Transat Jacques Vabre : Sodebo Ultim et Gitana 17 à 10 milles l’un de l’autre, FenêtréA Mix Buffet en tête des Multi50′

 

Le Pot au Noir n’aura été qu’une formalité pour les deux premiers trimarans de la classe Ultime. Gitana 17 et Sodebo Ultim n’auront été que peu ralenti dans la zone de convergence intertropicale, ils ont rapidement rejoint les alizés de sud-est de l’hémisphère sud, et naviguent désormais à une trentaine de noeuds en direction du Brésil. L’équateur devrait être passavant minuit.
Il reste aux deux duos de tête moins de milles milles à parcourir, leur arrivée pourrait avoir lieu lundi Et le final s’annonce haletant, en effet, Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild ont sensiblement réduit leur retard et ne sont qu’à une dizaine de milles de Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim’. Les deux hommes défendent chèrement leur première place et espèrent la conserver jusqu’à Salvador.
Ces 1000 derniers milles s’annoncent comme une course de vitesse jusqu’à l’approche des côtes brésiliennes.

©Yann Riou/Gitana SA

Lionel Lemonchois et Bernard Stamm peuvent désormais exploiter le potentiel du Maxi 80′ Prince de Bretagne et reviennent sur la tête de flotte des Multi 50′.

Antoine Koch,  routeur à terre du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) :

« La configuration du Pot-au-Noir s’est révélée assez classique pour la saison. Ils sont d’abord rentré dans une zone de grains avec des rues de nuages bien alignés et se déplaçant avec le vent d’Est. Le jeu est de suivre la ligne de nuages, de l’accompagner et de passer de grain en grain pour exploiter la moindre risée.À la fin de cette première zone, ils sont arrivés sur une barrière de nuages. Là, les grains étaient bien plus marqués, avec du vent assez fort qui grimpe rapidement. C’est une phase où ils ont eu jusqu’à 25 nœuds. C’est là toute La complexité de cette zone. Elle réclame un niveau de réactivité élevé et un fort engagement physique avec énormément de manœuvres rendues difficiles par la taille des grandes machines. Après cette bande de vent fort, habituellement le vent refuse tout en mollissant. C’est là que potentiellement les vents erratiques, tant redoutés, t’attendent. Dans notre cas, le vent n’est jamais passé sous les 8 nœuds et il est même remonté assez vite aux alentours des 12-13 nœuds. Gitana 17 n’a jamais été arrêté, ce qui est une super nouvelle. Depuis ce matin, le vent est un peu plus stable, un peu plus à droite et cela ressemble déjà aux prémices de l’alizé de Sud-Est. La sortie est toute proche ! »

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime) :

« Le ciel est dégagé, le plafond cotonneux… Le vent va tourner au Sud / Est et forcir dans la journée, favorisant d’abord le bateau le plus à l’Est : Sodebo Ultim’ ! Dans 15 nœuds annoncés, notre duo va prendre le virage vers les côtes brésiliennes et continuer sa route au reaching (allure entre 60 et 80° degrés du vent). Le programme de son concurrent le plus proche est exactement le même… C’est donc une nouvelle occasion de speed-test comparatif à prévoir, en mode régate au contact.
La tête de course devrait passer l’équateur et entrer dans l’hémisphère sud avant minuit. Il restera alors moins de 1000 nm pour faire la différence avant la ligne à Salvador de Bahia : la fin de course s’annonce passionnante ! »

En Multi50, Erwan le Roux et Vincent Riou font désormais cavalier seuls en tête de la classe, avant 100 milles d’avance sur Arkema et 200 sur Reauté Chocolat.
A noter une blessure pour Alex Pella qui souffrirait de fractures de côtes suite à une chute, ce qui explique probablement en partie le « décrochage » du trimaran.  Ciela Village le dernier né des 50′  fera escale demain au Cap Vert afin de résoudre différents soucis techniques : pilote automatique, aériens, let fissure de coque au niveau du point d’amure de gennaker.

Vincent Riou, co-skipper de FenêtréA – Mix Buffet (Multi50)

« On va parfaitement bien, on a passé une nuit cool donc c’est sympa ! C’est la première nuit, sans se prendre des sauts d’eaux, sans que l’environnement nous agresse trop. Hier on a tiré des bénéfices de notre investissement dans l’Ouest, ça faisait longtemps qu’on avait investi dans l’ouest entre les Açores et le Cap Vert il y avait une belle bulasse ! On a bien fait de prendre cette trajectoire. 

C’est conforme à ce qu’on imaginait avec Erwan depuis le début, on est carré depuis le début on voyait bien l’affaire. Pour le moment on ne s’est pas fait de frayeur mais ça demande beaucoup de concentration, on arrive à faire en sorte que ça se passe bien.

Il commence à faire tiède demain il fera chaud,  le ciré je ne sais pas si on arrivera à l’enlever car ça mouille toujours ces bateaux !  »

Lalou Roucayrol, skipper d’Arkema (Multi50)

« Ca va pour Alex (Pella) ! Il a mal aux côtes, en fait on a eu peur car il s’est cogné fort entre la bôme et la colonne de winch. Il a pris un Doliprane et avec la pommade ça va, il reste 100% efficace.

En ce moment, on glisse sous code 0, on ne s’est jamais arrêté dans la zone de molle, on a limité l’écart avec Erwan (Le Roux). Tu sais, 50 milles sur un Multi50, ce n’est rien, ça ne nous inquiète pas plus que ça, on continue à naviguer propre. On a eu une nuit exceptionnelle, le pilote barrait mieux que nous, on n’a pas arrêté de barrer depuis le début, donc ça nous a fait du bien et ce matin. Deux baleines sont venues souffler près de nous, un bonheur d’être sur l’eau.

Aujourd’hui, on sait où on veut franchir le Pot au noir. On sait qu’on ne le franchira pas au même endroit qu’Erwan Le Roux. C’est encore un peu loin Ça peut changer du tout au tout.»

Thierry Bouchard, skipper de Cela Village (Multi50)

« On a des soucis : depuis le 2e jour nous n’avons plus de pilote. On comptait pouvoir réinitialiser toute la centrale dans la molle et ça ne fonctionne pas. Nous n’avons plus de capteur de mât, on va essayer de finir dans de bonnes conditions, on a décidé de s’arrêter à Mindelo.

On a également un problème de bout dehors, au niveau du point d’amure, il faut que structurellement la bateau puisse continuer. C’est l’amure du grand gennaker qui est fissuré, si on continue comme ça on ne peut plus envoyer le grand gennaker.

Pour aller vite la nuit, il faut avoir le pilote, et nous on n’a pas de pilote, on se relayait à la barre toutes les 1h- 1h30. C’est dommage car le bateau marche bien, ce sont les aléas d’un bateau neuf qui n’a pas beaucoup navigué.

On a vu dans les deux premiers jours qu’il y a des allures où il va vite, il tient bien, mais on a manqué de temps en navigation. On a tout fait pour être au départ, je ne regrette rien, on est contents d’être là. C’est sûr que les bateaux de tête sont éprouvés, les skippers connaissent leur bateau.

Antonio Pedro da Cruz et notre équipe technique nous attendent au cap Vert. Nous devrions arriver dimanche matin dans la matinée. On va réparer, nous sommes déjà en contact avec le chantier et l’architecte. »

Vincent Barnaud, co-skipper de Reauté Chocolat (Multi50)

« Ca se passe pas mal, on a du soleil, un peu de vent, ça glisse bien. On est à l’attaque sous grand-voile haute et code O. Notre vitesse varie entre 10 et 12 nœuds, le vent est très variable. On a 7-8 nœuds de vent avec un petite houle de derrière qui nous permet de partir en surf.

On a complètement changé de registre depuis hier, on est passé d’un mode un dur, à un mode tout en finesse.

Pour les prochaines 24 heures, on commence à affiner la porte d’entrée du Pot au noir, on surveille aussi la dépression orageuse au niveau de l’Afrique et du Cap vert, on va y passer la journée. Nous avons juste regardé la porte d’entrée, je ne crois pas que le Pot soit spécialement gros pour le moment mais ça peut changer vite. »

Transat Jacques Vabre : Sodebo Ultim tient tête à Gitana 17, FenétréA-Mix Buffet leader en Multi50′

Pas de changement en tête de course,Thomas Coville et Jean-Luc Nélias sur Sodebo Ultim tiennent tête au duo menant le Maxi Edmond de Rothschildqui pointent ce soir à 26 milles des leaders.
Sébastien Josse et Thomas Rouxel sont légèrement décalés dans l’ouest, avant l’entrée dans le Pot au Noir qui devrait avoir lieu demain. Reste aux marins et à leurs routeurs à déterminer le point d’entrée dans la zone de convergence intertropicale.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim (Ultime)

« Pour tout t’avouer je pensais qu’ils allaient nous déboîter plus que ça, je ne pensais pas qu’au Cap Vert on serait au contact avec eux. On est content de jouer et de bien jouer.

Ce qu’il s’est passé il y a deux nuits ou trois nuits on ne sait pas trop. Ils ont du rouler leur gennaker pour loffer ou bien ils ont eu un problème technique. On a saisi l’opportunité.

Le Pot au noir, c’est dans 24/36 heures. On a fait des routages. Même si tu te décales de 150 milles dans l’ouest, l’écart n’est que de 20 minutes à la sortie… en tous cas, c’est maintenant que ça se joue, car après entre le Pot et Bahia, il n’y aura pas grand chose à jouer.»

Thomas Rouxel, Maxi Edmond de Rothschild (Ultime)

« Ça va pas mal, il fait gris avec une bonne couverture nuageuse. On s’en est pas mal sorti et par rapport à Sodebo, notre décalage dans l’ouest nous a été bénéfique. Et là on a un peu plus d’air. On est sous J2, on a 20 et 25 nœuds de vent et ça avance bien. On est tous les deux repartis, ça va s’atténuer un peu c’est le Pot au noir qui va décider un peu dans les prochaines heures de course. Ça va arriver assez vite et dans quelques heures on sera à l’entrée. On a une idée assez précise de là où on souhaiterait passer.

A priori sur les prévisions le Pot au Noir est assez clément avec nous, on n’est pas obligé de passer trop Ouest. Après on verra bien, ça reste le Pot au Noir !

Sur le bateau on a fait une quinzaine de routages pour savoir où on va, même si c’est les routeurs qui affinent tout ça Après ça reste le pot au noir et souvent les prévisions sont mauvaises donc on s’attend à tout.
Nous avons naturellement moins la connaissance de notre bateau que Thomas et Jean-Luc. Du coup à chaque transition, nous mettons un peu de temps à trouver les bons réglages. En vitesse pure oui les bateaux sont différents donc il va y avoir des petits écarts. Mais depuis ce matin, nous voyons que Sodebo est globalement un peu plus rapide que nous. C’est motivant, ça nous permet vraiment de chercher sans cesse à optimiser les performances du bateau, ce qu’on aurait sans doute moins fait si on avait eu 200 milles d’avance. Donc pour ce qui est de l’objectif de développement du bateau c’est super intéressant. Maintenant, pour la course bien sûr que l’on préfèrerait être 200 milles devant. Mais voilà, c’est une belle régate et franchement on s’éclate !

Ça commence à tirer un peu côté fatigue. Les réveils sont difficiles le bateaux reste assez confortable, je pense à Prince de Bretagne ça doit être difficile poureux. La confrontation avec Sodebo est intense et c’est super pour nous car ça nous permet de chercher sans cesse les bonnes options.»

Le troisième concurrent de la classe ne pourra se mêler à la course à la victoire avec 800 milles de retard mais vogue désormais à haute vitesse et espère réduire au maximum son temps de course.

 

En Multi50′, le duo Erwan Le Roux et Vincent Riou ont fait le trou sur Lalou Roucayrol et Alex Pella désormais distancés de 40 milles.  Les trois autres Multi50′ en course ne devraient pas pouvoir disputer la victoire, mais se battront pour la 3ème place. A noter des soucis persistants d’informatique et de pilotes sur Ciela Village.

Alex Pella, co-skipper de ARKEMA (Multi50)

« Ça marche pas mal ! La mer s’est rangée et s’est aplatie, donc ça glisse bien avec moins de stress. Il y a du vent très instable à venir, donc on va essayer de bien manger et dormir avant. Le ciel est très chargé avec beaucoup de nuages et de gros grains, on va passer de 5 à 20 nœuds de vent, c’est l’avantage du Pot au Noir. On verra avec le décalage de Fenêtré A qui sera le gagnant des deux ! En tous cas, tout va bien à bord, le bateau était assez bien préparé et on a rien cassé d’important. Là, je vais dormir une heure et demie et après je reprends la barre.»

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village (Multi50)

« Ça va bien à bord mais on ne sait pas trop ce qu’il va se passe autour de nous. On n’a pas d’écran, on n’a pas de cartographie ce sont les routeurs qui nous donnent les points de passage, on navigue un peu à l’aveugle quoi.

On bricole beaucoup forcement, avec le peu de préparation qu’on a eu. Depuis le deuxième jour, on n’a plus de pilote, on se relaie à la barre tout le temps, la nuit c’est difficile. On fait 1h30 de quart, parfois 2h. On va attendre la molle ce soir pour faire la dernière tentative pour réparer.

Là, la casquette c’est vraiment super vu les tonnes d’eaux qu’on se prend dans la figure, c’ était la bonne idée. Ion est très triste pour Drekan. C’est mon ancien bateau en plus. J’espère qu’ils vont le récupérer. Tout le monde était à l’attaque cette nuit-là, le vent était très instable et irrégulier ça nous est arrivé aussi de planter fort mais le bateau est toujours revenu. Et après ce chavirage ça nous a calmé on veut arriver en sécurité à Bahia.

Il y a une bulle sans vent qui va nous toucher ce soir. On espère la contourner, en tout cas plus que les autres. Par contre dans l’Est, la position pour rentrer dans le Pot au noir sera moins idéale. On a le moral et on sait qui peut se passer encore plein de choses.»

Transat Jacques Vabre : mano à mano en Ultime et en Multi50

Duel au sommet dans les deux classes multicoques.

En Ultime, Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodebo Ultim ont repris la tête hier au soir, grâce à leur placement plus à l’ouest, Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild ayant été contraint de tirer un bord de quelques heures pour se recadrer sur une route identique à celle de leur adversaire.

©Yann Riou/Gitana SA

Le duo ouvrant sur le trimaran du Gitana Team a cependant nettement réduit son retard, passant de 60 à 25 milles ce soit, à la faveur d’une meilleure vitesse sur les dernières heures.

Les deux grands multis devraient être de nouveau ralentis dans les heures à venir, comme l’explique  Antoine Koch, qui partage le routage météo du Maxi Edmond de Rothschild  avec Jean Yves Bernot :  « L’anticyclone était parfaitement positionné et nous avons eu un départ de course musclé mais assez classique. En revanche depuis plusieurs jours, nous observions une dépression en formation au large de la Mauritanie. Cette dernière se développe actuellement, c’est elle qui a créé une compression des isobares entre le continent africain et les Açores et qui a occasionné les vents forts et la mer chaotique subie par Gitana 17. Dans les prochaines heures, elle va générer des vents faibles dans le Sud du duo de tête et c’est pour éviter cette zone au maximum que le placement est très important et qu’il fallait à tout prix se redécaler dans l’Ouest pour éviter ses affres.»

La position du chasseur pourrait donc être intéressante pour éviter des zones de molles dans lesquelles pourraient tomber le leader.

Sébastien Josse, skipper du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) : 

« Thomas et Jean-Luc ont joué un joli coup météo qui explique aujourd’hui qu’ils soient en tête de la course. Après le passage des Açores nous avions le choix entre empanner plusieurs fois ou passer sous J0 (grand gennaker). Compte tenu de notre position à ce moment-là, nous avons opté pour les empannages et une navigation sous J1 (génois) qui devait nous permettre de gagner en longitudinale. Sodebo a fait le choix inverse en se décalant dans l’Ouest pour glisser. Notre choix ne s’est pas avéré payant, loin de là. Non seulement l’état de mer dans la nuit de mardi à mercredi ne nous a pas permis d’exploiter comme prévu notre choix de voile et notre rencontre avec un grain sans vent a enfoncé le clou. Au final, c’est Thomas et Jean-Luc qui ont tiré le bon bord et aux vues des conditions météos qui se présentaient devant nos étraves nous avons dû hier soir empanner à 90 ° de la route pour nous éloigner des côtes africaines et des zones de molles annoncées dans notre sud. »À la sortie de ce recalage, l’addition s’est montrée salée : d’un crédit de 64 milles à 21h, Gitana 17 concédait 60 milles au lever du jour. « C’est toujours dur comme décision mais les fichiers du soir étaient très clairs. Il faut parfois savoir perdre un peu pour ne pas complètement hypothéquer la suite des évènements. »

Les affaires s’améliorent pour le 3ème engagé de la classe Ultime, Prince de Bretagne, Lionel Lemonchois et Bernard Stamm ont en effet pu passer une nouvelle drisse de grand voile. Le Multi de 80′ a donc retrouvé ses et file désormais à 27 noeuds vers le sud.

 

En Multi50, le duel se poursuit entre La Lou Roucayrol et Alex Pella sur Arkema et Erwan Le Roux et Vincent Riou sur FenêtréA-Mix Buffet. Arkema a repris l’avantage pour une petite dizaine de milles ce soir. Reauté Chocolat et Ciela Villages sont relégués à plus de 150 milles. La flotte navigue dans des conditions encore soutenues avec une mer qui reste dangereuse.

Ceci a d’ailleurs provoqué le chavirage du 50′ Drekan Groupe, avec une grosse frayeur pour les deux marins du bord.
En effet Christopher. Pratt était sur le pont lorsque le trimaran a chaviré, le marin a été éjecté du bateau, mais a fort heureusement pu rejoindre le multicoque retourné. Les deux marins ont pu être récupérés par un cargo et seront transférés sur un bâtiment de la marine portugaise demain. Le skipper et l’armateur tentent d’organiser la récupération du bateau.

Eric Defert, skipper du Multi50 Drekan Groupe (Multi50)

«  On était sous un ris avec le petit gennaker au portant. On allait rouler le petit gennaker. J’étais dedans et Chris (Christopher Pratt) était sur le pont. Je me préparais à sortir, une risée est rentrée. Le bateau a sanci par l’avant. C’est monté fort, sous un nuage dans la nuit noire. On a navigué hyper prudemment au passage du front, et au grand large au niveau du cap Finisterre. Nous étions très prudent, on était pas en mode attaque comme des fous. Le but n’était pas de se mettre sur le toit. Chris a eu chaud. Moi, j’étais dedans, donc ça va, mais quand tu es sur le pont c’est moins facile. Il a y eu un gros moment de choc. Tu t’en veux, il n’y a pas de mots. Au-delà de perdre la course, on perd le bateau, on perd beaucoup de chose. Maintenant, il faut reconstruire.
Le patron de Drekan Groupe, qui est le co-propriétaire du bateau est en train d’organiser les choses avec les assureurs. Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’émission depuis le bateau. Pour le retrouver, il faut calculer la dérive. Il y a quelque chose qui peut s’organiser peut-être au départ de Lisbonne.
Nos sauveteurs sont arrivés sur zone à minuit et demie. On les a vu à 1h30 car on voulait garder de la batterie. Ils ont tourné une heure, ils pensaient qu’on était tombé à l’eau. On a établi le contact à 1h30. Ils nous ont tournés autour toute la nuit, ils ont fait un super boulot. Pendant ce temps-là, on organisait les sacs avec Chris et on se reposait.

Le sauvetage fut épique car il y avait beaucoup de mer et du vent. Leur bateau n’avait qu’un petit moteur de 15ch. Ils sont venus à 3 nous sauver et parmi eux, il y avait un gars dont c’était l’anniversaire.  Tu te rends compte, son cadeau ça a été de sauver deux vies…
Quand ça arrive, il n’y pas de seconde chance. J’ai senti partir le bateau, il a basculé par l’avant, il a tapé le mât, le mât n’a pas cassé. J’ai eu peur, j’ai appelé Chris et heureusement je l’ai entendu frapper sur le panneau.
Dans quelques heures, il va y avoir un check point et on va changer de navire. On a rendez-vous à une position GPS pour embarquer sur un navire militaire portugais. Nous n’avons quasiment rien pris juste nos passeports, quelques fringues. »

Erwan Le Roux, skipper de FenêtréA-Mix Buffet (Multi50)

« La descente est vertigineuse. Ca ressemble à une piste rouge noire, cabossée. Tu vas payer le remonte pente mais c’est balaise.  On essaie de pas trop accélérer parce que l’état de la mer est vraiment dégueulasse. On pense au matériel. On a vu ce qui est arrivé à  Drekan, ce qui nous a rassuré c’est qu’ils étaient tous les deux à bord. Physiquement, il faut faire hyper gaffe.
Y a toujours un gars dehors, on tourne toutes les deux heures. On essaie de faire avancer en ayant la main sur les écoutes. On va garder 25 nœuds jusqu’à ce soir. En première partie de nuit, ça devrait passer à moins de 20 nœuds. Y aune molle à passer, à contourner. Le match avec Arkema va être intéressant. On est plutôt content d’être Ouest. on verra par la suite si ça s’avère payant. On aura la réponse demain soir je pense.
Nous on est J1 et 2 ris dans la grand-voile. Ca avance pas mal comme ça.
Vincent m’a réveillé pour la vacation parce que c’est important. Quand on écoute Vincent parler de météo, c’est toujours avec bonheur et délice, ça se passe super bien de ce côté-là. Il a une bonne vision des nuages et de ce qui se passe autour.
Là, on est dans une petite molle, mais l’intérieur du bateau est pas si bruyant que ça.»

Transat Jacques Vabre : Sodebo en embuscade à 65 milles du Maxi Edmond de Rothschild, duel en Multi50 entre FenêtréA Mix Buffet et Arkema

Sébastien Josse et Thomas Rouxel n’ont pas pu se défaire de leur poursuivant, Sodebo Ultim mené par Thomas Coville et Jean-Luc Nélias. Il reste en effet menaçant avec seulement 65 milles et un décalage d’environ 100 milles dans l’ouest qui pourrait être bénéfique dans les jours à venir.
Les deux leaders naviguent dans les alizés à des vitesses toujours élevées avec des distances parcourues sur 24h proches des 700 milles. Les deux duos et leurs routeurs commencent à s’intéresser de près au franchissement du Pot au Noir.

Thomas Rouxel, co-skipper du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) :
« Ça va vite mais on a rien sans rien, il faut être dessus ! Nous avons eu une zone compliquée la nuit dernière. Globalement beaucoup de vent, autour des 30 nœuds et une mer associée très chaotique mais nous avons aussi essuyé un grain avec de la pluie et pas beaucoup de vent.  Cette zone de molles n’était pas prévue sur le routage et elle a contrarié nos plans. Nous avions en effet privilégié une certaine configuration de voiles qui ne s’est ainsi pas avérée aussi rentable qu’imaginé.

Bien sûr nous surveillons leur position de très près ! Leur choix est intéressant et nous avions d’ailleurs prévu de gagner un peu plus dans l’Ouest avant notre zone de grain. On verra ce que ça donne d’ici demain.

 Là nous sommes plus préoccupés par le contournement d’une dépression africaine qui va nous amener du vent faible et du coup l’objectif c’est de gagner dans l’Ouest pour éviter de se faire happer  par cette zone. C’est notre priorité du moment même si bien sûr on a commencé à regarder aussi devant avec le Pot-au-Noir qui se profile. »

Thomas Coville, skipper de Sodebi Ultime (Ultime) :

« Après trois jours de course, on se bagarre bien. Nous sommes toujours au contact avec Gitana 17, ce qui est satisfaisant pour nous. Quand Sébastien Josse et Thomas Rouxel ont envie d’appuyer, ça appuie très fort pour eux. Nous nous sommes positionnés l’un et l’autre. Ce mano à mano, c’est ce qui m’enthousiasmait au départ et nous en profitons.

Pour aller vite, nous sommes restés sous gennaker la nuit dernière. Le bateau est facile. On a tout de même beaucoup barré depuis le départ et nous nous sommes relayés régulièrement pour garder de la vitesse. Dans ces conditions de mer désordonnée, le pilote n’est pas très à l’aise avec le grand gennaker. Sous pilote, tu navigues forcément un peu plus abattu et donc tu vas moins vite.

Sodebo Ultim’ fait bien le job. Il est simple, c’est un bon camarade. Il a du cœur. Je l’aime bien. Il répond à mes attentes. Rester au contact avec Gitana 17 qui est un bateau de la dernière génération, c’est très valorisant pour le travail qu’on a réalisé sur Sodebo Ultim’ (ex Geronimo) dont une partie date du début des années 2000. J’ai d’ailleurs toujours bien aimé mes bateaux malgré les fortunes de mer. »

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

La situation pour le troisième ultime engagé est légèrement plus favorable qu’hier, avec des vitesses plus importantes. Grâce à une montée dans le mât, Bernard Stamm a pu hooké la grand voile, toujours à deux ris.
Lionel Lemonchois et Bernard Stamm feront un stop cette nuit afin régler définitivement leur soucis de drisse.

Bernard Stamm, co-skipper de Prince de Bretagne (Ultime) :

« Lionel m’a hissé à l’intérieur de l’espar pour récupérer la drisse. Ça a été un peu chaud car il y avait pas mal de mer. Même en étant dans le tube, ça a été assez violent. J’ai, malgré tout, pu récupérer la drisseDans un premier temps, nous avions pu monter une poulie sur la drisse de gennaker et hisser la grand-voile jusqu’au deuxième ris. Grâce à cette petite expédition dans le mât, nous avons pu hooker la GV. Le truc, c’est qu’on ne peut plus y toucher tant que le gennak est en place.
Ça va nettement mieux. Ces dernières 24 heures, on s’est vraiment trainé et c’était super frustrant. Reste que la configuration de voile avec laquelle nous progressons actuellement n’est pas terrible pour le mât. On serait mieux sous grand-voile haute et solent mais c’est comme ça. C’est déséquilibré mais pour l’heure, on n’a pas tellement le choix. Heureusement, Santa Maria n’est plus très loin.
 On devrait y arriver (à Santa Maria) entre minuit et une heure du matin (heure française), la nuit prochaine. Il va falloir anticiper au mieux le truc car on ne va pas rester très longtemps abrité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il faut qu’on arrive à monter dans le mât et à tout remettre en place en moins de deux heures. On va voir si on affale tout ou pas. On décidera le moment venu ».

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

En Multi50′, Erwan Le Roux et Vincent Riou sur  FenêtréA-Mix Buffet ont réussi à reprendre la tête de la flotte et mène de quelques milles sur Arkema, positionné plus à l’est.
Les deux duos ont creusé un avantage d’une centaine de milles sur leurs poursuivants.
Réauté Chocolat a refait son retard suite à son option et navigue de conserve avec Ciela Village, qui a connu un problème technique avec un soucis de secteur de barre qui s’est désolidarisé comme l’explique son skipper.

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village (Multi50) :
« Nous avons perdu le contrôle, comme une voiture sans volant ! Plus d’une heure à l’arrêt pour remettre tout ça en place et c’est reparti pour seulement quelques minutes car le pilote ne marche plus. »

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Transat Jacques Vabre : Maxi Edmond de Rothschild toujours en tête en Ultime, Arkema leader en Multi50′

Pas de changement de classement dans la classe Ultime, le duo Sébastien Josse/Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild mènent toujours la flotte de la Transat Jacques Vabre, avec 45 milles d’avance sur leur poursuivant Sodebo Ultime, mené par Thomas Coville et Jean-Luc Nélias.

©Yann Riou/Gitana SA

Prince de Bretagne, le « petit » ultime de 24m a connu des soucis durant la nuit, Lionel Lemonchois et Bernard Stamm ont dû faire face à la rupture de la drisse de grand voile.
Une réparation provisoire a été effectuée cette après-midi permettant de hisser partiellement la GV, mais le duo devra s’abriter sous le vent d’une des îles de l’archipel des Açores pour régler définitivement le problème. Ils sont donc logiquement distancés à 280 milles des leaders.

La nuit dernière n’a donc pas été de tout repos pour la flotte des multicoques qui ont passé le front, avec des vents violents et une mer forte.

 Sébastien Josse, skipper du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) :

« Nous avons eu une nouvelle nuit bien agitée avec le passage du front, une mer formée de 3,5 mètres à 4 mètres, des vents qui allaient de 30 à 35 nœuds et plus dans les rafales. Au plus fort nous avons enregistré 38 nœuds. Les deux heures qui ont suivi le passage du front étaient dures ; ça tapait beaucoup et dans ces conditions le bateau souffre un peu. Notre route est conforme au routage du départ et maintenant nous sommes du bon côté de la météo. C’est une bonne chose que ça soit derrière nous, nous n’aimons  pas trop ce genre de passage parce que tu fais face à des vents instables et à une mer formée qui t’empêche de naviguer tout en glisse. Il a fallu être vigilant mais c’est passé plutôt vite. C’est l’avantage d’être en multicoque !
Malgré les conditions toniques de ce début de course, nous sommes rapidement rentrés dans un bon rythme avec Thomas. Comme prévu, nous effectuons toutes les manœuvres et changement de voiles ensemble. Le reste du temps nous faisons des quarts relativement courts et entre chaque nous arrivons à bien nous reposer. Au niveau alimentation comme toujours c’est du top niveau grâce aux plats de Julien Gatillon.»

 

 Bernard Stamm, co-skipper de Prince de Bretagne (Ultime) :

«Cela (la réparation provisoire après la montée en tête de mât)  nous a permis de remettre en place la GV avec deux ris. C’est déjà beaucoup mieux et nous avons pu remettre en route le bateau. L’idée, c’est de monter au haut du mât sans risque de se blesser et de remettre tout en place pour retrouver une configuration normale ».

En Multi50, Lalou Roucayrol et Alex Pella, sur Arkema parviennent à résister aux assauts de leurs poursuivants, et conservent ce soir une avance d’une trentaine de milles sur FenêtréA-Mix. Buffet  et sur Ciela Village également en embuscade. L’option de Reauté Chocolat, dictée par la prudence n’aura pas été payante, puisque le duo se retrouve distancé de 60 milles environ.

Lalou Roucayrol, skipper de ARKEMA (MULTI 50) :

«Le vent ne mollit pas vraiment, cette nuit c’était rude ! On a du ralentir un peu car ça a envoyé dans tous les sens. Quand on a viré derrière le front qui a été très brut et rapide, on s’est retrouvé avec une mer de face au portant. Et là ça commence juste à se calmer. Il y a encore un peu d’air devant, ça ne va pas être le moment où on va se reposer le plus. On alterne un peu les siestes avec Alex et on va se faire notre premier plat chaud aujourd’hui. Oui, j’ai suivi la trace de Réauté Chocolat. On avait regardé cette possibilité mais très vite, on l’a abandonné. Trop risqué de  se retrouver empétollé dans le front !»

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Armel Tripon, skipper de Réauté Chocolat (Multi50)

«Je me réveille là ! On est passé de l’autre côté, ça glisse pas mal, la mer s’est un peu rangée, on arrive à avoir des moyennes sympa. On va larguer un ris pour se retrouver à 1 ris /J2. Si on est Satisfaits ? Non pas du tout ! C’est un choix de prudence, on n’a pas été inspirés… Maintenant, ça va être du charbon pour revenir. La route est longue, il va y avoir pas mal d’opportunités, mais ce n’est pas une belle entame.  Les conditions étaient assez dures, même la première nuit, on a très peu dormi, pas mal manœuvré. Là ça va être soutenu pendant un moment, mais le bateau va être sur des rails, donc on va essayer d’engranger un peu de sommeil et d’alimentation.
On est focus sur la trajectoire, pour aller attaquer les îles Canaries et cap Vert, car ça va se jouer sur le placement d’un empannage, comme souvent.
Le passage du front, ce sont des conditions qu’on n’avait jamais trop eues. On découvrait un peu le bateau.  Là, au portant sur une mer plus lisse, ça va être plus facile, on va pouvoir être plus serein et moins stressés.»

Transat Jacques Vabre : le Maxi Edmond de Rothschild en tête de flotte, Arkema leader chez les Multi50′

Après le passage d’une dorsale anticyclonique ce matin, et donc des conditions relativement cléments, les trois engagés en classe Ultim vont connaitre dans les heures à venir des conditions beaucoup plus musclées.
Les trois duos naviguent actuellement bâbord amures au près dans un vent d’environ 25 noeuds, ce flux de Sud-Ouest va se renforcer progressivement dans la nuit pour atteindre les 30-35 nœuds établis au passage du front, les rafales devraient avoisiner les 40-45 nœuds avec une houle d’au moins 5 mètres.

Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild qui mènent la flotte devraient être les premiers à atteindre  ce front, ils sont suivis de près par le duo Thomas Coville  et Jean Luc Nélias sur Sodebo  Ultim à une vingtaine de milles. Prince de Bretagne est logiquement distancé dans ces conditions, les deux marins préférant naviguer en sécurité dans ces conditions difficiles pour le 80′.

©Yann Riou/Gitana SA

 

Sébastien Josse, skipper du Maxi Edmond de Rothschild (Ultime) :

« C’était une mise en jambes assez sportive !
Cette nuit, le vent était très irrégulier, on était un peu surtoilé, le bateau s’est emballé à 40 nœuds à certains moments. Nous avons eu plus de mer que prévu avec 3 mètres à 3,5 mètres de face par endroit. Ce n’était pas des conditions très faciles à gérer, il fallait être dessus et très concentrés. Mais nous avons pu trouver un rythme avec Thomas, nous alimenter avec les supers plats du chef Julien Gatillon* et dormir un peu chacun notre tour. C’était très appréciable de bénéficier d’un ciel clair avec cette quasi pleine lune. Surtout avec les problématiques d’AIS que nous connaissons depuis le départ. »

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne (Ultime) :

« Ça a été très humide, mais aussi et surtout très casse-bateaux à cause de l’état de la mer, notamment au niveau du Raz Blanchard, face au courantOn préfère assurer et ne pas prendre de risques inutiles. On n’a pas envie de faire des bêtises et de casser le bateau. On vient tout juste de réduite un peu la voilure. Le vent se renforce petit à petit à l’approche du front. On essaie d’anticiper au mieux comme, de toute façon, nos petits camarades de devant sont difficilement approchables dans ce genre de conditions»

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’ (Ultime)

« On vient de retrouver du vent, on marche à grandes enjambées vers le talweg et le front.
On n’avait pas 36 000 choix de trajectoires, on a suivi nos collègues. Nous sommes un peu moins rapide que Gitana qui depuis Etretat a montré des capacités de vélocité supérieure à nous, il se fait la malle.
Cette nuit, on a fait de pointes à 37-38 nœuds, mais Gitana avait sans doute une moyenne plus élevée. A Ouessant nous n’étions pas trop loin mais après il est parti.
J’étais en train de faire une petite sieste pour être frais et dispo.
On vérifie que tout est bien rangé dans le bateau, on fait tourner le moteur pour faire marcher les batteries, on mange, on se repose et on va prendre des ris petit à petit. »

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

En Multi50, Lalou Roucayrol et Alex Pella ont pris les avant postes depuis le début de course et semblent décider à défendre cette position.
Cinq des six multis de la classe suivent une route sensiblement identique à celles des ultimes, Ils Armel Tripon et Vincent Barnaud sur  Réauté Chocolat ont quant à eux fait le choix de la prudence en privilégiant  une route sud depuis le tout début d’après midi afin d’éviter les conditions musclées prévues cette nuit.
Derrière Arkema, FenêtréA – Mix Buffet pointe en 2nde position devant le tout dernier bateau de la classe mis à l’eau, Ciela Village.

© Jean-Louis Carli / ALeA / TJV17

Erwan Leroux, skipper de FenêtréA – Mix Buffet (Multi 50) :

« Il a fait très humide, très froid et on n’a pu se reposer qu’en fin de nuit. Arkema a attaqué, je m’y attendais un peu  mais je pensais à ne pas casser le matériel. On a le front encore ce soir, donc on va y aller mollo pour passer sans encombre et partir au portant après.
J’ ai réussi à m’alimenter, Vincent Riou a été impérial, il a passé pas mal de temps à la nav’ et à la météo, c’était donc plus simple pour moi. Je suis resté à l’extérieur, on est assez complémentaire ! Ce soir, il ne devrait pas y avoir de problèmes, on va bien manger. On est bâbord amures et on attend le front.
On a touché le sud-ouest, il y a 12 nœuds de vent et on fait route au 236, cap à l’ouest, c’est parti…
On a un enchaînement technique, il faut anticiper car le vent ne fait que monter et il faut éviter d’abîmer le matériel quitte à faire le virement un peu plus tôt que prévu. Si tu es en avance ce n’est pas grave, il faut faire la manœuvre le plus propre possible, c’est un peu chaud avec beaucoup de mer.
Cela change pas mal les foils, car d’attaquer comme ça à 25 nœuds, on ne pouvait pas le faire avant ! »

Lalou Roucayrol , skipper d’Arkema (Multi 50) :

« Ça va, on est sur la dorsale, ça a molli. Là je viens de manœuvrer une voile, on déplace les poids à bord pour charger l’avant. Il reste un peu de pression,7/8 noeuds, mais la progression est très gênée par le fond de houle. Toute la nuit, la mer était assez creuse et cassante, ça a bien secoué à bord !  
Le passage à Cherbourg a été chaud avec 2 ris/ J2 et beaucoup de mer, c’était assez fort, très fort même. On est parti au large pour éviter le gros du courant mais au final on a eu pas mal de mer !

Jusqu’à Ouessant le vent était instable, avec des grains jusqu’à 27-28 noeuds. C’était rapide et très humide, donc difficile de dormir dans ces conditions car tu fais des bonds. On a peut-être un peu plus attaqué que FenêtréA-Mix Buffet, on a un bateau plus rapide dans la brise mais ça ne se joue à pas grand-chose. »

 

Oliver Krauss, skipper de Ciela Village (Multi 50) :

« Cette nuit nous n’avons pas pu dormir ! Comme prévu, c’était rapide. A partir de Cherbourg avec le vent et le courant contre, la mer était dure. On avait du mal à tenir debout tellement ça allait dans tous les sens. Il fallait se tenir au moulin à café.
C‘était un peu compliqué aux abords de Ouessant. Et après, ça s’est calmé très vite on a eu une bonne accalmie ce matin, pour enfin se reposer un peu car nous n’avons pas pu dormir.
Ce soir, on aura plus de houle, on va se retrouver comme dans un shakeur dans tous les sens. On a passé une petite dorsale, il y a une heure ou deux. Pour l’instant, c’est repos et cette après-midi, ça va commencer à bouger un peu. Arkema a attaqué fort un peu avant Cherbourg. On n’a pas pu le suivre au début mais nous avons été prudents car c’était assez « casse gueule ».

Week end de grand départ pour les multicoques

Ce week end sera chargé pour les skippers de multicoques, avec le départ de la Transat Jacques Vabre entre Le Havre et Salvador de Bahia pour trois duos en catégories Ultim, et six en Multi50′, le départ d’Yves le Blévec pour une tentative de record autour du monde en solitaire contre vents et courants dominants, alors que François Gabart s’attaquera au record du tour du monde dans le sens classique.

A noter également la première sortie de Banque Populaire IX aujourd’hui au large de Lorient pour Armel le Cléac’h et l’équipe de Banque Pop.

  • Le premier à s’élancer devrait être François Gabart, qui a quitté les pontons de Port la Forêt vers 18h, sur son trimaran Macif pour rejoindre la ligne de départ de son tour du monde au large d’Ouessant. Il s’élancera demain matin, il s’attaque au record en solitaire détenu par Thomas Coville sur Sodebo en 49 jours 3 heures 7 minutes.
    Le skipper avec un départ précoce dans la saison se laisse la possibilité d’un retour pour un nouveau stand-by si la météo se montrait défavorable dans l’Atlantique Sud.

© Lloyd Images

  • Yves le Blévec devrait quant à lui partir demain après midi pour une tentative de record autour du monde en solitaire, tout comme François Gabart, mais le skipper basé à la Trinité effectuera cette tentative contre les vents et les courants dominants. L’objectif sera d’établir un temps de référence en multicoque sur ce parcours. Le départ devrait se faire entre 14 et 16h au large de la Trinité sur Mer.
    Yves le Blevec : « La pression vient de changer de camp : de l’étude des fichiers météo à celle des derniers détails logistiques ! Nous sommes dans la continuité de ces dernières semaines de préparation. Mon sac est prêt depuis plus d’une semaine, je n’ai plus qu’à mettre mon ciré !

    Je vais procéder à quelques dernières vérifications avec l’équipe et tout sera prêt. Ce départ est tout sauf une surprise. J’ai bien conscience que c’est un moment important de mon existence. Là, je suis content d’être chez moi, de profiter de ce confort rassurant. J’ai bien dormi cette nuit, je vais bien dormir la nuit prochaine, je suis super à l’aise. »

    © Th.Martinez / Sea&Co.
    Trimaran ULTIM “ACTUAL”

     

  • Autre événement majeur de la course au large dont le départ sera donné dimanche, la Transat Jacques Vabre, entre Le Havre et Salvador de Bahia.
    Trois duos partiront en catégorie Ultim, deux équipages font figure de potentiels vainqueurs, Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodebo ultim, et Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild.
    Le skipper de Sodebo s’adjoint de nouveau les services de Jean Luc Nélias, les deux hommes  connaissent parfaitement leur monture sur laquelle Thomas Coville  détient le record autour du monde en solo. Le trimaran devrait être mené à 100% de son potentiel sur ce parcours.

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

    La donne est un peu différente pour le duo Sébastien Josse/Thomas Rouxel, ils disposent d’une monture au potentiel supérieur à Sodeb’O avec des appendices porteurs permettant au bateau d’avoir des phases de vol stabilisé. Les capacités de ce trimaran de dernière génération sont indéniables, mais le bateau est encore en phase de mise au point. Même si l’équipage a parcouru plus de 5000 milles, ils restent des inconnues et l’équipage pourrait être contraint de lever le pied dans certaines phases météorologiques musclées, l’objectif de victoire pouvant passer après le fait d’arriver de l’autre côté sans casse et d’acquérir de l’expérience sur ce bateau.

    Lionel Lemonchois et Bernard Stamm font figure d’outsiders face aux deux autres multis. Il partiront sur le plus petit des ultimes, sur un concept plus proche des ORMA que des derniers maxis multis. Pour tirer leur épingle du jeu et pouvoir rivaliser avec leurs deux adversaires, il faudrait des phases de transition avec du vent faible et du près, dans lesquelles Prince de Bretagne serait à son avantage.

    Le renouveau de la classe Multi50′ se fait sentir sur cette édition avec quatre trimarans de 50′ dotés des foils monotypes, dont un bateau neuf, le Ciella Village de Thierry Bouchard.
    Mais les favoris seront Erwan Le Roux et Vincent Riou sur Fenêtrea Mix Buffet et Lalou Roucayrol et son joker de luxe Alex Pella sur Arkema et en position d’outsider Armel Tripon et Vincent Barnaud sur Réauté Chocolat.

    Le dernier né étant été mis à l’eau assez tard, Thierry Bouchard et Olivier Krauss devraient se contenter d’assurer une bonne place, tout en naviguant en sécurité.http://www.youtube.com/watch?v=2TrbW0VH4C0

    Gilles Lamiré et Thierry Duprey du Vorsent sur La French Tech devraient avoir du mal à rivaliser du fait de l’absence de foils, et ce malgré leur expérience à la barre de ce trimaran, tout comme Eric Defert et Christopher Pratt sur Drekan Group.

Les Multi 50′ dans une nouvelle ère

La classe Multi50′ a pris des décisions importantes en fin de saison dernière, afin de renouveler sa flotte et d’attirer de nouveaux sponsors et skippers.
En effet la classe tombait petit à petit en désuétude, il avait donc été décidé d’exclure les anciens bateaux, afin de ne conserver que les plus récents et surtout d’autoriser les foils, sans toucher aux matériaux de construction des plates formes afin de limiter les coûts. Ces foils toujours dans un soucis de maitrise des coûts étant monotypes.

Le résultat est une classe qui reste attractive pour des PME avec un budget de’environ 2 millions d’euros pour un bateau neuf, et de moins de 500.000€ de budget de fonctionnement annuel, l’ajout des foils sur les bateaux déjà existants étant évalué à 200.000 €. Ces budgets sont donc bien éloigné de ceux des Ultimes (10 millions pour un bateau neuf) ou de l’IMOCA (4 à 5 millions pour un bateau neuf). Qui plus est la classe a réussi à organiser un championnat avec 7 épreuves alternant grand prix et courses au large.

L’arrivée des foils a, bien sûr, fait augmenter légèrement l’addition, mais elle a surtout permis de séduire les skippers. « Entre les études, le chantier que cela nécessite et la paire de foils, il faut compter 200.000 euros de plus », admet Tripon, ravi de son choix.

La première vraie confrontation a eu lieu ces derniers jours, dans le cadre du Grand Prix Guyader des Multi50. Au programme des runs de vitesse mais surtout des parcours côtiers sur lesquels le potentiel de ces multicoques océaniques pouvait pleinement s’exprimer. Même si les trimarans ayant adoptés les foils n’étaient pourvus que d’un seul appendice babord, suite à des délais plus importants que prévus de la part du fournisseur, l’effet boost espéré était bien ressenti par les différents équipages, puisque plusieurs d’entre eux ont frôlé ou dépassé les 40 noeuds dans des conditions de vent soutenu.

Au delà de la performance, c’est surtout le plateau réuni qui est un succès, avec cinq bateaux sur ce grand prix, et deux bateaux neufs sont par ailleurs en construction, Ciela Village pour Thierry Bouchard et Solidaires en Peloton-Arsep pour Thibaut Vauchel-Camus.

Sur cet événement, les trois des cinq engagés pourvus d’un foil se sont adjugés le podium : FenêtréA – Mix Buffet mené par Erwan Le Roux gagnant,  devant Arkema de Lalou Roucayrol et Réauté Chocolat d’Armel Tripon, 3ème. Eric Defert sur Drekan Groupe/Cegelec Finistère prenait la 4ème place devant la French Tech Rennes Saint Malo mené par Gilles Lamiré.

Erwan le Roux, vainqueur du GP Guyader en Multi 50′ :
« Nous sommes super content de gagner l’épreuve. Le bilan de ces quatre jours de course est vraiment positif. A bord, les gars ont vraiment bien bossé. Mathieu Renault a été impérial et Tom Laperche super efficace. Adam Currier et Clément Bouyssou se sont, eux, donné à fond physiquement après des mois de chantier pourtant difficiles. Ce bon résultat nous permet de valider pas mal de choses mais aussi d’aborder la suite de la saison plus sereinement. Reste que le fait que ça commence bien pour l’équipe n’est pas la seule chose de satisfaisante à l’issue de ce GP. Je suis super content de voir le niveau de la classe cette année, avec l’arrivée, à la fois, de nouveaux skippers et de nouveaux partenaires. La concurrence est très homogène et il va devenir de plus en plus difficile de gagner. C’est, évidemment, quelque chose dont je me réjouis.
Cette semaine, le plan d’eau de Douarnenez, assez exceptionnel il faut bien le dire, nous a offert des vitesses un peu affolantes avec nos foils. Cela étant dit, nous devons faire attention car nos bateaux ne sont pas forcément prévus pour aller à plus de 35 nœuds. Nous allons devoir analyser tout ça car aller vite, c’est bien, mais arriver de l’autre côté lors d’une transatlantique reste quand même la priorité. »,

Les mots de Thomas Coville à l’arrivée de The Transat bakerly

Thomas Coville à l’arrivée au ponton : « On a rêvé de bagarre comme celle-là en multicoque, et bien ça y est ! Il a fallu oser et félicitations au Collectif Ultime qui a su prendre les bonnes décisions, et aujourd’hui cela prend vie. Des batailles au contact avec des bateaux de trente mètres, qui réduisent les distances avec un temps de course d’une semaine pour traverser l’Atlantique en solitaire, cela donne des ailes pour une course autour du monde en solo… Une nouvelle histoire s’écrit.

Photo by Lloyd Images

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Et de l’intérieur, c’est exceptionnel à vivre, un plaisir immense de se bagarrer face à des athlètes comme François. Et je félicite ce grand vainqueur, ce très grand vainqueur qui nous avait déjà battu lors de la Transat Jacques Vabre en double. Sur un schéma météo qui n’était pas celui que nous attendions et qui ressemblait à la Transat Jacques Vabre, François (Gabart) a réédité : il a su avoir la maîtrise tout de suite en solitaire…

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Je suis évidemment déçu parce que j’avais envie de gagner, mais je ne suis pas déçu de la bagarre, de ce que j’ai mis comme énergie et comme accomplissement dans ce que j’ai fait. Je ne suis pas déçu de la trajectoire que nous avons suivie avec Jean-Luc Nélias et Sam Davies (routeurs à terre). Je peux juste regretter que Sodebo soit un bateau un peu plus lourd, un peu plus puissant que Macif : The Transat bakerly était sensée être une course de près, contre les vents dominants ! Et cette année, il a fallu faire une route Sud…

François est dans le bon timing : lui et son équipe ont une bonne projection de ce que va être leur objectif à deux, trois, quatre ans. Il faut tout de même imaginer, concevoir, réaliser et mettre au point des engins de trente mètres ! François est très bien entouré, mais moi aussi chez Sodebo ! Le bateau est arrivé à New-York en parfait état et ça, c’est le team qui a réalisé cette superbe préparation. L’aspect technologique est essentiel parce que ce type de programme n’aurait pas été envisageable il y a seulement quatre ans.

On n’a pas beaucoup dormi : ce ne sont pas des bateaux reposants ! Mais je ne suis pas fracassé et je suis assez content de mon état physique à l’arrivée. Ce qui ne veut pas dire que je ne me suis pas donné… Notre trajectoire a imposé plus de manœuvres que sur Macif et Jean-Luc (Nélias) est très exigeant : il m’a poussé dans mes derniers retranchements physiques et j’adore ça !

C’était assez atypique dès le départ et l’image qui me revient, c’est le passage du cap Finisterre à l’intérieur du DST : il y avait 35 nœuds de vent avec une grosse mer et il a fallu empanner… Macif avait déjà douze milles d’avance à Ouessant et il fallait bien tenter un coup pour le rattraper ! Et on a recollé. Mais quelles images, c’était irréel !

Au départ de Plymouth, on ne connaissait pas ce qui allait arriver sur la fin de parcours et c’est ça qui est intéressant sur cette transat anglaise. New-York est une zone de cyclogenèse et on peut avoir du petit temps comme cela nous est arrivé ou de la baston terrible comme cela pourrait arriver à Loïck Peyron… Ce n’est pas la même chose avec une Route du Rhum ou une Transat Jacques Vabre où on sait quasiment au départ comment on va finir de l’autre côté, dès le coup de canon.

Ce qui a manqué à Sodebo, c’est la réactivité dans les phases de transition, la vitesse dans les petits airs et les vents medium sur mer plate. En dessous de 15 nœuds, la masse de Sodebo est supérieure de près de deux tonnes ! Mais dans la brise, c’est équilibré voire à mon avantage quand il y a de la mer formée. Ce n’étaient pas mes conditions pour The Transat bakerly ! »

Victoire de François Gabart sur The Transat bakerly, Thomas Coville 2nd

Le skipper du trimaran MACIF, François Gabart a donc remporté The Transat bakerly cette nuit (HF) en 8 jours 8 heures 54 minutes et 39 secondes (Plymouth-New York), il a effectué cette transatlantique à 23,11 nœuds de moyenne réelle.

  (Photo by Lloyd Images)

(Photo by Lloyd Images)

Son dauphin, Thomas Coville sur Sodebo, est arrivé en 8 jours 18 heures 32 minutes et 2 secondes, avec une vitesse moyenne de 22,11 noeuds et 9 heures 37 minutes et 23 secondes  de retard sur François Gabart. Le skipper de Sodebo n’a pas démérité sur ce parcours, exploitant au maximum son trimaran (qui présente indéniablement un petit déficit de vitesse face à Macif), afin de mettre la pression à son adversaire.

Yves le Blévec a encore 380 milles à parcourir avant la ligne d’arrivée, il bouclera sa première transat en solitaire sur son ultime Actual.

Les mots du vainqueur François Gabart (Macif) :
« Mes premières impressions sont super bonnes, parce que c’est ma première transatlantique en solitaire ! Et le passage au solo, ce n’est pas rien : c’est un peu magique. Je suis vraiment content de ce que j’ai fait : le bateau a un potentiel extraordinaire et les sensations à bord sont incroyables. Il faut se donner à 100% parce qu’il n’y a pas le choix : sur ces machines-là, il y a tellement de choses à faire ! Et à découvrir : c’est super excitant…
Comparé à d’autres courses, le moment le plus dur fut celui où il a fallu traverser la dorsale, juste cet après-midi. Parce qu’on ne sait jamais trop comment ça va se passer. Ces bateaux vont tellement vite qu’en quelques heures, on peut perdre une trentaine de milles ! Ça va vite, ça va super vite !
Il y en a eu un paquet de moments difficiles : c’est aussi ce qu’on va chercher, mais c’est bon, agréable, enrichissant. L’effort physique est à la base dur, long, exigeant et plus on essaye de le faire bien, plus c’est sollicitant !

Photo by Lloyd Images

Photo by Lloyd Images

Sur cette course, il y a deux aspects : le physique avec ces heures sans fin où on tourne les manivelles, et le mental pour gérer un bateau qui fait trente mètres et qui va à 35 nœuds pas loin de la moitié du temps… Mais il y a des moments magiques comme ce matin, sur mer plate, avant d’arriver dans cette zone sans vent : Macif était à plus de 35 nœuds sous pilote, en équilibre au dessus de l’eau, quasiment en vol ! Quelles sensations de glisse…
Je ne me suis pas fait peur, mais il y a des moments où j’ai senti qu’il n’en fallait pas plus. J’étais à la limite.
La bataille avec Thomas (Coville) a été super : cela fait des années qu’on travaille pour qu’il y ait des courses avec ces bateaux-là et aujourd’hui, on régate après la Route du Rhum, après la Transat Jacques Vabre… et on voit que le match est intense. Et qu’est-ce qu’on apprend ! Quel bateau ! Il n’y a pas le choix : il faut se dépasser, aller chercher au fond de soi des choses dont on ne se croyait pas capable. Et à chaque fois, on pousse le bouchon plus loin : comment arrive-t-on à dormir quand le bateau file à 35 nœuds ? Je ne savais pas que j’en étais capable…
C’est quand même unique de traverser l’Atlantique aussi vite sur un trimaran ! Ce n’est pas facile, mais quel bonheur même si je ne recommencerais pas tout le temps. C’est épuisant… Je ne suis jamais allé aussi loin en terme de fatigue : je suis totalement cramé. J’ai pu un peu me reposer, mais hier je ne savais plus où j’habitais : j’ai même eu des hallucinations. Et sur ces bateaux-là, on n’a pas le droit de partir en vrille. Heureusement, j’avais déjà vécu ça en Figaro et cela m’a permis de me recadrer. Mais les bateaux vont tellement vite qu’on n’a pas vraiment de pauses.
Le retour en mode record de la traversée de l’Atlantique en solitaire est toujours d’actualité, mais laissez-moi un peu de temps pour récupérer ! Je pense que le stand-by débutera début juin. Mais ce n’est pas le même format, le même engagement : sur un record, c’est d’abord plus court, plus simple en termes de manœuvres. Là sur The Transat bakerly, on en a fait des manœuvres, des empannages, des virements, des changements de voile, des prises de ris ! Sur un record, le jeu est différent : il y a moins d’engagement physique mais plus de stress des hautes vitesses en permanence… »

En Multi 50,  Lalou Roucayrol a signalé une avarie suite à une collision avec un OFNI, il est en contact avec son équipe à terre pour sécuriser son trimaran.

Fabienne Roucayrol :
” Suite à une collision avec un Objet Flottant Non Identifié, la dérive du trimaran est sérieusement endommagée. Lalou va bien mais part se mettre à l’abri pour constater les dégâts. Cela semble peu réparable en mer. Sans dérive, la navigation au près devient impossible. Karine Fauconnier et Eric Mas travaillent sur un schéma de route au portant pour que le bateau puisse rejoindre New-York en mode course. “