Bretagne (Ultime) :

 

« On devrait rentrer dedans en fin de journée. Pour l’instant, il a l’air assez clément, comme il l’a été pour nos concurrents, Sodebo Ultim et Maxi Edmond de Rothschild. C’est tant mieux mais on s’attend malgré tout à une nuit un peu difficile dans les grains, surtout que comme notre génératrice a cramé ce matin, on est en rade d’électricité  La seule source d’énergie qu’il nous reste, c’est l’éolienne, alors on cherche à créer du vent apparent pour qu’elle tourne. Reste que comme on n’a pas beaucoup de jus, on éteint tout et on rallume le système juste pour regarder où on va. On passe notre temps à se relayer à la barre mais sinon tout va bien »

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Pas de changement au sein de la classe Multi50′, Erwan Le Roux et Vincent Riou mènent la danse avec 100 milles d’avance sur le second Arkema et 280 sur Reauté Chocolat.
Thierry Bouchard et Olivier Krauss sont en arrêt technique au Cap Vert afin de panser les plaies du dernier né des Multi50.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA-Mix Buffet (Multi50) :

« On a bien creusé l’écart, on est sorti de la bulle en premier, demain on va entrer dans le Pot au noir, on a 15-18 nœuds de vent, c’est incroyable, c’est plaisant de naviguer dans ces conditions. Nous avons le foil en bas, ce sont des conditions idéales pour faire de la vitesse, le comportement du bateau est incroyable, on atteint des vitesses que l’on n’atteignait pas avant. C’est plus conformable, le bateau est plus aérien, j’ai l’impression que l’on a gagné en souplesse de bateau, mais c’est un peu stressant dans la nuit noire.»

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Transat Jacques Vabre : Sodebo Ultim et Gitana 17 à 10 milles l’un de l’autre, FenêtréA Mix Buffet en tête des Multi50′

 

Le Pot au Noir n’aura été qu’une formalité pour les deux premiers trimarans de la classe Ultime. Gitana 17 et Sodebo Ultim n’auront été que peu ralenti dans la zone de convergence intertropicale, ils ont rapidement rejoint les alizés de sud-est de l’hémisphère sud, et naviguent désormais à une trentaine de noeuds en direction du Brésil. L’équateur devrait être passavant minuit.
Il reste aux deux duos de tête moins de milles milles à parcourir, leur arrivée pourrait avoir lieu lundi Et le final s’annonce haletant, en effet, Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild ont sensiblement réduit leur retard et ne sont qu’à une dizaine de milles de Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim’. Les deux hommes défendent chèrement leur première place et espèrent la conserver jusqu’à Salvador.
Ces 1000 derniers milles s’annoncent comme une course de vitesse jusqu’à l’approche des côtes brésiliennes.

©Yann Riou/Gitana SA

Lionel Lemonchois et Bernard Stamm peuvent désormais exploiter le potentiel du Maxi 80′ Prince de Bretagne et reviennent sur la tête de flotte des Multi 50′.

Antoine Koch,  routeur à terre du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) :

« La configuration du Pot-au-Noir s’est révélée assez classique pour la saison. Ils sont d’abord rentré dans une zone de grains avec des rues de nuages bien alignés et se déplaçant avec le vent d’Est. Le jeu est de suivre la ligne de nuages, de l’accompagner et de passer de grain en grain pour exploiter la moindre risée.À la fin de cette première zone, ils sont arrivés sur une barrière de nuages. Là, les grains étaient bien plus marqués, avec du vent assez fort qui grimpe rapidement. C’est une phase où ils ont eu jusqu’à 25 nœuds. C’est là toute La complexité de cette zone. Elle réclame un niveau de réactivité élevé et un fort engagement physique avec énormément de manœuvres rendues difficiles par la taille des grandes machines. Après cette bande de vent fort, habituellement le vent refuse tout en mollissant. C’est là que potentiellement les vents erratiques, tant redoutés, t’attendent. Dans notre cas, le vent n’est jamais passé sous les 8 nœuds et il est même remonté assez vite aux alentours des 12-13 nœuds. Gitana 17 n’a jamais été arrêté, ce qui est une super nouvelle. Depuis ce matin, le vent est un peu plus stable, un peu plus à droite et cela ressemble déjà aux prémices de l’alizé de Sud-Est. La sortie est toute proche ! »

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime) :

« Le ciel est dégagé, le plafond cotonneux… Le vent va tourner au Sud / Est et forcir dans la journée, favorisant d’abord le bateau le plus à l’Est : Sodebo Ultim’ ! Dans 15 nœuds annoncés, notre duo va prendre le virage vers les côtes brésiliennes et continuer sa route au reaching (allure entre 60 et 80° degrés du vent). Le programme de son concurrent le plus proche est exactement le même… C’est donc une nouvelle occasion de speed-test comparatif à prévoir, en mode régate au contact.
La tête de course devrait passer l’équateur et entrer dans l’hémisphère sud avant minuit. Il restera alors moins de 1000 nm pour faire la différence avant la ligne à Salvador de Bahia : la fin de course s’annonce passionnante ! »

En Multi50, Erwan le Roux et Vincent Riou font désormais cavalier seuls en tête de la classe, avant 100 milles d’avance sur Arkema et 200 sur Reauté Chocolat.
A noter une blessure pour Alex Pella qui souffrirait de fractures de côtes suite à une chute, ce qui explique probablement en partie le « décrochage » du trimaran.  Ciela Village le dernier né des 50′  fera escale demain au Cap Vert afin de résoudre différents soucis techniques : pilote automatique, aériens, let fissure de coque au niveau du point d’amure de gennaker.

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Vincent Riou, co-skipper de FenêtréA – Mix Buffet (Multi50)

« On va parfaitement bien, on a passé une nuit cool donc c’est sympa ! C’est la première nuit, sans se prendre des sauts d’eaux, sans que l’environnement nous agresse trop. Hier on a tiré des bénéfices de notre investissement dans l’Ouest, ça faisait longtemps qu’on avait investi dans l’ouest entre les Açores et le Cap Vert il y avait une belle bulasse ! On a bien fait de prendre cette trajectoire. 

C’est conforme à ce qu’on imaginait avec Erwan depuis le début, on est carré depuis le début on voyait bien l’affaire. Pour le moment on ne s’est pas fait de frayeur mais ça demande beaucoup de concentration, on arrive à faire en sorte que ça se passe bien.

Il commence à faire tiède demain il fera chaud,  le ciré je ne sais pas si on arrivera à l’enlever car ça mouille toujours ces bateaux !  »

Lalou Roucayrol, skipper d’Arkema (Multi50)

« Ca va pour Alex (Pella) ! Il a mal aux côtes, en fait on a eu peur car il s’est cogné fort entre la bôme et la colonne de winch. Il a pris un Doliprane et avec la pommade ça va, il reste 100% efficace.

En ce moment, on glisse sous code 0, on ne s’est jamais arrêté dans la zone de molle, on a limité l’écart avec Erwan (Le Roux). Tu sais, 50 milles sur un Multi50, ce n’est rien, ça ne nous inquiète pas plus que ça, on continue à naviguer propre. On a eu une nuit exceptionnelle, le pilote barrait mieux que nous, on n’a pas arrêté de barrer depuis le début, donc ça nous a fait du bien et ce matin. Deux baleines sont venues souffler près de nous, un bonheur d’être sur l’eau.

Aujourd’hui, on sait où on veut franchir le Pot au noir. On sait qu’on ne le franchira pas au même endroit qu’Erwan Le Roux. C’est encore un peu loin Ça peut changer du tout au tout.»

Thierry Bouchard, skipper de Cela Village (Multi50)

« On a des soucis : depuis le 2e jour nous n’avons plus de pilote. On comptait pouvoir réinitialiser toute la centrale dans la molle et ça ne fonctionne pas. Nous n’avons plus de capteur de mât, on va essayer de finir dans de bonnes conditions, on a décidé de s’arrêter à Mindelo.

On a également un problème de bout dehors, au niveau du point d’amure, il faut que structurellement la bateau puisse continuer. C’est l’amure du grand gennaker qui est fissuré, si on continue comme ça on ne peut plus envoyer le grand gennaker.

Pour aller vite la nuit, il faut avoir le pilote, et nous on n’a pas de pilote, on se relayait à la barre toutes les 1h- 1h30. C’est dommage car le bateau marche bien, ce sont les aléas d’un bateau neuf qui n’a pas beaucoup navigué.

On a vu dans les deux premiers jours qu’il y a des allures où il va vite, il tient bien, mais on a manqué de temps en navigation. On a tout fait pour être au départ, je ne regrette rien, on est contents d’être là. C’est sûr que les bateaux de tête sont éprouvés, les skippers connaissent leur bateau.

Antonio Pedro da Cruz et notre équipe technique nous attendent au cap Vert. Nous devrions arriver dimanche matin dans la matinée. On va réparer, nous sommes déjà en contact avec le chantier et l’architecte. »

Vincent Barnaud, co-skipper de Reauté Chocolat (Multi50)

« Ca se passe pas mal, on a du soleil, un peu de vent, ça glisse bien. On est à l’attaque sous grand-voile haute et code O. Notre vitesse varie entre 10 et 12 nœuds, le vent est très variable. On a 7-8 nœuds de vent avec un petite houle de derrière qui nous permet de partir en surf.

On a complètement changé de registre depuis hier, on est passé d’un mode un dur, à un mode tout en finesse.

Pour les prochaines 24 heures, on commence à affiner la porte d’entrée du Pot au noir, on surveille aussi la dépression orageuse au niveau de l’Afrique et du Cap vert, on va y passer la journée. Nous avons juste regardé la porte d’entrée, je ne crois pas que le Pot soit spécialement gros pour le moment mais ça peut changer vite. »