Banque Populaire V s’offre la Méditerranée à plus de 33 noeuds

L’équipage du maxi trimaran Banque Populaire V s’est offert le record de la Méditerranée en 14 heures 20 minutes et 34 secondes à une vitesse moyenne de 33,24 noeuds ; améliorant le temps établi par Franck Cammas et ses équipiers sur Groupama 3 il y a presque 1 an jour pour jour de 2heures 47mn et 47s.

Pascal Bidégorry et son équipage avaient franchi la ligne de départ samedi 15 mai à 05 heures 56 minutes et 56 secondes, des vents soutenus ont permis aux hommes de Banque Populaire V d’aligner les milles en limitant les manoeuvres , alors que Groupama 3 avait du enchainer les empannages.

© B.Stichelbaut / BPCE

Banque Populaire V s’offre donc son 3ème record après celui de l’Atlantique Nord et des 24 heures.

La réaction du skipper Pascal Bidégorry à l’arrivée : « Ca fait excessivement plaisir. Comme on a pu le faire sur l’Atlantique Nord ou le record du monde à la voile en 24h, nous n’avons pas fait dans la demie mesure. Battre un record de la Méditerranée de 2h 47 m et 47 s, si on m’avait dit ça avant le départ, je n’y aurait pas cru. C’est très satisfaisant de naviguer sur ce bateau, on a vraiment une super équipe à bord. On a été bien aidés par une conjoncture de mistral et de tramontane associés à une petite dépression au nord de la Corse, ce qui nous a permis d’arriver à tout faire sur un seul bord (avec un empannage juste au départ), même si cela n’a pas été évident. En effet, sur les dernière heures, ça s’est fait à quelques mètres prés. Il a fallu qu’on renvoie beaucoup de toile pour arriver à glisser le long de la Tunisie pour arriver à rallier la pointe juste avant la baie à Tunis. A ces vitesses là, et surtout avec la mer qu’il y avait , au bout d’1H30 de barre, on était fatigués. On a essayé de faire des petites siestes de 20 minutes comme sur la Solitaire du Figaro. Autrement l’équipage était quand même présent pour toutes les manœuvres, les 12 hommes, puisqu’on a besoin de 12 pairs de bras pour manœuvrer ce beau bateau. Cela a été excessivement intense. On a fait une pointe à 45 nœuds et des poussières juste avant de couper la ligne d’arrivée. Comme la mer était plus plate à l’arrivée, nous avons pris plus de vitesse. Ce qui n’a pas été le cas sur le reste de la traversée, car la mer méditerranée dès qu’il y a du vent, devient très courte avec des gros creux d’ailleurs. On a été bien aidés par la longueur du Maxi trimaran Banque Populaire. Pour conclure, ça fait vraiment plaisir et c’est du pur bonheur d’être entouré de gens aussi compétents. Ce sont des petites expériences comme ça qui forgent aussi une belle synergie de groupe, et j’en suis ravi »


Banque Populaire V sur le record de la Méditerranée

Banque Populaire V a quitté le port de la Ciotat à 17h30 pour rejoindre Marseille, Pascal Bidégorry et les 11 membres de l’équipage vont se mettre en attente sur la ligne de départ virtuelle située entre l’ancien Sémaphore de Frioul et le Centre Nautique du Prado.

Dans quelques heures ils s’élanceront sur cette tentative de  record de 455 milles nautiques détenu par Franck Cammas depuis le 16 mai 2009 en 17 heures 8 minutes et 23 secondes.

les conditions semblent réunies pour battre ce record, comme l’explique le skipper : « Nous avons une opportunité intéressante : avec du vent de 30 à 35 nœuds fichiers, il va tout de même falloir être vigilant car cela va être puissant. Il faudra aller vite sans s’emballer !  Il y aura un petit empannage d’une ou deux heures à faire rapidement pour bien caler le bateau sur la bonne trajectoire. Le positionnement de départ va être capital pour la suite.»

L’équipage de Banque Populaire V renonce au Jules Verne….pour cette année

Pascal Bidégorry, skipper du maxi trimaran Banque Populaire V a annoncé hier que son équipage renonçait au Trophée Jules Verne cette saison étant donné la dangerosité d’un départ tardif.
Les explications de Ronan Lucas, directeur du Team :  » La déception est immense même si ce n’est que partie remise. Jusqu’à mi-décembre nous étions assez exigeants, et nous cherchions une fenêtre qui nous amenait au moins à égalité avec le temps d’Orange 2 au Cap de Bonne Espérance. Nous avions trois mois devant nous et il était normal d’espérer avoir mieux en termes de conditions météo et de mettre toutes les chances de notre côté pour terminer le tour d’une part mais aussi pour réaliser une performance sportive d’autre part. Ensuite nous avons surveillé la moindre opportunité, même sur une fenêtre moyenne, tant nous avions envie de partir, mais aucun créneau ne s’est présenté, sauf des scénarii « casse bateau », et ça il en était hors de question. Nous n’avons pas voulu partir ni dans un esprit « on y va, on verra bien », ni avec des fenêtres « quitte ou double ». Le fait de s’élancer avec une fenêtre pouvant se fermer prématurément dans l’atlantique était risqué, car une fois partis il aurait été impossible de saisir une éventuelle fenêtre moyenne à favorable après. Nous avons la responsabilité de ce projet et nous ne voulons pas le mettre en péril. Ce qui est difficile, c’est que nous étions tous convaincus que nous aurions l’opportunité de partir même avec une fenêtre moyenne, mais que rien de tel ne s’est présenté depuis le 15 décembre. Le bateau a été mis à l’eau il y a un an et demi, le projet est encore très jeune et nous avons la chance d’avoir du temps devant nous et d’être en campagne de records jusqu’en 2012″.

A lire également, une interview dePascal Bidégorry pour leTélégramme.

Départ surprise pour Groupama 3

La rumeur courait depuis hier soir, l’équipage de Groupama 3 était prêt à reprendre le départ du Trophée Jules Verne.

L’information a été confirmée ce matin, avec le départ du trimaran vert de Brest à 9h30, Franck Cammas et ses équipiers ont rejoint la ligne de départ de cette tentative de tour du monde vers midi pour un départ qui a finalement eu lieu à 14h55 dans une petite brise.

La fenêtre météo est extrêmement serrée, comme l’explique Sylvain Mondon, le routeur de Groupama3 : « Il faut que Franck Cammas et son équipage franchissent la pointe espagnole avant l’arrivée de l’anticyclone, c’est-à-dire avant lundi matin. Il y aura ensuite une dépression au niveau de Madère, à contourner par l’Ouest, puis le franchissement d’une dorsale anticyclonique entre les Canaries et le Cap-Vert où les alizés s’installent durablement. Il y aura donc pas mal de manoeuvres à effectuer, mais la trajectoire est plutôt rectiligne…» et Lionel Lemonchois : « C’est un départ en catimini ! Ce n’était pas prévu il y a deux jours mais samedi matin, la situation météorologique a évolué positivement. Mais ça ne va pas être simple… On devrait pouvoir se glisser dans des « trous de souris », mais il ne faut pas prendre de retard et rester synchro avec le vent. Le passage du cap Finisterre va être délicat ! Et ensuite, nous allons foncer au coeur d’une dépression au large de Madère : il y aura une phase de transition sans beaucoup de brise. Après, on va débouler assez rapidement vers l’archipel du Cap-Vert avec du vent de Nord. Il faut que tout s’enchaîne bien… »

© Guilain GRENIER / Sea & Co

L’objectif pour le skipper et ses neuf équipiers est de revenir couper la ligne devant Ouessant avant le 23 mars 2010 à 06h 14′ 57 » pour conquérir le Trophée Jules Verne.

Quant à Banque Populaire 5, pas de départ envisagé, l’équipage reste en code rouge et le trimaran à quai à Brest.

Pas de départ pour Groupama 3 et Banque Populaire V

Les deux équipes des maxis trimarans ont finalement renoncé à la fenêtre météo qui se présentait ce week-end pour le Trophée Jules Verne.

Les explications sur Voiles et Voiliers, et par Pascal Bidégorry, skipper de Banque Populaire V : La fenêtre n’a pas évolué comme on l’espérait. La situation devenait compliquée entre Les Canaries,  le Cap Vert et l’Equateur. Le système dépressionnaire situé dans l’Ouest de l’archipel espagnol coupait le régime des alizés et faisait donc place à une zone de vent léger. On avait encore un peu d’espoir hier soir mais plus ce matin. C’est incroyable comment tout est très instable dans l’Atlantique Nord alors que dans le Sud, le système ne bouge pas avec l’anticyclone de Sainte-Hélène qui barre la route. On avait vraiment envie de partir mais le but reste toujours de s’élancer avec une météo propice à battre le record. Nous continuons notre stand by jusqu’au 20 février ».

end. A lire également une interview de Marcel Van Triste, routeur à terre du maxi Banque Populaire V, toujours sur VoilesetVoilers.com.

Une nouvelle fenêtre météo pourrait s’ouvrir en fin de semaine prochaine…

Sur Libération.fr, les explications de Vincent Lauriot Prevost sur les différences entres les deux trimarans : à voir ICI.

Point sur la Route du Rhum 2010

La Route du Rhum 2010 s’élancera le 31 octobre 2010 de Saint Malo pour rallier Pointe à Pitre,  l’édition 2006 a été marquée par le triomphe de Lionel Lemonchois à la barre du 60′ ORMA Gitana 11.

Depuis cette dernière édition, le monde du multicoque océanique a quelque peu changé, la classe ORMA a disparu, certains 60′ ont été vendus (Géant navigue en Nouvelle Zélande, Sodeb’O et Groupama pourraient aussi faire le bonheur d’amateurs fortunés), Gitana 11 a été allongé à 75′, configuré pour le solitaire et confié à Yann Guichard. D’autres skippers, anciens du circuit ORMA se sont orientés vers le maxi multicoque en solitaire : Francis Joyon sur Idec, et Thomas Coville sur Sodeb’O les deux bateaux, quasi sistershpis, sur plans Irens, sont actuellement en chantier pour recevoir des foils.

Autres prétendants, les deux  skippers des maxis multis Groupama 3 et Banque Populaire 5, à savoir Franck Cammas qui s’élancera sur une version assagie de Groupama 3 (adaptation du plan de voilure), Pascal Bidégorry qui souhaitait également s’aligner ne devrait, sauf surprise de dernière minute, pas être au départ ; il avait demander à pouvoir bénéficier de winchs électriques sur son maxi trimaran de 40m, ce qui a été refusé au skipper basque.

Un autre géant pourrait aussi s’inviter à la fête, Team Exploreer (ex Orange II), barré par Bruno Peyron qui est à la recherche de sponsors pour réarmer son catamaran.

On sait aussi que le trimaran Géronimo, d’Olivier de Kersauson pourrait intéresser quelques marins, cependant le prix du trimaran reste dissuasif (3 millions d’€).

Toujours parmi les potentiels candidats au départ, on trouve Mayeul Riffet, de l’équipe Sensation Océan qui pourrait s’aligner sur l’ex La Trinitaine (60′ ORMA), Gilles Lamiré devrait repartir sur Madinina (ex Gitana 9 classe ORMA). julien Mabit est lui aussi à la recherche de sponsors pour aligner le catamaran de 74′ ex Crédit Agricole, ex Explorer.

Interview de Fred Le Peutrec – Partie 2

Seconde partie de l’interview que Fred Le Peutrec, grand spécialiste du multicoque (3 prépartions olympiques en Tornado, Vainqueur de The Race sur Club Med, barreur des 60′ ORMA Bayer puis Gitana 11, barreur et boat manager de Groupama 3, barreur de Smart Home) a accordé à Voile-Multicoques.com.

Voici la fin de cette interview qui concerne le début de saison de Groupama 3, le Trophée Jules Verne à venir, la Route du Rhum 2010, l’America’s Cup etc.

© Yvan Zedda

© Yvan Zedda

Voile- Multicoques.com : Quel bilan tirez-vous du début de saison de Groupama 3 ?

Fred Le Peutrec : Nous aurions bien sûr préféré garder les deux records (Atlantique Nord et distance parcourue en 24 heures), mais l’objectif principal de cette année reste le Jules Verne. Les différentes navigations, tournée méditerranéenne et records, n’avaient pour but que de sélectionner et de souder l’équipage du Trophée Jules Verne, s’approprier le bateau, le connaître un peu mieux, le fiabiliser, parce que ce sont des machines sur lesquelles nous devons toujours continuer à travailler. Evidemment, il y a une petite frustration mais nous espérons prendre notre revanche cet hiver.

En ce qui concerne le record de l’Atlantique que nous avons effectué en même temps que Banque Populaire V, même si nous perdons deux records, les conditions de navigation étaient tellement exceptionelles que nous en garderons un excellent souvenir, cette traversée restera une navigation extraordinaire. Traverser l’Atlantique en un peu plus de 3 jours et demi était peu envisageable il y a quelques années, on est donc complètement satisfait du potentiel du bateau, il est sain, et  sera bien prêt pour le Jules Verne.

Nous savions au départ du record de l’Atlantique qu’étant donné les conditions, l’essentiel allait se jouer sur la puissance maximale du bateau, Banque Populaire V a plus de couple de rappel, nous savions qu’on allait souffrir, les conditions n’étaient pas idéales pour Groupama 3, mais sur le Tour du monde, il y a plus de zones de transition, ça se jouera sur toutes les allures, la descente sera au portant et pas au reaching, dans ces conditions là nous avons un bateau léger qui descend bien, le jeu devrait être plus ouvert pour nous.

Il y aura aussi une notion d’endurance technique qui jouera, nous partirons avec un trimaran profitant de plusieurs années de navigation et de fiabilisation.

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

Nous sommes impatients de partir, nous serons dans de bonnes conditions techniques, avec un équipage en béton, qui se connait bien, nous avons gardé la base de l’équipage présent sur le dernier tour du monde, et les marins qui ont embarqué cette saison (Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Stan Honey) sont des gens qui ont énormément de métier, et ça n’est que du plus pour l’équipage.

L’avenir de Groupama 3 semble être la Route du Rhum 2010 que Franck Cammas devrait courir, la décision de participer a-t-elle été prise ?

C’est en court de définition, nous essayons de préciser les choses : les différentes contraintes techniques et physiques qui seront rencontrées, et nous les mesurons exactement pour être sur que ce soit faisable en solitaire. Mais les chances de voir Groupama 3 au départ sont fortes.

© Guilain GRENIER / Sea & Co

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Concernant cette Route du Rhum 2010, Gitana 11 que tu as barré pendant plusieurs années a été remis à l’eau après un allongement à 77’. Penses-tu que ce bateau puisse être un candidat potentiel à la victoire face aux maxis trimarans qui devraient être engagés ?

Assurément oui, c’est un bateau qui peut gagner, il est à la bonne échelle pour une personne seule. L’allongement a permis de retrouver de la stabilité, l’a assagie un peu. C’était déjà un des 60’ ORMA les plus marins, je pense que sous cette nouvelle forme ce trimaran reste un excellent bateau.

Le projet de MOD a refait surface cet été, les communiqués parlent du lancement de la série, s’agit-il seulement d’une annonce ou existe-t-il des bases solides pour cette série ?

Il y a des investisseurs qui sont prêts à définir le cadre, à mettre le pied à l’étrier à la série, tout ceci repose sur l’arrivée  d’une structure financière mise en place par Steve Ravussin et Franck David. Ensuite tout dépendra bien sûr du post élan, il faut que des partenaires entrent en jeu pour sponsoriser les trimarans.

Que penses tu de ce projet alors que les supports multicoques semblent se raréfier ?

Ce qui me plait c’est qu’un circuit de multicoques océaniques puisse renaître, je trouve cela vraiment désespérant dans le paysage de la voile qu’il n’y ait plus de multicoque aux jeux olympique. C’est symbolique mais ceci à des conséquences réelles sur l’activité nautique dans les clubs de sports, les écoles de voiles. Il y a toute une génération de gamins qui ont 15,16 ou 20 ans maintenant et qui s’étaient projetés dans l’idée de prétendre au meilleur un jour sur multicoque, bien entendu tout le monde n’y arrive pas, mais il y a toute une dynamique et une activité de voile légère qui a été ralentie à cause de l’abandon du support olympique multicoque.

Le fait qu’il n’y ait plus de multicoque océanique est dommageable, c’est totalement à contre temps que des bateaux aussi aboutis soient dans des hangars. C’est comme interdire la descente en ski ou la Formule 1 en automobile.

© Hans Berggren

© Hans Berggren

Au delà de la série qui s’arrête, c’est tout un système qui souffre qu’il n’y ait pas les machines les plus dingues, les plus extrêmes, sur l’eau. Les gens commencent à s’en rendre compte, et je pense que d’ici un an ou deux, ces séries manqueront réellement, je ne serai pas étonné que les journalistes, les médias ne trouvent pas un peu triste que ces bateaux là aient disparus et  soient rangé dans des hangars.

La Coupe de l’America aura lieu en multicoque, sur deux bateaux bien différents. Alinghi 5 est un catamaran semble-t-il axé sur le petit temps, BMW Oracle Racing alignera un trimaran plus proche d’un 60’ ORMA dans ses formes, que penses-tu de ces bateaux ? Crois tu que l’un d’entre eux possède un avantage ?

Je reste convaincu que le trimaran peut avoir l’avantage du fait du format de course: une montée et descente dans le vent donc VMG (Velocity Made Good) pur et une manche où la descente dans le vent se fait sur du largue abattu, ce n’est pas pour rien que la classe ORMA s’est concentrée sur cette formule. Les catamarans ne sont pas des bateaux aussi complets que les trimarans.

Le catamaran  est forcément bridé par son couple à un moment, où alors  il faut faire un cata très large mais qui perdra l’avantage dans le petit temps parce qu’il se mettra sur une patte très tard, et il sera handicapé dans les manœuvres. Pour jouer la carte du catamaran, il faut faire un bateau raisonnablement large, qui se mette sur une patte le plus tôt possible, auquel cas l’accélération est un peu moins bonne.

© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Pour les problèmes de puissance, ils sont essentiellement liés à la puissance du moteur une fois que le châssis est figé, il est tout aussi possible de faire un trimaran aussi performant dans le petit temps qu’un catamaran.

Je reste persuadé que la formule la plus polyvalente est le trimaran, Alinghi 5 est un bateau très intéressant, mais malgré tout je reste assez confiant dans les performances du trimaran.

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

De plus cibler un bateau pour une fenêtre météo extrêmement réduite peut être risqué, les conditions  météos sur les plans d’eau ne s’avérent pas forcément conformes aux statistiques, comme on l’a vu aux derniers JO.

La Coupe se jouera sur deux manches gagnantes, il suffit que ces jours là, il y ait un système de vent ou un thermique qui se lève un peu plus fort et qu’au lieu des 6 nœuds prévus il y ait 10 ou 12 nœuds, on aura alors des manches de brise, et je suis assez convaincu que le trimaran ira plus vite.

Cette épreuve devrait remettre les multicoques en valeur, penses tu que ceci puisse jouer en faveur des ces bateaux ?

Cette coupe va mettre les multicoques sous les feux de la rampe. Je serai très étonné que les marins qui vont courir cette épreuve, les observateurs, médias etc. ne soient pas  totalement emballé par le spectacle que vont offrir ces bateaux là en navigation, que ce soit au niveau des performances, de l’engagement. C’est bien que cette coupe se coure sur multicoques, c’est assez paradoxal que le système de multicoque océanique qui s’était  beaucoup développé en France se soit cassé la geule  au moment où les anglo-saxons réputés conservateurs sur leurs monocoques démarrent sur des multicoques pour la coupe. Il y aura forcément des retours après même si ces deux bateaux là vont probablement être « rangés » après la coupe, ce qui est dommage, mais ce sera difficile de se passer de ces bateaux après cet événement.

Merci à Fred Le Peutrec pour sa disponibilité

L’Atlantique Nord en 3 jours 15 heures et une journée à 907 milles pour l’équipage de Banque Populaire V

C’est finalement l’équipage de Banque Populaire V qui sort double vainqueur du duel qui l’opposait à l’équipage de Groupama 3 sur l’Atlantique.

Les hommes de Pascal Bidégorry s’offrent le record de l’Atlantique Nord, à près de 33 noeuds de moyenne et celui des 24 heures avec une journée à 907 milles soit 37,08 noeuds de moyenne, ces deux records étaient détenus depuis deux ans par Groupama 3.

Pascal Bidégorry, Ronan Lucas, Kévin Escoffier, Yvan Ravussin, Ewen Le Clech, Sébastien Audigane, Florent Chastel, Jean-Baptiste Le Vaillant, Emmanuel Le Borgne, Marcel Van Triest, Pierre-Yves Moreau, Xavier Revil décrochent donc ces deux premiers records pour le maxi trimaran Banque Populaire V, dernier né des maxis multicoques.

Les impressions de Pascal Bidégorry, skipper de Banque Populaire V : « Je ne réalise pas bien encore ce que nous venons d’accomplir. J’avais déjà du mal à imaginer que nous puissions aller aussi vite sur 24 heures mais ce nouveau record me laisse partagé entre une immense émotion et une grande surprise. Cette victoire sur le temps vient récompenser trois années d’un travail considérable fourni par tout le Team, les préparateurs, le bureau d’étude, les architectes et l’ensemble des équipes de la Banque Populaire. Je suis vraiment extrêmement heureux de leur offrir aujourd’hui ces deux cadeaux : le record de vitesse en équipage sur 24 heures et le nouveau temps de référence sur l’Atlantique Nord.  Nous attendions cette première tentative avec impatience et elle était essentielle pour nous à quelques mois du Trophée Jules Verne. Je ne pensais pas qu’on pourrait traverser aussi vite. Nous ne nous sommes pas posé la question de savoir si nous pourrions aller chercher le temps de 2007. Nous sommes restés concentrés sur la météo, la stratégie et la marche du bateau avec l’obsession d’en tirer la quintessence. Le Maxi Banque Populaire V est un bateau hors normes et nous sommes tous extrêmement fiers de pouvoir naviguer sur ce bateau exceptionnel ».


L’équipage de Groupama 3, mené par Franck Cammas n’aura rien pu faire face à la puissance de son concurrent, cependant ils améliorent leur propres records des 24 heures avec 857 milles en 24 heures et une traversée en 3 jours 18 heures à 32 noeuds de moyenne, mais à 3 heures de Banque Populaire qui s’est offert le luxe de dépasser le trimaran vert samedi, pas de regret pour les hommes de Cammas qui sont satisfaits de leur bateau nottament  dans le médium et le petit temps, comme l’explique le skipper Franck Cammas : « On sait qu’il y a des conditions où il va plus vite (Banque Populaire V) , notamment au près. Nous avons une autre philosophie avec un bateau qui est plus court et plus léger. Au portant, nous devrions aller mieux… Dans un tour du monde, il peut se passer beaucoup de choses ! Sur cette traversée, il est allé plus vite 70% du temps : il faudra être plus malin sur le Trophée Jules Verne où il y a plus de stratégie météo que sur l’Atlantique Nord. »


Prochaine confrontation prévue cet hiver autour du monde dans le cadre du Trophée Jules Verne !

Accélération sur l’Atlantique Nord

Comme prévu le front froid au large de Terre Neuve a permis aux deux trimarans d’accélérer et de faire un cap direct vers le Cap Lizard, ils sont désormais vent de travers et naviguent à des vitesses comprises entre 35 et 40 noeuds dans une mer encore peu formée. Ce qui promet une belle journée au niveau de la distance parcourue, le record des 24 heures devrait vraissemblablement être battu, et la barre des 800 milles pourrait  aussi être franchie.

L’équipage de Groupama 3 a refait son retard accumulé sur la première journée de navigation et l’avantage de 18 milles devrait s’accroitre au fil des heures puisque lors du record de 2007, Groupama 3 avait navigué à plus grande distance de l’orthodromie et deux empennages avait ralenti la merche du bateau. Il est probable que le record sera battu, ainsi l’adversaire numéro 1 de l’équipage de Franck Cammas est Banque Populaire qui réussi de belles performances grâce à une puissance plus importante, comme l’expliquait Fred Le Peutrec, boat manager et barreur de Groupama 3, à la vacation : « Il n’y a pas de stratégie particulière avec ce vent stable : on jette un coup d’oeil dans le rétroviseur pour surveiller la différence de potentiel avec l’équipage de Pascal Bidégorry. On reste sur notre propre rythme, comme pour le record de la Méditerranée. Si Pascal et son équipage sont un peu plus rapides que nous et qu’ils n’ont pas de problème de manoeuvres, nous aurons du mal à récupérer notre petit retard… On privilégie notre navigation en mettant toutes nos forces dans la bagarre : on ne peut pas faire grand chose de plus que ce que nous avons fait ! Dans la bonne humeur, relâchés et concentrés en respectant notre temps de récupération… « 

L’équipage met donc toute les chances de son côté pour faire face à cet adversaire, le foil tribord a ainsi été enlevé puisque le trimaran ne naviguera pas sur cette amure, le grand gennaker a aussi été débarqué pour alléger le bateau.

Du côté de Banque Populaire, le retard accumulé a aussi été comblé avec à 16h00, 28 milles d’avance, les hommes de Pascal Bidégorry semblent donc mieux armés pour ravir le record à leur adversaire, reste à conserver ce rythme très élevé sur un trimaran moins fiabilisé que Groupama 3.

A suivre…

NB : il n’y aura probablement pas de mise à jour ce week end sur www.voile-multicoques.com et sur le blog : voilemulticoques.wordpress.com, je vous invite donc à suivre le record de l’Atlantique Nord sur les sites des deux bateaux et l’iShares Cup sur le site officiel.

Avantage Banque Populaire V

Les deux trimarans géants ont, comme prévu, coupé la ligne de départ du record de l’Atlantique Nord hier soir, Groupama 3 a été le premier a s’élancer à 22 heures 16, les explications sur ce départ plus précoce que prévu par Sylvain Mondon de Météo France, routeur à terre : « Hier soir, une ligne de grains est passée sur New York, générant des vents assez forts (25-30 noeuds) de secteur Sud ce qui nous a permis de lancer cette tentative un peu plus tôt que prévu. Ce choix s’appuie sur le fait que quel que soit le moment du départ à quelques heures près, le temps de parcours était le même : ce départ un peu avancé permet d’avoir un peu plus de marge par rapport au système dépressionnaire qui va accompagner le trimaran après Terre-Neuve. Un front froid s’est formé sur le Canada et va traverser l’Atlantique jusqu’à l’Angleterre : Groupama 3 va l’attraper à l’approche du courant du Labrador en restant moins près de ce front : il sera plus facile de gérer la trajectoire en restant très proche de l’orthodromie (route directe). C’est une très bonne fenêtre météo parce qu’elle permet de ne pas rallonger la route tout en restant sur le même bord. »

Banque Populaire V a quand à lui coupé la ligne un peu plus de deux heures et demi après le détenteur du record, à 00h 47 avec une pointe à 41 noeuds, pour Pascal Bidégorry et son équipage au moment de passer cette ligne !

Les  premières heures du record se sont passées sensiblement de la même façon sur les deux multicoques avec des temps proches de ceux du record, la situation s’est dégradée pour Franck Cammas et ses hommes dans l’après midi avec une brise faiblissante au large de l’ile aux Sables, une situation qui n’inquiète pas outre mesure puisque Banque Populaire subissait aussi se passage de front avec une avance de 25 milles qui s’est réduite à 11 milles en 4 heures.

Cette nuit pourrait s’avérer décisive pour les deux équipages comme l’explique Franck Cammas, skipper de Groupama 3 : « La trajectoire jusqu’au cap Lizard n’est pas si limpide que cela : après Terre-Neuve, il va falloir choisir entre une route un peu lofée ou plus abattue, ce qui se répercute sur la configuration de voiles. Nous allons nous décider après le cap Race… »

Pour suivre le record :