Banque Populaire 5 remporte la Fasnet Race devant Gitana 11 et les deux MOD 70

L’équipage du maxi trimaran Banque Populaire V s’est  imposé sur la Fastnet Race, en bouclant les 608 milles du parcours aller-retour entre le Solent et le phare irlandais en 32 heures 48 minutes et 46 secondes, Loïck Peyron et ses hommes battant le record déjà détenu par Loïck Peyron depuis 1999 sur le 60′ ORMA Fujicolor.

L’équipage a réussi à tenir ses trois adversaires directs ( Gitana 11 et les deux MOD 70) dans le tableau arrière du trimaran de 40m, cette édition de la célèbre course du RORC s’est couru dans des conditions relativement clémentes pour ces multicoques : Loick Peyron : « Nous sommes partis avec du très beau temps ce qui nous a permis de faire un beau départ dans le Solent. Nous avons eu beaucoup de près pour dérouler la première partie du parcours. Des conditions très anglaises, avec assez peu de vent. Et puis heureusement, en virant une nouvelle fois le Fastnet –  un joli phare que nous croisons décidément beaucoup ces derniers temps – nous avons enfin eu 30 nœuds de vent pour redescendre vers la ligne d’arrivée ».

 Loïck Peyron et ses hommes auront eu affaire à un concurrent de taille sur cette course, avec Gitana 11 qui a tenu le rythme sur une bonne moitié du parcours et qui ne termine qu’à une heure du vainqueur :  « Nous avions déjà vu que notre concurrent direct, Gitana 11, allait bien, à l’occasion du Record SNSM. Une fois encore, ils n’ont pas été loin de nous, à nos fesses même. Cela nous a forcé à tenter des choses que nous n’aurions sans doute pas faites sans cette motivation. Nous avons vraiment régaté et ça nous a appris beaucoup de choses sur le bateau » .

Sébastien Josse et son équipage sur Gitana 11 ont donc peaufiné leur préparation à l’arrivée du MOD 70, aux couleurs de l’armement Rotshchild, d’une belle manière sur cette Fasnet en ne terminant qu’à environ une heure du nouveau détenteur du record de l’épreuve et une vingtaine de minutes avant les deux MOD 70 en lice. Le maxi-trimaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild a parcouru les 608 milles théoriques du parcours en 33 heures 44 minutes et 36 secondes.

Sébastien Josse, skipper de Gitana 11 : « Nous avions déjà couru contre eux lors du record SNSM mais ils s’étaient rapidement échappé après le départ. Sur cette course, c’est assez incroyable car nous avons fait plus de la moitié de la régate au contact voire à vue par certains moments, notamment lors du passage du célèbre phare irlandais. Gitana 11 est puissant mais également très polyvalent, ce qui lui permet de garder une belle vitesse et de l’aisance dans les petits airs. C’est un beau bateau et il vient une nouvelle fois de le démontrer. C’est extrêmement stimulant d’être au contact, cela force à être appliqué. Contrairement à nos précédentes courses de la saison, où nous n’avions pas vraiment de concurrents de notre taille, la Rolex Fastnet Race était une première confrontation avec des voiliers proches du potentiel de Gitana 11. C’est bien plus facile de quantifier la performance du bateau et de l’équipage dans cette configuration là. Sur cette course, nous avons su exploiter le potentiel de Gitana 11 à 100 %. L’apprentissage est sur la bonne voie …»

Sébastien Josse revient sur les conditions météos et la confrontation avec Banque Populaire 5 : « Nous avons eu des conditions très maniables tout au long de la course. La sortie du Solent, ainsi que toute notre montée vers le rocher du Fastnet, s’est essentiellement faite au près avec un vent d’une quinzaine de nœuds et une mer relativement plate ; exception faite de notre premier passage à l’Ouest des îles Scilly où il y a eu quelques heures peu confortables dans une mer dure. Par contre, pour la descente entre la pointe Sud de l’Irlande et la pointe Ouest anglaise le vent a tourné et nous avons pu un peu ouvrir les voiles avec du reaching serré. Banque Populaire a profité de ces conditions pour faire parler ses 20 mètres supplémentaires et allonger la foulée. Puis, la fin de course le long des côtes sud anglaises a été marquée par de la glisse sous gennaker dans des vents faiblissants. Mais tous les bateaux de tête n’ont pas subi le même sort car le vent est rentré par le large et du coup nos poursuivants en ont profité pour recoller à notre tableau arrière dans les derniers milles, tout comme nous en avons profité pour revenir sur Banque Populaire sur la fin.»

 Les deux MOD70 menés par Roland Jourdain et Stève Ravussin se sont lancés dès le départ dans un véritable match-race, les deux trimarans ayant navigué sur une grande partie des 608 milles à vue.

Stève Ravussin et son équipage dont faisaient parti Dee Caffari et Pascal Bidégorry avaient mal entamer la course, en prenant un départ anticipé les obligeant à repasser la ligne, malgré tout l’équipage de Race for Water revenait au contact avant la sortie du solent.

Les deux équipages ne se départageront que sur les derniers milles, avec Veolia Environnement qui coupera la ligne 3 minutes et 23 secondes avant Race for Water après les 608 milles du parcours, ce qui promet de belles luttes pour les futures courses de la classe MOD 70

Stève Ravussin : «Ça a été une course formidable! Nous avons été au contact avec Veolia tout le temps. Quelquefois devant, quelquefois derrière. Vraiment intéressant. Et nous y sommes allés à fond tout le temps ! A la fin, c’est le meilleur qui a gagné. La classe MOD70 est une vraie monotypie: c’est l’homme qui fait la différence. Nous n’avons aucune excuse, ils ont juste été meilleurs que nous!»

Marco Simeoni , Président de Multi One Design et co-fondateur de la classe MOD70 avec Franck David et Stève Ravussin: «Je suis vraiment heureux de ce résultat. Les deux bateaux ont fait une course fantastique… Moins de 4 minutes entre les bateaux à l’arrivée après plus de 600 miles de course… Imaginez le spectacle l’année prochaine avec les 6 bateaux concourant dans la Krys Ocean Race et les 7 unités partant sur le European Tour en septembre 2012. Et nous prévoyons 12 bateaux pour l’Ocean World Tour. C’est un concept one-design unique pour un si grand multicoque océanique. Je me réjouis beaucoup de voir la flotte grandir très prochainement!»

Sébastien Josse, futur skipper du MOD n°4 qui sera mis à l’eau en avril 201 : « Tout en naviguant, j’ai toujours garder un œil sur la route des deux MOD 70. Sur le papier, les MOD et Gitana 11 sont assez proches en termes de performance. C’est une satisfaction de voir que les bateaux tiennent la cadence. Et c’est assez génial de voir des équipages arriver à quatre minutes d’intervalle après plus de 600 milles de course. Cela promet vraiment de belles bagarres, où l’équipage prendra toute sa dimension… J’ai hâte mais pour l’instant c’est une chance de pouvoir avoir cette position d’observateur avant de devenir l’un des acteurs de cette nouvelle classe de bateaux» confiait Sébastien Josse.

Rolanc Jourdain, skipper du MOD n°2 « On est toujours resté au contact avec Race for Water et on peut dire qu’il y a eu pas mal de changements aux avant-postes. C’était chaud. Nous sommes d’abord partis en tête après une belle sortie du Solent puis ils nous ont rejoints le long des côtes anglaises. Le spectacle était même hallucinant aux Scilly car nous étions tous les deux à plus de 25 nœuds, à deux longueurs à peine l’un de l’autre, au ras du phare de Bishop. C’est une super entrée en matière pour nous mais pour un match amical, nous étions déjà dans du haut niveau ! Je pense qu’aucun des deux bateaux ne voulaient lâcher et ça promet pour la suite !!! On peut en tout cas déjà dire que l’objectif est atteint parce que c’est vraiment de la monotypie, de ce côté-là, il n’y a pas de problème, le moindre petit relâchement ou problème se paie cash ! »  


La Fastnet Race est lancée

La célèbre Fastnet Race a été lancée ce midi pour les multicoques, les quatre plus grosses unités françaises ont pris les devants et devraient se disputer la victoire en temps réel. Le grand favori est le trimaran Banque Populaire V, skippé par Loick Peyron, tout juste arrivé de Cascais où il barrait l’AC 45 d’Energy Team. Le trimaran de 40m a pris la tête de la course dès la ligne de départ, dans un vent d’une quinzaine de noeuds.

© B.STICHELBAUT/BPCE

Gitana 11, l’ancien 60′ ORMA allongé à 77′ tient le rythme du maxi trimaran avec 0.5 milles de retard à 17h30, Sébastien Josse et son équipage sur le trimaran de l’armement Rothschild devancent les deux MOD 70 Véolia et Race for Water, avantage pour l’instant à Véolia de Roland Jourdain qui précède Race for Water de 0.2 mille.

B.STICHELBAUT/BPCE

Les skippers, avant le départ :

Roland Jourdain, skipper du MOD70 N°02, Veolia Environnement : « Il n’y a pas la pression d’un championnat, en revanche, chaque mille couru en course est important pour connaître le bateau. C’est aussi toujours important pour le team de se mettre en configuration course parce que c’est notre métier d’abord et que cela nous donne une dead line en tête pour mettre tout le « cirque Pinder » en route. Il ne faut donc pas rater le rendez-vous car cela nous permettra aussi – j’en suis sûr – d’en tirer plein de bonnes choses et d’enseignements pour le futur de la classe. »

Stève Ravussin, skipper du MOD70 N°01, Race for Water
«C’est une course fantastique et un format de compétition qui me plaît. C’est une sorte de marathon rapide, presque un sprint océanique, qui requiert de très bonnes compétences en navigation, mais aussi une tactique intelligente. Elle nous offre aussi une bonne dose d’adrénaline ! Ce sera également un grand moment pour notre classe, puisque ce sera la première course entre deux MOD70. Je me réjouis de courir contre Veolia Environnement ! »


Loick Peyron, skipper de Banque Populaire 5 :
 » Le départ se fait dans le Sacro Saint Solent, ça se passe dans la Mecque du yachting. Il va y avoir énormément de monde et forcément ça n’a rien de simple pour des machines comme Banque Populaire V. Les multicoques devraient partir en premiers, mais ça n’exclura pas les risques liés au nombre d’inscrits. Il va nous falloir être extrêmement vigilants et ce sera peut-être un peu compliqué de sortir de ce Solent et de négocier les difficultés qui vont très vite se présenter à nous comme les bancs de sable par exemple « .

Bruits de ponton

  • Pascal Bidégorry débarqué de Banque Populaire 5 ?

La rumeur courrait depuis le retour de la tentative ratée de Trophée Jules Verne, mais elle se fait de plus en plus insistante avec plusieurs articles dans la presse nationale et régionale (L’équipe, le Télégramme), sur le net (SeaSailSurf, Voiles et Voiliers…). Ces différentes sources font également état de l’arrivée de Michel Desjoyaux comme skipper du maxi trimaran Banque Populaire 5 pour la prochaine tentative de Trophée Jules Verne, cette information n’a pour l’instant pas été confirmée ni par l’intéressé, ni par le team. Le planning de celui-ci permettrait une tentative l’hiver prochain, le programme MOD 70, sur lequel Michel Desjoyaux est engagé ne comprenant que la course d’essai en octobre 2011, avec  une reprise en juillet 2012 avec une transat.

  • Gitana 12 en route vers Valence

Le trimaran du team Gitana a quitté la Trinité sur Mer en fin de semaine dernière en direction de Valence, ce qui confirmerait la vente de celui-ci au Team Artemis.

Le trimaran devrait être entièrement remanié (coque centrale coupée sur le bas, allongement des flotteurs, aile rigide…) afin de s’approcher au plus près du futur AC 72 de l’équipe suédoise.

Grosse activité à la BSM de Lorient

La BSM connait une activité intense en cette fin de mois de mars, plusieurs bateaux sont en chantier : celui de l’Hydroptère semble toucher à sa fin, Banque Populaire 5 est au sec devant le hangar du team, l’équipe technique s’affaire sur le bras arrière, le trimaran devrait être remis à l’eau fin avril.

Le chantier de l’ex Gitana 13 est terminé, le catamaran a été transformé en bateau de grande croisière (biminis, annexe, aménagements intérieurs…) , il est désormais à l’eau dans le port de Lorient et est baptisé Swift.

Gemini 3, le catamaran de Roman Paszke est amarré sur le même ponton,  le skipper polonais qui devait s’élancer sur un tour du monde semble peiner à trouver un budget pour ce projet.

Le 60′ ORMA, ex Sensations a été remis à l’eau hier, il naviguera dès le mois de mai en Méditerranée, sous les couleurs d’Atheos (qui exploitait l’ex Gitana 10).

L’autre événement à la BSM  reste le lancement du 1er MOD, le trimaran de Steve Ravussin a été mis à l’eau lundi, le baptême officiel   aura lieu ce soir devant la Cité de la Voile à 20h30, le MOD70 devrait effectuer ses premières navigations la semaine prochaine.

Banque Populaire 5 en route vers Lorient

Après une réparation sur le morceau de  dérive restant, l’équipage a pu prendre une route au nord afin de regagner la base de Lorient.
Les explications d’Yvan Ravussin et Pierre yves Moreau, qui ont assuré les répartions : « On étaient deux à travailler, « PYM » et moi on a beaucoup bossé et là on est un peu vannés c’est la décompression étant donné qu’on a remis la dérive ce matin à 8h. On a pas chômé mais elle est de nouveau là et on peut faire route, le travail est récompensé. Il a fallu la couper, percer, scier et faire le nécessaire pour que cette dérive nous ramène à Lorient, on l’espère. Il reste 2m sous le bateau à la place de 5m80, c’est dire que le bateau est diminué. On a fait des réparations, enfin c’est un raccommodage et on espère que cela va tenir. On ne va pas naviguer à 100% du potentiel du bateau et ne pas aller au-delà de 25 à 30 noeuds pour éviter de l’endommager encore plus qu’elle ne l’est déjà.  » 

Pierre-Yves Moreau : «  Ce qui est certain c’est qu’on ne pouvait pas imaginer rentrer dans les mers du grand sud avec un trimaran tout à fait sécurisé car là-bas c’est très dangereux et avec la dérive dans cet état, on se serait mis en danger. Il faut rentrer dans ces mers avec un bateau en bon état. On est content de pouvoir repartir avec un bateau qui est moins en risque mais dont la dérive fait maintenant 2m sur 5m80 à l’origine. On ne pensait absolument pas pouvoir réaliser une réparation si importante à bord, ce n’est jamais qu’un travail d’atelier mais avec très peu d’outils adéquats. »

Le skipper du maxi trimaran, Pascal Bidégorry  : « je ne doutais pas que la dérive pourrait être réparée et que les garçons réussiraient à le faire. Je n’étais pas inquiet. Il faut juste bien faire attention à ne pas taper quelque chose donc ne pas aller trop vite. Maintenant oui c’est cap au Nord, cap à la maison malheureusement. Cela fait 4 jours qu’on est sortis du record et pourtant je n’arrive pas à me sortir cela de la tête, c’est comme si on continuait la course. C’est difficile de tourner la page. Depuis hier, je regarde les fichiers et constate qu’on aurait eu deux jours et demi de près et après peut-être rattrapé une dépression qui nous aurait fait faire un bon bout de chemin. Il va falloir tourner la page maintenant, mais bon ça ne va pas se tourner comme cela.« 

Le skipper du maxi trimaran, Pascal Bidégorry, est bien évidemment déçu, cependant il envisage une possibilité de nouveau départ cette année :  « on va continuer à suivre la météo de près, si on a l’opportunité de bien repartir, on le fera mais on le fera bien. Une fois à Lorient, on a une dérive neuve à l’atelier, donc cela n’est pas un souci, en revanche il faut bien compter 10 jours de travail pour faire le tour du bateau car il aura fait 30 jours de mer. Il faut être certains de pouvoir repartir avec un trimaran aussi « safe » que la première fois.
On est plus dans un objectif de record. La priorité est de ramener Banque Populaire à Lorient et en bon état. Mon objectif premier maintenant est de mettre le cap au Nord. Je ne repartirai pas dans la foulée sans avoir les bonnes conditions. Ce qui fait qu’il y aura un succès dans ce Jules Verne c’est l’addition de pleins de facteurs. »


Tour de Saint Hélène pour Sodeb’O

Thomas Coville, en mer depuis 8 jours, va être contraint de contourner l’anticyclone de Saint Hélène , très actif sur l’Atlantique Sud, ce qui rallongera la route du trimaran Sodeb’O.

Le skipper  a passé l’Equateur hier en 7 jours, 2 heures, 27 minutes et 32 secondes de mer, soit une moyenne de 20,7 noeuds depuis le départ de son tour du monde en solitaire, une vitesse satisfaisante mais ne permettant pas d’égaler le temps de Francis Joyon sur Idec puisque Sodeb’O avait 9 heures et 27 minutes de retard sur Idec au passage de la latitude 0.

©Sea&Co

Thomas Coville est revenu sur sa première semaine en mer lors de la vacation d’hier, en ayant bien sûr une pensée pour l’équipage de Banque Populaire 5, contraint à l’abandon :

A l’équateur en 7 jours : « Nous venons de couper l’équateur et cela a été une semaine très riche. J’ai du mal à croire que ce ne soit qu’une semaine d’ailleurs. Quand tu utilises 24 heures dans une journée, cela multiplie forcément ce que tu peux en faire. Ce qui m’a marqué, c’est une jolie trajectoire avec des transitions bien vues et bien négociées, une mer formée et difficile à gérer entre les Canaries et le Cap Vert, puis un tronçon agréable et rapide jusqu’au 5e degrés Nord. Par contre, depuis 48 heures, c’est un peu l’enfer. On est coincé dans une zone de calme autour du Pot au Noir. C’est assez décevant d’avoir beaucoup œuvré pour que cela soit anéanti en deux jours, cela fait partie du jeu mais ce n’est jamais facile à vivre. C’est dommage de ne pas avoir un chiffre qui reflète mieux le travail fait jusqu’ici. J’ai pris un super pied à aller vite. Sodebo est un bateau sain et très tolérant. Nous avons un très beau bateau pour battre le record, encore faut-il passer entre les mailles du filet que représente de la météo. »

La traversée éprouvante du Pot au Noir : « Ce sont des endroits qui font péter les plombs. Heureusement que j’aime manœuvrer ! Hier, j’ai pris et largué quatre fois un ris, j’ai déroulé et roulé autant de fois le gennaker, idem en changements de voile d’avant. Et puis, il faut le faire dans la minute parce que t’as un nuage ou une risée. J’ai aussi cassé trois lattes et à l’échelle d’un bateau comme Sodebo, cela demande énormément d’énergie pour les remplacer tout seul. Si dans le Sud, on est mieux sur un gros bateau, là j’ai eu un moment de doute. Globalement, j’ai bien géré physiquement, je ne suis pas aussi éprouvé qu’au même endroit il y a deux ans. J’ai aussi bien mangé. Nous avons bien travaillé là-dessus et comme c’est bon, tu ne rechignes pas à te préparer quelque chose. »

La suite du parcours : « Le prochain rendez-vous météorologique, c’est Sainte-Hélène qui fait du mal aux marins ces derniers temps entre les concurrents de la Barcelona World Race (tour du monde en monocoque et en double) puis l’équipage de Banque Populaire qui est descendu le long des côtes brésiliennes pour passer sous l’anticyclone. Francis avait fait un très bon parcours et c’est un moment que je redoute forcément mais, pour l’heure, j’ai arrêté de me projeter. Depuis deux jours, je vis dans l’instant au milieu des grains dans cette atmosphère humide, nuageuse et très grise où tu es impuissant face à la beauté des éléments et au désert qui t’entoure. Il y a des énormes nuages dans lesquels tu entres comme dans un tunnel. « 

L’abandon de Banque Populaire V : « Je suis très déçu pour l’équipage de Pascal Bidégorry. Percuter quelques chose à 37 nœuds, ça doit être monstrueux, moi, j’ai eu une collision à 28 nœuds avec un groler (morceau de glace) à bord de Sodebo lors de ma première tentative (2007/2008) et j’avais trouvé cela déjà très violent mais alors à 10 noeuds de plus, c’est un choc digne d’un accident de voiture. C’est un merveilleux projet et, quoi qu’il arrive, il y aura un avant et un après Banque Populaire en terme de performance autour de la planète. Ils y retourneront et ce bateau a un tel potentiel qu’il marquera forcément l’histoire. J’ai déjà été très impressionné de leur vitesse moyenne avec peu de vent et par la vélocité du bateau en général. Pascal avait fait en plus un super équipage. Comme quoi, un tour du monde ce n’est pas anodin. Tu n’es jamais sûr de pourvoir le terminer, tu fais un pari. Je ne suis même pas sûr qu’un bateau ait réussi à battre le Trophée Jules Verne dès sa première tentative. »

Abandon de Banque Populaire 5

Les 14 hommes d’équipage sont donc contraints à l’abandon lors de leur première tentative de Trophée Jules Verne.

L’équipage aura malgré tout tenté de réparer la dérive, qui était lourdement endommagée suite à une collision avec un OFNI, l’équipage continue ces travaux sur cette pièce afin de pouvoir rejoindre Lorient.

Pascal Bidégorry et ses hommes ne pouvaient pas continuer leur tour du monde (il restait les 3/4 du parcours à couvrir) avec  une dérive qui ne remplissait plus son rôle quand une longue navigation au près s’annonçait vers les îles Kerguelen, qui plus est la réparation aurait pu ne pas tenir et donc entrainer une délamination sur la pièce.

Pascal Bidégorry :  » Nous avons passé la journée d’hier à scier l’extrémité de la dérive abimée. Nous avons dégagé une petite partie saine et nous avons gratté à l’intérieur pour faire une stratification. En ce moment, les garçons sont en train d’essayer de boucher avec tout ce qu’ils trouvent. Ensuite il faudra stratifier l’extérieur. Le bateau est un véritable atelier de composite en ce moment, ce qui n’a rien d’évident par 46° Sud, dans le froid et dans le brouillard permanent. Nous nous retrouvons avec deux mètres de dérive au lieu des 6,80 mètres habituels. A l’échelle d’un bateau comme le nôtre, ça n’encourage pas la performance et nous avons énormément de près annoncé pour aller jusqu’aux Kerguelen, conditions dans lesquelles la longueur totale de la dérive est indispensable. Cela fait deux jours et demi qu’on travaille et malgré toute notre détermination, nous nous rendons bien compte qu’on ne pourra pas la remettre en place avant demain midi au minimum. Il faut être objectif, nous sommes quand même dans un record et nous courrons contre le temps. Ne pas continuer est plus qu’une évidence aujourd’hui, d’autant plus qu’on sait qu’il y a du près qui nous attend. Nous ne pouvons plus aller aussi vite que nous le souhaitions dans le Sud. Nous sommes sortis de ce qu’était l’essence même de notre objectif. Nous avons donc pris la décision de laisser un peu de temps à l’équipe en charge du « chantier » pour finir de réparer comme il faut. Ensuite nous rentrerons doucement mais sûrement vers Lorient. Nous sommes de grands garçons, nous sommes venus là tout seuls et nous rentrerons à la voile. Pour l’instant, nous faisons toujours cap à l’Est. Nous devrions avoir une bascule d’ici une ou deux heures pour pouvoir faire une route du Nord. D’ici 24 heures, nous devrions avoir des conditions très molles qui vont nous permettre de finir la réparation. Ensuite, nous allons repartir dans les alizés, au portant jusqu’au Pot au Noir « .

L’équipage de Banque Populaire 5 rejoindra donc sa base lorientaise d’ici 15 à 20 jours, les hommes  du team espèrent pouvoir repartir l’année prochaine à l’assaut du globe, comme l’expliquait le skipper :  » Je suis déterminé à faire ce tour du monde et à battre ce record. Nous avons à la fois un bateau fiable sur lequel on a vraiment bien travaillé et un degré de qualité sur le plan sportif qui fait que le Maxi Banque Populaire V mérite beaucoup mieux que ce qu’on a à lui offrir aujourd’hui. Il faut continuer à travailler pour l’avenir « .

La dérive de BP5 amputée de 2,20m

Après avoir heurté un OFNI dans la nuit de mercredi à jeudi, l’équipage de Banque Populaire a pu faire un état des lieux plus complet de la situation, en sortant la dérive de 600kg de son puit, l’opération qui a pris environ trois heures a révélé que le choc a arraché 2m20 de la pièce immergée et confirmé la disparition de la crash-box.

Ramenée sur le pont, la dérive fait maintenant l’objet de toutes les attentions, quelques hommes d’équipage se relaient pour tenter une réparation, comme l’explique Pascal Bidégorry :

« Nous sommes arrivés dans la nuit sur une zone nous permettant de sortir la dérive sans trop de difficultés. La manipulation nous a pris près de trois heures pendant lesquelles nous nous sommes mis à la cape. Emmanuel Le Borgne en a « profité » pour plonger sous le Maxi Banque Populaire V afin d’évaluer d’éventuels dégâts sur les safrans et les fonds de coque. Sur ce point il n’y a rien de grave. Une fois la dérive sur le pont, nous avons constaté qu’il en manquait un morceau d’environ 2m20. Le choc a été tellement intense qu’il a carrément cassé le barreau structurel de la dérive. Actuellement, nous essayons de couper l’extrémité réduite en charpie mais avec les outils dont nous disposons, la chose n’est pas simple du tout. Nous y allons à la scie à métaux et à la perceuse. Une fois coupée, nous étudierons la possibilité de faire une stratification. Notre objectif est de fermer la partie basse de la dérive afin de la rendre étanche. Sans cela, avec la vitesse, elle continuerait à se délaminer ».

© BPCE

Ceci devrait prendre au minimum 24 heures, pendant lesquelles le trimaran évoluera à vitesse réduite :

« Nous naviguons sous solent avec 6 nœuds de vent et ce qui est sûr c’est que tout ça ne nous fait pas gagner de temps ! Nous espérons pouvoir mettre le gennaker assez vite mais pour le moment nous en avons besoin pour caler la dérive. Nous ferons tout pour aller au bout de notre démarche. Nous allons avancer heure par heure pour essayer de relancer de manière constructive l’histoire du Maxi Banque Populaire V avec le Trophée Jules Verne. Nous prendrons la décision qui s’imposera une fois que nous aurons tout tenté pour reprendre notre progression autour du monde dans des conditions normales de navigation et de sécurité. Mais pour le moment, nous continuons et face aux évènements, je me dis que j’ai vraiment beaucoup de chance de naviguer avec une équipe très solidaire, qui n’hésite pas à se remonter les manches dans l’adversité  ! ».

La suite de la tentative de Trophée Jules Verne semble assez compromise, la dérive est largement amputée, ce qui serait très pénalisant sur la remontée de l’Atlantique, qui plus est la dérive assure aussi la « sécurité » du safran de coque centrale, comme l’expliquait le skipper, le même choc sur le safran aurait entrainé une voie d’eau, la réparation s’annonce difficile mais l’équipage reste mobilisée pour mener à bien celle-ci, la décision sur un éventuel abandon sera prise ensuite.

Banque Populaire 5 heurte un OFNI

Le maxi trimaran de Pascal Bidégorry avait retrouvé de la vitesse depuis 48h après un passage difficile au large du Brésil et possédait plus de 400 milles d’avance sur le temps de référence, en évoluant sur une route sud au niveau du 45ème parallèle, ceci sans ménager le bateau ni les hommes comme l’expliquait le skipper :

 » On commence à avoir entre 30 et 35 nœuds de vent, on va être obligé de lofer un peu. Si on ne fait rien, il va à 40 nœuds et à cette vitesse on peut casser. Il faut tenir la bête ! Même avec deux ris on va à 40 nœuds. On diminue la toile petit à petit. La mer est super courte, même avec notre gros bateau on a fait deux ou trois « plantouilles »… autant vous dire qu’on a tout mis sur l’arrière. On se posait même la question de remplir les ballasts ».

© BPCE

Pascal Bidégorry était également inquiet pour la suite de la tentative, en raison de la présence d’icebergs sur la route  : « On ne parle que de la suite ! Je pense ne pas être loin de la réalité en disant qu’on est dans une situation difficile. Les seules routes qui pourraient nous faire passer dans un temps à peu près correct seraient des routes qui feraient du 55° 57°… Il va falloir trouver une solution. Je suis un peu perplexe pour la suite au niveau météo parce que j’ai bien peur que ce soit un peu compliqué. On sait qu’on a des glaçons par 45° pour les premiers. Il faudra avoir passé Bonne Espérance pour passer plus Sud ».

Malheureusement pour l’équipagede Banque Populaire 5, le trimaran a été victime d’une collision avec un OFNI la nuit dernière :

« Cette nuit, nous avons immédiatement ressenti l’effet du choc mais le Maxi Banque Populaire V ne s’est pas arrêté. En revanche, nous avons pris la décision de stopper la marche du bateau et de rouler les voiles. Nous avons passé une heure à la cape, mais dans la nuit noire, il n’était pas facile de se rendre compte des dégâts. Ce qui est sûr c’est qu’il manque un bout de la dérive et la crash-box est arrachée. »

L’équipage a mis le Maxi Banque Populaire V sur un flotteur dans la journée, afin de lever suffisamment la coque centrale et de vérifier l’évolution du problème, confirmant les premières inquiétudes du skipper.

« Nous avons constaté dans un second temps que le barreau de la dérive était cassé et qu’il manquait 40 cm de la dérive. Ainsi nous avons donc décidé de calmer un peu le jeu, de stabiliser notre vitesse à 25 nœuds et de laisser un minimum de dérive dans l’eau afin de ne pas aggraver les choses. Notre idée est de naviguer plus loffé qu’on ne l’avait fait pour être, demain au lever du jour, dans une zone avec moins de vent et moins de mer, afin de pouvoir lever les 600 kg de dérive et voir précisément ce qu’il en est. Mais nous maintenons un cap au Sud Est ».

Actuellement la trimaran navigue à un vingtaine de noeuds en direction d’une zone de calme, ce qui permettra de faire un état des dégâts plus complet. Mais il paraît d’ores et déjà difficile d’imaginer que l’équipage se risquera à mener le maxi-trimaran de 40m dans le grand sud après cette avarie.



Retard de 245 milles pour Banque Populaire 5

L’équipage du trimaran Banque Populaire 5 a été contraint de poursuivre sa route proche des côtes brésiliennes pour contourner l’anticyclone de Saint Hélène, comme l’explique le skipper Pascal Bidégorry :   » On est repassé bâbord amure hier soir avec un cap à peu près au Sud. On a fait 22/23 nœuds de moyenne toute la nuit. Depuis que le jour s’est levé, le vent a perdu un peu en intensité. On fait toujours cap au Sud et on attend une petite bascule au Nord . On en profitera pour faire un petit bout de tribord amure, on empannera donc pour repartir vers les côtes de l’Amérique du Sud. On sera un peu en « travers de la piste » par rapport à notre but qui est Bonne Espérance. Ca va encore être une journée où il faudra investir dans l’Ouest pour garder un minimum de pression, parce que devant nous il y a cette « sacrée Sainte-Hélène » qui nous barre le chemin la coquine ! »

L’équipage a pu empanné ce soir pour reprendre sa route vers le premier Cap de ce tour du monde, qui plus est le vent devrait se renforcer, permettant au trimaran de reprendre de la vitesse vers la pointe sud du continent africain : « Dès la nuit prochaine on pourra repartir en tribord amure et dès demain on sera soumis à l’influence de cette dépression qui va arriver et nous permettre de faire une route au Sud Sud Est avec un vent se renforçant à 20 nœuds. On va pouvoir redémarrer et arriver de manière quasi certaine à la moitié de l’Atlantique Sud ».

Bien évidemment ce ralentissement et ce contournement se font ressentir sur le tableau de marche de Banque Populaire 5 qui accuse ce soir un retard de 245 milles sur le temps de Groupama 3 , Fred Le Peutrec qui faisait également parti de l’équipage détenteur du Trophée l’année dernière explique également ce retard  :  » Ce sont approximativement les mêmes conditions que celles avec lesquelles on est passé l’année dernière, avec le même genre de trajectoire pour éviter l’anticyclone de Sainte-Hélène et attraper la première dépression pour faire de l’Est. Pour l’instant c’est la même stratégie sur l’eau. On a hâte de se retrouver tous avec un cap vers l’Est et du vent soutenu pour  faire le tour du monde ».