Transat Jacques Vabre : Victoire de Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim, Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild seconds

La Transat Jacques Vabre 2017 a son vainqueur en classe Ultime, ce sont Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim qui se sont imposés à Salvator de Bahia  en 7 jours 22 heures 7 minutes et 27 secondes soit 24,94 nœuds de moyenne réels sur les 4 742 milles parcourus.
Sébastien Josse et  Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild se classent seconds à 1h48 minutes des vainqueurs, soit en 7 jours 23 heures 55 minutes et 24 secondes et  25,21 nœuds de moyenne sur les 4 838 milles réellement parcourus.

Bien évidemment, après cette transat express,  le record juqu’ici détenu par Franck Cammas  et Stève Ravussin sur Groupama 2 et datant de 2007 est très largement battu.

Sébastien Josse et Thomas Rouxel auront mené les trois premiers jours, avant de céder la place de leader à Thomas Coville et Jean-Luc Nélias, les deux hommes sont parvenus à résister aux assauts de leur poursuivants, qui auront tout fait pour revenir, malgré un handicap de vitesse, dû à des avaries sur les foils de Gitana 17. En effet, avant le passage du front, le foil bâbord a lâché, puis en approche du Cap Vert, ce fut au tour du foil tribord… Les deux appendices étaient donc remontés afin de ne pas plus aggraver la situation.

Photo Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Les marins, à leur arrivée :

Thomas Rouxel, co-skipper de Maxi Edmond de Rothschild (Ultime)
« C’était stressant, mais on s’est régalé, on a régaté au contact avec Sodebo, c’était génial. Cela reste du multicoque en double donc le niveau d’adrénaline est assez élevé. On est encore dopé, je me sens en forme mais cela va retomber. C’était une course intense. Clairement le fait de régater à moins de 50 milles de ton adversaire, ça m’éclate. Tu es tout le temps aux réglages, c’est super stimulant. »

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« En partant du Havre, on avait dit que ce serait un mano a mano. Dès la première nuit, on a vu que ça allait être super super chaud. On les a vu passer à notre vent, je peux vous dire que le Maxi Edmond de Rothschild qui déboite au vent à 40 nœuds, c’est super beau. Devant Guernesey, ils nous ont impressionnés parce que leur façon de naviguer voulait dire « on est là. » On s’est fait un peu distancer sur cette phase. »

Sébastien Josse, skipper de Maxi Edmond de Rothschild (Ultime)
« Il faut saluer la stratégie de Thomas et Jean-Luc au large des Açores, ils ont protégé l’ouest, c’est ça le coup qu’il faut retenir. On aurait pu se recaler faire plein de chose pour contenir cette attaque. Etre à Bahia avec le bateau en un seul morceau et avoir joué tout le temps au contact, c’est déjà très bien. On est des compétiteurs, on aurait bien sûr préféré être deux heures devant que derrière ! »

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)
« C’est le sport mécanique où il faut pousser pousser pousser. Le mec à coté il essaie de faire pareil. C’est comme le leader en montagne, tu ne sais jamais quand il va attaquer. On a passé notre temps à regarder derrière pour voir quand ils allaient revenir. C’est difficile à gérer au niveau tactique. Est ce qu’il faut protéger ou être agressif ? On a décidé d’être agressif parce que le bateau était robuste et fiabilisé. On a fait les trajectoires les plus tendues possibles pour ne pas lui laisser une miette. Il n’a pas molli. La nuit du départ à Guernesey, c’était dantesque, fallait vraiment s’accrocher pour pas se faire arracher par le bateau et là ils nous déboitent. Ils allaient très fort. »

http://dai.ly/x690ugu

Sébastien Josse
« La sortie du golfe de Gascogne n’était pas hyper clémente et on a eu notre lot de surprises journalières. On a des petits soucis sur les foils qui nous ont empêchés de voler. Cela nous un peu handicapé. C’est un souci de composite, il faudra regarder plus en profondeur, je n’en connais pas la cause. Les foils ne sont plus dans leur intégrité. Ils sont plus souples que ce qu’ils devraient être. Sur la dernière partie du parcours, c’est là qu’on aurait dû avoir les plus belles pointes de vitesse. C’est là où on est frustrés, car on aurait pu exploiter le potentiel maximum du bateau. On aurait pu aller très vite… On n’était pas dans un esprit d’attaque à la fin. On est resté un peu au large pour avoir plus de vent, Sodebo a optionné à la côte. On se limitait à une certaine vitesse pour garder le contrôle du bateau à cause de nos problèmes de foils.
A un moment donné, il faut être réalistes et conscients. A 100 milles de l’arrivée avec 70 milles de retard le pourcentage pour les doubler est infime à moins qu’ils aient un gros pépin. Arriver à Bahia, c’est un gros truc pour notre équipe. On aurait été à 10 milles derrière, l’état d’esprit n’aurait pas été le même. 
»

Thomas Coville
« Après la descente au portant après le front, très joli front d’ailleurs, on a senti à un moment donné un truc bizarre. Ils ont roulé le gennaker dans la nuit et se sont décalés. Du coup, on s’est décalé dans l’ouest et on est passé devant.  On s’est dit « peut-être qu’ils veulent assurer ». On ne savait pas.
Jusqu’à ce matin, on a tout donné. Cette nuit, à 100 milles du but, on a senti qu’ils jetaient l’éponge. C’est un moment très jouissif.
La seule chose qu’on arrivait à voir dans leur trace, c’était les manœuvres. Eux je ne pense pas qu’ils voyaient les nôtres parce qu’on a beaucoup bossé pour cela et fait une trajectoire très tendue, très fluide. Je n’ai jamais autant poussé le bateau en solo, surtout au reaching. Jean-Luc était super à l’aise au reaching, moi je n’avais pas ce curseur-là. 
»

Jean-Luc Nélias
« Rien n’a filtré, et on aurait fait pareil. Tout pouvait arriver jusqu’à la fin. »

http://dai.ly/x690uh6

Thomas Coville
« C’est une belle victoire parce qu’elle montre qu’on sait faire autre chose que des records, on sait gagner des courses. C’est une belle histoire, on n’a pas laissé grand-chose de côté. L’état du bateau aujourd’hui après la traversée qu’on a faite, c’est le résultat d’un boulot monstrueux. Tous les teams ont magnifiquement évolué. Ce qu’ils ont fait en deux mois sur Edmond de Rothshild pour amener le bateau à Bahia, cela signifie clairement que c’est un bateau dont on n’a pas fini de parler.

Ce qui est compliqué dans nos sports mécaniques, c’est d’être dans le bon timing. Pour gagner une Transat Jacques Vabre, faut déjà être au départ, être au bon niveau technique au bon moment. Tout le milieu a monté. »

Sébastien Josse

« Au final, c’est satisfaisant, le bateau a été mis à l’eau en juillet l’année dernière, on a eu peu de temps pour le préparer et s’entraîner.

C’est du multicoque, on est à haute vitesse, on est stressé et super concentré, c’est sûr que l’on apprécie l’arrivée. Terminer quelques heures derrière ça gratte un peu mais ce n’est que le début de l’histoire du bateau. Le bateau à un potentiel énorme. »

Jean-Luc Nélias

« C’est génial de gagner une Transat Jacques Vabre ! Ca ne se gagne pas comme ça, il faut se battre. Il y a 8 jours on était tous ensemble au Havre, et là on se retrouve dans un autre continent un autre hémisphère. Un jour tu es au Cap Vert, le lendemain, tu es au Pot au noir. Avant-hier on était au Pot au noir et cette nuit on croisait des pêcheurs brésiliens. Ils ne pouvaient pas imaginer que 48 heures on était au Cap Vert! On part du Havre, c’est la pleine lune, chaque jour elle se décale dans le ciel, elle est pas au même endroit. On navigue à une échelle planétaire ».

Dans la catégorie Ultime, Lionel Lemonchois et Bernard Stamm restent en course, après leurs soucis de voile sur le début de la transat. Les deux marins devraient bientôt sortir du Pot Au Noir.

En Multi50, la course est relancée dans le Pot au Noir, Lalou Roucayrol et Alex Pella sont parvenus à revenir sur Erwan Le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA-Mix Buffet. Les deux trimarans ne sont qu’à deux milles l’un de l’autre, la victoire, sauf avarie se jouera entre ces deux duos, Reauté Chocolat pointant à 200 milles et la French Tech Rennes Saint Malo à 300.

Thierry Bouchar et Olivier Krauss sur Ciela Village se voient contraints d’abandonner. Les deux marins s’étaient arrêtés au Cap Vert pour tenter de régler des soucis d’électronique et de barre. Mais une fissure sur le fond de coque impose cet abandon pour le dernier né de la classe Multi50′.

 

http://dai.ly/x6908dg

Vincent Riou, co-skipper de FenêtréA-Mix Buffet (Multi50)

Le Pot au noir, ça se passe comme à chaque fois c’est un peu la kermesse. On a buté dans des gros nuages dès le début donc on fait avec. Sinon, il n’y pas trop d’activité mais c’est un peu orageux. Il faut jongler fréquemment avec les voiles, aller vite dans les manœuvres et il faut s’imposer des règles et ne pas se faire dépasser.

On a bien vue la trace de Prince de Bretagne, on va passer à peu près au même endroit et on sait ce qu’il faut faire. On a pas beaucoup regardé les positions mais on sait que Sodebo est devant chez les Ultimes. C’est plutôt rigolo. Tant qu’ils ne sont pas arrivées et que le Maxi Edmond de Rothschild n’a pas dit ce qui leur était arrivé, c’est difficile d’en tirer des conclusions. La Jacques Vabre n’a pas dû être simple pour Edmond de Rothschild et ça reste une belle course car ils sont restés très proches l’un de l’autre tout au long de la course

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village (Multi50)

« On avait vraiment envie de faire cette Jacques Vabre qui nous avait bien réussi en 2015 et c’était un excellent moyen de fiabiliser le nouveau bateau, de se confronter aux autres Multi50. Nous avons fait un bon début de course, le bateau va vite. Puis nous avons été un peu handicapés par nos pilotes qui ne fonctionnent plus depuis 6 jours. En ce qui concerne la fissure constatée, nous préférons ne pas prendre de risques en poursuivant notre course, et nous allons rapidement faire un diagnostic. »

http://dai.ly/x68zbid

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